JohnSteed

738 votes

  • Les Animaux

    Christian Kiefer

    8/10 Bill Reed tient un refuge pour animaux sauvages blessés, accidentés, qui ne pourraient retourner dans leur milieu naturel et sauvage, avec une quelconque espérance de survie. Hérité de son oncle, ce refuge constitue un endroit isolé, loin de la vie humaine et des souffrances du passé. Celui-ci va revenir en pleine face de Bill, en la personne de Rick. Libéré de prison, il réclame des comptes…

    Roman alternant passé-présent, Les animaux dévoile les tourments d’une amitié perdue, la quête désespérée d’une rédemption qui pourrait passer par l’amour, la communion (voire la symbiose) avec la nature et les animaux…

    Si les éléments réunis ici ne sont pas originaux (car ici ou là, les polars ruraux fleurissent à tout bout de champ), Christian Kiefer apporte une sensibilité vibrante et touchante. Son écriture pointilleuse et poétique nous porte vers des sentiments vrais, sincères et profonds. Un auteur contemporain qui possède un talent rare qui aurait pu mieux s’exprimer. C’est dire avec quel envie et espoir j’attends de pouvoir lire ses prochains romans.

    04/05/2022 à 13:20 3

  • L'hexamètre de Quintilien

    Élisa Vix

    7/10 Elisa, journaliste free-lance, habite dans un petit immeuble parisien. Un matin d’hiver, lors du ramassage des ordures ménagères, le corps sans vie d’un bébé est découvert. Elisa, qui n’a pas entendu de la nuit les pleurs du petit Yanis, comprend qu’il s’agit bien du bébé de 6 mois de Leila, qui vit seule avec sa fille, dans l’immeuble.

    L’enquête est confiée à Beethoven, inspectrice judiciaire, qui interroge les résidents de l’immeuble.
    Pierre, médecin urgentiste, qui travaille de nuit, pour s’occuper de son fils, depuis le décès de sa femme. Kévin, le fils en question, en pleine crise d’adolescence. Marco, commercial playboy dans un Apple store.
    Elisa, en quête d’article qui pourrait lui ouvrir la porte d’un emploi stable, adopte la méthode de l’hexamètre de Quintilien et se pose les fameuses questions relatives au meurtre de Yanis : qui ? quoi ? comment ? pourquoi ? combien ? quand ? où ? …

    Ce roman polyphonique, thème cher à l’auteure, est plus un roman qui développe les relations et l’intimité entre voisins qu’une enquête de police. Il permet de comprendre la vision de chacun face au drame, et de savoir au final ce qui s’est réellement passé. Une lecture courte mais plaisante et captivante de ce livre d’Elisa Vix qui nous avait cependant offert des romans noirs plus convaincants.

    29/04/2022 à 13:19 3

  • Manhattan Vertigo

    Colin Harrison

    9/10 New-York est une ville aussi complexe que fascinante, chargée d’histoire et remplie de mystères. Une ville où le pouvoir et l’argent côtoient hommes d’affaire et malfrats, l’avers et le revers du rêve américain. Colin Harrison, écrivain passionné et donc passionnant de la Grosse Pomme, déploie son talent dans ce livre que le lecteur ne peut que dévorer.

    Paul Reeves, avocat en droit de l’immigration, est un passionné des cartes anciennes de New-York. Lors d’une vente aux enchères, il constate que Jennifer, sa belle et jeune voisine d’immeuble, part précipitamment avec un GI. Jennifer, mariée à un riche homme d’affaire d’origine iranienne, envisage de s’enfuir avec celui qui fut son amour de jeunesse. Sauf que le mari ne voit pas aussi facilement cette situation, et souhaite que Jennifer reste et demeure l’Américaine pure souche dont il a besoin pour assoir sa situation. Il charge ainsi quelques connaissances pour s’occuper de cette situation.

    Un roman aussi prenant que passionnant, où l’intrigue se déploie d’une manière aussi subtile que perverse. Je retrouve ici le génie de Colin Harrison que j’avais trouvé avec le splendide Havana Room. Une lecture captivante et envoutante.

    24/04/2022 à 19:18 4

  • L'Accusé du Ross-Shire

    Graeme Macrae Burnet

    8/10 Confiné dans sa geôle, le jeune Roderick Macrae est invité par son avocat à écrire ce qui l’a amené à tuer ses 3 victimes. Ainsi, du haut de ses 17 ans, il va raconter sa vie dans cette misérable ferme familiale, dans ce trou perdu des Highlands fin XIXème siècle, la mort en couche de sa mère, comment sa très jeune sœur a pris les responsabilités maternelles et surtout la vie de son père corvéable à merci, face à un tortionnaire sans merci, le constable local, le terrifiant Lachlan le Large.
    On prend ainsi faits et causes pour ce Roderick. Ses courtes mémoires nous font partager ses malheurs, ce drame… On compatit et on ne souhaite qu’une chose : que Roderick soit relaxé…

    Et puis les autres parties du livre constituées du rapport du médecin légiste et des minutes du procès apportent une autre vision sur les événements.

    Ce livre parfaitement construit et écrit (en utilisant le style littéraire du XIXème) raconte une passionnante histoire que l’écrivain écossais nous fait croire être un fait divers réel d’un de ses ancêtres. A la fois documentaire sur la vie des paysans de cette époque, roman rural noir et une enquête sur un crime, L’accusé du Ross-Shire offre une lecture des plus addictives.

    21/04/2022 à 14:55 5

  • Ubac

    Élisa Vix

    7/10 L’ubac, terme montagnard, désigne le versant d’une montagne qui est le moins exposé au soleil. C’est son côté sombre. Peut-on transposer l’ubac chez l’être humain ?

    Estelle est troublée par l’attitude de sa belle-sœur, la belle Nadia. La sœur jumelle de son mari, après 4 années passées à New-York, est venue s’installer à Val-Plaisir, sous l’insistance de Jérémy. Des comportements troublants, et des situations inquiétantes qu’Estelle constate chez Nadia : une promiscuité étrange avec son mari, un rejet de leur bébé Lilas,… au point de la faire jouer avec des couteaux ou de laisser les volets de sa chambre ouverts.

    Mais Estelle devient-elle parano ? Est-elle certaine de ce qu’elle constate, elle qui mélange anxiolytiques et alcool ? Elle qui était tout près de cet enfant qui est tombé d’une fenêtre quand elle était jeune… Chacun semble avoir son ubac, son côté sombre et mystérieux…

    Elisa Vix séduit avec ce court mais intense polar. L’intrigue n’est pas très originale, et l’issue convenue mais l’auteure française sait questionner et faire douter le lecteur dans une atmosphère froide et pesante.

    20/04/2022 à 08:16 2

  • Le Serpent majuscule

    Pierre Lemaitre

    7/10 Exercice particulier que de noter ce livre, une première œuvre que Pierre Lemaître, prix Goncourt, a décidé d’exhumer de ses archives de jeunesse. Car si le style littéraire est là, si ce roman de bonne facture se lit aisément, il manque cruellement soit plus de profondeur soit plus de légèreté.
    Je n’ai jamais su si je devais rire de cette histoire rocambolesque ou si je devais lire entre les lignes pour percer les secrets d’un polar caché.

    Par contre, ce livre est un OVNI qui a mis à mal mon côté psychorigide, et qui m’a, malgré tout, dessiné quelques esquisses de sourires. Car l’histoire de cette mamie tueuse qui perd la mémoire et qui commet donc des bourdes est malgré tout sympathique. Il manquait pour moi un soupçon de je ne sais quoi (expérience ? maturité ?) pour en faire un livre plus marquant.

    20/04/2022 à 08:13 6

  • L'Île des âmes

    Piergiorgio Pulixi

    7/10 L’île des âmes – Cette île, c’est la Sardaigne. Ces âmes, ce sont celles des ancêtres lointains chargées de traditions ancestrales, qui ont forgé les us et coutumes locales. S’inspirant de rituels antiques, des meurtres de jeunes filles sont commis depuis plusieurs années sans qu’ils aient été résolus.

    Recrutées dans la nouvelle section des crimes non résolus de la police de Cagliari, les inspectrices Mara Rais et Eva Croce, que tout oppose, vont se prendre en pleine face une vie sarde remplie de mythes, de paysages préservés remplis de mystère, de personnages troublants et inquiétants.

    Je suis rentré dans ce livre sans préjugé, ouvert au champ des possibles… Il faut laisser la lecture prendre son rythme que l’auteur nous impose : à la fois lente et lassante ou vive et troublante. Un auteur qui a su, avec ce premier livre, imposer son style et son univers, : l’un comme l’autre personnel et unique.

    14/04/2022 à 16:37 10

  • Dernier appel pour les vivants

    Peter Farris

    7/10 Dans son premier polar, Peter Farris nous offre une histoire de braquage à la sauce Tarantino. C’est violent, puissant avec un brin (mais léger) d’humanité.

    Hobe Hicklin a décidé de braquer une banque. Mais pas n’importe quelle banque : celle sur laquelle la fraternité aryenne avait décidé de faire main basse. Et pour couvrir son délit, il décide de prendre en otage le jeune guichetier Charlie. Du coup, en plus de la police, il a les gros caïds à ses trousses.

    Planques, gros calibres, course poursuite, bain de sang… Peter Farris n’épargne pas le lecteur dans cette cavale infernale. Bien que rythmé, puissant et fourni en personnages stéréotypés, ce livre manque d’un brin d’originalité que l’auteur américain saura dévoiler dans ses polars suivants. Une lecture qui mérite quand même le détour pour une histoire qui trouve son origine dans une expérience vécue par l’auteur.

    13/04/2022 à 13:11 5

  • Glacé

    Bernard Minier

    7/10 Un thriller qui parle d’un corps de cheval mutilé suspendu avec une cape en haut d’une montagne des Pyrénées. Du pharmacien du village tué et pendu nu et costumé d’une cape, avec un doigt sectionné. Et pour agrémenter la situation, un centre psychiatrique de haute sécurité où est détenu un dangereux patient dont l’ADN se trouve sur les lieux des crimes.

    C’est dans ce contexte que le commandant Servaz mène son enquête, en compagnie de la mystérieuse et troublante gendarme Ziegler. C’est par ce livre que je découvre Bernard Minier. Une lecture d’une intrigue sans grande originalité mais efficace : aucun moment de faiblesse, un rythme soutenu et maitrisé.

    10/04/2022 à 12:18 4

  • Trois jours et une vie

    Pierre Lemaitre

    8/10 Raconter la culpabilité et les rouages des remords, et des conséquences sur sa vie est un exercice périlleux. Pierre Lemaitre dévoile son talent, non loin du maitre Simenon. Ce roman noir par son approche psychologique, les conséquences du drame dans ce petit village provincial a un arrière-goût de l’oeuvre du talentueux romancier belge. Un très beau moment de lecture.

    03/04/2022 à 11:28 7

  • Un privé à Babylone

    Richard Brautigan

    9/10 Ce roman est complètement barré et loufoque. Ce qui en fait un roman à part dans le roman policier, séduisant, addictif et charmant. Mais peut-il être réduit à ce style du roman policier ?

    Il raconte une journée de la vie de Carr, un détective privé dans le San Francisco de 1942, tout de suite après l’attaque de Pearl Harbor. Un privé à la loose, qui est en complète descente aux enfers : il n’a pas d’affaires depuis longtemps. Il cherche désespérément 50 cents pour acheter des balles pour son revolver. Un mystérieux client souhaite lui confier une affaire à condition que Card soit armé. Il erre ainsi à droite à gauche…

    Pendant sa divagation, il raconte sa vie, sa mère qui le culpabilise d’avoir tué son père à l’âge de 4 ans, et qui n’accepte pas sa carrière, une vie professionnelle de base-balleur échouée après avoir pris une balle en pleine tête… D’ailleurs, depuis, il peut rentrer en transe facilement et rêver à Babylone, cette ville antique dans laquelle il est le célèbre privé, Smith Smith, adoré de sa séduisante secrétaire… Mais cette affaire qu’il se voit confier par une très séduisante femme buveuse de bière est très surprenant et intrigante : voler un corps à la morgue de son pote Pilon…

    Des chapitres courts, des personnages déjantés, un roman aussi absurde que prenant… Bref un livre plus que conseillé !

    03/04/2022 à 09:46 2

  • Les Bottes suédoises

    Henning Mankell

    9/10 C’est avec un plaisir non feint que j’ai lu la suite de Les chaussures italiennes. Ces bottes suédoises m’a permis de retrouver Frederik Welin, ce chirurgien de 70 ans isolé dans son île et ses comparses, sa fille et son ami Jansson, l’hypocondriaque facteur désormais en retraite.

    C’est avec un pincement au cœur que j’ai refermé le livre, sachant que je ne retrouverai plus jamais ce vieux sage et sa vision mélancolique de la vie, du temps qui passe, des priorités qu’il faut accorder et des rêves qu’il faut vivre.
    Pas la peine de m’étendre sur l’histoire mais l’incendie criminelle de la maison de Frederik sert de fil conducteur au roman. Frederik s’interroge sur sa vie, celle des quelques habitants, toujours moins nombreux, qui ont décidé de vivre ici, de son passé familial, de la mort qui guette et de l’évolution de la société suédoise (un thème récurrent et cher à l’auteur).

    A l’instar des Chaussures italiennes, la suite est un roman mélancolique empreint d’affection, d’humanité et de philosophie mankellienne. Mankell est un grand écrivain, faut-il encore le rappeler ?

    31/03/2022 à 18:54 5

  • Les Chaussures italiennes

    Henning Mankell

    9/10 Depuis 12 ans, depuis un accident dans sa vie professionnelle, Frederik Welin vit seul dans son île, une propriété familiale. Il n’a pour seule compagnie, une chatte et un chien, de vieux animaux, une fourmilière qui envahit son salon, et un facteur hypocondriaque, Jansson, qui lui rend visite régulièrement.
    Son isolement va être bouleversé par la venue d’un ancien amour, Harriett, qu’il a abandonnée il y a plus de 40 ans. Celle-ci, en phase terminale de cancer, demande à Frederik, avant de partir, de tenir la promesse qu’il lui a faite : lui montrer son petit lac où il allait enfant avec son père.

    La vie de Frederik Welin va être chamboulée, lui qui va découvrir la vraie vie, chargée d’amour, de compassion, de pardon…

    Un livre touchant où chaque page est remplie de mélancolie, d’amour, de tristesse, de sagesse et beaucoup de beauté : dans les paysages, dans le déroulement de vie et surtout dans les personnages. Une véritable leçon de vie.

    26/03/2022 à 08:55 5

  • Leur Domaine

    Jo Nesbo

    9/10 Je viens juste de refermer ce livre, que je reviens à quelques jours avant, quand j’avais débuté ma lecture de Leur domaine. Je repense à ma remarque d’alors, m’interrogeant sur la durée interminable pour arriver à bout des 635 pages de ce livre. Au bout de 60 pages, je me disais effectivement que ma lecture allait être fastidieuse. Que l’histoire de ces deux frères, leur complicité, leur solidarité, leur amour indéfectible n’allait pas du tout me tenir en haleine voire pire le temps du livre.

    Et puis, l’histoire prend de l’ampleur. Jo Nesbo, que je découvre ici, élargit son histoire, spatialement, avec tous les habitants du village de la montagne d’Os. Dans le temps également, car de vieilles affaires, des soupçons qui refont surface, des secrets de familles, …
    L’ambiance est sombre avec les personnalités des deux frères : Carl, le beau gosse séduisant à qui tout réussi ; Roy, l’aîné protecteur, qui est resté au village, à faire vivre une petite station-service, le célibataire endurci. Le paysage, comme les habitants, est rude, froid, secret.
    Et la trame du projet raconté par Roy, cette construction d’un hôtel de luxe par Carl et sa séduisante épouse, Shannon, va faire exploser toute la vie des habitants d’Os.

    Je viens juste de refermer ce livre et je sais qu’il va être un de mes coups de cœur. Ce livre est magistral, de ceux construits à la perfection, avec perversion, qui attise l’intérêt du lecteur, qui se dévoile page après page. Une lecture lumineuse d’un livre éblouissant.

    19/03/2022 à 09:20 7

  • Le Démon de la Colline aux Loups

    Dimitri Rouchon-Borie

    8/10 Dérangeant, éprouvant, … : voici comment je pourrais qualifier ce livre, cette première œuvre de Dimitri Rouchon-Borie.

    Dérangeant, car raconter l’histoire d’inceste c’est toucher à des domaines sensibles, à des interdits, aux limites du supportable. C’est traiter l’inhumain.
    Eprouvant car les sentiments sont confus, mêlés d’aversion, de dégoût et de compassion. Pas évident de sortir un avis tranché de ce qu’il faut ressentir du narrateur et de sa vie.

    Pourtant l’auteur a le mérite d’avoir traité son récit avec un style propre, avec les mots du narrateur au parcours scolaire limité : « son parlement » comme il le dit. Et on lit son parcours de vie effrayant, terrible et horrible qui l’a amené à ce moment et à cet endroit. Pas de jugement, juste une histoire qui laisse des images en tête, et des cauchemars que le fait de fermer le livre ne stoppera pas.

    Si ce récit est purement fictif, on est légitime de remettre en cause cette fiction tant les faits peuvent malheureusement se dévoiler dans la vie réelle. Et c’est peut-être cela qui fait froid dans le dos. Cette absence de frontière entre la fiction et la réalité que l’auteur a délibérément choisi. Choisi par l’absence de lieu et de temporalité. Choisi en faisant parler un enfant, l’innocence même. Une approche littéraire traitée comme une vérité absolue que le lecteur se prend en pleine face.

    07/03/2022 à 15:40 7

  • Desert Home

    James Anderson

    8/10 Ben Jones est un camionneur qui roule le long de la 117, une route en plein désert de l’Utah. Endetté, il sait que son camion ne va pas tarder à être saisi par ses créanciers. Mais son métier, lui orphelin à moitié juif et à moitié indien, il l’exerce comme une mission de service public pour ce territoire de ses ancêtres. Et de ses amis dont le vieux Walt, propriétaire d’un dinner, fermé, ne servant plus que de décor à un des films de série B.

    Alors que sa vie n’est que désespoir, il rencontre dans une propriété isolée près du dinner de Walt une belle et troublante femme, Claire. C’est le coup de foudre. Mais il fait l’objet d’une étrange surveillance. Est-ce lié à l’apparition de cette sirène ou d’une vieille affaire liée au viol de la femme de Walt ?

    Lire Desert home fut un réel moment de plaisir, à la découverte de Ben, de son histoire et de celles des autres protagonistes, des oubliés, des paumés ou de simples gens qui souhaitent vivre « normalement » dans ce désert où pour apprécier la lumière il faut savoir regarder à l’opposé, pour ne pas être ébloui et reconnaître la beauté des ombres. James Anderson sait transporter le lecteur dans un voyage dont il aimerait qu’il ne s’arrête jamais.

    06/03/2022 à 10:46 6

  • Sauvez-moi

    Jacques Expert

    8/10 Si de ma dernière (et première) expérience littéraire avec Jacques Expert, je suis resté assez mitigé, déçu par la fin de Adieu, j’ai souhaité renouveler l’expérience. Il faut dire que le style de l’auteur français a quelque chose d’attrayant voire d’addictif.
    Et Sauvez-moi n’échappe pas à ce constat. Dès les premières pages, je fus happé par l’histoire raconté par (en ?) Expert avec ses personnages assez forts, troublants, inquiétants…
    30 ans après son emprisonnement, Nicolas Thomas est libre et retourne à la vie, où l’attend un emploi d’insertion dans la Manche. 30 ans pendant lesquels il a clamé son innocence des crimes qu’il n’avait pas commis, a envoyé des lettres à la commissaire, Sophie Ponchartrain, qui lui avait volé ses aveux. Alors il lui a demandé de le sauver, de ne pas l’oublier et de réparer cette injustice.
    Alors quand, à sa sortie, des crimes avec le même mode opératoire sont commis, il n’en faut pas plus pour celle qui est devenue la commissaire du 36 quai des Orfèvres de chercher activement Nicolas Thomas. Avec son équipe qu’elle dirige d’une main de fer, et la talentueuse secrétaire, Rachel Bachelard, Sophie Ponchartrain va s’acharner et tout mettre en œuvre pour inculper Nicolas Thomas.

    Même si je fais (encore une fois) le constat que la fin laisse des questions sans réponses (que fait Sophie de ces nuits où elle s’enfuit dans Paris ?), et un dénouement un peu trop vite balancer, j’ai pris un véritable plaisir à lire ce Sauvez-moi.

    04/03/2022 à 17:17 5

  • Orphelines

    Franck Bouysse

    7/10 Bélony, inspecteur à l’ancienne et à l’instinct, et Dalençon, sa jeune coéquipière, enquêtent sur des meurtres de jeunes femmes mutilées. Les deux comparses, aux attirances troubles et inavouées, se trouvent confrontés à un tueur qui laissent de troublants indices dans le corps de ses victimes ou sur les lieux du crime.

    Un roman policier de facture classique pour Franck Bouysse que je préfère dans le noir rural, même si, il faut l’avouer, ces Orphelines, restent très plaisantes, et qu’il faut remettre dans son contexte, ce livre ayant été écrit au début de son parcours, comme si l’auteur limousin se cherchait encore.

    27/02/2022 à 11:42 3

  • Dix âmes, pas plus

    Ragnar Jonasson

    8/10 Una décide de répondre à la petite annonce de recherche d’une professeur d’école. Celle-ci se trouve dans la petite ville de Skalar, à l’extrême nord-est de l’Islande, qui ne compte que dix habitants. Una, que rien ni personne ne retient à Reykjavik décide de partir et de tenter l’aventure.

    Son intégration dans cette petite communauté est difficile, notamment à cause : des deux seules élèves dont elle a la charge ; du climat extrême ; d’habitants plus ou moins accueillants ; mais surtout elle entend le fantôme d’une jeune fille dans les combles de la maison où elle est hébergée…

    De mystérieux événements vont se dérouler dans cette petite bourgade qui vont ternir le lecteur en haleine. Un livre prenant pour lequel, bien n’étant pas amateur de fantômes, je me suis surpris à prendre plaisir à lire d’une traite pour savoir le fin mot de ces troublants événements.

    27/02/2022 à 11:28 6

  • Les Veufs

    Pierre Boileau, Thomas Narcejac

    9/10 Quel plaisir de tomber sur un très bon cru Boileau-Narcejac. Et cette cuvée 1970 est un vrai délice qui ne se dévoile qu’à la fin.

    Serge Mirkine est un vrai jaloux, ou plutôt un jaloux maladif. Acteur qui prête sa voix aux séries radio, Serge écrit également à ses heures perdues. Amoureux de la mannequin Mathilde, il est intimement persuadé qu’elle le trompe. Après avoir espionné ses faits et gestes, il engage un détective privé pour confirmer ses doutes. C’est ainsi qu’il découvre que l’amant n’est autre que l’agent de Mathilde : Méryl. Il décide alors d’aller le tuer dans son château en province. Alors que le tueur est vivement recherché, Serge apprend que son livre a obtenu un fameux prix.

    Il est devant un cruel dilemme : se dévoiler pour obtenir le prix au risque que des témoins le reconnaissent comme meurtrier de Méryl ou rester caché sans obtenir cette reconnaissance après qui il court depuis si longtemps et cet argent dont il aurait tant besoin.

    Et puis Serge apprend que Méryl n’était pas l’amant de Mathilde. Mais si ce n’était pas lui, qui peut-il être ? Car Serge sait que Mathilde a un amant….

    Et tout s’enchaîne entre les retournements de situation, les vérités qui n’en sont pas, … Une lecture addictive et vertigineuse. Le duo dévoile un pan de leur talent. Un livre qui mérite d’être reconnu.

    25/02/2022 à 08:37 6