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L'Orchestre d'acier
7/10 C’est le sauve-qui-peut à Paris en cette fin d’été 44. Le Standartenfürher SS Meisinger fuit la capitale avec dans son sac des diamants d’une valeur inestimable : des bijoux piqués aux richards parisiens et aux juifs déportés. Ils sont destinés à Goering. Aidé du collabo Maigoual, ils contournent les barrages des soldats américains et français et vont contourner les Vosges où se tiennent d’âpres batailles pour la libération du pays.
Mais Maigoual veut faire main basse sur les bijoux. Comme d’autres personnes qui ont connaissance de cette joaillerie volante. Car, s’il y a bien un moment propice pour le vol, c’est bien cette période de confusion qu’est la libération, entre le moment où l’agresseur fuit, et avant que les forces de l’ordre remettent de l’ordre dans le pays.
A Horcourt, la gare est en effervescence. Les Allemands viennent d’y entreposer un coffre-fort digne d’un blockhaus. Maigoual et différents acolytes trouvés en chemin planifient une stratégie pour s’emparer des bijoux qui vont y être misés.
Pierre Siniac a une prédilection pour écrire des scénarios où en pleine guerre (Libération, débâcle…) où des malfrats veulent s’emparer de butins (je pense notamment à Sous l'aile noire des rapaces). Dans L’Orchestre d’acier, ce livre distille une histoire digne des films noirs et blancs des années 40. Personnages stéréotypés, où l’action prime : ça tue, ça explose, ça tourne sa veste, ça trahit… Un livre mené tambour battant, mais qui n’intéressera que les amateurs d’intrigue se déroulant pendant la 2nde Guerre mondiale.hier à 11:26 3
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L'Innocence et la loi
9/10 Si Harry Bosch est le personnage principal (et le premier) de ses romans policiers, Michael Connelly a su multiplier les protagonistes (voire héros) de ses livres. Mickey Haller est mon personnage « secondaire » préféré. Cet avocat de la défense, rencontré avec La Défense Lincoln, ce livre magnifiquement adapté au cinéma, est à la fois est un personnage sensible mais extrêmement rigoureux, efficace et implacable. Il se trouve toujours dans des affaires délicates et inextricables dans lesquelles il s’emploie corps et âme pour prouver l’innocence de ses clients.
Dans L’Innocence et la loi, il est confronté à une situation des plus redoutables. C’est lui qui est accusé du meurtre d’un de ses anciens clients, Sam Scales, dont le corps est retrouvé dans son coffre de voiture, des balles dans la tête. Mickey Haller sait qu’il a été victime d’un coup monté mais, alors qu’il est incarcéré dans la prison de Los Angeles, les Twin Towers, il décide de se défendre lui-même.
C’est armé de son équipe de choc, agrémenté de son demi-frère, Harry Bosch, qu’il va devoir enquêter sur cette affaire, contre-carrer la stratégie de la défense qui voit là une belle occasion de faire la peau à cet avocat borderline et intraitable avec la police, et sauver sa peau dans les cellules de prison encore plus inhospitalières pour un représentant de la justice.
Ayant toujours eu un faible pour les romans judiciaires, j’ai trouvé L'Innocence et la loi particulièrement bien rythmé, bien argumenté, bien expliqué dans les différentes procédures et stratégies judiciaires, qui sans lasser le lecteur apporte une vision plus glaciale de cette affaire.
Même si on se doute de l’issue finale de ce livre, c’est toujours un régal de voir comment Haller développe ses arguments, arrive à filouter la défense, constitue le choix des jurés, … et un twist final qui se situe en plein COVID-19.16/06/2026 à 14:52 3
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La Honte
8/10 Quatrième tome que l’auteur finlandais consacre à la ville de Pori et à son commissariat via la disparition d’une jeune collégienne de 13 ans. Linda, inspectrice, de police, va ainsi traquer ce qui va s’avérer être un tueur en série qui sévit dans différentes parties du territoire finlandais depuis plus de 10 ans, via les réseaux sociaux sous le pseudonyme de Peter Pan.
Arttu Tuominen consacre également une large part du roman à la vie de Linda, à sa courte et tragique histoire dans le mannequinat et à son addiction à l’alcool. Une histoire touchante qui m’a plus ému que cette enquête un peu trop « convenue » et manquant d’originalité. Je lirais la suite de cette série intitulée « Delta » que je trouve assez attachante, somme toute.
15/06/2026 à 10:12 2
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Le Dieu des Bois
7/10 « Un joyau rare, un thriller littéraire immersif et fascinant » dixit Paula Hawkins, peut-on lire sur la couverture du livre. Un bandeau alléchant qui pousse à ouvrir et se pencher sur cette histoire de 500 pages sur la disparition de Barbara Van Laar qui, en cet été 1975, participait à la colonie de vacances situé au camp Emerson, la propriété de sa fortunée famille.
C’est le début de cette histoire que d’autres lecteurs ont qualifié de « suspense efficace », et d’un « roman plutôt mystérieux ». Dès lors, je me suis attendu, à juste titre, à une histoire haletante, à une véritable course contre la montre dans cette recherche désespérée de cette jeune adolescente, en proie à ce milieu hostile qu’est cette forêt. Et de Dieu des Bois ? A la lecture du titre du livre, je m’imaginais voir surgir un serial-killer voire pire : un revenant assassiné à tort qui venait se venger de sa mort en enlevant des enfants, voire en se nourrissant de leur innocente âme… Oui, un « thriller » récompensé du prestigieux Grand Prix Policier des lectrices de Elle – 2025 devait m’apporter tous les ingrédients du genre.
Mais, c’est plutôt l’histoire d’une famille, les Van Laar, dont les générations ont fait fructifier leur richesse dans les affaires et qui ont fait l’acquisition de cette grande propriété dans les Adirondacks. Une famille qui a connu un drame inqualifiable en la disparition de leur jeune petit garçon, Bear, dont on n’a jamais retrouvé le corps. Un drame que toutes les générations de la famille ont souhaité traiter et vivre de manière nonchalante pour ne pas ternir leurs affaires.
Une histoire familiale racontée sous le prisme de la disparition de Barbara et alternativement sur différentes périodes.
Passé la déception de ne pas être en présence d’un thriller « immersif et fascinant » « au suspense haletant et intenable », il m’a fallu une centaine de pages pour apprivoiser cette histoire et apprécier finalement ma lecture. C’est peut-être le courage et l’intuition de Judyta Luptack, la première femme policière du Pays, et le côté « punk » de Barbara qui m’ont le plus séduit dans cette histoire. Oui, au final, ce sont surtout certains personnages qui m’ont marqué et non l’histoire en elle-même.11/06/2026 à 16:39 2
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Ma Cousine Rachel
9/10 Entrer dans l’univers littéraire de Daphné du Maurier est toujours, pour moi, un instant délicieux. L’atmosphère y est envoûtante, et l’écriture aussi précise que précieuse. L’intrigue prend le temps de se mettre en place, et le final est aussi inattendu qu’efficace. Bien que ne connaissant, à ce jour, que très peu sa bibliographie, je peux sans crainte affirmer que Ma Cousine Rachel (titre très balzacien!, même si aucun lien de parenté n’est avancé avec Le Cousin Pons) est une réussite.
Plongeons-nous dans cette atmosphère, tout d’abord. Les Cornouailles, Angleterre, vers les années 1830, dans un grand domaine fermier. Philip Ashley a été recueilli et éduqué par son cousin Ambroise, plus âgé que lui, alors qu’il n’avait que 18 mois après la mort de ses parents. Ambroise fut un homme juste, équitable, rempli d’affection pour Philip. Ce dernier a tellement pris pour exemple voire modèle Ambroise que les deux cousins, si ce n’est leur différence d’âge, se ressemblent trait pour trait, même physiquement. Alors que Philip atteint ses vingt ans, Ambroise est vivement invité par son médecin à passer les hivers aux bords de la Méditerranée et profiter du climat plus sec de la région. C’est ainsi qu’Ambroise part pour Florence et laisse la gestion du domaine à Philip.
Les deux cousins échangent par lettres et c’est de cette manière qu’Ambroise annonce la relation qu’il entretient avec la Comtesse Sangaletti, qui se fait appeler la cousine Rachel, du fait d’une lointaine parenté avec Ambroise. Les semaines passant, Ambroise se découvre une passion tardive et annonce plus tard à Philip leur mariage. Le jeune cousin en est tout chamboulé et voue une amertume non feinte à l’encontre de cette femme qui lui a pris son cousin. Il ne faut pas longtemps à Philip pour effectuer le voyage à Florence après avoir reçu une étrange lettre dans laquelle Ambroise le somme de venir à son secours, souffrant d’étranges maux, qui lui rappellent la tumeur au cerveau qui avait emporté son père. Mais surtout, il affirme que Rachel essaie de l’empoisonner. Le temps du voyage, Philip ne peut qu’apprendre la fin tragique d’Ambroise et la disparition de cette Rachel.
De retour en Angleterre, Philip est en colère et en veut à cette Rachel qui a tué son cousin. Il se jure de le venger.
Quelques semaines plus tard, Rachel débarque en Angleterre. Sermonné par son parrain et tuteur, Mr Kendall, Philip reçoit la cousine Rachel. Lui, qui détestait sans la connaître Rachel, tombe sous le charme de la cousine. Comme hypnotisé voire envoûté, il met désormais toutes les accusations d’Ambroise aux oubliettes. Pire, alors qu’Ambroise n’avait pas signé le nouveau testament en faveur de Rachel, Philip va avoir à cœur de réparer cette injustice. Oui, il éprouve pour Rachel des sentiments troublants, voire amoureux. Dans les affaires d’Ambroise, une lettre du défunt avertit Philip sur la prodigalité de cette cousine : « L’argent, Dieu me pardonne de dire cela, est l’unique chemin de son cœur ». Alors quand Philip commence à ressentir les étranges maux dont Ambroise est mort, il se rend compte qu’il s’est méprit sur sa cousine Rachel… ou pas…
Daphné du Maurier est une magicienne du suspense. Il faudra attendre les tout derniers mots du livre pour apprendre le dénouement et comprendre toute cette histoire. Ma cousine Rachel fait partie des livres les plus envoûtants de l’autrice, à l’instar de Rebecca, une autre femme envoûtante. Mais c’est une autre histoire.19/05/2026 à 09:03 2
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L'Arme à l'oeil
8/10 Dans toute guerre, l’information est une arme importante. Les espions constituent donc un moyen incontournable pour traquer les renseignements sur l’ennemi (armes, armées, localisation,…). Aussi, l’Allemagne nazie a-t-elle envoyé quelques émissaires pour les intégrer dans la population anglaise et les mobiliser dès que nécessaire.
C’est ainsi que Henry Faber a été débarqué depuis plusieurs années à Londres. Il a réussi à « devenir » un parfait Anglais et possède à son actif plusieurs identités et couvertures (que l’on pourrait aussi appeler « légende ») qui lui permettent, incognito, de vivre, travailler et transmettre les informations à l’Abwehr, le service de renseignement de l'état-major allemand. Henry Faber est d’une efficacité redoutable et son arme favorite est le stylet qu’il plante discrètement dans l’oreille, le cou ou le cœur de son adversaire. C’est pour cela qu’il est surnommé Die Nadel, l'Aiguille et que le Führer Adolf Hitler ne jure que par lui. Aussi, l’état-major allemand étant convaincu que le prochain déparquement des alliés ne peut qu’avoir lieu dans le Pas-de-Calais, et Hitler ayant l’intime conviction qu’il se tiendra en Normandie, il attend que Faber lui apporte les preuves que les armes et armées déployées dans l’est de l’Angleterre ne sont que des leurres.
Mais le MI-5, dans lequel le professeur Godliman est arrivé en 1940, est aux trousses de Faber. C’est à l’image d’une « aiguille dans une meule de foin », que Faber va être démaqué. Mais l’espion allemand a toujours une longueur d’avance sur ses poursuivants. Mais arrivera-t-il à temps à embarquer à bord du U-boot et envoyer à Hitler les preuves qu’il attend ?
C’est un très bon roman d’espionnage qu’a écrit Ken Follett, même si le lecteur doit patienter près de 80 pages avant que l’intrigue commence. Le temps pour l’auteur de présenter les principaux protagonistes et d’installer cette course poursuite. Une attente récompensée car le lecteur pris dans la lecture, est malmené dans ce périple qui nous fait traverser l’Angleterre et l’Ecosse, avec plein de sentiments mélangés, y compris les sentiments amoureux. J’avais délaissé l’auteur depuis une dizaine d’années et ma lecture de sa série intitulée Le Siècle et j’ai eu plaisir à être, une fois de plus, transporté par l’histoire.18/05/2026 à 11:54 2
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La Fenêtre des Rouet
9/10 Dominique habite le Faubourg Saint-Honoré dans un immeuble où, par nécessité financière, elle loue une chambre de son appartement. Sa vie de vieille fille est rythmée par celle des locataires, Albert Caille et sa jeune fiancée, Lina, leurs bruits du quotidien, leurs aller-venues. Elle regarde aussi à travers ses persiennes la vie dans la maison d’en face, celle des Rouet, Antoinette et son mari Hubert, récemment malade et constamment alité, et les parents Rouet à l’étage du dessus.
Depuis le décès de son père, un an plus tôt, le Général Salès, veuf très jeune et à qui elle a consacré toute sa vie, Dominique est seule. Alors regarder, épier, imaginer la vie de ses locataires et des voisins Rouet, c’est un peu comme si elle vivait par procuration. Et la mort de Hubert ne l’étonne pas : Dominique a vue que ce drame se préparait. Oui, effectivement, elle a vu sa jeune épouse, Antoinette, versait les gouttes dans la plante de la chambre au lieu de les administrer et soigner son mari souffrant.
D’ailleurs, Dominique voulait la dénoncer à la police. Mais cette lettre anonyme, elle a préféré l’envoyer directement à Antoinette. Juste pour l’avertir que quelqu’un savait. Pourquoi a-t-elle prévenu Antoinette ? Peut-être qu’en la dénonçant, sa vie allait s’arrêter en même temps qu’on arrêterait Antoinette ? Que la vie de Dominique n’aurait plus de raison de continuer, cette vie par procuration ?
Avec La fenêtre des Rouet, Simenon offre un roman psychologique à la peinture sombre de la vie d’une femme, solitaire, dont la vie se résume à celle de ses locataires et surtout celle d’Antoinette Rouet qu’elle aurait aimé avoir eu : une existence au courage prononcé et à la liberté sans condition.18/05/2026 à 10:28 2
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Rendors-toi, tout va bien
9/10 Sur l’autoroute A31, ce vendredi soir de fin juin, Christelle a un terrible accident.
Quelques heures plus tôt, en tout début de matinée, Guillaume, son mari, est arrêté par les gendarmes devant le bistrot où, comme chaque matin, il allait prendre son café avant d’aller au bureau. Cela devait arriver, il le sait. Responsable financier de l’entreprise de pêche à Sète, Il avait prévenu son patron : ce n’était plus possible de recruter au black. Il va tout expliquer… Lui, ce fils de bonne famille, ce père de deux jeunes filles et mari aimant de Christelle. Il ne va pas rester longtemps en audition. Non, ce n’est pas possible…
Pendant ce temps, Christelle sait qu’elle doit partir. Ses filles se débrouilleront. Quand elles se lèveront, elles prendront leur petit-déjeuner et feront leurs sandwichs pour leur sortie scolaire. Elle va leur laisser un mot, car leur mère doit quand-même les rassurer.
Toute cette journée va être racontée par Christelle et Guillaume, mais également tous les autres protagonistes qui vont partager cette effrayante journée où l’insoupçonnable va être dévoilé au compte-goutte au lecteur. Ce lecteur, que nous sommes toutes et tous, dévore les lignes, les pages pour essayer de comprendre ce qu’il se passe. Ce même lecteur qui va être manipulé, malmené pour mieux être transporté dans l’histoire de cette famille « classique » et confronté à ce terrible secret…
Une histoire terrible qu’Agnès Laurent a construit de main de maître(sse) en dévoilant l’histoire de ce couple et de la famille parfaite. Un drame qui secoue et qui interroge le lecteur. Une réussite.
12/05/2026 à 15:54 5
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Le Train bleu s'arrête treize fois
Pierre Boileau, Thomas Narcejac
9/10 Parfois, mais rarement, je trouve que le duo français noie son intrigue dans des longueurs, par définition, superflues. L’histoire est bien pensée, le suspense est aussi surprenant que troublant. Mais à trop vouloir atteindre leur quota de pages, Boileau-Narcejac gâchent le récit d’un succès et de reconnaissance de leur lectorat (du moins, le mien).
Dès lors, j’ai trouvé que le format des nouvelles, qui composent ce recueil, leur convient bien. Comme le sous-entend le titre, Le Train bleu s'arrête treize fois, on est en présence de 13 histoires qui ont pour cadre chacune des villes où s’arrêtait ce mythique train (Paris, Dijon, Lyon-Perrache, Marseille-Blancarde, Toulon, Saint-Raphaël, Cannes, Antibes, Nice, Beaulieu-sur-Mer, Monaco, Monte-Carlo et Menton). Le train n’est pas nécessairement présent dans ces nouvelles, et ne sert donc que prétexte aux auteurs à faire dérouler chaque histoire dans les villes susnommées.
J’ai pris un immense plaisir à lire chacune d’entre elles, dont les différents thèmes (la vengeance, le crime passionnel, l’adultère, le vol, la mafia,…) offrent un twist final inattendu et qui fait mouche. Oui, il y a toujours un sourire pervers de satisfaction à la fin de ces nouvelles. Oui, il y a toujours du plaisir à lire du Boileau-Narcejac. Surtout quand c'est réussi, comme ici.
12/05/2026 à 11:38 2
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Vagabond
7/10 Avec son écriture ciselée mais poétique qui lui est propre, Franck Bouysse nous (ra)conte la vie miséreuse et désœuvrée d’un guitariste dont le diable n’a pas voulu acheter l’âme, mais qui trime tous les soirs au fond d’un bar miteux à retranscrire les chansons des autres. Une vie remplie de fantômes, dont celui d’une femme qu’il voit au fond du bar mais qui n’existe pas, et d’une autre qui existe mais qu’il ne voit plus.
Vagabond comporte des moments sensibles et profonds et d’autres où on se noie dans les formules un peu trop recherchées voire ampoulées (ici, il faut comprendre que certaines tournures de phrases/vocabulaires ne font pas naturelles), ce que j’ai regretté. Vagabond est l’œuvre d’un écrivain qui se cherchait encore, (peut-être ?), mais dont les livres suivants sont plus profonds et attachants.
11/05/2026 à 16:29 1
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Chevauchée avec le diable
8/10 « Notre combat nous avait entraînés jusqu’à des territoires où nous avions découvert des versions de nous-mêmes encore inconnues ». Ce combat est celui mené par des soldats de l’armée non régulière sudiste, dénommée Bushwhackers, pendant la Guerre de Sécession. Ce constat est celui fait par Jake Roedel, un jeune garçon d’origine hollandaise, qui s’est enrôlé dans ces combats pour dispenser des vengeances, piller les maisons des habitants pro-unioniste ou sauver ceux qui sont acquis à leur cause séparatiste.
Daniel Woodrell nous dépeint des épisodes assez âpres, durs mais humains de ce groupuscule de soldats qui sont sans pitié, sans quartier avec l’ennemi mais qui ont gardé un semblant de camaraderie et d’humanité. C’est surtout pour Jake une entrée sans concession dans la vie d’adulte, une vie qui, jusqu’alors, ne lui avait rien épargné et qui se verra lui jouer un drôle de tour.
Si la majeure partie du livre (pas celle que j’ai le plus aimée) nous distille d’une merveille écriture le quotidien difficile, dangereux et dur de ces hommes, c’est la dernière partie du livre que j’ai le plus apprécié, celle que l’on peut qualifier de « salut ».11/05/2026 à 14:05 2
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Les Instruments de la nuit
7/10 Paul Graves est un écrivain de romans policiers à succès. A ce titre, il a été invité par Allison Davies dans sa demeure, à Riverwood, pour passer un week-end. Fascinée par l’intuition de son personnage principal et récurrent de ses 14 livres, et attirée par son imagination débordante, Mlle Davies lui demande de lui trouver une réponse au meurtre à Riverwood de sa meilleure amie, Faye, assassinée quand elle avait 16 ans, soit plus de 50 ans auparavant. Elle souhaite surtout que la mère de Faye, très âgée, ne demeure pas dans le doute avant de quitter cette vie.
Certes, une personne a été inculpée, un artisan qui travaillait sur un chantier dans le domaine. Mais il s’est suicidé avant d’être jugé. Et Mlle Davies pense fortement qu’il n’était pas le coupable.
Paul Graves décide de chercher quelques éléments de réponses. Mais l’écrivain est hanté par les souvenirs de sa propre sœur assassinée par Kessler et son complice Sykes, noms dont il a affublé les personnages de ses romans. C’était le moyen d’exorciser ce traumatise car, âgé de 12 ans à cette époque il a assisté aux tortures que sa sœur s’est vue infliger par ces 2 bourreaux avant de la tuer, bourreaux qu’il n’a pas pu dénoncer, retranché dans le mutisme causé par la menace de ces tueurs.
Paul Graves va essayer de reconstituer une histoire sur le meurtre de Faye, histoire dans laquelle vont se mêler ses personnages de romans et la propre mort de sa sœur. Les drames vont se télescoper, les personnages se mélanger, et c’est dans cette confusion, ce brouillard, que les vérités sur chaque affaire vont ressurgir.
Un roman envoûtant où le lecteur suit les confusions de Paul Graves dans sa vie personnelle et dans ce cold case, dans la fiction et la réalité. De cette impuissance juvénile, Paul Graves saura faire montre de force pour briser les chaînes de cette mémoire sélective et de cette inconscience qui brouille le passé pour mieux l’accepter et faire face à l’inacceptable.
Si cette histoire est parfois confuse, j’ai apprécié retrouver l’atmosphère sombre et mélancolique de l’univers de Thomas H. Cook. Deux cold case qui sont intéressants même si j’ai eu une « préférence » pour le drame vécu par Paul Graves.07/05/2026 à 15:50 1
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Hérésie
7/10 James Figueras est un jeune et brillant critique d’art aux Etats-Unis. Mais pour asseoir définitivement sa réputation sur ce domaine, il rêve d’écrire un article sur le plus célèbre mais tout autant mystérieux peintre français, Jacques Debierue.
Un brillant avocat et amateur d’art, Joseph Cassidy, lui fait part qu’il accueille, de manière incognito, dans sa résidence secondaire de Miami, le peintre en question. Cassidy lui propose alors de rencontrer Jacques Debierue pour en faire un article qui, sans aucun doute, hissera James Figueras au rang du plus grand critique d’art au monde. Cassidy émet toutefois une condition : Figueras doit lui apporter une peinture ou autre œuvre que Jacques Debierue a réalisé dernièrement.
Si vous êtes amateur d’art et un féru d’échanges sur l’art contemporain et le rôle du critique versus l’apport du journalisme d’art, Hérésie est fait pour vous. Car Charles Willeford a pris son temps pour tisser ce roman noir. Ce n’est qu’à la dernière partie du livre (environ le dernier quart, le livre comptant 170 pages) que le lecteur rentre dans la partie « suspense » et sombre du livre.
06/05/2026 à 13:07 2
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Les Dynamiteurs
7/10 Il y a un phénomène que je n’arrive pas à m’expliquer : Benjamin Whitmer fait toujours partie des auteurs dont je suis immanquablement toutes les sorties littéraires, mais, et c’est là le paradoxe, je n’ai jamais été emballé par aucun de ses livres. Il me manquait toujours un je-ne-sais-quoi pour parfaire mes lectures. Et Les Dynamiteurs ne dérogent pas à cet amère constat.
Tout démarrait bien, pourtant. Ces personnages, ce contexte historique et géographique, il y avait tout pour me séduire. Benjamin Withmer nous plonge dans les bas-fonds de Denver, où un groupe de gamins, dont le narrateur, Sam, est pris en charge par Cora, une orpheline d’une quinzaine d’années. Squattant une usine désaffectée, qu’ils appellent L’Usine, ils multiplient les petits vols et autres entourloupes pour survivre et se protéger de ceux qu’ils appellent Les Têtes de Nœuds, à savoir les adultes. Une nuit, ils découvrent sur le toit de L’Usine un homme défiguré par des cicatrices causées par une déflagration : Goodnight. Ce dernier va les protéger des vagabonds qui veulent prendre l’Usine.
Goodnight, qui ne parle plus, va être retrouvé par son acolyte et patron : Cole. Dans ce Denver où sévissent la pauvreté et tous les vices, Cole et Goodnight vont embarquer le jeune Sam dans un périple où vont se mêler prostituées, tripot, alcool, argent et meurtres. Sam qui ne souhaitait que protéger Cora et les enfants va être propulsé dans un monde qui n’est pas le sien. Celui de la violence et du meurtre pour sauver sa peau, sa vie tout en espérant retrouver celle qu’il aime : Cora.
Passées les 100 pages, je me suis ennuyé. L’histoire tourne en boucle. Par contre, je ne peux pas contester que Benjamin Whitmer écrive très bien. Mais encore une fois, je n’ai pas été transporté par cette histoire. Mais je vais garder foi en cet auteur américain dont je sens un immense potentiel à sortir un livre, à écrire une histoire qui me conquerra une fois pour toute.
04/05/2026 à 12:18 3
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Le Bourreau et son double
7/10 Parce qu’il s’est approché de trop près des notables locaux lors de sa dernière enquête (cf Le géant inachevé), l’inspecteur Cadin s’est vu muté au commissariat de Courvilliers. En poste de nuit, il se rend dans une cité, alerté par le voisinage ayant entendu des coups de feu. Il découvre sur place un homme et une femme tués par balle. Si tout porte à croire que Claude Werbel s’est suicidé après avoir tué sa femme Monique, Cadin a l’intime conviction que ce scénario s’avère trop simpliste.
Claude Werbel avait lancé une association d’entraide à destination des ouvriers de l’usine Hotch issus de l’immigration : logement, cours d’alphabétisation, prud’hommes, ciné-club, défense du consommateur… Et tout ça n’était pas bien par la direction. Pour Cadin, il convient de chercher si elle ne cherchait pas à déstabiliser Werbel.
Didier Daeninckx parle de la condition ouvrière, des immigrés, et de la Guerre d’Algérie. On retrouve le même ton que les autres livres consacrés à l’inspecteur Cadin. Pas de surprise dans cet épisode, donc: pas de mauvaise, ni de très bonne…
29/04/2026 à 13:17 2
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Le Meurtre de la rue blanche
7/10 Si Emma Toussaint est considérée comme la meilleure juge d'instruction de Bruxelles, c’est que son abnégation n’a d’égale que sa bonne intuition. D’ailleurs, le procureur du Roi M. Lerminiaux lui confie un dossier qui n’aboutit à rien depuis plusieurs mois : l’affaire Anselme.
Cet avocat d’affaire fut retrouvé mort au Luxembourg avec une pièce de 5 francs suisse coincée dans la gorge. Mère d’un fils parti en backpacking en Australie, et célibataire, Emma Toussaint consacre ses jours et week-end à son métier. Assistée de son greffier, Fabrice Colet, aussi homosexuel que psychorigide et que fidèle à sa patronne, elle va chercher à démêler ce sac de nœuds que constitue cette affaire.
Alors qu’il se penche sur le dossier Anselme, Fabrice reçoit un étrange et anonyme appel téléphonique. Une voix d’homme lui indique que sa patronne n’a pas inculpé la bonne personne et lui somme de reprendre le dossier le plus vite possible. Intrigué, et avec l’aval d’Emma Toussaint, il va reprendre ce dossier appelé « Le Meurtre de la rue blanche ».
La trame porte donc sur les enquêtes de ces deux cold case. Ce livre de Paul Colize est, je trouve, un « polar » (avec les guillemets) au ton léger. C’est le duo improbable, cette juge d’instruction au tempérament rebelle et remplie de sarcasme et son acolyte, ce greffier qui ne comprend jamais l’humour décalé de sa patronne, mais toujours à chercher la vérité, qui rend intéressant la lecture de ce livre. Les « affaires » ne sont pas des plus recherchées et les enquêtes sont menées de manière superficielle. Le Meurtre de la rue blanche est ce genre de livre qui se lit aussi vite qu’il s’oublie si ce n’est, malgré tout, qu’on pourrait retrouver pour d’autres « aventures », et avec plaisir, le duo Toussaint/Colet, le final laissant une porte grande ouverte.28/04/2026 à 14:41 1
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Stasi Block
7/10 Karin Müller est envoyée dans la nouvelle ville construite depuis peu, Halle-Neustadt : des jumeaux, frère et sœur, viennent d’être enlevés à la maternité. Dans cette République Démocratique d’Allemagne (RDA) de 1975, on n’est pas peu fier de vanter un faible taux de criminalité, et où la notion de SDF est inexistante. Tout le monde a un emploi, un logement. La clé de réussite de ce régime socialiste réside en un point fondamentale : le mensonge savamment cadenassé par un régime d’Etat policier, et son ministère de la Sécurité d'État, la STASI, qui surveille tout et tout le monde.
Aussi, Karin Müller, la lieutenante de la police d’Etat, n’est pas surprise quand on lui ordonne de mener une enquête discrète, même si elle est étroitement surveillée, de ce rapt d’enfant. Si tout le monde espérait les retrouver sains et saufs après quelques jours, c’est l’effroi quand le frère est retrouvé mort dans une valise, lancée d’un train.
L’enquête cadenassée va s’avérer difficile pour Karin Müller, dont la vie personnelle va être bouleversée par la révélation sur ses origines et sur sa grossesse dont elle pensait qu’elle ne pourrait plus avoir lieu.
Stasi Block est le second volet de la série consacrée à l’inspectrice Karin Müller, mais qui peut être lu à part. Pour ma part, j’avais lu Stasi Child il y a 9 ans de cela, et cela ne m’a pas gêné pour la compréhension de cette enquête. Toutefois, j’avais été beaucoup plus emballé par le premier volet. Passé l’effet de surprise quant au cadre historique et géographique (peu de polar a pour cadre la RDA des années 1970), j’ai trouvé avec Stasi Block une enquête poussive, qui peine à avancer, l’aspect politique est moins présent, je trouve (mais bon, mes souvenirs datent et peuvent être moins réalistes). Au final, un bon roman.27/04/2026 à 14:40 2
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La Sacrifiée du Vercors
6/10 Je vais faire partie de celles et ceux qui ont moyennement adhéré au style de l’auteur. N’ayant lu que ce seul livre de François Médéline, je ne peux savoir si celui-ci a employé ce ton uniquement pour La Sacrifiée du Vercors ou s’il s’agit de l’écriture même de l’auteur français. Mais je ne l’ai pas apprécié.
Il multiplie, par moment sur certaines parties du livre, les phrases courtes (sujet verbe complément). Voulait-il créer un rythme soutenu à l’action ? Créer une tension ? Mais je n’ai pas eu le sentiment que cette formule était employée à bon escient. Voire même que c’était fatigant pour le lecteur. A part procurer un effet de style, cela n’apporte rien à l’histoire. Comme certains jargons, des vocables pompeux, parsemés de ci de là, qui m’a ennuyé. Je pourrai comparer tout cela à la fameuse expression relative à « la confiture et la culture ». Moins l’histoire est longue, plus on l’étale.
Car parlons du fond, de cette intrigue. Si l’histoire tient en quelques lignes, (une jeune fille est retrouvée morte, violée et rasée, dans un ravin en plein Vercors, en septembre 1944, alors que la libération par les Résistants vient de se terminer), je tiens à souligner qu’elle aurait pu être plus passionnante, plus surprenante. Si le lecteur peut deviner rapidement le coupable de cette épuration, les personnages présentés par François Médéline sont aussi caricaturaux qu’intéressants. Dommage qu’ils n’aient pas été plus développés. Comme le contexte géographique et historique. Je reste sur ma faim.
20/04/2026 à 15:15 2
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Le Facteur fatal
8/10 5ème et dernier tome de la série consacrée à l’inspecteur Cadin. Intitulé Le Facteur fatal, il tire son nom d’une des sept nouvelles ou plutôt mini-enquêtes que compose ce livre.
Si j’avais regretté dans les quatre précédents volumes le manque de profondeur dans le personnage principal, ici Didier Daeninckx apporte plus de poids dans l’inspecteur Cadin, dont on apprend avec plus de sa vie et de sa personnalité.
Les mini-enquêtes se déroulent dans des époques et à des endroits différents, mais qui ne sont pas inconnus au lecteur, car elles font références à la carrière de l’inspecteur., à Strasbourg en 1977, Hazebrouck en 1980, …
Ces mini-enquêtes sont à l’image des précédentes enquêtes de la série mais en condensé, de ce fait : elles sont intéressantes mais l’intérêt de ce dernier tome est que le découvre le destin de cet inspecteur. Un livre plus intimiste et plus sombre que les précédents volets.16/04/2026 à 14:07 2
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Les Brumes de Riverton
5/10 Qu’il est parfois désolant de découvrir une quatrième de couverture qui résume de manière outrageuse voire trompeuse l’histoire du livre.
J’espérais dans Les Brumes de Riverton une lecture d’un roman énigmatique, aux multiples secrets de vieilles familles anglaises, où l’histoire familiale croise la Grande Histoire, et surtout aux multiples rebondissements, comme dans les meilleurs livres de Robert Goddart, en qui je voyais en Kate Morton, son alter ego australien.
Même si certains faits sont bien présents dans ce livre, best-seller de l’Australienne Kate Morton, je n’ai ressenti aucune attirance pour cette histoire, qui semble très éloignée de toute forme d’intrigue ou de mystère, tant tout semble cousu de fil blanc.
On lit cette histoire par la voix de Grace Bradley qui, à raison d’un film devant retracer la vie à Riverton, retrace ses souvenirs et les événements vécus par cette femme de ménage au service de la famille Hatford.
Je peux comprendre l’engouement que ce livre a suscité chez certains lecteurs ou lectrices aimant découvrir les secrets des familles nobles anglaises de la bouche d’une misérable personne. Car on découvre les préparations des fêtes annuelles, les relations entre les familles et leur évolution au gré des années, et puis cette histoire (que certains qualifieront d’extraordinaire) de la vie de Grace…
Mais je me suis ennuyé ferme. Aucun suspens, toute l’histoire est convenue. Le style de l’écrivaine australienne qui peint certains évènements sur plusieurs pages est fastidieux et ne présente qu’à la fin du livre ce que l’on avait déjà appris dans le résumé du livre. Déception pour ma part.16/04/2026 à 12:37
