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Ces mensonges qui nous lient
8/10 Encore un très bon roman à suspense du Canadien Linwood Barclay. Je me demande d'où lui est venue l'idée d'avoir comme personnage principal un auteur au succès confidentiel devenu biographe pour des individus étant sous le programme fédéral de la protection des témoins... Biographe devant bien entendu écrire des biographies fictives afin que ces individus puissent vivre en sécurité. Ce personnage principal c'est Jack, dont le père lui-même a disparu... dans le cadre de ce programme !
Une histoire que j'ai trouvée très bien ficelée (comme souvent chez cet auteur), très plaisante à suivre mais aux révélations pas si étonnantes que cela (on "flaire" rapidement que quelque chose ne tourne pas rond dans cette histoire de "biographe"...). Je verrais bien ce roman adapté au cinéma.
Sylvain Agaësse à la lecture (livre audio), c'est du solide et ça colle bien à l'histoire.
Bref, encore une bonne pioche dans la bibliographie de Lindwood Barclay.hier à 16:06 2
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Rien n'est vrai
8/10 "Bonsoir, je suis votre jumelle d'anniversaire !".
Alix Summer anime une émission de podcasts. Le principe est d'inviter une personne qui partage la même date de naissance.
Alors qu'elle dîne dans un restaurant, Alix fait la rencontre de Josie Fair. Elle va devenir sa nouvelle invitée. Mais au fil des émissions, Josie est de plus en plus énigmatique et semble cacher des secrets particulièrement douloureux. Et petit à petit la vie d'Alix va être transformée à jamais...
D'un ton léger au départ, le roman va se poursuivre sur des sentiers de plus en plus sombres. Je n'avais d'ailleurs pas anticipé cette noirceur et me suis fait surprendre.
Une intrigue tortueuse, du suspense, une alternance passé/présent parfois déroutante pour une histoire plaisante à suivre (livre audio pour ma part) et finalement assez dure. A découvrir.
21/02/2026 à 10:23 4
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Déviances
7/10 Beaucoup de choses ont été dites dans les commentaires précédents. Déviances (titre peu pertinent au passage, l'original l'était bien plus) est typiquement le genre de titres que j'aurais adoré il y a une quinzaine d'années quand je dévorais des thrillers. Ce n'est plus ma came mais force est de constater que ce premier roman de Richard Montanari a des qualités indéniables malgré un rythme inégal et des personnages principaux pas assez fouillés à mes yeux (mais bon c'est une série, donc on doit sûrement en apprendre plus sur le passé des deux enquêteurs par la suite). Concernant le tueur en série l'aspect religieux aussi poussé est plutôt original mais si l'auteur explique ses motivations en toute fin d'ouvrage (et que tout "se tient"), cela reste peu vraisemblable, tout comme certains enchaînements dans l'intrigue. C'est vrai que le dernier quart est très réussi (à partir du moment où une des victimes se montrent plus coriace que les précédentes). J'ai en revanche beaucoup aimé les passages sur Philadelphie, une ville qui sied bien au monde du polar je trouve.
Je ne suis pas pour autant certain de poursuivre la série et vais probablement en rester là avec cet auteur.12/02/2026 à 18:38 3
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Les Bottes suédoises
8/10 Un an après avoir fini le lumineux Les Chaussures italiennes, je fus heureux de retrouver le taciturne Fredrik Welin dans ce qui est, hélas, le dernier roman d'Henning Mankell. L'ancien médecin vit toujours sur son île. Une nuit, il parvient à s'extirper de la maison familiale en feu. Il n'en restera que des ruines. Incendie criminel ? Ou bien le vieil homme a-t-il mis lui-même le feu, ce que croient de plus en plus de personnes ?
On retrouve certains personnages dont Jansson, le facteur de l'archipel ou encore Louise, la fille de Fredrik. Les aventures de Welin nous emmèneront jusqu'à Paris, entre souvenirs et soucis bien réels, et l'on verra Mankell évoquer à nouveau des thèmes qui lui sont chers, tel celui qu'il avait longuement abordé dans le premier Wallander, Meurtriers sans visage, un peu comme si l'immense auteur suédois "bouclait la boucle". J'ai d'ailleurs vu pas mal de clins d'oeil à ses anciens titres (par exemple le passé de la famille de la journaliste Lisa Modin, personnage très intéressant par ailleurs). Au-delà des péripéties que va connaître Fredrik Welin, ce sont toutes les réflexions sur le temps qui passe, les souvenirs qui ressurgissent au crépuscule d'une vie. C'est magnifique, très touchant.
Je ne le redirai jamais assez mais Henning Mankell est un auteur qui a profondément marqué ma vie de lecteur et je me réjouis à l'idée qu'il me reste encore quelques titres de lui à découvrir, et plein de pépites à relire.11/02/2026 à 11:00 4
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Nuit
6/10 Je poursuis ma lecture de la série dédiée au commandant Servaz avec ce Nuit à la couverture sublime. Quid de l'histoire ? C'est le grand retour de Julian Hirtmann ! L'histoire débute sur une plateforme pétrolière en Norvège, puis dans la région toulousaine avec une scène de haute volée pour Servaz qui va finir... opéré du cœur ! L'IGPN sur le dos, un jeune garçon prénommé Gustav qui pourrait avoir un lien direct avec Servaz, un couple d'intellectuels vivant dans un chalet en haute montagne, un duo d'Autrichiens sur les traces du tueur en série, sans oublier une partenaire norvégienne au caractère bien trempé... Beaucoup d'ingrédients, beaucoup de rythme mais des scènes parfois invraisemblables. Ma lecture s'est étirée sur un mois, ce qui n'est pas forcément bon signe, surtout pour la lecture d'un thriller. Je garde néanmoins en tête certaines scènes marquantes (la course poursuite avec le pédophile, la scène du chalet ou encore celle des ruines de l'hôpital dans la montagne...).
01/02/2026 à 19:41 3
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La ligne de mort
7/10 Hansy, dans la campagne de la banlieue parisienne. Le professeur Hermlin y a installé son laboratoire. Il demande expressément à Ric Hochet de le rejoindre sur le champ. Ce dernier décline et se rend finalement chez le professeur deux jours plus tard. En chemin il tente d'intercepter un camion filant à tout à l'heure vers une maison. Ric parvient à s'introduire dans la cabine, découvre le chauffeur inanimé et grâce à un coup de volant dévie in extremis la trajectoire du camion qui finit dans une mare. Le chauffeur est mort. Au même moment, à proximité de l'accident, d'autres personnes viennent subitement de mourir... Quant au professeur, il a été victime d'une crise cardiaque. Assez vite Ric se rend compte que toutes ces personnes sont situées sur une même ligne droite, à quelques kilomètres de distance... La piste d'une "arme inédite ! ... Un rayon arrêtant le cœur" se dessine et Ric va enquêter pour savoir qui se cache derrière cette "ligne de mort".
Un opus des plus agréables, à l'intrigue honnête mais pas exceptionnelle. Il faudra attendre l'ultime page pour découvrir l'identité de la personne qui se cache derrière cette ligne de mort.01/02/2026 à 18:00
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Opération Napoléon
7/10 C'est un Indridason en mode thriller d'espionnage que je découvre ici avec un de ses premiers romans. Il ne fait pas partie de la série dédiée à Erlendur Sveinsson mais l'on peut aisément le deviner derrière les traits de l'inspecteur et Sigurdur Oli derrière ceux de son adjoint "qui a étudié aux Etats-Unis". Ceci étant dit leur présence est davantage un clin d'oeil car la véritable héroïne c'est Kristin, employée aux affaires étrangères. Menacée par un homme victime d'escroquerie en Russie puis touchée par de terribles évènements se déroulant sur l'immense glacier Vatnajökull à l'Est du pays, nous allons la suivre dans des aventures qui mêlent Histoire et espionnage, sur les traces d'un avion disparu pendant la Seconde Guerre mondiale finissante. Certains trouveront que le coeur de l'intrigue est digne des pires théories du complot (Indridason s'ingéniant à poursuivre son idée jusqu'à la dernière ligne du roman). On tourne les pages pour découvrir ce qui se cache au coeur de cet avion disparu, on fait face à de gros méchants (ah, ce Ratoff !), on réfléchit à l'ingérence américaine (livre écrit il y a plus d'un quart de siècle mais tellement d'actualité...)... A noter que la base américaine de Keflavik largement évoquée dans le roman sera de nouveau au coeur de plusieurs titres de l'auteur (je pense de mémoire à Lagon Noir).
Bref, j'ai aimé retrouvé l'écriture d'Indridason même si je le préfère dans des romans moins typés thrillers (d'ailleurs retrouverons-nous un jour les aventures d'Erlendur ? Rien depuis 2014... ). A découvrir notamment pour les fans de l'auteur, mais pas à lire en premier pour qui veut découvrir la plume de l'auteur islandais, plus subtile dans ses titres de la série Erlendur (notamment à partir du marquant La Femme en vert).09/01/2026 à 19:30 1
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Le Chinois
8/10 J'ai longtemps repoussé la lecture de ce roman de mon auteur préféré car la moyenne (5,5/10 au moment où j'écris ces lignes) et les commentaires ci-dessous me refroidissaient lorsqu'il s'agissait de débuter la lecture d'un polar. Et puis finalement je me suis lancé au mois de septembre dernier. Ma lecture s'est étalée sur plusieurs semaines sans jamais me lasser. Je me suis au contraire délecté de la plume du grand auteur suédois, avec cette histoire qui débute comme un thriller (la scène du village massacré au fin fond de la Suède...), qui prend les chemins du roman historique (la construction de chemins de fer dans l'Ouest américain au XIXe siècle par des Chinois quasi-esclaves) mais aussi de l'essai géopolitique (la place grandissante de la Chine sur l'échiquier mondial avec un détour en terre africaine si chère à l'auteur, Mozambique et Zimbabwe ici) ou encore de l'espionnage (la traque de la juge Birgitta Roslin). Cette vengeance au long cours fut prenante, chez un Mankell toujours humaniste et dont on peut louer une certaine lucidité sur le rôle à venir de la Chine (roman publié il y a 17 ans tout de même).
Bref, pas déçu du tout bien au contraire, une belle surprise eu égard aux commentaires majoritairement négatifs précédents. J'ai retrouvé le Mankell que j'aime et qui fait mouche, même sans Kurt Wallander...28/12/2025 à 19:40 4
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Dans la toile
6/10 Une jeune femme victime miraculée d'une fusillade, souffrant de stress post-traumatique, d'amnésie et (on l'apprendra plus tard) d'un trouble dissociatif de l'identité, s'installe avec son conjoint dans un chalet perdu dans les Vosges. Elle, la Parisienne critique d'art, se retrouve isolée au fin fond de la forêt et lutte contre ses trous de mémoire et ses angoisses. Angoisses accentuées par ses réveils nocturnes et ses étranges nouveaux voisins...
Un début hyper accrocheur qui hélas s'essouffle à mesure que les scènes se répètent. On alterne entre le présent en terre vosgienne et les flash-backs (dans des chapitres intitulés #Mémoires) dédiés notamment à l'enfance dans le Maine de l'héroïne. La répétition du schéma narratif et, surtout, les amnésies répétées d'Isabel lassent et nous perdent à notre tour. Est-ce voulu ? L'auteur aurait-il cherché à ce que l'on soit aussi paumé que son héroïne ? Peut-être. Mais quand on ne sait plus ce qu'on lit, qu'on se dit à voix haute "J'y comprends rien !", est-ce si pertinent que cela ? Et même lorsque tout est expliqué (parfois trop rapidement) en fin d'ouvrage, on peine à se remettre du maëlstrom dans lequel on a tenté de surnager pendant des dizaines de pages. En bref, je reconnais d'indéniables qualités à ce titre mais à vouloir y mettre trop d'ingrédients, Vincent Hauuy m'aura donné le tournis.15/12/2025 à 18:22 1
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La Nuit du météore
Richard D. Nolane, Olivier Roman
7/10 5e tome d'une série que je prends en cours de route, je n'ai pas été gêné car ce tome peut se lire indépendamment des autres. Nous sommes ici dans les landes écossaises et un objet volumineux fait d'un matériau inconnu vient de s'écraser. Les services secrets sont immédiatement sur le coup tout comme... le célèbre détective Harry Dickson, le "Sherlock Holmes américain". Après quelques péripéties et clins d'œil à l'univers de Tintin (apparition du capitaine Haddock, référence à l'Ile noire...) nous voilà dans les entrailles d'une base secrète où l'on découvre que le mystérieux objet serait en réalité un vaisseau spatial habité... Je n'en dis pas plus mais alors que j'ai bien aimé suivre l'intrigue jusqu'au dernier quart, je n'ai pas apprécié la tournure presque grotesque prise dans les ultimes pages.
Je tenterai à l'occasion la lecture d'autres tomes de la série.26/11/2025 à 09:12 2
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Le Fantôme de l'auditorium
7/10 Une pièce de théâtre en préparation qui ramène à la surface une histoire vieille de 70 ans, des phénomènes étranges et inquiétants qui se multiplient, des pistes quant à ce qui se cache derrière tout cela (le "gardien" du site ? L'élève jalouse de Mary, l'héroïne ? Patrick, le copain farceur ? Le nouvel élève, Jeffrey ?...)...
J'ai retrouvé dans ce tome l'esprit de la série qui me plaisait tant, enfant. Un bon cru que ce Fantôme de l'auditorium.31/10/2025 à 13:57 1
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À vif
5/10 De René Manzor, je n'avais lu que "Celui dont le nom n'est plus" dont je gardais un bon souvenir. Ici j'ai été beaucoup moins séduit par une intrigue poussive, avec des personnages stéréotypés et peu marquants. Seuls les sentiments ressentis par le père de la victime ont sonné juste et m'ont touché. La chute m'a laissé de marbre alors qu'elle aurait pu avoir un effet "whaouh" mais trop mal amenée à mes yeux. Bref, une déception.
24/09/2025 à 17:54 2
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Mort de peur
5/10 Colin Buckley a volé un jeu de cartes à M. Croseri, "l'homme le plus grognon du voisinage [...] grand solitaire et [qui] haïssait les enfants". Avec ses amis Emily et Carl, ils se mettent à jouer mais très vite ils se rendent compte que leur partie à des effets immédiats et destructeurs sur le réel...
Basant son intrigue sur une sorte de puits sans fond temporel, R.L. Stine brouille les repères du lecteur et habille son histoire de monstres issus du monde de la fantasy. Si cela a le mérite d'être original pour la série "Chair de Poule", je ne suis pas certain que ce soit terrifiant pour le jeune lecteur qui préfèrera probablement les histoires de fantômes...17/09/2025 à 09:44
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La Fille de Kali
7/10 Cela faisait longtemps que je voulais lire ce roman (depuis ma lecture du Cheptel en 2018 précisément) et c'est désormais chose faite. C'est le 2e roman de l'autrice et si elle n'atteint pas la maîtrise du Cheptel qui sera publié 2 ans plus tard, Céline Denjean nous livre là un thriller tout à fait honnête et même captivant par moment. Deux puis trois (policière, journalistique et celle d'un privé ex-flic corrompu) enquêtes qui vont (forcément) toutes se rejoindre sur la piste d'une tueuse en série à l'enfance malheureuse et adoratrice de Kali, divinité hindoue. Les personnages sont dans l'ensemble réussis (notamment Chang, le privé) mais je trouve Eloïse Bouquet un peu trop lisse encore. L'intrigue traîne parfois en longueur mais n'est jamais déplaisante à suivre, notamment parce qu'on a différentes points de vue (des différents "enquêteurs" mais aussi celui de la tueuse à travers son histoire personnelle).
Voilà un titre prometteur, une promesse plus que tenue avec le titre suivant, Le Cheptel, chef-d'œuvre de Céline Denjean.13/09/2025 à 18:10 3
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L'Enigme de la chambre 622
8/10 Labyrinthique, étourdissant, parfois émouvant, souvent bluffant. Dicker fait du Dicker, avec une intrigue vertigineuse dont il a le secret. C'est aussi un bel hommage à son regretté éditeur Bernard de Fallois. On voyage beaucoup dans le sillon des personnages qui gravitent tous autour de la banque suisse Ebezner (Genève et différents coins de Suisse, Madrid, la Grèce...), personnages marquants et mémorables. Je pense qu'une fois que l'on "sait tout", il doit être amusant de relire l'ouvrage... Mais bon, plus de 700 pages en poche quand même !
Bref, une (encore) belle réussite de l'écrivain suisse !07/09/2025 à 11:55 5
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Adieu Birkenau - Ginette Kolinka
Cesc Dalmases, Efa, Victor Matet, Jean-David Morvan
7/10 Une BD/roman graphique qui retrace l'histoire de Ginette Kolinka, déportée à Auschwitz-Birkenau, des dessins et un texte à hauteur d'adolescents (public à qui est principalement destiné l'ouvrage), un récit à la première personne entre souvenirs de l'horreur concentrationnaire et visite guidée de collégiens/lycéens sur le site de nos jours. Au bout de la petite centaine de pages un dossier de 13 pages constitué par Tal Bruttmann (historien français grand spécialiste de la Shoah et plus particulièrement d'Auschwitz). Très intéressant.
28/08/2025 à 17:12 1
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La Fleur de l'illusion
9/10 "Minutieux orfèvre, Keigo Higashino a conçu sa Fleur de l’illusion comme un véritable origami policier.
Le lecteur y admire tour à tour la fantastique complexité des innombrables plis, l’extrême raffinement de la forme et la trompeuse simplicité d’un art subtil."
Voilà ce que dit Actes Sud de ce roman à la fin de la 4e de couv'. Difficile de dire mieux !!!
C'est du Higashino pur jus, c'est brillant. Difficile d'imaginer ce qui lit le suicide d'un jeune musicien hyper talentueux, du meurtre d'un retraité botaniste et du meurtre sauvage (cf prologue 1) à coup de sabres de passants quelques décennies plus tôt...
Vraiment c'est remarquable. La seule difficulté, pour nous lecteurs occidentaux, est liée aux nombreux personnages aux noms difficiles à retenir (je me suis fait différents arbres généalogiques au brouillon pour bien suivre les différentes histoires) sur plusieurs temporalités. Cela ne doit surtout pas décourager les futurs lectrices/teurs !
Une nouvelle fois bravo à l'auteur et merci aux éditions Actes Sud de continuer à traduire cet auteur japonais !28/08/2025 à 15:27 7
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Chantier
8/10 "C'est de leur faute, Freddy. Tout ça, c'est à cause d'eux. Je me débrouillais, et tout allait plutôt bien, jusqu'à ce que ces types des ponts et chaussées décident d'éventrer ma vie."
Bart Dawes est cadre dans une blanchisserie. Son quartier, tout comme son lieu de travail, vont prochainement être détruits au profit d'une autoroute. Frappé par la mort prématurée de son jeune fils unique (tumeur au cerveau) quelques années auparavant, la perspective nouvelle de voir tout ce qu'il a construit pendant plus de deux décennies le fait vriller. La goutte d'eau va faire déborder un vase rempli de frustration, de colère et de cette impérieuse nécessité de tout faire péter... Le tout dans un monde qui s'ouvre sur l'inconnu (et fait tout le sel du récit : construire une autoroute au moment où le prix du baril de pétrole explose et où les voitures ne se vendent plus ou presque...) avec un contexte de crise pétrolière (le récit s'étire d'août 1973 à janvier 1974 mais se concentre essentiellement sur novembre-décembre 73 et janvier 74). Dans cette fuite en avant sans retour, Dawes croisera entre autres une jeune autostoppeuse paumée (Olivia), un mafioso (Magliore) et un prêtre défroqué (Drake).
On avance vers l'inexorable au côté de Dawes, tout en gardant un soupçon (mais juste un soupçon, pas plus, car c'est du King) d'espoir que Dawes revienne à la raison. Cette folie qui s'est emparée de lui ne semble pas avoir de limite...
Je n'étais pas convaincu que ce titre me plairait en lisant le résumé mais je dois admettre que l'on a un très bon roman du maître, sans une once de fantastique ou d'horreur. A découvrir ou redécouvrir.20/08/2025 à 09:35 1
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La Psy
8/10 Freida McFadden, la fameuse autrice la plus lue de France depuis quelques temps. Je me suis plongé avec curiosité dans ce roman au pitch alléchant.
Bon disons-le tout de suite, j'ai été désarçonné par l'écriture que j'ai trouvée assez plate (certains diront simpliste voire pauvre). Mais là n'est clairement pas l'intérêt du roman. Page-turner par excellence, la Psy se dévore car l'autrice a su de façon remarquable créer un suspense intenable pour le lecteur. On alterne entre passé et présent, entre les récits d'Adrienne (la Psy) et Tricia (la jeune femme qui souhaite acheter une maison avec son compagnon), le tout dans un cadre propice au suspense (une maison isolée, un couple coincé dedans en pleine tempête de neige) et force est de constater que ces ingrédients et la construction du récit rendent difficile l'arrêt de la lecture. On en envie de savoir ce qui se cache dans cette maison, ce qui se cache derrière la disparition de la psy. En outre, les révélations qui s'enchaînent sont épatantes. J'ai juste noté deux-trois incohérences mais qui ne nuisent pas aux explications finales.
Bref, La Psy est un très bon page-turner, d'une rare efficacité.14/08/2025 à 19:24 8
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Arizona Kiss
8/10 Il est des romans dont on n'attend pas grand chose : peu ou pas d'avis sur le Net, une 4e de couv' plus que laconique, un titre qui donne peu d'indices... Et acheté pour rien du tout en poche dans un magasin de déstockage. Quel délice alors de découvrir qu'on est sur une pépite !
1991, Tucson, Arizona. Russell Macky travaille à la News-Gazette. Journaliste d'investigation, il vient de soulever un énorme scandale concernant une compagnie minière du coin, grâce à son travail d'infiltration. Mais malgré l'écho retentissant de son enquête, Macky rêve d'aller plus haut dans le métier et pourquoi pas un jour de recevoir le Pullitzer et travailler pour les plus grands journaux américains. Et voilà qu'une femme, Alice Malone, l'appelle pour lui révéler qu'un juge retraité, une éminence du coin, se livre à des combats de pitbulls clandestins... Sans compter qu'il a la main lourde avec la demoiselle... Macky va tout mettre en œuvre pour piéger le juge.
Ah, quelle histoire de dingue ! Car je n'ai évoqué ici que les 70 premières pages. Du hard-boiled, des rebondissements, une chute remarquable, des personnages bien marqués à commencer par l'incroyable Alice Malone... Bref, une belle découverte et un grand plaisir de lecture. A découvrir !12/08/2025 à 16:17 1
