JohnSteed

776 votes

  • Le Singe d'Harlow

    Ludovic Lancien

    7/10 Si la lecture du Singe d’Harlow est rapide et facile, notamment grâce à des chapitres courts faisant la part belle aux dialogues, je me suis souvent perdu dans cette énigme complexe et dans la multitude des personnages, notamment des enquêteurs.

    Toutefois, on sent le potentiel et le talent de l’écrivain qui sera confirmé par son second roman, Les Oubliés de Dieu, que j’ai lu avant celui-ci et que j’ai beaucoup plus apprécié. D’ailleurs l’ordre de lecture ne m’a pas paru gênant dans la « compréhension » de l’enquête et l’histoire des personnages récurrents.

    Je ne retiendrai dans Le Singe d'Harlow que la théorie de ce chercheur, car cette histoire de ce justicier s’inspirant de la mythologie grecque s’avère un peu grandiloquente voire surréaliste (par exemple ce meurtre dans une station fantôme du métro dont le corps du mort sera mis dans des sacs en plastique et une partie évacuée dans les chiottes). Un livre dont il ne me restera pas grand-chose dans quelques jours.

    hier à 16:54 1

  • Galadio

    Didier Daeninckx

    9/10 Dans l’Allemagne des années 1930, Ullrich n’est pas un adolescent qui correspond aux critères du nouveau régime nazi. Il est né d’un père soldat sénégalais, Amadou Diallo, venu avec les troupes françaises, assurer le strict respect du Traité de Versailles, dans la région de Duisbourg.

    En mémoire de ce père parti, démobilisé sans savoir qu’il allait avoir un fils, sa mère a accolé à son prénom, celui de Galadio, frère d’Amadou, habitant dans le Soudan français, chez qui elle envoyait désespérément des lettres dont elle n’avait aucun retour.

    A cause de sa couleur de peau, Ullrich/Galadio va être victime et témoin de cette montée du nazisme, et, à travers ses péripéties, le lecteur découvre des faits assez méconnus de l’histoire. Acteur de films pour la propagande nazie, il va avoir l’opportunité de retrouver ses racines africaines.

    Avec Galadio, Didier Daeninckx signe un livre poignant rempli de faits historiques méconnus, pour ma part, du moins (par exemple cet Etat libre du Goulot, issue d’une erreur topographique des Alliés qui voulaient occuper la Rhénanie). Didier Daeninckx signe, encore une fois, un livre dont la lecture s’avère, pour moi, incontournable.

    17/03/2026 à 09:50 2

  • La Mort sur ses épaules

    Jordan Farmer

    8/10 Dans cette bourgade de Pennsylvanie dénommée Lynch, l’activité minière, principale source d’emploi, a cessé et laissé sur le carreau toute une population en désarroi. Et d’ici cinq ans, tous pensent que, sans nouvelles perspectives d’essor économique, soit tout le monde quittera la ville ou un grand nombre de jeunes feront l’objet d’incarcération pour tout type de crime.

    Et à ce jour, niveau criminalité, Ferris Gilbert règne en maître et, de sa boîte de strip-tease, organise trafic en tout genre. Quand son frère, Huddles, est arrêté pour possession d’armes et de drogue, et incarcéré à la Carcasse, surnom donné au centre de détention pour mineurs, Ferris n’a qu’une obsession : faire sortir son frère.
    Ferris ordonnera à Terry, afin que ce dernier règle sa dette de jeu, de liquider le shérif, auteur de l’arrestation de Huddles. Il fera pression également sur Jason Felts pour qu’il adresse à Huddles un colis très spécial.

    Jason Felts travaille à la Carcasse, au titre de conseiller psychologique. Jason est atteint de nanisme, et a une relation extra-conjugale avec Sharon, la femme de son collègue en charge de la sécurité de la Carcasse, Sir Hendricks.

    Jordan Farmer signe un roman noir assez plaisant et donne envie de connaître la suite de son œuvre, La Mort sur ses épaules n’étant à ce jour son seul roman publié en France. Ce livre s’inscrit dans la lignée des auteurs que sont David Joy ou Chris Offutt, qui décrivent le déclin d’une Amérique rurale, dans laquelle la criminalité prend de plus en plus d’ampleurs, et où la population perd espoir et voit dériver sa vie dans un avenir sombre.

    La Mort sur ses épaules est un premier roman qui est rempli de promesses d’un écrivain dont, je l’espère, on écoutera beaucoup parler dans les prochaines années.

    16/03/2026 à 12:14 2

  • À mains nues

    Paola Barbato

    6/10 Je viens de fermer le livre, la dernière page lue, que je reste sans voix et sceptique. Dès les premières pages, je savais que ce livre n’allait pas me plaire. N’étant pas du genre à abandonner, plus par respect pour le livre et son auteure, que par fierté déplacée, je continuais ma lecture. Le sujet du livre m’a tout simplement écœuré par sa propension à écrire sur la violence gratuite, la torture malsaine, et présenter ces actes dénoués de moral. Et surtout je n’ai pas su comprendre le comportement de ces hommes qui, enlevés, se soumettent si facilement à ceux qui les séquestrent et se battent à la mort, comme des gladiateurs des temps modernes. Comme des chiens, qui sont appelés ainsi dans le livre, qui lèchent la main de leurs maîtres.

    Et comment ce sujet peut-il être encore plausible dans notre société occidentale ? Car même si, et je le souhaite, ce livre est une fiction, j’ose imaginer que cela ne peut être vraisemblable. On découvre, certes, que des hommes se battent pour de l’argent, dans des combats de ce genre. Mais des hommes séquestrés ? Et que dire des snuff-movies ? Cela dépasse ma capacité à accepter ce genre de chose.

    J’ai essayé de comprendre la volonté de l’auteure à prendre ce sujet comme toile de fond de ce roman. Perte de temps pour ma part. Je n’ai pas compris. J’ai terminé la lecture, secoué, mais pas emballé.

    12/03/2026 à 17:27 7

  • Un coin de ciel brûlait

    Laurent Guillaume

    8/10 Tanya Rigal, journaliste à Mediapart, se rend à Genève. L’homme avec qui elle avait rendez-vous a été retrouvé mort, tué dans sa chambre d’hôtel avec un pic à glace planté dans une oreille. Il s’appelle Franck Metzinger, ressortissant américain. Il voulait divulguer des séries de meurtres liées à des affaires de barbouzeries très graves. Elle apprend également qu’avant sa mort, cet homme lui avait envoyé à son bureau parisien un pli recommandé. Mais les services de l’Ambassade américaine sont sur cette affaire, en la personne de l’imparable Amanda Sharp.

    Elle va suivre cette affaire dans laquelle les meurtres au pic à glace vont se multiplier. Avec, toujours comme victimes, des drôles de personnages au passé très sombres et peu glorieux.

    30 ans plus tôt, Neal Yeboah vit paisiblement sa vie de jeune adolescent dans sa ville de Koidu, en Sierra Leone, quand sa ville est attaquée par des rebelles, qui tuent, violent et pillent. En essayant de porter secours à son père, il est contraint par le chef des rebelles, pour sauver sa vie, de tuer son père. Embrigadé de force, Neal va s’avérer être un véritable guerrier hors-pair, prenant un tel plaisir à tuer qu’il va être surnommé « Bande-à-la-guerre ».

    Dans ce roman sombre, Laurent Guillaume nous dresse un tableau sinon réaliste au moins désastreux de ce pays africain dont les populations sont massacrées par les rebelles dont les gouvernements successifs et instables n’ont comme ambition, le pouvoir et les mines de diamant qui constituent la principale richesse nationale. On suit le parcours de cet enfant-soldat et comment il va construire sa vengeance. On découvre comment des hommes véreux, voire des Etats, sans pitié massacrent la vie d’innocents, violent les femmes, enrôlent des enfants pour des pierres qui, dès lors, n’ont de précieuses que leur nom.

    L’auteur que je découvre par ce livre fait preuve d’un talent, à la fois, de conteur, de scénariste, de géopoliticien, d’historien pour offrir une lecture addictive qui m’a permis de découvrir l’âme d’un pays méconnu, la Sierra Leone.

    10/03/2026 à 14:00 3

  • Des vies volées

    Susan Allott

    7/10 Je vais commencer mon commentaire par la note finale de l’auteure anglaise expliquant les raisons de l’écriture de ce livre et notamment de la localisation de son action en Australie. Susan Allott souhaitait pallier le silence de l’Angleterre sur les violences commises sur les peuples aborigènes et autochtones par les colons anglais. Aucun cours ou leçons d’histoire ne relatent ces épisodes, et ne font que dessiner de vaillants et courageux Anglais apprivoisant la nature sauvage pour construire leur avenir. Ce qu’elle a découvert également, c’est une page moins glorieuse mais effrayante dans laquelle, jusque dans les années 1970, les enfants aborigènes étaient retirés de force à leur famille, pour qu’ils se « fondent » dans la culture occidentale, ou dite « civilisée » voire « moderne ».

    Susan Allott ne fait pas de ce fait historique la trame même de ce roman noir, mais le dénonce en l’évoquant de manière épisodique. Le fond de ce polar est un cold case dans lequel Joe Green est impliqué, 30 ans plus tard. La police de Sydney découvre qu’il est la dernière personne à avoir vu vivante sa voisine de l’époque, Mandy, officiellement déclarée morte. Vivant à Londres, Isla, la fille de Joe décide d’aller à Sydney et soutenir ses parents.

    Par un jeu d’aller-retours passé/présent, on découvre les relations des différents protagonistes et la vérité sur cette affaire.

    Si le livre ne constitue pas un polar original, l’intrigue est classique mais bien menée, et le suspense est bien soutenu, tant on souhaite connaître la vérité. Un roman qui pourrait trouver son intérêt final et son originalité par le seul élément historique présent au début de cet avis.

    06/03/2026 à 13:06 2

  • Dans la gueule de l'ours

    James A. McLaughlin

    8/10 Lauréat du Grand Prix de la littérature policière 2020 et récompensé par le Edgar Award du Meilleur premier roman en 2019, Dans la gueule de l’ours suscite, au premier abord, si ce n’est un intérêt, au moins une curiosité. C’est d’ailleurs grâce à ces prix que j’ai décidé de me plonger dans sa lecture.

    Aussi, pendant seulement 3 jours, le temps de le lire en entier, j’ai été attiré par, non cette histoire somme toute banale voire classique d’homme en cavale et se cachant des truands qu’il a trahis, cette atmosphère qui se dégage de cette nature omniprésente.

    Rice Moore a été recruté par la propriétaire d’une réserve privée d’une forêt des Appalaches. Il a en charge d’assurer la protection de la faune et de la faune, et notamment et chasseurs d’ours. Depuis quelques temps, les ours sont la proie des braconniers à la recherche des vésicules de ces animaux, véritable pépite pour la population chinoise. Les ours de la réserve sont la proie de tueries abominables. En temps normal, il est chargé d’effectuer différents relevés sur la nature, au fil des saisons, pour préserver cette forêt endémique. Mais après la découverte du cadavre d’un ours dépecé, Rice Moore va donc chercher, de manière discrète, ceux qui chassent ces animaux protégés. De manière discrète, car pour préserver son passé, il ne cherche pas à se faire remarquer et être la cible, même en tant que témoin, des policiers locaux.

    On découvre ainsi au fil des pages le passé et ce qui a poussé Rice Moore à se cacher, sa passion pour la nature, cette forêt préservée dans ces collines que l’on imagine aussi majestueuses que riches de sa faune et sa flore. On découvre ce personnage aussi complexe que rempli de valeurs. Toutefois, cette intrigue se décante dans les dernières pages qui s’avèrent beaucoup plus rythmées.

    Dans la gueule de l’ours est ainsi pour moi un livre qui impose au lecteur un effort pour rentrer dedans. Un livre qui se mérite et qui ne se dévoile qu’au fil des pages, qu’à l’avancée dans cette histoire, avec des passages très immersifs (Rice Moore et son camouflage ghillie, comprenant branches, herbes, terres… ; la description des animaux et des arbres,…), et beaucoup de sensibilité, voire de poésie.

    06/03/2026 à 10:57 4

  • Le Jeu de la rumeur

    Thomas Mullen

    8/10 Dans ce Boston de 1943, où l’attaque de Pearl Harbor résonne encore, l’industrie américaine est en pleine effort pour fabriquer les armes, les navires de guerre… Mais c’est peu dire que l’implication des Etats-Unis dans cette guerre ne fait pas l’unanimité. Une belle frange de la population voit d’un mauvais œil le fait de combattre à côté de l’ennemi juré, l’URSS. Il n’y a qu’un pas à franchir pour qualifier de communistes ceux qui veulent combattre en Europe, contre ceux qui sont bons catholiques, à l’instar de l’Allemagne. L’antisémitisme bat son plein ; les violences envers la communauté juive sont quotidiennes.

    D’ailleurs, un ouvrier juif travaillant dans une usine d’armement est trouvé assassiné dans une ruelle, avec une serviette signée de la croix gammée mise dans sa poche.

    Devon Mulvey, agent du FBI, mène l’enquête sur les espions qui compromettraient l’effort de guerre.

    La journaliste Anne Lemine s’occupe de la rubrique « La Clinique des rumeurs » dans le journal local, Le Boston Star. Elle cherche à rétablir la vérité sur toutes les rumeurs entendues, sachant qu’au regard du contexte, elles portent sur les Juifs, les femmes travaillant à proximité des soldats,… tout ce qui s’avère négatif à l’ambiance générale.

    Et les parcours de Devon et d’Anne vont se percuter. Anne, à l’esprit combattante et téméraire, va bousculer les principes de Devon issu d’une famille bien établie à Boston, toujours à la recherche d’établir la vérité.

    La nouvelle saga de Thomas Mullen est, comme avec Darktown, un écrivain qui établit sa trame de polar dans un contexte historique attrayant et intéressant. Ici, l’entrée en guerre des Etats-Unis attisent les haines, les groupuscules extrémistes emploient la manière forte. Le Gouvernement établit des lois totalitaires pour « contrôler » voire enrayer les libertés publiques (celle de la presse, notamment). Une presse confrontée à un sujet très contemporain des « fake news ». Un sujet finalement contemporain : rien n’a changé, dans l’Histoire, et dans la pensée humaine confrontée aux conflits.

    Et comme toujours, c’est un plaisir et un intérêt à découvrir cette page des Etats-Unis, de la société, du quotidien de ces hommes et femmes, comme les alertes aux sous-marins, les conflits religieux et politiques. La population américaine était déchirée face à ce conflit mondial, trop loin de chez eux, alors qu’elle paiera un lourd tribut pour combattre le nazisme et faire gagner la liberté. Thomas Mullen a toujours ce souci de la précision des faits, des références historiques (comme il l’indique dans sa note en fin d’ouvrage). Une nouvelle saga dont j’attends avec impatience la suite.

    04/03/2026 à 15:18 3

  • Le Criminel

    Jim Thompson

    9/10 L’œuvre de Jim Thompson est pléthorique et comprend autant de romans que de nouvelles. Et, bien évidemment, la qualité n’est pas toujours au rendez-vous. Il y a ainsi des romans de l’Américain qui font l’unanimité (L’Assassin qui est en moi, Pottsville, 1280 habitants notamment). Il y en a qui surprennent par leur discrétion mais qui ne démériteraient pas de faire partie des meilleurs crus.

    Pour moi, Le Criminel ferait partie des livres qui gagnerait à avoir plus de reconnaissance dans l’œuvre de Jim Thompson. Dans Le Criminel, l’auteur dénonce comment les médias et les gens de pouvoir peuvent faire fi de la recherche de la vérité et de la présomption d’innocence si une affaire peut servir leur intérêt financière et politique.

    A travers différents protagonistes (les parents du jeune accusé, l’avocat, les parents de la victime, le juge et les journalistes), Jim Thompson raconte comment Bob Talbert, jeune adolescent accusé du viol et du meurtre de sa jeune voisine, va se voir écraser et manipuler par la machine médiatique, toujours avide de sensationnalisme et d’audience, synonyme de vente et de leadership. Par effet domino, ce sont tous les hommes de loi, avocats et juges ambitieux, qui vont aussi voir dans cette affaire une opportunité pour faire rebondir leur carrière.

    Le Criminel est un magnifique roman noir et glaçant de Jim Thompson dont la vision de son pays est aussi pertinente qu’effrayante.

    25/02/2026 à 15:46 4

  • Et mon tout est un homme

    Pierre Boileau, Thomas Narcejac

    8/10 « Le récit qu’on va lire est authentique ». Voici, par ces quelques mots de mise en garde, comment on découvre ce récit, ou plutôt, ce rapport que Garric adresse au Président de la République. Il souhaite écrire la vérité sur l’Affaire René Myrtil.

    Garric, chef de cabinet du Préfet de Police, est sommé de suivre une opération des plus importantes et secrètes. Immense chirurgien d’origine tchèque, Anton Marek va greffer tous les éléments et parties d’un même corps humain sur des accidentés de la route. Et le corps dont les organes vont être prélevés est celui de René Myrtil, prisonnier condamné à mort et volontaire dans cette expérience dont l’enjeu est stratégique pour la puissance de la France.
    En ce week-end de Pâques, connu pour être des plus accidentogènes, les blessés sont triés sur le volet pour pouvoir recevoir, qui du bras gauche, du bras droit, et des jambes… et même la tête de René Myrtil.

    Ainsi, le bras gauche fut greffé à un homme, Gaubrey ; le bras droit est greffé à un prêtre (avec un tatouage « Lulu ») ; la jambe gauche (très poilue !!!) à une femme, Simone Gallart ; la jambe droite à un marchand de meubles, Etienne Eramble ; la tête à un employé de banque (que René Myrtil, notable dévaliseur de banque devait connaître !) ; le cœur et les poumons à un étudiant, Roger Mousseron ; et le reste (oui, tout le reste, car il y avait des restes, bien évidemment !!!) fut greffé à Francis Jumauge.

    Marek, très satisfait de la réussite de l’opération, attend pendant plusieurs jours que les organes greffés soient acceptés par les différents receveurs. Mais voilà, par un phénomène étrange, un par un, ils se suicident ou trouvent la mort dans des circonstances étranges. Et chacun voit que René Myrtil veut reprendre possession de son corps !!

    Et mon tout est un homme est un véritable bijou d’humour noir. Boileau-Narcejac dévoile une autre de leur qualité en faisant sourire le lecteur. Un roman à part de leur œuvre dédié au suspense et aux scénarios machiavélique mais qui n’en reste pas moins vivement recommandable.

    24/02/2026 à 14:28 1

  • Sortis des bois

    Chris Offutt

    8/10 Sortis des bois : pour se faire accepter par sa belle-famille, Gerald part dans le Nebraska chercher son beau-frère, Ory, hospitalisé après s’être fait tirer dessus par une femme.

    Melungeons : Goins est adjoint au shérif. Il a l’étrange visite d’un homme, dénommé Gipson, qui tient plus que tout à se faire coffrer. Un dialogue se tiendra entre les deux hommes sur les origines des personnes du territoire et notamment sur les Melungeons, venus peuplés les collines et des hostilités entre les clans Gipson et Mullins.

    Moscow, Idaho : Tilden et un ancien taulard du nom de Baker, sont chargés de déterrer des cercueils d’un cimetière, à la place duquel sera construit une autoroute. Baker raconte comment sa vie en prison lui manque.

    Deux cent onze partout : un mec s’est fait virer de chez sa petite amie. Déambulant dans la nuit, il fait le point sur sa relation amoureuse et sa vie.
    De l’eau dans tous les sens : Routier, Zules traverse l’Oregon quand il doit s’arrêter : une digue ayant lâché, la route est inondée. Ayant fait escale Crawsfordville, il aidera les habitants à lutter contre l’inondation de la ville, avant de se faire arrêter par le shérif.

    Chouette rayée : ayant quitté le Kentucky depuis sept ans, cet homme travaille pour l’université de Greeley, Colorado. Il mène une vie paisible, seul. Tous les jours, après le travail, il va boire quelques verres au Pig’s Eye. C’est là qu’il rencontre Tarvis. Ce dernier lui demande s’il peut empailler une chouette rayée.

    Exercice de tir : Ray est revenu dans son Kentucky natal, ayant quitté les chaînes de montage de Chrysler. Dans sa maison, dans les collines, Ray voit l’éboueur qui lui propose de racheter un fusil. L’affaire conclue, il propose à son père, Franklin, avec qui il est assez distant, de tester la nouvelle arme.

    Epreuve de force : c’est la loose. Quand ils souhaitaient prendre quelques jours de repos, Lynn et lui, il se fait arrêter par la police et du coup, les voilà fauchés et coincés à Great Falls. La seule solution est pour Lynn de faire l’Epreuve de force, un combat de boxe pour femmes.

    Dans ces 8 nouvelles, Chris Offutt raconte l’histoire d’hommes emprisonnés par la vie, déracinés ou revenus dans le Kentucky, mais dont la vie n’a pas gâté. Des hommes solitaires, dont l’auteur américain dépeint avec merveille leur nostalgie et leur déboire.

    23/02/2026 à 17:11 3

  • Corvée de bois

    Didier Daeninckx

    8/10 Avec Corvée de bois, Didier Daeninckx raconte l’histoire d’un jeune étudiant à La Sorbonne qui, pour échapper à la prison, est incorporé dans l’armée et envoyé en Algérie. Corvée de bois est un prétexte pour l’auteur français de dépeindre cette société française des années 50, de dénoncer les massacres perpétués par les soldats français contre les civils et les reporters, ainsi que les tortures envers les rebelles algériens.

    Corvée de bois est aussi une rencontre de Daeninckx avec le dessinateur TIGNOUS qui a été victime de l’attentat terroriste contre Charlie Hebdo en janvier 2015.

    23/02/2026 à 14:03 3

  • La mort en écho

    Barbara Abel

    9/10 3 époques, 3 femmes, 3 drames et un même lieu, source de toute cette histoire : « Le Cheminot ».

    « Le Cheminot » est le nom par lequel cette bâtisse fut baptisée, après la mort de Madeleine, rappelant son véritable amour, et son meurtrier, Simon, le cheminot. Cette maison que Victor Simonet offre comme dot à sa fille, Madeleine, pour son mariage avec Gilbert Leleux. Un mariage forcé, comme si cela allait effacer l’amour que Madeleine avait pour Simon, dont elle porte leur enfant, Bertrand. On est en 1930, et c’est le début d’un drame en 3 actes.

    En 1960, Marie et Thomas achètent « Le Cheminot ». Ce jeune couple qui n’aspire qu’à construire une vie paisible voit son existence troublée par l’arrivée d’un étrange visiteur venu voir « Le Cheminot ».

    En 1990, c’est aussi un étrange voisin qui s’installe dans le logement au-dessus de chez Manon et Théo. Ce Nino Darmont s’immisce trop dans la vie du couple, au goût de Manon.

    Chapitre après chapitre, on découvre l’histoire de ces 3 femmes dont 2 (Madeleine et Marie) écrites de leur main. Page par page, on découvre les drames, la vérité, et chaque moment douloureux de leur vie parsemée de rancœur, de haine et de mort, mais de leur cause : l’amour.

    Barbara Abel a écrit avec La mort en écho un livre touchant par tant de souffrance et de malheur à cause de quelque chose, l’amour, qui ne devrait être cause que de joie, de rire et de bonheur. Le style et la mise en scène de cette histoire sont formidablement portés par le talent de la Belge. Même si l’histoire est convenue, La mort en écho présente une intrigue au charme indéniable.

    19/02/2026 à 17:37 5

  • Ceux qui méritent de mourir

    Carlos Salem

    8/10 Ancien inspecteur, détaché auprès de la Commission européenne à Bruxelles par sa hiérarchie, Severo Justo est appelé par le Ministre de l’Intérieur espagnol pour mettre sur pied une Brigade Criminelle internationale. Le motif ? Traquer un tueur en série qui sévit à Madrid et qui s’en prend aux criminels jamais poursuivis ou relaxés, et qui se fait appeler Personne.

    Pour les hauts responsables politiques, cette Brigade servira surtout de fusible, car cette affaire quand elle sera dans les mains des médias, fera l’effet d’une bombe. Un tueur en série en Espagne ? On n’a jamais vu ça ! Severo Justo servira de prétexte à sauver les apparences du chef du Gouvernement. Un policier qui ne sait pas mentir, prêtre défroqué, qui a perdu sa femme et sa fille, tuées par un chauffard dans Madrid, est un homme accablé, servant idéalement de pâture à la Presse.
    Pour mener à bien cette enquête, Severo Justo s’entoure de personnes hautement improbables mais compétentes : Dolores, une mamie (!) hackeuse ; Dalia, une psychothérapeute aux troubles de la personnalité ; Caronte, médecin légiste qui entend les cadavres lui parler…

    Personne tue sans règle apparente : banquier véreux, architecte corrompu, évêque pervers,… Et il envisage de rendre justice à Severo Justo en lui offrant sur un plateau le chauffard-meurtrier de sa femme et sa fille… Mais quelle justice ce policier aux principes infaillibles va-t-il choisir ?

    Carlos Salem m’a encore une fois charmé avec ce polar aussi drôle qu’attachant. Que ce soit avec cette histoire de vengeur/tueur en série, ces personnages aussi décalés que drôles, des situations loufoques… Oui, pas le temps de s’ennuyer avec Ceux qui méritent de mourir. L’auteur espagnol a eu la bonne idée de faire de Severo Justo, un personnage d’une nouvelle série. J’attends avec plaisir le prochain livre. En espérant qu’il soit aussi réussi que celui-ci.

    17/02/2026 à 12:36 3

  • Les Oubliés de Dieu

    Ludovic Lancien

    8/10 Il existe plusieurs critères qui me font aimer une lecture : outre une intrigue prenante et originale et des personnages attachants, il y en a particulièrement un que je place au-dessus des autres : celui qui m’apprend des faits, des choses ou me fait découvrir ce que je ne savais pas.

    Les Oubliés de Dieu cochent à peu près toutes les cases, et notamment le dernier. Je ne connaissais pas la tératologie, ou de manière plus commune et moins savante, l’étude des malformations des êtres vivants. Certes, j’avais bien évidemment connaissance de ces images d’hommes et femmes, des siamois par exemple. Mais j’avoue (et j’en ai bien évidemment honte), pour moi, cela s’arrêtait à un phénomène de foire, des freaks shows,… J’ai pu prendre conscience, grâce à cette lecture, que ces malformations humaines peuvent recourir plusieurs aspects et concernent près de 40 millions de personnes à travers le monde. L’Histoire nous a montré l’intérêt humain et inhumain que nos sociétés ont eu pour ces êtres humains différents. S’ils ont alimenté les légendes (La Bête du Gévaudan), décrié par la Religion catholique comme étant des « créatures du Diable », ils ont fait l’objet d’œuvre de charité (La Petite Maison de la Divine Providence à Turin), ou d’extermination par les Nazis (Gnadentod).

    Ludovic Julien se sert de ce thème de la tératologie comme sujet central dans ce polar intense et rythmé. On ne s’ennuie pas dans cette lecture tant on est poussé à enchaîner les pages et les chapitres. J’ai trouvé des similitudes avec Jean-Christophe Grangé dans ce « page-turner » : thème original, scènes de crime horribles, flics hors-pairs à la déduction implacable, rythme effréné de l’enquête… Jusqu’au dénouement trop facile où le coupable dévoile tout dans le moindre détail les fait et ses motivations, ce que je déplore plus que tout et qui m’oblige à ne pas mettre une meilleure note.

    13/02/2026 à 10:42 5

  • On the Brinks

    Sam Millar

    7/10 Si Sam Millar a écrit des épisodes de sa vie dans On th Brinks, il a surtout axé son récit sur ses « états de services ». Dans On the Brinks, l’auteur irlandais raconte rapidement son enfance dans ce Belfast déchiré et pauvre, mais surtout son emprisonnement dans les geôles de Long Kesh (au titre d’activiste de l’IRA) et son procès pour le casse de 7,4 millions de dollars au dépôt de la Brinks à New-York.

    On lit avec effroi les violences subies par les prisonniers de l’IRA dans les prisons anglaises (scènes d’humiliation, de tortures, grèves de la faim,…) et comment Sam Millar et ses amis ont su survivre des les H-blocs des pénitenciers. On découvre ensuite sa vie à New-York dans les casinos clandestins et ensuite la casse de la Brinks.

    On the Brinks est un roman autobiographique captivant par ses scènes d’horreurs d’une précision édifiante (âme sensible s’abstenir, - on pourrait faire le parallèle avec les nazis et les camps de concentration), sa vie de flambeur dans le New-York des années 90-2000, puis le procès de l’auteur.

    Mais j’ai trouvé que ces tranches de vie manquaient, non pas de réalisme (certes non !) mais de contexte, ou de consistances. Il m’aurait fallu plus de descriptions des personnages secondaires, de contexte sociétal, de repères politiques, voire d’enjeux. Au final, je trouve ce livre un peu trop nombriliste.

    10/02/2026 à 17:02 5

  • Le Bon frère

    Chris Offutt

    8/10 Virgil Caudill est un frère malheureux dans son Kentucky, où l’on reste, que l’on ne quitte jamais. Malheureux car Boyd, son frère, a été tué. Et dans la bourgade, si l’on attend bien une chose, c’est que Virgil venge son frère. D’autant que tout le monde sait qui est le coupable : Billy Rodale.

    Virgil sait qu’il doit venger la mort de son frère ainé : d’ailleurs, lui à sa place, Boyd n’aurait pas hésité longtemps. Il connaissait bien son frère, ses habitudes, ses goûts, … même si tout les opposait. Et Boyd était aimé de tout le monde. Pourtant Virgil sait que tout s’arrêtera après ça. Car quand on tue quelqu’un, il faut s’attendre à être soi-même tué. Alors il devra tout abandonner : sa vie, sa carrière dans l’entreprise d’ordures ménagères, Abigaïl celle avec qui il devrait se marier et construire sa famille, comme tout le monde l’imagine, et sa mère. Et surtout quitter son Kentucky, et devenir quelqu’un d’autre.

    Et ce quelqu’un d’autre, ce sera Joe Tiller qui débarquera dans l’Idaho, une contrée inconnue, dans une cabane isolée où l’hiver est long et rigoureux, la population renfermée et hostile. C’est là que le nouveau Joe Tiller cachera son secret et rencontrera, alors qu’il s’est fait tirer dessus, un groupe de hors-la-loi qui prône de manière fervente la liberté d’avoir des armes et le droit à s’auto-gérer.

    J’ai eu vraiment du mal à me faire au rythme de ce livre. Pendant plus de 100 pages, je n’ai pas été emballé par ce livre qui n’avançait guère. Mais, une fois rentré dans l’histoire de Virgil Caudill/Joe Tiller, j’ai apprécié sa vie, son isolement, son déracinement, ses états d’âme, … Il faut dire que Chris Offutt veut prendre le temps d’installer son histoire, faire découvrir la beauté du Kentucky, ses habitants, ses coutumes. J’ai particulièrement apprécié le passage où il décrit la déprime des habitants coincés par la neige pendant ces 3-4 mois d’hiver et comment chacun lutte à sa manière. J’ai beaucoup aimé surtout ce personnage Virgil Caudill/Joe Tiller coincé par sa morale et ses convictions face à une communauté pour laquelle la liberté de détenir les armes est une véritable religion qu’elle souhaite protéger coûte que coûte.

    Chris Offutt signe un livre mélangeant engagement politique et amour de la nature. Un roman lent, qui possède quelques longueurs et assez éloigné de sa série consacrée à Mick Hardin.

    09/02/2026 à 12:26 4

  • Le Livre des choses cachées

    Francesco Dimitri

    9/10 Commençons par ce constat final : j’ai dévoré ce livre. Pourtant, ma lecture avait mal débuté. Je découvrais une (encore une autre !) histoire de jeunes adultes qui se retrouvent, conformément à un Pacte qu’ils avaient scellé adolescents, chaque année au même restaurant. Et ce thème du serment d’adolescents, j’ai le sentiment de le retrouver de manière récurrente dans les polars traitant du passé/présent. Mais plus les pages se déroulaient, plus l’histoire prenaient de l’épaisseur et m’attirait. Car Art, un des amis, ne vient pas, ce qui surprend les autres. Aussi, ils décident de découvrir ce qu’il est advenu, d’autant que très jeune Art avait été l’objet d’une étrange disparition.

    A côté de la recherche de leur ami, on découvre leur histoire et les relations devenues avec le temps une véritable amitié.

    Francesco Dimitri a concocté une histoire sur l’amitié indéfectible, aux odeurs de soleils et de pasta en plein sud de l’Italie. Il a mis quelques touches de scènes de sexe, de mafia locale, de mysticismes, et d’ésotérisme. Au final, ce Livre des choses cachées est un page-turner avec une histoire aussi attachante que mystérieuse.

    04/02/2026 à 15:36 8

  • Dans la rue j'entends les sirènes

    Adrian McKinty

    9/10 Bien qu’ayant lu un peu dans le désordre les trois premiers livres de la série consacrée à l’inspecteur Sean Duffy, je n’ai pas vraiment été gêné dans la compréhension de l’histoire, chaque livre ayant sa propre enquête.

    Avec Dans la rue j'entends les sirènes, la deuxième histoire de la série, Sean Duffy enquête sur la découverte d’un cadavre dans une benne à ordure. Ce corps est démembré, rendant difficile son identification. Ayant été congelé, il rend également difficile de connaître la date du meurtre.

    Dans une Irlande du Nord du début des années 1980, ravagée par la guerre civile entre protestants et catholiques, où les attentats de l’IRA sèment la terreur, la Guerre des Malouines fait la Une de l’actualité. Sean Duffy va se trouver à mener une enquête compliquée sur un ancien soldat américain, et celui du propriétaire de la valise où le corps était enfermé, mort également, exécuté par un commando.

    Ce que j’apprécie dans la série Sean Duffy, c’est le ton léger de l’auteur où l’humour noir côtoie le cynisme, où les réflexions sur la société irlandaises se mélangent à celles de la vie quotidienne de Duffy, où le whisky se boit en écoutant Nick Drake, Blondie, les Ramones… Si les enquêtes sont intéressantes, elles ne sont pas que prétexte pour l’auteur a parlé du contexte politique, de la société irlandaise de l’époque. Elles font parties intégrantes du personnage et de son sens de la déduction.

    Une série à recommander, si cela est encore nécessaire de le suggérer.

    02/02/2026 à 16:09 8

  • Une incroyable histoire

    William Irish

    7/10 Si William Irish a écrit des romans noirs à l’intrigue imparable, l’auteur américain est reconnu aussi pour le nombre foisonnant de ses nouvelles. Une incroyable histoire en est une, et par le sujet et le personnage a été cataloguée comme roman pour la jeunesse par l’Education Nationale. Cela ne doit empêcher tout à chacun de la lire. D’autant qu’elle se lit très facilement et prend pour thème « L’enfant qui criait au loup ».

    Buddy est un New-Yorkais de 12 ans et qui aime beaucoup les histoires. D’ailleurs, il en raconte beaucoup à ses parents. Et à force d’en raconter, ils ne savent plus faire la part belle entre la vérité et la fiction. Aussi, quand Buddy leur dit qu’il a vu leurs voisins tuer un homme et qu’ils l’ont découpé au rasoir, ils ne le croient absolument. En plus, c’est tellement gros. Buddy arrive à aller en douce au commissariat pour leur dévoiler le crime. Cela ne passe pas non plus… Enfermé chez lui par son père, Buddy craint, à juste titre, pour sa vie.

    Une incroyable histoire est vraiment une nouvelle attachante, classique, sans scénario alambiqué et qui se lit très vite. Une belle entrée en matière pour les plus jeunes lecteurs en quête de suspense.

    30/01/2026 à 10:52 1