JohnSteed

144 votes

  • Le Corps noir

    Dominique Manotti

    8/10 Historienne romancière, Dominique Manotti écrit sur une page sombre et trouble de la 2nde Guerre mondiale : les gestapistes français et les policiers collabo. Ce qui fait l’attrait de ce livre c’est que l’auteure française déroule la trame de ce livre entre le débarquement en Normandie et la Libération de Paris, sous le trait de protagonistes qui ne cherchent qu’à se blanchir ou fuir.

    Roman où Dominique Manotti rend avec justesse compte de la tension de l’époque et du profit recherché de certains personnages sans moral ni complexe. Un roman puissant et intéressant, une page d’histoire merveilleusement illustrée.

    avant hier à 10:04 3

  • Interception

    Marin Ledun

    6/10 Souhaitant poursuivre ma découverte de cet auteur talentueux, je continue à me plonger dans l'œuvre de Marin Ledun, les yeux fermés, sans lire les 4èmes de couverture, ni les avis. Interception est donc devenu ma lecture de ces derniers jours.
    J’ai ainsi découvert l’univers de ces adolescents épileptiques, qui grâce à un Professeur, vont exploiter cette maladie et pouvoir découvrir des mondes parallèles peuplés de spectres qui veulent imposer leur vie.
    Décidément, la littérature fantastique, encore plus quand elle est spécialement destinée aux adolescents, n’est pas faite pour moi.
    Je vais m’attacher à me consacrer aux livres un peu plus polardeux de Marin Ledun.

    10/10/2019 à 09:28 2

  • La Mort selon Turner

    Tim Willocks

    7/10 L’intrigue tient en une seule ligne. Dans cette Afrique du Sud, encore minée par son passé d’apartheid, un flic noir souhaite résoudre la mort d’une jeune Black, une laissée pour compte, tuée par un fils blanc de famille fortunée. Une histoire déjà usée, qui n’a rien d’original, à part des scènes d’une extrême violence où l’écriture puissante de Willocks fait mouche (la survie de Turner dans le désert).
    Cependant, il m’en fallait un peu plus pour exalter ma lecture.

    06/10/2019 à 19:28 5

  • Ils ont voulu nous civiliser

    Marin Ledun

    8/10 A l’image de cette tempête qui sévit tout du long de ce roman, l’histoire se déroule à 200 à l’heure. Avec des hommes meurtris et meurtriers, comme Alezan, cet ancien soldat de la Guerre d’Algérie, reclus dans cette forêt des Landes, vivant de ses seuls souvenirs de cette Bahia, son Amour perdu à jamais. Mais des hommes toujours en quête de rédemption ou de vie.

    Un roman poignant, touchant qui vaut plus pour ses personnages que pour son intrigue noire menée tambour battant. Marin Ledun signe un livre sensible et profondément humain.

    28/09/2019 à 11:04 5

  • Le Chant de l'assassin

    R.J. Ellory

    9/10 C’est au fil de l’œuvre d’un auteur qu’on peut se rendre compte de son talent. Et RJ Ellory en a un inouï. J’avais dévoré Seul le silence. J’ai été ému par Papillon de nuit. Mais ce Chant de l’assassin prend les tripes. Aussi bouleversant qu’attachant. L’auteur américain a un don extraordinaire pour raconter ses histoires aussi sombres que belles. Ici, il s’est dépassé.

    23/09/2019 à 15:09 8

  • Les Sept Morts d'Evelyn Hardcastle

    Stuart Turton

    6/10 L’avis dithyrambique de jackbauer sur ce livre avait plus qu’aiguisé ma curiosité. Surtout que les prix ou les éloges récompensant Les sept morts d’Evelyn Hardcastle avaient de quoi me mettre l’eau à la bouche : citer Agatha Christie (excusez du peu !) sur fond de labyrinthe spatio-temporel… Oui, c’est peut-être dans ce labyrinthe où je suis resté. Certes, la construction de l’énigme est originale : des individus se trouvent mis dans des corps d’hôte, pendant 24h et doivent chercher l’assassin d’Evelyn Hardcastle. Faute de quoi, ils devront changer de corps d’hôte, revivre la journée du meurtre et continuer ainsi tant que le meurtrier n’a pas été découvert. Le gagnant se verra devenir libre.

    La lecture est cependant fastidieuse. C’est long. Le pire c’est que j’avais l’amer sentiment que l’auteur inventait les règles de son histoire au fil des pages. Une intrigue fantastique (fantasque ?) qui ne fut pas ma tasse de thé.

    22/09/2019 à 17:04 6

  • La mort de Don Juan. suivi de L'affaire Carroll

    Ellery Queen

    7/10 Avec Le char de Phaéton et La course au trésor, La mort de Don Juan constitue le 3ème tome des livres publiés par Librio, qui reprennent partiellement le recueil de nouvelles parues en 1940 sous le titre The New Adventures Of Ellery Queen.

    On retrouve ici l’atmosphère calfeutrée et l’ambiance huis-clos qui font la marque de fabrique des deux cousins qui se cachent derrière ce pseudo.
    Dans La mort de Dom Juan, Ellery Queen va résoudre le meurtre d’un acteur venu au pied levé interprété avec une troupe d’amateurs la célèbre pièce de théâtre. Poignardé avant l’acte II, M. Benedict a juste le temps de dénoncer, dans un dernier souffle, l’héroïne. Mais est-ce bien la belle et séduisante Joan qui a assassiné Don Juan ? Grâce à une originale empreinte, Ellery Queen va pouvoir éclaircir cette intrigante énigme aux saveurs d’un cluedo.

    Dans la seconde nouvelle du livre, M. Carroll, avocat dans un cabinet new-yorkais, est sommé par son associé de rendre les 20.000 $ qu’il a détourné. Mais ce dernier est assassiné et tout accuse M. Carroll. Le seul alibi est la femme d’associé avec qui il passait la nuit. Mais pour éviter le déshonneur, M. Carroll ne souhaite dévoiler son alibi qu’en cas extrême. D’ailleurs, il a fait coucher ces aveux dans une lettre enfermée dans son coffre. Or, alors que le procès commence, la lettre a disparu. Et la femme est retrouvée morte. Ellery Queen va faire preuve de toute sa perspicacité pour faire la lumière sur cette affaire.

    16/09/2019 à 16:30 3

  • Le Manuscrit inachevé

    Franck Thilliez

    8/10 Après avoir mis de côté les livres de cet auteur suite à quelques lectures insipides (La forêt des ombres, notamment), j’ai redonné ma chance à Franck Thilliez. L’attrait du titre mystérieux et accrocheur de ce Manuscrit inachevé fut finalement une bonne initiative. Oui, j’ai dévoré ce livre malgré des situations un peu excessives dans lesquelles nous plonge Franck Thilliez.

    Dévoré, oui. J’ai tourné les pages, et j’ai pris plaisir à découvrir cette histoire où se mêlent amnésie, dark web, sérial killer, corps mutilés, jeunes filles enlevées, traite des prostituées, … Bref, tous les ingrédients les plus ténébreux des polars actuels. Mais cette accumulation poussée à l’extrême fut vite dépassée par le plaisir ressenti de l’auteur à écrire ce livre et par la volonté du lecteur à trouver la clé de l’énigme qui, comme l’enchevêtrement des livres dans ce livre, apparaît comme une vraie originalité dans l’univers du polar actuel.

    Un roman noir plus qu’agréable à lire avec la découverte de la réponse qui donne paradoxalement le sourire face à une fin des plus tragiques et désespérantes…. Ou pas.

    16/09/2019 à 16:06 8

  • La Chambre blanche

    Martyn Waites

    9/10 Contrairement à ce que peut laisser penser le titre du livre, La chambre blanche est noir. Très noir. Martyn Waites confirme tout le bien que je pensais de lui après la lecture de son premier livre Né sous les coups. A l’instar de Dennis Lehane avec Boston, l’écrivain anglais raconte sa ville, Newcastle. Après la Deuxième Guerre Mondiale, Jack Smeaton, un soldat revenu hanté par les images des camps de la mort, rencontre son idéal politique à travers Daniel Smith, leader du Parti travailliste ; embauché par Ralph Bell, le plus gros entrepreneur du bâtiment de la ville, il construira le nouveau Newcastle ; Brian Mooney, après s’être enfui à Londres recherché par la police pour avoir sauvagement agressé un des fils Bell, revient sous une autre identité bien décider à prendre sa part dans cette nouvelle cité, où les tours s’élèvent aussi vite que les ambitions ; son ancienne fiancée, Monica, violée et prostituée dès son plus jeune âge, fait subir à sa fille, Mae, toutes ces horreurs de son enfance.

    Oui, c’est noir. On ne rigole pas à la lecture de La chambre blanche. Mais Martyn Waites, à l’image d’un phare dans cette mer agitée et cruelle, illumine d’espoir le lecteur. Car après la souffrance, il y a l’espoir. Pour l’avenir.
    Un auteur qui rentre dans la liste de mes préférés. Irrémédiablement.

    13/09/2019 à 10:26 5

  • Jesse le héros

    Lawrence Millman

    7/10 Ce livre m’a dérangé. Le dernier en date qui m’a fait cet effet fut My absolute darling de Gabriel Tallent.
    Jesse, cet adolescent perturbé, idolâtre son frère parti faire la guerre au Vietnam. En attendant son retour, il regarde les informations télévisées en espérant voir dans les images diffusées son frère aîné.

    Il vit seul avec son père, ayant été délaissé par sa mère. Ce dernier gère comme il peut, avec l’aide de la communauté locale, les actes délictueux de Jesse. Car s’il est obsédé par le Vietnam, il l’est également par ses parties intimes. Au point qu’il aime bien "s’amuser" avec sur qui s’approche de lui, et peu importe son consentement. Si ce ne sont pas des agressions sexuelles, c’est carrément des meurtres qu’il commet, et en toute innocence et détachement, n’ayant aucune conscience de ses actes. Alors, avec le conseil de son fils aîné, le père décide de le placer en institution. Mais quand Jesse comprend qu’il va devoir partir du domicile, il décide de s’enfuir et d’aller se réfugier là où il rêve d’aller : au Vietnam. S’ensuit une escapade des plus horribles et insupportables.

    Loin du chef d’œuvre oublié, Jesse le héro fut pour moi une lecture pesante d’une histoire noire et humainement éprouvante. Âme sensible s’abstenir.

    09/09/2019 à 15:50 5

  • L'Eté circulaire

    Marion Brunet

    7/10 Dans ce roman social noir, je ne peux que comparer Marion Brunet à une Zola du XXIème siècle. L’aspect de l’héritage social et la mise en scène des « petites gens », ces messieurs et mesdames tout le monde, correspondent aux trames des meilleurs romans de l’auteur du XIXème siècle. Si la comparaison s’arrête là, c’est que Marion Brunet est une auteure de son temps, aussi bien dans le style parlé qui rend la lecture facile et dans une histoire sociétale propre à notre société contemporaine.

    Une histoire sombre et malheureuse qui peut prendre par les sentiments les lecteurs un peu fleur bleue. Ce qui ne fut pas le cas pour moi. J’ai peiné à me laisser embarquer dans toute cette tristesse des gens ordinaires.

    04/09/2019 à 09:41 4

  • Le Pays des oubliés

    Michael Farris Smith

    9/10 Le pays des oubliés est un roman noir, très noir. Cette noirceur et ce désespoir sous la plume de Michael Farris Smith est paradoxalement beau. L’auteur américain, avec son écriture puissante et âpre, décrit une Amérique des oubliés, de ceux qui n’ont pas de chance, les exclus, ceux qui se trouvent à la marge, les laisser pour compte. Jake Boucher fait partie de ceux-là. Il a multiplié les orphelinats jusqu’à ce qu’il ait été accueilli par Maryann, une exclue elle aussi du fait de son orientation sexuelle. Il a dû se battre dans la cour de récréation. C’est logiquement qu’il s’est entiché des combats illégaux à mains nues. Il a même acquis une certaine renommée dans ce coin du Mississipi. Mais aujourd’hui à plus de 40 ans, son cerveau et sa mémoire en subissent les conséquences. Il est obligé de tout noter dans un carnet. Et ses maux de tête ne passent qu’à coup de petits cachets rouges et bleus avalés à grandes rasades de whisky.

    Entêté et orgueilleux lors de combats truqués, il doit une dette de jeu assez conséquente à Big Momma Sweet, la bootlegger locale. Alors qu’il a la somme sur lui, une sortie de route les lui fait perdre dans le fossé. Maryann vit ses derniers jours dans la maison de retraite locale. Sa maison va être vendue aux enchères. Et par reconnaissance pour celle qui malgré tout toujours a été à ses côté, il souhaite réunir cet argent.
    Il va faire la rencontre de Annette, une jeune gogo danseuse au corps tatoué. Adepte de l’Eglise de la coïncidence, lui permettant de se remettre au hasard dans ses choix de vie, elle pourrait offrir à Jake une nouvelle destinée. Mais est-ce ainsi que cela marche au Pays des oubliés ?

    26/08/2019 à 14:25 6

  • L'Homme qui a vu l'homme

    Marin Ledun

    8/10 C’est l’homme qui a vu l’homme qui a vu l’homme qui a vu l’homme… qui a vu l’ours. C’est ce qu’on dit quand on ne se sait rien et qu’on ne veut surtout pas être mêlé à quelque histoire trouble. C’est bien la formule qui s’applique au Pays basque en cette période 2009 où ETA milite et s’active à défendre son indépendance face aux Etats français et espagnols. Mais les militants disparaissent. Certains refont surface après avoir été torturés. D’autres non. C’est le cas de Joskin Sasco, qui n’a pas donné signe de vie depuis le 3 janvier soit plus de 10 jours après. Sa famille souhaite mettre sur la place publique cette disparition inquiétante. C’est dans ce contexte que le journaliste Iban Urtiz va prendre à cœur cette affaire. Malgré les menaces qu’il subit, il va plonger corps et âme dans la recherche de Joskin Sasco. Qui est derrière tout ça ? A qui profite le crime ?

    Plus qu’un roman sombre ou thriller, c’est un véritable cri de colère que Marin Ledun propose en écrivant sur cette guerre sans nom, une guerre qui ne dit pas son nom, une guerre sale où ne sont pas identifiés clairement les « méchants » et les « gentils ». A cent à l’heure, on lit les pages à la recherche, faute de vérité, d’une lumière qui éclaircisse cette période trouble et sombre. Et Marin Ledun nous y mène d’une main de maître.

    25/08/2019 à 11:41 5

  • Meurtres sur la Madison

    Keith McCafferty

    8/10 N’étant en rien amateur de pêche, encore moins à la mouche, lire les parties de pêche de Sean Stranahan racontée par ce passionné et passionnant Keith McCafferty fut un vrai régal. Pêcheur lui-même, ce véritable amoureux et poète du Montana nous décrit avec finesse et justesse les sensations qu’éprouve le pêcheur quand il voir sa mouche être ferrée par une truite arc en ciel. Mais la rivière Madison est plus qu’un cadre où se déroule cette enquête d’un meurtre d’un pêcheur. On découvre plus qu’une contrée au paysage resplendissant. On côtoie cette shérif courageuse et au caractère bien trempé, Martha Ettinger, et ce peintre détective séducteur, Sean Stranahan. Deux personnages qui se trouvent sans se chercher. Des âmes en peine que les rivières du Montana tenteront de guérir.

    Un premier épisode réussi d’une nouvelle série alliant grand espace nord-américain. Une de plus, certes, mais certainement une des plus belles.

    22/08/2019 à 14:35 6

  • Retour à Killybegs

    Sorj Chalandon

    9/10 Après le cessez-le-feu signé par le Sinn Fein en décembre 2006, le Gouvernement britannique décide de lâcher les « agents » de l’IRA qui donnaient des renseignements. C’est dans ce contexte que Tyronne Meehan, après avoir avoué publiquement avoir trahi la cause de l’Armée révolutionnaire irlandaise, se réfugie à Killysberg, partie de la lande irlandaise qui l’a vu naître. C’est ici qu’il souhaite raconter sa vie, l’histoire du combat de cette Irlande pour sa liberté. Il dit sa vérité, un autre regard, le vrai, celui de l’homme sali. Celui du déloyal, de l’infidèle. Mais aussi de l’homme fragile.

    Dans Mon traître, Sorj Salandon avait proposé la vision du trahi. Ici, il offre, avec la parole du traître, une histoire bouleversante d’un homme conquis à sa cause, à la fois fier et rempli de honte : tout simplement humain avec ses forces et ses faiblesses. Ici pas de jugement dans ce livre attachant et rempli de poésie où l’on est confronté au questionnement profond de l’âme humaine face à la trahison.

    20/08/2019 à 16:57 3

  • Un feu d'origine inconnue

    Daniel Woodrell

    6/10 4ème de couverture « Missouri, 1929. Un soir d'été, les habitants de West Table se rendent joyeux au bal du village. Mais la salle prend feu avant d'exploser, laissant de nombreux morts et beaucoup de questions. Inspiré d'un drame qui toucha la famille de Daniel Woodrell, ce roman saisissant mène l'enquête et brosse le portrait intime et terrible d'une petite communauté, ses relations viciées, ses hypocrisies et ses secrets.»

    A la lecture de ce court roman sombre, on sent que Daniel Woodrell a mis du sien pour éclairer ce mystérieux incendie qui laissa des morts, des questions et des fantômes dans toutes les familles. L’auteur dévoile les blessures laissées dans toutes les mémoires sur plusieurs générations mais aussi le secret qui entourait ce drame.

    Le seul bémol de ce livre est la multitude de personnages et les aller-retours entre les différentes périodes qui déstabilisent la lecture. Mais la belle plume de Daniel Woodrell sauve ce roman. Loin d’être le meilleur de l’auteur et le reflet du talent de l’Américain.

    18/08/2019 à 11:40 4

  • Au Nom du Bien

    Jake Hinkson

    8/10 En cette vieille de Pâques 2016, dans cette Amérique divisée entre les candidats Trump et Clinton pour les prochaines élections présidentielles, une petite bourgade dans l’Arkansas, Stock, se prépare à célébrer cette fête religieuse. Mais dans cette Amérique puritaine et bien-pensante, un événement va venir ébranler tous les préceptes moraux et religieux. Richard Weatherford, pasteur de la First Baptist Church, est réveillé dans la nuit par un appel de Gary. Il lui demande 30.000 $, le prix de son silence. Gary, un jeune qui s’est fait viré de l’Université et se cherche sexuellement, souhaite quitter Stock, avec sa nouvelle petite amie, Sarabeth Simmons, une caissière du supermarché local fraîchement licenciée. Pour arriver à refaire leur vie, ils ont monté un plan. Mais tout va foirer, bien évidemment, car le monde n’est pas un long fleuve tranquille.

    On suit page après page ce samedi noir par l’intermédiaire des principaux protagonistes ; le révérend Weatherford prêt à tout (mensonges, manipulations,..) pour préserver sa réputation ; sa femme Penny, dont la foi commence à se fissurer ; Gary, un paumé qui se cherche ; Sarabeth, sa copine aux mœurs légères et aux ambitions mal placées ; Brian Harten qui souhaite à réussir son projet de magasin de vente d’alcools qui, dans cette bourgade, est synonyme de Satan.

    On se régale à lire les déboires des personnages et savoure un final bien mené. Jake Hinkson mérite son titre d’héritier de Jim Thompson.

    16/08/2019 à 16:23 6

  • J'irai tuer pour vous

    Henri Loevenbruck

    9/10 Je me suis procuré cet ouvrage de Loevenbruck dans les meilleurs délais pour deux raisons fondamentales : une incontournable, parce que l’auteur de Nous rêvions juste de liberté et de L’apothicaire a su me faire voyager et m’émerveiller par ses histoires et par ses mots justes et touchants ; l’autre purement subjective liée aux avis unanimes et dithyrambiques pour ce livre qui relate de manière romancée l’histoire vraie de cet agent de l’ombre des services secrets français lors des attentats et des prises d’otages des années 1985/86.

    J’ai cru bien évidemment, avec J’irai tuer pour vous, à un remake de Fargo des frères Coen qui, en avant-propos de leur film, annonçait également que l’histoire était tirée d’une histoire vraie. Cela s’était avéré faux. Mais est-ce que cela sert ou dessert l’œuvre ? Là n’est pas le sujet.

    Non, je ne souhaite pas rentrer dans un débat de fond sur l’intérêt et le rôle des agents secrets dans l’histoire des Français et de la France. Je souhaite juste laisser parler mes émotions après ma lecture. Ce livre m’a profondément ému par cette histoire réaliste qui, grâce à des chapitres courts, se lit à grande vitesse malgré ses 630 pages. Nous sommes complétement absorbés par cette vie fascinante de Marc Masson au sein de la DGSE. Et les extraits de ses cahiers montrent à quel point l’homme a été exceptionnel dans sa foi et son dévouement pour la défense contre le mal. Merci M. Masson et M. Loevenbruck. J’ai découvert un héros. J’ai eu confirmation d’un écrivain talentueux.

    14/08/2019 à 21:14 9

  • Mortelle randonnée

    Marc Behm

    8/10 Mis à l’écart depuis quelque temps, l’Oeil reprend du service dans l’agence de détectives privés qui l’emploie. A la demande des parents, une riche famille de fabricants de chaussures, il doit filer le fils. Ce dernier s’est épris d’une mystérieuse fille dont le père et la mère souhaitent avoir un peu plus de renseignements.

    Cette intrigante jeune femme va tuer ce fils qu’elle a tout fraîchement épousé, et le dépouille de tout l’argent qu’il venait de retirer de son compte en banque. Au lieu de la dénoncer, l’Oeil continue de suivre cette femme. Cette dernière change d’apparence, use de fausses identités et continue de séduire des hommes qu’elle va tuer et prendre leur argent à un rythme impressionnant. L’Oeil s’avère obsédé par cette jeune fille. Il l’épie, la suit avec une évidente maîtrise. Sans nouvelles de sa fille partie avec sa femme depuis de longues années, il imagine et souhaite que cette mystérieuse femme soit sa fille. Il n’envisage aucunement qu’elle puisse être arrêtée. Au contraire, il l’aide à ne pas se faire prendre. Il invente des prétextes à son agence pour pouvoir suivre et protéger cette fille. Car son obsession est vitale pour lui. Il ne veut plus perdre cette femme qui la rattache à sa fille.

    Ayant vu le film tiré de ce roman sombre et puissant réalisé par Claude Miller, je n’ai pas été déçu par ce livre qui surpasse son adaptation cinématographique. On ressent l’obsession de l’Oeil, sa fascination et son attirance pour cette jeune femme. Marc Behm arrive à rendre palpable une atmosphère sombre et fascinante dans cette relation très ambigüe. Le seul reproche que je ferai est celui du titre en français qui dessert cette belle œuvre. The Eye of the beholder (celui qui observe) mériterait une traduction plus fidèle.

    13/08/2019 à 15:35 3

  • Trois carrés rouges sur fond noir

    Tonino Benacquista

    9/10 Poseur d’œuvres d’art contemporain dans une galerie parisienne le jour et joueur invétéré de billard la nuit, Antoine a une vie bien réglée. Mais elle bascule quand un voleur s’empare d’une toile nommée « l’essai 30 » de la dernière exposition consacrée à Etienne Morand et lui tranche le poignet droit. Invalide. Manchot. Finie l’académie de billard et son avenir du titre de champion français pour Antoine.
    Plus par besoin de comprendre que pour se venger, Antoine cherche qui a fait basculer sa vie. Aussi la toile qui a été dérobée lui rappelle vaguement une œuvre entreposée dans le dépôt de la galerie. Mais le responsable de la réserve se fait tuer. Ce qui motive encore plus Antoine à découvrir Etienne Morand et ce mystérieux mouvement artistique « les Objectivistes ».

    Trois carrés rouges sur fond noir excelle par le cynisme d’Antoine. Par moment, j’ai perçu du Jonquet dans le style, ce qui m’a énormément séduit. Mais Benacquista, avec ce qui est son 2ème livre, s’affirme en proposant une histoire savoureuse où il peint avec talent et ironie l’art moderne.

    05/08/2019 à 21:12 4