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En attendant le déluge
9/10 La première phrase est un élément clé dans l’écriture d’un roman. L’incipit doit séduire le lecteur, l’accrocher à poursuivre sa lecture, l’immerger dans l’histoire.
J’aurais aimé avoir le talent pour écrire au début de mon avis cette fameuse première phrase rendant hommage à Dolores Redondo de m’avoir captivé tout le long de ces 550 pages. J’aurais ainsi déclaré mon coup de cœur pour cette intrigue/traque de ce serial killer alias « Bible John », se déroulant en partie à Glasgow puis à Bilbao, en ces années 1983. J’aurais souligné la mise en lumière des premières notions de profilage qui en étaient, à cette époque, à leurs balbutiements. J’aurais indiqué que l’approche historique de ce pays basque en révolte avec l’ETA et son pendant irlandais, l’IRA, étaient bien contextualisés. J’aurais écrit avoir ressenti l’amour de l’auteure pour son pays, l’Espagne et ses traditions, ainsi que la notion religieuse voire mystique de certains passages, subtilement parsemés dans l’histoire.
J’aurais ensuite évoqué les personnages, et notamment ce policier pugnace, Noah Scott Sherrington, qui, revenu d’entre les morts, aura à cœur de démasquer l’identité de ce meurtrier, dont l’origine est la maltraitance par sa tante, l’obligeant à laver son linge intime souillé de son sang menstruel. Dolores Redondo casse les codes et plonge directement son lecteur dans l’horreur. Elle ne l’épargne pas non plus en maltraitant son personnage principal, entre maladie incurable, enquête interrompue par des passages à l’hôpital, amour impossible,… Le lecteur est malmené, et de cet inconfort naît, de manière paradoxale, l’attachement à ce livre, son atmosphère angoissante et ses personnages humains et leur amitié, voire humanité.
J’aurais ainsi avoué que mon côté romantique aurait été touché face à ces hommes et femmes dont les relations étaient aussi profondes que sincères ; que mon côté pudique m’aurait empêché de vous dévoiler que je me serais identifié à Noah avec sa peur d’aimer. J’aurais aussi caché que les paroles de la chanson Wouldn’t it be good ? de Nick Kershaw, servant de titres aux chapitres, auraient résonnées en moi.
Mais voilà, je n’ai pas ce talent pour raconter tout ce qui m’a plu dans En attendant le déluge, et encore moins, trouver cette fameuse première phrase. Alors, je vous invite à plonger dans ce très beau polar, En attendant le déluge.aujourd'hui à 11:21 1
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Le Garçon en pyjama rayé
9/10 C’est avec son dernier roman paru à ce jour, Les Eléments, que j’ai découvert cet auteur. John Boyne m’avait séduit avec son histoire, ou plutôt les histoires du livre. J’avais écrit pour Les Eléments qu’il s’agissait d’« un roman bouleversant ( …) d’une habilité dans sa construction et d’une sensibilité dans l’écriture. »
Je pourrais faire un copier-coller de mon avis tant Le Garçon en pyjama rayé avec l’histoire de ce petit garçon de 9 ans est émouvant et rempli d’innocence. Bruno, transporté dans ce monde terrifiant des adultes, fait part de ses réflexions et remarques sur l’horreur et sur la stupidité humaine.
Si ce livre est catalogué « jeunesse » et destiné au lecteur à partir de 12 ans, je conseille cette lecture à tous les adultes afin de ne pas oublier qui ils ont été, leur âme d’enfant, leur curiosité et les renvoyer à la vision d’un monde injuste. Un miroir qui met en lumière la monstruosité de l’humain.
12/10/2026 à 09:22 6
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Le septième siffleur
7/10 Fiona, femme de Tormod Dingwall, travaille à la distillerie locale. Les journées à l’usine terminée, elle aide son mari à l’exploitation agricole. Cette ferme dans les Highlands écossais se transmet de génération en génération. Mais, la vie s’avère difficile pour Fiona : l’exploitation marche moins bien depuis le Brexit, et l’absence de subventions européennes, son couple bat de l’aile, et elle vient d’apprendre que son fils, Spencer, est atteint d’une maladie incurable qui lui fait perdre progressivement et irrémédiablement la vue.
Alors, la rencontre avec Bonnie, cette ornithologue londonienne est un salut. Et sa découverte des courlis et de la possibilité de les refaire nicher sur les terres du domaine va lui apporter courage et espoir.
Willy aussi est un passionné des gibiers d’eau et des courlis. Mais lui, il les chasse dans cette baie de Somme qu’il admire en tant que terrain de chasse.
Hamza, jeune adulte marocain, est persécuté par son père de suivre ses traces en tant que guide touristique dans la Merja Zerga, lagune réputée pour sa richesse faunistique.
Trois personnages, trois lieux, trois comportements différents face à ses oiseaux rares et vulnérables mais dont leurs destins vont être totalement bouleversés suite à leur rencontre avec ces oiseaux, car ils vont à jamais voir leur vie radicalement changer et leur apporter une autre vision de leur vie.
Le septième siffleur est un beau et vibrant roman mais qui manque cette touche guyanaise qui sied bien à l’auteur.08/10/2026 à 17:38 2
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Ici, maintenant
8/10 Roman social qui vaut aussi bien pour le style direct et percutant de l’auteur écossais dans sa peinture de l’Ecosse des années 90 que pour son personnage principal, Cora Mowat, une jeune adolescente attachante, courageuse et bouleversante.
Tom Newlands nous transporte à Muircross où la misère de ses habitants côtoie la débrouille et les petits trafics. Cora Mowat vit avec sa mère, handicapée physique. Elle va apprendre par ses professeurs qu’elle doit consulter un psy : Cora a tendance à agir trop vite, et sans réfléchir à ses actes. Un problème qu’elle ne souhaite pas trop rapporter à la maison où les fins de mois sont déjà assez difficiles, les allocations étant les principales sources de revenus.
Peu de temps après la rencontre de Gunner, le nouveau compagnon de sa mère, cette dernière est victime d’un accident mortel. Cora va vivre avec Gunner, devenu volontairement son tuteur. Ensemble, ce duo va cohabiter tant bien que mal, comme une sorte d’entente cordiale, alors que Cora est en pleine adolescence, a une vie sentimentale chahutée, une vie scolaire chaotique et ses troubles qu’elle souhaite combattre seule avec force et détermination.
Ici, Maintenant est une belle fresque de cette adolescente seule à affronter, sans repère, sa maladie et cette misère sociale, au jour le jour, avec courage, fermeté et un brin d’humour décalé.08/10/2026 à 17:12 4
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White River
9/10 Après ses deux premiers remarquables livres, Ian McGuire nous embarque, encore une fois, dans une aventure vertigineuse et passionnante.
Avec White River, l’écrivain anglais déroule son histoire dans le Grand Nord américain, à la conquête de l’or.
Nous sommes en 1766, les territoires ne sont pas encore fixés. Dans un comptoir anglais, le Gouverneur organise, de manière clandestine, une expédition composée de trois hommes, les plus fidèles et vigoureux. Objectif : atteindre les Terres stériles pour s’assurer qu’il existe bel et bien des filons d’or.
Tom Heain, Abel Walker, et, avec à leur tête, le terrifiant et impitoyable John Shaw s’enfoncent, aidés par un groupe d’Indiens, dans les terres les plus reculés pour arriver avec les beaux jours.
Mais est-ce la fièvre de l’or, l’orgueil de l’homme ou la cruauté naturelle de l’humain, ou cette Nature sans foi ni loi, mais cette expédition va devenir un véritable cauchemar, et subir les pires sauvageries.
Petit à petit, Ian McGuire fait monter le suspense, développe ses personnages aussi égocentriques que pernicieux. On sent, chapitre après chapitre, que cette soif de l’or va engendrer maléfice sur maléfice, avec un final inattendu mais impitoyable.
Avec White River, on a la preuve que Ian McGuire est un écrivain talentueux.
08/10/2026 à 16:24 4
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Un sombre été
9/10 1 € : c’est le prix que Tilda, une Allemande, achète une maison à Botigalli, village sarde désert. 1 €, c’est le prix de la paix, à la suite du drame professionnel et familiale qu’elle a vécu chez elle en Allemagne. C’est le prix de sa reconstruction, de sa nouvelle vie, ici en Sardaigne.
Bon, Botigalli n’est pas totalement dépeuplé. Y vit encore un homme âgé et grabataire, Silvio, accompagné par son aide à domicile, la discrète signora Cossu. Tilda découvre que Bottigalli a vécu un terrible drame. Depuis, la légende de la Madre Piangente y a pris sa source, et les villages voisins l’entendent hanter Botigalli à la recherche de son enfant volé.
Enzo est journaliste et visite tous les dimanches Silvio dans sa maison à Botigalli. Il veut lui faire révéler la terrible affaire à l’origine du massacre qui s’est tenu en 1982. Il voit la possibilité d’écrire un roman et de rencontrer le succès.
En 1982, Franca est une adolescente effrontée et courageuse dans ce Botigalli, où les jeunes suivent la Coupe du monde et les succès de l’équipe nationale italienne. Elle est préoccupée par la disparition depuis le 11 juillet d’une jeune femme, Alessia Bianchi. Elle suspecte que sa bande de garçons qu’elle côtoie y soit impliquée…
Vera Buck s’inspire de faits réels pour faire de ce roman un polar aussi captivant que terrifiant où les enlèvements crapuleux d’enfants voisinent avec les « mariages réparateurs ». Un livre puissant qui dénonce le système patriarcal ancestral et souligne le courage de ces femmes qui ont voulu dénoncer ces lois italiennes aussi archaïques que déshonorantes.08/10/2026 à 14:25 3
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Les maisons parachutées
9/10 Inspecteur au commissariat de Nevers, Philippe Orbec, en ce mois d’octobre 1947, doit enquêter sur l’assassinat de trois hommes, dont les corps ont été déterrés par des ouvriers d’un chantier, au lieu-dit Les Essarts.
Ce lieu au passé douloureux pour Orbec, car c’est à cet endroit que son père, le commissaire Charles Orbec, avait perdu la vie, quelques semaines avant la Libération, tué pas des résistants.
Encore une fois, l’auteur français ouvre les portes à l’Histoire en parsemant son enquête de faits sinon tenus « secrets » au moins isolés des livres scolaires d’histoire de la France. C’est ainsi que l’on va découvrir le « rôle » du camp de Mauthausen, le plan nazi relatif à l’effondrement de l’économie britannique, le contingent de savants allemands dans la ville nivernaise de Decize,…
Didier Daeninckx signe encore une fois un très bon polar comme il en a le talent (encore trop méconnu ou estimé ?). Je trouve que ses romans sont plus que des polars, qu’ils sont de véritables devoirs de mémoire. Car, on avait l’impression de connaître la Seconde Guerre mondiale mais avec l’auteur français, on découvre que l’on a encore à apprendre sur cette triste période. Didier Daeninckx nous prouve qu’il y a toujours des histoires à raconter de notre Histoire.
08/10/2026 à 13:46 2
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Ce qui se joue
9/10 A la demande de la ministre de l’Éducation Nationale, et au regard de la pandémie qui touche exclusivement les enseignants, Reverdy, attaché au ministère, est chargé d’établir, de façon immersive, un rapport sur l’établissement scolaire où enseignait le patient zéro.
Nous sommes à la rentrée scolaire 2027, dans le lycée Aimé Césaire, en Normandie. Pour établir ce rapport, Reverdy suit les cours dispensés par Mme Boukary, professeur de français, auprès des élèves de la classe de 2nde F. Outre sa mission d’observation, Reverdy doit essayer d’analyser les paramètres et causes possibles d’immunité pour le corps enseignant. Ce Fatum, nom donné à ce qui est faussement désigné comme virus, fait perdre le langage, après que la victime entende s’immiscer dans sa tête La Marche Funèbre de Chopin. Puis la victime ne s’exprime plus que par l’onomatopée « poï-poï ».
La mission de Reverdy est essentielle, car perdre le langage pour les professeurs, c’est ne plus dispenser le savoir. Ne plus enseigner, c’est ne plus inculquer les connaissances, ne plus apprendre aux élèves à combattre, à ne pas développer son esprit critique, à comprendre certaines valeurs, et le monde. C’est accepter les idées fausses, racistes, sexistes qui déciment les époques et les sociétés : c’est ne pas comprendre la vie, et c’est voir s’écrouler l’humanité.
Dans Ce qui se joue, Caroline Hinault développe de manière alarmante et effrayante la perte du langage qui de manière pernicieuse gangrène notre société. Elle ne fait pas que l’éloge du monde enseignant, par l’intermédiaire de cette admirable professeure de français (que l’on aurait aimé avoir), l’auteure souhaite souligner la formidable beauté de la langue et surtout du français, de la lecture, et de son expression sous différentes formes…
J’ai beaucoup aimé ce livre, cette histoire d’amour, entre deux personnes, entre la professeure et ses élèves, entre les élèves et ce français qui leur fait briser certaines chaînes… Une vibrante ode à la lecture, un incommensurable amour à la Liberté, à l’Amour et à la vie. Un livre poLITique, en quelque sorte.07/10/2026 à 13:41 3
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Maudite soit la guerre
8/10 Paris, janvier 1917. Le corps sans vie d’un homme, un certain Ménard, est retrouvé dans son appartement, abattu d’une balle, assis dans son fauteuil, pipe dans une main, boîte d’allumettes dans l’autre, une véritable mise en scène.
Soubielle, du Quai des Orfèvres, est chargé de l’enquête. Ce Ménard, sensé travailler dans une usine d’armement, est inconnu du personnel. Un traître, un espion à la solde des Allemands ?
Pendant ce temps, les poilus en permission profitent de Paris et de leur marraine de guerre. Jean-Jo est rentré du front chez lui pour quelques jours. Sa fille, Jeanne, voit cela d’un très mauvais œil. D’autant qu’il a embarqué chez eux un camarade ramassé dans la rue. Jeanne aspire à devenir une grande actrice dans le milieu théâtrale. Son petit ami, Maxence, attend la conscription pour aller au front et faire son devoir. En attendant, avec son pote Octavio, c’est combine, magouille et petits larcins.
La mère de Maxence, Alice, seul au foyer, travaille dans une usine d’armement. Maxence l’a surpris à enlacer Tassin, un ami de son père, qui lui se bat au front. De quoi le révolter…
Gwenaël Bulteau multiplie les personnages, qui ont tous un lien dans cette aventure policière très bien orchestrée et dans un cadre historique bien détaillé. Le lecteur ressent bien cette atmosphère d’un Paris éloigné de la guerre, et qui regarde les soldats permissionnaires comme des étrangers. Un Paris qui subit le quotidien d’une guerre que les habitants ne veulent pas voir. Maudite soit la guerre propose une enquête où la menace de l’espionnage et du sabotage est quotidienne.
Gwenaël Bulteau montre encore une fois son talent d’écrivain et de créateur de suspense.
24/09/2026 à 15:22 6
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Sable Mouvant
8/10 L’annonce de sa maladie fut une nouvelle qui a profondément bouleversé Henning Mankell. Ce cancer l’a questionné sur l’existence et sur sa propre vie. L’occasion pour lui de faire le point sur les évènements qui ont marqué son parcours, ses souvenirs les plus profonds et de faire part de ses réflexions, de ses pensées profondes voire fondements de l’Homme.
Si le thème cher à l’auteur suédois de l’écologie est au cœur de ses écrits (notamment, les incidences millénaires sur les générations futures de l’enfouissement dans son pays des déchets nucléaires), le lecteur que je suis a pu découvrir parsemés ici et là quelques éléments de sa vie (exemple, l’abandon de ses études, sa vie parisienne, son amour pour le théâtre et l’Afrique,…).
Sable mouvant, (titre évocateur sur le sentiment de l’auteur qui l’a mis face à la Mort, elle qui prend le contrôle de notre Être) n’est pas une biographie mais, comme il l’écrit, propose des fragments qu’il a pioché dans son existence, et qui ont fait de lui Henning Mankell.
C’est touchant et émouvant voire, pour moi, instructif, quand l’auteur explique l’origine du tableau Le Radeau de la Méduse, ou bien Le concile cadavérique de Laurens, nous fait découvrir la préhistorique marionnette de Brno, l’église ensablée de Skagen,…
Un livre d’une écriture profondément sensible d’un des mes auteurs préférés. Sable mouvant n’est pas réservé qu’aux connaisseurs de l’auteur mais peut être une porte ouverte vers la magnifique œuvre d’Henning Mankell.21/09/2026 à 12:10 1
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Au coeur des ombres
9/10 Carwyn et Rhian, un couple de fermiers proches de la retraite, tentent tant bien que mal de vivre de leur élevage de moutons, dans les montagnes du Pays de Galles. Ce couple uni, rempli de bienveillance et d’amour, l’un pour l’autre, va sombrer dans les tourments d’un drame sans fond.
Carwyn porte secours à un couple de randonneurs égarés dont la femme s’est foulé la cheville, son pied étant coincé dans un trou dans un coin isolé et reculé du domaine agricole. Carwyn, intrigué par cette cavité, creuse et tombe sur une tête sculptée en pierre. Cette tête le fascine, voire l’envoûte. S’il y voit une occasion de se faire de l’argent, le couple accumulant les factures impayées étant victime des huissiers, Carwyn pense que le site regorge de trésors cachés, issus des ancêtres gallois.
Carwyn qui porte haut les valeurs et les origines galloises se consacrent à ses fouilles…de manière quasi obsessionnelle.
Au cœur des ombres est un roman dont la tension progresse au fil des pages. On ne soupçonne pas, au début de la lecture, avoir une telle fin. On découvre le couple, Carwyn et Rhian, auquel on s’attache et leur histoire. On s’interroge sur les événements troublants qui arrivent et dont le couple est victime. On est face à des faits mystérieux dont on n’a pas d’explication, le tout dans un cadre aussi idyllique que tragique, ces montagnes hostiles, cette ferme isolée, loin de tout et de tout le monde.
Liam Higginson, à l’image du Horla de Maupassant, a su insuffler progressivement une ambiance angoissante dans cette histoire qui devient, au fil des pages, de plus en plus intrigante, mystérieuse, envoûtante et effrayante
21/09/2026 à 10:40 2
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Week-end à Zuydcoote
8/10 Robert Merle met d’entrée de jeu son lecteur dans l’ambiance de la débâcle. Des files de voitures abandonnées. Un soldat qui pousse une charrette avec le cadavre d’une femme. Des gradés français qui tentent de forcer le passage. Des invectives entre les protagonistes. Et le jeune Julien Maillat, soldat français qui regarde ces échanges. Maillat est spectateur. Spectateur de cette drôle de guerre. De cette fuite des soldats anglais qui attendent, sous la mitraille, que les bateaux venus d’Angleterre, viennent les ramener au pays. Et les soldats français se retrouvent dans des camps de fortune sur les plages, un peu livrés à eux-mêmes. Maillat, Dhéry, Pierson et Alexandre vivotent ou survivent, un camp sanitaire où il pique un peu de vin, des conserves,…
Durant 4 demi-journées, du samedi matin au dimanche après-midi, Robert Merle nous fait vivre la vie de ce petit groupe de soldats, avec leurs interrogations, leurs cohabitations avec la population locale et notamment la jeune Jeanne que Maillat sauve d’un viol.
J’ai été impressionné par la qualité de l’écriture et la maitrise des personnages et du cadre. J’ai de suite pensé à Steinbeck quand j’ai lu les toute premières pages. On ressent l’angoisse et la tension comme l’incompréhension de ces soldats quasi abandonnés à leur triste sort, dont la mort est devenue sinon une partenaire du moins une fatalité.15/09/2026 à 17:14 1
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La Porte du large
Pierre Boileau, Thomas Narcejac
7/10 Quand Méribel se suicide, Saivre y voit une opportunité pour prendre son identité. Les deux hommes se connaissaient bien, d’une part, parce qu’ils étaient beaux-frères, et, d’autre part, parce qu’ils étaient associés dans une affaire immobilière. Et c’est parce qu’il a détourné une grosse somme d’argent, et que Maupré a décidé de la faire chanter, que Méribel a décidé de mettre fin à ses jours.
Liberté. C’est parce qu’il voulait plus que tout vivre libre, et se sentir vivre pour une fois que Saivre a décidé de prendre l’identité du mort.
Il a bien conscience que cette idée est absurde. Car, même si le mort est défiguré, la police va découvrir très vite la supercherie. Et, car c’est se désigner de fait coupable, coupable d’une mort dont il n’est absolument pas l’auteur. Prenant ce risque, Saivre se cache à La Porte du large, complexe immobilier vers La Baule dont il a été l’investisseur. Mais, cloitré dans un appartement, il ne pourra que constater qu’il va devenir victime d’un surprenant et inattendu coup monté.
Duperie, manigance, meurtres,… le duo français n’épargne pas le lecteur dans cette histoire sombre d’usurpation d’identité. Un petit polar sans prétention qui apporte son petit lot de mystère, de tension et de surprises. Un roman méconnu mais intéressant de Boileau-Narcejac.09/09/2026 à 12:07 1
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Les Noces de Poitiers
8/10 C’est peu dire qu’il a expédié ses noces avec la très jeune Linette. Il faut souligner que Gérard Auvinet, à peine 20 ans, ayant arrêté sa scolarité en Troisième suite au décès de son père, voulait prendre le dernier train du soir pour aller au plus vite à Paris. Paris, et son espoir de carrière. Paris, et le rêve d’une nouvelle vie et la perspective de fortune.
Gérard a menti à ses proches : sur les raisons de ce mariage précipité ; sur son futur employeur et son prochain salaire. Car Gérard ne va pas être le secrétaire de l’écrivain Jean Sabin, mais plutôt être le larbin d’une obscure Ligue patriotique française. Mais en lieu et place de la fortune, Gérard et Linette vont se trouver en galère…
Gérard est un éternel gamin, rempli de rêves, d’illusions, d’envie. Les Noces de Poitiers est, toute comparaison gardée, Les Illusions perdues de Simenon, Gérard étant Lucien de Rubempré, où il va apprendre à ses dépens qu’à Paris, il convient de paraître pour exister et faire carrière.
Simenon a mis dans ce roman d’apprentissage son expérience de jeunesse. Un roman psychologique court mais très instructif.
09/09/2026 à 11:08 1
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Iacobus
8/10 Après avoir quitté son île, Rhodes, après y avoir vécu plusieurs années, le Chevalier Galceran de Born se réfugie dans le monastère de Ponç de Riba. Membre de l’Ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem (aussi appelé ordre des Hospitaliers), il a pour tâche d’y rencontrer une personnalité importante devant lui donner une mission des plus importantes. Occupant son temps entre prières, études et « actes de médecine », le « Perquisitor » est un homme sage, pieux et cultivé. Ce sont ces qualités que le Pape Jean XXII souhaite mettre en exergue en lui confiant la lourde tâche de connaître les vraies causes de la mort de chevaliers et de trouver l’or des Templiers. Ce qui est en jeu c’est le pouvoir et la richesse de l’Eglise.
Galceran de Born va devoir déployer tous ses talents de Perquisitor pour trouver les réponses à ces exigences papales et parcourir différents territoires voire emprunter le mythique Chemin de Compostelle.
Plus qu’un roman d’un voyage en quête de l’or des Templiers, c’est aussi une rencontre humaine entre le Perquisitor, son fils et Sara, la remise en cause de la foi, la découverte de l’Amour de l’homme, en somme une quête de soi. C’est également la connaissance d’une période de l’histoire (le XIVème siècle) emprunte de mysticisme et d’ésotérisme et du poids de la Religion, pouvoir quasi inébranlable à la puissance absolue, prête à tout pour arriver à ses desseins.
Le lecteur est happé par cette histoire, où il pourra y déceler ici et là un peu d’Indiana Jones, un peu de L’Apothicaire de Loevenbruck, voire du Nom de la Rose, le tout dans un rythme qui laisse peu de temps pour reprendre son souffle. Un livre qui tient en haleine pour une enquête historique très intéressante.
07/09/2026 à 13:41 2
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Gravé dans le sable
8/10 Malgré une semi-déception après avoir lu Nymphéas noirs, je continue de plonger dans l’œuvre de Michel Bussi.
Et c’est donc avec Gravé dans le sable que j’ai décidé de donner une seconde chance à l’auteur français. Ce choix n’a pas été motivé par l’ordre d’écriture mais par le contexte historique. Le Débarquement et le courage de ces soldats américains, dont la témérité fut d’autant plus héroïque qu’ils sacrifiaient leur jeunesse et leur innocence pour des gens et un pays qu’ils ne connaissaient même pas.
Le sujet de ce livre, la croisade de deux femmes, pour faire reconnaître le sacrifice d’un soldat, Lucky, ayant échangé son ordre de passage lors du Débarquement avec un fils de bonne et riche famille en contrepartie d’une énorme somme d’argent était attrayant. Même si au cours du livre, il y a des passages un trop sentimentaux voire mièvres (le privé Nick, notamment), et, ce que je déplore à chaque fois, des aveux un peu trop aisément racontés, Gravé dans le sable a su me captiver et me convaincre de continuer à lire Bussi.04/09/2026 à 10:58 1
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Les Larmes du Reich
9/10 Si j’ai fait partie des quelques déçus du précédent livre de l’auteur, La Sacrifiée du Vercors, je dois avouer d’emblée qu’avec Les Larmes du Reich, François Médéline m’a conquis. Autant j’avais regretté le style saccadé et l’absence de surprise dans l’histoire, autant ici, je n’ai rien à critiquer aussi bien sur le style que sur l’histoire remplie d’étonnements et de tension.
Si le départ de l’intrigue semble classique (une enquête sur l’enlèvement d’une jeune fille après l’assassinat des parents), l’auteur ne ménage pas les surprises en suivant les investigations menées par l’inspecteur Michel, tout droit venu de Lyon, à bicyclette sur les lieux du drame. Si nous sommes en 1951, dans la Drôme, les réminiscences de la 2nde Guerre mondiale se font toujours sentir. On parle encore peu dans les campagnes de cette Guerre qui a laissé d’énormes blessures dans la population. L’Histoire a laissé son empreinte dans les familles. L’inspecteur Michel saura faire parler les plus réticents et par lui, le lecteur découvrira ce que certaines personnes peuvent faire pour survivre et d’autres pour retrouver les personnes aimées.03/09/2026 à 14:18
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La Lune dans le caniveau
7/10 William Kerrigan est un homme abattu et en colère. Abattu par le suicide de sa sœur, Catherine, qui s’est tranché la gorge dans une ruelle de Vernon Street. En colère contre lui-même, car il n’a pas pu empêcher la mort de sa sœur. Et ce sentiment de culpabilité va ronger Kerrigan. Lui docker il va arpenter les bars pour chercher désespérément celui qui a violé Catherine, le viol étant la raison de son suicide. Il va se détruire, et chercher toute forme de violence comme une sorte d’auto-punition extrême…
J’avais délaissé David Goodis depuis plusieurs années et La Lune dans le caniveau ne m’a pas procuré beaucoup de plaisir. Je n’ai pas eu beaucoup de compassion pour ces personnages, ni pour cette histoire. Par contre, l’auteur américain décrit bien ces sentiments de mal-être, d’auto-flagelation, cette culpabilité qui interdit Kerrigand de trouver le bonheur quand il vient frapper à votre porte. Un roman noir et très sombre, malgré tout.02/09/2026 à 12:13
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Les Fantômes de Shearwater
9/10 Île subantarctique de 120 km2, au climat de toundra, essentiellement composée de mousses et de lichen, Shearwater abrite au moins 80.000 otaries et la dernière colonie au monde de manchots royaux et plus de trois millions d’oiseaux marins nicheurs. Elle accueille aussi quatre êtres humains : Dominic et ses trois enfants, Raff, son fils aîné, Fen, sa fille, tous les deux adolescents, et le petit dernier, Orly.
Cela fait huit ans que cette famille vit sur cette île coupée du monde ravitaillée deux fois par an par bateau. Dominic Salt avait embarqué ses enfants dans cette aventure, y trouvant une occasion d’un travail loin de toute civilisation et pouvant toucher à tout. Il est agent technique assurant l’entretien et la réparation de la Réserve mondiale des semences, endroit stratégique permettant de sauvegarder toutes les espèces végétales de la Terre. Aujourd’hui, tous les ingénieurs ont quitté le site, et d’ici sept semaines, un bateau va venir chercher la famille Salt pour leur retour : le site ferme, condamné par la montée inéluctable de l’océan. D’ailleurs, la banque de graines est en péril à cause de la fonte du permafrost sur l’île, qui assurait naturellement la congélation des semences.
Si la situation écologique est en péril, c’est l’équilibre des quatre membres Salt qui va être perturbé par Rowan, cette femme qui a échoué sur la plage.
Roman polyphonique, Les Fantômes de Shearwater nous distille l’histoire tragique de ces 5 protagonistes dont on découvre les destins brisés, les douleurs, les drames des uns et des autres et surtout le terrible secret qui se cache au sein de Shearwater.
Si le livre de Charlotte McConaghy est une ode à la Nature, au miracle de la vie, ce sont aussi ces personnages qui m’ont ému. Le père, Dominic, qui a encore sa femme, dans son cœur et sa tête, et qui fait et fera tout pour préserver et sauver ses enfants ; Raff, âme sensible jouant en violon le chant des baleines ; Fen, vivant recluse sur la plage, près des otaries, elle qui est née pour être dans l’eau ; Orly, sorte de wikipédia sur jambe, connaissant tout sur les graines sauvegardées dans la Banque ; et Rowan, cette femme confrontée à une quête infernale.
L’autrice australienne a su, tout au long des 370 pages, préserver les mystères, et maintenir un suspense dont le lecteur découvrira quelques indices parsemés ici et là. Car, on ne sait pas si les uns et les autres se mentent, cachent la vérité ou bien se préservent… Mystère entrecoupé des descriptions puissantes et touchantes de la nature, de son importance vitale et du rôle fondamentale de l’Homme. Ce sont par ces quelques mots extraits du livre que j’aimerais conclure cet avis, qui, malgré l’apparente longueur, ne dévoile en rien, l’intrigue : « Peut-être que nous allons effectivement mourir un jour noyés, brûlés ou affamés mais en attendant, c’est à nous qu’il appartient de choisir si nous voulons participer à cette destruction ou si nous préférons prendre soin les uns des autres. »26/08/2026 à 14:39 4
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La Colline
9/10 Cela n’est pas sans peine ni souffrance que l’on délaisse la lecture de La Colline, la dernière page lue. Chaque chapitre, chaque paragraphe, chaque ligne, chaque protagoniste, chaque moment de cette histoire est rempli de noirceurs.
Il y a, par instants, une éclaircie, un moment d’espoir et d’humanité. Mais très vite, cette beauté, cette lumière voire cette poésie sont remplacées par la dureté et l’horreur que seul l’homme sait créer.
Mathilde Beaussault a su me plonger dans une lecture lourde et pesante, tant cette histoire de la vie de Monroe est malheureuse. Elle est d’autant plus miséreuse qu’à aucun moment cette jeune fille ne parle : comme si ce silence rendait compte au lecteur qu’il n’y avait pas de mots pour qualifier l’inacceptable.
Et pourtant quand les personnages s’expriment, ils peuvent apporter un espoir et la bienveillance : on pense ici aux bondieuseries de la grand-mère ou bien les promesses de Jacques, des preuves de la foi en l’humain ou des îlots de beauté que la nature sait offrir aux hommes bons, comme cette corneille qui saura guider et protéger Monroe.
La Colline est un livre dur et violent par son histoire mais laisse une volonté de croyance et de foi.
24/08/2026 à 11:14 8
