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La Colline
9/10 Cela n’est pas sans peine ni souffrance que l’on délaisse la lecture de La Colline, la dernière page lue. Chaque chapitre, chaque paragraphe, chaque ligne, chaque protagoniste, chaque moment de cette histoire est rempli de noirceurs.
Il y a, par instants, une éclaircie, un moment d’espoir et d’humanité. Mais très vite, cette beauté, cette lumière voire cette poésie sont remplacées par la dureté et l’horreur que seul l’homme sait créer.
Mathilde Beaussault a su me plonger dans une lecture lourde et pesante, tant cette histoire de la vie de Monroe est malheureuse. Elle est d’autant plus miséreuse qu’à aucun moment cette jeune fille ne parle : comme si ce silence rendait compte au lecteur qu’il n’y avait pas de mots pour qualifier l’inacceptable.
Et pourtant quand les personnages s’expriment, ils peuvent apporter un espoir et la bienveillance : on pense ici aux bondieuseries de la grand-mère ou bien les promesses de Jacques, des preuves de la foi en l’humain ou des îlots de beauté que la nature sait offrir aux hommes bons, comme cette corneille qui saura guider et protéger Monroe.
La Colline est un livre dur et violent par son histoire mais laisse une volonté de croyance et de foi.
hier à 11:14 3
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Out
9/10 Out ou comment le destin de 4 collègues travaillant de nuit dans une fabrique de plats cuisinés va se voir complétement imbriqué suite au meurtre du mari par l’une d’elles. Ces femmes sont Masako, Yoshié, Kuniko et Yayoi. Cette dernière, après une ultime dispute avec son mari volage et ayant dilapidé l’argent du ménage aux jeux et à essayer de séduire une prostituée, l’étrangle avec sa ceinture.
Yayoi va demander de l’aide à sa collègue Masako, cette quarantenaire courageuse, discrète et au passé trouble. Celle-ci, pour des raisons obscures, décide de l’aider. Yoshié et Kuniko vont être entrainées de force dans cette solidarité féminine, chacune y voyant l’occasion malsaine de se faire de l’argent, en contrepartie.
Mais dans cette folie meurtrière, les 4 complices vont voir leur solidarité être mise à rude épreuve. Car les rebondissements vont se multiplier, et les conséquences vont être aussi inattendues que surprenantes.
Les avis positifs sur ce livre sont totalement justifiés. Je pensais me trouver face un polar ennuyeux, à l’intrigue nébuleuse, et aux personnages multiples voire complexes, dont les noms japonais m’auraient compliqué la compréhension. Et bien non, l’auteure japonaise offre un thriller sombre dont les principales protagonistes vont se voir confronter à des tourments psychologiques. On découvre également à travers l’histoire ce Japon patriarcale aux traditions séculaires scindant le rôle et la position de la femme aux taches liées à la maison. Dans Out, ces femmes apparaissent comme des héroïnes au destin tragique. Les multiples revirements sont bien menés et poussent le lecteur à connaître l’issue réservée à ces femmes. Natsuo Kirino ne fait toutefois pas dans la dentelle. Il y a des passages horribles et complètements immoraux. Mais la construction est judicieuse, car chaque personnage va avoir son rôle dans cette intrigue qui fait de Out un incontournable dans le genre thriller. Vivement recommandé.hier à 10:51 3
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L'Eté des loups
7/10 Escapade solitaire de l’auteur Rosenfeldt qui a délaissé Hjorth le temps d’une nouvelle série mettant en scène l’enquêtrice Hannah Wester, officiant dans la bourgade suédoise de Haparanda, ville frontière avec la Finlande.
La policière va être en charge de retrouver l’identité d’un corps dissimulé sous des branches d’arbres dans la forêt, et dévoré par les loups. Elle va âtre confronté à une enquête qui mêlera trafic de drogues, mafia russe et drame familial.
L’Eté des loups fut une lecture que je qualifierai de « récréative » ou de « distractive ». Un polar suédois qui privilégie l’action, les chapitres qui se lisent vite, et des personnages caricaturaux au détriment d’une ambiance noire et aux personnages attachants et complexes. Un polar qui ne révolutionne pas le genre, mais qui s’avère juste plaisant. N’ayant pas eu de coup de cœur, je ne sais pas si je poursuivrai la suite de ce premier tome de cette saga qui se présente un peu terne.
20/08/2026 à 12:32 4
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La Main sanglante de Dieu
7/10 Pour apprécier La Main sanglante de Dieu, il faudra se laisser transporter par cette atmosphère étrange, brumeuse, mystérieuse voire mystique qui se dégage de ce livre. Car, comme l’écrit Michael Farris Smith, « c’est juste de la poésie, de la poésie morbide », et cela caractérise bien les 290 pages du septième livre de l’Etats-Unien. Car ce que je retiens de cette histoire de la traque d’une étrange jeune fille que deux hommes brisés par la vie, Keal et Burdean, vont essayer de sauver de sordides personnages, c’est la prose de l’auteur. A la fois envoutante et ténébreuse, on rentre dans cette histoire aussi profonde que les décors sont obscurs et désolés.
Une lecture envoutante, au final, d’un livre sombre qui, s’il n’est pas le plus remarquable de Michael Farris Smith, est le plus introspectif.
18/08/2026 à 17:10 3
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L'Aîné des Ferchaux
7/10 L'Aîné des Ferchaux est une œuvre remarquable dans l’œuvre du maître Simenon et ce, pour deux raisons. D’une part, ce livre est l’un des plus imposants en nombre de pages et, d’autre part, il s’inspire d’un fait politique majeur, ayant fait l’objet d’un procès retentissant pour l’époque. D’ailleurs, l’auteur belge retrace, en prologue, les faits de cette affaire survenue dans les années 1930, dont les frères Ferchaux, deux aventuriers, ayant fait fortune dans les colonies africaines, sont les principaux protagonistes.
S’il s’avère appréciable de connaître ces faits oubliés de nos jours avant de lire ce roman, c’est que L'Aîné des Ferchaux ne se veut pas être un roman de l’affaire. En effet, Simenon a focalisé de manière fictive son histoire sur la relation particulière et trouble née de la rencontre entre le nouveau secrétaire particulier, Michel Maudet, et Dieudonné Ferchaux, le principal accusé dans cette affaire. Simenon met l’accent sur l’aspect psychologique du rapport Maudet/Ferchaux entre attirance, admiration et haine, tout au long de la fuite de Ferchaux et son exil.
L'Aîné des Ferchaux ne me semble pas le plus accessible des romans noirs du Belge. Il serait plutôt réservé aux connaisseurs de l’œuvre de Simenon, même si ce livre a fait l’objet d’une adaptation ciné, plus grand public.18/08/2026 à 12:28 2
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Famous
7/10 Lancelot Blue Dunkquist en plus d’être un admirateur inconditionnel de l’acteur James Jansen, en est le sosie parfait. Alors, quand il vient d’apprendre son licenciement, il quitte père et mère chez qui il vivait encore à 38 ans, vide toutes ses économies et part à New-York pour vivre la vie dont il rêvait depuis tant d’années : celle de James Jansen.
Il s’intègre dans le milieu du spectacle de la Grande Pomme où il arrive à se faire passer pour l’acteur. Le subterfuge marche à la perfection, imitant toutes les mimiques et répétant les répliques de l’acteur. Lancelot décide alors d’aller jusqu’au bout. Il part à Los Angeles où vit James Jansen…
Famous est un livre que je qualifierais de « plaisir », « de second degré ». Rien n’est plausible dans cette histoire, mais c’est distrayant. Je n’ai pas trop compris où l’auteur voulait arriver : dénoncer le côté superficiel des stars, des people, et du business du cinéma ? Un livre mineur de Blake Crouch qui divertira un après-midi à la plage ou un week-end automnal triste et maussade.17/08/2026 à 11:56 1
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Mortel smartphone
7/10 Dans cette nouvelle, l’auteur français prend sa casquette de militant humaniste et dénonce l’exploitation par les pays occidentaux des richesses minières des pays africains, quitte à s’assoir sur l’esclavage et l’endoctrinement militaire d’enfants.
Didier Daeninckx met en scène Cherald, un adolescent congolais, qui va être enrôlé de force par une junte militaire, appelée les Stones, à surveiller des esclaves dans une mine à extraire des « pierres grises ». Sa quête l’emmènera à suivre toute la filière et découvrira l’absurdité des Blancs et leur société consumériste.
17/08/2026 à 11:23 2
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Au fer rouge
5/10 Est-ce, comme cela a été évoqué par des avis précédents, notamment celui de Polarbear, du fait de la multitude des personnages, d’une suite de L’Homme qui a vu l’homme qui est très éloignée dans mes souvenirs, d’un sujet certes maitrisé par l’auteur mais qui s’avère être tentaculaire, mais je ne suis pas du tout arrivé à m’immerger dans ce livre. J’ai mélangé les personnages, les faits… Je me suis noyé dans Au fer rouge et cette lecture fut un véritable calvaire.
17/08/2026 à 11:11 1
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La mort a dit : Peut-être
Pierre Boileau, Thomas Narcejac
7/10 Courtier en assurances d’une compagnie suisse, Laube passe la soirée, pour des raisons professionnelles, dans un centre d’appel pour personnes en détresse située à Nice. Il était loin d’imaginer que cette soirée allait bouleverser sa vie.
Car, c’est à cette occasion qu’il va rencontrer Zina, tout juste rescapée d’une tentative de suicide. Pour d’obscures raisons, Laube décide de prendre la jeune femme sous son aile. Craignant pour la vie de Zina, il s’intéresse à sa vie et découvrira que Zina a échappé plusieurs fois à la mort.
Pour Laube, ces événements ne peuvent pas être fortuits. Alors que ses sentiments envers la jeune fille s’accentuent au fur et à mesure qu’il passe du temps auprès d’elle, Laube tente, outre de la protéger de tout danger, de découvrir qui pourrait bien en vouloir à la vie de Zina.
La mort a dit : Peut-être est un roman où les thèmes du duo (mystère, manipulation, secrets,…) sont bien ancrés dans ce court roman mais j’ai été gêné par des expressions ou situations un peu trop machistes, qu’il faut contextualiser à la date d’écriture du livre (mais ce n’est pas une excuse, certes). Même en passant sur ces points, l’intrigue bien amenée présente quelques longueurs et lourdeurs.
14/08/2026 à 10:54 2
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Espace lointain
8/10 Espace lointain est un roman dystopique dans lequel l’auteur veut nous sensibiliser à la notion de liberté collective/individuelle et les conséquences du pouvoir sur le bien-être de ses « sujets ». Il souhaite interroger le lecteur sur les mensonges du pouvoir et l’acceptation de la vérité, sur les notions de bonheur, de l’apparence, de la beauté et également sur l’amour de la nature…
Pour cela, Jaroslav Melnik a posé pour cadre une société, Mégapolis, gouvernée par l’Union gouvernementale. L’ensemble de la population ne connait pas la vue, car les yeux ne sont pas des organes sensoriels actifs. La population ne voit pas, elle est aveugle. Mais, Gabr a peur : il a, ce qu’il pense, des hallucinations, car il perçoit l’espace lointain. Il voit ! L’Union gouvernementale le soigne dès lors comme un trouble psychologique, et devient un malade relevant de la psychiatrie. Même son entourage s’inquiète pour sa santé mentale. Mais Gabr comprend qu’il détient la vérité. Il voit et comprend mieux la vie dans Mégapolis, où tout est sombre, froid et sans vie, mécanique. Il comprend aussi que l’Union gouvernementale ment.
Si, selon le proverbe, au royaume des aveugles, les borgnes sont rois, les voyants sont des Dieux. D’ailleurs, des membres d’un groupe révolutionnaire souhaitant s’attaquer à l’Union gouvernementale voit en Gabr, dont ils ont appris ses « visions », la seule personne pouvant détruire le système. Gabr va être désorienté, ne sachant plus qui croire, que faire,…
Je ne suis pas fan de science-fiction, mais quand elle permet de s’interroger sur des concepts philosophiques, ou d’apporter une critique sur la politique, je trouve cela intéressant. Mais, l’auteur ukrainien a mêlé dans l’histoire différents documents (revue de presse, extraits de journaux intimes, de recueil de poésie, et d’ouvrages conceptuels) qui, bien fictifs, ne permettent pas une lecture linéaire de cette aventure humaine dans la quête de la Liberté.13/08/2026 à 13:34 5
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Les Éléments
9/10 Les Éléments est un roman bouleversant. Il est aussi d’une habilité dans sa construction et d’une sensibilité dans l’écriture. L’écriture et les histoires sont indissociables ici, à l’image des 4 éléments qui le composent, l’eau, la terre, le feu et l’air, voire même inséparables et fortement liées entre elles.
John Boyne fait montre d’un immense talent dans la construction et l’enchevêtrement de ces 4 histoires qui possèdent un événement/personnage récurrent. Mais ces 4 histoires sont autant de leçon de courage, de résilience, de force et au final une lueur d’espoir.
John Boyne écrit que « les éléments – l’eau, la terre, le feu et l’air – sont nos plus grands amis, ceux qui nous animent. Ils nous nourrissent, nous réchauffent, nous donnent la vie. Et pourtant, ils conspirent à nous tuer à chaque tournant. » Et ce sont ces tournants, ces horribles événements vécus par les personnages que l’on découvre au fil des pages. On vit les tourments psychologiques des protagonistes qui sont maltraités par la vie. Mais, comme dans la plupart des romans, je trouve que c’est l’amour qui est le thème central. L’Amour avec un grand A, le vrai, le sincère, le profond, celui que la vie, parfois, nous a volé, celui que les personnages essaient de vivre, ou de se remettre des blessures causées par Lui, ou qui se demandent pourquoi ils n’y ont pas droit. Ici, l’amour n’est pas obligatoirement de chair, mais plutôt l’amour entre parents et enfants ou celui d’un lieu.
Les Éléments rassemblent tous ceux-là, magnifiés par une écriture fine profonde et touchante d’un auteur John Boyne, que je découvre et qui saura, je n’en doute pas, par ses autres romans, m’apporter d’autres leçons sur la vie.11/08/2026 à 13:25 8
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Intempérie
9/10 Fuyant son village, l’enfant traverse, tout en se cachant, des plaines arides. Il tente d’échapper à l’alguazil, le maître des lieux. Dans son escapade, il tombera sur un vieux berger, un taiseux au grand coeur. Ensemble, ils tenteront de survivre au rythme des caches et d’une nature ingrate. Ils découvriront cet amour père-fils méconnu d’eux et une complicité dans le malheur et l’horreur humaine.
Un court roman qui propose une belle histoire humaine et offre une lecture sublimée par l’écriture poétique de Jésus Carrasco, un auteur espagnol qui mérite d’être lu et connu.
10/08/2026 à 16:09 3
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La Fille du batelier
7/10 La lecture des 70 premières pages de ce livre a mis à mal mon côté psychorigide recherchant toujours à mettre des noms sur le style littéraire de mes romans pour pouvoir mieux les appréhender. Je vous avouerais que, même après avoir achevé La Fille du batelier, je suis bien mal barré pour classer ce livre. Polar rural, conte fantastique, livre d’horreur, thriller ? Roman iconoclaste à l’originalité déroutante, La Fille du batelier est un avant tout un roman d’ambiance, à l’atmosphère déroutante dans ce bayou où la sorcellerie prend une part importante dans le déroulé de cette histoire.
Cette histoire est celle de Miranda, jeune femme qui se voit obliger de faire la mule pour des flics véreux et un pasteur qui a sombré dans les ténèbres. Et sa vie va être bouleversée par l’arrivée d’une jeune fille, shootée par la drogue, devant être livrée aux griffes malsaines de cet homme de foi, loin d’être catholique.
Et ce livre est rempli d’autres personnages aussi étranges qu’attirants : Littlefish, un jeune garçon aux mains palmées, que Miranda a sauvé du bayou, alors que, bébé, il avait la gorge tranchée et se noyait dans les eaux noires et tumultueuses ; Iskra, la « sorcière » vivant recluse avec Littlefish et que Miranda considère comme sa mère, elle qui a perdu ses parents. Iskra qui incante l’esprit de la forêt et du bayou dans d’étranges et sombres rituels.
Si j’ai trouvé plusieurs longueurs et soulevé quelques incompréhensions, La Fille du batelier reste un roman séduisant qui mérite, si non de le lire, au moins de s’intéresser à cet auteur qui pourrait faire sensation dans le catalogue de Gallmeister.10/08/2026 à 15:49 2
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Les Ténèbres et la nuit
7/10 Michael Connelly est un auteur prolifique. Chaque année, immanquablement, voit la sortie d’un nouveau livre de l’auteur américain, quelque soit le personnage qu’il mette en scène. Aussi, même si je suis un peu à la traîne, chaque année, j’essaie de lire un titre de Connelly.
J’en suis donc à Les Ténèbres et la nuit. Ici, c’est la jeune mais audacieuse et impertinente inspectrice Renée Ballard qui est mis au-devant de la scène.
Alors qu’elle enquête sur les Hommes de Minuit, deux agresseurs sexuels qui ciblent les femmes célibataires dans leur domicile et qui filment leur méfait, Ballard est chargée également de l’enquête sur le meurtre d’un ancien membre repenti d’un gang. Profitant d’un feu d’artifice, le tueur a exécuté d’une balle en pleine tête la victime, au milieu d’une foule venue faire la fête. Cette affaire étant liée à un ancien dossier non résolu mené par Harry Bosch, ce dernier propose son aide à Renée Ballard afin de faire la lumière dans ces ténèbres et la soulager dans ses rondes de nuit.
Depuis plusieurs livres, Michael Connelly multiplie les enquêtes offrant ainsi à ses fidèles lecteurs un peu plus de suspense et d’actions dans ses polars, au détriment, je trouve, de la profondeur des personnages et des investigations.
Est-ce parce que ce nouveau tome des enquêtes du duo Ballard/Bosch a été écrit pendant la pandémie COVID-19, mais j’ai eu le sentiment que Michael Connelly était en pilotage automatique, qu’il y avait moins de surprise, de revirements inattendus. En outre, j’ai ressenti que l’auteur profitait de ce livre pour régler quelques comptes avec l’administration américaine et dénoncer les coupes budgétaires subies par les polices et la mauvaise gestion de la pandémie.
Au final, Les Ténèbres et la nuit est un bon tome dans les enquêtes Ballard/Bosch mais j’espérais mieux. Pas une déception, mais pas une grande satisfaction non plus.07/08/2026 à 11:47 4
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Trois
8/10 Trois. Comme les trois dimensions du temps qui jalonnent ce roman de Valérie Perrin : le passé, le présent et le futur. Trois, comme le troisième du nom dans l’ordre de parution qu’est ce roman écrit par l’auteure de Changer l’eau des fleurs et Les Oubliés du dimanche. 3 est aussi le nom d’un album d’Indochine (Nicola Sirkis se voit d’ailleurs dédié ce livre) qui, s’il a été un album fondateur de ma vie d’adolescent, est le fil conducteur de ce roman où se mêlent nostalgie adolescente, construction de sa vie d’adulte et de sa personnalité et de son identité, amitié et amour.
Trois, c’est avant tout et surtout cette trinité formée par Adrien, Etienne et Nina dont on va découvrir et suivre la construction de leur amitié au fil de leurs vies bouleversées par des événements malheureux et tragiques.
Nostalgie, mélancolie sont les sentiments premiers qui ont découlé de cette lecture qui a fortement résonné en moi. C’est un livre générationnel qui parlera beaucoup à celles et ceux qui ont vécu les événements des 80/90’s, rythmés par beaucoup de paroles de chansons de ces années et des références aux événements sociétaux de cette époque.
Mais d’autres sentiments transpirent aussi de Trois, comme l’authenticité (authenticité des sentiments, de l’amitié, envers la personne que l’on devient) et l’indéfectibilité de l’amitié.
Trois est un livre émouvant aux personnages et aux histoires poignants. Un roman parfois (trop ?) foisonnant et qui ne parlera (peut-être ?) qu’à celles et ceux qui seront nées dans les années 1970. Trois est, contrairement à ses deux précédents romans, rempli de tristesse, de douleurs et peu d’espoirs. Un roman sombre avec très peu d’éclaircies annonçant l’espoir et la vie.
En guise de conclusion, j’emprunterai ces quelques mots extraits d’une chanson. Elle n’est pas présente dans ce livre mais, je pense, aurait pu servir de postface à Trois :
« Mais tu seras un amour que je ne définis pas,
Pardonne-moi, je ne serais plus jamais loin de toi,
Jamais loin de toi tu comprendras » Indochine – L-World06/08/2026 à 09:06 4
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Corrosion
8/10 Corrosion est un hommage non feint au maître Jim Thompson. Il y a d’ailleurs une référence cinglante dans le livre lorsque le personnage voit « un panneau annonçant BIENVENUE A THOMPSONVILLE, 1 372 SYMPATHIQUES HABITANTS ». Il y a surtout ce personnage défiguré, un vétéran de la Guerre en Irak, qui sombre dans l’horreur. Il y a aussi cette femme fatale, Lilith, qui, comme ce qualificatif, aura une destinée fatale. Et il y a à chaque ligne un sentiment de désespoir et de terreur. Un roman noir dans toute sa splendeur.
Mais Jon Bassoff ne signe pas qu’un vibrant hommage aux maîtres américains du roman noir. Il apporte sa vision personnelle en apportant un (gros) grain de folie. Il triture la folie humaine, en semant ce qui sera le sujet de son second roman, Les Incurables, le traitement psychiatrique de la folie de l’homme.
Corrosion est un roman psychologique noir qui explore comment un homme peut sombrer dans la folie meurtrière. Jon Bassoff en explore toutes les étapes, en y mêlant les sermons de prédicateurs, des visions de fantômes et la schizophrénie de personnages. Corrosion ou comment un homme, à l’instar d’un matériau, se dégrade progressivement de par son environnement et devient une pourriture. Corrosion est un livre qui marque son lecteur, comme cette pensée du personnage : « J’essayais très fort de ne pas penser à la mort et à la destruction, mais peine perdue. Le cauchemar était désormais mon état éveillé. »05/08/2026 à 09:53 3
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La Débâcle
9/10 Sauve qui peut pour les Parisiens ! On annonce les Allemands aux portes de Paris ! En ce mois de juin 1940, les habitants de Paris sont confrontés à l’inévitable : fuir la capitale. Aussi, chacun charge qui sa voiture, qui sa charrette, qui son vélo… de tout le nécessaire. Chacun entasse dans son véhicule matelas, vélo ; emporte papiers, argents, argenterie, animaux et la famille. Destination le sud de la Loire, espérant que les troupes françaises sauront arrêter les Allemands avant cette frontière fluviale.
Mais l’armée française est en déroute, les ordres du commandement sont confus voire contradictoires et les liaisons difficiles. Le Gouvernement fuit Paris pour rejoindre Bordeaux.
C’est dans ce contexte que Romain Slocombe campe la trame de La Débâcle. On croise différents protagonistes dont les destinées vont se croiser, parcourir un bout de chemin ou s’entrechoquer. Ainsi, Jacqueline Perrot, jeune adolescente parisienne, fuit Paris avec sa famille, la servante et le chien à bord de la voiture familiale. Il en est de même de cette jeune mannequin, Hortense, qui cherche désespérément un train pour quitter cette capitale devenue dangereuse, sans avoir, préalablement, écrit une lettre à Lucien Schraut, son fiancé-soldat, que l’on rencontre dans son régiment en proie avec l’armée allemande.
Ce sont ces pauvres hères que l’on côtoie et découvre le temps de cette page d’histoire. Ces personnages, remplis d’autant de courage que de peur, empruntant les routes de l’exil.
Romain Slocombe décrit avec effroi ces Français qui risquent leur vie sur ces routes encombrées dont les convois sont bombardés par l’aviation allemande. Ces personnages qui se découvriront du courage, se verront devenir adultes avant l’heure, entreverront un moyen de devenir libres, femmes, ou héros, ou bien victimes… dans cette confusion, chaos, au milieu des bains de sang et de chair carbonisées.
La Débâcle offre une lecture prenante de ce pan désastreux de l’histoire que Romain Slocombe romance avec beaucoup de justesses historiques en créant une atmosphère angoissante, en peignant des personnages attachants par leur misère, leur tristesse ou leur dramatique sort.04/08/2026 à 12:30 2
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La mort aura tes yeux
7/10 Devenu sculpteur réputé, David se sépare de Gabrielle, l’amour depuis peu de sa vie. Après plusieurs années mis en retraite, il doit reprendre du service. Il doit éliminer Planchat. Ce dernier était un prototype d’un programme de corps d’élite de tueurs professionnels. Il vient de réapparaître dans les radars en tuant plusieurs personnes ayant un lien étroit avec des sociétés d’armements mais personne ne sait pourquoi, même si cela n’augure rien de bon pour les secrets d’état. David parcourt les USA à rechercher cet individu…
Si je n’avais pas lu la 4ème de couverture, je n’aurai pas compris que le personnage principal du livre était un espion et un as dans sa discipline pendant la guerre froide. Car James Sallis noie son histoire dans les pensées de David, les réflexions sur le sens de sa vie, sur son passé, son histoire et la dimension humaine de ses missions. Ce n’est pas inintéresant, car, de plus, l’écriture de James Sallis est toujours un régal, mais j’ai dû par moment reprendre certains passages, ne comprenant pas les liens entre eux. La mort aura tes yeux (titre par ailleurs dont je n’ai pas compris le sens) n’est pas le livre le plus accrochant de l’œuvre de l’Américain.16/07/2026 à 17:10 4
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La Cabane dans les arbres
9/10 Rosa est une jeune étudiante impétueuse qui réalise son cursus universitaire à Amsterdam. Ses recherches sont axées sur les incidences de la décomposition des corps sur les arbres, et l’entomologie forensique, c’est-à-dire l'analyse des insectes appliquée à des cas médicolégaux. Si elle a mis entre parenthèses ses études pour revenir en Suède, c’est pour aider son père à s’occuper de son frère, Ebbe, devenu paraplégique suite à une chute en escalade. Lors d’une excursion pour ses recherches, en creusant une fosse dans la forêt, elle tombe sur des ossements humains. Elle décide d’en faire part à la police locale.
Henrik et Nora ont décidé de passer des vacances en Suède avec leur fils, Fynn, où le grand-père d’Henrick a laissé en héritage une maison de vacances dans le Noorland, soit à plus de 15 heures de route de Greifswald, leur ville d’Allemagne. Mais, à peine arrivés, tout ne se passe pas comme ils l’avaient rêvé, imaginant un endroit idyllique et enchanteur comme dans les contes d’Astrid Lindgren. Fynn se fait offrir des bonbons par un vieil homme pervers à la carrure antipathique et dont le véhicule a un coffre duquel coule une matière s’apparentant à du sang. La vieille maison de vacances possède son lot d’étrangeté : une cave où a été entreposé dernièrement des corps d’animaux, une sorcière apparaît à Fynn,… Et cette forêt, aussi oppressante que mystérieuse, apparaît comme un danger ultime.
Henrick, auteur de livres pour enfants, saura trouver des histoires pour rassurer sa femme Nora et son fils, Flynn. Car Henrick sait raconter des histoires : il est doué pour déformer la vérité, surtout quand ça l’arrange. A tel point, que Nora ne sait plus s’il dit la vérité ou non.
D’ailleurs, quand Flynn disparaît, tout éclate…
Et au fil des pages, on découvre Marla, cette gamine qui est séquestrée par un homme dans une cabane dans un arbre…
La Cabane dans les arbres est un livre angoissant à l’atmosphère inquiétante. Chaque chapitre raconté simultanément par Henrick, Nora, Rosa ou Marla, comporte son lot d’intrigue et de mystère. Plus les pages défilent plus les rebondissements se multiplient. On voudrait que l’horreur s’arrête mais la tension prend encore plus d’ampleur. On ne comprend pas ce qu’il se passe et l’angoisse est à son comble.
Si l’histoire est accrochante, les personnages ne sont pas en reste. Une mention particulière pour Rosa qui m’a fait découvrir ses recherches sur la décomposition des corps et ses effets sur les arbres. Une personne renfermée qui, contre la volonté de son père, poursuit ses recherches. Une jeune femme qui parle peu, dit l’essentiel, n’aime pas le superflu ni l’extravagance. Une femme de convictions, une femme forte, une femme libre… A l’image peut-être de cette auteure dont les livres se suivent et continuent de me séduire. Vivement le prochain !!15/07/2026 à 13:37 6
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À la table des loups
8/10 Quand j’ai pris dans les mains ce livre, je ne pensais être subjugué par cette histoire. Je vais être honnête : je ne connaissais pas cet auteur, la couverture ne m’emballait pas, et le titre m’évoquait plus un livre d’horreur qu’une histoire dramatique d’une famille lambda américaine.
Et pourtant, à peine avais-je lu trois lignes du premier chapitre que je savais que je ne pourrais qu’adorer À la table des loups. Adam Rapp a le don de nous embarquer par des mots simples et justes à bord de cette saga familiale aussi captivante qu’émouvante. L’auteur américain a dépeint des personnages attachants et ténébreux, pour lesquels la vie va apporter son lot de joie et de douleurs.
Le talent de l’auteur américain est de nous faire traverser, comme de rien, 60 ans de la vie des membres de la famille Larkin par sauts de plusieurs années, avec différents protagonistes dont la liste évolue en fonction de l’agrandissement de la famille. Le lecteur découvre ainsi comment la vie n’a pas épargné certains d’entre eux, comment le destin a ébranlé leur vie, rarement pour le meilleur, et presque toujours dans le pire.
Tout démarre à Elmira, dans l’Etat de New-York en 1951. La famille Larkin se compose des parents, la grande et forte Ava, la mère qui souhaite élever dans le respect des valeurs chrétiennes sa famille, le père, Donald, conducteur de machines dans une usine d’outillages, ancien soldat de la Guerre, qui en est resté traumatisé. Et puis les 6 enfants : l’aînée, Myra, qui joue son rôle de grande sœur, de modèle et de chef d’orchestre, Fiona, l’artiste, Lexy, la sage, Joan, née autiste, Archie, le dernier dont on apprend dès le début qu’il a succombé à une terrible fièvre, et Alec, dont Myra dit qu’il a un côté cruel qui ne s’est pas encore révélé.
Cruelle, la vie va l’être pour chacun des membres de cette fratrie. Comme chez Zola, les personnages de Rapp ne peuvent se soustraire à leur destin tragique. Et pourtant chacun essaie à sa manière de construire un bonheur aussi fragile que précaire. Une fratrie qui verra l’un des leurs passer dans le côté noir de la vie.
Adam Rapp raconte en épilogue la genèse de ce livre, ou comment, à l’instar de la sienne, une famille somme toute normale se voit confronter à côtoyer la frange la plus abjecte de l’humain.13/07/2026 à 17:04 5
