QuoiLire

369 votes

  • Qui a tué Heidi ?

    Marc Voltenauer

    8/10 Pour les chanceux qui ont eu la chance de lire et d’apprécier le premier roman de Marc Voltenauer, Le dragon du Murevan, le début de son second livre, Qui tué Heidi ?, peut être déstabilisant. En effet celui-ci s’ouvre sur le double meurtre commis à Berlin par un ancien agent secret russe reconverti en tueur à gage. On est bien aux antipodes d’une enquête dans la suisse verdoyante et reposante.

    Une fois passée cette introduction quelque peu troublante, le lecteur retrouve les montagnes alpines suisses, le village de Gryon, ses habitants et ses vaches, mais aussi l’inspecteur Andreas plus épicurien que jamais. Marc Voltenauer sème encore plus le trouble chez son lecteur car sur le premier quart du livre, point de meurtre, point d’enquête, ce roman serait presque un guide touristique de la région de Bex ou un traité sur la défense du monde agricole et de ses traditions. Je plaisante bien sûr puisque cette première partie sert d’entrée en matière, à poser l’histoire, l’ambiance du village, les personnages, la configuration des lieux, autant d’éléments seront utiles à l’élucidation de l’enquête.

    Mais que le lecteur profite de cette quiétude, prenne un verre de vin helvète injustement méconnu et un grand bol d’air pur pour vivifier ses neurones, car la paix du village va être rompue, les enquêtes s’accumuler et l’inspecteur Andreas être forcé de …. prendre des vacances pour ne pas être mis à pied. Je n’en dirai pas plus sur l’histoire pour ne pas vous gâcher le plaisir de la découvrir, de chercher par vous même à résoudre l’énigme posée par Marc Voltenauer, mais le lecteur, tout comme le héros principal, aura matière à réflexion. Saurez-vous déjouer les chausse-trappes, les fausses pistes dressées (avec un main plaisir) par l’auteur et découvrir qui est la personne qui se cache derrière « l’homme qui s’enivrait du parfum de sa mère » ?

    Je me dois d’avertir les futurs lecteurs de Qui a tué Heidi ?. Si vous n’avez pas lu Le dragon du Murevan, je vous déconseille de découvrir les romans de Marc Voltenauer au travers de Qui a tué Heidi?. En effet, sans que Qui a tué Heidi ? soit la suite du dragon du Murevan, de nombreux rappels sont faits. Vous connaitriez la fin du Dragon du Murevan sans l’avoir lu et donc de ne pouvoir profiter du prolongement de ce roman en histoire secondaire dans Qui a tué Heidi ?.

    En dehors de la couverture guère originale, j’ai totalement adhéré à ce roman policier « old-school » que l’on aime retrouver comme une madeleine de Proust. Il est toujours bon de retrouver un roman policier où il faut monopoliser ces petites cellules grises, où le récit n’est pas architecturé façon cinéma à grand coup de rebondissements alambiqués, effets de surprise ou effets gore. Avec une écriture plaisante et fluide, Marc Voltenauer s’inscrit dans la lignée des Agatha Christie ou P.D. James, en apportant un brin de modernité.

    Un roman lire et un auteur à découvrir.

    27/08/2017 à 21:00 2

  • Meurtres pour rédemption

    Karine Giebel

    9/10 La première remarque que je pourrais faire sur ce livre est de le conseiller en numérique, car si le format poche est moins lourd, sa lecture n’en est pas aisée… et je ne pense pas que la version grand format le soit plus. Donc épargnez vos poignées, optez pour la version numérique, même si elle coûte un peu plus cher que la version papier petit format.

    Karine Giebel nous livre avec Meurtres pour rédemption un formidable livre dont il va être difficile de parler sans dévoiler son contenu et son final.J’avoue que cela fait plusieurs fois que je reprends cette critique pour ne pas « spoiler » son contenu.

    Karine Giebel exploite pleinement le thème de la rédemption dans ce livre. L’auteure en profite pour malmener allégrement son héroïne, la faisant expier ses péchés, sous de nombreuses formes et dans d’horribles souffrances tant physiques (attention certains passages sont durs) que psychologiques. Rapidement l’auteure dénonce les méfaits du monde carcéral qui loin de sa vocation première de faire rentrer dans les rangs les brebis égarés en font des loups. La vie dans ce milieu n’est pas aussi manichéiste que le suggèrent les romans et les films : que ce soient les incarcérés ou leurs gardiens, tous pratiquement la lutte du pouvoir, la vengeance, le chantage, le commerce illicite et la loi du Talion. Au final on se rend compte que les vrais méchants ne sont pas forcément ceux que la Justice désigne comme tels et que le purgatoire peut se transformer en enfer.

    Alors on pourrait se dire que 1000 pages sur ce thème, le roman va se traîner en longueur, en répétitions. Que nenni, même si les réflexions de la jeune héroïne reviennent plusieurs fois, ce ne sont finalement que les rares rappels au cours de ce roman. Une fois que Karine Giebel a exploité toutes les possibilités dans le milieu carcéral, à mi-livre, elle entreprend un grand virage à son histoire qu’elle a su amener progressivement.

    Bien sur pour conserver son lecteur au fil de ce roman marathon, Karine Giebel nous offre un roman à l’écriture parfaite, alternant actions et introspection de l’héroïne.

    Meurtres pour rédemption est un excellent compagnon pour la plage.
    (quoilire.wordpress.com/2017/08/09/karine-giebel-meurtres-pour-redemption/)

    09/08/2017 à 19:15 7

  • Avec tes yeux

    Cédric Sire

    8/10 Si l'on doit découvrir Sire Cédric, il n'y a qu'un seul livre à prendre : Avec tes yeux, son plus grand succès à ce jour. Personnellement, j'en ai eu écho sur les réseaux sociaux et de collègues, amateurs du genre, qui me l'ont chaudement recommandé.

    La première chose que l'on remarque à la lecture de ce roman est la fluidité du récit, avec une écriture impeccable, formidablement structurée. Les yeux glissent littéralement sur les pages au point où l'on a du mal à s'arrêter du fait des relances de l'histoire. Celle-ci est décomposée en plusieurs axes dont l'auteur relate alternativement l'avancement en petite chapitres et ne cesse de les relancer à la fin de chacun d'eux.

    L'auteur a su savamment les différents ingrédients qui font le succès de ce genre de livre : des personnages bien charpentés, qui ont une âme, un passé, des atouts mais également des faiblesses; un psychopathe original, de scènes un peu plus dures, légèrement gore sans pour autant soulever l'estomac du lecteur ou l'empêcher de poursuivre sa lecture, et deci-delà une pointe d'humour.

    Le seul reproche que je suis formulé à Sire Cédric est d'avoir été atteint du syndrome du Jean-Christophe Grangé : un très bon livre, une bonne histoire, du suspense mais un final décevant. Une grosse erreur dans les dernière pages m'a laissé sur un sentiment de déception alors que c'était un sans faute jusque-là (lire la fin de cette critique pour en connaître la raison, mais attention, cela divulgue le final de l'histoire).

    En résumé, un thriller classique d'un auteur original (chercher sur Internet sa photo, Sire Cédric a un look de Francis Lalanne en version beau gosse) qui méritent tous deux d'être découverts.

    P. S : Attention la suite de cette critique divulgue certains éléments du livre.

    La raison de ma déception en fin de livre provient du fait que le seul témoin capable de reconnaître le meurtrier est laissé seul(e) à l'hôpital sans protection policière. Il est évident que le psychopathe fera tout pour supprimer cet élément gênant. Dans d'autres livres, la police profitera justement de cette situation pour faire du témoin une chèvre et capturer le tueur.

    06/08/2017 à 20:56 4

  • La Chambre des Morts

    Franck Thilliez

    9/10 Lire la Chambre des morts est une étrange aventure.

    Non pas que le récit soit gore, pleine de tortures, sévices et autres scènes insoutenables (quoique?), non, pour moi, dès les premières pages, je me suis aperçu d'avoir déjà lu ce livre. C'est la seconde fois que cela m'arrive, l'autre fois fut pour Salem de Stephen King. Mais cette fois-ci, l'histoire ne m'est pas revenue en tête d'un seul coup mais au fur et à mesure de la lecture du livre.... sans pour autant me rappeler du final. Et si je suis allé au bout de ce livre alors que je l'avais déjà lu, c'est que j'avais plaisir à le redécouvrir.

    Car si ce fut sans doute un des premiers romans de Franck Thilliez que j'avais lu, c'est également pour l'auteur un de ses premiers livres (le troisième exactement). Les habitués de ce romancier constateront à sa lecture l'évolution de la plume de l'auteur depuis. Dans celui-ci, les phrases sont plus complexes et donc un peu moins fluides à lire. Mais il est une qualité qui est déjà maîtrisée, le suspense et la relance régulière de l'histoire.

    Enfin, ce que j'ai tout particulièrement apprécié est la fausse simplicité de l'intrigue : d'un événement banal, la situation se complexifie et ne cesse de s'aggraver. Et comme le début pourrait arriver à chacun d'entre nous, la projection identitaire sur les 2 personnages

    Donc, un très bon livre fondée sur une très bonne intrigue, qui a reçu plusieurs prix (les seuls qu'a reçus Franck Thilliez au demeurant)... qui nous fait découvrir Lucie Henebelle.

    A lire ... plusieurs fois même.

    01/08/2017 à 20:52 4

  • La Tour Sombre, t.1 : Le Pistolero

    Stephen King

    5/10 Bien qu'étant un fervent amateur des romans de Stephen King, j'avoue avoir eu un peu de mal à me projeter dans ce livre. Sans doute est-ce du à la jeunesse de l'écrivain au moment de la première rédaction de ce livre, en qu'en bien même le maître du suspense l'a quelque peu retouché à l'issue de la rédaction du 8ème et dernier tome pour en assurer une cohérence globale, la structuration des phrases et la fluidité du récit ne sont pas celles dont nous sommes coutumiers de cet auteur.

    Par contre, il est indéniable que ce premier tome constitue bien une entrée d'une saga. L'auteur laisse planer un certain flou sur ses personnages, leur origine, leur destinée, se contenant de les mettre dans une course poursuite à mort. Alors que l'histoire du tome 1 se déroule dans un far west mi-ruée vers l'or, mi-post apocalyptique, il est fait mention d'une certaine tour, de souvenirs d'un monde proche du notre de la fin du siècle précédent pour un personnage tiers,

    Cependant, on voit que Stephen King a voulu faire sa version du Seigneur des anneaux car nous y trouvons de nombreux points communs. Tout comme pour Frodon, le héros de Stephen King est en quête d'identité et va se découvrir au travers d'une quête qu'il croît accomplir en tuant l'homme en noir.

    Bref, un premier tome qui ne donne pas forcément envie de lire la saga dans son entier, mais qui recèle sans doute de nombreux indices pour qui sera assez téméraire pour lire les volumes suivants.
    (quoilire.wordpress.com/2017/08/01/stephen-king-la-tour-sombre-tome-1-le-pistolero/)

    01/08/2017 à 18:38 2

  • Selfies

    Jussi Adler-Olsen

    6/10 Pour les habitués de mon blog, vous noterez que je n'ai pas classé Selfies dans la catégorie des thrillers mais dans celle des romans policiers. En effet, même si les victimes de ce roman ne vivent pas de bons moments, le niveau de noirceur dans les romans actuels font que ce livre est gentillet. Cependant j'avoue avoir bien aimé l'imbrication des différentes affaires qui donne un peu de piment à ces affaires relativement simples qui ont un peu de mal à démarrer.

    Les fidèles lecteurs de Jussi Adler-Olsen vont avoir la joie de retrouver l'équipe du département des cold cases de Copenhague, le département V : la rudesse de Carl Morck, la folie de Rose ou d'une de ses autres personnalités, le mystérieux Assad et le timide et amoureux transi Gordon. C'est d'ailleurs le grand intérêt qu'auront les lecteurs dans ce septième tome qu'est de suivre les aventures de cette troupe, et de connaître un peu plus de leur passé et de leurs mésaventures. Les lecteurs seront ravis car la moitié du livre porte sur ce point.On aimerait cependant que les révélations sur Assad soient plus nombreuses pour enfin découvrir l'identité de celui-ci.

    Si l'écriture est toujours aussi impeccable et fluide, la limite dans ce livre à une lecture rapide et agréable est la multiplicité des personnages qui nécessite une petite gymnastique cérébrale pour se souvenir de tous les protagonistes et de les resituer au fur et à mesure de l'histoire.

    Je conseillerais donc ce livre aux fidèles lecteurs des aventures du département V.

    10/07/2017 à 21:34 2

  • Ne prononcez jamais leurs noms

    Jacques Saussey

    9/10 Vous cherchiez le roman qui va vous accompagner sur la plage pour vous filer de frissons, Ne prononcez jamais leurs noms est pour vous.

    Jacques Saussey nous livre ici un roman tout simplement époustouflant. J'aurais pu utiliser l'adjectif explosif mais cela aurait été un peu trop facile par rapport au sujet du livre. En effet, l'auteur a été victime d'un malheureux concours de circonstance : quelques semaines après le début de la rédaction de ce livre qui commence par l'explosion d'une bombe dans un train, la France a connu une vague d'attentats comme jamais. Cette analogie ne donne que plus de poids, de pression au lecteur au fur et à mesure de l'avancement des méfaits du grand méchant du livre.

    Mais loin d'employer la trame traditionnelle de la double vision policier - assassin, Jacques Saussey dé-quadruple le récit : le policier, le méchant, le kidnappé, la femme du kidnappé. En ajoutant une complexité supplémentaire le kidnappé est flic tout comme sa femme, et tous deux sont amis du policier enquêteur. Avec ce quadruplement du récit, le livre est perpétuellement relancé au point ou arrêter sa lecture est quasiment impossible sans être frustré de ne pouvoir la poursuivre tranquillement.

    Et pour parfaire le tout, je e peux que vous conseiller ce livre si vous partez au pays basque cet été si comme moi vous aimez lire un livre dont l'action se passe dans la région proche de ses vacances. Vous aurez ainsi l'occasion d'avoir un petit cours de rattrapage agréable et pas pédant sur l'histoire indépendantiste basque.

    04/07/2017 à 21:08 8

  • La Panse

    Léo Henry

    5/10 C'est un avis en demi-teinte que je vais donner.

    La première moitié du livre est très bien. Le positionnement du livre dans le quartier "parisien" de La Défense (proche de chez moi) est sans conteste un plus qui m'a permis de facilement me projeter dans l'histoire. Le personnage es particulièrement bien travaillé, l'histoire plongeant le personnage dans une sorte de secte, sa psychologie est forcément bien présentée et son évolution tout en subtilité. On le suite sombrer au fur et à mesure de sa descente dans les bas daçon du quartier des affaires. Bien entendu, tout comme le personnage principal, le lecteur se pose perpétuellement la question de ce qu'il est advenu de sa sœur, est-elle morte, a-t-elle été psychologiquement retourné ?

    Malheureusement, l'auteur rompt ce rythme et l'avancée du personnage dans son enquête en décidant d'adopter une nouvelle optique à son roman, un mélange de symbolique, de science-fiction, d'ésotérisme, de surnaturel qui fait penser à l'univers de David Lynch. Mais n'est pas n'importe qui celui qui maîtrise ce genre, et Léo Henry n'est pas de cette élite. La conséquence de cela est que son lecteur est perdu dans le final et laissé avec plein d'interrogations.

    Un livre à lire par curiosité et originalité, un auteur à surveiller.

    23/06/2017 à 22:05 1

  • Le Rituel de l'ombre

    Eric Giacometti, Jacques Ravenne

    3/10 Autant le dire tout de suite, je suis plutôt déçu de ce livre. J’avais tant attendu de la part de ce duo d’écrivains que je ne sais pas par quoi commencer.

    Je ne pense pas que l’on puisse classer ce livre dans la catégorie des policiers tant l’intrigue est faible et l’enquête inexistante, encore moins dans le genre des thrillers par la quasi-totale absence d’actions et de suspense.

    En fait, ce roman est plus une mise en situation d’une introduction à la franc-maçonnerie et ce sera le seul point positif de ce livre. Les auteurs, eux-mêmes francs-maçons, introduisent facilement cette « société parallèle », gomment les préjugés et les fausses idées, et rajoutent quelques petites anecdotes sur celle-ci.

    Ce qui est dommage puisque leur écriture fluide rend plaisante cette présentation de la franc-maçonnerie qui aurait eu tôt fait d’être rébarbative

    Mais pour parfaire mon avis et me rendre compte si c’est un loupé épisodique ou bien un duo d’écrivains au genre littéraire qui ne me convient pas du tout.

    A suivre.

    20/06/2017 à 20:28 1

  • En lettres de feu

    Marcus Sakey

    8/10 Nous avions laissé Nick Cooper le héros de la série des Brillants tout juste revenu des morts tel un Phénix. On serait tenté de penser que Markus Sakey va être plus tendre avec son personnage principal et le cantonner dans des tâches beaucoup plus politiques. Que nenni, parce que cela ne colle pas avec le caractère du personnage ni à celle de l'auteur qui veut un grand final pour sa série. Le lecteur est donc rapidement replongé dans l'histoire et embarqué dans une nouvelle aventure qui va filer à 100 à l'heure une fois de plus. Quand bien même la fluidité de l'écriture n'est pas totalement présente, la narration trouve rapidement son rythme qui ne baissera pas avant la 4ème de couverture.

    Si le tome 2 annonçait les prémices d'une guerre civile, le tome 3 sombre pleinement dedans

    Mais l'action et la science-fiction ne sont pas les uniques composantes de cet excellent thriller : l'auteur amène le lecteur à s'interroger sur la différence, sur le pouvoir, les rouages de la politique, l'égo-centrisme et les risques des découvertes scientifiques. mais je vous rassure ces interrogations n'entraînent pas de longues digressions philosophiques mais interpellent le lecteur dans le contexte terroriste actuel.

    Une très bonne série, mélange de thriller, science-fiction, anticipation, espionnage, aux lectures multiples niveaux qui ravira j'en suis sûr nombre d'entre vous.
    (quoilire.wordpress.com/2017/06/05/markus-sakey-le-brillants-n3-en-lettres-de-feu/)

    05/06/2017 à 20:40 4

  • Sharko

    Franck Thilliez

    9/10 Je me rappelle de la note de l’auteur sur Facebook demandant à ses fans ce qui pourrait arriver de pire à Sharko et Hennebelle. J’avais alors presque deviner le ptich de ce roman en répondant que Sharko et Hennebelle devaient enquêter pour se disculper d’un meurtre qui leur avait été injustement mais diaboliquement attribué.Ici, Sharko et Hennebelle vont devoir enquêter sur leur crime et tout faire pour ne pas être découverts.

    Une nouvelle fois Franck Thilliez n’épargnent pas ses héros, ne leur laissent pas le temps de souffler entre deux romans, et encore moins au sein d’une nouvelle aventure. Mais ce qui me surprend toujours et me plaît le plus chez Franck Thilliez est la perpétuelle recherche d’univers dans lesquels plongés ses héros, tout en restant scientifiquement exact. Comme vous pourrez le lire en épilogue, les éléments médicaux et anthropologiques mentionnés dans le livre sont véridiques.

    Autant vous dire que l’histoire est fouillée, torturée, pleine de rebondissements, aux multiples ramifications qui tiendront en haleine le lecteur avec une écriture toujours aussi efficace, fluide et captivante. Sans faire de mauvais jeu de mots, sachez qu’il y a quelques passages crus mais on est loin d’un roman gore.

    Mais, je tire un carton jaune à Franck Thilliez. En grands amateurs de romans policiers, les fans de Franck Thilliez auront remarqué un certain relâchement de l’auteur sur l’aspect enquête. En effet, le bornage du téléphone est totalement oubliée alors que c’est la base même d’une enquête, et on a failli passer à côté de l’analyse d’empreinte sur un élément touché par « le grand méchant ».

    En dehors de ces deux petites défauts, Sharko est un très bon cru, un roman policier presque parfait et qui nous fait dire qu’il faut attendre encore un an avant de connaître la suite des aventures de Lucie et Sharko…… ça va être dur.

    21/05/2017 à 22:03 6

  • Ragdoll

    Daniel Cole

    8/10 Daniel Cole met le paquet dès le début du livre qui commence sur les chapeaux de roue. En faisant débuter son histoire par la découverte d'une poupée de chiffon humaine (ragdoll en anglais) à l'aide de parties de plusieurs corps, le lecteur se trouve tout de suite propulser dans un univers proche de "7". Mais pour ne pas baisser le rythme, à peine l'enquête est-elle initiée, que le serial killer lance un défit aux policiers en leur donnant la liste de 6 personnes avec les dates auxquelles elles seront exécutées.

    Je n'en dévoilerai pas plus mais je peux rassurer les futurs lecteurs, la tension et le rythme du roman ne faiblissent pas au fil des pages, cela va même en augmentant lors de la course poursuite finale du roman pour le lecteur, et en empirant pour les personnages.

    Personnages qui ne sont pas délaissés par leur auteur : ils sont bien construits, les surnoms habilement trouvés, leur psychologie complexe et développée au fur et à mesure de l'aventure. Les lecteurs devront avoir une bonne mémoire car ce livre introduit de nombreux personnages principaux et secondaires, et il devra jongler avec les sauts narratifs pour se rappeler à qui il a à faire.

    Enfin l'écriture est extrêmement fluide et on ne peut que féliciter Nathalie Beunat pour son excellent travail de traduction qui fait de ce livre un très bon turn-page.

    Alors pourquoi avec tant d'éloges n'ai-je mis que 4/5 pour l'histoire alors qu'il semblerait que nous soyons en présence d'un très très bon thriller et sans doute du succès littéraire des plages cet été.

    Deux choses expliquent ce déclassement du firmament des thrillers. La première provient du fait que j'ai un esprit très cartésien et que je ne comprends pas comment le tueur a pu mettre en œuvre ces méfaits (réfléchissez pour le premier sur la liste pour introduire l'élément qui tuera le personnage). La seconde, qui est à mon sens une faute grave d'écriture dans ce genre de littérature, est de ne pas donner au lecteur les éléments qui lui permettront d'identifier le meurtrier comme à ses personnages du roman.

    11/05/2017 à 20:19 7

  • Les Elues

    Maggie Mitchell

    8/10 Ce livre déstabilisera bon nombre d'amateurs de thrillers; certains adoreront alors que d'autres n'accrocheront pas.

    L'originalité de ce livre n'est pas de relater l'enquête sur la poursuite du kidnappeur, mais la vie postérieure à cet épisode traumatisant pour les deux jeunes filles de 12 ans. Une expérience d'autant troublante que l'on apprend au travers de flashbacks que les filles n'ont subit aucun supplice, aucune agression et qu'elles avaient une certaine liberté qui leur aurait permis de s'échapper à leur kidnappeur. Une des grandes questions de ce livre est donc : comment cet homme a convaincu deux jeunes filles de leur suivre et que comptait-il faire avec elles ?

    Bien sur l'auteure pimentera cette vie afin qu'il y ait un lien avec le passé (je ne vous en dis pas plus au risque de spoiler le milieu et la fin du livre), que ce passé ressurgisse de manière inattendue chez les deux jeunes filles devenues adultes.

    Ce roman n'est donc ni un thriller policier bien que l'on cherche à savoir ce qui s'est réellement passé lors du kidnapping, ni un thriller psychologique bien que l'on suivie l'évolution de leur psychologie, leurs sentiments, leurs interrogations. C'est encore moins un roman d'actions puisque l'histoire est lente.... mais construite comme un page turn, les pages défilent devant les yeux du lecteur.

    Alors laissez-vous tente

    05/05/2017 à 21:41 2

  • Mémoire cachée

    Sebastian Fitzek

    7/10 Le début de ce livre nous fait penser à L’armée des douze singe de Terry Gilliams ou La Mémoire dans la peau, de Robert Ludlum : un homme se réveille et ne se souvient plus de rien, même pas de qui il est, Si l’introduction de ce livre n’est donc pas original, elle a le mérite de positionner à égal le lecteur et le héros, et par conséquent de rapidement nous plonger dans l’histoire. Histoire qui va filer à 100 à l’heure dans l’univers de l’espionnage, des consortiums industriels surpuissants et des idéologues extrémistes. Ce qui est dommage c’est que la 4ème de couverture dévoile énormément de la « mémoire cachée » et gâche un peu le plaisir de la découverte pas à pas (page après page) de la vérité.

    En d’un thriller d’esionnage, l’auteur aborde un sujet épineux : la folle consommation des pays riche par rapport aux ressources naturelles, les impacts sur l’environnement et le délaissement des pays pauvres. Comme Sebastian Fitzek le rappelle en épilogue, les arguments chocs et choquants ne sont fournis que dans le cadre du scénario du livre et n’ont pour but que de nous faire réfléchir sur notre attitude avec la Terre.

    Côté écriture, le style s’est nettement amélioré, beaucoup plus fluide, plus rythmé, mais le principal de l’auteur défaut que j’avais déjà noté dans Le voleur de regard est la répétition. A plusieurs reprises sont rabâchés les arguments sur le sujet environnemental, étant assez conséquentes donnent une sensation de redite.

    Enfin, pour la version audio, la lecture est bien sur impeccable et bien que le lecteur ne prenne pas d’intonation particulière pour chaque personnage, de par le récit, leur distinction se fait naturellement. Le seul désagrément de cette version audio est le fond sonore : c’est comme si le micro était positionner au fond d’une boîte, la voix a une certaine résonance désagréable au départ, l’effet s’estompe au fur et à mesure.

    24/04/2017 à 21:51 2

  • Fin de ronde

    Stephen King

    8/10 Avec la série des Mr Mercedes Stephen King délaisse la monde du fantastique et de l’horreur pour s’aventurer dans l’univers du roman policier. Les deux premiers tomes (Mr Mercedes et Carnets noirs) ont montré que contrairement à ce que l’on pense, le genre littéraire du roman policier et du thriller est un genre à part qui n’est pas donné à tout le monde.

    Stephen King se rattrape avec Ronde de minuit dans lequel on retrouve les points clés d’un bon roman policier (sans pour autant arriver au niveau du thriller. Côté personnages on a bien sur un policier mal en point, une assistante originale, voire légèrement déjantée, un tiers avec des talents particuliers et un méchant plutôt mentalement pervers.

    Du point de vue de la rédaction, on retrouve un Stephen King en grande forme : le style est impeccable de fluidité, où les détails sont réduits au minimum mais font à chaque fois mouche pour stimuler l’imaginaire du lecteur. L’alternance entre le point de vue de Bill Hodges et celui de Brady Hartsfield tient le lecteur en haleine.

    Mais la particularité de ce lire est que, si Stephen King s’aventure dans le roman policier, il revient à ses premières amours. En effet, les agissements de Brady Hartsfield font intervenir la télékinésie nous fait penser à son premier roman Carrie, quant au média à Cellular. Mais cette originalité, cette combinaison de genres, marche bien et plaira aux amateurs… un peu moins pour les puristes.

    Un bon roman qui clôt admirablement la série.

    22/04/2017 à 13:07 2

  • Une putain d'histoire

    Bernard Minier

    8/10 Au travers de ce roman, Bernard Minier veut entrer dans la cour des grands.En abandonnant son héros fétiche, Martin Servaz et en positionnant son histoire en Amérique et non pas en région toulousaine, l’autre montre qu’il peut imaginer une histoire en dehors de son domaine de prédilection.

    Non seulement,il tente l’exercice mais il réussit l’essai…et détrônerait même certains maîtres en la matière en amenant une histoire originale, tarabiscotée mais solide, pleine de rebondissements et d’actions qui tiendront en haleine le lecteur tout au long des 500 et quelques pages. L’originalité provient essentiellement des personnages qu’il met en scène : des adolescents, catégorie largement délaissée en dehors des romans adolescents ou pré-adultes. Dans l’aspect enquête cela ma fait penser (de loin) au Club des 5,dans une version modernisée, plus musclée et sous speed pour l’enchaînement effréné de leur investigation.

    L’écriture de Bernard Minier a muri, je la trouve plus fluide, plus rythmée où l’auteur pose de nombreux pièges qui ne pourront être tous évités même par les lecteurs aguerris de thrillers.

    Au final, en changeant de style, de personnages, de lieux, Bernard Minier s’est révélé en vrai maître de thriller. Il ne lui restera plus qu’à montrer qu’il sait transposer ses talents dans la série des Martin Servaz.

    20/04/2017 à 21:19 5

  • Un cri sous la glace

    Camilla Grebe

    3/10 N'y allons pas par quatre chemins, je ne comprends pas, mais vraiment pas du tout les compliments des revues de presse que l'on peut trouver à propos de ce livre.

    Avant tout, ce n'est ni un roman policier ni un thriller psychologique, mais un roman à l'eau de rose au point où l'on se demande si on n'est pas en train de lire un livre d'une autre collection . Quel que soit le sexe des personnages, leur principale préoccupation est leur vie sentimentale et affective, de savoir pourquoi l'autre les a quitté(e); ou bien de se larmoyer sur leur enfance misérable. Et au cas où le lecteur n'aurait pas compris, l'auteure répète plusieurs fois l'histoire de chacun.

    Pour ce qui est de l'intrigue, elle est tellement maigre et sans aucune surprise que je n'en parlerai même pas.... ou disons pas plus.

    Quant au rythme du livre, c'est plat, sans aucun relief sauf le final qui nous réveille de cette léthargie de lecture.

    Ce qui est dommage car le style d'écriture de Camilla Grebe est plutôt fluide et la description de la vie suédoise intéressante.

    12/04/2017 à 21:19 5

  • Nuit

    Bernard Minier

    6/10 Il y a des auteurs qui malmènent leur héros et qui les usent jusqu'à la corde. Tout comme Jo Nesbo avec Harry Hole, Bernard Minier n'épargne pas Martin Servza dans nuit. Il bât même un record de vitesse quant à le mettre quelques sur la touche dès le troisième tome.

    Un point positif au crédit de Bernard Minier est l'évolution de son personnage. Loin de le cantonner dans une routine et un fonctionnement prédéfini, dans Nuit, l'auteur fait évoluer la psychologie de son héros : plus sombre, plus solitaire au point de délaisser son équipe. Cependant, et cette fois-ci gros point négatif à l'auteur, dans ce roman, en rendant Martin Servaz plus solitaire, il ne compense pas le délaissement de son équipe. S'il l'affuble d'une collègue suédoise, celle-ci est totalement insipide par rapport aux membres de son équipes hauts en couleurs, et n'apporte que peu de chose à l'histoire.

    Pour ce qui est de l'histoire, il n'y a pas vraiment de surprise, elle est plutôt linéaire, et les effets de dernières pages sont assez convenus. Cette fois, l'auteur ne nous sommet pas une intrigue dont il faut trouver la solution, mais un thriller, un histoire noire, dont nous sommes pris à témoin.... sans doute un héritage de son précédent roman Une putain d'histoire.

    En dehors de cela, ce roman policier est agréable à lire, l'auteur installe une belle ambiance et varie le rythme de son roman au fil des pages. L'écriture est toujours aussi fluide et les références musicales ne se limitent plus à Mähler qui rencontre peu d'amateurs dans son lectorat.

    10/04/2017 à 21:25 5

  • Je suis Pilgrim

    Terry Hayes

    9/10 Lorsque l'on parle de roman d'espionnage, nous avons en tête Tom Clancy et son Jack Ryan ou un Jeff Abbott et son Sam Cappra, on s'attend surtout donc un héro affrontant énormément d'actions.

    Je suis Pilgrim de Terry Hayes se situe à un autre niveau : certes l'action est au programme, mais elle n'est pas la composante principale du livre. Elle en est un moyen ou une conséquence, mais pas l'essence. Terry Hayes donne la part belle à la mécanique de l'espionnage, explique les différentes rouages qui viennent s'imbriquer pour faire l'histoire.... sans que cela soit lassant, un véritable tour de force.

    Là où l'on voit que Terry Hayes est un scénariste averti (il a collaboré par exemple à la scénarisation des Mad Max) c'est dans le façonnage de l'intrigue : cette fiction embarque des éléments réels comme les attentats des tours jumelles de New York. Nous n'avons plus l'impression de lire une fiction, mais un livre documentaire, une enquête d'investigation.

    De plus, Terry Hayes n'oublie pas de forger ses personnages avec de solides bases, tant dans leur histoire personnelle, leur vécu, leur psychologie. Il distille tout au long de l'histoire des éléments sur ceux-ci qui expliquent leurs décisions ou leur motivation.

    Et pour parfaire le tout, le style (et donc la traduction de Sophie Bastide-Foltz) est excellent : plus soutenu que ce à quoi nous sommes habitués, le style est très fluide et fait passer ce pavé pour un roman traditionnel.

    Si vous n'avez pas lu de roman d'espionnage depuis longtemps, alors n'hésitez pas longtemps, jetez vous à cœur perdu dans Je suis Pilgrim.

    09/04/2017 à 21:31 10

  • La Tête légère

    Olga Slavnikova

    4/10 Autant le dire tout de suite, je n'ai pas réussi à terminer ce livre. Non pas qu'il ne soit pas bon, que l'histoire ne soit pas originale, mais de par le style d'écriture.

    Car, sans tirer de généralité, mais phénomène que j'ai souvent constaté chez les auteurs de l'ex-univers communiste (Russie, Chine, ...), les auteurs ont une tendance à profiter d'une fiction pour dénoncer toute la complexité organique du pays. J'ai retrouvé cette tendance dans Le problème à trois corps de Cixin Liu.

    Le problème supplémentaire avec Olga Slavnikova est qu'elle a une "fâcheuse" tendance à commencer une phrase sur un sujet, de virer vers un second en cours de route, pour finir, parfois vers un troisième, et revenir au premier la phrase suivante.

    Ces deux défauts ne me permirent pas de trouver mon rythme de lecture, plus habitué aux page-turn et thrillers efficaces. Finalement, le plus souvent au bout de 10 pages, je fermais le livre.

    Ce qui est bien dommage puisque l'histoire commençait bien, son idée était original et l'auteur mettait rapidement en œuvre les différents moyens de pression sur Maxime T. Ermakov en vue qu'il se suicide. On comprend bien le parallèle avec le pouvoir politique et le sacrifice de l'individu au profit de la communauté.

    En conclusion, je dirais que ce livre n'est pas mauvais mais qu'il ne me convenait pas. Il me fait penser à Crime et Châtiment de Fiodor Dostoïevski, que j'ai lu il y a bon nombre d'années, tant dans l'histoire que dans la forme. Alors si vous êtes amateur de ce genre littéraire, foncez, je pense que vous passerez un bon moment de lecture.

    26/03/2017 à 21:39 1