738 votes
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Le Passager
6/10 Ayant beaucoup lu de critiques ou d’avis positifs voire dithyrambiques sur l’auteur canadien, c’est avec un plaisir non feint que j’ai ouvert ce Passager. Ce fut une lecture assez plaisante même si du début j’avais compris l’histoire. Aucune surprise ni extraordinaire suspense, donc. Ce fut surtout avec étonnement que j’ai constaté que ce livre fut publié en 2003. Car ces ingrédients ont été ressassés à longueur de livres précurseurs du genre suspense, horreur,… et je ne parle pas des films de série B. Aucune plus-value à part cette écriture fluide incluant quelques expressions pures québécoises qui m’ont fait voyager sans quitter mon canapé.
09/01/2023 à 13:36 3
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La Terre des Wilson
8/10 Après avoir vraiment apprécié la lecture de Le Retour de Jim Lamar, je me suis plongé dans ce livre. J’ai retrouvé le style d’écriture très riche et dense de l’auteur. Mais changement d’époque. Ici, l’histoire se déroule au temps de la Grande dépression en Oklahoma. Après plusieurs années, Dick Wilson revient voir son père, le ténébreux et féroce Samuel. Il le découvre en couple avec Annie Mae, l’amour de Dick, et de leur fille. Si ces années n’ont pas changé la ferme du Samuel, qu’il entretient à la sueur et son sang, Dick est un homme qui côtoie le succès et la fortune. Puissante voiture, dollars plein les poches, Dick cherche à construire sa fortune. Pourquoi être revenu sur les terres de son père ? Est-ce lié aux prospecteurs de pétrole qui pullulent en ces temps de misère ?
Roman où la vengeance constitue la trame de fond de cette histoire, La terre des Wilson, sans être aussi attachant que Le retour de Jim Lamar, est un récit sombre où le désespoir marque chaque ligne. L’auteur français parvient, de manière très réaliste, à écrire un roman que n’auraient pas renié les écrivains made in America.02/01/2023 à 14:33 6
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America[s]
Ludovic Manchette, Christian Niemiec
8/10 Parce que, du haut de ses 13 ans et demi, elle n’est plus en phase avec ses parents, Amy décide de traverser les Etats-Unis et de rejoindre sa sœur à Los Angeles. Cette dernière avait un an auparavant fuit également le domicile parental pour devenir playmate pour le célèbre magazine Playboy. Sans nouvelle de sa part, Amy veut la retrouver et construire sa vie avec elle.
On est en 1973. C’est l’époque des hippies et du flower power. Amy fera tout le périple en auto-stop et, du haut de son innocence, se fera voler, agresser,… mais surtout rencontrera toutes les célébrités de l’époque, toute catégorie confondue, et principalement du show-bizz avec the Boss en personne.
Ce livre, il faut le prendre pour ce qu’il propose. Loin du polar, on est dans le roman « plaisir ». Les auteurs se sont amusés à construire une histoire où se mêle la Grande Histoire, et nous lecteur, on sourit beaucoup de cette jeune Amy qui s’invente des noms, des vies mais, avant tout, rencontre de belles personnes. Oui, c’est un roman rempli de bienveillance, de chaleur et d’humanité. On passera outre les extravagances et le manque de crédibilité. Si vous aimez les Etats-Unis, les années 70 et Bruce Springsteen, America[s] est fait pour vous !
02/01/2023 à 11:55 10
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Trois mille chevaux vapeur
8/10 Dans Trois mille chevaux vapeur, Antonin Varenne raconte la vie d’Arthur Bowman. De cette guerre en Birmanie jusqu’à la guerre de Sécession. Oui, la vie de ce sergent de la Compagnie des Indes est remplie de guerres. Avec toutes ses blessures et ses cauchemars. Avec toutes ses batailles et ses combats. Y compris des combats plus personnels et intérieurs. Notamment celui qui pourrait laver son honneur. Et pas à coups de rasades de whisky. Il doit trouver un des anciens soldats de sa compagnie qui tue selon les seules et propres méthodes quand ils furent tous prisonniers.
Arthur Bowman se lance dans une quête improbable de ce tueur en série qui lui fera découvrir la conquête de l’Ouest pour mieux affronter ses démons.
Une épopée dans laquelle j’ai peiné à rentrer. Peut-être à cause de cette Guerre des Indes que je ne comprenais pas trop. Puis, plus le personnage de Bowman s’étoffait, plus l’histoire devenait limpide et mieux j’appréciais ce portrait d’hommes torturés dans cette histoire qu’Antonin Varenne nous distille en professeur d’Histoire. Le début d’une fresque que je vais continuer de découvrir avec envie.22/12/2022 à 15:30 9
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Lady Chevy
9/10 Amy Wirkner est une adolescente intelligente. Elève brillante, elle aspire à devenir vétérinaire. Pour cela, elle travaille dur afin d’obtenir une bourse nécessaire à son entrée prochaine à l’université. Dans sa bourgade en déclin, Barnesville, les usines ont fermé les unes après les autres. Ses parents, comme la majorité des familles, ont subi de plein fouet la crise économique. Vivant dans un bungalow, ils n’ont eu que pour choix de louer le sous-sol de leur terrain aux sociétés d’exploitation des gaz de schiste qui ravagent le territoire. Les terres sont laminées et l’eau polluée. Les habitants n’ont plus aucun espoir. Leur vie est ravagée… D’ailleurs, le petit frère d’Amy, Stonewall, souffre d’épilepsie, dû, à n’en pas douter, à la pollution ambiante.
Malgré tout Amy est une fille forte. Elle tient son courage de son grand-père, ancien membre du KKK, qu’elle renie malgré tout, comme son oncle, ancien soldat de la Guerre du Golfe, qui lui apprend à manier les armes pour se défendre et se battre. Forte moralement, d’une part : Amy est synonyme de volonté de fer et d’abnégation malgré des parents qui ont sombré dans l’alcool pour l’un et la débauche pour l’autre. Forte physiquement, aussi. Avec plus de 122 kg, Amy est surnommée Lady Chevy, ces grosses Chevrolet au cul large, et souffre de harcèlement scolaire de ce fait.
Si elle est isolée par ses camarades qu’elle déteste en retour, Amy éprouve quelques sentiments forts. Notamment pour Paul, un amour inavoué qui ne lui laisse que des rêves. Et pour sa meilleure amie, Sadie, qui sait exploiter sa forte poitrine au profit de ses petits amis d’un soir.
Si elle cultive quelque amertume pour cette vie sombre, pour cette ville sans avenir, et cette société qui fracture les sols et pollue sa vie, Amy n’a aucune violence en elle. Pourtant quand Paul lui demande de lui servir de chauffeur pour aller faire exploser une citerne dans cette mine, c’est une Amy qui va prouver que rien ne pourra ni l’arrêter, ni briser ses rêves, ni l’empêcher de construire son avenir…
John Woods signe avec Lady Chevy un premier roman beaucoup plus profond que le laisse espérer le résumé. Les personnages ne sont ni tout noirs, ni tout blancs. Ils sont des animaux développés : ils possèdent des instincts contrariés par une certaine morale. Amy est remplie de contradictions de doutes qui freinent ses certitudes. A la fois ange démoniaque et démon au grand cœur. Une anti-héroïne qui n’aspire qu’à vivre dans une société qui ne lui laisse peu de place et d’espoir.20/12/2022 à 11:21 3
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La Part du démon
7/10 Suite aux premiers votes assez élogieux, j’ai été pris de curiosité et d’envie de découvrir La part du démon. Ce premier livre de Mathieu Lecerf est somme toute de bonne facture. Assez classique dans l’histoire, ses personnages et son écriture, il assure une lecture distrayante sans pour autant déchaînée quelque passion.
Ainsi, La part du démon dévoile des personnages, surtout les enquêteurs, assez torturés mais attachants, une intrigue, que n’aurait pas reniée Grangé, qui fait la part belle au religieux et au mysticisme. Mais, pour ma part, outre la resucée des thèmes et des personnages un peu clichés, je n’ai pas été enchanté pour cette intrigue abordée de manière très stéréotypée.
08/12/2022 à 13:54 5
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Interrogatoire
8/10 Thomas H. Cook propose un polar dans lequel le lecteur s’interroge sur la culpabilité de cet homme dont on ne connaît rien : un vagabond arrêté pour le meurtre de Cathy Lake, 8 ans, trouvée dans le parc, où il se réfugie, voire se cache.
Les deux inspecteurs ont 12 heures et une nuit pour prouver sa culpabilité. Tout accuse ce vagabond, sa présence et sa proximité avec les jeunes enfants qui jouent dans le parc.
Un interrogatoire rondement bien amené par l’auteur américain qui alterne les aller-retours entre les faits et le face à face avec ce « désigné coupable ». Une lecture agréable facilitée par le style fluide de Thomas H. Cook, un mystère qui semble s’éclaircir au fil des pages et des protagonistes aux personnalités intrigantes.
06/12/2022 à 17:00 2
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On était des loups
10/10 Ce 10ème roman de Sandrine Collette m’a pris aux tripes, comme Et toujours les forêts. La comparaison ne s’arrête pas là, tant le style et l’atmosphère des 2 romans sont assez proches.
L’auteure française m’a quasi tiré les larmes de mon corps, tant On était des loups est bouleversant. Le narrateur, Liam, un taiseux, vit reclus dans les montagnes, avec sa femme qui l’a suivi par amour, et avec son tout jeune fils, Aru. Au retour d’une chasse, il découvre sa femme tuée par un ours, et Aru, blotti sous le corps de sa mère. Liam ne peut pas garder Aru avec lui. Il va le gêner pour la chasse. Et s’il n’y pas de chasse, il n’y a pas à manger. Et alors, ils mourront tous les deux dans cet univers sauvage. Alors, le choix est simple pour le père. Se débarrasser du petit. Et puis, Liam ne sait pas s’occuper d’un enfant. Il n’a pas appris. Ou plutôt, on ne lui a pas appris. Pas appris à être père. Aru doit se débrouiller seul, et puis c’est tout. Mais se débrouiller tout seul dans ces montagnes, c’est la mort assurée. D’ailleurs, ne serait-ce pas la meilleure solution pour Aru, de mourir ? Il rejoindrait sa mère, lui qui demande où elle est sa mère…
Roman d’apprentissage de la paternité, Sandrine Collette nous transporte dans les réflexions d’un homme étranger à toute émotion et emprunt d’un détachement du fruit de sa chair. Un être primitif voire primaire dont la seule pensée est de survivre et de vivre sa seule liberté. Le lecteur va côtoyer les horreurs d’un environnement hostile et des pensées les plus effroyables. On en ressort remué. Remué du début à la fin. Car Sandrine Collette sait sublimer ses histoires et les rendre belles. Et avec On était des loups, elle a su, avec son style « parler », ses tournures simples voire simplets, des mots aussi bruts que crus mais tellement poétiques, composer un conte intemporel et d’une intensité rare. Tout simplement beau !
05/12/2022 à 17:10 6
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American Rust
9/10 Isaac English, intello, et Billy Poe, grand sportif, sont, bien qu’opposés physiquement et intellectuellement, des potes inséparables, liés par les forces indéfectibles de l’amitié. Ces deux « frères » ont un point commun : leur avenir s’est arrêté alors que les portes des grandes universités pour ses compétences sportives, pour l’un, ou pour son QI très élevé pour l’autre, étaient grande ouvertes. Billy est tenaillé par un sentiment de culpabilité d’avoir échappé de peu à la prison, grâce à la bienveillance et les relations du shérif. Issac cultive un sentiment d’infériorité, sa sœur ainée étant rentrée facilement à Yale, et s’occupe de son père handicapé dans cette ville industrielle de Pennsylvanie en déclin, Buell, où le désespoir rime avec chômage.
Un soir, alors qu’ils entrent dans une usine désaffectée et sont pris à partie par des squatteurs, les deux amis tuent un SDF. Harris serait prêt, encore une fois, à passer l’éponge si le nouveau procureur ne voulait pas montrer qu’il sait assurer la sécurité de ses électeurs. Après avoir volé 4000 $ à son père, Isaac part en véritable hobo tenter de s’inscrire à l’université de Berkeley. Pendant ce temps-là, Billy est arrêté. S’ensuit toute une procédure dont les conséquences pour chacun des amis leur échapperont.
Un roman choral aussi attachant que bouleversant. L’auteur américain nous dépeint, avec ses personnages aussi complexes que tendres, une fresque familiale touchante. American rust pourrait être une sorte de Germinal américain du XXI et Philipp Meyer, du coup, le Zola américain contemporain.
01/12/2022 à 11:53 6
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La Maison où je suis mort autrefois
7/10 Ayant adoré Les Miracles du Bazar Namiya, livre par lequel j’ai découvert l’auteur japonais, c’est logiquement que je poursuis l’œuvre de Keigo Higashino avec son premier livre, La maison où je suis mort autrefois. J’ai beaucoup apprécié l’univers feutré de l’auteur ainsi que son style doux et bienveillant. Le mystère entourant cette maison et l’amnésie de Sayaka m’a vraiment intrigué. Un livre qui m’a plu et m’incite à poursuivre la découverte de l’univers de Higashino.
28/11/2022 à 13:42 5
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Un Profond Sommeil
9/10 White Forest, Mississippi, 1976. Roberta (alias Bert), Willet et leur petite sœur Pansy cherchent un coin de fraîcheur dans cet été brûlant et étouffant. Bravant l’interdit, ils partent se baigner dans l’eau fraîche d’un immense trou d’eau formé dans une ancienne carrière. Partis cueillir des baies pour midi et sous la menace d’un énorme orage, Roberta et Willet se précipitent chercher Pansy. Mais aucune trace de la petite sœur.
La police procède à des fouilles et interrogent les quelques témoins. La carrière est vidée, les suspects relâchés. Pas de trace de la petite fille. Et le temps passe, Pansy demeure introuvable. Pour Bert, la culpabilité grandit jour après jour. La jeune adolescente pense que le coupable ne peut être que ce monstre croisé dans la forêt jouxtant la carrière. Ou alors elle a dû partir avec son père absent depuis plusieurs semaines. A mois que cette carrière soit la cause de tout. Car, celle-ci est réputée pour être maléfique…
La mère sombre dans le désespoir. Mamie Clem, une faiseuse d’anges, qui concocte diverses potions pour aider les nombreuses femmes en souffrance, est là pour aider ses petits-enfants. Ces derniers souhaitent faire la lumière sur cette disparition.
Tiffany Quay Tyson développe une saga familiale via une histoire de disparition qui fait écho aux sujets de discorde actuels des Etats-Unis : droit à l’avortement, droits familiaux, violences raciales…
Un magnifique livre d’une beauté rare avec des personnages et un cadre très attachants, où les lieux hantés cachent des histoires de famille, où la nature est aussi dangereuse que les divergences raciales…
21/11/2022 à 14:24 5
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Liberté sous condition
6/10 Je partage les avis précédents. L’histoire est intéressante, les personnages bien ancrés, mais il manque le talent du maître. Pour pouvoir sortir en liberté conditionnelle, Patrick Cosgrove, qui purge une longue peine pour braquage à main armée, sollicite différentes personnes pouvant lui trouver un emploi. Doc Luther va se porter caution et lui trouver un poste au service des routes de l’Etat. Il va même jusqu’à lui offrir un toit et une voiture.
Cosgrove a l’étrange sentiment que le Doc va se servir de lui. Qu’il est un maillon d’une machination qui se met en place. Mais il ne faudrait pas le prendre pour un lapin de cinq semaines non plus.
Politiques corrompus, femmes fatales, … si les ingrédients du roman noir des 50’s sont bien réunis, aucune surprise dans le déroulement de cette histoire. Juste de quoi en faire une lecture plaisante.16/11/2022 à 10:10 3
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De soleil et de sang
7/10 Je reviens vers l’auteur natif du Berry après avoir aimé Le douzième chapitre, et adoré Les refuges. De soleil et de sang transporte le lecteur à Haïti, et nous fait côtoyer la misère des habitants, les trafics d’enfants et la corruption des hommes politiques. Et en toile de fond, Jérôme Loubry tisse une enquête policière sur des meurtres inspirés de rites vaudous. Car dans ce pays des plus pauvres, le vaudou est plus qu’une religion, c’est l’explication ou la solution des problèmes des Haïtiens. Paradoxalement, ce pays de soleil et de sang fait froid dans le dos.
Jérôme Loubry a su me captiver en expliquant, juste ce qu’il fallait, la culture locale et l’histoire politique de ce pays sans en faire un documentaire et me noyer. Cette affaire est bien construite, l’intrigue subtilement menée tout au long des 400 pages, et les personnages attachants. Il m’a toutefois manqué un je ne sais quoi pour en faire un roman à part.15/11/2022 à 10:34 3
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Sombres Desseins
7/10 C’est un peu l’histoire de l’arroseur arrosé, ce livre. C’est déjanté, à l’image de ce que peut nous offrir Ken Bruen. Mais ce n’est pas aussi caustique qu’espéré. Sur le papier, j’avais deux super auteurs. La mayonnaise n’a pas pris, je trouve. Problème d’ingrédients ? L’histoire ne manque pourtant ni de personnages truculents, ni de rebondissements,… Problème d’alchimie, alors ?
Si l’intrigue est convenue (un patron qui commandite le meurtre de sa femme pour pouvoir épouser sa secrétaire/maîtresse, mais tout foire…), on se plaît à lire avec intérêt jusqu’à ce que ça devienne lourd et un poil longuet. Comme si les auteurs voulaient rentrer en compétition et se mettre en avant… Dommage.10/11/2022 à 15:00 3
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Un Monde merveilleux
8/10 Octobre 1973. Le maréchal des logis Daniel Sabre, dont le régiment belge est basé en Allemagne, est chargé par ses chefs d’une mission officieuse : être le chauffeur d’une personne et la conduire où elle le demandera. Il devra toutefois rendre compte tous les jours à ses supérieurs des faits et gestes de cette personne, ne rentrer en contact avec personne d’autre, y compris sa femme. Pour cette mission, il reçoit argent, véhicule et une arme.
Voyant une opportunité d’une promotion, Daniel se transforme en chauffeur particulier de cette mystérieuse personne. Cette dernière est une femme, une cinquantaine d’années, se prénommant Marlène. Au départ de Bruxelles, les relations sont assez distantes. Les kilomètres avançant, les deux protagonistes se découvrent petit à petit…
Paul Colize nous raconte cette histoire vue tour à tour par ces deux principaux personnages. On voit la distance émise par Daniel peu à peu, face aux sollicitations de Marlène, s’estomper. Une complicité va naître et les questions sur ce périple réalisé par les deux personnages vont trouver réponse.
L’auteur belge offre une fois de plus un livre des plus plaisant et agréable à lire. Prétexte à faire coïncider la petite histoire à la grande histoire, Un monde merveilleux interroge le lecteur sur la notion de vengeance, la prescription des meurtres, le pardon et la vie…
10/11/2022 à 14:10 5
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Le retour de Jim Lamar
8/10 13 ans après sa démobilisation, de la Guerre au Vietnam, Jim Lamar revient chez lui, ou plutôt ce qu’il en reste. Ses parents sont tour à tour décédés de désespoir en attendant le retour de leur fils unique ; la ferme a été pillée par les habitants, délestée des animaux et des meubles.
Malgré tout, Jim est rentré à Stanford, incognito, dans ce coin de Mississipi avec toutes les craintes des habitants qui savent, qu’indubitablement, le soldat ne sera que l’ombre de lui-même. Mais Bill, du haut de ses 13 ans, de l’innocence de la jeunesse et rempli de l’amour partagé avec les paysages de Stanford, le fleuve, sa faune, sa flore dépasse ses craintes. C’est dans la forêt que les deux se rencontrent et à partir de cet instant s’instaure autant de fascination pour l’un que de l’amitié pour l’autre. Bill découvrira une histoire bouleversante d’un homme qui a découvert la beauté du monde.
Un livre aussi court que beau, aussi fascinant que poétique.08/11/2022 à 13:26 3
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Qui ?
7/10 Amateur d’émissions télévisuelles portant sur les faits divers, j’ai particulièrement apprécié le thème choisi par Jacques Expert : les quatre suspects du viol et du meurtre de la petite Laetitia Doussaint regardent une émission, « Affaires non résolues » qui relate les 20 ans d’enquête réalisée sur l’affaire. Avec pour point d’orgue, que le coupable sera dévoilé à l’issue de l’émission.
Et tout au long de la durée du reportage, le lecteur découvre les 4 suspects, et leur vie, leur métier, leur famille, leur relation avec la petite,… tout pour essayer, nous lecteur de découvrir par nous-même le coupable, épiant les propos, auscultant les comportements, recoupant les faits et gestes des 4 protagonistes. Sorte de Cluedo, avec pour indice, Jacques Expert qui nous apporte avec les chapitres intitulés « Lui » et « Elle », le véritable coupable. L’approche psychologique, les détails truculents, le déroulement de l’enquête et ses rebondissements et ses échecs… tout est réaliste et bien transcrits. Si ce n’est d’avoir la conviction qu’au final, le coupable a été pioché au hasard, tant tous les 4 suspects se ressemblaient étrangement et rien ne pouvait laisser envisager que le coupable était bien celui désigné.
07/11/2022 à 17:24 2
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Demain
7/10 Deuxième expérience pour ma part avec Guillaume Musso, un des auteurs français le plus bankable des éditions littéraires. Si je lis peu l’œuvre du Français, c’est que je suis peu attiré par une littérature « facile » dont les histoires ressemblent à des contes de fée noirs modernes. Et je passe les titres assez racoleurs ( Que serais-je sans toi ? Sauve-moi, Parce que je t’aime, 7 ans après, Je reviens te chercher, etc…). Vous pouvez même essayer de constituer une petite histoire rien qu’avec les titres de ses romans…
Mais bon, un peu comme pour Harlan Coben, quand je tombe sur un livre de l’auteur, je me dis que ça ne mange pas de pain de retenter, histoire de voir. Au pire, je vais confirmer mon avis, au mieux j’aurais passé un bon moment de détente.
Et avec Demain, j’avoue que j’ai été agréablement surpris par cette histoire spatio-temporelle romantique. Bon, je vais passer outre l’aspect de tunnel du temps, auquel je n’ai pas été convaincu (faut dire que l’auteur n’a pas du tout essayé de le vendre mais de me l’imposer, pas le choix) pour ne garder que cette petite histoire romantique des plus ludiques. Je suis peut-être redevenu un peu « fleur bleue ». Guillaume Musso m’aura peut-être fait redevenir sentimental et romantique. Je ne suis pas devenu complètement perdu, alors ? Ce livre m’aura permis de me sauver…
On y retourne ? Sauve-moi Parce que je t’aime Et après ? Seras-tu là ? ……..Je reviens te chercher Que serais-je sans toi ?04/11/2022 à 11:43 2
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Substitutions
9/10 Quelle découverte ! Quelle histoire !! Quel livre ! Quelle claque ! …
Mais avant de parler de Substitutions, venons-en à l’origine de ma lecture. Ayant beaucoup apprécié Né sous les coups et La Chambre blanche de Martyn Waites, j’ai cherché à connaître l’actualité de l’écrivain originaire de Newcastle. Espérant que l’auteur anglais m’offre rapidement un nouveau polar à me mettre entre les mains, je découvre dans sa biographie que le sieur et sa dame ont écrit ensemble sous le pseudonyme de Tania Carver, dont ce Substitutions.
Et le couple n’épargne pas le lecteur. Substitutions offre l’histoire d’un tueur en série qui s’en prend aux femmes enceintes, ou plus précisément mutilent les femmes pour extraire et voler l’enfant à naître. Les descriptions sont précises et morbides, voire écœurantes par moment. L’enquête est assurée par Phil Brennan, inspecteur. La police décide à faire appel à une profileuse, Marine Esposito, déjà intervenue dans une précédente affaire, dans laquelle elle a eu une relation avec Brennan, et a été gravement agressée, mettant fin à sa relation avec le policier. Les retrouvailles s’avèrent délicates, remplies de respect et de regrets. Les auteurs distillent cette enquête de personnages assez attachants.
Ce polar est sombre, noir mais plaisant. Je pensais tomber sur un « polar classique (meurtre+enquête de police = arrêt du coupable). Mais j’ai eu l’agréable surprise d’être tombé sur un livre charmant, déroutant et surprenant. Je me suis immergé dans ce livre, et au fil des pages, mon interêt pour ce livre a été grandissant.
J’ai fermé le livre en faisant deux choses :
- je me suis promis de continuer de découvrir la suite de l’œuvre de ce duo, alias Tania Carver. Substitutions étant a priori le premier d’une série mettant en scène Phil Brennan et Marine Esposito.
-j’ai écouté inlassablement, comme le fait l’inspecteur Brennan le magique et sublime morceau d’Elbow, One day like this.03/11/2022 à 17:37 4
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Les Intrépides
7/10 Locataire d’un immeuble, Raoul, chauffeur de taxi parisien, apprend sa mise en vente. Cet évènement met en émoi tous les locataires, qui, jusqu’à là, ne se connaissaient pas. C’est le branle-bas de combat : la vieille Suzanne, Mélody, l’étudiante aux Beaux-arts, Bastien, l’ambitieux commercial qui va devenir chef de magasin… Ils veulent s’unir et faire front pour éviter la vente de ce bâtiment pour lequel ils sont attachés pour différentes raisons personnelles… Un plan de bataille doit être élaboré. Et trouver des alliés...
Hervé Commère nous conte les vies de ces gens somme toute banals. Et dans une histoire assez ordinaire, que l’on lit malgré tout avec plaisir. Le sourire se dessine régulièrement sur nos lèvres, car Les intrépides offre une lecture remplie de situations comiques. On est loin de l’univers sombre des précédents livres de l’auteur. Un intermède (ou pas) qui remplit ses objectifs : offrir un moment agréable de détente. Je me suis contenté de ça.27/10/2022 à 17:04 4
