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Des diables et des saints
8/10 Des Diables et des saints est une plongée dans l’amour et l’amitié, comme on peut les découvrir à l’adolescence. C’est aussi une page sur l’apprentissage de la vie, d’une vie qui n’épargne pas les laissés-pour-compte que sont les orphelins, dans les années 60.
Cette histoire est racontée par cet homme, Joseph, ce vieux qui, de nos jours, arpentent les gares, les aéroports,… tous les lieux de passage où il y a un piano. Il s’installe devant l’instrument, caresse les touches et joue. Ses interprétations ne rendent pas insensibles les passants. Certains s’arrêtent, entendent la beauté qui coulent de ses doigts magiques, écoutent ses interprétations des plus grands maîtres. Et toujours ils s’interrogent : que fait un tel virtuose assis dans les halls de gare, d’aéroport à jouer du piano? Car sa place devrait être ailleurs, sur scène, auprès d’un public de connaisseur.
Mais la place de Joseph doit être dans ses endroits. 50 ans qu’il attend…
Depuis ce jour où la vie l’a foudroyé. Ce 2 mai 1969. Alors qu’il était un jeune adolescent, se faisant sermonner par son professeur de piano, son mentor, Alon Rothenberg, sautant sur son lit à écouter Sympathy for the devil des Rolling Stones, attendant avec impatience le voyage d’Apollo 11 sur la lune, Joseph va devenir orphelin. Il va être placé dans cet institut, Les Confins, dirigé d’une main de fer par l’abbé Sénac, qui fait subir tous les sévices possibles et inimaginables aux enfants, sous le bon œil de la foi chrétienne. Joseph va se lier avec quelques camarades de chambrée : Momo, Souzix, Edison, Fouine, Sinatra. Ils iront secrètement en haut de la Vigie, combattre en rêve les attaques des Russes, fomenter des plans pour s’évader … Car les Confins est une véritable prison, physique et psychologique. Alors chacun aspire à une liberté.
Parce qu’il est un virtuose du piano, Joseph aura un semblant de liberté : tous les samedis, il ira donner des leçons de piano à Rose, la fille de ce riche donateur. Rose, cette fille de bourgeois qui a en horreur Joseph, ce miséreux qui est habillé comme un pauvre. Rose, qui comme la fleur, est aussi attirante que piquante. Mais à s’approcher de trop près, on peut vite s’enivrer et redécouvrir le bonheur…
Jean-Baptiste Andrea décrit merveilleusement bien cette page de la vie de Joseph. Un livre rempli de poésie, de finesse, avec quelques expressions qui prêtent à sourire, des passages qui font réfléchir, questionnent sur le sens de la vie, de l’amitié et de l’amour. Des passages bouleversants, des pages remplies de tristesse, avec une mention particulière pour l’histoire du torero espagnol et du taureau blanc.hier à 09:41 3
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Les Invisibles
6/10 Depuis que je suis entré dans l’univers de R.J. Ellory, je suis avec intérêt chacune de ses sorties littéraires. C’était avec Seul le silence, un livre qui m’avait subjugué, à l’époque. J’apprécie chez l’auteur britannique son approche des différentes thématiques, toujours variées et originales, la psychologie des personnages, le cadre historique toujours bien documenté… Je ne suis peut-être pas un fan inconditionnel mais un lecteur intéressé. Alors Les Invisibles ?
Rachel Hoffman sort tout juste de l’école de police de Syracuse, en ce mois de février 1975, lorsqu’elle se voit enquêter sur le meurtre d’une institutrice, Caroline Lassiter, retrouvée dans son lit, en position de repos, avec une feuille dans sa main, dans laquelle il était écrit : « TOI QUI ENTRES ICI, ABANDONNE TOUT ESPOIR ». Ce meurtre va être le début d’une série où La Divine Comédie de Dante va être le fil conducteur. Alors que le meurtrier va être retrouvé mort, cinq ans plus tard une nouvelle série de meurtres se déroulent à New-York avec pour toile de fond des extraits du manuscrit de Dante. Rachel est appelée pour faire la lumière sur ce qui ne peut être le fait que d’un copycat.
Et 5 ans plus tard, d’autres meurtres avec le même mode opératoire. Et toujours Dante, les 7 péchés capitaux en toile de fond… Rachel Hoffman sait qu’elle est liée par l’auteur de ses meurtres, à une époque où la notion de serial-killer est à ses balbutiements, et où les profileurs commencent juste à se former au sein du FBI, agence gouvernementale dans laquelle Rachel va être incorporée, comme une suite logique pour résoudre cette affaire, trouver la vérité et surtout comprendre, si cela est possible, les motivations du tueur.
Je ne vais pas y aller par quatre chemins, Les Invisibles m’a profondément déçu. Si le sujet du serial killer est, je trouve, « démodé » voire « épuisé », il est d’autant plus pour moi « épuisant ». Je ne prends plus aucun plaisir à lire ce genre de polars. Pourtant, j’espérais, sous la plume de R. J. Ellory, retrouver un peu d’intérêt voire d’originalité dans ce sujet de tueurs en série. Malheureusement, je n’y ai trouvé qu’un traitement commun si ce n’est stéréotypé. Et reprendre toute l’historique des tueurs en série aux Etats-Unis ne m’a pas passionné, l’émergence des profileurs et leur formation en analyse comportementale, quelque peu ennuyé. En plus de cela, la signature du tueur en série par des messages extraits de La Divine Comédie de Dante ne m’a aucunement surpris, et m’a conforté dans ma lassitude du sujet. Ajouter à ces aspects négatifs la longueur du livre, ce n’est pas du plaisir qui a émergé à l’issue de cette lecture mais plutôt du soulagement. Pourtant, il faut le lui reconnaître, l’auteur écrit toujours bien : c’est fluide, l’enquête est sans faille, et les personnages courageux et pugnaces, attachants.06/07/2026 à 11:28 5
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La Mort du Roi Tsongor
9/10 Katabolonga savait de longue date qu’il allait un jour tuer le roi Tsongor, qui en avait été averti. Lui, le porteur du Tabouret d’Or, statut du plus grand serviteur du vieux roi, sait que ce sera ce jour. Et ce funeste jour est aussi celui où Tsongor va présenter à sa fille, Samilia, à son futur mari, Kouame, le jeune prince des terres du sel. Alors que le mariage se tiendra le lendemain, toute la ville se prépare aux festivités. Dans cette effervescence, Sango Kerim, un ami d’enfance de Samilia, exige la main de la jeune princesse qui lui avait fait la promesse de leur union.
Le roi est dans une fâcheuse posture : il ne peut pas aller contre la promesse de sa fille ; il ne peut pas, non plus, donner sa main à Kouame sans mettre en colère Sango Kerim. Les deux options ne déboucheront qu’à la guerre certaine. Indiquant aux deux prétendants qu’il se laisse la nuit pour la réflexion, Katabolonga applique sa terrible sentence.
Dans son agonie, Tsongor demande à son plus jeune fils, Souba, de lui construire 7 sépultures disséminées dans son immense royaume, qui doit refléter son image du Roi Tsongor. Son âme attendra que Souba décide quelle sépulture mérite d’accueillir son corps avant d’aller au royaume des morts.
Le Roi Tsongor est mort, laissant les prétendants se battent dans une guerre sans merci où les soldats tombent les uns après les autres, détruisant inexorablement la ville royale. Pendant ce temps, Souba découvre l’immense royaume et construit des sépultures qui reflètent la personnalité du Roi Tsongor…
La Mort du Roi Tsongor pourrait être une nouvelle histoire ou une histoire inédite des Contes des Mille et Une Nuits, tant on tombe dans le merveilleux et dans un voyage dans la quête de soi et de la paix. Mais, je l’admets, La Mort du Roi Tsongor serait une histoire tragique où le sang, l’effroi, la vengeance, la destruction transpirent à chaque page. J’ai beaucoup aimé la prose de Laurent Gaudé. Cette tragédie est merveilleusement contée (et j’emploie sciemment ce verbe). Ce récit poétique est rempli d’épisodes épiques, où les personnages tiennent une juste et simple voire symbolique place sans tomber dans l’excès ou la grandiloquence. Une lecture remarquable d’un livre qui ne l’est pas moins.30/06/2026 à 17:08
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Qu'un sang impur
7/10 Ce que j’apprécie chez Michaël Mention, c’est que les sujets de ses romans sont loin d’être fantaisistes. Dans Qu’un sang impur, l’origine de cette bactérie qui décime la population occidentale et nécessite son confinement est loin d’être chimérique. Ce que j’apprécie également chez l’auteur français, c’est son esprit « rock n’roll », où tout le monde, surtout les hommes politiques, en prend pour son grade. Un bon doigt d’honneur aux bien-pensants, qu’ils soient de gauche, de droite ou de leurs extrêmes. Et avec son écriture incisif et ramassé, on dévore ses livres à vitesse grand V. Exit les pensées philosophiques et existentialistes. Michaël Mention fait dans le brutal et les coups pleuvent à chaque page.
Qu’un sang impur se dévore. On ne s’ennuie pas une seule seconde dans ce huis-clos où les habitants d’une résidence parisienne se trouvent confinés et obligés à vivre ensemble pour se protéger contre les cannibales, rassembler leurs vivres. Une solidarité forcée s’organise. On suit les pensées, réflexions, déboires, malheurs, drame de tous les protagonistes qui se veulent refléter le microcosme de la population parisienne. Et c’est là que commence à surgir les limites de ce livre. C’est ce côté stéréotypé des acteurs : couple de vieux, couple bobo/écolo, femme célibataire avec un chat, famille d’origine musulmane sans oublier la nécessaire étudiante… Oui, on tombe dans le panel complet des représentants de notre société. Et de ce confinement, on retrouve la synthèse de ce que l’on a vécu/subi lors de la COVID-19. Avec, en supplément, quelques cannibales et du sang partout… Mais si le sujet de ce livre est le confinement, je trouve qu’il est abordé de manière trop rapide et caricatural.
Qu’un sang impur est un bon livre, qui se lit rapidement mais ne reflète pas le talent de son auteur.29/06/2026 à 12:25 3
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Un beau jour
9/10 Ce matin du 15 août 1970, Marie-Pierre, l’ainée de la famille Cotraz, s’est réveillée tôt. Tandis que Paule, Luc et Jean, ses frères et sœurs, dorment encore, elle doit recevoir les dernières consignes de ses parents pour cette journée exceptionnelle : ils doivent partir en excursion en montagne. Le père, Claude Cotrz, guide montagnard réputé, emmène sa femme, Marie, grimper les sommets. Il s’agit pour cette dernière d’une première depuis de nombreuses années, s’étant consacrée à élever ses 4 enfants.
Alors que les enfants passent leur journée au chalet familiale à jouer au ballon, à manger des pommes de terre pas assez cuites, à goûter de pain perdu, à dévorer les myrtilles sauvages, se coucher dans l’herbe… c’est un orage terriblement violent qui clôture ce qui devait être un beau jour. Mais voilà, les parents ne reviennent pas. Cette attente interminable de leur retour se poursuit en une absence incompréhensible. Malgré la mobilisation des secours, les parents ne sont pas retrouvés. Ont-ils été victime d’un accident ? Ont-ils pu se réfugier et attendent-ils les secours ? Les enfants attendent leur retour. Ils ne peuvent être que vivants, leur père étant un guide expérimenté. Ils n’auraient pas mis leur vie en danger, sachant qu’un orage arrivé.
Les jours passent qui se transforment en semaines puis en mois. Les enfants sont accueillis pour les plus jeunes par l’oncle Antoine et la tante Andrée et les plus âgés, Marie-Pierre et Luc, sont placés en pension loin de leurs frères et sœurs. Cet éclatement familial est une double peine pour eux qui attendent toujours avec conviction le retour de leurs parents. Ils s’accrochent à cet espoir que les corps n’étant pas retrouvés, ils doivent être logiquement vivants. Il y a obligatoirement une explication. Malgré la conviction des habitants du village, les enfants savent qu’ils sont quelque part et que peut-être les parents ne voulaient plus des enfants, qu’ils se sont enfuis quelque part. Mais ils sont persuadés qu’ils sont vivants.
Les années défilent. Les enfants deviennent adultes. Les souvenirs des parents, surtout pour les plus jeunes, s’estompent mais le sentiment de manque et d’absence marque à jamais leur vie. Luc ne surmonte pas cette disparition et va mettre corps et âme à rechercher ce père qu’il admirait même s’il était très sévère. Il envisage de suivre les traces de ce guide reconnu mais Jean, le bébé de l’époque, va lui prendre cette place et ses rêves… Marie-Pierre s’éloigne de la vallée et va même ôter ce Pierre de son prénom composé, histoire de se rapprocher et prouver l’amour à sa mère.
Malgré ce drame commun, les relations entre frères et sœurs vont se tendre. Ils fondent leur famille, construise leur vie professionnelle… Mais toujours, comme une épée de Damoclès, cette disparition les freine dans leur épanouissement, ne les autorise pas à être heureux, eux comme leurs enfants. Certains tomberont de haut et échoueront…
Agnès Laurent avait signé avec Rendors-toi, tout va bien un récit au suspens implacable. Un beau jour est un livre magistral voué à une vie de famille détruite mais dont les enfants tentent de survivre de l’absence de parents. Quand ce qui doit constituer le ciment de la vie n’existe plus, quand le vide devient le socle de la vie, c’est une absence qui s’avère trop difficile à combler.
Un beau jour n’est pas qu’un beau roman sombre et dramatique sur l’éclatement d’une fratrie. C’est une plongée émouvante et touchante dans la psychologie des frères et sœurs pour surmonter cette tragédie et dont l’espoir restera graver dans leur coeur. C’est un reflet de cette vie fragile qui se construit, c’est aussi un profond témoignage du courage des parents, de l’amour inconditionnel voués par leurs enfants : une ode à la vie.25/06/2026 à 11:37 1
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L'Heure blafarde
7/10 Elle aime danser, et d’ailleurs, c’est son métier. Elle, c’est Bricky Coleman et elle danse pour des clients qui paie 10 cents le ticket ce qui vaut une danse en sa compagnie. Cette nuit, elle a un drôle de client qui a déboursé 10 $ en tickets, soit 100 danses !!! Lui, c’est Quinn Williams. Et ces deux personnages vont vivre une étrange nuit. Ils vont chercher la personne responsable du meurtre de Stephen Graves.
Quinn a trouvé son cadavre dans l’appartement de Graves, alors qu’il allait, épris d’un sentiment de culpabilité, restituer l’argent qu’il y avait subtilisé. Tout l’accusant (mobile, connaissance), la seule solution qui s’offre à lui est de délivrer le vrai coupable à la police. Quinn et Bricky, qui se sont promis de partir à l’aube de cette ville qui ne leur a apporté que déconvenues, n’auront que quelques heures pour trouver la trace de ce meurtrier…
Le début de ce livre m’a complétement désorienté. William Irish passe près de 50 pages sur la rencontre des 2 personnages principaux avant de rentrer dans le sujet même du livre. Ce fut trop long à mon goût et a failli achever net ma lecture, car quasi-inintéressant. Puis la pseudo-enquête menée par le couple prend le pas et a titillé ma curiosité, même si elle fut naturellement parsemée de fausses pistes, afin de dérouler le plus longtemps le « suspense ». L’Heure blafarde est loin d’être un livre majeur de William Irish même si, en excluant les 50 premières pages, il ne mérite pas d’être mis de côté pour les amateurs des ambiances des polars des années 50.22/06/2026 à 11:01 2
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L'Orchestre d'acier
7/10 C’est le sauve-qui-peut à Paris en cette fin d’été 44. Le Standartenfürher SS Meisinger fuit la capitale avec dans son sac des diamants d’une valeur inestimable : des bijoux piqués aux richards parisiens et aux juifs déportés. Ils sont destinés à Goering. Aidé du collabo Maigoual, ils contournent les barrages des soldats américains et français et vont contourner les Vosges où se tiennent d’âpres batailles pour la libération du pays.
Mais Maigoual veut faire main basse sur les bijoux. Comme d’autres personnes qui ont connaissance de cette joaillerie volante. Car, s’il y a bien un moment propice pour le vol, c’est bien cette période de confusion qu’est la libération, entre le moment où l’agresseur fuit, et avant que les forces de l’ordre remettent de l’ordre dans le pays.
A Horcourt, la gare est en effervescence. Les Allemands viennent d’y entreposer un coffre-fort digne d’un blockhaus. Maigoual et différents acolytes trouvés en chemin planifient une stratégie pour s’emparer des bijoux qui vont y être misés.
Pierre Siniac a une prédilection pour écrire des scénarios où en pleine guerre (Libération, débâcle…) où des malfrats veulent s’emparer de butins (je pense notamment à Sous l'aile noire des rapaces). Dans L’Orchestre d’acier, ce livre distille une histoire digne des films noirs et blancs des années 40. Personnages stéréotypés, où l’action prime : ça tue, ça explose, ça tourne sa veste, ça trahit… Un livre mené tambour battant, mais qui n’intéressera que les amateurs d’intrigue se déroulant pendant la 2nde Guerre mondiale.18/06/2026 à 11:26 3
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L'Innocence et la loi
9/10 Si Harry Bosch est le personnage principal (et le premier) de ses romans policiers, Michael Connelly a su multiplier les protagonistes (voire héros) de ses livres. Mickey Haller est mon personnage « secondaire » préféré. Cet avocat de la défense, rencontré avec La Défense Lincoln, ce livre magnifiquement adapté au cinéma, est à la fois est un personnage sensible mais extrêmement rigoureux, efficace et implacable. Il se trouve toujours dans des affaires délicates et inextricables dans lesquelles il s’emploie corps et âme pour prouver l’innocence de ses clients.
Dans L’Innocence et la loi, il est confronté à une situation des plus redoutables. C’est lui qui est accusé du meurtre d’un de ses anciens clients, Sam Scales, dont le corps est retrouvé dans son coffre de voiture, des balles dans la tête. Mickey Haller sait qu’il a été victime d’un coup monté mais, alors qu’il est incarcéré dans la prison de Los Angeles, les Twin Towers, il décide de se défendre lui-même.
C’est armé de son équipe de choc, agrémenté de son demi-frère, Harry Bosch, qu’il va devoir enquêter sur cette affaire, contre-carrer la stratégie de la défense qui voit là une belle occasion de faire la peau à cet avocat borderline et intraitable avec la police, et sauver sa peau dans les cellules de prison encore plus inhospitalières pour un représentant de la justice.
Ayant toujours eu un faible pour les romans judiciaires, j’ai trouvé L'Innocence et la loi particulièrement bien rythmé, bien argumenté, bien expliqué dans les différentes procédures et stratégies judiciaires, qui sans lasser le lecteur apporte une vision plus glaciale de cette affaire.
Même si on se doute de l’issue finale de ce livre, c’est toujours un régal de voir comment Haller développe ses arguments, arrive à filouter la défense, constitue le choix des jurés, … et un twist final qui se situe en plein COVID-19.16/06/2026 à 14:52 3
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La Honte
8/10 Quatrième tome que l’auteur finlandais consacre à la ville de Pori et à son commissariat via la disparition d’une jeune collégienne de 13 ans. Linda, inspectrice, de police, va ainsi traquer ce qui va s’avérer être un tueur en série qui sévit dans différentes parties du territoire finlandais depuis plus de 10 ans, via les réseaux sociaux sous le pseudonyme de Peter Pan.
Arttu Tuominen consacre également une large part du roman à la vie de Linda, à sa courte et tragique histoire dans le mannequinat et à son addiction à l’alcool. Une histoire touchante qui m’a plus ému que cette enquête un peu trop « convenue » et manquant d’originalité. Je lirais la suite de cette série intitulée « Delta » que je trouve assez attachante, somme toute.
15/06/2026 à 10:12 2
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Le Dieu des Bois
7/10 « Un joyau rare, un thriller littéraire immersif et fascinant » dixit Paula Hawkins, peut-on lire sur la couverture du livre. Un bandeau alléchant qui pousse à ouvrir et se pencher sur cette histoire de 500 pages sur la disparition de Barbara Van Laar qui, en cet été 1975, participait à la colonie de vacances situé au camp Emerson, la propriété de sa fortunée famille.
C’est le début de cette histoire que d’autres lecteurs ont qualifié de « suspense efficace », et d’un « roman plutôt mystérieux ». Dès lors, je me suis attendu, à juste titre, à une histoire haletante, à une véritable course contre la montre dans cette recherche désespérée de cette jeune adolescente, en proie à ce milieu hostile qu’est cette forêt. Et de Dieu des Bois ? A la lecture du titre du livre, je m’imaginais voir surgir un serial-killer voire pire : un revenant assassiné à tort qui venait se venger de sa mort en enlevant des enfants, voire en se nourrissant de leur innocente âme… Oui, un « thriller » récompensé du prestigieux Grand Prix Policier des lectrices de Elle – 2025 devait m’apporter tous les ingrédients du genre.
Mais, c’est plutôt l’histoire d’une famille, les Van Laar, dont les générations ont fait fructifier leur richesse dans les affaires et qui ont fait l’acquisition de cette grande propriété dans les Adirondacks. Une famille qui a connu un drame inqualifiable en la disparition de leur jeune petit garçon, Bear, dont on n’a jamais retrouvé le corps. Un drame que toutes les générations de la famille ont souhaité traiter et vivre de manière nonchalante pour ne pas ternir leurs affaires.
Une histoire familiale racontée sous le prisme de la disparition de Barbara et alternativement sur différentes périodes.
Passé la déception de ne pas être en présence d’un thriller « immersif et fascinant » « au suspense haletant et intenable », il m’a fallu une centaine de pages pour apprivoiser cette histoire et apprécier finalement ma lecture. C’est peut-être le courage et l’intuition de Judyta Luptack, la première femme policière du Pays, et le côté « punk » de Barbara qui m’ont le plus séduit dans cette histoire. Oui, au final, ce sont surtout certains personnages qui m’ont marqué et non l’histoire en elle-même.11/06/2026 à 16:39 2
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Ma Cousine Rachel
9/10 Entrer dans l’univers littéraire de Daphné du Maurier est toujours, pour moi, un instant délicieux. L’atmosphère y est envoûtante, et l’écriture aussi précise que précieuse. L’intrigue prend le temps de se mettre en place, et le final est aussi inattendu qu’efficace. Bien que ne connaissant, à ce jour, que très peu sa bibliographie, je peux sans crainte affirmer que Ma Cousine Rachel (titre très balzacien!, même si aucun lien de parenté n’est avancé avec Le Cousin Pons) est une réussite.
Plongeons-nous dans cette atmosphère, tout d’abord. Les Cornouailles, Angleterre, vers les années 1830, dans un grand domaine fermier. Philip Ashley a été recueilli et éduqué par son cousin Ambroise, plus âgé que lui, alors qu’il n’avait que 18 mois après la mort de ses parents. Ambroise fut un homme juste, équitable, rempli d’affection pour Philip. Ce dernier a tellement pris pour exemple voire modèle Ambroise que les deux cousins, si ce n’est leur différence d’âge, se ressemblent trait pour trait, même physiquement. Alors que Philip atteint ses vingt ans, Ambroise est vivement invité par son médecin à passer les hivers aux bords de la Méditerranée et profiter du climat plus sec de la région. C’est ainsi qu’Ambroise part pour Florence et laisse la gestion du domaine à Philip.
Les deux cousins échangent par lettres et c’est de cette manière qu’Ambroise annonce la relation qu’il entretient avec la Comtesse Sangaletti, qui se fait appeler la cousine Rachel, du fait d’une lointaine parenté avec Ambroise. Les semaines passant, Ambroise se découvre une passion tardive et annonce plus tard à Philip leur mariage. Le jeune cousin en est tout chamboulé et voue une amertume non feinte à l’encontre de cette femme qui lui a pris son cousin. Il ne faut pas longtemps à Philip pour effectuer le voyage à Florence après avoir reçu une étrange lettre dans laquelle Ambroise le somme de venir à son secours, souffrant d’étranges maux, qui lui rappellent la tumeur au cerveau qui avait emporté son père. Mais surtout, il affirme que Rachel essaie de l’empoisonner. Le temps du voyage, Philip ne peut qu’apprendre la fin tragique d’Ambroise et la disparition de cette Rachel.
De retour en Angleterre, Philip est en colère et en veut à cette Rachel qui a tué son cousin. Il se jure de le venger.
Quelques semaines plus tard, Rachel débarque en Angleterre. Sermonné par son parrain et tuteur, Mr Kendall, Philip reçoit la cousine Rachel. Lui, qui détestait sans la connaître Rachel, tombe sous le charme de la cousine. Comme hypnotisé voire envoûté, il met désormais toutes les accusations d’Ambroise aux oubliettes. Pire, alors qu’Ambroise n’avait pas signé le nouveau testament en faveur de Rachel, Philip va avoir à cœur de réparer cette injustice. Oui, il éprouve pour Rachel des sentiments troublants, voire amoureux. Dans les affaires d’Ambroise, une lettre du défunt avertit Philip sur la prodigalité de cette cousine : « L’argent, Dieu me pardonne de dire cela, est l’unique chemin de son cœur ». Alors quand Philip commence à ressentir les étranges maux dont Ambroise est mort, il se rend compte qu’il s’est méprit sur sa cousine Rachel… ou pas…
Daphné du Maurier est une magicienne du suspense. Il faudra attendre les tout derniers mots du livre pour apprendre le dénouement et comprendre toute cette histoire. Ma cousine Rachel fait partie des livres les plus envoûtants de l’autrice, à l’instar de Rebecca, une autre femme envoûtante. Mais c’est une autre histoire.19/05/2026 à 09:03 2
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L'Arme à l'oeil
8/10 Dans toute guerre, l’information est une arme importante. Les espions constituent donc un moyen incontournable pour traquer les renseignements sur l’ennemi (armes, armées, localisation,…). Aussi, l’Allemagne nazie a-t-elle envoyé quelques émissaires pour les intégrer dans la population anglaise et les mobiliser dès que nécessaire.
C’est ainsi que Henry Faber a été débarqué depuis plusieurs années à Londres. Il a réussi à « devenir » un parfait Anglais et possède à son actif plusieurs identités et couvertures (que l’on pourrait aussi appeler « légende ») qui lui permettent, incognito, de vivre, travailler et transmettre les informations à l’Abwehr, le service de renseignement de l'état-major allemand. Henry Faber est d’une efficacité redoutable et son arme favorite est le stylet qu’il plante discrètement dans l’oreille, le cou ou le cœur de son adversaire. C’est pour cela qu’il est surnommé Die Nadel, l'Aiguille et que le Führer Adolf Hitler ne jure que par lui. Aussi, l’état-major allemand étant convaincu que le prochain déparquement des alliés ne peut qu’avoir lieu dans le Pas-de-Calais, et Hitler ayant l’intime conviction qu’il se tiendra en Normandie, il attend que Faber lui apporte les preuves que les armes et armées déployées dans l’est de l’Angleterre ne sont que des leurres.
Mais le MI-5, dans lequel le professeur Godliman est arrivé en 1940, est aux trousses de Faber. C’est à l’image d’une « aiguille dans une meule de foin », que Faber va être démaqué. Mais l’espion allemand a toujours une longueur d’avance sur ses poursuivants. Mais arrivera-t-il à temps à embarquer à bord du U-boot et envoyer à Hitler les preuves qu’il attend ?
C’est un très bon roman d’espionnage qu’a écrit Ken Follett, même si le lecteur doit patienter près de 80 pages avant que l’intrigue commence. Le temps pour l’auteur de présenter les principaux protagonistes et d’installer cette course poursuite. Une attente récompensée car le lecteur pris dans la lecture, est malmené dans ce périple qui nous fait traverser l’Angleterre et l’Ecosse, avec plein de sentiments mélangés, y compris les sentiments amoureux. J’avais délaissé l’auteur depuis une dizaine d’années et ma lecture de sa série intitulée Le Siècle et j’ai eu plaisir à être, une fois de plus, transporté par l’histoire.18/05/2026 à 11:54 2
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La Fenêtre des Rouet
9/10 Dominique habite le Faubourg Saint-Honoré dans un immeuble où, par nécessité financière, elle loue une chambre de son appartement. Sa vie de vieille fille est rythmée par celle des locataires, Albert Caille et sa jeune fiancée, Lina, leurs bruits du quotidien, leurs aller-venues. Elle regarde aussi à travers ses persiennes la vie dans la maison d’en face, celle des Rouet, Antoinette et son mari Hubert, récemment malade et constamment alité, et les parents Rouet à l’étage du dessus.
Depuis le décès de son père, un an plus tôt, le Général Salès, veuf très jeune et à qui elle a consacré toute sa vie, Dominique est seule. Alors regarder, épier, imaginer la vie de ses locataires et des voisins Rouet, c’est un peu comme si elle vivait par procuration. Et la mort de Hubert ne l’étonne pas : Dominique a vue que ce drame se préparait. Oui, effectivement, elle a vu sa jeune épouse, Antoinette, versait les gouttes dans la plante de la chambre au lieu de les administrer et soigner son mari souffrant.
D’ailleurs, Dominique voulait la dénoncer à la police. Mais cette lettre anonyme, elle a préféré l’envoyer directement à Antoinette. Juste pour l’avertir que quelqu’un savait. Pourquoi a-t-elle prévenu Antoinette ? Peut-être qu’en la dénonçant, sa vie allait s’arrêter en même temps qu’on arrêterait Antoinette ? Que la vie de Dominique n’aurait plus de raison de continuer, cette vie par procuration ?
Avec La fenêtre des Rouet, Simenon offre un roman psychologique à la peinture sombre de la vie d’une femme, solitaire, dont la vie se résume à celle de ses locataires et surtout celle d’Antoinette Rouet qu’elle aurait aimé avoir eu : une existence au courage prononcé et à la liberté sans condition.18/05/2026 à 10:28 2
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Rendors-toi, tout va bien
9/10 Sur l’autoroute A31, ce vendredi soir de fin juin, Christelle a un terrible accident.
Quelques heures plus tôt, en tout début de matinée, Guillaume, son mari, est arrêté par les gendarmes devant le bistrot où, comme chaque matin, il allait prendre son café avant d’aller au bureau. Cela devait arriver, il le sait. Responsable financier de l’entreprise de pêche à Sète, Il avait prévenu son patron : ce n’était plus possible de recruter au black. Il va tout expliquer… Lui, ce fils de bonne famille, ce père de deux jeunes filles et mari aimant de Christelle. Il ne va pas rester longtemps en audition. Non, ce n’est pas possible…
Pendant ce temps, Christelle sait qu’elle doit partir. Ses filles se débrouilleront. Quand elles se lèveront, elles prendront leur petit-déjeuner et feront leurs sandwichs pour leur sortie scolaire. Elle va leur laisser un mot, car leur mère doit quand-même les rassurer.
Toute cette journée va être racontée par Christelle et Guillaume, mais également tous les autres protagonistes qui vont partager cette effrayante journée où l’insoupçonnable va être dévoilé au compte-goutte au lecteur. Ce lecteur, que nous sommes toutes et tous, dévore les lignes, les pages pour essayer de comprendre ce qu’il se passe. Ce même lecteur qui va être manipulé, malmené pour mieux être transporté dans l’histoire de cette famille « classique » et confronté à ce terrible secret…
Une histoire terrible qu’Agnès Laurent a construit de main de maître(sse) en dévoilant l’histoire de ce couple et de la famille parfaite. Un drame qui secoue et qui interroge le lecteur. Une réussite.
12/05/2026 à 15:54 5
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Le Train bleu s'arrête treize fois
Pierre Boileau, Thomas Narcejac
9/10 Parfois, mais rarement, je trouve que le duo français noie son intrigue dans des longueurs, par définition, superflues. L’histoire est bien pensée, le suspense est aussi surprenant que troublant. Mais à trop vouloir atteindre leur quota de pages, Boileau-Narcejac gâchent le récit d’un succès et de reconnaissance de leur lectorat (du moins, le mien).
Dès lors, j’ai trouvé que le format des nouvelles, qui composent ce recueil, leur convient bien. Comme le sous-entend le titre, Le Train bleu s'arrête treize fois, on est en présence de 13 histoires qui ont pour cadre chacune des villes où s’arrêtait ce mythique train (Paris, Dijon, Lyon-Perrache, Marseille-Blancarde, Toulon, Saint-Raphaël, Cannes, Antibes, Nice, Beaulieu-sur-Mer, Monaco, Monte-Carlo et Menton). Le train n’est pas nécessairement présent dans ces nouvelles, et ne sert donc que prétexte aux auteurs à faire dérouler chaque histoire dans les villes susnommées.
J’ai pris un immense plaisir à lire chacune d’entre elles, dont les différents thèmes (la vengeance, le crime passionnel, l’adultère, le vol, la mafia,…) offrent un twist final inattendu et qui fait mouche. Oui, il y a toujours un sourire pervers de satisfaction à la fin de ces nouvelles. Oui, il y a toujours du plaisir à lire du Boileau-Narcejac. Surtout quand c'est réussi, comme ici.
12/05/2026 à 11:38 2
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Vagabond
7/10 Avec son écriture ciselée mais poétique qui lui est propre, Franck Bouysse nous (ra)conte la vie miséreuse et désœuvrée d’un guitariste dont le diable n’a pas voulu acheter l’âme, mais qui trime tous les soirs au fond d’un bar miteux à retranscrire les chansons des autres. Une vie remplie de fantômes, dont celui d’une femme qu’il voit au fond du bar mais qui n’existe pas, et d’une autre qui existe mais qu’il ne voit plus.
Vagabond comporte des moments sensibles et profonds et d’autres où on se noie dans les formules un peu trop recherchées voire ampoulées (ici, il faut comprendre que certaines tournures de phrases/vocabulaires ne font pas naturelles), ce que j’ai regretté. Vagabond est l’œuvre d’un écrivain qui se cherchait encore, (peut-être ?), mais dont les livres suivants sont plus profonds et attachants.
11/05/2026 à 16:29 1
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Chevauchée avec le diable
8/10 « Notre combat nous avait entraînés jusqu’à des territoires où nous avions découvert des versions de nous-mêmes encore inconnues ». Ce combat est celui mené par des soldats de l’armée non régulière sudiste, dénommée Bushwhackers, pendant la Guerre de Sécession. Ce constat est celui fait par Jake Roedel, un jeune garçon d’origine hollandaise, qui s’est enrôlé dans ces combats pour dispenser des vengeances, piller les maisons des habitants pro-unioniste ou sauver ceux qui sont acquis à leur cause séparatiste.
Daniel Woodrell nous dépeint des épisodes assez âpres, durs mais humains de ce groupuscule de soldats qui sont sans pitié, sans quartier avec l’ennemi mais qui ont gardé un semblant de camaraderie et d’humanité. C’est surtout pour Jake une entrée sans concession dans la vie d’adulte, une vie qui, jusqu’alors, ne lui avait rien épargné et qui se verra lui jouer un drôle de tour.
Si la majeure partie du livre (pas celle que j’ai le plus aimée) nous distille d’une merveille écriture le quotidien difficile, dangereux et dur de ces hommes, c’est la dernière partie du livre que j’ai le plus apprécié, celle que l’on peut qualifier de « salut ».11/05/2026 à 14:05 2
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Les Instruments de la nuit
7/10 Paul Graves est un écrivain de romans policiers à succès. A ce titre, il a été invité par Allison Davies dans sa demeure, à Riverwood, pour passer un week-end. Fascinée par l’intuition de son personnage principal et récurrent de ses 14 livres, et attirée par son imagination débordante, Mlle Davies lui demande de lui trouver une réponse au meurtre à Riverwood de sa meilleure amie, Faye, assassinée quand elle avait 16 ans, soit plus de 50 ans auparavant. Elle souhaite surtout que la mère de Faye, très âgée, ne demeure pas dans le doute avant de quitter cette vie.
Certes, une personne a été inculpée, un artisan qui travaillait sur un chantier dans le domaine. Mais il s’est suicidé avant d’être jugé. Et Mlle Davies pense fortement qu’il n’était pas le coupable.
Paul Graves décide de chercher quelques éléments de réponses. Mais l’écrivain est hanté par les souvenirs de sa propre sœur assassinée par Kessler et son complice Sykes, noms dont il a affublé les personnages de ses romans. C’était le moyen d’exorciser ce traumatise car, âgé de 12 ans à cette époque il a assisté aux tortures que sa sœur s’est vue infliger par ces 2 bourreaux avant de la tuer, bourreaux qu’il n’a pas pu dénoncer, retranché dans le mutisme causé par la menace de ces tueurs.
Paul Graves va essayer de reconstituer une histoire sur le meurtre de Faye, histoire dans laquelle vont se mêler ses personnages de romans et la propre mort de sa sœur. Les drames vont se télescoper, les personnages se mélanger, et c’est dans cette confusion, ce brouillard, que les vérités sur chaque affaire vont ressurgir.
Un roman envoûtant où le lecteur suit les confusions de Paul Graves dans sa vie personnelle et dans ce cold case, dans la fiction et la réalité. De cette impuissance juvénile, Paul Graves saura faire montre de force pour briser les chaînes de cette mémoire sélective et de cette inconscience qui brouille le passé pour mieux l’accepter et faire face à l’inacceptable.
Si cette histoire est parfois confuse, j’ai apprécié retrouver l’atmosphère sombre et mélancolique de l’univers de Thomas H. Cook. Deux cold case qui sont intéressants même si j’ai eu une « préférence » pour le drame vécu par Paul Graves.07/05/2026 à 15:50 1
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Hérésie
7/10 James Figueras est un jeune et brillant critique d’art aux Etats-Unis. Mais pour asseoir définitivement sa réputation sur ce domaine, il rêve d’écrire un article sur le plus célèbre mais tout autant mystérieux peintre français, Jacques Debierue.
Un brillant avocat et amateur d’art, Joseph Cassidy, lui fait part qu’il accueille, de manière incognito, dans sa résidence secondaire de Miami, le peintre en question. Cassidy lui propose alors de rencontrer Jacques Debierue pour en faire un article qui, sans aucun doute, hissera James Figueras au rang du plus grand critique d’art au monde. Cassidy émet toutefois une condition : Figueras doit lui apporter une peinture ou autre œuvre que Jacques Debierue a réalisé dernièrement.
Si vous êtes amateur d’art et un féru d’échanges sur l’art contemporain et le rôle du critique versus l’apport du journalisme d’art, Hérésie est fait pour vous. Car Charles Willeford a pris son temps pour tisser ce roman noir. Ce n’est qu’à la dernière partie du livre (environ le dernier quart, le livre comptant 170 pages) que le lecteur rentre dans la partie « suspense » et sombre du livre.
06/05/2026 à 13:07 2
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Les Dynamiteurs
7/10 Il y a un phénomène que je n’arrive pas à m’expliquer : Benjamin Whitmer fait toujours partie des auteurs dont je suis immanquablement toutes les sorties littéraires, mais, et c’est là le paradoxe, je n’ai jamais été emballé par aucun de ses livres. Il me manquait toujours un je-ne-sais-quoi pour parfaire mes lectures. Et Les Dynamiteurs ne dérogent pas à cet amère constat.
Tout démarrait bien, pourtant. Ces personnages, ce contexte historique et géographique, il y avait tout pour me séduire. Benjamin Withmer nous plonge dans les bas-fonds de Denver, où un groupe de gamins, dont le narrateur, Sam, est pris en charge par Cora, une orpheline d’une quinzaine d’années. Squattant une usine désaffectée, qu’ils appellent L’Usine, ils multiplient les petits vols et autres entourloupes pour survivre et se protéger de ceux qu’ils appellent Les Têtes de Nœuds, à savoir les adultes. Une nuit, ils découvrent sur le toit de L’Usine un homme défiguré par des cicatrices causées par une déflagration : Goodnight. Ce dernier va les protéger des vagabonds qui veulent prendre l’Usine.
Goodnight, qui ne parle plus, va être retrouvé par son acolyte et patron : Cole. Dans ce Denver où sévissent la pauvreté et tous les vices, Cole et Goodnight vont embarquer le jeune Sam dans un périple où vont se mêler prostituées, tripot, alcool, argent et meurtres. Sam qui ne souhaitait que protéger Cora et les enfants va être propulsé dans un monde qui n’est pas le sien. Celui de la violence et du meurtre pour sauver sa peau, sa vie tout en espérant retrouver celle qu’il aime : Cora.
Passées les 100 pages, je me suis ennuyé. L’histoire tourne en boucle. Par contre, je ne peux pas contester que Benjamin Whitmer écrive très bien. Mais encore une fois, je n’ai pas été transporté par cette histoire. Mais je vais garder foi en cet auteur américain dont je sens un immense potentiel à sortir un livre, à écrire une histoire qui me conquerra une fois pour toute.
04/05/2026 à 12:18 3
