QuoiLire

154 votes

  • Dompteur d'anges

    Claire Favan

    10/10 Nous connaissions Claire Favan pour des premiers romans très réussis comme Le tueur intime ou Serre-moi fort qui lui a valu la reconnaissance des professionnelles, de salons et de voir son nom connu des amateurs du genre. Mais ici, cher lecteur, que vous alliez chez votre libraire ou sur les réseaux sociaux, vous risquez de voir un commentaire unanime sur ce livre : c’est le thriller de l’année.

    Je dirais même mieux, ce livre est une véritable bombe qui ravira les plus exigeants des amateurs de littérature policière.

    Ce livre est une bombe à fragmentation car ce n’est pas une histoire que nous conte Claire Favan, mais plusieurs qui à elles seules auraient suffit à faire un livre. L’auteur installe son auteur dans une histoire, mais juste au moment où celui-ci se demande comment elle va faire pour tenir son lecteur en haleine le restant des pages, paf, l’histoire prend une nouvelle tournure et repart de plus belle.

    Certains habitués à ce genre de livres à rebondissements pourraient s’attendre à des bifurcations un peu faciles ou à un manque de la structure psychologique des personnages. Dans le cas présent, ce n’est pas le cas, et c’est la raison pour laquelle ce livre sorti en février est certainement le thriller de l’année. Sans vous dévoiler le livre, de part son sujet, la construction de la psychologie des personnages est nécessaire. Elle est bien faite, sans tomber dans un excès de théorie freudienne ou jungienne.

    L’écriture de Claire Favan s’est également améliorée et gagne en qualité : encore plus fluide, mes yeux glissent sur les pages comme des patins sur la glace, les pages défilent. Avec une belle surprise on voit l’auteur employer l’humour, qui plus est à propos d’amis également écrivains (je vous laisse découvrir ces petites pépites).

    Donc une très belle réussite, qui malgré ses 432 pages, ne dure pas assez longtemps tant on est captivé par l’histoire.

    Je ne peux que vous le conseiller, de vous inciter à l’offrir à vos amis, même ceux férus de cette littérature car le seul risque que vous courriez dans ce cas, est que votre ami ne l’ait déjà.

    27/02/2017 à 19:13 5

  • Alex

    Pierre Lemaitre

    9/10 Je ne sais pas si j'ai re-lu involontairement ce livre ou si j'ai vu son adaptation cinématographique (son adaptation avait été annoncée en 2014, mais je trouve aucune trace de la concrétisation de ce projet), mais toujours est-il que j'avais une sensation de déjà lu. Mais une sensation pas désagréable car une nouvelle fois je me suis laissé emporter par cette histoire et ses nombreux rebondissements et réorientations. Je ne peux malheureusement pas en dire plus de peur de vous dévoiler le livre et vous privez de la joie des surprises composées par Pierre Lemaitre.

    En fait, ce n'est pas un roman que l'on a, mais trois. Trois parties bien différentes, trois personnages partageant la même histoire qui gravent tous autour d'Alex mais qui vont tour à tour prendre part à son aventure. L'auteur peut ainsi exprimer tout son talent pour relancer l'histoire mais surtout développer les personnages, leur psychologie, et leur implication dans l'histoire.

    Je vous conseille tout particulièrement la lecture de ce livre dans son format audio. En effet, sa lecture voix haute est très réussie, Pierre Lemaître le souligne d'ailleurs dans lde dernier chapitre du livre audio consacré à son interview sur Alex. Attention cependant à ne pas écouter cette interview car elle divulgue les différents retournements de l'histoire et en analyse les raisons, les techniques; donc intéressante pour les amateurs du genre.

    13/02/2019 à 21:55 4

  • Complot

    Nicolas Beuglet

    9/10 Je ne vais as tourner autour du pot : ce roman est tout simplement excellent. Nicolas Beuglet réussit le tour de force de proposer un second roman encore meilleur que le premier.

    Ce roman a toutes les qualités d'un roman policier pour l'enquête, du thriller pour le suspense est le rythme. Sur ce dernier point, au premier tiers du livre, une fois la scène de crime découverte et l'enquête débutée, j'ai eu un petite peur que le roman ne s'installe dans un rythme régulier sans surprise. A peine m'étais-je fait cette remarque que l'auteur enclenche la 6ème vitesse à son roman, et attention, le régime ne baisse pas. Il vous faudra des nerfs solides et un grand moment de disponibilité, car vous ne pourrez pas lâcher ce livre avan d'avoir tourner la dernière page.

    Le réel point fort de Nicolas Beuglet, dans ses deux romans d'ailleurs, est de bâtir son intrigue policière sur de solides fondations; mais attention, pas de petits pilotis, là ce sont des piliers en béton. Après avoir traité de la vie et de la mort dans Le cri, l'auteur aborde ici un sujet (que je ne vous révélerai pas pour ne pas spoiler le livre) qui, de son propre aveux donne une dimension supplémentaire à son roman du fait de la coïncidence avec son prédominance dans l'actualité de ces derniers mois. Il y a bien sûr une exposition théorique sur le sujet, mais contrairement à d'autres romans où cela s'éternise au risque de perdre son lecteur, comme Signe de vie de José Rodrigues dos Santos, ici nous en avons la substantifique moelle nécessaire au roman. Et d'ailleurs, à défaut d'aller vérifier l'exactitude des points exposés, cela a le mérite de nous faire réfléchir.

    Les lecteurs qui avaient lu Le cri auront la joie de retrouver les héros du premier roman, de voir leurs changements professionnels et psychologiques, mais plus particulièrement l'évolution de la relation entre Sarah et Christopher. Pour les autres qui désireraient découvrir cet auteur, il est préférable de lire les romans dans l'ordre car dans Complot quelques rappels du Cri viendraient vous dévoiler la fin de celui-ci.

    Donc, une bonne enquête, une bonne histoire de fond, un rythme d'enfer et des personnages attachants : je vous recommande ce roman pour une lecture de vacances estivales.

    07/06/2018 à 21:15 4

  • Coupable

    Jacques-Olivier Bosco

    9/10 Troisième livre de Jacques-Olivier Bosco que je lis, le second de la série des Anne-Elisabeth Lartéguy, et une nouvelle fois une grande claque. Un aller-retour pour un amateur de roman policier un peu noir.

    Comme à chaque fois, le rythme est effréné où l’auteur laisse à peine respirer son lecteur avec des flash-back expliquant la jeunesse et les origines de la violence de l’héroïne. De rapides trêves qui s’intercalent entre courses poursuite, meurtres, bastons et enquêtes suivies par les plus hautes sphères policières et politiques.

    Si l’intrigue n’est pas l’élément le plus travaillé, l’introduction progressive des indices permettant de découvrir l’identité du meurtrier assez facilement, cela ne constitue pas un handicap à la lecture. Au contraire cela laisse un peu plus d’oxygène pour nos neurones respirer.

    Bref, tout comme la moto de l’héroïne dévore la route en faisant brûler la gomme des pneus, j’ai tracé tout le long des 400 pages en à peine 2 jours.

    Enfin, un point supplémentaire pour la superbe couverture qui résume à elle seule tout le livre : une femme fatale à la fois élégante mais dangereuse, armée, qui n’hésite pas à se mouiller… ou tout du moins à marcher dans le sang qu’elle a répandu.

    A propos de femme fatale, est-ce que « fatale » ne pourrait pas être le titre du troisième tome ? A suivre.

    03/04/2018 à 20:55 3

  • Enfermé.e

    Jacques Saussey

    9/10 Ce roman est une vraie claque.

    Jacques Saussey a décidé de laisser tomber un moment les thrillers pour nous offrir un roman noir sur le phénomène transgenre. Mais heureusement pour nous, il n'est pas tombé dans le sensationnalisme et le côté racoleur du sujet. Bien au contraire, au travers de son personnage, il nous dévoile les différentes étapes de la vie d'une personne confrontée à ce "problème" qu'est de vivre dans un corps ayant un sexe qui ne correspond pas à celui de votre mental.

    Et ces étapes ne sont pas de tout repos car cela passe bien sûr par la découverte de sa sexualité différente de celles des autres, de pouvoir en parler avec ses ami(e)s, ses parents et son entourage, de se trouver confronter à leurs réactions, leur acceptation, leur rejet voire leur isolement ou leur phobie.

    Mais bien sûr, l'auteur ne se contente pas d'une histoire basique, puisqu'il va projeter son personnage en prison, où il va vivre un véritable enfer; où cette différence va être l'excuse d'en faire un esclave sexuel. Sur ce point, nous pouvons noter quelques similitudes avec l'admirable roman noir de Karine Giebel, Meurtres pour rédemption. On comprend alors qu'en plus d'être enfermée en prison, enfermée dans une catégorie d'identification sexuelle, elle est avant tout enfermée dans son corps qui n'est pas vraiment le sien.

    Là où l'on voit que Jacques Saussey est un admirable conteur, c'est d'apporter un twist final à son roman. En effet, les différentes époques (enfance, adolescence, prison, après-prison) de la vie de Virginie, le personnage principal nous sont présentées alternativement, mais on se demande les raisons de l'attitude de Virginie dans sa dernière phase. On la devine, on a bien des options possibles, mais ce n'est que dans les dernières pages que tout se dévoile.

    Nul besoin de dire que les personnages sont fouillés, que la composante psychologique de Virginie est travaillée, approfondie, dévoilée par petites touches; que les autres personnages sont restreintes à leurs exactions au point de ne pas avoir de patronyme.

    Un roman difficile, aussi utile à lire qu'un roman sur la Shoah. Un roman qui a injustement reçu trop peu de récompenses.

    28/01/2019 à 20:26 6

  • Hell.com

    Patrick Senécal

    9/10 Souvent Patrick Sénécal est comparé à Stephen King, et je dois dire que pour une fois la comparaison n’est pas usurpée ou purement commerciale. On y retrouve les mêmes ingrédients : une écriture fluide qui plonge instantanément le lecteur dans l’histoire, le retour à nos peurs primales, basiques mais partagées de tous et de toutes. C’est le point fort de l’auteur car il cuisine son lecteur un peu comme la grenouille dans la casserole d’eau bouillante : horreur, tortures et autres sévices deviennent de plus en plus dures, profondes voire insoutenables à lire. Même si cela reste par moment difficile à lire, certains passages sont tout juste soutenables, la progression au sein du livre fait qu’elle ne heurte pas le lecteur d’entrée. Cependant, certains lecteurs seront tentés d’abandonner la lecture de Hell.com dégoûter par les mises en scène effroyables. Aussi pour ne pas perdre une bonne histoire, je ne peux que leur conseiller de sauter quelques pages, la dernière moitié du livre est beaucoup plus accessible.

    Si l’écriture est fluide, il n’en reste pas moins que l’auteur ne reprend pas le schéma commun des page-turns actuels. Point d’histoire(s) en parallèle, nous suivons intégralement l’histoire de Daniel Saul, un peu comme si nous voyions notre propre histoire (un cauchemar) relatée dans ce livre. Car finalement c’est un peu ce que désire l’auteur, c’est que nous prenions conscience, qu’à une toute autre échelle, nous avons tous un peu de Daniel Saul en nous, et que ce qui lui arrive, pourrait très bien nous arriver.

    Si Patrick Sénécal et son Hell.com nous fait penser à Stephen King et Dr. Sleep, Chuck Palahiniuk et son Fight Club, ou Breat Eaton Ellis et son American Psycho, il n’en reste pas moins original avec son style propre.

    21/05/2016 à 15:00 2

  • Inexorable

    Claire Favan

    9/10 Je ne comprends pas pourquoi la presse ne parle pas de ce roman?

    A l'image du héros de son roman Claire Favan est mise à l'écart, à l'écart de la presse qui ne voit pas dans son dernier roman l'émergence d'une nouvelle grande romancière. Car avec Inexorable, Claire Favan passe un cap.

    En s'affranchissant du genre policier, tout du moins dans la première partie du livre, elle montre ses qualités de romancière.

    On sent que l'auteure a mis dans ce roman beaucoup du sien, il y a beaucoup plus de sensibilité. Inexorable est beaucoup plus intimiste que les précédents romans de Claire Favan, la sensibilité des personnages est communiquée au lecteur, la psychologie de ses personnages est affinée, tout en subtilité, complexité et évolutivité.

    Son fils ayant subi une forme d'exclusion, on la sent particulièrement concernée par le sujet et donc investie dans ce roman. Claire Favan ne se contente pas de nous contenter une histoire mais également fait passer un message.

    De plus, l'écriture est d'une parfaite fluidité. Happé par le roman, le lecteur aura du mal à le lâcher, comme moi où après 2 petits jours la dernière page était tournée.

    11/11/2018 à 21:19 3

  • J'irai tuer pour vous

    Henri Loevenbruck

    9/10 Toutes les qualités d'un très bon thriller sont réunies dans ce roman.
    Tout d'abord l'originalité du sujet : l'histoire, véridique semble-t-il d'après l'auteur, d'une personne au patriotisme exacerbé qui va être "embauchée" comme agent externe (et donc non-officiellement reconnue) par la DGSE pour exécuter des "tâches" les plus sensibles.
    Ensuite, un contexte dans lequel cette histoire s'inscrit : l'époque sombre des attentats parisiens sous l'ère Mitterrand et des journalistes pris en otage pendant de longs mois.
    Le tout permet à l'auteur de construire un roman à la fois dynamique avec de l'action (les frasques du héro avant son recrutement puis ses missions), plein du suspense, et qui dénonce les luttes intestines ou les dérives des politiques; que la vie tout comme la vérité est plus compliquée qu'il n'y paraît.
    Les personnages sont forts, très bien construits avec une psychologie complexe, loin d'être caricaturaux; les seconds rôles puissants. L'écriture est à la fois ciselée et d'une grande fluidité. A la lecture de ce livre, ce ne sont pas des pages qui défilent sous nos yeux, mais un film en panavision.
    En conclusion, ce roman est tout simplement addictif, il est mortel. Nous pourrions donc dire que le titre de ce roman est un publicité à lui tout seul, et pour une fois, contrairement à certains bandeaux apposés en bas des livres, cette publicité n'est nullement mensongère.

    17/03/2019 à 21:37 5

  • Je suis Pilgrim

    Terry Hayes

    9/10 Lorsque l'on parle de roman d'espionnage, nous avons en tête Tom Clancy et son Jack Ryan ou un Jeff Abbott et son Sam Cappra, on s'attend surtout donc un héro affrontant énormément d'actions.

    Je suis Pilgrim de Terry Hayes se situe à un autre niveau : certes l'action est au programme, mais elle n'est pas la composante principale du livre. Elle en est un moyen ou une conséquence, mais pas l'essence. Terry Hayes donne la part belle à la mécanique de l'espionnage, explique les différentes rouages qui viennent s'imbriquer pour faire l'histoire.... sans que cela soit lassant, un véritable tour de force.

    Là où l'on voit que Terry Hayes est un scénariste averti (il a collaboré par exemple à la scénarisation des Mad Max) c'est dans le façonnage de l'intrigue : cette fiction embarque des éléments réels comme les attentats des tours jumelles de New York. Nous n'avons plus l'impression de lire une fiction, mais un livre documentaire, une enquête d'investigation.

    De plus, Terry Hayes n'oublie pas de forger ses personnages avec de solides bases, tant dans leur histoire personnelle, leur vécu, leur psychologie. Il distille tout au long de l'histoire des éléments sur ceux-ci qui expliquent leurs décisions ou leur motivation.

    Et pour parfaire le tout, le style (et donc la traduction de Sophie Bastide-Foltz) est excellent : plus soutenu que ce à quoi nous sommes habitués, le style est très fluide et fait passer ce pavé pour un roman traditionnel.

    Si vous n'avez pas lu de roman d'espionnage depuis longtemps, alors n'hésitez pas longtemps, jetez vous à cœur perdu dans Je suis Pilgrim.

    09/04/2017 à 21:31 9

  • Je t'aime

    Barbara Abel

    9/10 Des 22 livres que j'ai lus cet été, c'est le thriller de Barbara Abel Je t'aime que j'ai préféré.

    Sans dévoiler plus d'informations que ne donne la quatrième couverture, le contenu du livre tourne autour de l'amour et de la vengeance, sentiments contradictoires mais qui vont être complémentaires dans ce livre. On peut alors penser que ce roman va être un thriller psychologique lourd, long, ennuyeux. Les premières pages pourraient faire penser à un roman niaiseux comme diraient nos amis québecois, mais petit à petit Barbara Abel développe la psychologie de ses personnages, ils prennent de l'ampleur, de la complexité et l'on se rend compte que le roman va être tout en nuances.

    La grande force de ce livre est de projeter le lecteur dans le roman. Il va alternativement vivre les aventures des différentes familles. J'avais l'impression d'être à côté des personnages, de partager leurs joies, leurs pleurs, de suivre les hauts et les bas de moral, leurs réflexions. J'étais un nouveau membre de famille, à chaque retournement de situation, pour la moindre progression dans l'enquête, l'histoire me prenait aux tripes.

    Mais attention, si Je t'aime est un thriller psychologique, ce n'est pas uniquement un roman psychologique. La seconde partie du roman va plonger le lecteur dans une sorte de course contre la montre, ses nerfs seront mis à dure épreuve comme pour les personnages du roman. Cette seconde partie est d'autant plus prenante qu'elle est crédible : pas de grands moyens comme dans un roman d'espionnage, pas de poursuite comme dans un roman noir des bas-fonds de la société. Ici ce sont des familles lambda dont la vie est altérée, mise en jeu, conditionnée par celles des autres.

    L'écriture est d'une efficacité redoutable : fluide, incisive, addictive car l'histoire est perpétuellement relancée.

    La seule petite critique que j'aurais à formuler est que, malgré une fin terrible, je trouve l'auteure un peu trop gentille avec ses héros. Elle aurait pu être plus diabolique, plus noire, plus méchante, rendre ses personnages plus pernicieux.

    Bref Barbara Abel maîtrise à la perfection le thriller psychologique qui séduire même ceux qui ne sont pas amateurs du genre. J'aime je t'aime.

    09/09/2018 à 20:32 4

  • La Chambre des Morts

    Franck Thilliez

    9/10 Lire la Chambre des morts est une étrange aventure.

    Non pas que le récit soit gore, pleine de tortures, sévices et autres scènes insoutenables (quoique?), non, pour moi, dès les premières pages, je me suis aperçu d'avoir déjà lu ce livre. C'est la seconde fois que cela m'arrive, l'autre fois fut pour Salem de Stephen King. Mais cette fois-ci, l'histoire ne m'est pas revenue en tête d'un seul coup mais au fur et à mesure de la lecture du livre.... sans pour autant me rappeler du final. Et si je suis allé au bout de ce livre alors que je l'avais déjà lu, c'est que j'avais plaisir à le redécouvrir.

    Car si ce fut sans doute un des premiers romans de Franck Thilliez que j'avais lu, c'est également pour l'auteur un de ses premiers livres (le troisième exactement). Les habitués de ce romancier constateront à sa lecture l'évolution de la plume de l'auteur depuis. Dans celui-ci, les phrases sont plus complexes et donc un peu moins fluides à lire. Mais il est une qualité qui est déjà maîtrisée, le suspense et la relance régulière de l'histoire.

    Enfin, ce que j'ai tout particulièrement apprécié est la fausse simplicité de l'intrigue : d'un événement banal, la situation se complexifie et ne cesse de s'aggraver. Et comme le début pourrait arriver à chacun d'entre nous, la projection identitaire sur les 2 personnages

    Donc, un très bon livre fondée sur une très bonne intrigue, qui a reçu plusieurs prix (les seuls qu'a reçus Franck Thilliez au demeurant)... qui nous fait découvrir Lucie Henebelle.

    A lire ... plusieurs fois même.

    01/08/2017 à 20:52 3

  • La Pieuvre

    Jacques Saussey

    9/10 Loin des tendances actuelles, l'auteur s'éloigne des sujets des thrillers communs et décide d'ancrer l'origine de son roman dans les assassinats de juges par la Mafia. C'est à la fois un bol de fraîcheur et d'originalité pour les lecteurs mais avant tout une imbrication de cold-case et d'affaire courante dans l'enquête,.

    La structure du roman est classique : deux histoires dressées en parallèle, l'enquête officielle d'une part, l'enquête officieuse qui se révèle être par la même occasion quête identitaire d'autre part. J'attire l'attention des lecteurs sur la datation en début des chapitres, car si ces histoires parallèles semblent se dérouler de manière rapprochée pour faciliter le suivi de l'histoire, le petit décalage dans le temps a son importance...vous verrez pourquoi le moment voulu.

    Si le lecteur entre aussi rapidement dans l'histoire c'est aussi grâce la qualité de la construction des personnages : ils ont une véritable personnalité, ne sombrent pas dans le cliché des flics asociaux ou en totale perdition. Finalement on se prend au jeu et on projette dans la peau de Lisa Heslin et Daniel Magne.

    Quelques légers aspects négatifs de ce livre viennent entacher ce roman.

    Quand bien même l'histoire est prenante, nous butons parfois sur le phrasé de l'auteur (comme le mien dans cette chronique). Cela nous empêche de passer la cinquième vitesse et de lire ce livre comme on l'aurait souhaité. Mais ce qui est surprenant c'est qu'au moment où l'action entre en jeu, ce défaut s'éclipse et permet au lecteur de profiter pleinement de ces instants du roman plus intenses.

    L'autre point négatif tient du fait que ce roman s'inscrit dans la série des histoires mettant en scène Lisa Heslin. Dans La pieuvre Jacques Saussey rappelle le passé des ses héros malheureusement en dévoilant la conclusion des histoires des précédents romans, privant ses lecteurs de la joie de découvrir d'autres de ses romans.

    Enfin la couverture qui semble sortie d'une livre des années 70, je ne pensais pas que l'on pouvait faire ce genre de graphisme au XXIème siècle.

    Donc un très bon livre qui mérite bien la publicité qui les est faite par les autres lecteurs sur la blogosphère et les réseaux.

    24/09/2017 à 21:21 3

  • La Soif

    Jo Nesbø

    9/10 Après trois années d’abstinence de Harry Hole, j’avoue que ce fût un grand bonheur de retrouver le héro favori de Jo Nesbo. Et sans vous dévoiler le livre, je peux vous dire qu’une fois encore, il n’est pas épargné, ne serait-ce que d’être retiré de sa pré-retraite d’enseignant à l’école de police pour partir un une nouvelle fois aux trousses d’un serial killer vampiriste.

    Les amateurs de thrillers ne manqueront pas de remarquer que le domaine dans lequel évolue le meurtrier est similaire à celui du dernier roman de Franck Thilliez Sharko. Phénomène de mode ? Connaissance du projet de l’autre ? Même fait divers comme source d’inspiration ? Nous ne le saurons certainement jamais à moins de confronter les deux auteurs, Jo Nesbo plaide pour un hommage à Bram Stocker. Mais pour le plus grand plaisir des lecteurs, ce thème est abordé de façon différente, et les histoires à mille lieux l’une de l’autre.

    Une nouvelle fois Jo Nesbo excelle comme romancier policier en nous servant une histoire à multiples rebondissements ancrée dans la société actuelle et ses technologies (réseaux sociaux, impression 3D, …), une thématique différente. Les expériences passées des personnages aux fondations solides (c’est tout de même la onzième histoire avec Harry Hole) sont exploitées au mieux. Leur psychologie et leurs interrogations ne cessent d’évoluer.

    Son écriture est toujours aussi limpide, fluide, avec des rapides qui relancent le flux, mais contrairement à l’eau claire, les lecteurs ne voient pas qui se cachent dans les fonds troubles, ou du moins pas tout de suite.

    Pourrions-nous trouver un défaut à ce livre ? Oui, son titre, qui je l’avoue m’a laissé quelque peu sceptique lorsque j’ai découvert le livre en libraire, au point où, si je n’avais pas été fidèle lecteur de Jo Nesbo, je ne suis pas sûr que j’aurais été convaincu d’acheter le livre.

    Pour conclure, nous pourrions résumer la critique en disant que ce roman est quasi-parfait et que c’est avec regret que nous devions tourner sa dernière page.

    13/01/2018 à 21:41 4

  • Le Cri

    Nicolas Beuglet

    9/10 A peine le livre terminé et refermé, la première impression que laisse ce livre est la densité. Densité du sujet, densité des actions.

    Car si le livre démarre sur un banal décès, l’héroïne va rapidement entraîner le lecteur dans une course folle contre la montre. Course folle qui ne lui laissera guère le temps de se reposer et au lecteur d’occasion de refermer temporairement le livre. Donc vous êtes prévenu, vous savez quand vous aller ouvrir le livre mais pas quand vous allez le refermer… à moins de ne l’avoir terminé d’une traite.

    Densité du sujet, car si le thème du livre peut paraître quelque peu fantasque, l’auteur nous révèle en fin de livre que son histoire est basée sur des faits réels et que seule son imagination n’a fait que les extrapoler pour en dresser le contexte ultime du roman. Cependant l’auteur sait expliquer simplement les différents sujets scientifiques (psychologiques et physiques) abordés pour que tout chaque lecteur puisse comprendre le concept et l’étendu de leur signification.

    Malheureusement, comme tout premier livre (en fait c’est le second livre de Nicolas Beuglet), celui-ci a quelques défauts de jeunesse.

    On remarque ainsi quelques erreurs temporelles comme le passage à la banque. Il est indiqué que celle-ci ferme à 19h, que les héros font un rapide point à leur sortie de cette banque et qu’ils quittent les lieux vers minuit.

    Et puis il y a le syndrome Jack Bauer, le héros de 24h chrono : omniprésence du téléphone mobile qui fonctionne tout le temps, sans jamais être rechargé, qui capte dans tous les pays, dans les zones les plus reculées et inhospitalières, sur terre comme sous terre, même dans des zones militaires ultra-sécurisés. Franchement il faudrait qu’un jour on me donne les références du modèle du téléphone mobile et de l’abonnement, car personnellement dès que je vais un peu à la campagne, je n’ai plus que les appels d’urgence disponibles.

    Cependant le roman est bien construit, la psychologie et le passé des personnages sont dévoilés au compte-goutte tout au long de l’histoire. On aurait aimé avoir un certain équilibre dans les défauts entre personnages, Christopher apparaissant un peu trop parfait.

    Un très bon roman écrit par un auteur à la plume efficace dont il faudra suivre les prochaines publications.

    01/11/2016 à 20:06 2

  • Le Loup peint

    Jacques Saussey

    9/10 Je ne connaissais pas cet auteur et c'est une très belle découverte. Le loup peint est son dernier roman et on remarque tout de suite une certaine maîtrise de la trame romanesque, du maintien du suspense, des revirements et des coups de théâtre. Si la structure est maîtrisée, la fluidité de l'écriture l'est également. La lecture de ce livre coule sans peine et se transforme rapidement en un très bon moment de détente.

    Ensuite l'histoire est également excellente. Elle s'inscrit dans la lignée de Catch 22, ce roman horrible où le héros, quoi qu'il fasse pour résoudre un problème, fait face à de plus en plus de soucis de gravité grandissante. Une histoire improbable, mais tellement improbable qu'elle pourrait être vraie. Les personnages sont tellement bien dépeints que l'on prend pitié du héros, on aimerait l'aider, le conseiller, hurler pour ne pas aller quelque part. Bref, le lecteur voit défiler non seulement les pages mais l'action devant ses yeux un peu comme au cinéma.

    Enfin, comme vous l'aurez remarqué dans l'extrait ci-dessus, l'auteur ne manque pas d'humour et n'oublie pas de faire des clins d’œil à ses pères.

    Un très bon roman qui nous fait dire que nous croiserons une prochaine fois cet auteur dans nos lectures.

    13/11/2016 à 20:56 2

  • Le Principe de parcimonie

    Amédée Mallock

    9/10 Mallock, de son vrai nom Jean-Denis Bruet-Ferreol, photographe reconverti dans l’écriture, est un auteur de romans que je qualifierais de policiers traditionnels modernes.

    Le premier bon point est l’avertissement faite en début de livre par l’auteur : bien que ce livre soit le cinquième d’une série, il peut être lu indépendamment des autres sans aucun risque de divulgation des précédents, seuls quelques rappels et renvois figurent deci-delà.

    En effet, Le principe de Parcimonie fait appel à un commissaire, Amédée Mallock, digne de l’imagination des reines du Crime, un mélange d’Hercule Poirot d’Agatha Christie et d’Adam Dagliesh de P.D. James. Un enquêteur calme, un brin original, qui fait travailler ses petites cellules grises, pour qui l’action est laissée aux plus jeunes. Cependant contrairement au plus célèbre des belges, point d’égocentrisme ou de vantardise. La modernité vient de l’entourage de l’inspecteur, une équipe multi-culturelle, aux passés dans la police diverses et aux compétences variées (l’informaticien, …). Leurs histoires, leurs passions, leurs psychologies sont abordées par petites touches tout au long du roman.

    La modernité se trouve également dans la structure du livre : véritable turn-page, qui alterne entre enquête et méfaits dont les mises en scène sont des plus originales, parfois drôles, tantôt morbides. Il est très difficile de lâcher ce livre. C’est bien simple, en moi de 48 heures, je me suis enfilé les presque 600 pages.

    Et puis positionner son histoire dans un Paris en pleine crue centennale est tout simplement génial. Sans sombrer (sans mauvais jeu de mot) dans une vision apocalyptique de fin du monde, l’auteur a judicieusement intégré cet événement en élément de fond. L’enquête progresse ou stagne, l’eau monte ou gèle, les forces gouvernementales et municipales sont sont de plus en plus monopolisées.

    Enfin notons la très belle couverture qui est également le fruit du travail de Mallock.

    06/05/2016 à 21:17 2

  • Le Signal

    Maxime Chattam

    9/10 Que dire de ce gros roman de 750 pages, bien denses, de Maxime Chattam ?

    Avant de savoir si Maxime Chattam est à la hauteur de Stephen King, il est important de dire que Le signal est un très bon roman d'horreur / fantastique. On peut même dire qu'il va rapidement trouver sa place dans la bibliothèque des amateurs du genre comme un classique. Il reprend tous les codes du genre et, par hommage à ses paires (pères), met en scène des symboles d'autres livres ou films du genre : le clown avec son ballon rouge, le club de copains avec la fille "extra-ordinaire" façon Stranger Things ou Goonies, ....

    Mais, il y a encore une petite marche avant que Maxime Chattam n'arrive au firmament de Stephen King. Le maître est le seul avec peu de mots, des phrases simples, à décrire une atmosphère, à susciter son lecteur un sentiment ou à mettre en scène des personnages structurés dont la psychologie évolue au fil des pages.Chez Maxime Chattam il y a encore des paragraphes avec des phases alambiquées, des tournures complexes, et des personnages clichés comme le chef de police borné, ou le joueur de football limité et agressif.

    On remarquera une mise en page toute particulièrement du livre : les tranches sont noires ainsi que le bord des pages sur un centimètre. Serait-ce pour rappeler un grimoire, ou ben pour montrer les limites de l'emprise du livre un peu comme l'influence du mal jusqu'à la ravine.

    Enfin, le roman n'est pas exempt d'humour, l'auteur pratiquant même l'auto-dérision. En effet, le père est un auteur de pièce de théâtre en manque d'inspiration cherchant une seconde vie professionnelle loin de la pression de New, et la mère, star de la télé, voulant revenir à ses premières amours d'animatrice radio. Doit-on y voir une projection du couple Maxime Chattam - Faustine Bollaert (sa femme) ?

    En conclusion, un roman sorti au bon moment car il est préférable de le lire dans le noir.

    30/10/2018 à 21:02 7

  • Le Sourire des pendus

    Jérôme Camut, Nathalie Hug

    9/10 Ce Sourire des pendus est mon premier livre de Jérôme Camut et Nathalie Hug; et je dois avouer que c'est une véritable et bonne découverte. En témoigne l’achat de

    Pourquoi une si bonne impression ?

    Pour plusieurs raisons, mais avant pour la fluidité de l'écriture et le rythme du livre qui font passer ce gros pavé comme une lettre à la poste (même si l'expression est quelque peu galvaudée de nos jours). Le lecteur est rapidement plongé dans l'ambiance, se prend de sympathie pour les différents protagonistes dont il aime découvrir leur passé et leur psychologie au fil des pages.

    Mais c'est également une histoire, bien structurée, avec de multiples rebondissements, qui aborde il semblerait le sujet à la mode : le marché de l'esclavage sexuel que nous avons déjà rencontré dans Hell.com de Patrick Sénécal.Bien que quelques passages puissent être durs pour les lecteurs les plus sensibles, les sévices ne sont pas aussi détaillés ni nombreux que chez Sénécal,

    On pourrait seulement reprocher aux auteurs de multiplier les personnages et les histoires parallèles, qui apportent chacune leurs pierres à l’édifice, mais qui perdront les lecteurs qui se consacrent épisodiquement au livre.

    Enfin, même si l'on note une similitude frappante dans le concept entre W3 et Millenium comme media d'alerte, et la composition de l'équipe rédactionnel (le journaliste, le geek), la comparaison s'arrête à ce niveau et le lecteur n'a à aucun moment l'impression d'avoir un déjà-lu devan lui.

    C'est avec une réelle impatience que j'attends de connaître la suite des aventures de

    30/05/2016 à 21:30 5

  • Le Vide

    Patrick Senécal

    9/10 Je crois que je n’ai pas dévoré un roman comme Le vide depuis Le chuchoteur de Donato Carrisi et L’affaire Harry Quebert de Joël Dicker. Patrick Sénécal allie avec forces qualités romancières une intrigue policière bien charpentée, aux multiples facettes, aux nombreux rebondissements. Les personnages ont une vraie personnalité, des défauts, un passé que l’on découvre au fur et à mesure, sans pour autant être une des traditionnelles caricatures de policiers.

    Bien que ce roman soit paru au Québec en 2007 en pleine période d’explosion de la télé-réalité, contexte principal du roman, il n’en reste pas moins d’actualité en le transposant avec les mouvances religieuses extrémistes qui exploitent de la même manière la détresse des personnes en quête de sens dans leur vie.

    Bien que ce roman soit noir et ait que quelques scènes difficiles, celles-ci ne le sont pas autant que celles amplement décrites dans Hell.com qui demande à ses lecteurs d’avoir le cœur bien accroché; le lecteur n’aura ici que quelques frissons

    Le seul reproche que l’on peut formuler à son encontre est un final légèrement décevant, non pas qu’il soit bâclé mais tout simplement trop évidente.

    La rédaction est impeccable, tout en fluidité : l’auteur a repris son roman spécialement pour sa publication en France afin que ses lecteurs ne bloquent par sur certains idiomes québecois. On pourrait penser que 736 pages, denses, constituent un roman marathon, que cela nécessite un certain entraînement, voire une endurance à la lecture. Que nenni, la structure et l’écriture ne vous laissent pas vous reposer, vous soutiennent même tout au long de ce roman en alternant actions, réflexions, histoires parallèles, vie des personnages.

    Enfin, un dernier élément qui montre la qualité du roman est sa couverture. Si au début on a du mal à comprendre ce que c’est, elle illustre parfaitement le sujet du livre : un tourbillon qui entraîne les gens vers le fond, comme une vidange de la société. Chose rare qui témoigne de sa justesse, cette couverture a été conservée lors de son passage en version poche.

    Un grand roman qui confirme Patrick Sénécal comme étant un des meilleurs auteur de polars noirs du moment

    04/09/2017 à 21:37 4

  • Les Limbes

    Olivier Bal

    9/10 Les limbes d'Olivier Bal est un coup double pour un premier roman.

    A la lecture de ce premier roman j'avais la sensation de retrouver le plaisir de lire un roman de Stephen King d'avant son accident, de cette période où le maître de l'horreur méritait ce titre. Par des mots simples, sans digressions interminables, Olivier Bal arrive a parfaitement décrire les personnages, leur psychologie, leur vécut, les situations, les actions. De par cette efficacité, le lecteur se projette rapidement dans l'histoire, se met rapidement dans la peau du héros, ou alors tourne les pages à toute vitesse durant les phases d'action.

    Au début j'avais un peu peur de l'ouverture du roman pendant la guerre du Vietnam. Il y a longtemps j'ai lu Koko de Peter Saul, j'avais trouvé que les phases de guerre ou leurs souvenirs s'éternisaient. Ici, la guerre n'est que prétexte mais le héros aurait tout aussi bien pu vivre un autre moment fort et dramatique, cela aurait été la même chose. Le lecteur n'aura pas besoin de grande motivation car ces épisodes de guerre sont ... épisodiques.

    Par contre je dois avertir les âmes les plus sensibles, l'histoire faisant (pan pan), la tension monte, les morts pullulent et l'hémoglobine se répand plus vite que la traînée de poudre; les autres verront leur rythme cardiaque monter d'un cran.

    Second coup parce que ce roman est édité par une toute nouvelle maison d'édition, De Saxus, dont Les limbes est le premier titre de leur catalogue. Autant dire que si tous les livres que cette maison d'édition va publier son de la qualité de celui d'Olivier Bal, elle va rapidement se faire une place et une renommée dans le monde de l'édition.

    Maintenant, nous attendons le prochain roman d'Olivier Bal pour confirmer l'éclosion d'un nouvel auteur talentueux.

    10/04/2018 à 21:27 5