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Demain c'est loin
8/10 Première entrée en matière dans l’œuvre de Jacky Schwartzmann dont j’ai beaucoup lu d’avis très positifs et dont le style pouvait me séduire : scénario décalé, situations cocasses, humour noir,… Et avec Demain c’est loin, je n’ai pas été déçu, tous ces éléments étant bien présents. Oui, c’est drôle, cocasse. A chaque ligne, on sourit à cause d’une remarque ou d’une réflexion de ce François Feldman qui cultive l’autodérision et le second voire le troisième degré. Peu importe que les situations dans lesquelles se trouvent les protagonistes semblent improbables, non ce qui compte avant tout c’est de passer un moment de franche rigolade. C’est peu dire que je vais continuer à découvrir le reste des livres du Français.
15/05/2023 à 08:59 8
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Dehors les chiens
8/10 Michaël Mention est un auteur talentueux. Il renouvèle constamment la trame de ses romans, les genres, les époques, les lieux,… mais toujours avec une maitrise, une passion qui transpirent dans son œuvre. Le lecteur, happé par l’urgence de l’écriture coup de poing, ne peut pas lire ses livres : il les dévore.
Ce fut le cas pour moi avec Dehors les chiens. 1866, Californie, Crimson Dyke est un agent fédéral des Services secrets en charge de capturer les faux monnayeurs. Il a toute une liste de bandits sans scrupules qui réalisent des faux billets. Mission périlleuse dans ce coin des Etats (pas tout à fait très) Unis. Si les Indiens font encore régner la terreur, ce sont surtout les hommes blancs avides de pouvoir (hommes politiques, sheriff, juge,…) dont il faut se méfier le plus. Mais Crimson Dyke est surtout intrigué et attiré par cette maîtresse d’école qui assurent les remplacements dans tous les comtés avoisinants. Et quand des crimes horribles sont perpétués, il garde un œil sur la belle et charmante institutrice, pour veiller à ce que rien ne lui arrive. Et veiller à capturer le meurtrier. Surtout qu’ici, les hommes non blancs passent facilement pour les coupables.
Les descriptions subtiles subliment le cadre du Far-West, les dialogues crus et percutants accentuent les personnages. L’intrigue est concise et alléchante. Il y a du sang, des indiens, de la violence crue et de la passion à la sauce cowboy (faut pas vous attendre à des scènes ultra passionnées, c’est pas Arlequin Michaël Mention non plus !!). Encore une fois, l’auteur français a fait mouche. Ce livre est une réussite et pourra séduire même les détracteurs des westerns.
12/05/2023 à 09:53 8
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Le Grand Soir
8/10 Après avoir beaucoup aimé son précédent livre, La République des faibles, c’est avec un immense intérêt que je me suis plongé dans la lecture de Le grand soir. Gwenaël Bulteau continue dans le registre du roman noir historico-social ou socio-historique. Après le Lyon fin XIXème, Le grand soir s’ouvre sur le Paris de 1905. Après la lutte des classes, on découvre la lutte des sexes avec le combat des femmes pour une reconnaissance de leurs droits. Mais également avec le développement des mouvements extrêmes voire anarchistes qui rêvent de renverser l’ordre social établi par la bourgeoisie.
C’est dans ce contexte que Lucie Desroselles parcourt les réunions clandestines des féministes. La jeune fille souhaite retrouver sa cousine, Jeanne, disparue du jour au lendemain, sans que la police porte un grand intérêt à son absence. Parallèlement, Mme Sorgue harangue les ouvriers à lutter farouchement contre les injustices dont ils sont sujets. Figure forte depuis la disparition de la défunte communarde Louise Michel, cette meneuse syndicaliste n’a foi que dans le prochain 1er Mai qui doit sonner le glas au grand capitalisme.
Le grand soir n’a pas à rougir de son prédécesseur, tant l’aspect historique et la trame sombre de cette période sont bien retranscrits. Les personnages, réels et fictifs, sont bien campés dans cette intrigue. Il manquerait peut-être un crime sordide, réel ou non, comme point de départ pour faire de ce livre une vraie réussite. Je suis peut-être exigent, mais on peut sentir à travers ses livres que l’auteur possède un vrai potentiel dans cette trame historico-sociale qu’il maitrise allègrement bien.10/05/2023 à 13:34 9
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L'Enigme de la Stuga
8/10 Lykke Andersen vient d’être incarcérée pour homicide. Elle ne souhaite se confier qu’à Manfred Olsson, l’inspecteur de police qui a mené l’enquête sur l’homicide de la jeune Bonnie, 8 ans auparavant. Cette amie de ses fils jumeaux avait été retrouvée morte, asphyxiée volontairement dans la stuga familiale. Manfred avait été à l’origine de la mise en détention d’Adam et de Harry, les jumeaux. Il les avait interrogés, poussés à avouer car, étant les seuls occupants de cette cabane aménagée, ce ne pouvait qu’être un des deux qui avait tué Bonnie, ce soir de la fête des écrevisses, où la famille Andersen avait organisé une soirée entre amis.
Cette nuit où tout bascula pour Lykke, épouse d’un célèbre romancier, éditrice en son état, menant jusqu’alors une vie parfaite et confortable. Car désormais elle est obsédée par cette seule question : lequel de ses fils est un meurtrier ?
Camilla Grebe continue à mener ses lecteurs par le bout du nez, avec ce roman où toute la tension transpire à chaque page. Et cette question sous-jacente qui constituait la trame de son précédent livre : connait-on vraiment ceux qu’on aime ?
L’énigme de la stuga remet admirablement au goût du jour l’énigme de la chambre close. J’ai été captivé par cette histoire racontée par les deux principaux protagonistes : la mère, Lykke, inculpée d’homicide et l’inspecteur, Manfred, qui voit toutes ces certitudes et sa vie même mis à mal. Une complicité qui va les réunir jusqu’au dénouement inattendu.09/05/2023 à 13:20 3
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Lux
6/10 Dans son troisième livre, Maud Mayeras nous offre une histoire déroutante, déboussolante, intrigante. Il faut s’accrocher pour comprendre où l’auteure veut nous emmener. Et percer ce mystère qui s’épaissit à chaque chapitre. Il existe des passages plus faciles de compréhension même si on se doute que toutes ces histoires, tous ces personnages vont s’imbriquer à un moment ou un autre.
Mais, malgré tout, je trouve ce troisième bouquin en deçà de ses autres livres édités à ce jour. Ce fut peut-être le tort d’avoir lu ses autres romans sans avoir respecté l’ordre chronologique. Car Lux ne peut pas, pour ma part, rivaliser avec Hématome, Réflex ou Les monstres. Loin d’être un mauvais livre, la chute finale est loin d’être au niveau de l’intrigue dégagée tout au long des chapitres et des multiples aller-retours passé présent. Et puis, tout simplement, je crois que je n’ai pas adhéré à ce final, pour lequel je ne peux m’étendre sans dévoiler et gâcher la lecture des prochains bouquineurs.
28/04/2023 à 11:48 5
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Noir comme le jour
8/10 Avec Dégradation (Prix Découverte Polars Pourpres 2018), Benjamin Myers avait proposé un roman sombre où primaient l’ambiance plutôt que l’action, la nature plutôt que l’enquête. Comme une peinture où les couleurs, et surtout les déclinaisons du noir, racontent tout, à l’image des œuvres de Pierre Soulages.
Noir comme le jour, suite de Dégradation (même si on peut le lire à part), dresse moins le portrait d’une nature oppressante qu’une tradition de misère, d’isolement physique et psychologique. Une sorte de folklore traditionnel qui raconte le poids de l’histoire dans une lande isolée et éloignée de tout.
Au fin fond de la vallée des Pennines en Angleterre, une femme, ex-star locale du porno, est trouvée dans une ruelle, lacérée d’un coup de couteau au cou. Ayant frôlé la mort, elle ne peut aider la police locale sur l’identité de son mystérieux agresseur. Roddy Mace, journaliste au Valley Echo, petit périodique local, voit dans cette affaire, un papier qui pourra relancer sa carrière. Mais le Sun, tabloïd qui obtient contre des droits exorbitants l’exclusivité, va faire le buzz sur cette histoire. Et les agressions continuent.
Tony Garner, un pauvre gosse du village, diminué intellectuellement, ayant eu la mauvaise idée de se trouver au mauvais endroit au mauvais moment, s’interroge sur sa culpabilité. Pour certains, les raccourcis sont tellement plus simples et faciles qu’il en devient le coupable idéal…
Plus je découvre l’œuvre de Benjamin Myers, plus je suis fasciné par son style, l’approche sociale de son intrigue, ses personnages hors du commun. Les livres de l’Anglais ne sont pas fait pour plaire au plus grand nombre mais ils méritent d’être lus. En fermant Noir comme le jour, je me suis fait l’amère réflexion que, faute d’être très prolixe, je vais devoir malheureusement attendre que l’auteur se mette à écrire la suite de son œuvre noire pour que je puisse lire d’autres de ses polars. Dommage.26/04/2023 à 10:35 5
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Attends-moi au ciel
8/10 Piedad de la Viuda, à la veille de ses 50 ans, vient de perdre son mari, riche homme d’affaire madrilène. Mais si les circonstances sont encore douteuses, ce qui l’est moins, c’est qu’il allait partir vivre au Brésil avec une très jeune ukrainienne.
Piedad, aussi férue de religion que de vielles citations apprises de son père, doit toutefois assurer la direction de l’entreprise dont elle ne connaît rien de son activité. D’autant que de mystérieux personnages mafieux souhaitent faire main basse sur la société. Alors quand une petite voix aussi rebelle qu’effrontée essaie de prendre le contrôle de Piedad, celle-ci décide de se fier à elle, quitte à remettre en cause toute son éducation bien-pensante. Voilà, elle décide de libérer les chaînes et montrer qui elle est vraiment.
Carlos Salem m’a énormément fait sourire avec son 6ème roman et surtout avec cette charmante et irrésistible Piedad (à moins que ce soit cette femme qui a pris possession du corps de Piedad ???).
Si la trame de cette histoire est loin d’être originale, le ton décalé, caustique et drôle m’a procuré un agréable moment de lecture. Je redemanderai bien une autre histoire avec le même ton et ce même personnage.25/04/2023 à 17:04 7
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La Rivière rouge
8/10 Ayant fui sa terre natale suite à une accusation de meurtre, jugé non coupable mais banni par sa famille, Adam Chase revient chez sur ces terres qui l’ont vu grandir, suite à un appel à l’aide troublant de son meilleur ami.
Mais Adam est agressé, et sa voiture taguée du sale mot « Assassin ». Si quelques personnes sont contentes de le revoir, ses 5 années passées à New-York n’ont rien effacées du drame passé. Alors que, suite à son arrivée, l’agression d’une fille avec qui il venait d’avoir une altercation et la découverte du corps sans vie de son meilleur ami font d’Adam encore un coupable idéal.
John Hart avec ce livre a emprunté les traces d’un autre auteur où le poids du passé, les secrets de familles constituent la trame de ses œuvres : Thomas H. Cook. John Hart arrive sans problème au niveau de son compatriote. Avec La rivière rouge, il nous tient en haleine avec cette histoire dont on connaitra la fin avec la larme à l’œil. John Hart prouve encore une fois le talent d’écrire, tout en se renouvelant, des histoires bouleversantes empreintes de réalisme et de sentiments profonds.21/04/2023 à 11:30 6
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Retour à Oakpine
7/10 Beaucoup de douceur dans ce roman de Ron Carlson. Une douce mélancolie se dégage particulièrement de l’histoire de ces 4 copains devenus cinquantenaires, qui se retrouvent dans la maison familiale de Jimmy, malade, revenu passer ses derniers moments dans sa ville natale, Oakpine.
Jimmy Brand, le grand écrivain, a toujours écrit sur sa ville d’enfance et sur sa vie. Craig Ralston, gérant du magasin familial de bricolage, a toujours voulu rester dans cette bourgade où il a multiplié les exploits sportifs. Mason Kirby, immense avocat, après sa réussite professionnelle à Denver, revient à cette même période à Oakpine avec pour projet de retaper la maison familiale. Frank Gunderson, gérant du bar Sears Outlet de la ville travaille sur son projet de bière locale.
C’est avec nostalgie que les protagonistes se retrouvent, se rappellent leurs histoires, tentent de renouer avec leur passé en reformant, comme un hommage à la vie et pour Jimmy qui s’éteint un peu plus chaque jour, leur ancien groupe le temps d’un concert.
Si Ron Carlson dépeint avec beaucoup d’humilité, de justesse et de profondeur l’amitié de ces 4 personnages, j’ai beaucoup moins été touché par cette histoire que par celle de Le signal. C’est très personnel, je sais mais sans vraiment parlé d’ennui, par manque d’originalité, j’ai ressenti une sorte de désintérêt pour cette triste histoire.
20/04/2023 à 17:01 3
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Nick
8/10 Michael Farris Smith fait partie des auteurs contemporains que j’apprécie énormément. Depuis que j’ai été subjugué par Le Pays des oubliés, en fait. Son style, ses personnages, ses histoires me touchent quasiment à chaque livre. Même quand je trouve une faiblesse dans son récit, ce qui fut le cas avec Blackwood, il y a toujours un autre élément du roman qui fait mouche. Oui, je trouve cet auteur très talentueux.
Avec son 5ème roman, l’Américain a pour ambition de s’attaquer au personnage conteur de Gatsby le Magnifique, le chef d’œuvre de Francis Scott Fitzgerald, Nick Carraway. Il a souhaité développer ce personnage avant sa rencontre avec cet illustre, troublant et exubérant voisin, Jay Gastby. Nick est, selon la formule consacrée par les séries télé, un préquel à Gatsby le Magnifique. Mais on peut se plonger dans cette histoire, sans aucune gêne, sans avoir lu, sans même connaître le livre de Fitzgerald. Car Michael Farris Smith développe l’histoire de Nick Carraway en se concentrant sur sa vie personnelle, son parcours, son histoire. Le lecteur rencontre un personnage torturé par la Première Guerre mondiale, blessé par cette passion amoureuse à Paris avec Ella : les fantômes ne sont jamais très loin.
L’Américain décrit avec justesse de manière quasi chirurgicale les horreurs vécues par les soldats dans les tranchées puis la vie que Nick a essayé de reconstruire, lui qui essaie de fuir sa vie toute tracée en tant que quincailler dans la boutique familiale. Traumatisé, meurtri au plus profond de lui, Nick se fuit pour mieux se trouver. Un roman sombre, comme sait si bien les écrire Michael Farris Smith, sur un personnage très éloigné de ce que j’aurais pu imaginer à la lecture de Gatsby le Magnifique. Cela peut dérouter le lecteur mais si l’on arrive à prendre du recul sur l’œuvre de Fitzgerald on se rend compte du talent de Michael Farris Smith et de la beauté de ce livre.
20/04/2023 à 15:28 6
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L'ingénieur aimait trop les chiffres
Pierre Boileau, Thomas Narcejac
6/10 C’est l’effervescence à l’usine atomique. Lors de la pause-déjeuner, l’ingénieur Sorbier appelle au secours. Ses collègues montent en à peine une dizaine de secondes à son bureau mais ils ne font que trouver le corps sans vie de Sorbier. Mais aucune trace de l’agresseur qui, au regard de la configuration de la pièce, n’a pas pu disparaître, ni passer inaperçu.
Le commissaire Mareuil arrive sur place et constate que ce meurtre a été réalisé dans des conditions impossibles pour tout être humain. De plus, le tube contenant l’expérimentation atomique a disparu. Une enveloppe envoyée en recommandé à Sorbier fait peser les premiers soupçons sur son ex chauffeur. Mais très vite, le mystère va s’épaissir…
Fan du duo, je poursuis la découverte de l’œuvre de ces talentueux comparses. Après Six crimes sans assassin, je retombe sur un roman « énigme en chambre close ». Un thème désuet et bien sûr démodé qui a rendu poussive ma lecture. Pour les amateurs du genre.
19/04/2023 à 13:21 3
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Le Loup peint
8/10 Ce livre démarre à 100 à l’heure par ce vétérinaire qui vit une véritable descente aux enfers. Culpabilisant de la mort de son fils, délaissé par sa femme, Vincent essaie de vivre là où il trouve son bonheur : dans les bras de sa maitresse. Une nuit, au retour de chez elle, il est poursuivi par une BMW. De cette course poursuite, il arrive à éviter les coups de feu, mais la voiture allemande tombera dans un ravin, tuant 2 des 3 passagers. La 3ème personne arrive à s’enfuir en s’emparant du véhicule de Vincent. Cette personne, pour se venger ira tuer sa femme et son collègue… Vincent est inculpé de tous ces meurtres… Mais qui étaient ces tueurs ? Pourquoi s’en prendre à Vincent, ce quadra à l’existence tragique ?
La police mène l’enquête. Elle dévoilera un ensemble de ramifications insoupçonnées. Car à l’instar de Karine Giebel, la vie torturée de Vincent n’est que la partie visible d’un iceberg.
Ce roman foisonnant au rythme effréné m’a beaucoup plu. Ce Loup peint n’a fait que confirmer le bien que j’avais de cet auteur découvert précédemment avec Enfermé.e. Et le petit clin d’œil à Paul Colize et ses comparses Norek & co était très amusant.
05/04/2023 à 13:45 5
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Les Ombres du passé
7/10 Pour le lecteur qui connaît l’auteur américain, le trame de ce livre n’apportera aucune surprise. La quête de la vérité sur le passé familial et notamment sur le drame qui a frappé ses membres plusieurs années auparavant sont des thèmes chers à Thomas H. Cook.
Après plus de 20 ans à vivre seul et sans famille en Californie, Roy revient dans la maison familiale en Virginie pour accompagner son père malade pour les derniers jours de sa vie. Ils affronteront les fantômes, les divergences de personnalités et les vides laissés par un frère suicidé en prison. Mais seule la quête de la vérité permettra de les réunir et leur fera comprendre ce que chacun peut réaliser au nom de l’amour.
Les ombres du passé n’est pas le meilleur de l’auteur sur ce thème, mais, le temps de 250 pages, il propose une histoire attachante et plaisante.
29/03/2023 à 15:51 3
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L'Inconnu de la Poste
8/10 Montréal-la-Cluse (petite bourgade de l’Ain) décembre 2008, Catherine Burgod employée de la poste locale, est assassinée de plusieurs coups de couteau. Le ou les coupables partiront avec une petite somme modique.
De ce fait divers sordide, Florence Aubenas, journaliste, en fait la trame d’un livre. Elle y déroule l’enquête, qui va traîner sur plusieurs années, les présentations des différents protagonistes, dont Gérald Thomassin, acteur en déclin, ayant été consacré césar du meilleur espoir en 1991, qui vivote et vit quasi en SDF. L’accent est mis par l’auteure sur ce personnage qui, par son attitude, ses gestes, ses mots, est présumé coupable, sans avoir réellement de preuves… On découvre ainsi la vie de cet homme, son histoire, sa propension à l’auto-destruction…
Un livre intéressant avec un style de reportage journalistique qui fait la part belle aux faits sans rentrer dans le jugement ou le parti pris.29/03/2023 à 15:24 5
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Darwyne
8/10 Darwyne Massily vit avec sa mère, Yolanda, dans un bidon ville de Guyane à Bois Sec, un quartier rempli de taudis, près de la forêt amazonienne. Né avec une malformation, Darwyne n’aspire qu’à recevoir l’amour maternel avant qu’un énième amant vienne squatter chez eux, dans leur étroit carbet. Il faut dire que Yolanda est une très belle femme et que les hommes se suivent et repartent sans même dire au-revoir.
Alors qu’une plainte vient d’être déposée pour maltraitance sur enfant, Mathurine, assistante sociale, doit établir un rapport sur les Massilly. Femme célibataire qui multiplie les FIV pour avoir un enfant, elle rencontre Yolanda et Darwyne et découvre une famille solidaire, unie et forte dans ce quartier pauvre où la misère pousse aussi vite que les arbres. Mais, toutefois, Mathurine veut faire fi des apparences et va tenter de mettre en confiance Darwyne pour qu’il se confie et lui dévoile la vérité.
Avec Darwyne, on retrouve Colin Niel et l’univers guyanais. Pas vraiment polar, mais un roman sombre malgré tout, avec ce personnage, Darwyne qui m’est apparu comme un petit gamin, qui a du se construire seul dans son monde, la forêt amazonienne, en manque d’amour, mais sensible et rempli de mystères. Et Mathurine, cette assistante sociale, au grand cœur, rempli de bienveillance et d’humanité. Un très beau moment de lecture pour ma part.
13/03/2023 à 12:20 9
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Animal
8/10 Sandrine Collette est l’auteure des miséreux, des laisser pour compte de nos sociétés. Elle l’a montré avec talent dans ses livres précédents, notamment dans Les larmes noires sur la Terre. On retrouve dans Animal des êtres errants, voués à leur sort et qui essaient désespérant, non pas de sortir de leur misère, mais de survivre au mieux. Ici, ces êtres miséreux sont Nim et Num, deux jeunes enfants abandonnés et « sauvés » par Mara, une jeune veuve dont la vie est des plus précaires. Oui, je mets des guillemets à sauvés car comment vivre décemment au Népal, une des régions les plus pauvres du monde. Si le trio affronte la misère, il a encore plus peur des tigres qui envahissent la forêt et chasse tout ce qui se mange, y compris les humains.
20 ans plus tard, Lior, chasseuse hors pair, son mari, Hadrien et des amis partent chasser l’ours au Kamchatka. La trace qu’ils suivent est celle d’un ours dont l’instinct de survie est des plus développés. Une chasse hors norme qui met le lecteur sous tension.
Sandrine Collette propose une histoire haletante, qui transpire la peur par tous les pores. Mais également triste et émouvante, encore une fois. La plume de l’auteure française est à la fois juste, en retenu. Elle laisse les sentiments s’imprégner dans le lecteur qui extrapole, se fait ses propres images, et ne peut que laisser abandonner ses sentiments mélangés. Un livre très attachant même si, après celui-ci, l’auteure a su se dépasser et écrire, ce que je considère, un chef d’œuvre, avec On était des loups.
10/03/2023 à 09:53 6
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Les Chiens de Détroit
7/10 Pour son premier livre, le Berrichon a su montrer son potentiel d’écrivain de roman policier et à suspense. Dès les premières lignes, et la capture de ce monstre, ce Géant des Brumes, par deux flics, Stan Mitchell, qui est hanté depuis 15 ans par cette enquête, et Sarah Mitchell, jeune recrue qui entend des voix, je fus aspiré par cette histoire. Ces enlèvements d’enfants, la vie meurtrie de Stan, la ville de Détroit abandonnée par les politiques et les propriétaires endettés par les subprimes sommés de quitter leur maison, …
Personnages attachants, intrigue loin d’être originale : un livre qui n’apporte aucune surprise mais on sent que l’auteur a du potentiel qu’il confirmera par la suite, tant il sait créer une ambiance et une atmosphère (belle description de la décrépitude de Detroit City). Un très agréable moment de lecture.
07/03/2023 à 11:03 5
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Omerta
6/10 Journaliste au Miami Herald, John Harper est appelé par sa tante Evelyn qui le supplie de venir en urgence à New-York. Après le décès de sa mère alors qu’il n’avait que 8 ans, et le suicide de son oncle, John n’a plus qu’elle comme parent. Après une absence de plus de 20 ans, John décide de revenir dans cette ville qui l’a vue grandir. Il apprend ainsi que son père qui l’a abandonné à sa naissance a été hospitalité dans un état grave, victime d’un braquage dans le petit supermarché en bas de chez lui.
Il va être pris en charge par Oncle Walt, l’associé de son père et par la troublante Cathy Hollander. Il découvrira sa nouvelle famille, celle qu’il ne soupçonnait pas. Et un troublant flic, Frank Duchaunak, obsédé par tout ce qui touche à Marylin Monroe, reste près de son père, en soins intensif, et lui fera part d’étonnantes théories…
Omerta, la loi du silence, comme ce titre sied bien au roman. Car les protagonistes ne dévoilent pas grand-chose de la vie de cette famille. Et RJ Ellory déroule ce mystère durant plus de 600 pages. Et, à moins que comme John, on soit aveugle et benêt, on comprend vite ce qui se trame. Car John se fait mener par le bout du nez, manipuler, que cela en devient gênant pour lui. Du coup, ce roman devient long, rempli de redondances, … Mais le style de l’auteur est bien ancré, ce qui permet de compenser cette absence d’actions et les incohérences dans la personnalité de John. Seuls le talent de l’auteur qui sait tenir son lecteur tout au long de cette longue histoire et le dénouement sauvent ce livre d’un profond ennui.06/03/2023 à 11:20 3
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Le soleil des Scorta
10/10 Le soleil des Scorta peint une saga familiale des plus troublantes et attachantes. Elle prend racine dans l’Italie des Pouilles, au début du XXème siècle, dans un village meurtri par la chaleur et par la misère de ses habitants. Après 10 années passées en prison, Luciano Mascalzone revient à Montepuccio pour posséder celle qui n’a pas quitté son cœur, la belle et troublante Filomere Biscotti. Mais voilà, dans la précipitation et l’urgence de son acte, Luciano vient de séduire la sœur, Immacolata. Et cette dernière allait par la suite enfanter d’un garçon. Voilà la lignée des Mascalzone était née, par une tromperie une erreur sur la personne, et donc un viol.
Et suite à un pacte entre Luciano et le curé du village, la famille vivra dans l’extrême pauvreté et n’aura de choix que de partir vers l’Amérique, cette terre des espérances et des rêves de vie remplie de richesse et d’allégresse. Mais comme si la terre de Montepuccio était aimantée, collante, attachante, les Mascalzone reviennent sur leur terre natale.
Mon premier Laurent Gaudé, Le soleil des Scorta m’a profondément séduit. Certes l’histoire est belle, douloureuse, mais l’écriture de l’auteur m’a réellement transporté, ce soleil de l’Italie éblouissant mes yeux, et cette chaleur réchauffant mon cœur. Un très beau livre.
01/03/2023 à 17:35 4
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Un Tueur sur mesure
6/10 Belfast. De nos jours. Trois bras cassés commettent un hold-up en ce jour d’Halloween : ils ont tout préparé, tout minuté, et bien évidemment en ce sacro-saint jour cher aux Irlandais, mis leur costume de loup pour se fondre dans la foule déguisée afin de fuir incognito… Mais bien évidemment, le coup foire et n’emporte avec eux qu’une valise dérobée à la va-vite à un client. Mais ce client est un membre de la mafia locale et cette dernière veut coûte que coûte reprendre cette valise et ce qu’elle contenait : une coquette somme d’argent…
A la lecture des premiers chapitres, j’ai souri autant pour les situations cocasses que pour le ton ironique de l’auteur. Je me suis dit que je tenais avec Sam Millar un savoureux mélange entre Donald Westlake et Ken Bruen. L’histoire se déroulant, je sentais que si le ton acerbe était toujours présent, on sombrait dans la violence pure et dure. J’ai donc assez vite déchanté et revu mon jugement. Un peu comme un cuisinier voyant son soufflé retombé, j’ai été déçu par tant de promesses perçues au début du livre. Mais peut-être suis-je passé à côté de ce Tueur sur mesure…01/03/2023 à 16:47 1
