QuoiLire

369 votes

  • L'Hypnotiseur

    Lars Kepler

    3/10 Si j’avais été immédiatement séduit pas la quatrième de couverture de L’hypnotiseur de Lars Kepler, ma déconvenue en a été d’autant plus rapide.

    En effet, ce livre se traine en longueur et grand bien aurait été fait aux lecteurs si une bonne centaine de pages avait été ôtée et ainsi supprimer les nombreuses répétitions, interrogations inutiles des personnages, flashback qui rompt la maigre lancée narrative de ce livre.

    Pour un roman psychologique, la création des personnages est plus que superficielle au point où le lecteur ne manquera pas d’être surpris devant si peu de sentiments et de réactions du héros principal et de sa femme face à la disparition de leur fils.

    Et je ne vous parle pas du suspense qui vole aussi haut que les pâquerettes, aucune surprise de dernière minute ne récompense le lecteur qui a eu le courage de lire l’intégralité de ce pavé.

    Enfin, je n’ai réellement lu ce livre, je l’ai écouté. Bien que la diction du lecteur soit parfaite, est-ce son intonation ou le rythme du livre, mais plusieurs j’ai du revenir en arrière ayant perdu le fil de l’histoire. J’irais même jusqu’à dire qu’il convient d’éviter d’écouter ce livre tout en conduisant, une quiétude, voire légère léthargie va vous gagner au fur et à mesure des pages.

    09/03/2017 à 21:19 4

  • Le Premier Miracle

    Gilles Legardinier

    6/10 La grande originalité de ce livre ne se tient pas dans son histoire mais dans le fait qu’il ne s’inscrit pas dans la lignée des précédentes publications de l’auteur feel-good le plus lu en France. Cette fois-ci Gilles Legardinier s’attaque au roman d’aventure et d’espionnage. Certes, on est loin de John Le Carré ou Tom Clancy, mais Gilles Legardinier amène une jolie histoire d’espionnage se rapprochant de Dan Brown : un historien doit enquêter sur une série de vols qui chamboulera sa vie. Les rebondissements sont tous les plus invraisemblables les uns que les autres, même si de nombreux éléments reposent sur des faits historiques, des lieux géographiques réels et des œuvres d’art existantes comme le Splendor Solis.

    Mais les qualités premières de Gille Legardinier sont toujours présentes : une écriture simple, efficace, fluide avec une pointe d’humour de-ci de-là. Ces qualités font que l’on se laisse gagner par l’histoire et que l’on passe un très bon moment.

    Comme j’ai « lu » ce livre par sa version audio, je dois féliciter David Manet qui a une voix très agréable, ni agressive, ni soporifique, qu’il sait moduler pour incarner les différents personnages. Sa diction est parfaite ne rend que plus appréciable l’écoute de ce livre.

    Enfin, dans la tradition de Stephen King pour présenter ses nouvelles, Gilles Legardinier offre aux lecteurs, en dernier chapitre, l’histoire de l’histoire : ce qui fut à l’origine de l’idée de cette histoire, les anecdotes ainsi que quelques suppléments que je ne vous dévoilerai pour ne pas « spoiler » le livre (et comme l’auteur le demande lui-même en introduction de ce dernier chapitre).

    28/02/2017 à 21:16 1

  • Dompteur d'anges

    Claire Favan

    10/10 Nous connaissions Claire Favan pour des premiers romans très réussis comme Le tueur intime ou Serre-moi fort qui lui a valu la reconnaissance des professionnelles, de salons et de voir son nom connu des amateurs du genre. Mais ici, cher lecteur, que vous alliez chez votre libraire ou sur les réseaux sociaux, vous risquez de voir un commentaire unanime sur ce livre : c’est le thriller de l’année.

    Je dirais même mieux, ce livre est une véritable bombe qui ravira les plus exigeants des amateurs de littérature policière.

    Ce livre est une bombe à fragmentation car ce n’est pas une histoire que nous conte Claire Favan, mais plusieurs qui à elles seules auraient suffit à faire un livre. L’auteur installe son auteur dans une histoire, mais juste au moment où celui-ci se demande comment elle va faire pour tenir son lecteur en haleine le restant des pages, paf, l’histoire prend une nouvelle tournure et repart de plus belle.

    Certains habitués à ce genre de livres à rebondissements pourraient s’attendre à des bifurcations un peu faciles ou à un manque de la structure psychologique des personnages. Dans le cas présent, ce n’est pas le cas, et c’est la raison pour laquelle ce livre sorti en février est certainement le thriller de l’année. Sans vous dévoiler le livre, de part son sujet, la construction de la psychologie des personnages est nécessaire. Elle est bien faite, sans tomber dans un excès de théorie freudienne ou jungienne.

    L’écriture de Claire Favan s’est également améliorée et gagne en qualité : encore plus fluide, mes yeux glissent sur les pages comme des patins sur la glace, les pages défilent. Avec une belle surprise on voit l’auteur employer l’humour, qui plus est à propos d’amis également écrivains (je vous laisse découvrir ces petites pépites).

    Donc une très belle réussite, qui malgré ses 432 pages, ne dure pas assez longtemps tant on est captivé par l’histoire.

    Je ne peux que vous le conseiller, de vous inciter à l’offrir à vos amis, même ceux férus de cette littérature car le seul risque que vous courriez dans ce cas, est que votre ami ne l’ait déjà.

    27/02/2017 à 19:13 5

  • Brutale

    Jacques-Olivier Bosco

    8/10 Quand on lit un livre de 400 pages en moins de 2 jours, je pense que l’on peut dire sans peine avoir été séduit par ce livre.

    Pour une fois les commentaires-critiques apposés en quatrième de couverture ne sont pas mensonges ou effets d’annonces commerciales.

    Car Brutale est bel(le) et bien un très bon thriller qui nous fait penser à des films comme Police Python 357 ou l’Inspecteur Harry : l’héroïne, garçon manqué, est de ces policiers prêts à franchir les limites de la légalité pour faire respecter la loi ou venger les siens.

    Si l’écriture n’est pas du niveau d’un Franck Thilliez pour d’un Maxime Chattam, un peu plus simple, plus directe, elle se prête parfaitement à ce roman dont l’histoire défile à 200km à l’heure. Tantôt une scène de crime, une attaque, une traque, une poursuite sur les chapeaux de roues, un combat…. le temps de réflexion pour l’héroïne est réduit tout comme les pauses pour le lecteur.

    Un livre à dévorer toutes affaires cessantes.

    Et comme j’aime bien relever les petites erreurs narratives, de mise en page, typographiques ou autres dans un livre, Brutale a un petite anomalie dans la couverture : l’héroïne apparaît sur celle-ci comme blonde, alors que dans le livre ses cheveux sont dits noire corbeau.

    13/02/2017 à 19:49 6

  • Le Cas Malaussène

    Daniel Pennac

    7/10 "Le cas Malaussène - Tome 1 : Ils m'ont menti" reprend et respecte la recette qui fit le succès littéraire de la Saga Malaussène :un beau bordel orchestré par une famille iconoclaste, un poil déjantée. Plusieurs histoires en parallèle, qui vont bien sûr converger les unes vers les autres, menées par des personnages tous les plus originaux les uns que les autres

    Je rassure les amateurs de la série, qui comme moi, ne l'auraient pas compulsé depuis plusieurs années, l'auteur ré-introduit chaque personnage par de subtiles et courts rappels. De plus, un répertoire des noms figure en fin de livre pour rafraîchir la mémoire de chacun à n'importe quel moment de l'histoire.

    Un regret cependant dans ses retrouvailles de la famille Malaussène : la sobre couverture des éditions Gallimard nous fait regretter les versions poches des précédents épisodes illustrées par Tradi. En espérant que cette lacune sera corrigée dans un an, lors de sa sortie en petit format.

    On n'attend plus que la suite, à paraître à la prochaine rentrée littéraire de janvier 2018

    26/01/2017 à 19:58 2

  • Nous allons mourir ce soir

    Gillian Flynn

    8/10 Gillian Flynn est une vraie maîtresse du suspense.

    En effet, ce roman n’est ni un policier ni un thriller mais bien un roman à suspense, où l’auteure joue avec le lecteur. Car le but de ce roman est de mettre le lecteur dans la position d’un enquêteur et que celui-ci doit différencier la vérité du mensonge. Cela peut nous sembler facile à la lecture de bon nombre de livres policiers, mais quand l’intrigue est alambiquée, que les possibilités sont multiples et que le temps de réflexion vous est compté, la chose devient ardue.

    Saurez-vous trouver la solution à l’énigme bien ficelée que nous soumet l’auteure ?

    Personnellement, je n’aurai pas cette présentation dans le cas qui nous est offert. Tout ce que nous pouvons dire c’est que Gillian Flynn met à la baguette ses romans et ses lecteurs par le bout du nez.

    S’il y a un aspect négatif à cette nouvelle est sa petitesse. Car avec ses 72 pages, en petit format avec une mise en page assez lâche, le roman se lit très rapidement (une grosse heure). Son rapport qualité prix est donc très faible. Il eu été intéressant que Gillian Flynn et son éditeur français Sonatine, offrent aux lecteurs un livre plus conséquent regroupant plusieurs nouvelles comme Le bazar des mauvais rêves de Stephen King

    15/01/2017 à 20:19 4

  • Le Dragon du Muveran

    Marc Voltenauer

    8/10 C’est avec plaisir que ce roman m’a accompagné pour les derniers jours de 2016 et pour le matin difficile du nouvel an de 2017.

    Ne vous attendez pas à ce qu’il vous réchauffe, ses meurtres légèrement gores comme ils se doivent, et la localisation de l’action dans les montagnes suisses, aussi charmantes soient-elles, vont vous glacer le sang.

    La style d’écriture et l’intrigue nous font penser à Camilla Läckberg. L’origine du mal est dévoilée au fur et à mesure du roman, en alternance avec l’enquête. Une enquête qui va lentement mais sûrement, qui propose au lecteur les mêmes éléments et indices qu’aux enquêteurs, qui peut ainsi mener sa propre enquête. L’auteur a donc eu l’intelligence d’être honnête avec son lecteur de ce point de vue.

    L’écriture est simple, fluide, élégante et agréable à lire. Elle rend hommage à la splendeur des paysages et à ce pic de la région : le Murevan. Sans tomber dans le guide touristique, l’auteur distille d’ici-de-là le conte d’anecdotes de la région, de descriptions de lieux ou de spécialités culinaires.

    S’il connaît déjà un certain succès au pays des helvètes, je suis certain qu’il va le devenir en France,du moins le mériterait-il amplement.

    02/01/2017 à 21:39 3

  • Bondrée

    Andrée A. Michaud

    3/10 Après Mirror Lake et Lazy Bird, Bondrée constitue le troisième volet de la trilogie américaine écrite par Andrée A. Michaud. Nul besoin d’avoir lu les opus précédents pour s’y retrouver, puisque les lieux et les personnages diffèrent d’un livre à l’autre.

    Mais mon expérience des livres d’Andrée A. Michaud ira-t-elle à lire les deux autres livres de cette trilogie ?

    Je ne le pense pas car si l’histoire policière est intéressante au départ, le genre littéraire ne me convient pas. Je dis bien qu’il ne me convient pas et non pas que le style littéraire n’est pas bien. Andrée A. Michaud a tendance à utiliser des phrases alambiquées, de celles qui n’en finissent pas, qui commencent par un sujet et qui de fil en aiguille vont vers un deuxième voire troisième sujet. Je trouve que cela alourdit l’histoire et en plus la ralentit.

    Par conséquent au tiers du livre j’ai suivi l’un des commandements du lecteur : j’ai arrêté la lecture de ce livre. Je n’arrivais pas à m’imprégner de l’atmosphère de la ville de Bondrée et encore moins de trouver le début d’une intrigue ou l’ambiance lynchienne promise.

    Peut-être y reviendrais-je un peu plus tard ?

    30/12/2016 à 21:34 4

  • Lux

    Maud Mayeras

    2/10 Le moins que l’on puisse dire est que Maud Mayeras a une imagination débordante…. mais personnellement, je pense que son imagination est trop foisonnante : des meurtres sur plusieurs décennies, un tremblement de terre, un tsunami, un aborigène délirant, un camp hippie et des survivalistes avec un road trip comme liant.

    J’avoue avoir eu du mal à suivre l’histoire et m’être forcé à poursuivre la lecture de Lux en me demandant où l’auteure allait emmener son personnage et comment elle allait terminer son roman. Grand bien m’a pris car si la première partie du livre est confuse et déstructurée, la fin est vraiment intéressante. On peut seulement regretter que le roman devienne intéressant sur sa fin et de manière très furtive.

    J’aurais aimé un roman plus calme, plus pausé, moins fou-fou, avec moins d’événements, mais où l’intrigue soit plus fouillée, plus structurée, la psychologie des personnages plus assise tout comme leur mode de vie.

    Donc si je ne recommanderai pas la lecture de Lux, je ne rejette pas cette auteure, pour son imagination fertile, et je promets de revoir mon jugement à son encontre en lisant Reflex dans un future que j’espère proche.

    28/12/2016 à 21:38 5

  • Rêver

    Franck Thilliez

    9/10 Amateur de thrillers, de romans policiers, vous qui aimez mener l’enquête et déjouer l’énigme dressée par l’auteur, ce livre est fait pour vous.

    En plus de son originalité d’être totalement déconstruit et de mêler, façon David Lynch, le réel, le ressenti et le rêvé, ce livre est un véritable défi aux enquêteurs. Pas l’ombre d’une piste pour vous faire deviner qui est le kidnappeur et son mode opératoire, mais vous disposez d’assez d’éléments pour faire fonctionner votre imagination et trouver les éléments manquants.

    L’auteur joue réellement avec son lecteur car ce dernier devra trouver un code pour aller sur le site http://www.rever-franck-thilliez.fr/ pour lire le chapitre manquant qui donne les éléments manquants à l’histoire qui ne vous ont pas permis de trouver la solution.

    Enfin, en plus de cette nouveauté « technologique », Franck Thilliez se renouvelle en laissant de côté son héros préféré, mais un peu usé, Franck Sharko. Si dans un premier temps, les fans peuvent être déçus, l’efficacité narrative nous fait rapidement adopter ces nouveaux personnages….pour mieux retrouver, espérons-le, notre héros préféré dans une future aventure.

    A lire, voire à relire comme le conseille le romancier.

    22/12/2016 à 21:21 5

  • Quand la neige danse

    Sonja Delzongle

    7/10 Si Sonja Delzongle ne renouvèle pas le genre littéraire, elle respecte et exploite tous les éléments d'un bon thriller.

    Tout d'abord, des personnages intrigants, aucun n'étant blanc comme neige, que l'auteur prend le temps de dresser le passé et le profil psychologique au fil des pages. Ici, pléthore de personnages nous sont donnés : policier de campagne, profileuse, médecin, ex-taulard...

    D'autre part le mystère : la disparition d'enfant, l'envoi aux parents de poupées à l'effigie de leur enfant kidnappé, dans une petite agglomération du nord de Etats-Unis reculée qui sombre tout doucement dans la léthargie hivernale sous la neige. L'ambiance devient pesante, lourde.

    Enfin, le lecteur devine que la solution à l'énigme se trouve en partie dans le passé des personnages et de la ville. L'auteur lui donne l'ensemble des indices pour mener à bien sa prpre enquête mais attention aux fausses pistes dressées sur le chemin de la vérité.

    Une histoire sans réelle surprise mais qui glisse toute seule sous les yeux avisés des lecteurs.

    13/12/2016 à 20:26 2

  • Un monde meilleur

    Marcus Sakey

    8/10 Cher lecture, Markus Sakey a enclenché la seconde et nous voilà rapidement propulsé dans un tourbillon d’actions en suivant les aventures de Nick Cooper.

    Ce héros aux capacités d’analyse comportementale hors du commun nous fait penser à un lointain Jack Ryan, le héros qui a fait la renommée et la gloire de Tom Clancy. Si celui-ci n’est pas confronté aux menaces des communistes, mais au clivage normaux – Brillants, on peut cependant trouver un certain parallèle entre les deux héros : la recherche de la justice, l’investissement personnel, les menaces sur la famille, le passage à l’action contraint et forcé.

    Les lecteurs qui ont aimé Tom Clancy apprécieront cette saga, d’autant plus qu’elle apporte un certain renouveau avec cette consonance de science-fiction. Cette dimension reste cependant raisonnable, d’un futur proche légèrement chamboulé technologiquement par les avancées apportées par les Brillants.

    Un grand roman qui confirme les talents narratifs et d’écriture de Markus Sakey, etnous fait saliver à l’attente du troisième épisode.

    11/12/2016 à 22:03 3

  • Tu tueras le père

    Sandrone Dazieri

    9/10 Après l’avoir vu bien exposé dans de nombreuses librairies et me l’avoir été conseillé par une collègue avec laquelle je partage nos avis sur les romans policiers, je me suis décidé à me lancer dans la lecture de Tu tueras le père.

    Voici un roman qui démarre sur les chapeaux de roues et qui ne se calme qu’un fois la quatrième de couverture tournée, donc cher lecteur vous êtes averti, vous ne pourrez pas lâcher ce livre avant de l’avoir fini.

    L’histoire nous tient bien entendu en haleine avec de nombreux rebondissements et la découverte progressive du passé des personnages. L’auteur a le génie de laisser en suspens de multiples interrogations qui trouvent réponses uniquement en fin de roman. Un livre qui se termine en apothéose tant ces éléments, et d’autres insignifiants au premier abord, viennet s’imbriquer les uns les autres pour constituer un puzzle démoniaque.

    Le seul point négatif est le recours aux particularités de Dante Torre qui me fait trop penser à d’autres enquêteurs marginaux et autres mentalistes, un peu trop à la mode en ce moent. Mais cela reste mineur face aux qualités de narration de Sandrone Dazieri.

    Sans vous divulguez la solution de cette intrigue policière, sachez que la couverture est très bien faite et vous donne un indice.

    Un très bon roman subtilement équilibré entre actions, psychologie et histoire entre les personnages, mais aussi enquête et un peu d’humour qui ravira nombre de lecteurs amateurs de ce genre de littérature.

    16/11/2016 à 21:24 5

  • Travail soigné

    Pierre Lemaitre

    8/10 Quelle belle histoire, quel bel hommage à la littérature policière que Travail soigné !

    Sous couvert d'une intrigue policière, Pierre Lemaitre, pour son premier roman policier, veut rendre hommage à cette littérature, considérée moins noble mais qui rencontre un succès grandissant en France; et aux auteurs qui l'ont séduit et laissé des souvenirs de bons moments de lecture. L'histoire est originale, même si l'enquête est des plus classiques; où les personnages ont du corps et de la personnalité.

    La prose de Lemaitre amène une grande fluidité au récit, le lecteur s'installe très rapidement et confortablement dans l'histoire. Les pages défilent, les minutes s'écoulent, les morts s'accumulent. Bref, on passe un très bon moment dnas les mains de Camille Verhoeven, ce flic à la sensibilité d'artiste (serait-ce une projection de l'auteur ?).

    Concernant l'aspect audio de l’œuvre, c'est une pure merveille : Jacques Franz (la voix française de De Niro) est parfait pour cette tâche. Dès les premières secondes, l'intonation grave de sa voix pose le roman et annonce de suite que l'histoire qui va nous être conté n'est pas drôle, qu'il va y avoir du lourd. En bon acteur, il joue parfaitement avec sa voix pour nous vivre les moments forts de l'histoire, les sentiments des personnages. De plus sa diction est parfaitement ce qui m'a permis d'écouter complètement et parfaitement l'histoire en voiture.

    Petit plus pour ceux qui découvriront ce livre dans sa version audio, une interview de Pierre Lemaitre sur Travail soigné et plus globalement sur son travail est proposée en bonus.

    15/11/2016 à 21:11 7

  • Le Loup peint

    Jacques Saussey

    9/10 Je ne connaissais pas cet auteur et c'est une très belle découverte. Le loup peint est son dernier roman et on remarque tout de suite une certaine maîtrise de la trame romanesque, du maintien du suspense, des revirements et des coups de théâtre. Si la structure est maîtrisée, la fluidité de l'écriture l'est également. La lecture de ce livre coule sans peine et se transforme rapidement en un très bon moment de détente.

    Ensuite l'histoire est également excellente. Elle s'inscrit dans la lignée de Catch 22, ce roman horrible où le héros, quoi qu'il fasse pour résoudre un problème, fait face à de plus en plus de soucis de gravité grandissante. Une histoire improbable, mais tellement improbable qu'elle pourrait être vraie. Les personnages sont tellement bien dépeints que l'on prend pitié du héros, on aimerait l'aider, le conseiller, hurler pour ne pas aller quelque part. Bref, le lecteur voit défiler non seulement les pages mais l'action devant ses yeux un peu comme au cinéma.

    Enfin, comme vous l'aurez remarqué dans l'extrait ci-dessus, l'auteur ne manque pas d'humour et n'oublie pas de faire des clins d’œil à ses pères.

    Un très bon roman qui nous fait dire que nous croiserons une prochaine fois cet auteur dans nos lectures.

    13/11/2016 à 20:56 2

  • Le Lagon noir

    Arnaldur Indridason

    2/10 Comment dire ?

    Arnaldur Indridasonest l’Agatha Christie du XXIème siècle.

    Si à la première lecture, l’auteur pourrait prendre cela pour un compliment, il n’en est rien. Ce roman est d’une lenteur effrayante, une sorte de Columbo sous Valium. Est-ce le mode de vie des islandais qui veut cela ? Je ne sais pas, mais mon expérience de lecteur m’a poussé à parcourir le texte en diagonales afin que j’y trouve un certain confort de lecture et sauter les multiples répétitions dans le récit.

    On ne peut pas parler d’intrigue, tout juste d’une trame qui permet à l’auteur de présenter l’Islande. Car au final, le véritable personnage de ce livre est le pays. A de nombreuses reprises, l’auteur nous parle des habitudes de son pays, comme le fait d’employer le prénom et non pas le nom d’un habitant, de l’histoire de ce pays du nord de l’Europe, mais aussi de sa géographie.

    Bref, je ne conseillerais pas ce livre aux amateurs de romans policiers, encore moins à ceux de thrillers, mais plutôt aux futurs touristes en Islande qui désire avoir un autre regard sur ce pays.

    13/11/2016 à 20:30

  • Une Offrande à la tempête

    Dolores Redondo

    8/10 Fidèle à elle-même, Dolores Redondo reprend la formule et les ingrédients qui ont fait le succès de son premier opus L'homme invisible. Derrière l'intrigue policière la mythologie et les traditions basques espagnoles motivent assassins et bercent la vie des habitants. Mais comme dans chacun de ses romans, elle fait appel à un nouveau mythe mais toujours en adéquation avec l'enquête qu'elle mène.

    Seuls les lecteurs de la première heure ayant profité des joies de la lecture de L'homme invisible et de De chair et d'os pourront comprendre et suivre l'histoire et les conflits familiaux de l'inspectrice Amaia Salazar,

    Cette fois-ci, les rebondissements et les scènes d'action s'enchaînent à un rythme plus soutenu et le lecteur aura peu de temps pour réfléchir et mener sa propre enquête. Cette enquête sera d'autant plus compliquée pour le lecteur qu'il devra assimiler les nombreux protagonistes dans cette nouvelle affaire, même si la solution est un peu trop évidente à mon goût. C'est d'ailleurs le seul point négatif de ce roman.

    Un livre qui ravira les lecteurs fidèles à Dolores Rodondo et qui devrait inciter les autres à se mettre à la lecture de la saga de l'inspectrice Amaia Salazar,

    05/11/2016 à 22:11 4

  • Le Cri

    Nicolas Beuglet

    9/10 A peine le livre terminé et refermé, la première impression que laisse ce livre est la densité. Densité du sujet, densité des actions.

    Car si le livre démarre sur un banal décès, l’héroïne va rapidement entraîner le lecteur dans une course folle contre la montre. Course folle qui ne lui laissera guère le temps de se reposer et au lecteur d’occasion de refermer temporairement le livre. Donc vous êtes prévenu, vous savez quand vous aller ouvrir le livre mais pas quand vous allez le refermer… à moins de ne l’avoir terminé d’une traite.

    Densité du sujet, car si le thème du livre peut paraître quelque peu fantasque, l’auteur nous révèle en fin de livre que son histoire est basée sur des faits réels et que seule son imagination n’a fait que les extrapoler pour en dresser le contexte ultime du roman. Cependant l’auteur sait expliquer simplement les différents sujets scientifiques (psychologiques et physiques) abordés pour que tout chaque lecteur puisse comprendre le concept et l’étendu de leur signification.

    Malheureusement, comme tout premier livre (en fait c’est le second livre de Nicolas Beuglet), celui-ci a quelques défauts de jeunesse.

    On remarque ainsi quelques erreurs temporelles comme le passage à la banque. Il est indiqué que celle-ci ferme à 19h, que les héros font un rapide point à leur sortie de cette banque et qu’ils quittent les lieux vers minuit.

    Et puis il y a le syndrome Jack Bauer, le héros de 24h chrono : omniprésence du téléphone mobile qui fonctionne tout le temps, sans jamais être rechargé, qui capte dans tous les pays, dans les zones les plus reculées et inhospitalières, sur terre comme sous terre, même dans des zones militaires ultra-sécurisés. Franchement il faudrait qu’un jour on me donne les références du modèle du téléphone mobile et de l’abonnement, car personnellement dès que je vais un peu à la campagne, je n’ai plus que les appels d’urgence disponibles.

    Cependant le roman est bien construit, la psychologie et le passé des personnages sont dévoilés au compte-goutte tout au long de l’histoire. On aurait aimé avoir un certain équilibre dans les défauts entre personnages, Christopher apparaissant un peu trop parfait.

    Un très bon roman écrit par un auteur à la plume efficace dont il faudra suivre les prochaines publications.

    01/11/2016 à 20:06 2

  • L'Affaire Léon Sadorski

    Romain Slocombe

    8/10 Lire L’affaire Léon Sardorski n’est pas à proprement parler lire un thriller. Romain Slocombe dresse plutôt une analyse du rôle de la police parisienne pendant l’occupation allemande. Mais, alors qu’il pourrait tomber dans la facilité de présenter un flic acquis à la cause allemande, l’auteur nous relate la biographie d’un policier qui, bien que participant à l’effort de la traque juive, se retrouve malgré lui de l’autre coté. On aurait presque pitié pour lui si l’on ne connaissait pas déjà ses résultats au service des RG.

    La force de ce livre est de nous présenter cette authentique biographie, étayée, renseignée, de rappeler les années noires de la France sous couvert d’un roman noir. L’écriture est bien ciselée, le rythme agréable, ni trop rapide, ni trop lent. L’auteur saupoudre son roman de quelques périodes d’action pour donner du nerf à son récit. Le style de l’auteur et les sujets contés par celui-ci ont évolué depuis sa tétralogie La Crucifixion en jaune et ont atteint une certaine maturité fort agréable.

    Un roman à lire qui mérite amplement le Goncourt 2016.

    25/10/2016 à 21:07 7

  • Juste une ombre

    Karine Giebel

    8/10 Karine Giebel nous offre un très grand thriller psychologique. Alors que je ne suis pas adepte de ce genre de romans, je suis littéralement tombé sous le charme de la narration, de l'intrigue, de toute l'ingéniosité du harceleur pour faire tomber sa proie.

    Pour ce qui est de l'intrigue, les amateurs d'énigmes policières trouveront l'identité du harceleur assez facilement. Cependant je les rassure car l'intérêt du livre et son suspense du livre ne tournent pas autour de ce point mais bien plus sur la montée du plan machiavélique. Nous sommes les témoins d'un jeu du chat et de la souris particulièrement pernicieux où nous suivons la dégradation mentale de la victime, ses interrogations, sa lutte désespérée.

    Et contrairement au Purgatoire des Innocents point de descriptions gores, de sévices minutieusement détaillés, l'auteure sait faire vibrer son lecteur d'une autre façon beaucoup plus intelligente.

    Je ne m'éterniserai pas sur les qualités d'écriture de Karine Giebel qui sont toujours aussi impeccables pour ce genre de romans : précis, direct, où les actions et petits rebondissements arrivent régulièrement pour tenir le lecteur en haleine.

    Un roman qui vous teindra aux tripes !

    10/10/2016 à 21:48 4