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Cripple Creek
7/10 La lecture de la série ayant pour personnage principal John Turner vaut plus pour les dialogues sur le sens de la vie, de l’évolution de la société, sur la signification des choses, que pour l’enquête policière, qui, finalement, ne sert que de prétexte à James Sallis à écrire.
Le point de départ, cette arrestation d’un chauffard qui transport un sac comportant 20.000 $, se noie au fil des pages par les histoires du passé de John Turner. Comme dans le livre précédent, c’est ce qui me plaît le plus : découvrir cette personnalité, l’histoire de John Turner, policier à Memphis, son passage en prison et son métier de psychologue. Et puis également, les personnages secondaires : ici, on découvre la fille de John Turner, elle-même policière, son amie Val, avocate dans les affaires sociales, et ses collègues. On rentre dans l’intimité du personnage et découvre le poids de son passé.
Je vais de ce pas me plonger dans le dernier (le plus court) des livres de la série qu’il convient de lire dans l’ordre et me délecter des dialogues pertinents et remplis de bon sens de John Turner.
14/01/2026 à 13:24 3
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Bois mort
7/10 Ce que j’apprécie le plus dans les séries des polars, ce sont les personnages récurrents que leur auteur distille. En règle générale, ils ont un passé sombre, un entourage nébuleux et un avenir fragile. Avec sa série consacrée à John Turner, James Sallis met en scène le faux jumeau américain de Jack Taylor (tiens, les mêmes initiales !) né de la plume de l’irlandais Ken Bruen. Avec le goût de la boisson en moins. Mais un passage dans la police qui a laissé des marques et un goût pour des répliques lumineuses, et une philosophie de la vie unique.
Après sa sortie de prison, John Turner est venu vivre dans la campagne du Tennessee. Son passé l’a suivi, et le shérif local, comme le maire, font appel à ses anciennes compétences d’enquêteur pour avoir sa vision sur un meurtre. Celui d’un jeune vagabond trouvé mort empalé par un pieux.
Comme l’écrivain irlandais, James Sallis se sert du prétexte de cette enquête policière pour dérouler, de manière alternative, l’histoire de John Turner, et la vérité sur cette affaire. C’est d’ailleurs, à mon avis, le passé du personnage qui est le plus attrayant dans ce livre. Comme sa personnalité faite de principes, de bienveillances et de clairvoyance. Et c’est aussi pour ce John Turner que je vais poursuivre la lecture de cette série, en espérant que l’enquête s’avérera plus passionnante.12/01/2026 à 13:36 2
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Conspiration
7/10 Avec Conspiration, Luke McCallin signe ce que l’on appelle dans le milieu des séries télévisées, un préquel. En effet, on retrouve dans ce livre son personnage principal, Gregor Reinhardt, le policier de la Kripo, rencontré dans les livres précédents pendant la Seconde Guerre mondiale, désormais tout jeune lieutenant de 19 ans pendant la Première Guerre mondiale.
En cette année 1918, Reinhardt va être invité par ses supérieurs à suivre une enquête sur un attentat visant plusieurs militaires allemands réunis secrètement. Il va être confronté à une résolution expéditive. Mais animé par la quête de la vérité, il va être résolu à poursuivre l’enquête à ses risques et malgré les menaces et autres dangers.
Si, dans sa postface, l’auteur anglais réfute d’avoir écrit un livre historique, Conspiration, outre une enquête aussi intéressante que, il faut bien se l’avouer avec ses 600 pages, fastidieuse, propose de présenter la période de la fin de cette Guerre. On découvre le front russe, la mutinerie des soldats russes à La Courtine (Creuse), la vie des tranchées, la vie à Berlin, les effets post-traumatiques des soldats allemands (appelés à l’époque « l’obusite »), les conditions hygiéniques des soldats allemands (notamment l’accent mis sur les terribles poux infestant les soldats)…
Luke McCallin a écrit une suite, tant espérée, des enquêtes de Gregor Reinhardt. Mais Conspiration souffre, à mon regret, d’une enquête qui s’englue au fil des pages, par une volonté, je pense, de l’auteur à vouloir apporter beaucoup d’éléments sur cette terrible Guerre. Espérons que, puisqu’il est annoncé la poursuite des enquêtes de Gregor Rhienhardt qui se dérouleront dans l’Allemagne de l’entre-deux-guerres, les enquêtes soient plus passionnantes et moins foisonnantes d’éléments factuels qui écrasent l’histoire (avec un petit h) écrite par un auteur somme toute très talentueux.06/01/2026 à 13:53 2
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Cinq ciels
7/10 J’ai découvert Ron Carlson avec Le Signal, un roman où se mêlaient nature sauvage, nostalgie amoureuse et mission hors-la-loi. Ce fut un véritable plaisir et une agréable découverte confirmés avec la lecture d’une autre œuvre de l’Américain, Retour à Oakpine. C’est donc tout naturellement que j’ai voulu me pencher sur Cinq ciels.
Mais, ma lecture débutant, je me demandais quel était le sujet de ce livre. On découvre Darwin, chef d’équipe, qui recrute deux « étrangers » de la ville de Mercy, située en plein Idaho : Arthur Key, un technicien réputé des effets spéciaux et cascades pour le cinéma ; Ronnie Panelli, un tout jeune garçon, petit délinquant ayant fugué de chez lui. Darwin les a embauchés pour construire une mystérieuse structure (dont la nature se dévoilera au fil des pages) dont le chantier s’écoulera jusqu’à la fin de l’été.
Au fil et à mesure de l’avancée des travaux, les 3 protagonistes se découvrent et leurs blessures se dévoilent. Ce chantier est un exutoire et cette amitié naissante, un pansement qui soignera les plaies laissées par la vie. Une vie fragile comme les plaies qui peuvent se rouvrir à la moindre blessure.
Ce fut une lecture déconcertante car, si comme toujours, la plume de Ron Carlson est un régal en matière de sensibilité et d’ouverture au milieu naturel que constitue l’Idaho, Cinq ciels ne regorgent d’aucune intrigue ou de suspens. Il y a des morts et des bagarres, mais, je le précise si besoin, on est loin du roman noir. Cinq ciels propose un roman sur l’amitié, le pardon et la reconstruction de soi, avec pour toile de fond un paysage sauvage et préservé.05/01/2026 à 13:20 4
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Généalogie du mal
9/10 Quand Yujin se réveille ce matin dans son lit, il se rend compte que ses habits sont couverts de sang. Pas dû à un saignement de nez. Il est littéralement souillé par du sang. C’est l’incompréhension. Qu’est-ce qui a pu lui arriver ? Il ne semble pas blessé : seuls ses habits sont imprégnés de sang. Sautant de son lit, il découvre des traces de pas ensanglantés. Elles le mènent vers son lit. Il en déduit qu’il en est l’auteur. Mais d’où provient ce sang ? En descendant vers le rez-de-chaussée du duplex, il constate que sa mère est morte, la gorge tranchée.
Yujin est sidéré. Il souhaite avant toute chose comprendre ce qu’il s’est passé, si l’auteur de ce massacre est encore dans les murs, et pourquoi un tel acharnement. Il se refuse d’appeler la police à qui il ne pourrait donner aucune explication. Il essaie donc de se remémorer la soirée de la veille. Lui qui souffre d’épilepsie tente de rassembler ses souvenirs. Aussi, pour trouver la clé qui lui permettra d’ouvrir sa mémoire, il a besoin de temps. Alors que son frère adoptif doit revenir prochainement de son voyage professionnel, il tente de savoir s’il peut être l’auteur du meurtre de sa mère. Pour lui permettre de comprendre, il a besoin de délai supplémentaire. Aussi, il décide d’effacer toutes les traces de sang à la javel et de dissimuler le corps de sa mère, et taire à son frère l’absence de leur mère.
Yujin tente, petit à petit, d’élaborer les hypothèses probables de ce meurtre, le mobile et la personne qui a pu commettre l’incommensurable. Son frère adoptif, sa tante, les deux personnes qui lui posent des questions suspectes ? Il en arrive à la seule conclusion qu’une seule personne a pu tuer sa mère….
Je découvre par ce livre, à la fois, le polar coréen, et cette autrice avec ce qui est, semble-t-il, son best-seller.
C’était une gageure de faire réfléchir pendant 500 pages (en version poche) son personnage principal sur ce meurtre, sur l’élaboration des différents scénarios, à exclure des pistes et à ne retenir que l’essentiel. On est loin d’une version « sherlockholmesienne » de la résolution de l’intrigue. Ici, c’est un roman psychologique et introspectif. Et à l’instar de Yujin, j’ai élaboré des raisonnements mettant en balance les différentes pistes, des hypothèses, des déductions. Pas un instant, je ne me suis lassé et au contraire eu plaisir à plonger avec lui dans les troubles de la mémoire, dans cette intrigue et dans la quête de son histoire. Un très bon livre, mais conseillé aux seul.es amateurs de polars psychologiques.31/12/2025 à 10:00 3
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La Loi des collines
8/10 3ème épisode de la série consacrée à ce policier militaire, Mick Hardin, dans ses collines du Kentucky. A 39 ans, Mick vient de prendre sa retraite de l’armée. Il revient sur sa terre familiale, Rocksalt, avant de partir en Corse où il souhaite y aller en villégiature. Sa sœur Linda est toujours shérif de la ville. S’il a quitté ses fonctions de policier militaire, ses compétences d’enquêteur vont être sollicitées quand il va devoir revêtir l’insigne de shérif adjoint et se plonger dans les meurtres liés aux combats de coqs et d’autres liés à des anciennes histoires familiales.
Bien que représentant de l’ordre, Mick Hardin va faire appliquer sa propre loi, la seule qu’il connaisse et qui marche au Kentucky, la loi des collines. Il réglera ces affaires en son âme et conscience, quitte à fermer les yeux et arranger les faits, et laisser filer quelques criminels.
C’est toujours un régal de retrouver la plume de Chris Offutt qui écrit avec passion son Kentucky, ses collines, ses oiseaux, et celles et ceux qui y vivent. La Loi des Collines offre une histoire emprunte d’humanité, de rudesse, des traditions séculaires. Un peu en mode « pilotage automatique », l’auteur américain propose un 3ème épisode convenu, sans surprise, mais toujours plaisant. Je vais attendre le prochain tome de cette série, Chris Offutt ayant eu la bonne idée de poursuivre les aventures de Mick Hardin.31/12/2025 à 09:14 5
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Si loin de toi
8/10 J’ai découvert Tess Sharpe avec son second livre, Mon Territoire, mettent en scène la courageuse et forte Harley, sous fond de trafic de drogue : un roman sombre dans lequel sa jeune autrice faisait preuve d’autant de maitrise que de maturité.
Dans ce premier roman, Si Loin de Toi, Tess Sharpe prend également comme personnage principal une jeune fille, Sophie, que la vie n’a pas épargnée. Miraculée d’un accident de voiture à la suite duquel elle est devenue accro aux opiacés, elle a ensuite, contrairement à son amie Mina, échappée à la mort.
Le lecteur est invité à découvrir, chapitres après chapitres qui alternent passé-présent, la naissance de cette idylle, et la quête de l’origine de ces drames.
Cette jeune autrice fait preuve d’une écriture et d’un style remarquable. La présentation de cette intrigue est bien ficelée, et les deux jeunes filles sont très attachantes.
Toutefois, je déplore ce final que je trouve « tiré par les cheveux » (par exemple, la présence de l’hélicoptère est too much à mon goût et apporte un incohérence à cet épisode) qui gâche cette histoire qui aurait pu, à mon avis, aboutir à un sans-faute.
31/12/2025 à 08:45
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Le Dernier des Iroquois
7/10 Eddie Virago quitte son Irlande natale pour Londres. Lui, le beau gosse, part seul avec sa guitare et sa crête d’Iroquois, et surtout ses rêves de succès dans sa quête de prochain nouveau groupe de musique.
Sur le bateau qui l’emporte conquérir le monde londonien des années 90, il rencontre Marion. Ce qui ne devait être qu’une simple rencontre va perdurer. Ces deux tourtereaux qui ne s’avouent pas leurs sentiments prennent ensemble une chambre au Brightside Hotel, tenu par cet attachant Indien, Monsieur Patel.
Entre galères, petits boulots, embrouilles, parties de sexe intenses, alcool, Eddie se rend compte que Marion et lui, cela commence à devenir sérieux. Ils auront beau se cacher leurs sentiments, se mentir, cet Amour les fuira malgré tout. Et comme toute histoire irlandaise, ce n’est jamais le bonheur qui gagne.
Joseph O’Connor signe avec Le Dernier Iroquois un roman sur le difficile apprentissage du monde adulte, sur l’acceptation et le courage d’aimer sur le fond d’une peinture d’un Londres et d’une Irlande en profonde mutation. Une lecture plaisante même si ce livre n’intéressera que les amateurs de l’écrivain irlandais ou d’histoire de punk à l’eau de rose.
30/12/2025 à 11:31 1
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Topographie de la terreur
8/10 A travers l’enquête menée par le personnage principal, Gerhard Lenz, commissaire à la Kripo, sur le meurtre de deux médecins, Régis Descott nous dépeint la société berlinoise en 1943, en mettant en avant les actes isolés de la résistance allemande face au régime nazi.
On vit les terribles bombardements des Berlinois, le quotidien fait de dénonciations, découvre l’homme prêt à tout, comme de dénoncer les Juifs alors que l’on l’est soi-même.
Tout dans ce livre, richement documenté, est vrai, même si tout est présenté de manière romancée : les réseaux clandestins pour sauver des Juifs cachés dans des caisses de meubles embarqués dans des trains ; caches dans les caves ou greniers des immeubles à Berlin,…
Si tout est véridique dans ce livre, il ne faudrait pas en oublier cette enquête qui met en avant sous un autre aspect, une autre forme de résistance.
Je découvre avec cette Topographie de la terreur son auteur, Régis Descott qui a eu le talent de proposer un énième roman policier avec pour cadre le IIIème Reich sans tomber dans le cliché ou la copie cachée. Il a fait de ce livre une œuvre majeure pour ne pas oublier que la haine humaine n’a pas de limite mais qu’il y aura toujours chez l’homme, courage et résistance.30/12/2025 à 10:37 3
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Le dossier Anténora
Jean-François Muracciole, Lucie Muracciole
9/10 C’est cette photo en noir et blanc qui illustre la couverture qui est à l’origine de ma lecture de Le Dossier Anténora. Je la trouve vraiment aussi magnifique que mystérieuse et troublante. Que regarde cette femme au regard fuyant dans ce bus qui traverse Paris, ignorant cet homme assis en face d’elle ? Une couverture tout aussi romantique qu’intrigante.
Le Dossier Anténora est l’œuvre du couple Muracciole, Lucie et Jean-François. Ils nous offrent un roman trépidant avec pour cadre ce Paris de Mai 68. Et les faits sont multiples :
- Des scientifiques sont assassinés,
- Jim Clyde, astronaute américain, s’entraîne pour la Mission Apollo 12, est envoyé en congé forcé à Paris avec sa femme : il délaissera madame à l’hôtel et s’enfuira avec son ancienne maitresse parisienne, Laure, mettant en alerte la CIA,
- Le Clan des DS noires dévalise les banques parisiennes et se prend pour les Robins des Bois modernes,
- Un professeur qui vient d’éditer une nouvelle traduction de La Divine Comédie de Dante craint pour sa vie,
- Des espions russes qui sillonnent les pavés parisiens,…
- Au cœur de tous ces événements, le commissaire Pujaud fera la lumière sur ces affaires, qui, comme on s’en doute, vont s’entrechoquer.
Avec des chapitres courts et rythmés, cette multitude de personnages et d’événements intrigants, on ne s’ennuie pas une seconde et avale avec gourmandises ces 570 pages.
Historien de profession, Jean-François Muracciole accompagné de son épouse nous offre un roman où se mêlent enquêtes policières et événements historiques. Les personnages secondaires (comme Léontine et l’auteur des Barbouze, Lefranc, la femme de Pujaud, Josette,…) sont très plaisants voire attachants. Un roman injustement méconnu mais qui mérite, par sa qualité, que la lumière soit faite sur Ce Dossier Anténora.30/12/2025 à 10:19 2
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Les Marches de l'Amérique
9/10 Le 10 avril 1815 naquit à Plymouth, dans l’état du Massachusetts, Tom Hawkins. Ce petit garçon silencieux qui, quand il ouvrait la bouche avec parcimonie, explorait l’âme des gens, va devenir un tueur d’hommes. Dans cette Amérique dont les frontières ne sont pas encore arrêtées, c’est la loi du plus fort qui règne. Si Tom Hawkins est parti à l’Ouest, ce n’est pas tant pour son esprit aventurier, ni en tant que chasseur de territoires. S’il est parti de chez lui, c’est qu’il a tué son père, et qu’il a dû fuir et loin.
Son périple lui permettra de retrouve Pigsmeat (son véritable nom est pire que ce surnom), son voisin avec qui il bâtira sa réputation, dont les meurtres trouvent leur origine dans les maux de tête dont il souffre atrocement.
Ensemble, ils croiseront le chemin de Flora. Cette métisse est devenue la propriété de Boss, dont il donnera un semblant d’éducation, et qu’il enfermera dans une chambre pour son usage privé et exclusif. Esclave sexuelle, elle deviendra la prostituée qui va pouvoir trouver sa liberté.
Les Marches de l’Amérique est un livre qui se déguste. Lance Weller raconte cette Marche de l’Amérique vers sa construction, faite au prix du sang, de la poussière et par des personnes aussi désœuvrées que sauvages. C’est l’histoire de Tom Hawkins et de Flora.
Exit les dialogues à foison, et les phrases courtes et à la lecture rapide : la prose de l’écrivain américain est contemplative, descriptive, et très poétique. Chaque personnage a une histoire propre, dont le périple est composé d’épisodes aussi savoureux qu’effrayants. Une Conquête de l’Ouest vue à travers des âmes aussi torturés que belles. Encore une fois, un très beau livre de Lance Weller.29/12/2025 à 14:08 2
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Les Filles de Roanoke
6/10 Suite au suicide de sa mère, la jeune Lane est recueillie par ses grands-parents, à Roanoke, dans le Kansas. Du haut de ses 16 ans, Lane ne comprend pas la mise en garde que lui avait adressé sa mère sur Roanoke. Cette propriété familiale construite par son grand-père, grâce à la fortune du pétrole sur les terres, est très accueillante. Ces grands-parents qui n’avaient pas encore rencontré leur petite-fille sont ravis et empressés de voir Lane et de l’accueillir : c’est véritablement l’amour qui resplendit dans cette demeure.
Lane y fait la connaissance de sa cousine, Allegra. En pleine adolescence, ces 2 filles s’entendent merveilleusement, comme 2 sœurs. Elles font tourner la tête de tous les jeunes de la ville : comme toutes les filles de Roanoke, avant elles, elles sont resplendissantes et attirantes. « Avant elles », oui, car toutes les femmes, à savoir leur mère, et donc tantes, étaient magnifiques mais ont disparu, décédées par suicide, principalement.
Quelques années plus tard, après avoir fui Roanoke pour la Californie, Lane est sommée par son grand-père de revenir à Roanoke : Allegra a disparu. Lane, par culpabilité d’avoir laissé Allegra seule à Roanoke, et aussi par attirance pour cette demeure familiale, revient chez ses grands-parents. Elle y retrouve son grand-père, pour qui l’amour de sa petite-fille ne s’est pas altéré avec le temps. Mais Lane sait pourquoi elle a fui Roanoke : pour vivre. Car celles qui n’ont pas fui sont mortes. L’amour est une prison, un sentiment égoïste qui détruit de l’intérieur, qui dévore les filles de Roanoke, car ici, il s’agit d’un sentiment voire une obsession dévorante de puissance.
Je me suis ennuyé pendant les 80% de ce livre. Amy Engel ne cueille pas à froid son lecteur : il apprend très vite ce qui ce trame dans cette histoire aussi malsaine que répugnante. Aussi, il lit des chapitres alternant passé-présent à la découverte des personnages, et ce que les amis d’Allegra et de Lane sont devenus. Ce n’est pas très passionnant ni intriguant. Seules les 80 dernières pages offrent un peu d’intérêt sur une histoire de secret familial abjecte mais ce livre n’offre aucune originalité, surprise ou fascination.19/12/2025 à 12:13 2
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Au nord de la frontière
8/10 En ce 15 août 1992, au petit matin, Victor Landis apprend la mort de son frère, Franck, ce frère qu’il n’a pas vu depuis plusieurs années, à cause d’une « histoire de grande personne ». En même temps que ce drame, il découvre que Franck a laissé une veuve et une fille, que Victor ne connait pas. Leur seul point commun, à part celui d’être devenus des étrangers ? Les 2 frères sont devenus shérif ; Victor dans cette petite ville de Georgie, appelée Blairsville ; Franck à Trenton.
Victor apprend que Franck est mort dans des circonstances étranges que la police locale, les collègues de Franck de surcroît, ne semble pas pressée d’éclaircir : accident de voiture avec délit de fuite ou meurtre, alors que le corps semble avoir subi plusieurs passages de roues ?
Victor aurait aimé laisser cette affaire loin de lui, à l’image de ses relations fraternelles. Mais sa « nouvelle » nièce de 11 ans dont il fait la connaissance lors des obsèques lui fait promettre de découvrir la vérité.
La vérité ? Quand il commence à se pencher sur cette affaire, il découvre que Franck semblait être en étroite relation avec les frères Russell, des truands notoires du coin. Tout le monde a l’air de vouloir étouffer l’affaire.
C’est alors que la découverte de corps de jeunes filles permet à Victor de passer à autre chose. Mais plus il s’éloigne de l’affaire de son frère, plus celle-ci lui revient en pleine figure.
Victor va devoir faire preuve de force de caractère afin de changer sa vision des choses, et notamment faire fi de son passé avec son frère. La seule perspective pour lui de trouver la vérité dans ces affaires qui semblent être de véritables bourbiers.
Au Nord de la frontière est un polar très addictif de RJ Ellory dans lequel le personnage principal est confronté à un problème de conscience lié à son histoire fraternelle. Ici le Shérif est taiseux, solitaire confronté à un passé douloureux et à des affaires macabres. Un livre à plusieurs temps qui se déguste différemment, avec une motion particulière pour cette nièce à la force et au tempérament bien trempé, qui montre que les blocages psychologiques sont une erreur de l’âge.16/12/2025 à 09:43 5
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Le Dernier Arbre
9/10 Dans ce roman dense, Tim Gautreaux propose de suivre la vie à Nimbus, en Louisiane, dans cette exploitation forestière. Dans ce microcosme, la vie s’organise avec ses déboires, et notamment via la mafia sicilienne qui accapare le saloon, son débit de boisson et ses jeux de carte. Byron, constable et ancien soldat de la Grande Guerre, meurtri psychologiquement, essaie de faire régner un semblant d’ordre, toujours à portée de main son phonographe à écouter des chansons mélancoliques.
Sommé par son père de retrouver son frère, Byron, Randolph va devenir le patron de la scierie à Nimbus. Dans cette grande et riche famille d’exploitant forestier, les traditions familiales sont importantes. Remettre Byron dans le droit chemin et poursuivre le commerce du bois est une gageure. Randolph va ainsi tenter de raisonner son frère. Il va être confronté à cette violence et la vengeance imparable de la mafia. Il y rencontrera un univers humide et rude, des hommes et des femmes courageux bien que miséreux.
L’auteur nous dépeint des personnages forts (je pense, entre autres, à cette gouvernante, May, pour qui avoir un enfant d’un blanc lui offrira une nouvelle vie) et des moments intenses, et des passages forts (cette confession de Byron sur les batailles en France et son traumatisme). C’est aussi un cadre oppressant avec cette forêt aussi riche qu’hostile que l’on voit disparaître, jusqu’au dernier arbre.
15/12/2025 à 11:38 5
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J'ai épousé une ombre
9/10 17 cents. C’est la somme qu’il reste à Helen dans le train. Train qui l’emmène de New-York à San Francisco et que cet homme, avec qui elle a vécu un court laps de temps, lui a fait prendre pour l’éloigner à jamais de sa vie, comme un ultime acte de lâcheté et d’adieu.
17 cents, une somme misérable à l’image de la vie de cette toute jeune femme de 19 ans. Enceinte de surcroit. Et dans ce train, elle fait la connaissance de ces jeunes mariés, Hugh et Patricia Hazzard, enceinte également. Ces tourtereaux se sont rencontrés en Europe où ils se sont mariés. Ce train les emmène à Caulfield, chez les parents d’Hugh, afin que ces derniers fassent enfin connaissance de Patricia et où pourra naître leur enfant.
17 cents, c’est l’argent qu’elle a toujours dans sa poche quand elle se réveille dans ce lit d’hôpital à la suite de l’accident du train. Et qu’elle comprend sans vraiment réaliser qu’on pense qu’il s’agit de Patricia Hazzard, seule survivante du couple.
17 cents, c’est aussi la somme qui, non sans un sentiment de culpabilité, reste dans sa poche, alors qu’elle décide de prendre l’identité de Patricia Hazzard, tandis que ses beaux-parents découvrent enfin et avec beaucoup d’affection la femme de leur fils décédé, avec leur petit-fils. C’est d’ailleurs pour lui et pour lui éviter cette vie de misère qu’elle devient cette Patricia et bénéficie de l’amour indéfectible de ses « beaux-parents ».
Mais chaque jour elle envisage de dévoiler la vérité. Mais il y a toujours une raison qui la pousse à se retenir. Mais quand surgit un homme du passé, le drame n’est pas loin.
Véritable roman à suspense, on est à l’image d’Helen/Patricia tiraillé psychologiquement. Le premier tiers du livre installe l’intrigue, les personnages et le cadre, et n’est pas des plus passionnants. Mais une fois passé ce cap, on est constamment rempli d’empathie, de peur, … Un mélange d’émotions parcourt cette lecture et qui fait de J’ai épousé une ombre un livre incontournable de l’oeuvre de son auteur, le talentueux William Irish.
27/11/2025 à 15:27 2
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L'Embaumeur
8/10 Le sous-titre de ce livre est L'odieuse confession de Victor Renard. Oui, nous avons bien affaire à une confession devant un tribunal du sieur Renard que le lecteur découvre. Une audition pleine d’interrogations et remplie de mystères.
Nous sommes à la fin du XVIIIème siècle, en période postrévolutionnaire. Pendant les 11 jours d’audience, Victor Renard, dans un monologue, expose ce que fut sa vie. Il sait qu’il est voué à la guillotine et, dès lors, décrit de manière chronologique les événements de son existence malheureuse, faite de brimades de la part de sa mère, surnommée La Pâqueline, qui l’appelle « Victordu », du fait de son infirmité, le cou penché, sévices subis lors de l’accouchement, ayant, semble-t-il, causé la mort de son frère jumeau. Décès dont sa mère l’accuse, et qui ne lui pardonne pas.
Si sa jeunesse ne fut que réprimandes, il est pris en charge à son adolescence par Monsieur Joulia, embaumeur parisien. Véritable père pour lui, Victor sera entouré d’affection et formé pour poursuivre ce métier qui lui vaudra fortune, lui apportera l’amour mais causera sa déchéance.
A la manière de Shéhérazade dans le Conte des Mille et une nuits, Victor Renard envoûte son public avec les épisodes de sa vie, ses rencontres avec sa femme et son Amour, avec l’art de l’embaument… C’est surtout pour le lecteur la découverte d’une peinture de cette société française de cette fin de XVIIIème siècle, révolutionnaire mais aussi royaliste, l’hygiène, ses mœurs,…
Pour ma part, j’ai découvert l’utilisation des mummies dans la peinture de l’époque, (cette couleur ocre obtenue par le sang du cœur des Rois de France, volés par les Révolutionnaires en 1789) et l’art de l’embaument (seul moyen sanitaire pour garder les corps des morts).
Je pensais, à la lecture du titre, découvrir une histoire digne de Le Parfum de Patrick Süskind. Si les thèmes se rapprochent, la ressemblance s’arrête là. Ce n’est pour autant que cette lecture n’est pas intéressante. Même si, j’avoue, j’ai trouvé des longueurs et l’acte dont pouvait être accusé ce Renard, la lecture est vraiment intéressante. L'Embaumeur est indéniablement un livre marquant par son style, ses personnages puissants (La Pâqueline fait d’ailleurs l’objet d’un autre livre de l’autrice), l’histoire et son contexte historique.27/11/2025 à 11:08 2
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Délivrance
8/10 Quatre amis décident de faire du canoë tout un week-end : Lewis, Ed, Drew et Bobby. Lewis, le plus amateur de sensations fortes mais aussi le plus survivaliste du groupe, vante une escapade emprunte de sensations fortes, de découvertes de la nature et de soi ainsi que de chasse aux cerfs.
C’est ainsi que tous les 4 partent à l’aventure sur la Cahulawassee, cette rivière qui, suite à la construction d’un barrage, doit inonder prochainement le comté. Ultime chance pour les amis de passer un bon week-end où s’inviteront la musique et l’alcool, et avec un peu de chance, un bon gibier cuit au feu de camp.
Mais cette escapade va virer au cauchemar. Dans cette rivière aux terribles remous, s’ajoute un danger encore plus terrible : ces hommes des montagnes, qui sont tous issus de la même famille, qui ne vivent que de pêche, de chasse, ou de distillerie de contrebande, qui sont surtout sans foi ni loi.
Une malencontreuse rencontre va faire tomber cette virée entre potes en scénario de film d’horreur. A la lecture, et sous une plume de James Dickey qui n’épargne rien au lecteur, on ressent tous les sentiments horribles que traversent les 4 amis. Véritable tension psychologique, ce livre, sous la parole de Ed, nous pousse dans nos retranchements : chacun des protagonistes vit de terribles épreuves et devra trouver des ressources cachées pour tenter de survivre, jusqu’à la mort.
Après une introduction un peu lente, on rentre dans ce livre en étant sidéré par des passages atroces, des moments de calme qui n’annoncent qu’une tempête insoutenable. Une tension palpable à chaque page. Je ne connais pas le film qui a été tiré de ce livre, mais je serais curieux de voir s’il est à la hauteur de ce livre.
24/11/2025 à 10:04 2
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Free Queens
8/10 Serena Monnier, journaliste pour Le Monde et The Guardian, se rend au Nigeria pour écrire un papier relatif à un procès se tenant en France mais impliquant une très jeune Nigériane. Cette dernière accuse et dénonce les réseaux mafieux dont son pays constitue un vivier de la prostitution.
Le sergent Oni Goje est un agent de la sécurité routière à Kaduna qui a découvert le corps sans vie de deux jeunes filles au pied d’un amas de détritus et de ferraille rouillée. Viré de la police fédérale du Nigeria, il aura pour principe de découvrir l’identité de ces jeunes filles, jetées aux ordures, et de faire la lumière sur leur terrible sort.
Peter Dirksen est le responsable du développement marketing de la filiale nigérienne de la célèbre bière First. A cette fin, il a dû moderniser les méthodes du groupe, les adapter au client et à la morale nigériane. Et la commercialisation est assurée par des entraîneuses inviter à faire boire de la First au client.
Corruption des politiques et des policiers, prostitution, sous fond de COVID-19 (on est en 2020), et de Boko Haram, Marin Ledun offre avec Free Queens une image réaliste et glaçante du sort des jeunes femmes nigérianes et de la politique de ce pays. Comme il sait si bien le faire, l’auteur français distille une intrigue foisonnante, très détaillée voire complexe. Il m’est arrivé à ne plus savoir qui était qui et surtout où se déroulait l’action. Pas le plus attachant des romans de l’auteur du fait de la multitude des protagonistes mais l’objectif de ce livre de dénoncer ces terrifiantes pratiques est atteint.21/11/2025 à 12:09 2
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En attendant la vague
8/10 L’auteur italien propose au lecteur de suivre la thérapie de Roberto Marias et ainsi découvrir ce carabinier, sa vie et ce qui l’a amené à consulter un psychiatre. On découvre les anecdotes intéressantes de son métier d’infiltré dans le milieu des narcotrafiquants, et de sa vie personnelle et des doutes existentielles.
Les chapitres consacrés à Roberto sont entrecoupés par ceux qui retracent les rêves de Giacomo dans lesquels ce collégien, en compagnie de son chient imaginaire et parlant, Scott, tente de parler à son amoureuse, la belle et troublante Ginevra.
Roberto fera la rencontre d’une des patientes du psychiatre, Emma, avec qui il va redécouvrir le sourire, la beauté de sa ville, Rome, et tenter de trouver goût à la vie. Car « attendre la vague, c’est une chose, sauter sur la planche quand elle arrive, c’en est une autre ».
Gianrico Carofiglio livre avec En attendant la vague une très belle histoire sur le temps, la tristesse, le bien et le mal, la joie et la culpabilité. Mais surtout sur le pardon, le plus difficile des actes de la vie, encore plus quand on l’exige de nous-même.
21/11/2025 à 11:13 4
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Plan de vol
8/10 Le père de Tim lui annonce que, sa mère attendant un œuf, il doit désormais prendre son envol, et voler de ses propres ailes. Tim devient désormais un PDF (Pigeon Dans la Fiente) : il est à la rue quoi ! Fini les envolées avec son pote Ernest à envoyer des fientes sur les têtes des gens d’en bas, il faut se trouver un toit.
Mais Tim a trouvé une place dans un grenier où se trouvent de drôles de plantes avec de grosses ampoules dessus. Si les grandes feuilles sont assez jolies, les petites boules d’herbe sont aussi odorantes que succulentes. Et depuis Tim parle. Avec Tristan, cet humain, avec qui il va monter une petite combine. Tim se lancera dans un petit trafic lui permettant de conquérir sa pigeonne bien-aimée avec qui il roucoulera en justes noces. Pense-t-il…
Jacky Schwartzmann prend comme personnage ce pigeon, prétexte pour se moquer de notre société et de ces humains absurdes et fous. Une petite histoire drôle qui ravira les amateurs de l’auteur bisontin. Une petite récréation en attendant soit une adaptation cinématographique de ses livres ou soit un livre plus consistant.
05/11/2025 à 15:07 4
