QuoiLire

369 votes

  • L'Étoile jaune de l'inspecteur Sadorski

    Romain Slocombe

    8/10 Romain Slocombe est en train de se forger une très forte réputation d'écrivain français de romans noirs.

    Certes le contexte historique dans lequel se positionne le roman est difficile, Paris en pleine seconde guerre mondiale, mais ce second tome est encore plus dérageant. L'auteur nous entraîne en pleine politique anti-juifs, la mise en place des étoiles jaunes, et de l'organisation de la rafle du vel'd'hiv. Alors on est loin de la pesanteur des bas fond d'une ville, mais le lecteur qui comme moi n'a pas connu cette période, va se prendre un véritable claque en découvrant l'étendue et le jusqu'au-boutisme de l'administration française dans le suivi des directives anti-sémites du IIIè Reich et de sa propagande.

    On a beau en avoir eu connaissance lors de nos cours d'histoire, on est glacé devant le zèle dont font preuve certains policiers ou les tortures auxquelles ils recourent.

    La puissance du roman provient également du personnage principal Léon Sadorski : parfois violent, enquêteur méticuleux, complexe, ambivalent, à aucun moment nous n'arrivons à déterminer son penchant vis-à-vis des mesures anti-juifs : d'un côté il recueille la fille de ses voisins arrêtés, et de l'autre il participe activement aux arrestations de la rafle. Seule la dernière phrase du roman lève cette ambiguïté planant sur les deux premiers tomes.

    Je vous recommande donc vivement ce livre, et tout particulièrement la version audio où Antoine Tomé donne littéralement vie au roman.

    07/08/2018 à 21:30 4

  • La Vengeance de Gaïa

    Jean-Luc Aubarbier

    2/10 La première chose qui surprend à la lecture de ce roman par rapport à la quatrième de couverture est de se voir projeter dans une aventure se positionnant dans la préhistoire. En effet, le roman va alterner entre aventure préhistorique et enquête en début de ce siècle. Se positionnant près de Montignac, l'aventure et l'enquête vont donc aborder la vie de l'homme de Cro-Magnon, de son évolution face au changement climatique qu'il va rencontrer, et bien de l'art rupestre. Le récit de l'époque préhistorique est plaisante au point de devoir conseiller la lecture du roman si vous êtes dans la région de Lascaux.

    Malheureusement le charme des premières pages retombent rapidement. l'auteur, tout comme son héros, fait partie de la Confédération des Francs-Maçons, et adopte les mêmes travers de narration de ces confrères de loge : Eric Giacometti & Jacques Ravenne. Ainsi, le lecteur se voit affubler de moultes détails sur les Francs-Maçons au détriment de l'enquête, ou les indices tombent comme un cheveu sur la soupe.

    Et puis une fois passée la moitié du livre cela devient du n'importe quoi : intervention des services d'espionnage, l'agent expérimentée qui se fait avoir comme une bleue, ... Je ne liste pas tout pour l'époque contemporaine tant le récit est tiré par les cheveux. Côté préhistorique, ce n'est guère mieux car l'auteur prend son inspiration chez Tintin ou dans la Bible pour la période préhistorique.

    C'est d'autant plus dommage que l'écriture est fluide, les idées issues de recherches scientifique, la mise en situation bonne et attrayante.

    En conclusion, Jean-Luc Aubarbier nous livre un roman à mi-chemin du duo Eric Giacometti & Jacques Ravenne et de Jean-Michel Auel, l'auteur à succès des romans sur la préhistoire; malheureusement dans les deux genres le résultat est plutôt décevant.

    05/08/2018 à 21:09 3

  • Tu tueras l'ange

    Sandrone Dazieri

    6/10 i je devais résumer ce livre sans en dévoiler le contenu, je dirais que ce livre est un subtil mélange de romans de Donato Carrisi, de Jacques Saussey et de Laurent Loison. L’idée est originale, d’actualité, où l’auteur a su insuffler une grande créativité à partir de solides bases historiques.

    J’ai apprécié de retrouver le duo Dante et Colomba, mais j’ai trouvé que dans cette seconde aventure leur attitude et leur psychologie tenait plus de la caricature que d’une originalité. Par exemple, concernant Dante, l’auteur recourt à la claustrophobie de son personnage quand ça l’arrange. Je vous laisse d’ailleurs prêter attention à la lecture de ce livre du passage dans lequel Danta agit à l’encontre de sa phobie sans s’en soucier, ni avant ni après.

    Un des gros reproches que nous pouvons faire à ce livre est l’irrégularité de son rythme. Si le début entraîne le lecteur dans un rythme effréné, arrivé au premier quart du livre, tel un soufflet au fromage à la sortie du four, le rythme retombe. L’enquête progresse, les indices apparaissent tels des cheveux sur la soupe, aucune fausse-piste, aucun cul-de-sac, une enquête quasiment idéale. L’histoire filant tellement en ligne droite que le cliffhanger final ne surprendra personne.

    En conclusion, je conseillerais ce roman pour ceux qui ont apprécié le premier tome et qui souhaitent lire la trilogie.
    (quoilire.wordpress.com/2018/06/30/sandrone_dazieri_tu_tueras_l_ange/)

    30/06/2018 à 17:47 2

  • La Fille d'avant

    J.P. Delaney

    6/10 Ce qui m'a séduit à la lecture de la quatrième de couverture, mais aussi à la lecture des premiers chapitres, c'est le concept de cette maison intelligente qui demande autant de son locataire qu'elle lui offrira de services; à condition de sous soumettre à 200 règles drastiques et améliorer son score aux questionnaires qui lui sont régulièrement posés.

    Mais heureusement on ne reste pas longtemps sur cette originalité et l'on va suivre en parallèle l'histoire de deux des locataires du One Folgate Street. L'une qui va enquêter sur la mort de la femme du propriétaire et concepteur de la maison, la second sur la fin tragique de la première. Je n'en dirais pas plus de peur de vous dévoiler plus le roman.

    Nous allons donc suivre l'évolution de ces deux personnes tant vis-à-vis de leur conditionnement de part les règles imposées par le contrat de location, mais aussi de leurs interrogations du fait de leur enquête. Vous l'aurez compris, il s'agit pour chacune d'elle d'une double quête que l'on pourrait qualifier d'intérieur et en quelque sorte de policière. La tension monte bien sûr, tant pour les personnages que pour le lecteur. Dans les deux cas, on s'interroge sur la caractère accidentel du décès, et pour l'autre sur sa survie.

    Si l'histoire est intéressante, on ne peut à J.P. Delaney de n'offrir au lecteur que deux alternatives pour le dénouement du roman. Ce qui est bien dommage car elle a su maintenir le lecteur en haleine tout le long en alternant le parcours des deux héroïnes, en introduisant simultanément un nouvel élément et en analysant leur réaction respective.

    Le style est agréable, fluide. Comme dans tout roman psychologique, les personnages ont une personnalité bien définie avec des bases solides pour soutenir la narration.

    J'ai lu "avec les oreilles" ce roman, le recours à deux lectrices (une par personnage) est une très bonne idée, ce qui permet d'identifier rapidement le personnage qui raconte son aventure; même si cela est rappelé en début de chaque chapitre. Leur diction est parfaite, leur interprétation sans surjeu.

    Un thriller psychologique qui ravira les amateurs du genre.

    24/06/2018 à 20:34 4

  • La Fille qui rendait coup pour coup

    David Lagercrantz

    3/10 Depuis le tome 4, David Lagercrantz a repris le flambeau de la rédaction de la série des Millenium depuis la disparition de Stieg Larrson, il y a 13 ans déjà. Dès ce tome, les amateurs des aventures de Mikael Blomkvist et Lisbeth Salander avaient été déçus, ne retrouvant que les fantômes de leur héros favoris : leur psychologie est à peine abordée, leurs rares sentiments souvent réutilisés en boucle, et leurs dons journalistiques et informatiques effleurés histoire de dire que ce sont bien les mêmes personnages.

    Malheureusement, côté histoire ce n'est pas mieux. Je dirais même que ce second est encore pire que le premier. Cette déception est d'autant plus grande que le pitch du roman était de dévoiler l'enfance de Lisbeth Salander. Malheureusement une fois passée les premières pages, plus aucune révélation n'est faite, le roman se déroule logiquement et le lecteur devine tout et ne voit même pas un petit retournement de dernières pages.

    Le seul point positif est que l'écriture est parfaitement fluide, sans dans les déplacements où l'auteur ne peut s'empêcher de donner les noms exacts des rues, quartiers, villes, tous aussi suédois qu'illisibles.

    Finalement, ce n'est pas parce que l'on fait une biographie à succès (celle de Zlatan Ibrahimović) que l'on est un bon auteur de thriller; aussi vous conseillerai-je d'attendre la version poche de ce roman formaté si vous tenez véritablement à poursuivre l'aventure Millenium; voire de passer votre chemin vers de vrais et bons thrillers qui ne manquent pas sur les étales de vos libraires.

    12/06/2018 à 20:24 4

  • Complot

    Nicolas Beuglet

    9/10 Je ne vais as tourner autour du pot : ce roman est tout simplement excellent. Nicolas Beuglet réussit le tour de force de proposer un second roman encore meilleur que le premier.

    Ce roman a toutes les qualités d'un roman policier pour l'enquête, du thriller pour le suspense est le rythme. Sur ce dernier point, au premier tiers du livre, une fois la scène de crime découverte et l'enquête débutée, j'ai eu un petite peur que le roman ne s'installe dans un rythme régulier sans surprise. A peine m'étais-je fait cette remarque que l'auteur enclenche la 6ème vitesse à son roman, et attention, le régime ne baisse pas. Il vous faudra des nerfs solides et un grand moment de disponibilité, car vous ne pourrez pas lâcher ce livre avan d'avoir tourner la dernière page.

    Le réel point fort de Nicolas Beuglet, dans ses deux romans d'ailleurs, est de bâtir son intrigue policière sur de solides fondations; mais attention, pas de petits pilotis, là ce sont des piliers en béton. Après avoir traité de la vie et de la mort dans Le cri, l'auteur aborde ici un sujet (que je ne vous révélerai pas pour ne pas spoiler le livre) qui, de son propre aveux donne une dimension supplémentaire à son roman du fait de la coïncidence avec son prédominance dans l'actualité de ces derniers mois. Il y a bien sûr une exposition théorique sur le sujet, mais contrairement à d'autres romans où cela s'éternise au risque de perdre son lecteur, comme Signe de vie de José Rodrigues dos Santos, ici nous en avons la substantifique moelle nécessaire au roman. Et d'ailleurs, à défaut d'aller vérifier l'exactitude des points exposés, cela a le mérite de nous faire réfléchir.

    Les lecteurs qui avaient lu Le cri auront la joie de retrouver les héros du premier roman, de voir leurs changements professionnels et psychologiques, mais plus particulièrement l'évolution de la relation entre Sarah et Christopher. Pour les autres qui désireraient découvrir cet auteur, il est préférable de lire les romans dans l'ordre car dans Complot quelques rappels du Cri viendraient vous dévoiler la fin de celui-ci.

    Donc, une bonne enquête, une bonne histoire de fond, un rythme d'enfer et des personnages attachants : je vous recommande ce roman pour une lecture de vacances estivales.

    07/06/2018 à 21:15 7

  • Mange tes morts

    Jack Heath

    6/10 Si ce roman est bien écrit et se lit agréablement, son principal intérêt n'est pas dans son intrigue policière, relativement maigre et dont les amateurs du genre trouveront rapidement la solution, mais plutôt dans son originalité de son héros. Je ne vais pas divulguer la particularité de celui-ci mais le titre du roman donne plus qu'un indice, une définition.

    De ce fait, ce seront l'humour sordide, noire, qui transforme l'histoire en un grand n'importe-quoi irrévérencieux et donne toute la saveur à ce livre. Ce mélange de dérision, de rebondissements plus incroyables les uns que les autres, et de violence me fait immanquablement penser à Quentin Tarantino.

    Ce n'est que le final qui m'a bien plu. Sans qu'il soit mémorable, on pourrait le deviner mais on se faire surprendre par le dernier twist dans les dernières pages.

    Un bon divertissement histoire de s'aérer l'esprit mais qui nous laisse un peu sur notre faim.

    02/06/2018 à 21:30 5

  • 7 / 13

    Jacques Saussey

    7/10 Jacques Saussey change de structure narrative : habitué aux récits parallèles mais des personnages impliqués dans la même affaire, cette fois-ci il utilise une trame que les amateurs de Camilla Läckberg identifieront rapidement : une enquête policière dans le temps présent liée à un événement ou une histoire passée. Sans dévoiler le livre, d'un côté on a le meurtre sauvage d'une femme découverte dans une maison qui n'est pas son domicile, de l'autre le(s) récit(s) du dernier jour du musicien Glenn Miller, que tout le monde connaît pour son intemporel succès In the mood.
    Si ce qui se cache derrière cet énigmatique titre 7/13 ne constitue pas la clé de l'intrigue de ce roman, il est la solution de l'histoire que l'auteur conte en parallèle, qui se déroule durant la seconde guerre mondiale, et qui trouvera forcément un lien de connexion avec celle du temps présent.

    Dans la présentation de son livre, l'auteur déclare que si vous aimez l'histoire et les romans policiers, ce roman vous plaira. en fait, nul besoin d'être passionné d'histoire, le lecteur découvrira la petite histoire de la grande, et plus particulièrement de la fin de la seconde guerre mondiale. Moi-même peu enclin à lire des romans historiques, cette moitié du roman est agréable et instructive. En épilogue, l'auteur tient à préciser que les faits relatés sont réels.

    Les fans de Jacques Saussey auront plaisir à retrouver des personnages du Loup peint qui apporte légèreté et humour au récit, ce qui n'est pas pour déplaire. De plus, si vous écoutez ce livre, les lecteurs donnent réellement vie au récit, prennent des intonations bien distinctes pour identifier et personnaliser les personnages.

    Petit point négatif, par rapport à ses précédents romans, ce changement de structure narrative donne moins d'allant dans à ce roman, et l'on ne retrouve pas la fluidité qui en aurait fait un vrai page-turn. Il a un petit ticket d'entrée pour que le lecteur se projette dans le récit et que celui-ci décolle.

    Enfin, remarquez le prix de ce livre : moins de 14€, c'est tout simplement un OVNI tarifaire dans le monde littéraire. Vous n'aurez donc pas l'excuse du prix élever du livre pour ne pas lire cet excellent roman qui vous accompagnera agréablement sur les plages cet été.

    02/06/2018 à 12:05 2

  • Camisoles

    Martin Winckler

    7/10 Comme à chaque fois Martin Winckler par le biais d'un roman policier cherche à dénoncer les dérives du monde médical dans les pays occidentaux et plus particulièrement la France. Mais cette fois-ci, si le roman date de 2008, je le trouve particulièrement d'actualité.

    Tout d'abord en introduction du roman, l'auteur positionne la France au lendemain d'un mouvement politique qui a mis en place un président avec une majorité forte à l'Assemblée Nationale; la castration chimique pour les auteurs de délits sexuels, ou encore les scandales sanitaires en démontrant les méthodologies des études "scientifiques" pour constituer le dossier destiné à la mise sur le marché d'un médicament.

    Heureusement pour les amateurs de romans policier, Martin Winckler nous offre une histoire intelligente, drôle, à la limite de parodier des classiques du genre. Si l'on retrouve bien le juge Watteau et le médecin légiste Charly Lhombre, les principaux personnages de Mort In Vitro, Camisoles est un roman autonome et ne tire pas de lien avec son prédécesseur. On notera au passage quelques clins d’œil à Bruno Sachs.

    Même si ce roman n'offre pas l'énigme la plus inextricable, on passe un bon moment à le lire. Le style de Martin Winckler est impeccable, fluide et agréable.

    26/05/2018 à 21:13 3

  • Le Manuscrit inachevé

    Franck Thilliez

    7/10 Que dire de Franck Thilliez que nous n'ayons pas dit : que c'est un écrivain de thrillers formidables, qui maîtrise parfaitement le style de cette littérature, qui sait habilement donner tous les indices pour résoudre un énigme tout en jalonnant son récit de fausses pistes, qui dresse des personnages consistants, réfléchis, vivants, sensibles et abîmés mais plein d'humanité, qui dresse deux histoires en parallèle sans rapport logique en apparence mais qui forcent le lecteur à tourner les pages.

    Mais cette fois-ci, Franck Thilliez est plus retors : mêlant fiction et réalité, tout en rendant hommage aux plus grands du roman policier, par exemple, en donnant comme noms de code à ses personnages les patronymes des personnages des fictions de Sherlock Holmes, Franck Thilliez joue avec le lecteur. car au final qu'est-ce que lecteur désire plus que tout en lisant un thriller, trouver la solution à l'énigme. or il se trouve que pour narguer son lecteur, non seulement Franck Thilliez annonce la couleur dès le début du roman, mais en plus, rappelle tout au long du livre les indices en les soulignant.... peut être un peu trop à mon goût.

    Malheureusement, bien que tous les ingrédients soient présents pour faire un excellent roman, il y a un je-ne-sais-quoi qui fait que la mayonnaise prend moins bien que pour les autres romans. Est-ce l'absence de Sharko et Henebelle ? Est-ce cette idée de manuscrit inachevé qui n'apporte rien au récit, mais perturbe plus le lecteur qu'autre chose, l'empêchan de se projeter dans l'histoire ? Aucune idée mais je n'ai pas retrouvé dans ce roman la petite étincelle qui rend d'habitude les romans de Franck Thilliez magiques.

    Mais encore une fois, c'est un très bon roman qui vaut bon nombre de thrillers présents sur les bacs des libraires.

    Serait-ce le succès d'Entre deux mondes d'Olivier Norel, mais tous les derniers romans que j'ai lu se déroulent à un moment ou à un autre entre la baie de Somme et Calais : La nuit de l'ogre de Patrick Bauwen, 7/13 de Patrick Saussey, et Le manuscrit inachevé de Franck Thilliez. Ces auteurs se rencontrant souvent dans des salons, je suis venu à me demander s'ils ne s'étaient pas lancé un petit défit : que le roman se déroule dans la Côte d'Opale et ses envions proches. Et comme cela est plutôt la région favorite de Franc Thilliez, je penserais qu'il est l'instigateur.

    21/05/2018 à 22:14 6

  • La Nuit de l'ogre

    Patrick Bauwen

    8/10 Patrick Bauwen semble se plaire à rester en France (quoique) en place de son territoire favori les Etats-Unis. Après Le jour du chien, l'auteur poursuit sa série du Chien avec La nuit de l'ogre. Cependant dans ce second tome (est-on en droit d'en espérer au moins un autre ?), le Chien n'est pas au centre de l'aventure, mais seulement comme un élément connexe, secondaire. Ce qui n'est pas sans nous déplaire car cela donne à ce personnage une dimension supplémentaire : un être de l'ombre, qui a l'intelligence de n'intervenir que quand il l'estime nécessaire, et donc qui peut avancer ses pièces de manière cachée.

    Dans La nuit de l'ogre, on retrouve également Chris Kovac, ce médecin charmant, curieux de tout, qui pour rendre service à sa collègue de travail, part à la recherche de sa fille portée disparue. Mais cette fois-ci, sauf au démarrage de l'histoire, le lecteur ne va plonger dans les bas fond de Paris, mais dans les bas fond de la société et de son rapport avec les morts. Je ne peux en dire plus de peur de dévoiler une grosse partie de l'histoire. Mais le domaine dans lequel Patrick Bauwen entraîne son lecteur m'était inconnu, tout comme je pense pour la majeure partie de son lectorat. On sent que l'auteur s'est documenté sur le sujet pour nous en retransmettre toute la substantifique moelle.

    Lui-même étant médecin urgentiste et responsable d'un service d'urgences dans une clinique à L'Isle-Adam en région parisienne, l'auteur nous fait également bénéficier de son expérience du milieu hospitalier et des confréries estudiantines. D'ailleurs il ne manque pas de faire quelques clins d’œil à ceux-ci. On ne peut que se demander si le rythme de vie et le "régime alimentaire" de Chris Novac s'inspirent d'une connaissance professionnelle de l'auteur.

    Même si dès ses premiers romans Patrick Bauwen avait montré un sens aigu du suspense et une maîtrise du rythme donné au roman, il faut l'avouer, de roman en roman, le niveau monte. Les personnages sont solides et s'étoffent encore un peu dans ce second tome. L'écriture est parfaite, d'une grande fluidité; les yeux glissent sur les pages et au final les 500 pages sont rapidement lues. Il est intéressant de voir l'affaire au travers des différents points de vue des personnages qui alternent au fur et à mesure des chapitres. On remarquera que pour accentuer la projection du lecteur dans le roman, l'utilisation de la première personne du singulier est toujours employé lorsqu'il s'agit de Chris Kovac.

    L'intrigue est bien ficelée mais je formulerais un petit reproche à l'auteur qui ne nous donne pas tous les éléments nécessaires pour solutionner l'énigme; mais à près tout, le héros a les mêmes et trouve bien le coupable (certes il est un peu aidé par Patrick Bauwen). Ou encore sur la description un peu légère de la Croix de Cayeux sur Mer qui ne nous permet pas d'imaginer son aspect réel... mais cela est anecdotique.

    En conclusion, un excellent roman qui pourra vous accompagner à la plage cet été... si vous résistez à la tentation de le lire d'ici-là. Et c'est donc avec une réelle impatience que j'attends le troisième tome de la série du Chien.

    13/05/2018 à 15:08 4

  • Signe de vie

    José Rodrigues dos Santos

    5/10 J.R. dos Santos ne déroge pas à ses principes : fournir annuellement un gros pavé (presque 700 pages pour Signe de vie) mêlant aventure et intellect.

    Cette fois-ci on abandonne les religions et la théologie (quoi que comme dit l’adage : chassez le naturel, il revient au galop) pour une approche beaucoup plus scientifique : l’origine de la vie. Aussi les deux premiers tiers du roman prend la forme d’échanges entre scientifiques et, ou, personnes cultivées sur les possibles origines de la vie et les théories permettant d’expliquer les signes de vie extra-terrestres. Si cette partie est très intéressante et que la vulgarisation des théories et concepts scientifiques parfaitement réalisée, il n’en est pas moins lassant que cela s’étire sur les 400 premières pages du roman. Par conséquent, il faudra attendre le dernier tiers du roman pour avoir un peu d’actions en propulsant le roman dans l’espace, ce qui paradoxalement donne une grande bouffée d’air au lecteur.

    L’écriture, et donc la traduction, est toujours aussi impeccable et d’une grande fluidité; ce qui n’est pas chose aisée pour l’exposition des théories scientifiques. Aussi ne faut-il pas se laisser impressionner par l’épaisseur du livre, les pages défileront; quitte à ce que le lecteur lassé par la partie théorique la saute, quitte à y revenir un peu plus tard. Le scenario est habillement construit même si celui-ci est un peu trop linéaire à mon goût, sans grande surprise, même dans le final.

    Le lecteur habitué aux romans de J.R. dos Santos retrouvera avec grande joie le héros favori de l’auteur, Tomás Noronha, de le voir plonger dans cette aventure et de suivre sa vie. On est cependant toujours un peu surpris de voir l’homme de connaissances en histoire et en cryptanalyse, être également à l’aise et aux faits des théories d’astronomie et de physique.

    Le principal intérêt que j’ai vu à lire ce roman est la partie sur la préparation des hommes de l’espace. Bien que celle-ci soit partielle dans le contexte du livre, c’est avec plaisir que nous découvrons les protocoles, entraînements et autres modalités auxquels doivent se soumettre ces aventuriers de l’espace avant d’intégrer une mission. L’auteur dévoile avec grand humour certains aspects « techniques » sur les commodités sur lesquelles nous nous sommes toujours interrogé.

    Enfin, nous ne pouvons que faire un rapprochement au dernier Dan Brown, Origine, qui traite sensiblement du même sujet : l’origine de la vie. Contrairement à ce dernier, Signe de vie est bien meilleur à de nombreux points de vue : la présentation des concepts scientifiques est bien plus accessibles et facilement illustrées pour leur compréhension, sans que l’on est l’impression lire une encyclopédie. L’aspect science-fiction est réduite à l’essentielle donnant à la fois plus de réalisme à l’histoire et facilitant le lecteur à se projeter dans celle-ci.

    En conclusion, si ce n’est pas le thriller de l’été par son manque de suspense et de son poids difficile à trimballer sur les plages, Signe de vie est intéressant par l’aspect scientifique sur les origines de la vie qu’il nous présente.

    09/05/2018 à 09:32 3

  • Le Silence des loups

    Eric Robinne

    3/10 Si le roman commence bien et fait appel à un sujet original le clonage, on arrive rapidement à un roman qui file en ligne sans surprise, sans originalité, et parfois à peine crédible (genre le souterrain proche d'un monument touristique qui n'aurait pas été visité depuis 50 ans). Bizarrement, on continue à lire en espérant que le roman ait une nouveau souffle dans la seconde moitié, mais quelle déception.

    Les personnages sont d'un cliché sans comparaison : le héros principal est une sorte de flic, tout juste sorti de l'école, à l'ego surdimensionné qui ne semble plus avoir connaissance des procédures légales dès qu'il est en vacances. Un sorte de John MacLane à la française qui n'a pas peur aux yeux, qui est prêt à foncer dans le nid de frelons et que rien n'arrête, pas même une balle dans la jambe.

    Pour ce qui est du style... comment dire ? C'est lourd, avec plein de répétitions (et malheureusement souvent pour les mêmes sujets), avec ces réflexions de haute voltige comme "ses fesses très rondes et encore très fermes pour son demi-siècle ne laissaient pas imaginer qu'elle était mère de trois enfants", et le branding (citation de noms de marque) à outrance.

    Bref par moment, je me demandais si je lisais un livre de la série du Poulpe qui parodierait les romans policiers.

    Moralité, ce n'est pas parce que l'on a été désigné (par qui ?) roman de l'été 2014 qui faut absolument se jeter dessus.

    04/05/2018 à 20:28 3

  • Terminus Elicius

    Karine Giebel

    5/10 Que ce soient les amateurs de romans policiers ou les habitués de Karine Giebel, ce roman va les déstabiliser.

    Terminus Elicius n'est pas un roman policier à proprement parler. Certes il y a des meurtres, une enquête pour découvrir l'auteur de ces faits tragiques, mais ce n'est pas le point central du roman. Donc que les habitués de Karine Giebel ne s'attendent pas à une profusion de détails sanguinolents,de tensions dans l'investigation.

    Non, ici, l'auteure cherche à exploiter la petite histoire parallèle à l'affaire : le criminel installe un échange épistolaire avec une policière réservée et proche de l'enquête, lui confessant ses crimes, mais la charmant par la même occasion. S'engage alors une guerre psychologique pour la policière : que faire face un homme qui lui témoigne sa confiance, son amour, mais qui en même temps enlève des vies.

    Pour ce premier roman, Karine Giebel fait appel à ses connaissances : Marseille, la côte méditerranéenne, le train jusqu'à Miramas. Sans aucun problème le lecteur est rapidement projeté dans l'univers du roman, et se laisse embarquer dans cette correspondance ben loin de ses habitudes littéraires.

    Mais si le tueur charme la policière; Karine Giebel n'a pas eu le même effet sur moi. Si le style et le rythme sont plutôt maîtrisés pour un premier roman ce n'est pas au niveau des derniers romans comme dans Meurtres pour rédemption. De plus, les personnages et le mobile du crime sont un peu trop caricaturaux, ce qui gâche quelque peu le plaisir de la lecture.

    Si vous décidiez de le lire, je vous conseille de trouver la dernière édition qui inclut une nouvelle où les personnages croisent ceux de Terminus Elicius. Ce "crossover" est particulièrement savoureux.

    03/05/2018 à 21:55 3

  • L'Anneau de Moebius

    Franck Thilliez

    6/10 Plus qu'un roman policier, ce livre est avant tout un roman fantastique, de science-fiction où le principal suspect dans un enquête semble voir des éléments du futur dans ses rêves. Avec un jeune policier tout frais promu, ils vont chercher à identifier le véritable tueur en série dans le monde des freaks, ces gens "anormaux" atteints d'une anomalie génétique, une malformation ou d'un handicap physique.

    Franck Thilliez s'invite donc dans un genre auquel on ne l'associe pas forcément, la science-fiction, dans un roman qui rappelle fortement le roman Ubik de Philippe K. Dick (que je vous recommande au demeurant), mais qui est bien plus accessible et moins perturbant que ce dernier. Une incursion réussit sans être exceptionnelle comme nous a habitué Franck Thilliez qui excelle plus dans l'imagination d'une intrigue bien ficelée que dans la logique des mondes parallèles.

    Malheureusement, et c'est le gros défaut de ce roman, l'adoption de ce genre littéraire vient au détriment de la qualité du roman policier : certes l'enquête est bien menée, on s'amuse du bizutage de Victor Craise (j'adore son surnom), l'évolution dans le monde étrange des freaks est quelque peu déstabilisante mais je mets à carton rouge à Franck Thilliez qui ne donne aucun indice pour découvrir le meurtrier.

    Par contre l'auteur prend un malin plaisir à jouer avec son lecteur, et ne donne volontairement pas toutes les explications sur les flashes perçus par Stéphane. Sauriez-vous comprendre ce qui se cache derrière le série de chiffres ? Faites bien attention, à la fin d'un chapitre, l'auteur en donne la signification de manière détournée.

    Malgré tout cela, c'est un roman agréable à lire, que je conseillerai aux habitués de romans policiers qui veulent s'initier gentiment à la science-fiction sans être trop regardant sur la qualité de l'énigme.

    25/04/2018 à 19:27 2

  • L'enfant des cimetières

    Cédric Sire

    3/10 Autant le dire tout de suite, je n'ai pas accroché à ce premier roman commercial de Sire Cédric.

    Ni roman policier ni fantastique, ce roman est un thriller que l'on pourrait qualifier de gothique, où la noirceur des mondes prend place. Noirceur qui sera l'élément principal de l'histoire : d'où vient-elle, que veut-elle, pourquoi tue-t-elle ?

    Pour l'aspect fantastique, la narration pourrait faire penser à du Stephen King, mais il n'y a pas cette magie du maître qui nous transporte immédiatement dans ce monde imaginaire. Pour les habitués du genre, on reste dans un monde onirique à la limite du cliché, cherchant à tirer le dégoût du lecteur avec force détails peu ragoûtant, dégoulinant de sang, mais n'allant pas à un niveau supérieur, celui qui nous file la chaire de poule avec des éléments du réel mis dans un contexte extraordinaire (comme dans le Ca).

    Ce thriller mélangeant rêve et réalité évoque également l'univers lynchien. Mais ici une nouvelle fois, l'auteur reste au premier niveau là où David Lynch aurait déjà suggéré plus niveaux d'interprétation, aurait joué avec le lecteur pour le perdre en rêve, réalité, fantasmé, ressent.

    Cet assemblage un peu maladroit plaira certainement à des amateurs de romans policiers classiques en recherche d'originalité et de légers frissons; mais décevra tant les amateurs de romans policiers aux intrigues bien ficelées, l'enquête étant réduite à sa plus simple expression; ou les passionnés du fantastique en quête d'une dimension policière.

    20/04/2018 à 21:49 2

  • Soeurs

    Bernard Minier

    9/10 S'il est des auteurs qui s'essoufflent au fur et à mesure de leur publication ou qui sombrent dans la facilité en copiant-collant leurs histoires, Bernard Minier progresse, s'améliore, et s'approche invariablement de la perfection.

    Car Soeurs n'est pas un très bon roman policier, c'est un excellent thriller.

    Tout y est pour faire le succès de ce roman et satisfaire tant les amateurs du genre que les fidèles lecteurs de Bernard Minier. Pour ces derniers, il y aura la découverte des débuts dans la police de Martin Servaz qui va être rapidement confronté à la dure réalité des meurtres, la diabolicité des meurtriers et des pratiques douteuses des enquêteurs. Pour tous, une intrigue bien ficelée mais difficile à résoudre bien que tous les indices soient fournis au lecteur, parsemés au milieu des 480 pages du roman.

    Mais la lecture de ce roman ne se limite pas uniquement à l'intrigue policière.

    L'auteur en profite pour montrer l'évolution du métier enquêteur car si nous sommes familiers, ou du moins habitués, aux usages des caméras de surveillance, du traçage des appels téléphoniques sur réseau mobile, mais surtout aux analyses ADN, il n'y pas si longtemps les enquêteurs ne pouvaient compter que la filature, les auditions musclées et les indics.

    Et puis, il y a enfin le rapport du lecteur à l'auteur. Sur ce point on pense forcément à la folie du fan dans le Misery de Stephen King. Bernard Minier a eu la bonne idée de ne pas en faire une pâle copie, ici il pousse la "dépendance" un cran au dessus (je ne peux en dire plus sans dévoiler le roman).

    Le seul petit point négatif qui empêche Bernard Minier de nous fournir un roman parfait est l'utilisation, quoiqu'en moindre nombre par rapport à ses précédents romans, à des phrases à rallonge, de celles qui n'en finissent pas et dont on ne se rappelle plus du début de la phrase une fois arrivé à la fin (un peu comme celle que je viens de vous écrire). Si cette verbosité peut se prêter aux réflexions des personnages, elle est pour le moins gênante aux situations pressantes, quand l'action s'accélère, et où le lecteur ne peut suivre le rythme du fait de la complexité de la phrase. Heureusement, cela n'arrive plus qu'à quelques rares occurrences, et du coup les pages défilent et comme le dit si bien Olivier Bureau du Parisien : "Pour éviter d’être frustré, prenez une RTT ! La grosse difficulté avec « Sœurs », de Bernard Minier, c’est de devoir le lâcher".

    Enfin, un gros carton rouge à XO Editions qui n'a pas fait son travail de relecture sérieusement : mot manquant, fautes d'orthographes, lettres oubliées dans un mot; cela est tout simplement inadmissible alors que l'usage d'un correcteur orthographique de base aurait détecté tous ces problèmes.

    Avec Soeurs, Bernard Minier rentre dans les très grands maîtres du roman policier et devrait être anobli pour cela et obtenir le titre de Sir.

    15/04/2018 à 20:52 5

  • Les Limbes

    Olivier Bal

    9/10 Les limbes d'Olivier Bal est un coup double pour un premier roman.

    A la lecture de ce premier roman j'avais la sensation de retrouver le plaisir de lire un roman de Stephen King d'avant son accident, de cette période où le maître de l'horreur méritait ce titre. Par des mots simples, sans digressions interminables, Olivier Bal arrive a parfaitement décrire les personnages, leur psychologie, leur vécut, les situations, les actions. De par cette efficacité, le lecteur se projette rapidement dans l'histoire, se met rapidement dans la peau du héros, ou alors tourne les pages à toute vitesse durant les phases d'action.

    Au début j'avais un peu peur de l'ouverture du roman pendant la guerre du Vietnam. Il y a longtemps j'ai lu Koko de Peter Saul, j'avais trouvé que les phases de guerre ou leurs souvenirs s'éternisaient. Ici, la guerre n'est que prétexte mais le héros aurait tout aussi bien pu vivre un autre moment fort et dramatique, cela aurait été la même chose. Le lecteur n'aura pas besoin de grande motivation car ces épisodes de guerre sont ... épisodiques.

    Par contre je dois avertir les âmes les plus sensibles, l'histoire faisant (pan pan), la tension monte, les morts pullulent et l'hémoglobine se répand plus vite que la traînée de poudre; les autres verront leur rythme cardiaque monter d'un cran.

    Second coup parce que ce roman est édité par une toute nouvelle maison d'édition, De Saxus, dont Les limbes est le premier titre de leur catalogue. Autant dire que si tous les livres que cette maison d'édition va publier son de la qualité de celui d'Olivier Bal, elle va rapidement se faire une place et une renommée dans le monde de l'édition.

    Maintenant, nous attendons le prochain roman d'Olivier Bal pour confirmer l'éclosion d'un nouvel auteur talentueux.

    10/04/2018 à 21:27 7

  • Sleeping Beauties

    Owen King, Stephen King

    3/10 Il y a des bons Stephen King, et il y a les autres. Je classerais Sleeping Beauties dans cette seconde catégorie.

    Un simple indicateur pour cela : 3 semaines le lire. Autant dire que pour un aficionado du maître de l’horreur, c’est long, très long. A titre de comparaison, juste après, j’ai lu Coupable de Jacques-Olivier Bosco (400 pages) en moins de 48 heures. Je vous laisse comparer les ratios et en tirer.

    Alors pourquoi autant de temps ?

    Il faut bien le reconnaître le lire est imposant en soit avec ses 832 pages densément remplies avec une petite police sans usage du double interlignage comme on peut le voir chez certaines auteurs pour faire du volume avec une histoire épaisse comme une feuille à cigarette (e;g. Amélie Nothomb). Mais ce n’est pas la seule explication à ce marathon de lecture.

    Stephen King nous a habitué à de grandes sagas avec moultes personnages (Le fléau, Le dôme), mais dans le cas de Sleeping Beauties on a du mal à sympathiser avec les personnages, de se projeter dans l’histoire, leurs affaires, leurs problèmes; ils ne sont pas assez approfondis voire caricaturaux. De ce fait le roman a du mal à décoller et on s’oriente en première partie sur une vitesse de croisière plan-plan. Même quand les femmes s’endorment et se couvrent d’un cocon, la magie n’opère pas. Confronté à cet événement défiant toute logique scientifique, le monde devrait être complètement chamboulé, devenir fou (comme dans Cellular), ici à part quelques mouvements éparses, le monde semble l’accepter de fait. Il faudra attendre les deux tiers du livre pour que les personnages décident de passer à l’action et par la même à donner un second souffle au roman.

    Certains verront dans ce livre un élément rare à Stephen King, un roman engagé où l’auteur prenne la défense du droit des femmes, affirme clairement son opposition à Donald Trump, le consumérisme exacerbé et l’individualisme de la société généralisée.

    Enfin, pour un quatre mains, il n’est pas évident de voir les parties écrites par Stephen et celles par Owen. Il semblerait qu’il se soit échangé les parties du roman, repris et complété chacun les parties de l’autre. Il y a bien quelques passages où ne retrouvant pas le style imagé de Stephen King, on devine qu’elle a été écrite par son fils.

    S’il y a bien un point positif à ce roman est sa couverture que je trouve particulièrement réussie.

    05/04/2018 à 19:49 3

  • Coupable

    Jacques-Olivier Bosco

    9/10 Troisième livre de Jacques-Olivier Bosco que je lis, le second de la série des Anne-Elisabeth Lartéguy, et une nouvelle fois une grande claque. Un aller-retour pour un amateur de roman policier un peu noir.

    Comme à chaque fois, le rythme est effréné où l’auteur laisse à peine respirer son lecteur avec des flash-back expliquant la jeunesse et les origines de la violence de l’héroïne. De rapides trêves qui s’intercalent entre courses poursuite, meurtres, bastons et enquêtes suivies par les plus hautes sphères policières et politiques.

    Si l’intrigue n’est pas l’élément le plus travaillé, l’introduction progressive des indices permettant de découvrir l’identité du meurtrier assez facilement, cela ne constitue pas un handicap à la lecture. Au contraire cela laisse un peu plus d’oxygène pour nos neurones respirer.

    Bref, tout comme la moto de l’héroïne dévore la route en faisant brûler la gomme des pneus, j’ai tracé tout le long des 400 pages en à peine 2 jours.

    Enfin, un point supplémentaire pour la superbe couverture qui résume à elle seule tout le livre : une femme fatale à la fois élégante mais dangereuse, armée, qui n’hésite pas à se mouiller… ou tout du moins à marcher dans le sang qu’elle a répandu.

    A propos de femme fatale, est-ce que « fatale » ne pourrait pas être le titre du troisième tome ? A suivre.

    03/04/2018 à 20:55 4