Le Jeu de la rumeur

(The Rumor Game)

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  • 8/10 Dans ce Boston de 1943, où l’attaque de Pearl Harbor résonne encore, l’industrie américaine est en pleine effort pour fabriquer les armes, les navires de guerre… Mais c’est peu dire que l’implication des Etats-Unis dans cette guerre ne fait pas l’unanimité. Une belle frange de la population voit d’un mauvais œil le fait de combattre à côté de l’ennemi juré, l’URSS. Il n’y a qu’un pas à franchir pour qualifier de communistes ceux qui veulent combattre en Europe, contre ceux qui sont bons catholiques, à l’instar de l’Allemagne. L’antisémitisme bat son plein ; les violences envers la communauté juive sont quotidiennes.

    D’ailleurs, un ouvrier juif travaillant dans une usine d’armement est trouvé assassiné dans une ruelle, avec une serviette signée de la croix gammée mise dans sa poche.

    Devon Mulvey, agent du FBI, mène l’enquête sur les espions qui compromettraient l’effort de guerre.

    La journaliste Anne Lemine s’occupe de la rubrique « La Clinique des rumeurs » dans le journal local, Le Boston Star. Elle cherche à rétablir la vérité sur toutes les rumeurs entendues, sachant qu’au regard du contexte, elles portent sur les Juifs, les femmes travaillant à proximité des soldats,… tout ce qui s’avère négatif à l’ambiance générale.

    Et les parcours de Devon et d’Anne vont se percuter. Anne, à l’esprit combattante et téméraire, va bousculer les principes de Devon issu d’une famille bien établie à Boston, toujours à la recherche d’établir la vérité.

    La nouvelle saga de Thomas Mullen est, comme avec Darktown, un écrivain qui établit sa trame de polar dans un contexte historique attrayant et intéressant. Ici, l’entrée en guerre des Etats-Unis attisent les haines, les groupuscules extrémistes emploient la manière forte. Le Gouvernement établit des lois totalitaires pour « contrôler » voire enrayer les libertés publiques (celle de la presse, notamment). Une presse confrontée à un sujet très contemporain des « fake news ». Un sujet finalement contemporain : rien n’a changé, dans l’Histoire, et dans la pensée humaine confrontée aux conflits.

    Et comme toujours, c’est un plaisir et un intérêt à découvrir cette page des Etats-Unis, de la société, du quotidien de ces hommes et femmes, comme les alertes aux sous-marins, les conflits religieux et politiques. La population américaine était déchirée face à ce conflit mondial, trop loin de chez eux, alors qu’elle paiera un lourd tribut pour combattre le nazisme et faire gagner la liberté. Thomas Mullen a toujours ce souci de la précision des faits, des références historiques (comme il l’indique dans sa note en fin d’ouvrage). Une nouvelle saga dont j’attends avec impatience la suite.

    04/03/2026 à 15:18 JohnSteed (776 votes, 7.8/10 de moyenne) 3

  • 8/10 Thomas Mullen aime bien utiliser le contexte historique des Etats-Unis durant la première moitié du XXe siècle, en mettant en avant les côtés les moins reluisants de la société : racisme, ségrégation, corruption des forces de l'ordre et des institutions politiques et juridiques. C'est à nouveau le cas dans ce roman qui se déroule à Boston en 1944. Il met cette fois-ci en lumière l'antisémitisme, l'isolationnisme et même l'existence de groupes sympathisants du nazisme qui ne se cachaient guère à cette époque. Très intéressant à découvrir, surtout que l'intrigue du bouquin et les personnages sont très réussis.

    01/06/2025 à 18:39 gamille67 (2601 votes, 7.3/10 de moyenne) 5