QuoiLire

369 votes

  • Replay

    Ken Grimwood

    8/10 Que dire de ce livre méconnu mais qui fait partie des livres favoris de nos auteurs appréciés de ce blog. Franck Thilliez annonce tout simplement que c’est son livre favori, et Olivier Bal me l’a personnellement conseillé lors d’une séance de dédicaces (j’en profite pour l’en remercier ainsi que de sa gentillesse avec ses lecteurs).

    Ken Grimwood avec son Replay nous entraîne dans un roman de science-fiction qui séduira les gens peu attiré par ce genre littéraire. En effet sous couvert d’une résurrection multiple de son héros, l’auteur nous propose une introspection sur notre vie : quel sens souhaitons nous donner à notre vie t qu’aurions-nous fait pour changer celui-ci si nous avions l’occasion de tout reprendre à zéro ?

    Donc point de choses délirantes, de dystopie compliquée, la simple réutilisation de l’histoire et l’imagination ses variantes. Stephen King s’essaiera plus tard à ce genre avec son roman très réussi 11/22/63 mais sans pousser le concept aussi loin.

    Bien que Ken Grimwood ne fut pas un auteur prolifique, il a su maîtriser son récit pour conserver son lecteur et insuffler un second souffle à son roman en introduisant une composante supplémentaire à mi-roman.

    C’est très bien écrit, à l’occasion nous, lecteurs européens, replongeons dans l’histoire américaine des années 60-70 avec le recul d’une personne des années 80. C’est à la fois instructif, imaginatif et agréablement distrayant.

    29/10/2023 à 10:49 8

  • L'Armée d'Edward

    Christophe Agnus

    9/10 Merci à Bruno de la librairie Lu&Cie de Suresnes qui m’a conseillé cet excellent livre.

    De nombreux auteurs se sont essayés de faire des thrillers écologiques, mais nul comme Christophe Agnus n’ont atteint ce degré de vérité avec un fond technologique aussi prononcé. Alors certes l’auteur prend certaines libertés pour certaines d’entre elles, mais nous les mettrons sur le coup des besoins romanesques.

    Pourquoi ce livre est différent des autres ?

    Parce qu’il n’aborde pas l’écologie de face mais uniquement au travers de la cause d’un mouvement qui va kidnapper une vingtaine des personnes VIP++, et de façon spectaculaire, afin de faire passer son message. Parce qu’au lieu de lister nombreuses théories rébarbatives, les personnages, comme les lecteurs, se confronter aux conséquences du dérèglement climatique.

    Ensuite parce que ce n’est pas qu’un roman écologique, c’est avant tout un merveilleux thriller aux allures de roman d’espionnage, de hard-fiction. Et là encore, avec maestria l’auteur ne sombre pas dans les choses maintes fois rabattues ni dans le détail scientifique soporifique. Ce page-turner nous embarque dans une mise en scène ingénieuse profitant des dernières technologies compréhensibles des néophytes.

    L’écriture est remarquable pour un premier roman, une plume fluide et addictive où seules quelques répétitions viennent ternir ce paysage presque parfait.

    Alors accrochez-vous, plongez dans cette lecture écologique pour une fois pas rébarbative.

    14/10/2023 à 20:45 6

  • La Constance du prédateur

    Maxime Chattam

    9/10 Depuis sa trilogie du Mal, je n’avais pas trouvé de thriller de Maxime Chattam aussi abouti, aussi addictif, aussi jouissif pour un lecteur amateur du genre.

    Dernièrement l’auteur s’était un peu fourvoyer dans des univers plus fantastique (Un(e) secte, Le signal) avec un succès relatif; mais cette fois-ci il nous revient avec un thriller bine noir, bien ficelé, avec une intrigue démente.

    D’ailleurs Maxime Chattam ressort la recette qui avait fait sa notoriété et on succès de sa trilogie du mal. Tout d’abord son personnage principal, Ludivine Vancker. Une belle retrouvaille que cette enquêtrice profileuse, connue dans la trilogie du mal, qui prend du galon et dont les réflexions vont être mises à mal dans ce roman. Elle est entourée d’une équipe intéressante de policiers, scientifiques de tout ordre, pour mener cette enquête.

    Ensuite, la localisation de l’histoire. Fini les Etats-Unis, retour à la France. Aux quatre coins de la France, choix judicieux qui devrait permettre aux lecteurs de plus facilement se projeter dans l’histoire.

    Et puis la structure narrative en page-turner alternant les différents points de vue (policier, tueur) ou les différentes investigations menant en parallèle; le tout soutenu par une qualité rédactionnelle impeccable.

    Enfin, l’énigme dont la solution est très retors comblera les amateurs du genre. La description des sévices ou des cadavres suffisamment détaillée sans suscite échouement ou rejet des plus sensibles. Une belle maîtrise sur ces points de la part de l’auteur.

    Seule petite ombre au tableau : les personnages ont un vocabulaire, une façon de parler trop littéraire. ce petit défaut rompt le réalisme introduit dans l’histoire et rompt un peu le charme de celle-ci.

    Mais en dehors de ce petit défaut, ce roman est une très belle réussite.

    08/10/2023 à 11:21 3

  • Le Maître des énigmes

    Danielle Trussoni

    7/10 Danielle Trussoni s’inscrit dans la lignée des Dan Brown : un personnage qui n’était pas prédestiné à vivre une aventure mouvementée est amenée à devoir résoudre une énigme (ou plusieurs) sur fond de notions mystiques, ésotériques et religieuses.

    L’autrice a réussi le bon équilibre entre périodes d’actions, celles de réflexion pour la résolution des énigmes et d’interrogation des personnages sur cette aventure.

    Cependant, bien que le roman soit très agréable à lire, que les relances de fin de chapitre rendent difficile le lâcher de la lecture, ce Maître des énigmes révèle quelques défauts.

    On passera sur les énormités sur les politiques de sécurité carcérales que nous mettrons sur le compte de l’aspect romanesque; mais nous ne pouvons laisser passer l’aspect soit trop didactique du roman. Tantôt une théorique bien connue est longuement expliquée, façon Wikipédia, tantôt elle est juste énoncée par son nom mathématique.

    Alors si vous cherchez à roman à énigmes et que vous n’êtes pas trop tatillon sur les théories et la rigueur scientifique (ou du moins le temps d’une lecture), ce roman est fait pour vous et vous donnera plaisir à le lire.

    03/10/2023 à 20:59 4

  • Hiver rouge

    Dan Smith

    6/10 Voici un roman bien à part de tout ce que l’on peut trouver dans le roman du thriller. Un roman à l’opposée des page turners où le lecteur a du mal à décrocher pour se consacrer à ses activités quotidiennes.

    En effet Dan Smith propose dans hier rouge un roman au rythme lent qui peut rebuter certaines personnes à le lire ou à le terminer. Ce roman est à la fois une introspection du héros sur sa quête idéaliste et un regard sur la révolution russe. Il y a peu d’actions et le roman s’axe sur la tension induite par la poursuite du héros par l’armée et la recherche de la famille du héros. Personnellement, j’ai eu peur de me retrouver fasse à une copie du Désert des tartares où l’on attend longtemps pour rien.

    Mais l’auteur manie très bien la plume et réussit à garder son lectorat pour nous conter une formidable histoire.

    10/09/2023 à 10:39 2

  • Précipice

    Céline Denjean

    7/10 Depuis la découverture de Céline Denjean au travers de son roman Le cheptel, je suis un fidèle lecteur et j’attends avec impatience toute nouvelle parution de cette auteure.

    Malheureusement, bien qu’il soit d’un très bon niveau par rapport à nombreux romans que l’on peut trouver sur les étales des libraires, j’avoue avoir été un peu déçu par son dernier roman Précipice. Il est un niveau en dessous de ce à quoi l’auteure nous a habitué.

    Son écriture est toujours aussi bonne, fluide malgré deux trois répétitions dans le récit; les personnages variés et intrigants, mais l’énigme manque de profondeur et de complexité pour satisfaire et occuper nos petites cellules grises d’amateurs de polar. Il manque surtout d’alternatives et de fausses pistes pour que le lecteur se perde dans son enquête.

    En dehors de cela, Précicipe est un roman agréable à lire.

    10/09/2023 à 10:27 6

  • Roches de sang

    Olivier Bal

    7/10 Mes lectures estivales ont un parfum d’identité régionale puisqu’après la Bretagne de La lisière de Niko Tackian, je suis passé à l’autre région à forte identité, la Corse, avec Les roches de sang d’Olivier Bal. Pour l’anecdote, j’ai acheter ce livre lors d’une rencontre dédicace toujours sympathiquement organisée par Jérôme Toledano à la librairie des Cyclades à Saint Cloud.

    Après plusieurs tomes avec le même héros, Olivier Bal change (une nouvelle fois) de genre en laissant le nouveau monde de côté et en prenant des personnages pour une histoire unique. Pour cela l’auteur a fait plusieurs séjours sur l’île pour s’imprégner de son ambiance, sa gastronomie et de sa géographie et nous les restituer. Et le moins que l’on puisse dire qu’à la lecture, on serait bien tenté d’aller y faire un tour pour manger une charcuterie devant ces magnifiques paysages.

    Je en connais pas assez cette région mais je pense qu’il y a bien un ou deux clichés qui se sont glissés dans l’histoire pour la rendre narrativement plus attractive et plus croustillante; mais on lui pardonnera dans l’intérêt de cette histoire du petit et grand banditisme en Corse et dans les pays frontaliers.

    Un petit regret sur la conclusion du roman un peu trop évidente à mon goût même si au final le livre est très agréable à lire.

    29/08/2023 à 18:20 4

  • La Lisière

    Niko Tackian

    8/10 Alors que j'avais été plutôt déçu du précédent roman de Niko Tackian, Solitudes, j'ai adoré celui-ci.

    Est-ce parce que j'ai lu ce livre sur les lieux de l'histoire pendant mes vacances ? Certainement un peu, mais ce n'est pas uniquement pour cela.

    Tout d'abord la région qui est guère présente dans les romans policier, le centre Bretagne, les Monts d'Arrée (qui ont été ravagés par les incendies l'année dernière), où les légendes constituent un excellent terreau pour faire pousser les histoires.

    Ensuite les personnages sont bien structurés, différents et qui se révèlent au fil de l'histoire. Je suis particulièrement sensible à cela d'un auteur qui à chaque livre (ou presque) se réinvente un univers à chaque roman.

    Et puis intrigue qui nous fait réfléchir, chercher la clé.

    24/08/2023 à 20:36 3

  • La Faille

    Franck Thilliez

    8/10 Franck Thilliez est un des rares auteurs de romans policiers a maintenir un niveau d’excellence incroyablement haut sans pour autant revenir sans cesse vers la même histoire. Il démontre une nouvelle fois avec son dernier roman La faille qu’il est le maître incontestable du genre en France.

    21/08/2023 à 20:49 4

  • L'Heure des fous

    Nicolas Lebel

    8/10 Voici le premier roman de Nicolas Lebel de sa série du Capitaine Mehrlicht, série que je parcours de manière totalement désordonnée puisque j'ai commencé avec le dernier tome Dans la brume écarlate avant de lire celui du milieu Sans pitié ni remords. Autant vous dire que vous pouvez les lire dans n'importe quelle ordre, je n'ai pas constaté de spoiler, cependant pour suivre l'évolution des personnages, il est préférable d'aborder la série dans l'ordre.

    Dans L'heure des fous, Nicolas Lebel plante ses personnages haut en couleur, tous avec leur personnalité bien trempée, les particularités, les forces mais surtout leurs défauts. J'apprécie particulièrement le personnage principal du Capitaine Mehrlicht qui part ses réflexions à la Audiart, sa culture et son irascibilité le rend à la fois attachant et détestable.

    L'histoire est très originale qui fait que résoudre l'énigme plus vite que les enquêteurs est très difficile voire impossible. Cela devrait mettre au défi les lecteurs enquêteurs. Je ne sais pas d'ailleurs si le lien historique est totalement inventé ou inspiré de faits réels, l'auteur ne donne pas de détails sur ce point dans les remerciements.

    Enfin, nul besoin de préciser que Nicolas Lebel maîtrise tous les techniques d'un bon écrivain de roman policier : une écriture fluide, des petits cliffhangers en fin de chapitre pour maintenir son lecteur en haleine, de l'humour. Par contre, avoir déjà cette maîtrise pour ce premier roman, c'est exceptionnel et annonciateur de ses futurs succès et prix littéraires.

    Bref, un roman très agréable à lire qui donne envie de connaître les autres épisodes de la série Mehrlicht.

    27/07/2023 à 07:48 6

  • La Porte du vent

    Jean-Marc Souvira

    7/10 Il y a  des romans que l'on lit ou achète parce que l'on a entendu parler d'eux dans la presse ou sur des blogs. Il y en a d'autres où c'est leur couverture qui nous séduit. J'ai découvert La porte du vent de Jean-Marc Souvira tout d'abord par sa création graphique de couverture à la fois originale, précise mais intrigante. Et au final, après avoir lu le livre, je dirais qu'elle résume parfaitement ce roman.

    L'originalité du roman puisqu'il commence comme un roman noir sur fond de guerre entre gangs parisiens pour laisser place ensuite à un roman historique de la première guerre mondiale donnant les origines de ces clans, avant de se clore par la conclusion de la première partie. L'originalité provient aussi de l'inspiration de l'histoire à partir de faits réels. Ainsi le cimetière militaire d'Etaples comporte bien une tombe d'un chinois dont malheureusement l'identité a été perdue.

    La précision dans le récit provient essentiellement de l'expérience de l'auteur puisqu'il est commissaire divisionnaire au sein de la Police judiciaire depuis plus de vingt-cinq ans après avoir  dirigé l'Office Central pour la Répression de la Traite des Êtres Humains. Mais c'est également un incroyable investigateur dans l'histoire de la France sur la période de la première guerre mondiale. Il m'a fait découvrir un pan de l'histoire avec "la déportation" de chinois pour pallier au manque de main d'œuvre masculine en France.

    L'intrigue se tisse dans l'origine et les relations entre les gangs. Sans doute que celles-ci sont romancées, mais qui sait.

    Jean-Marc Souvira nous offre un roman agréable à lire, un phrasé est fluide avec des personnes qui prennent de l'ampleur au fur et à mesure des pages. On pourra reprocher un petit déséquilibre entre les parties afin que les amateurs de romans policiers ne lâchent pas la lecture au cours de la seconde partie. Et je recommanderais la version numérique, car ce petit pavé de près de 600 pages pèse près de 700g et fatigue rapidement les bras.

    23/07/2023 à 09:41 3

  • De nulle part

    Claire Favan

    7/10 Les romans de Claire Favan sont une raison pour l'auteure de dénoncer certaines injustices ou irrégularités dans les grandes entités de l'état. Cette fois-ci elle dénonce l'institution des aides à l'enfance où manque de moyens, manque de personnel et manque de formation ne font qu'empirer la situation de ces enfants déjà en détresse familiale. La première partie du roman est donc dur tant pour l'ASE que pour l'enfant chahuté, blessé et transbahuté de famille en foyer pour être jeté à la rue le jour de ses 18 ans.

    Et puis ensuite, Claire Favan enclenche le mécanisme du roman policier. Bien que la mécanique soit toujours aussi bien huilée, le style irréprochable et agréable à lire, on pourra regretter une relative facilité dans le récit. De par le sujet, il n'y avait guère d'alternative et le roman se déroule d'une manière un peu linéaire. Mais je préfère parfois les petits chemins de campagne aux rails des trains.

    Cependant l'auteure ne commet pas d'erreur comme son confrère Jacques Expert (voir Deux gouttes d'eau).

    Un roman agréable à lire mais qui manque un peu de surprise.

    https://quoilire.wordpress.com/2023/07/10/claire-favan-de-nulle-part/

    10/07/2023 à 20:51 2

  • Les Fantômes d'Eden

    Patrick Bauwen

    9/10 Cela faisait un moment que je n'avais pas lu de roman de Patrick Bauwen, mais aussi, et tout simplement , d'aussi bon livre.

    L'auteur réussit un tour de force en nous tenant en haleine alors que le roman avance tranquillement, au rythme de l'enquête complexe et bien tarabiscotée. Et paradoxalement, on demanderait presque à l'auteur de ralentir le récit pour profiter encore plus longtemps de l'histoire, de l'ambiance et des décors format cinémascope de cette Amérique dans laquelle il nous ballade.

    Les personnages sont foisonnants, variés. Il y a tout d'abord un groupe de personnages principaux, tous à la fois aussi forts que subtiles, entourés de personnages secondaires mais qui ont leur propre importance dans le récit.

    La structure est certes classique : une trame principale, une autre dans le passé; mais Patrick Bauwen ajoute celle du meurtrier . Ces 3 axes vont bien sur se rencontrer, mais pour quelle raison, le lecteur devra user de ces petites cellules grises ou bien être patient.

    Ce roman ne peut que nous rappeler un autre roman Ca de Stephen King. A la lecture du roman, le groupe de jeunes adolescents m'a fait penser au "Club des ratés", Eden par sa moiteur, les everglades et les monstres y habitant rappelent Derry. Et puis si l'on est attentif, d'autres noms (certes communs) de personnages semblent se faire écho.

    Ce long thriller a toutes les qualités que l'on attend d'un roman policier.

    30/06/2023 à 20:52 2

  • Quand j'étais Théodore Seaborn

    Martin Michaud

    8/10 Bien que je ne connaisse pas le Canada, j'avoue être charmé par certains de ses auteurs de thrillers : Patrick Sénécal et Martin Michaud sont aussi bons que nos locaux Maxime Chattam ou Fnrack Thilliez.

    Pour une fois ce n'est pas son héros favori Victor Lessard dont nous allons suivre l'aventure (mésaventure), mais celle de Théodore Seaborn, un publicitaire qui sombre dans la dépression après avoir été un publicitaire renommé, et qui devient dépendant de barres chocolatées. Devant aller en acheter, il sort de chez lui après plusieurs mois et croise une personne qui lui ressemble. Intrigué il le suit pour le connaître et là, commence l'aventure qui va chambouler sa vie.

    Je n'en dirais pas plus si ce n'est que l'auteur nous plonge dans la mise en place d'un attentat par un groupe islamique. Je ne divulgâche rien car vous allez être rapidement mis au fait du sujet, et ce dès le prologue de l'auteur.

    Ce roman est très bon, il tient en haleine, mais surtout il aborde ce sujet par un angle original. Une personne qui n'est pas intégriste et qui, de fil en aiguille, va se retrouver à participer à la mise en place d'un acte de terrorisme.

    Si l'écriture est efficace, addictive et fluide, elle est supportée par d'autres qualités de cet auteur:  savoir construire des personnages solides, variés que l'on découvre au fil des pages; surprendre le lecteur de manière régulière et réserver un effet pour le final.

    Un roman que l'on dévore.

    21/06/2023 à 20:47 2

  • Un oeil dans la nuit

    Bernard Minier

    8/10 Voici le retour tant attendu du héros favori de Bernard Minier, le dénommé Martin Servaz. Enfin pour être tout à fait exact et honnête, ce policier à la célèbre renommé n'intervient qu'en seconde partie de roman.

    En effet la première est consacrée à la découverte d cette jeune étudiant en cinéma et de sa rencontre avec son cinéaste favori, mais très mystérieux et discret Morbus, à la renommé sulfureuse dans le milieu du cinéma d'horreur.

    Alors que j'avais été déçu des précédents romans de Bernard Minier, j'avoue avoir été accroché par ce roman qui comporte toutes les caractéristique j'aime trouver dans un livre. Un côté original (le milieu du cinéma gore dont je ne connais plus l'histoire que leur visionnage), une énigme honnête (pas très retors car malheureusement l'auteur ne laisse guère d'alternatives possibles), un policier que l'on suit sur plusieurs histoires et de l'humour. D'ailleurs  croire que lui et Franck Thilliez se sont donnés comme mot ou comme défit de faire référence à son confrère d'écriture dans leur roman. Certes il y a une rencontre rapide entre Sharko et Servaz,  mais de nombreuses allusions sont faites à son homologue (faites attention aux titres des films par exemple).

    Le seul petit hic est le double final : le final de l'enquête et le final du livre. Sincèrement, s'il amène un gros cliffhanger, l'auteur aurait tout aussi bien pu s'en passer. J'ai trouvé pour une suite la technique un peu trop facile.

    18/06/2023 à 21:06 2

  • L'Empathie

    Antoine Renand

    4/10 Je ne sais que penser de ce premier livre d'Antoine Renand.

    Dans un premier temps, j'ai été happé par l'histoire, de cet homme lézar qui, pour commettre ses méfaits, entre chez ses victimes en grimpant le long des parois des maisons et forçant les fenêtres si besoin.

    Qui plus est, bien qu'il laisse derrière lui de nombreux indices qui devraient permettre de l'identifier, il est inconnu des fichiers. L'enquête semble complexe et longue.

    Malheureusement pour moi qui ne suis pas très adepte des thrillers psychologiques, le roman tombe très rapidement dans l'analyse psychologique des violeurs. Et un peu comme un avocat qui défend un e personne ayant commis les pires atrocités, cette partie est plutôt dérangeante. Même s'il est prouvé scientifiquement que des circonstances vécues durant l'enfance influent sur le comportement adulte,  on en sait pas comment prendre cette partie du roman : n'est-on pas devant une excuse "scientifique" faisant fit du libre arbitre ?

    Cela est d'autant plus dérangeant avec la description très détaillée et à répétition des violences infligées. Au final, on éprouve un certain malaise à lire L'empathie et une sensation de voyeurisme de ces situations dramatiques.

    Sinon le style d'Antoine Renand est déjà bien maîtrisé et tient en haleine le lecteur malgré quelques erreurs de débutant comme des personnes un peu cliché, quelques répétitions et une fin en queue de poisson.

    Un auteur à confirmer à la lecture de son prochain roman.

    10/06/2023 à 17:28 4

  • Un vrai jeu d'enfant

    François-Xavier Dillard

    8/10 Avec Un vrai jeu d'enfant je découvre un nouvel auteur François-Xavier Dillard. Et ma fois, c'est pas mal du tout, surtout pour un premier roman.

    Dans ce roman que je qualifierais de court (par rapport à mes habitudes de lecture car il faut tout de même 240 pages), le lecteur est rapidement embarqué dans une histoire de braquage avec piste d'otage qui va partir en sucette.

    Si la première partie plante le décors et les différents personnages (un poil trop cliché), la seconde poursuite fait monter les nerfs des lecteurs, pour le glacer avec un final que l'on n'attendait pas.

    Son écriture est fluide, limpide, agréable à lire. Malgré une alternance des points de vue de l'histoire par les différents personnages, l'auteur arrive à conserver la tension et l'intérêt du lecteur. C'est un bel exercice de style que nous offre l'auteur.

    Alors si vous croisez ce livre chez votre bouquiniste favori, n'hésitez pas, prenez le.

    30/05/2023 à 21:17 3

  • Spinoza encule Hegel

    Jean-Bernard Pouy

    5/10 Jean-Bernard Pouy est un auteur de roman noir, policier, à part. Son style est inimitable, ses histoires sont à la fois noires, populaires avec un brin d'humour. Ce n'est pas sans raison qu'il créa la regrettée maison d'édition Baleine et un héros que j'affectionne particulièrement, Gabriel Lecouvreur alias Le Poulpe.

    Spinoza encule Hegel est son premier roman qu'il présente comme une oeuvre courte visant à expliquer les manifestations de Mai 68 (son côté arnar ressort un peu) sans sombrer dans la dissertation d'histoire.

    Le moins que l'on puisse dire c'est que sur ce dernier point, c'est très réussi. Par contre de là à comprendre qu'il s'agit de cette période de l'histoire, il est préférable d'être au courant et de bien maîtriser cet épisode.

    J'avoue que la plume de l'auteur est dans le présent roman un peu trop brut, titi parisien,  à mon goût et ne facilite pas la projection du lecteur dans l'histoire.

    Un roman historique à plus d'un titre.

    30/05/2023 à 21:08 2

  • Cinq doigts sous la neige

    Jacques Saussey

    7/10 J'aurais pu dire que Cinq doigts sous le neige est le dernier roman de Jacques Saussey mais comme j'ai (toujours) un train de retard, ce n'est pas vrai puisque l'auteur a en a sorti un depuis dont j'espère faire la critique plus rapidement que pour ce livre.

    L'auteur nous embarque dans un huis-clos qui commence un peu comme un film d'horreur de série Z : un groupe d'amis se retrouvent dans un chalet, isolés par le neige, et à leur réveil l'une d'entre eux a disparu..... Bien entendu, l'auteur nous mène par le bout du nez, nous met des fausses-pistes (traces dans la neige), de faux indices, pour nous perdre.

    Nul besoin de préciser de Jacques Saussey maîtrise à la perfection la technique du page turner : l'écriture est fluide, les chapitres sont courts et avec un mini-cliffhanger à leur fin rendant addictive la lecture. Ses personnages sont bien travaillés, complexes, avec leurs petits secrets.

    Un très bon livre où cette vous donnera la chaire de poule sur la plage cet été.

    22/05/2023 à 19:10 2

  • Les Dames blanches

    Pierre Bordage

    8/10 Bien que je ne lise que rarement des romans de Pierre Bordage, et pourtant ce n'est pas le choix qui manque parmi toute la bibliothèque produite par cet auteur, mais à chaque fois je plonge dans une histoire différente.

    Si j'ai découvert l'auteur il y a bien longtemps avec L'enjomineur qui se déroulait au temps de la révolution française, cette fois-ci l'auteur nous met dans la situation d'une invasion extraterrestre passive, si ce n'est qu'elle attire les jeunes enfants de moins de quatre ans. Il est impossible de pénétrer, détruire, repousser ou déplacer ces dames blanches. L'humanité doit affronter un ennemi comme il n'a jamais rencontré.

    On pourrait se faire que Pierre Bordage a fait une reprise de La guerre des mondes de H.G Wells, mais là où l'américain était axé sur la lutte et les actions contre l'envahisseur, le français préfère une réflexion sur la réaction des hommes face à cette inconnue. Certes les tentatives de lutte sont relatées, mais ce sont plus les actions contre les humains faites par les humains qui intéressent l'auteur.

    Certains y verront une réflexion sur l'immigration, d'autres la relation entre les parents et les enfants, ou encore une allégorie sur la crise sanitaire vécue ces dernières années. Dans tous les cas, la question sous-jacente en  filigrane est jusqu'à  quel point l'humanité peut aller dans l'inhumanité au nom de sa protection.

    Un roman de SF, sans grande action mais à grand pouvoir de réflexion.

    21/05/2023 à 21:04 3