QuoiLire

171 votes

  • La Dame de Reykjavik

    Ragnar Jonasson

    5/10 La dame de Reykjavik de Rognar Jonasson est à l'image des romans policiers islandais : classique, lent et humain.

    Il s'inscrit dans la pure tradition des whodunit où l'enquête se déroule tranquillement. D'ailleurs le rythme est une composante marquante des romans islandais, à croire que toute la vie est comme paralysée par la neige, même en période estivale.

    La grande force de roman se situe plutôt dans le personnage principale, cette policière à la veille de la retraite, à qui l'on retire du jour au lendemain tous ses dossiers, et qui se jette corps et âme dans une dernière affaire, un cold case. Son regard sur sa carrière, l'évolution de son métier, les sacrifices consentis, mais également la peur de sa nouvelle vie.

    Ayant découvert ce livre dans sa version audio, si la lectrice a une diction parfaite, elle a trop tendance à jouer le texte au détriment de laisser une part d'imagination au lecteur.

    01/07/2019 à 20:58 1

  • La Voie des âmes

    Laurent Scalese

    5/10 Autant vous avertir de suite, je suis partagé sur ce livre. Si l'idée de départ d'une enquêteur qui peut avoir la possibilité de susciter sa femme témoin d'un crime en échange de ses services, c'est surtout la lenteur du roman au regard de l'épaisseur du livre qui m'a fait temporairement suspendre sa lecture.

    Pourtant tous les éléments étaient réunis pour faire de ce livre un très grand roman, qui plus est original : de bons personnages avec leurs faiblesses respectives, une incursion originale du fantastique dans le monde policier, une "explication" sur les raisons de serial killers ou de meurtres inexpliqués.

    Malheureusement, alors que je suis arrivé à mi-livre, le deal n'a toujours pas été présenté. Le roman se traîne en longueur et présente certaines lourdeurs comme la liste exhaustive des avenues new-yorkaises parcourues par les héros. Si ce genre de détail fonctionne bien, par petites touches, chez des auteurs comme Stephen King, pour renforcer la projection du lecteur dans le roman, ici elle nuit à la fluidité et au rythme du roman.

    Bref, si je ne suis pas totalement charmé ni par ce livre et ni par le style de Laurent Scalese, il faudra que je me motive à le terminer pour avoir un avis final et tranché. En attendant, pour les amateurs de romans policier psychologique, nuancé de fantastique et de romance, devraient y trouver leur compte.

    29/06/2019 à 12:20 1

  • Ils étaient cinq

    Sandrine Destombes

    5/10 Au premier abord, ce livre se présentait sous les meilleurs hospices : un départ original puisque ce ne sont pas les hommes de loi (policiers ou gendarmes) qui sont appelés pour se rendre sur un lieu de crime, mais carrément les criminels qui contactent un profiler pour le prendre à témoin de leurs exactions. En plus d'une vidéo montrant les supplices infligés à des personnes, un message mystérieux semble expliquer leur méfait.

    Les qualités rédactionnelles de Sandrine Destombes sont indéniables : la plume est fluide, avec du suspense, un rythme constant, des relances au bons moments pour conserver l'attention du lecteur. Le personnage principal, le Capitaine Antoine Brémont, est fort bien construit, l'auteur pense à nous faire partager ses sentiments et ses ressentis de l'enquête.

    Si cela est vrai pour le personnage récurrent des romans de Sandrine Destombes, malheureusement, cela n'est pas aussi vrai pour les personnages secondaires, que ce soient les autres enquêteurs composant l'équipe du Capitaine Antoine Brémont, ou bien les personnages centraux de l'enquête.

    L'autre faiblesse du roman vient de l'intrigue pour dont je trouve la solution un peu trop évidente. L'auteure pense à ses lecteurs et laisse tout au long de son roman de nombreux indices menant à la clé de l'énigme, et dès le titre du livre, un peu comme le Petit Poucet afin de ne pas perdre son lecteur.

    Mais ces défauts restent minimes, et sauf être un gros lecteur de romans policier et thrillers en tout genre, vous ne devriez pas découvrir trop vite le pot-aux-roses et passerez un agréable moment le temps de la lecture de ce livre.

    16/06/2019 à 21:12

  • L'enfant aux yeux d'émeraude

    Jacques Saussey

    9/10 Comment résumer l'efficacité de ce livre : 410 pages et à peine 2 jours pour le lire.

    Car ce roman est une véritable bombe : vous l'ouvrez, vous patientez 20 pages et l'histoire vous explose à la figure. Non seulement, cela démarre sur les chapeaux de roues, mais le rythme et la tension ne se relâchent pas. Les cadavres s’amoncellent tout le long du passage de David Courty. On sent bien que ce gars a pété un plomb, que quelque chose l'a fait sortir de ses gonds, mais on ne sait pas laquelle, ni comment ce carnage va s'arrêter.

    Si le sujet fait penser au film Chute livre avec Michael Douglas, c'est également une enquête policière, difficile, qui montre que tout n'est pas aussi simple qu'il n'y paraît et démontre les limites des techniques policières dans ce genre d'affaire.

    L'auteur a tout mis dans ce livre pour qu'on le dévore (le livre, pas l'auteur, vous me suivez) : des personnages complexes, un rythme survitaminé, une intrigue labyrinthique, des rebondissements, des retournements de situation. Le plus surprenant est de lire dans les remerciements que l'auteur a eu un flash lui donnant la trame de ce roman au cours d'un déjeuner qu'il a du interrompre le temps de la consigner oralement dans son téléphone.

    Bref, arrêtez de lire ce billet et foncez lire ce livre.

    12/06/2019 à 20:40 2

  • M, Le bord de l'abîme

    Bernard Minier

    5/10 Alors que j'avais énormément de bons retours d'amis et collègues sur ce roman, je suis plutôt partagé suite à la lecture de M, le bord de l'abîme.

    Certes Bernard Minier sait tout de suite instauré une ambiance, lourde, moite et mystérieuse, à l'image de Hong-Kong, la cité reine de ce nouveau roman. Et en deux temps trois mouvements, nous voici plonger dans l'intrigue ainsi que l'univers technologique support de ce roman. Si tut semble indiquer que le meurtrier fait partie de la toute puissante société informatique Ming, le plus dur reste d'infiltrer cette compagnie pour y trouver des indices et démasquer le meurtrier.

    Malheureusement, l'aspect technologique pourra rebuter certains. Même en travaillant dans le domaine, en dehors d'une volonté d'authenticité, je n'ai pas bien compris l'intérêt d'énumérer les algorithmes ou leur créateur. Et puis avons le tout simplement : ce roman ne peut être classé dans les policiers de style whodunit par manque d'indices; ni un roman de science-fiction si tant est que l'auteur voulait démontrer l'état de l'art actuel dans le domaine. J'ai été particulièrement déçu par le final et l'absence d'exploitation de la technologie propre à la première victime (dans l'ordre de lecture du roman). Sur ce dernier point l'auteur aurait largement pu élaborer un roman beaucoup plus flippant et se prêtant mieux à la réflexion de la place de la machine dans l'humanité.

    Au final, Bernard Minier; sous couvert de thriller technologique, aux reflets de science-fiction, a sans aucun doute souhaité dénoncé la voie vers laquelle notre société est en train de s'engager sans toutefois mesurer toutes les conséquences de l'emploi de ces nouvelles technologies, au détriment d'un thriller de qualité comme le fût son prédécesseur.

    09/06/2019 à 21:32 2

  • D'ombre et de silence

    Karine Giebel

    7/10 D'ombre et de silence rentre dans la catégorie des livres plumes chez Karine Giebel. En fait ce n'est pas un roman mais une collection de huit nouvelles qui abordent le meurtre et les motivations du crime. Et rapidement l'auteure démontre que la source du meurtre n'est pas unique et manichéiste, si certains sont cachés pour d'autres il est préférable de ne pas en parler. Malheureusement je ne peux en dire plus de peur de divulguer les différents cas du roman, mais ces illustrations poussent à la réflexion et à comprendre, sans pour autant accepter, le geste fatal que certains portent.

    J'ai découvert ce livre dans sa version audio. La grande intelligence de la maison d'enregistrement a été de faire lire ce livre par deux personnes, un homme, une femme, et de recourir à l'un ou à l'autre en fonction du point de vue exposé dans la nouvelle. La lecture est claire et tout juste jouée pour donner de la profondeur à la lecture.

    09/06/2019 à 21:17 1

  • Octobre

    Søren Sveistrup

    5/10 Encore un roman suédois diront certains; oui mais un bon roman. Ne vous fiez pas aux premières pages qui donnent l'impression d'un roman brouillon, car rapidement vous allez être plongé dans une enquête complexe, une chasse au serial-killer original qui laisse des petits personnages faits de marrons.

    J'ai particulièrement apprécié les personnages, humains, leur complémentarité, leur mystère; mais également l'ambiance suédoise, loin des clichés. On notera certains points particuliers à la Suède comme le tutoiement ou encore le suivi des affaires de dénonciation de maltraitance des enfants directement au niveau du ministère.

    La fluidité de l'écriture est particulièrement bien respectée par le traducteur, on se prend à tourner, et tourner, les pages, vouloir toujours plus avancer dans la lecture de ce roman, régulièrement relancé soit par des découvertes dans l'enquête, soit par des moments d'action. Heureusement, on pourra reprendre son souffle en partageant la vie extra-professionnelle des personnages.

    Mais de nombreux points viennent ternir la qualité de ce roman.

    Les personnages n'agissent pas comme des policiers normaux : il y a celui qui entre dans la maison où les scellés ont été rompus sans avertir ses collègues ni prendre les moindres précautions. Cela me faisait penser à la fille des films d'horreur à qui l'on dit de ne pas aller dans la forêt la nuit et qui s'y rend dès le premier soir.

    Pourquoi l'auteur garde caché les raisons du renvoi de Hess d'Europol (Interpol) ? Je ne le sais pas mais il frustre ses lecteurs; car on s'attache aux deux personnages principaux et on espère les connaître de plus en plus tout au long du roman. Tant pis, c'est une frustration, mais certainement pas la dernière.

    Pour tout amateur de romans policiers, le plus gros point négatif reste l'impossibilité au lecteur de découvrir le coupable. Nul indice n'est donné au lecteur jusqu'à la divulgation du meurtrier. Certes cela amène de la tension et de la surprise au final, mais on ronge notre frein de ne pouvoir stimuler nos cellules grises et voir si l'on peut déjouer les pièges de l'auteur.

    Donc vous l'aurez compris, une belle histoire, une belle écriture, de beaux personnages, mais qui décevra quelque peu les lecteurs enquêteurs.

    02/06/2019 à 21:49 3

  • Surface

    Olivier Norek

    7/10 C'est le second roman d'Olivier Norek qui s'éloigne de sa zone de confort des enquêtes dans le 9 3. Après Entre deux mondes et sa jungle calaisienne, cette fois-ci ils nous convient à suivre une enquête en pleine campagne aveyronnaise. "Ah ouiah quand même", comme dirait un personnage du roman.

    En fait ce n'est pas vraiment une enquête que l'on suit, mais l'histoire d'une policière défigurée au cours d'une intervention, et qui, pour ne pas démoraliser ses équipes avec son handicap, est envoyée dans la zone la plus tranquille de France. Si on se doute bien que la zone ne sera plus aussi tranquille qu'elle le fût, c'est avant tout une remise en question du personnage principal. Il est question de trouver de nouveaux point s de repère tant dans l'acceptation de soi, de sa séduction, de sa relation aux autres; mais également au niveau professionnel au recours à des techniques plus "classiques", plus humaines, loin des services ultra-technologique des grandes villes.

    Ne vous fiez pas aux apparences, si ce roman n'est pas aussi incisif et survolté que les précédents, il sert comme à chaque fois à l'auteur à dénoncer des injustices, des dysfonctionnements dans l'administration policière. Il donne bien sûr de plus en plus d'amplitude à ses personnages, les rendant donc de plus en plus complexes, difficiles à saisir, et donc de plus en plus de possibilités quand à leur avenir dans l'histoire.

    Si vous avez une envie de vous mettre au vert, mais avec un peu de noir, laissez-vous tenter par ce whodunnit.

    26/05/2019 à 21:05 3

  • Trois jours et une vie

    Pierre Lemaitre

    5/10 Trois jours et une vie est loin du roman à suspense comme Au revoir, là-haut ! auquel nous a habitué Pierre Lemaitre.

    Ici, l'auteur change de style et nous offre un roman psychologique. En suivant le jeune meurtrier, sa gestion du meurtre, ses réactions, ses craintes d'être démasqué, Pierre Lemaitre nous fait une démonstration de ce que peut être une vie avec une épée de Damoclès perpétuellement suspendue au-dessus de votre tête.

    La bonne intelligence tant de l'auteur que du roman est de ne pas se cantonner à faire cette analyse sur la période du meurtre et de l'enquête les mois suivants, mais sur différentes époques d'une dizaine d'années d'écart. On voit alors l'évolution des émotions, les nouveaux faits qui peuvent condamner le héro du roman. Même s'il y a des points communs, l'histoire se renouvelle et change.

    J'ai découvert ce livre dans sa forme audio. La voix de Philippe Torretonn se prête parfaitement à la lecture de ce livre : ni trop rapide ni trop lente, elle ne joue mais suggère le jeu sous-entendu par le livre et laisse donc au lecteur l'imagination de la scène ou de la représentation des personnages, comme il le ferait en le lisant lui-même.

    Enfin sachez que ce livre va être adapté sur grand écran par Nicolas Boukhrief avec au casting composé de Charles Berling, Sandrine Bonnaire ou encore un certain Philippe Torreton.

    22/05/2019 à 20:48 2

  • Trois secondes

    Börge Hellström, Anders Roslund

    9/10 J'ai longtemps attendu avant d'écrire cette critique : devais-je le faire pour ce livre ou pour la série complète. Mais le premier tome étant tellement bien que j'ai préféré la faire, et ainsi vous permettre de connaître mon avis sur les suivants pour savoir si cette qualité est tenue.
    Ne vous fiez pas à la relative lenteur des cinquante premières pages, elles sont là pour poser les personnages et présenter leur psychologie. Ensuite, le livre prend gentiment son rythme de croisière pour se révéler comme un redoutable page-turner d'une très grande efficacité, d'une forte propension à être addictif et d'une grande modernité dans sa rédaction alors qu'il a été écrit en 2009.
    J'ai particulièrement adoré le fait d'être baladé par les auteurs lors de la mise en place des préparatifs du héro principal avant son incarcération : on ne peut s'empêcher de se demander à quoi cela pourra lui servir; et il faut attendre le dernier quart du livre pour que toutes ses pièces s'emboîtent à la perfection.
    Avec ce roman, Anders Roslund & Börge Hellström sont souvent nommés les nouveaux Stieg Larsson (l'auteur de la série des Millenium). Cela est vrai dans le rythme du livre et la lutte du personnage principal, mais ils me font également pensé à Tom Clancy pour leur précision de la vie carcérale et du marché de la drogue dans les prisons, ou à Terry Hayes pour la qualité de la narration et de l'intrigue.
    Je ne peux reprocher que quelques répétitions sur le passé et les méfaits de Paula, sans quoi ce livre serait tout simplement parfait.
    Enfin je tiens à souligner la qualité de la couverture. Enfin, une maison d'édition qui prend au sérieux les première et quatrième de couverture, celles qui nous font choisir un livre plus qu'un autre.

    08/05/2019 à 21:10 4

  • Le Tricycle Rouge

    Vincent Hauuy

    8/10 Comment parler de ce roman sans en divulguer l'intrigue ?Je crois que c'est tout simplement impossible, aussi ne vais-je pas présenter l'histoire plus que ce que le fait la quatrième de couverture. Cependant, je peux ajouter qu'en lecteur averti on devine quelque peu la fin, mais que la qualité d'écriture de Vincent Hauuy permet de garder le suspense jusqu'au bout de l'histoire, et de ne donner les explications que tout à la fin.L'histoire est soutenue par des personnages forts, mystérieux, qui se dévoilent et se découvrent au fur et à mesure de l'investigation. Du fait de leur passé et de leur aventure respectifs, leur psychologie est différente, complexe, interrogative; sans pour autant rendre ce thriller psychologique.Tant les actions que les rebondissements jalonnent ce roman; et avec la fluidité d'écriture, les pages défilent sans jamais lasser le lecteur.Un point qui m'a quelque peu perturbé : l'auteur, à propos de Noah, fait de nombreuses allusions à des enquêtes passées. Or je ne savais pas si ce roman faisait partie d'une série (infirmation de ce point après quelques recherches) ou si cela faisait partie intégrante du roman pour renforcer le personnage.Seul point négatif, mais qui est très personnel, est l'accumulation des personnages dont certains avec des noms d'emprunt. Aussi, soit vous lisez Le tricycle rouge en très peu de temps et d'interruptions et vous pourrez vous souvenirs de qui est qui, soit vous avez un très bonne mémoire des noms, soit vous vous munissez d'un petit papier pour combler la déficience de vos neurones.

    05/05/2019 à 20:51 4

  • On ne meurt pas la bouche pleine

    Odile Bouhier, Thierry Marx

    4/10 révéler plus complexe que prévue. Cependant l'intrigue file en ligne droite avec peu d'alternatives pour semer les lecteurs férus de roman policier. Serait-ce du à Odile Bouhier connue également pour sa participation aux scenarii de Louis la Brocante.
    La vraie originalité de ce roman réside en fait dans la méthodologie du crime. Je ne vous le dévoilerai bien entendu pas, mais j'avoue ne l'avoir jamais rencontrée dans un autre roman, mais après réflexion, elle est évident et à l'image des deux auteurs.Enfin, le livre nous informe agréablement et de manière didactique sur la cuisine japonaise (merci Thierry Marx) mais également sur les Yakuza et les règles qui régissent la mafia japonaise.
    Ayant découvert ce livre dans sa version audio, le lecteur, Antoine Baslier, a une diction parfaite, un rythme de lecture comme il faut pour apprécier l'histoire.
    Un roman policier agréable mais sans grande surprise.

    29/04/2019 à 18:23 1

  • Samedi 14

    Jean-Bernard Pouy

    7/10 Un roman à l'image de l'auteur, Jean-Pierre Pouy, tout en contradiction dès l'intitulé Samedi 14 dans la collection Vendredi 13. Le côté épicurien "non-alcoolisé", pour une fois aurait-on tendance à dire, a sa part belle et donne de petits twists, des saveurs différences au récit.Mais ce qui est très drôle c'est que l'on trouve beaucoup de points communs avec le précédent roman que j'ai lu, Sans pitié, ni remords de Nicolas Lebel. Un petit peu du monde l'art, beaucoup de tchatche, un enquête à tiroirs; bref tout ce que l'on aime.On connaît bien sûr la verge, la gouaille et l'humour de Jean-Pierre Pouy, mais j'avoue que dans ce roman toutes ses qualités y sont magistralement réunies. Derrière Maxime on imagine un tonton flingueur des temps modernes, mais avec le charme et les méthodes de la génération précédente : tout en subtilité, en finesse et en surprise.Un roman court et frais qui convient parfaitement à un intermède littéraire.

    17/04/2019 à 21:33 2

  • Sans pitié, ni remords

    Nicolas Lebel

    9/10 Alors que j'ai acheté ce livre dans un petit vide grenier, j'avoue avoir fait une superbe découverte. Car c'est tout simplement un des meilleurs romans policier et thrillers que j'ai lu cette année.Tout est bon dans ce roman.Tout d'abord l'histoire qui est particulièrement soignée, avec de nombreux rebondissements, mais sans aucun délire scénaristique.Mine de rien on apprend énormément tant sur l'art primitif africain, que sur les musées parisiens; et sans que cela faitEnsuite, les multiples énigmes parsemées tout au long de l'enquête. Si les amateurs de romans policier en identifieront rapidement certaines (cf. Le manuscrit inachevé de Franck Thilliez), il faut être un peu tordu pour les trouver toutes. Bravo à l'auteur pour avoir fait le poème à tiroirs et pour en avoir glissé d'autres secondaires dans les pages du roman (faites attention au moment de lire le rêve de Vlad par exemple).Mais c'est surtout l'écriture de Nicolas Lebel qui est remarquable. D'une grande fluidité, elle donne part belle au "patois" parisien des gens qui ont bien bourlingué. Ajouté à l'humour et au verbe fleuri du héro principal, le Capitaine Mehrlicht, on ne peut s'empêcher de penser à un scenario d'Audiart. C'est un petit bonbon de littérature.Les personnages sont forts, et pas uniquement en parole, attachants, multiples et complémentaires.Enfin, la dérision du roman vis-à-vis d'autres auteurs. A ce jeu c'est Olivier Norek qui perd, en endossant un personnage nommé "Olivier Ronek" ou se voyant attribué l'adresse mail des complaintes (bien lire jusqu'au bout les pages de remerciements).Sincèrement, j'aimerais bien en voir l'adaptation cinématographique avec un Jean-Pierre Daroussin dans le rôle principal.Mon seul regret à la lecture de ce roman a été de découvrir qu'il s'agissait de la troisième (sur cinq) aventure du Capitaine Mehrlicht, mais avec comme seul réconfort que l'auteur ne dévoile rien des enquêtes précédentes si ce n'est qu'elles ont été résolues.

    17/04/2019 à 20:49 6

  • Boréal

    Sonja Delzongle

    9/10 Pour les habitués de mon blog, si vous jetez un coup d’œil rapide à la notation, vous verrez que ce roman obtient une excellente note, et il le mérite amplement.Boréal est un excellent roman avec lequel vous passerez un très bon moment, et ce pour plusieurs raisons.Tout d'abord se déroulant essentiellement vers le cercle polaire, dans une région du Groenland particulièrement hostile, le roman est dépaysant. Ce dépaysement intervient au niveau du mode de vie des personnages, du peuple autochtone, de leurs coutumes, de leur évolution dans leur environnement soit très clos, la base offrant peu d'intimité, ou à l'opposé dans un désert extrêmement vaste. Les repères sont chamboulés tant pour les personnages que pour le lecteur qui doit oublier ses habitudes d'enquêteur ou d'homme d'action : comment dater la mort avec un cadavre trouvé congelé sur la banquise, fuir en plein blizzard, avoir des moyens de communication limités, ou encore espérer l'intervention de la police au mieux dans les jours à venir.A mon avis, en plus de nous offrir un thriller captivant, Sonja Delzongle profite de ce roman pour passer deux messages. Le premier est de rendre hommage à la mère des romans policiers, Agatha Christie, en reprenant le principe des 10 petits nègres, ou après les personnages de la mission scientifique disparaissent les uns après les autres. Ensuite, de passer un message écologique fort en dénonçant certaines actions humaines impactant la planète, ou en projetant ses personnages au milieu d'événements météorologiques et géologiques importants témoins du dérèglement climatique.La structuration du roman est particulièrement bien faite, en juxtaposant les actions entre les différents membres de l'équipe scientifique, mais également entre les deux enquêtes "continentale". Une fois passée l'introduction, la présentation des différents personnages et lieux, le rythme du livre monte et ne retombe pas avant la fin du roman.Enfin un petit conseil, si cette chronique vous a plu et que vous décidiez d'acheter ce livre, attendez quelques jours vous pourrez l'avoir au format poche pour un tarif inférieur au prix du livre numérique.

    03/04/2019 à 21:00 2

  • Miettes de sang

    Claire Favan

    6/10 Si vous pensiez lire un thriller, changez de livre, car "ce n'est" qu'un roman policier. un roman policier. Un roman policier qui a un peu de mal à démarrer, mais qui s'installe tranquillement. L'intrigue est cousue de fil blanc, aussi les amateurs n'auront aucun mal à trouver la solution.On se prend à aimer ce personnage brimé tant par sa mère que par ses collègues, on a envie de l'aider, de le secouer pour qu'il réagisse. Aussi dès qu'il prend peu à peu de l'assurance, on est heureux de le voir évoluer et progresser dans son enquête. L'identification au personnage est donc parfaitement réussie grâce à la plume légère, fluide, entraînante de Claire Favan.Si Dany Myers est le personnage central, l'histoire ne serait pas la même sans la pléiade de personnages secondaires aux personnalités bien marquées, aux psychologies diverses qui apportent saveurs, humour et fraîcheur au récit. Il est dommage cependant que certains d'entre eux soient un peu caricaturaux.Ayant découvert ce livre dans sa version audio, j'ai particulièrement apprécié la lecture faite par Alexandre Donders. Elle est claire, la diction est parfaite, les intonations en fonction des personnages permet de rapidement les identifier à l'écoute.

    03/04/2019 à 20:58 2

  • Miso soup

    Ryû Murakami

    5/10 Tout d'abord, je pense qu'il est bon de préciser qu'il s'agit d'un roman de Ryû Murakami et non pas du plus connu Haruki Murakami avec sa célèbre trilogie 1Q84. Et j'aurais aussi tendance à dire malheureusement car si le style de Ryû est bien différent de son homonyme, il n'en est pas moins intéressant.Une fois de plus cet auteur nous dépeint les dérives de la société nippone en nous plongeant dans le quartier chaud de Tokyo en suivant un jeune japonais, Kenji, officiant de guide aux étrangers dans cette jungle. Mais cette fois-ci son client, américain, disant s'appeler Frank, est étrange, inquiétant; d'autant plus que des meurtres surgissent au moment de leur virée.L'intérêt du livre tient dans cette incertitude, dans l'ambivalence de Frank, apportant une ambiance lourde, suffocante et glauque à l'image du quartier dans lequel évolue le livre  et de ce qui s'y pratique.Il est d'ailleurs surprenant de voir que bien qu'écrit il y a plus de 20 ans, ce roman est toujours d'actualité et n'a pas vieilli, même avec les technologies mentionnées. Au-delà du roman à suspense, il est intéressant d'avoir un regard d'un japonais sur sa population, ses rites, sa culture, son mode de vie et sa relation au travail et au sexe.

    25/03/2019 à 21:10 1

  • Porteurs d'âmes

    Pierre Bordage

    4/10 Je suis un peu déçu de ce roman de Pierre Bordage. Je ne suis pas un fan de cet auteur mais mes précédentes lectures de cet auteur, le roman-feuilleton des Derniers hommes et la saga fantasy-historique de L'enjomineur, m'avaient particulièrement plus de par leur originalité, leur inventivité et leur caractère prenant. Malheureusement je n'ai pas retrouvé ces qualités dans Porteur d'âmes, où la seule originalité provient de l'idée de la machine permettant de transférer une âme d'un corps à un autre.Mais une fois passée cette découverte, tout reste du déjà vu lu : la société secrète contrôlant le monde, l'enquête linéaire sur un serial killer.En fait le point le plus positif de ce roman est d'apporter une triple regard sur la société : celui de l'élite souvent déconnectée de la réalité avec Cyrian jeune loup opportuniste, celui de la classe moyenne avec Edmé l'inspecteur de police et Léonie, l'immigrée clandestine exploitée sexuelle depuis son enfance.Personnellement, je ne l'ai pas lu, mais écouté. et j'avoue avoir eu du mal à entrer dans l'histoire et à la suivre. Au début du roman, Damien Witecka lit sur un ton de la confidence, aussi, si l'on est un moment distrait, on a vite fait de décrocher. Et de ne pas entendre une voix entraînante, on a tendance à ne plus faire attention et ne pas raccrocher à l'histoire. Mais cette intonation est abandonnée sur la seconde moitié du roman, l'auteur met beaucoup plus de vie, incarne plus les personnages, et l'écoute du roman est beaucoup plus prenante, et on a enfin plaisir à écouter l'histoire.

    23/03/2019 à 14:47 1

  • L'Aigle de Sang

    Marc Voltenauer

    8/10 Cet Aigle de sang est sans conteste le meilleur des trois romans de Marc Voltenauer.
    Tout d'abord, l'auteur a eu la bonne idée de rompre avec le modèle de ces deux premiers romans. D'une part il n'a pas laissé son héros affronter une nouvelle énigme dans Gryon au risque de faire passer le petit village comme le village le plus malfamé de la Suisse; et d'autre part, son héros Andreas Auer va devoir enquêter, non pas sur un meurtre, mais sur lui et ses origines. Sur ce second point, j'ai trouvé quelques analogies avec Rouge armé de Maxime Gillio.
    Mais je rassure tout de suite les amateurs de romans policier, la vie de la petite île Gotland va être bouleversée et des meurtres vont jalonner la recherche d'identité du héros. Bien que n'étant pas dans son pays d'office, l'inspecteur suisse sera autorisé à assister à celle-ci en Suède. Je ne vais pas plus loin dans le résumé du livre au risque de vous dévoiler celui-ci, mais passées les cent premières pages, le rythme va s'accélérer crescendo au point que vous aurez du mal à lâcher le livre pour le sprint final des cent dernières pages.
    Un autre élément important dans ce livre est la Suède et son histoire. On sent que l'auteur apprécie connaît bien ce pays, ses coutumes et sa cuisine, car il parsème l'histoire de détails sur ce pays; par rapport au pays du Muveran, c'est à la fois dépaysant, rafraîchissant et instructif.
    On pourrait alors penser que c'est le roman policier parfait, mais il y a bien quelques imperfections (qui je suis sûr seront gommés dans le quatrième roman). Ainsi de nombreuses répétitions tant sur la recherche de parentalité d'Andreas que sur les différents rites du clan auraient pu être évitées. Mais ce qui m'a le plus gêné, ayant du mal à mémoriser les patronymes (et encore plus les patronymes suédois), c'est la multitude des personnages que brasse ce roman. Et histoire de me rendre la tâche encore plus dure, certains de ces personnages vont avoir des noms d'emprunt. Donc si vous êtes comme moi, n'hésitez pas à vous munir d'un petit papier et d'un crayon pour dresser un organigramme.
    Et puis il y a quelques figures de style qui m'ont surpris dans ce troisième livre de Marc Voltenauer que je n'avais pas notée lors de ses précédents romans. Afin de coller au mieux au pays dans lequel se déroule l'histoire, l'auteur a volontairement employé le tutoiement tout au long des discussions, même pour des personnages officiels venant interroger des témoins ou des suspects alors qu'ils ne se connaissent pas. Mais dans ce cas, cette adaptation stylistique est rompue lors de l'emploi de la numération helvético-belge (septante, nonante).
    Je dois avouer que je pinaille sur de menus détails car la lecture de L'aigle de sang est d'une grande fluidité, très agréable; et chose que je souligne rarement, la couverture est particulièrement réussi et attractive.
    Au final, c'est certainement le meilleur roman de Marc Voltenauer qui nous fait découvrir un peu plus son héros et la Suède.

    20/03/2019 à 21:21 1

  • J'irai tuer pour vous

    Henri Loevenbruck

    9/10 Toutes les qualités d'un très bon thriller sont réunies dans ce roman.
    Tout d'abord l'originalité du sujet : l'histoire, véridique semble-t-il d'après l'auteur, d'une personne au patriotisme exacerbé qui va être "embauchée" comme agent externe (et donc non-officiellement reconnue) par la DGSE pour exécuter des "tâches" les plus sensibles.
    Ensuite, un contexte dans lequel cette histoire s'inscrit : l'époque sombre des attentats parisiens sous l'ère Mitterrand et des journalistes pris en otage pendant de longs mois.
    Le tout permet à l'auteur de construire un roman à la fois dynamique avec de l'action (les frasques du héro avant son recrutement puis ses missions), plein du suspense, et qui dénonce les luttes intestines ou les dérives des politiques; que la vie tout comme la vérité est plus compliquée qu'il n'y paraît.
    Les personnages sont forts, très bien construits avec une psychologie complexe, loin d'être caricaturaux; les seconds rôles puissants. L'écriture est à la fois ciselée et d'une grande fluidité. A la lecture de ce livre, ce ne sont pas des pages qui défilent sous nos yeux, mais un film en panavision.
    En conclusion, ce roman est tout simplement addictif, il est mortel. Nous pourrions donc dire que le titre de ce roman est un publicité à lui tout seul, et pour une fois, contrairement à certains bandeaux apposés en bas des livres, cette publicité n'est nullement mensongère.

    17/03/2019 à 21:37 6