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A la lisière du monde
8/10 1914. Matthew Callwood intègre le poste de police d’un village situé au nord du Canada. Sa mission : éradiquer le trafic d’alcool, assurer une présence policière et ainsi rappeler aux populations les plus reculées l’appartenance du territoire au Royaume du Canada. Rigoureux et intègre, Callwood prend sa mission très à cœur, lui qui a intégré la police et abonné une brillante carrière dans le droit, suite à une déception amoureuse. Il voit dans cette mission la possibilité de se couvrir de gloire, de montrer son courage et sa loyauté envers la couronne. Alors que la Guerre éclate eu Europe, Callwood écrit à ses supérieurs sa volonté d’être mobilisé. Les refus le pousseront dans son obstination à traquer coûte que Moïse Corneau qui a fui après avoir tué sa femme et son fils.
Dans un environnement hostile et sauvage, où la nature impose sa loi, les convictions de Callwood vont être ébranlées. A la lisière du monde peint une très belle aventure humaine, où la frontière entre le bien et le mal est ténue. Une très belle lecture qui aurait pu contenir, facilement et avec plaisir, un petit peu plus de pages.14/01/2025 à 13:43 5
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Sans Atout dans la gueule du loup
Pierre Boileau, Thomas Narcejac
7/10 Alors qu’ils partent à Cannes pour des semi-vacances, les parents de François, surnommé Sans-Atout, le somment d’aller retrouver son ami Paul, chez sa grand-mère, à Saint-Chély-d'Apcher, en Lozère. Se sentant exclu par ses parents, François anticipe des vacances ennuyeuses. Et pourtant, dès le premier jour, bravant les recommandations de la grand-mère, François et Paul partent en vélo au Saut du Berger, un ensemble rocheux, où se trouvent des grottes et autres cavités rocheuses mystérieuses. Mais c’est un corps qu’ils trouveront, aux habits salis par du cambouis et surtout lacérés par des griffures.
Il n’en faut pas plus pour les deux amis pour s’intéresser à ces grottes où, lors d’une expédition secrète, ils découvriront la casquette de l’homme blessé et entrapercevront une silhouette d’un animal étrange et effrayant. Est-ce le retour de cette Bête du Gévaudan ?
S’il comporte son lot de mystère et d’intrigue, cet épisode de Sans-Atout voit un final traîner en longueur et m’a déçu par un dénouement un peu trop tiré par les cheveux.14/01/2025 à 11:47 1
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Les pistolets de Sans Atout
Pierre Boileau, Thomas Narcejac
7/10 François, alias Sans-Atout, part à Londres passer quelques jours chez son correspondant Bob. Mais François est plus intéressé par le père de ce dernier, Jonathan, un inventeur. Il a créé un robot pouvant obéir à la voix de l’homme. Conscient que sa découverte peut lui rapporter beaucoup d’argent, Jonathan a protégé ses découvertes et va rencontrer les investisseurs pour développer cette invention. Mais un cambrioleur est venu voler tout le dossier de cette découverte, et Jonathan a été agressé avant d’arriver à son rendez-vous. Sans-Atout et Bob ont seulement eu le temps de faire fuir l’assaillant en lui tirant dessus.
François et Bob s’interrogent sur l’identité du voleur. La police a très peu d’indice et l’enquête s’enlise. Mais tout en profitant de son séjour à Londres, Sans-Atout remue ses méninges pour percer ce mystère. Avec persévérance, et abnégation, il trouvera réponse dans les pistolets avec lesquels Bob et lui ont tiré sur le voleur.
Autant d’action et de rythme dans ce 3ème volume de la série, même si du début, on peut facilement comprendre les clés de cette énigme. Contrairement aux 2 précédentes histoires, pas d’évènements surnaturels, mais toujours un plaisir de lire une aventure de Sans-Atout qui découvre ici l’Angleterre.
14/01/2025 à 09:03 2
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Sans Atout contre l'homme à la dague
Pierre Boileau, Thomas Narcejac
8/10 Invité par Monsieur Royères, homme riche ayant perdu tragiquement et dernièrement sa femme et son fils, le père de Sans-Atout l’embarque dans cette visite pour lui éviter une barbante après-midi auprès de sa mère en cure à Chatel-Guyon.
François va être confronté à un nouvel étrange mystère : la peinture de Royères intitulé « L’homme à la dague » signé par Caravage, porterait malheur à tous ses propriétaires successifs. Royères n’y échappe pas : après l’accident mortel ayant causé la perte de sa famille, voilà que le tableau s’en prend à ses autres œuvres. Royère y voit un acte surnaturel par lequel l’homme à la dague prend corps et lacère avec son couteau ses concurrents exposés dans la demeure.
Le plus étrange, c’est que Sans-Atout a vu cet homme à la dague volé son propre tableau, qui demande une rançon. Francois sera même séquestré par ce même personnage.
Deuxième (dans l’ordre chronologique) aventure rocambolesque et surnaturelle de Sans-Atout qui reste dans la lignée du « Cheval fantôme ». Des situations étranges que Sans-Atout élucidera avec perspicacité. Réservé aux amateurs des histoires jeunesses des années 70, digne de la bibliothèque verte et du Club des Cinq.09/01/2025 à 14:12 1
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Carton blême
7/10 France 2015 – Le pays est dans une telle catastrophe financière que le Ministre de l’Intérieur, Salvanty, a fait passer une loi qui réserve la protection des forces de police aux seules personnes en parfaite santé. Ainsi, les médecins délivrent aux personnes un certificat en forme de carton dont la couleur varie en fonction d’une note globale leur étant attribué : bleu pour les personnes saines, et pour les exclus, c’est le carton blême.
Dans cette société « futuriste », un tueur en série appelé, selon son mode opératoire, le Dingue au marteau, sévit. Dernière victime en date : Claudine Stern. Paul Héclans est en charge de cette enquête. Il va devoir s’armer de patience et de détermination pour résoudre ce mystère. Il comprendra que la société peut comprendre en son sein d’homme les plus manipulateurs et stratèges qui soient. Y compris par et pour les cartons bleus.
Pierre Siniac a imaginé cette société futuriste où sont exclus les Français les plus malades. Ils ne peuvent pas porter plainte, deviennent des cibles des voleurs, violeurs, tueurs qui ne seront jamais inquiétés par la police. Une société inégalitaire qui fait froid dans le dos, et qui interrogent sur celle dans laquelle nous vivons.
Ce n’est pas le livre de Pierre Siniac le plus réussi, mais c’est peut-être le plus ambitieux.
08/01/2025 à 13:46 3
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Sans Atout et le cheval fantôme
Pierre Boileau, Thomas Narcejac
8/10 Surnommé Sans-Atout par ses camarades de lycée, du fait de son intelligence exceptionnelle, François Robion part quelques jours en vacances dans la demeure familiale en Bretagne, au Château de Kermoal. A cause de sa vétusté, cette résidence ancestrale, fait l’objet d’une réflexion sur sa vente. La famille Robion n’ayant pas les moyens financiers pour son entretien.
Arrivé sur place, François va être accaparé par un fait extraordinaire : il apprend par Jean-Marc, le fils des Jouan, domestiques au château, d’étranges événements nocturnes. Depuis quelques nuits, à minuit, retentissent des bruits de sabots et des hennissements. Mais le plus étrange, c’est ce sont ces traces de sabots. Illogique pour ce qui semble être un cheval fantôme.
Alors que des acquéreurs potentiels visitent le château, Sans-Atout porte son intérêt sur l’histoire de ce château familial et découvre la légende d’un cheval qui aurait réconcilié des ennemis et de la Chapelle Pardon édifiée sur la propriété en son hommage.
Sans-Atout est persuadé que la solution de ce mystérieux fantôme chevalin réside dans cette chapelle…
Première « histoire-enquête-aventure » de Sans-Atout, personnage créé par Boileau-Narcejac à destination de la jeunesse que je me devais, en tant qu’amateur du duo français, de lire.
Bien que n’appartenant plus, depuis un bon moment, au public ciblé, j’ai vraiment apprécié cette lecture. Même si des faits et des expressions sont ancrés dans leur époque (les années 70, où apparemment on pouvait fumer à 15 ans et boire de l’alcool à table servi par ses parents), cette première rencontre avec Sans-Atout de facture « classique » (comprendre enquête et dévoilage de la solution devant tous les protagonistes) est prenante. J’ai un doute toutefois que la jeunesse d’aujourd’hui se jette sur ces aventures.07/01/2025 à 13:44 1
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Je tue il...
8/10 C’est dans sa propre expérience, dans sa vie, que Didier Daeninckx a pioché le sujet de Je tue il..., comme il est présenté en fin de ce livre : le mensonge, l’usurpation, le vol…
Pourtant, le titre étant plus qu’explicite, on comprend qu'on sera face à un meurtre. Dès le début du livre, on sait que Viviane a tué René Trager, ce « Il » comme le surnommait ses parents, signe de la faible estime qu’ils vouaient à ce personnage. Viviane a été séduite par cet homme élégant et cultivé qui ne faisait pas étalage de son statut d’auteur. Il faut dire qu’il était spécialement venu en Nouvelle-Calédonie se mettre au vert, comme s’il fuyait la métropole. En cette fin de 2ème guerre mondiale, la Nouvelle-Calédonie est une île propice à prendre du recul et à vivre comme un pacha. Et Viviane déroule cette vie idyllique jusqu’au drame.
Un court roman mais dont l’intrigue ne se dévoile qu’à la juste fin. Une lecture addictive sur un sujet qui, personnellement, me fait froid dans le dos. Je n’en dévoile pas plus pour garder secret cette intrigue.03/01/2025 à 09:25 7
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Les Disparus du phare
8/10 Peter May fait partie des auteurs dont je peux me procurer les romans les yeux fermés. Je suis pratiquement certain qu’il va me faire rêver à me raconter les îles écossaises qu’il chérit tant à travers une énigme passionnante.
Les Disparus du phare ne déroge pas à cette règle. Cette histoire démarre par un homme qui se retrouve rejeté par la mer sur une plage. Il ne sait plus qui il est, les raisons de sa présence sur cette île. C’est en fouillant la maison qu’il occupe, qu’il prend connaissance qu’il n’est pas celui qu’il prétend être : ce Neal Maclean qui est décédé. Il n’y a aucune trace du livre qu’il est censé écrire sur cette histoire de gardiens de phare disparus sur l’île des Flannan. Alors il doute de lui, de ses voisins (à part de la femme de son voisin, la belle Sally, qui est apparemment sa maîtresse et de son fidèle chien Bran).
Pour retrouver la mémoire, avec l’aide de Sally, il revient sur ses traces et notamment sur l’île des Flannan, où il découvre le corps d’un homme assassiné. Et c’est l’effroi. Il pense qu’il pourrait être son assassin.
C’est une histoire captivante que Peter May a construit avec Les Disparus du Phare. Je regrette ce titre trompeur car l’Ecossais n’écrira que quelques lignes sur ces gardiens de phare. Ici, l’essentiel se trouve dans cette quête d’un homme sur son identité et sur les raisons de sa présence sur l’île. Un mystère qui prend son origine dans un complot effrayant.13/12/2024 à 08:56 4
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Dans les eaux du Grand Nord
9/10 Ancien médecin militaire de la Guerre anglo-indienne, ayant été déchu de son droit d’exercer, Patrick Sumner voit dans son embarcation sur le Volunteer, un baleinier anglais, une occasion d’exercer son savoir-faire et de renflouer ses caisses. S’il envisageait un simple périple sans incident ni heurt, Patrick Sumner va côtoyer, à côté de la crasse et de la vulgarité des marins, le côté le plus pervers et malsain de l’homme : sa cruauté et sa sauvagerie. Car, pour sauver sa peau, l’homme tue. Car, pour de l’argent, l’homme vole. Car pour son plaisir, l’homme est prêt à toutes les monstruosités.
Les baleines, victime d’une chasse intensive, se font plus rares. Il faut pêcher encore et toujours plus loin, près des icebergs, mettant en danger les marins. Elles rapportent de moins en moins également. Le pétrole qui vient d’être découvert constitue un combustible moins odorant et onéreux que la graisse des baleines. Au milieu de cette tension, Sumner va devoir soigner différentes blessures et découvrir le meurtrier d’un jeune matelot. Et par là-même, sauver sa tête alors que le Volunteer est en proie à une terrible et macabre machination.
Ian McGuire m’a véritablement transporté dans cette périlleuse chasse à la baleine. D’une écriture sèche et directe, brutale et sans fioriture, ce livre n’a pas de temps morts. Quelques scènes mémorables par leur horreur glaçante (le destin du jeune matelot et son autopsie) et d’autres remplies d’humanité (Sumner recueilli par ce prêtre missionnaire et sa rencontre avec ce peuple de chasseurs qui le prend pour un sorcier).10/12/2024 à 12:10 9
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Les rêves échoués
7/10 Clarisse est une élève très difficile. Diagnostiquée HPI, tout est prétexte pour qu’elle exprime sa colère envers ses professeurs. Ses parents n’arrivent pas à canaliser ses excès de violence. Séparés, ils font preuve d’absence, la mère s’étant réfugiée dans l’alcool, et son père dans les petites minettes.
Après avoir incendié à l’alcool à brûler la voiture d’un de ses professeurs, et redoutant les conséquences de son acte, Clarisse décide de partir de chez elle. Elle souhaite retrouver à Paris Sergio, un jeune homme romantique avec qui elle échange par mail et qui l’emportera loin à bord de son scooter rouge. Mais elle va se trouver face un homme âgé qui tente de la violer. Elle ne devra son salut qu’à Tony. Etrange jeune homme, celui-ci va prendre Clarisse sous son aile. Ils partiront ensemble au Portugal, apprendront à se connaître et à s’aimer.
Les rêves échoués, c’est un road trip sentimental par lequel on découvre la beauté du Portugal, les traditions et les valeurs humaines de la population. On découvre surtout deux jeunes perdus en quête d’eux-mêmes dans un monde incompris. J’ai pris ce livre, au final si prévisible comme une carte postale apportant un peu de lumière dans le milieu du noir où j’aime me noyer. Un roman triste, malheureux mais rempli d’un amour jeune et innocent.09/12/2024 à 14:55 2
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Les Deux Visages du monde
9/10 Toya, une jeune artiste afro-américaine, est venue passer l’été chez Vess, sa grand-mère maternelle, à Sylva, Etat de Caroline du Nord. Toya est aussi une activiste militantiste et aime, par ses actions, dénoncer l’histoire ségrégationniste de l’Etat.
L'adjoint du shérif Ernie Allison arrête un vagabond armé, endormi dans sa voiture. Sa carte d’identité est au nom de Willy Dean Cawthorn, originaire du Mississipi. Ernie constate, au regard des vêtements présents dans le véhicule qu’il est devant un suprémaciste blanc, membre apparent du KKK. Le lendemain de cette interpellation, Ernie qui voulait récupérer dans la voiture de cet inquiétant individu, l’étrange carnet d’adresses de notables locaux, constate qu’il a disparu. Et sa libération prématurée, ne comporte aucune justification.
Après avoir souillé de peinture rouge sang la statue d’un guerrier confédéré, Toya se voit arrêter par le shérif John Coggins. Ancien ami du défunt mari de Vess, il somme la grand-mère de surveiller sa petite fille. La population locale aspire à vivre en toute sérénité. Mais la tension est là. Toya est sommée d’assumer ses actes, et activistes blancs souhaitent aussi faire entendre leur voix. Willy Dean Cawthorn va tout faire pour que la situation explose. Et les drames arrivent… Un meurtre terrible et le corps violenté d’Ernie, laissé pour mort.
David Joy, auteur que je suis indéfectiblement depuis son premier livre, m’a, avec Les Deux Visages du monde, pris aux tripes. Ce roman noir est son meilleur à son jour. Le ton est juste, posé, même s’il est sensible, pour évoquer (sans vraiment prendre parti) le racisme, un passé esclavagiste enraciné culturellement, une histoire locale dépassée… Une société qui a évolué, dont le racisme ne se montre plus avec des cagoules blanches, mais qui se montre plus insidieuse, plus dangereuse car moins visible. David Joy se veut ici montreur en image arrêtée d’une société non pas archaïque, mais qui doit avancer avec toutes les composantes de cette société qui, de nos jours, montrent ses deux visages : belle quand elle est unie, et dévastatrice quand elle se divise.03/12/2024 à 16:12 6
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Ce qu'il nous reste de Julie
8/10 Sébastien, jeune écrivain, termine l’écriture de son nouveau roman. En échangeant avec le libraire du quartier, il repart avec dixit « le futur best-seller », intitulé Le Temps d'un Eté, premier roman de L.J. Dexley, jeune autrice anglaise dont la maison d’édition fait tout un mystère. Et à la lecture de celui-ci, digne d’un policier écrit par Agatha Christie, Sébastien en reste coi : les faits, les personnages, les lieux,… le ramènent à Julie, sa jeune amie, tuée par un serial-killer, il y a 20 ans, mais dont on n’a jamais retrouvé le corps. Hasard, coïncidences troublantes ? Ces ressemblances le poussent à retourner à Sainte Geneviève, sa ville natale pour y retrouver ses amis d’enfance, dont il n’est pas revenu depuis le terrible drame.
Arnaud est devenu policier à Sainte Geneviève, Émilie, psychologue dans sa ville natale et Vincent parcourt le monde, guitariste d’Amy MacDonald. Personne n’a oublié Julie, ni Audrey, toutes les deux victimes de Tramard, mort depuis, sans livrer d’explication ni dévoiler le lieu où les corps se trouvent. Pour Sébastien, L.J. Dexley doit détenir sinon les clés, au moins des explications : comment cette autrice peut connaître des faits que seuls eux 5 avaient connaissance ? Des hypothèses des explications les plus loufoques se trament dans leur tête ? Et si… Julie n’était pas morte ? Et si c’était elle qui avait écrit Le Temps d’un été ? Une seule solution : découvrir qui est cette mystérieuse L.J. Dexley.
Ce qu’il nous reste de Julie possède d’immenses qualités. C’est un roman qui se dévore, tant on a envie de découvrir les explications de ces meurtres et de cette mystérieuse L.J. Dexley. Il se lit vite, grâce aux nombreux dialogues et chapitres courts. Véritable page-turner, il possède aussi bien des personnages attachants qu’une énigme prenante et efficace. Toutefois, les situations facilitantes le bon déroulement de cette « enquête » ont un peu gâché le plaisir de cette lecture. Ce roman dans le roman est, bien qu’utilisé dans des romans similaires (on ne peut pas ne pas trouver quelques similitudes avec La Vérité sur l’affaire Harry Quebert de Joël Dicker), un peu léger : comment qualifier de roman, quand on constate qu’il n’a que 40 pages ? Mais je reconnais être un peu exigeant comme je reconnais les qualités de ce livre. Ma première lecture de cet auteur, mais pas le dernier. Belle découverte.03/12/2024 à 14:58 6
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Les Morts de Bear Creek
8/10 C’est à cause de la disparition inquiétante d’un mari, qui s’avèrera être avec sa maitresse, que la sauveteuse de Recherche et Sauvetage, aidée par le flair de son chien, va découvrir les restes de deux cadavres qu’un ours affamé à déterrer, aux sommets du Sphinx.
La shérif Martha Ettinger va solliciter l’aide de Sean Stranahan, grand connaisseur de la nature. Guide pêcheur, il va également être sollicité par ce Club des menteurs et monteurs de mouches, pour enquêter sur un vol de ces appâts artisanaux en forme d’insecte dont certains, les plus prestigieux et anciens, valent une somme rondelette.
Si l’intrigue développée par Keith McCafferty fait froid dans le dos, ce sont ses galeries de personnages, avec en tête, son personnage principal, Sean Stranahan, qui ont retenu toute mon attention, comme, bien évidemment, la nature, le décor sublime du Montana, ses rivières et ses montagnes. Ces vieux loufoques de ce Club au nom prédestiné sont de vrais hippies, de vrais épicuriens, avec qui on aimerait passer des soirées autour d’un bon whisky. Et que dire de Martinique, cette serveuse dans un coffee shop, étudiante en véto ? Sean Stranahan, ce pêcheur au grand cœur, nous séduit autant que pour sa personnalité que pour ses enquêtes. Une série attachante et séduisante.
25/11/2024 à 15:51 6
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Et la mer profonde et bleue
7/10 Harry Goddard, producteur de cinéma, dérive à bord d’un pauvre canoë de sauvetage. Son voilier ayant sombré quelques jours plus tôt, Harry économise la seule bouteille d’eau qu’il a réussi à emporter avec lui. La nuit engouffrant la lumière du jour et tout espoir de survie, Harry voit les lumières d’un bateau, en panne. Alors qu’avec ses dernières forces, il tente de rejoindre ce cargo, il ne devra son sauvetage qu’à une passagère qui regardait par hasard les vagues de cet océan.
Battant pavillon panaméen, Harry découvre ce bateau, son équipage et ses passagers. Alors qu’il pense arriver tranquillement à bon port, il est témoin d’une tuerie à bord. Et l’étrange comportement de l’équipage et de passagers l’intrigue profondément. Lui, producteur de cinéma, pense être témoin d’un drôle de scénario. Il est intimement persuadé qu’il ne s’agit pas d’un assassinat de sang-froid, mais d’un acte prémédité pour faire disparaître des criminels nazis. Mais à qui peut-il se confier ? Et s’ils étaient tous complices de cette machination ?
Charles Williams offre avec Et la mer profonde et bleue un livre à l’intrigue intéressante et subtile. Je regrette toutefois quelques longueurs ou divagations qui plombent la fluidité de cette lecture.25/11/2024 à 14:46 2
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À l'ombre de Winnicott
Ludovic Manchette, Christian Niemiec
6/10 Angleterre, 1934. Viviane Lombard, jeune institutrice française, vient prendre ses fonctions de préceptrice auprès de la famille Montgomery, vivant dans leur manoir de Winnicott. Elle fait ainsi la connaissance de George, ce petit garçon aveugle de dix ans, à l’esprit aiguisé et à la curiosité sans faille, un petit garçon très attachant. Ses parents, Lucille, la mère, qui voue une passion pour son club de lecture et Archie, le père, qui se passionne pour l’archéologie, ont quitté Londres pour s’installer dans cette demeure familiale où ils y ont entrepris des travaux. Cette communauté, à laquelle s’ajoutent les domestiques, pourrait vivre paisiblement si ce n’était quelques événements « anormaux » : tableaux qui bougent, bruits de pas, lustre qui tombe, meubles qui se déplacent…
Les membres de la communauté sont effrayés par ces événements inexpliqués. En l’absence de son père, parti en Irak, et sans avoir reçu ce cadeau tant attendu, un chien de compagnie, George parle à Tobias, un ami imaginaire, à moins qu’il ne s’agisse d’un fantôme. Dans cet environnement, Viviane trouve toujours des parades ou des explications aussi rationnels qu’honnêtes pour ne pas effrayer George. Une complicité va s’instaurer qui va permettre à George de vivre pleinement son enfance.
C’est ce couple attachant, qui sauve cette histoire d’une complète banalité. Car cette histoire de fantôme est d’un cliché sans nom. J’ai cru tenir entre les mains un conte pour enfant de 6 ans, tant c’est creux. Un livre rempli de dialogues qui permettent de parvenir très rapidement au bout de ces 500 pages. Seules quelques réflexions ou phrases prêtant à sourire sauvent cette histoire aussi convenue que quelconque.18/11/2024 à 14:34 1
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Les Visages écrasés
8/10 La sélection médicale est-elle la nouvelle forme d’organisation du travail ? La mort, l’unique solution pour les personnes qui ne supportent plus de travailler ? Face à la souffrance des salariés, quelle réaction adopter ? Les traiter de lâches ou les ignorer ? Sont-ils coupables de vouloir dénoncer ce qu’ils subissent ou sont-ils malades ? Telles sont les réflexions voire états d’âme de Carole Matthieu, docteur en médecine de travail dans ce centre de téléphonie près de Valence, où sévissent le management archaïque, les mises au placard, harcèlements moraux,…
Carole Matthieu a tué un de ses patients, une balle dans la tête. Il s’appelait Vincent Fournier, et ses traitements et arrêts de travail n’y suffisaient plus. Elle a donc décider de mettre fin à ce calvaire. Une manière pour elle de dénoncer les méthodes managériales de la boîte. Les suicides, les agressions physiques et psychologiques se succèdent sans que la hiérarchie ne réagissent.
Tuer mais se dénoncer bien évidemment. Elle y est prête, elle se soumettra aux policiers. Mais voilà, que le gardien de nuit est arrêté. Cela contrarie les plans de Carole.
Les visages écrasés est bien évidemment un livre sur la dénonciation des méthodes managériales où l’humain, la bienveillance sont des mots étrangers et qui renvoient aux drames des salariés morts de France Télécom en 2009. Sur un sujet encore d’actualité, en 2024, dans le privé, comme dans le public, Marin Ledun a offert un roman noir où la tension psychologique est à son comble. La souffrance des protagonistes est omniprésente et le lecteur a hâte de connaître le dénouement de cette triste et désespérante histoire.15/11/2024 à 15:41 5
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Trauma(s)
9/10 C’est avec une légère déception que j’avais refermé le tome 1 de Et chaque fois, mourir un peu. Je n’avais pas reconnu le style de l’auteure qui, avec ce tome 1, nous faisait voyager avec Grégory, cet infirmier humaniste, dont la vie ne lui a rien épargné, au cœur des différents conflits du globe. Ce catalogue de guerres et d’horreurs humaines avait pour mérite de faire prendre conscience au lecteur que la paix est une notion étrangère à l’homme.
J’avais toutefois refermé le livre en caressant l’espoir que le tome 2, Trauma(s) et donc la suite de Et chaque fois, mourir un peu allait me permettre de retrouver le plaisir pervers de l’auteure à maltraiter le lecteur, à le torturer psychologiquement, à lui faire traverser toutes les émotions, dont surtout l’effroi.
Et Trauma(s) m’a procuré ce « plaisir » retrouvé. Ce tome 2 dépasse la qualité du précédent volume. « Huis-clos », torture psychologique… J’ai été enfermé dans cette effroyable histoire. Un emprisonnement physique et psychologique. J’ai été surpris par ce twist, à tel point que j’ai dû vérifier que l’exemplaire du livre n’avait pas subi un problème d’impression. J’ai d’autant plus aimé ce revirement de l’histoire. Et chaque fois, mourir un peu est malgré tout une histoire d’amitié indéfectible entre deux hommes dont la vie a été cruelle.
13/11/2024 à 14:38 9
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Moi, mentir ?
7/10 Ray Jones est un chanteur de country à succès. En plein deal avec les services fiscaux, pour des arriérés de droits d’auteur, Ray Jones est inculpé de meurtres. Il se voit accusé de l’assassinat de sa collaboratrice dont le corps a été retrouvé dans un marais.
En plus des traces de sang dans sa voiture, Ray Jones n’a aucun alibi ce soir-là. Il a beau indiquer qu’il ne ferme jamais sa voiture à clé, la justice ne le croit pas. Les médias nationaux débarquent à Branson, Missouri. Ils souhaitent avoir la primeur des exclusivités sur cette affaire et sont prêts à toutes les manipulations, subterfuges et stratagèmes.
Sara Joslyn, journaliste à Tendances, hebdomadaire new yorkais, se voit offrir par l’attaché de presse de Ray Jones, une place de choix pour suivre le chanteur dans ses shows d’avant procès et au cœur du procès. Elle y verra Ray Jones, se savant innocent, complétement détaché de la terrible sentence dont il pourrait être jugé : la peine de mort.
Moi, mentir ?, titre référence à une chanson de Ray Jones, est un livre plaisant, n’atteignant pas les hauteurs des chefs d’œuvre (Le couperet, Histoire d’os,…) de Donald E. Westlake. Agréable de lire sous la plume de l’Américain (même si je l’ai connu plus drôle et acerbe) cette dénonciation de la presse à scandale et ses méthodes, cette parodie de justice américaine, et ce show-bizness sans foi ni loi.13/11/2024 à 14:12 1
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Ils sont partout
Morgan Navarro, Jacky Schwartzmann
7/10 Voici une BD vraiment très intéressante sur le complotisme et ses idéologues.
Vous connaissez la définition du complotisme ou conspirationnisme ? Il s’agit de « l’attitude consistant à remettre en cause abusivement l’explication communément admise de certains phénomènes sociaux ou événements marquants au profit d’un récit explicatif alternatif qui postule l’existence d’une conspiration et dénonce les individus ou les groupes qui y auraient pris part. »
Concrètement, que ce soit au titre du 11 septembre, du vaccin anti-covid, des élections présidentielles américaines, etc., on a tous entendu des propos remettant en cause les thèses officielles. Cette BD a pour vocation de mettre en lumière ces faits qui, si elles peuvent faire sourire pour des faits mineurs, ont des répercussions alarmantes pour d’autres situations (théorie du grand remplacement, par exemple).
Cette BD a eu le mérite de me faire découvrir cette idéologie et m’ouvrir les yeux sur ses dangereuses incidences. Une BD en forme de message à chacun d’entre nous. A moins que vous pensiez que cette BD ne comporte que des tissus de mensonges et a pour objectif de vous manipuler ?
05/11/2024 à 16:57 3
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Le crime d'Orcival
9/10 Aux aurores, en ce début juillet, dans la petite commune d'Orcival, La Ripaille et son fils préparent leur matériel pour aller relever leurs pièges à poisson, sur les bords de Seine. Ils vont découvrir le corps sans vie de la Comtesse de Trémorel dans son domaine de Valfeuillu.
Le Maire, Monsieur Courtois, est réveillé, et ce sont toutes les autorités locales dont le juge de paix d’Orcival, le père Plantat, qui sonnent le branle-bas de combat. L’agent de police Lecoq est dépêché sur place par le Préfet de police de Paris. Si le corps du Comte de Trémorel n’est pas encore trouvé, tous les protagonistes découvrent au sein du château une véritable scène d’horreur où le désordre fait montre d’une lutte sans merci et le sang répandu, la barbarie dont les assassins ont déployé pour voler le Comte. Car les témoins, les valets et servantes, sont unanimes. Avant qu’ils partent tous aux noces d’une des leurs, ils ont pu constater que par courrier, le Comte avait reçu une grosse somme d’argent. D’ailleurs, les témoignages montrent que l’un des leurs, Guespin, cette soirée-là, n’est pas allé aux noces. Et si Guespin n’a pas d’alibi, il a dans ses poches une belle petite somme d’argent et un joli couteau bien affuté. A moins que les coupables soient ces braconniers dont les discours sont bien confus.
Lecoq à la déduction imparable saura faire la lumière sur cette affaire dont chaque ligne apporte son lot d’événements et de surprises. Le pendant français de Sherlock Holmes, Lecoq est le personnage créé par Emile Gaboriau, qui en 1863, écrit les prémices des enquêtes policières.
Tout au long des 500 pages, j’ai pris un immense plaisir à découvrir cette histoire qui, à l’image d’une boîte de pandore, comporte son lot d’intrigues. On ne s’ennuie pas une seule seconde à découvrir les réflexions, les découvertes des protagonistes, le tout avec un français (que certains qualifieront de suranné voire de démodé) dont je me régalais à lire la conjugaison des verbes au subjonctif passé et au plus que parfait du subjonctif.05/11/2024 à 16:34 5
