El Marco Modérateur

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  • Incident à Twenty-Mile

    Trevanian

    9/10 1898. Twenty-Mile est une bourgade perdue dans le Wyoming, peuplée d’une quinzaine d’âmes, et qui ne survit que grâce aux mouvements pendulaires hebdomadaires de plusieurs dizaines de mineurs travaillant à extraire de l’argent d’un gisement. Un jeune homme arrive, prénommé Matthew, et tente de se faire une place au sein de cette minuscule communauté, tandis que trois détenus viennent de s’évader de la prison d’Etat de Laramie, avec la ferme intention de rejoindre Twenty-Mile. Il y aura des morts à l’arrivée.

    Trevanian, l’auteur de La Sanction, L’Expert ou Shibumi, signait en 1998 ce western, le seul de sa bibliographie. D’entrée de jeu, on est saisi, à la gorge comme aux tripes, par la noirceur du récit, et l’on commence cet ouvrage crépusculaire avec la description des « grains de lune », ces prisonniers si particuliers, dont trois d’entre eux vont se faire la belle et rejoindre Twenty-Mile. L’écriture de Trevanian est remarquable : sombre, enténébrée, extraordinaire de densité et de maturité, laissant augurer du meilleur pour la suite. Au sein du village, dont on annonce déjà la fermeture de la mine qui constitue son unique source de revenus, les divers habitants sont décrits en quelques coups de plume, acérés, acides, et l’on voit déjà venir la tragédie finale, même si on en ignore la teneur et le déroulement exacts. Deux individus retiennent principalement l’attention : le jeune Matthew, visiblement brisé dans son enfance, prêt à tous les petits jobs pour réussir à joindre les deux bouts, promenant avec lui un tromblon biscornu en raison de sa taille et de son âge, et grand lecteur des aventures de « Ringo Kid », le héros récurrent de l’écrivain (fictif) Anthony Bradford Chumms. Parallèlement, Lieder, le chef du trio de malfrats qui débarque à Twenty-Mile, est un être d’une insondable malveillance : bel orateur, grand lecteur, il est rongé par une puissante haine raciste et nationaliste qui le pousse à des diatribes enfiévrées sur le sort de la patrie, l’invasion des migrants ou les roublardises des élites. C’est également un impuissant sexuel, un pur psychopathe et un manipulateur de première, stratège du crime et capable d’imaginer des plans assez douteux, tout en débitant des citations maltraitées de la Bible. Ici, pas de fusillades, de pétarades échevelées, ou de courses-poursuites à cheval : on est dans la noirceur dans ce qu’elle a de plus crue, ciselée comme une pierre précieuse. La tension va monter crescendo tandis que Lieder, Minus et Mon-P’tit-Bobby vont commencer à tyranniser la maigre population locale. Et le final s’effectue à toute allure, à la vitesse d’une volée de balles parfaitement chemisées : un épilogue sombre, où la psychologie l’emporte sur les effets purement pyrotechniques et visuels. D’ailleurs, les trente dernières pages de cet ouvrage expliquent sa genèse et le fait que nombre d’événements et de personnages sont réels.

    Un opus exemplaire, sombre comme ça n’est guère permis, où les quelques longueurs de l’entame sont rapidement balayées par la furie et la cruauté. Un roman spectaculaire, à sa façon, qui se paie en outre le luxe de devenir, en 1998, c’est-à-dire à une époque où le genre n’est plus vraiment à la mode, un jalon de la littérature consacrée aux westerns.

    19/03/2021 à 07:07 5

  • Abominables bonshommes des neiges

    R. L. Stine

    7/10 Orpheline de père et de mère, Jane Forest a quitté Chicago pour aller vivre dans le nord avec sa jeune tante, Anna, dans un village montagneux envahi par la neige, Sherpia. Là-bas, elle y découvre une communauté resserrée et vivant dans l’inquiétude d’un effrayant bonhomme de neige qui serait une sorte d’ogre local, au point que les habitants confectionnent tous un bonhomme de neige devant chez eux, comme un talisman. Anna se souvient d’une comptine dont elle ne se rappelle que l’entame et qui pourrait être la clef de cette histoire. Un pitch assez atypique dans la bibliographie de R. L. Stine, une ambiance aimablement anxiogène, des personnages qui dissimule des secrets (l’original barbu et son loup vivant à l’écart du village), de l’inexplicable et un suspense bien mené de bout en bout. Même si je ne suis pas fan de la littérature mettant en scène de la magie, cet opus est fort agréable à suivre, original et prenant. Je regrette juste deux points : la toute dernière ligne, là où l’on attend le twist final de l’auteur, semble avant tout fondé sur une tentative d’humour qu’une volonté d’être un réel rebondissement, ce qui m’a un peu déçu. Et il y a la fin du chapitre 25, clin d’œil géant à une réplique culte du cinéma, mais qui est tellement connue que l’effet, bien involontaire, n’a pas été chez moi le bon : autant j’ai adhéré à ce rebondissement, autant la manière de le mettre en scène m’a davantage fait rire et quitter les rails du récit qu’autre chose.

    17/03/2021 à 17:59 1

  • Les Mafieuses

    Pascale Dietrich

    8/10 Léon Acampora, l’un des grands parrains de la mafia grenobloise, vient de tomber dans le coma après de longues années de lutte contre Alzheimer. Il a deux filles, Dina, qui travaille dans une ONG, et Alessia, qui poursuit en quelque sorte l’œuvre de son père en utilisant une pharmacie comme paravent afin de vendre de la drogue. Mais avant de tomber gravement malade, Léon a trouvé la force d’écrire une lettre qui parvient à Michèle, son épouse : cette dernière apprend qu’il a mis un contrat sur sa tête afin qu’elle le rejoigne vite dans l’au-delà, à moins que ça ne soit pour la punir de ses infidélités. Dès lors, Dina et Alessia vont tout faire pour empêcher ce mystérieux tuer à gages d’honorer son engagement.

    De Pascale Dietrich, on connaissait déjà Le Homard, Le Congélateur ou Une Île bien tranquille, et on la retrouve ici avec cet opus concis (environ cent quatre-vingts pages) et enlevé. Grâce à sa plume énergique et son style rythmé, on plonge aussitôt dans le vif du sujet avec la découverte des trois femmes qui animent ce récit. Il y a donc Dina, œuvrant dans une ONG humanitaire, mais dont le rôle se résume à étudier des projets plutôt qu’à aider concrètement les nécessiteux, côtoyant au passage des collègues qui abusent de leur situation. Alessia règne sur le trafic local de drogue, usant de codes dans son officine pour délivrer des stupéfiants et toujours prête à briser la concurrence. Michèle, la mère, a surtout subi toute sa vie la présence de son mafieux d’époux et, quand ce dernier est sur le point de passer l’arme à gauche, voilà qu’en apparaît une autre, d’arme, mais cette fois-ci braquée sur elle par un tueur à gages mandaté par son mari et dont tout le monde ignore l’identité. La situation semble inextricable ? Si l’on ajoute à cela le flirt de Dina avec un champion du monde de la crème glacée, Alessia aux prises avec d’autres trafiquants aux dents rayant le parquet, Michèle devant fuir la menace, des gangsters dans des EHPAD et des femmes de mafieux dont on vient solliciter le soutien, le tableau final sera à coup sûr croquignolet. Jamais Pascale Dietrich ne se prend réellement au sérieux, disséminant quelques touches d’un humour salvateur, ce qui n’empêche nullement un suspense indéniable et même quelques scènes assez sanglantes (comme Alessia coupant avec un sécateur un orteil de son père plongé dans le coma). Certains passages sont assez téléphonés – comme l’identité de cet énigmatique assassin – mais l’ouvrage avance à toute allure, n’engendrant jamais la morosité, et offrant, une fois n’est pas coutume, la première place à des femmes qui prennent le dessus sur la gent masculine, quitte à faire couler le sang ou défendre leurs semblables suite à un dilemme impossible.

    Un roman percutant, de prime abord très distractif, mais qui recèle, sous son vernis purement délassant, un ton résolument acide.

    16/03/2021 à 06:59 3

  • Dans l'oeil du cyclone

    Charlie Adlard, Robert Kirkman

    7/10 Les sentiments (dont la culpabilité de l’adultère et l’amour) et le défoulement du sport composent l’amorce de cet épisode qui est un peu plus calme que les précédents, même s’il y a des moments violents (où ce sont d’ailleurs les êtres humains qui s’entretuent principalement, en amputent d’autres par nécessité, ou se suicident). Les tout derniers moments font réapparaître un personnage de la série et augurent donc un huitième tome qui pourrait se montrer plus musclé.

    15/03/2021 à 17:07 2

  • Eliminer Vassili Zaïtsev

    Herik Hanna, Ramon Rosanas

    7/10 Automne 1942. Les Etats-Unis s’apprêtent à rentrer en guerre tandis que les tractations se poursuivent entre les divers belligérants. A Blackpool, un sniper tue un colonel anglais en galante compagnie avec sa secrétaire : ce tireur d’élite s’appelle Vassili Grigorievitch Zaïtsev, un soldat russe. Un beau combat entre cet arbalétrier et le major Thorvald notamment, dans la furie des bombardements et autres fusillades musclées. Un court texte explique que ce sniper soviétique a réellement existé, au même titre que Thorvald, leur lutte ayant inspiré le « Stalingrad » de Jean-Jacques Annaud.

    14/03/2021 à 18:47 1

  • Genocidal Organ tome 2

    Gatô Asô, Itoh Project

    5/10 John Paul est un Américain qualifié de « touriste des génocides », abominable voyeur des charniers du monde entier, raison pour laquelle le gouvernement des Etats-Unis en fait la cible de son escouade chargée d’éliminer des criminels de guerre. En réalité, il est plus qu’un simple spectateur : c’est un agitateur. L’équipe se rend à Prague pour essayer de lui mettre la main dessus. Un opus que j’ai trouvé similaire au précédent, dans ses qualités comme dans ses défauts, et parmi ces derniers, un scénario un peu simpliste, un graphisme trop aseptisé qui hésite constamment entre le manga et la BD, un début assez mou (il faut attendre la scène de filature pour que ça bouge un peu, et encore, elle commence au bout de quatre-vingts pages environ et est assez mollassonne). Seuls surnagent vaguement les hallucinations du héros en rapport avec la mort de sa mère, la référence à la tombe de Kafka, la relation gentillette avec Lucia et un final un peu plus dynamique que le reste du manga, parce que l’ensemble est vraiment fadasse et soporifique.

    14/03/2021 à 08:18 1

  • Origin tome 2

    Boichi

    6/10 Ça commence très fort avec une bagarre magnifiquement chorégraphiée (j’avais conservé le souvenir de cette esthétique léchée du premier opus), mais le cocktail robot au bon cœur, en lutte contre ses frères, et découvrant progressivement ce que sont les sentiments n’est guère nouveau. L’intrigue avance enfin avec l’arrivée de cette femme, Laura Fermi, mais l’ensemble retombe dans une (très belle) léthargie jusqu’à cet épisode sur les docks, inachevé. Résultat : un opus graphiquement délectable mais au scénario passable et à la cadence assez molle après un début canon. Dommage.

    13/03/2021 à 10:13 1

  • Freak Island tome 2

    Masaya Hokazono

    4/10 Ce deuxième opus commence assez mal à mes yeux, moi qui n’avais déjà que moyennement goûté le précédent : un slasher dans la plus pure tradition, mais dont l’entame se veut horrifique et anxiogène alors que je l’ai presque trouvée grotesque et risible. Il y a bien quelques flash-backs, l’arrivée d’un personnage inattendu et un graphisme très potable, mais je trouve que ça sombre vraiment dans le grand n’importe quoi : des étudiants qui deviennent en un claquement de doigts de véritables guerriers, des monstres du genre zombies qui déboulent et se font éclater comme à la foire, des clichés à la pelle… Pas beaucoup d’originalité dans ce fatras, un scénario assez bas du groin, et une atmosphère plus proche de la parodie que de la véritable peur à force de surenchères et de poncifs.

    13/03/2021 à 10:06 2

  • Dragon Head tome 2

    Minetaro Mochizuki

    8/10 Nobuo apparaît peint comme un guerrier primitif tandis que Teru a trouvé une gaine d’aération. De la chaleur apparaît dans le tunnel tandis que de l’eau se déverse dans la conduite. Je trouve que la série prend enfin son envol après le précédent opus peut-être un peu plan-plan parce qu’il fallait planter le décor et les trois personnages, ici notamment avec la folie grandissante de Nobuo qui en vient à faire une offrande à l’obscurité. Je serai au rendez-vous de la suite, autant par appétit que par curiosité.

    12/03/2021 à 17:17 2

  • Aux Portes de l'enfer

    Maza, Richard D. Nolane

    7/10 Hauptmann n’est pas mort dans le crash de son avion à réaction, alors que les combats aériens, acharnés, se poursuivent. Ce « pilote du diable » semble être un véritable trompe-la-mort. Un graphisme toujours aussi réussi, même s’il manque toujours, à mes yeux, une sorte de colonne vertébrale scénaristique plus solide ou originale au début de cette série.

    11/03/2021 à 19:57 1

  • Le Pilote du diable

    Maza, Richard D. Nolane

    7/10 En août 1946, les Alliés ne sont pas venus à bout de l’Allemagne nazie, et l’on suit d’entrée de jeu un combat aérien au cours duquel se distingue Hauptmann Murnau, un pilote d’élite, qu’Hitler va venir décorer en le qualifiant de « pilote du diable ». Une course contre la montre pour récupérer les armes de pointe du camp adverse, de la géopolitique, le « plaisir » de retrouver des personnages historiques et un graphisme léché alors que des travaux sont en cours à Auschwitz. Même si, à ce stade de la série, rien n’est réinventé ni bouleversant d’originalité, c’est très agréable à suivre.

    11/03/2021 à 19:54 1

  • Le Hameau des Purs

    Sonja Delzongle

    7/10 Mon premier Sonja Delzongle (si l’on excepte le recueil de nouvelles « Phobia » auquel elle a participé), et j’ai beaucoup aimé les deux premiers tiers. Une ambiance lourde, plombée, poisseuse, avec une langue qui m’a rappelé celle de Jean-Christophe Grangé par moments, en plus de l’histoire : une communauté proche de la secte, avec ses secrets, ses mystères, et ses problèmes de consanguinité. Une intrigue qui commence, d’entrée de jeu, par la découverte de sept corps carbonisés et sur lesquels enquête Audrey Grimaud, native du hameau, et dont le passé est intimement lié à cette étrange société dont les descriptions la rapprochent des Amish. Pas mal d’éléments et de pistes intéressants, qui ne demandent qu’à être suivis (le passé de la Seconde Guerre mondiale, les petits enfants juifs, le personnage de Léman dit « le Gars », les corbeaux, etc.), sans compter l’ombre sauvage de ce tueur en série, l’Empailleur, qui ouvre ses victimes, les délestent de leurs organes et les recoud à l’aide de fil de pêche. Mais il y a ce – double – final qui me laisse perplexe : c’est trop. « Un rebondissement, ça va, mais deux, bonjour les dégâts ». Leur juxtaposition, si directe, si rapide, et à mes yeux pas nécessaire, me laisse un curieux arrière-goût en bouche. L’écrivaine n’a-t-elle pas su (ou voulu) trancher entre ces deux possibilités au point de nous en gratifier ? J’ai donc trouvé dommage cette presque superposition ultime, pas vitale, même si j’ai beaucoup apprécié cet ouvrage pour son atmosphère délétère et suffocante. J’essaierai de lire d’autres romans de Sonja Delzongle, parce que sa plume et son imagination, en revanche, m’ont largement convaincu.

    05/03/2021 à 08:24 3

  • Gray

    Leonie Swann

    8/10 Elliot Fairbanks n’est plus. Cet étudiant est tombé de la chapelle du King’s college de Cambridge en faisant de la varappe. Accident ? Suicide ? Son tuteur, Augustus Huff, docteur en anthropologie et membre du corps enseignant, se rend vite compte qu’une troisième hypothèse est à envisager : le meurtre. Avec l’aide de Gray, le perroquet du défunt, il va se lancer dans une enquête qui va révéler le dessous de nombreuses cartes…

    Après le succès de Qui a tué Glenn ?, Leonie Swann revient avec ce roman à suspense original et prenant. On se passionne vite pour cette histoire dont on devine rapidement qu’elle va sortir du lot. Un professeur jeune et bourré de tics, voire de troubles obsessionnels compulsifs (comme se laver plusieurs fois de suite les mains, se sentir mal à l’aise face à certains chiffres, ou déplacer puis replacer jusqu’à l’obsession ses presse-papiers) va devoir s’allier, bien contre son gré, à un perroquet à la langue bien pendue qui mitraille des mots et expressions qu’il a entendus. Le récit s’effectue de manière très fluide, ponctué d’humour dans les réparties comme dans les saynètes, et l’on en vient à se prendre d’une immense sympathie pour ce duo d’enquêteurs improvisés qui vont se confronter à de nombreuses fausses pistes. C’est ainsi que le volatile et l’enseignant vont découvrir, parmi tant d’autres, une série de photographies compromettantes, l’envers du monde de la musique, des amours particulières et exclusives, un secret de famille soigneusement camouflé, un chantage, une étrange expérimentation, etc. Leonie Swann parvient avec talent à mêler l’ambiance so british du whodunit traditionnel à la décontraction notamment apporté par ce perroquet très observateur et malin, mais capable de sacrées bévues. La construction du livre se révèle efficace, jouant sur les faux-semblants, retournements de situation, déductions habiles d’Augustus et questions finalement pertinentes de l’oiseau.

    Un roman détendu et détendant, proposant une intrigue crédible et efficace. Typiquement l’entracte nécessaire entre deux thrillers trop nerveux et/ou sanglants. Remercions ainsi Leonie Swann pour cette délicieuse parenthèse de bien-être.

    04/03/2021 à 08:08 5

  • Les vers contre-attaquent

    R. L. Stine

    7/10 Bruno Jones n’aime rien tant que les vers de terre qu’il collectionne et étudie, et va même jusqu’à leur bâtir un vivarium. Il s’en sert aussi pour faire des farces de mauvais goût à sa sœur, Jennifer, et son entrain le mène un jour à en couper un en deux. C’est alors qu’il perçoit des phénomènes inhabituels : et si les autres vers cherchaient à venger leur congénère en terrorisant Bruno ? Un « Chair de poule » classique dans la forme, avec des chapitres concis, une écriture très accessible, des personnages peu nombreux et un pitch jouant sur la peur des ados, même si, ici, c’est davantage le dégoût qui est exploité, avec quelques scènes gentiment crades. Il faut attendre les tout derniers chapitres pour savoir s’il y a un réel côté fantastique ou si Bruno est la victime d’un harcèlement de la part de l’un des autres protagonistes, voire les deux puisque R. L. Stine sait ménager le suspense. Une lecture très agréable, même si je suis un peu déçu par le twist final, la signature de l’écrivain, qui m’a semblé à la fois trop abrupt – la nouvelle passion de notre héros – ainsi que les ultimes phrases, un peu trop prévisibles, du coup.

    03/03/2021 à 08:15 4

  • Tombes Oubliées

    Lincoln Child, Douglas Preston

    7/10 L’Expédition Donner, qui a eu lieu durant l’hiver 1846 – 1847, a laissé des traces durables dans les esprits : au cours de ce périple, de nombreuses personnes moururent tandis que d’autres purent survivre en ayant recours au cannibalisme. L’archéologue Nora Kelly est approchée par Clive Benton afin de poursuivre les recherches tout en essayant de mettre la main sur un trésor estimé à une vingtaine de millions de dollars. Dans le même temps, la jeune agente du FBI Corrie Swanson commence à enquêter sur des meurtres qui semblent être en rapport avec cette tragique expédition.

    Lincoln Child et Douglas Preston nous régalent chaque année avec un nouvel opus de la série consacrée à Pendergast, et l’on a ici grand plaisir à les retrouver pour cet ouvrage écrit à quatre mains. Le pitch est alléchant : un fait divers véridique particulièrement dramatique, un hypothétique trésor, des plaies mal cicatrisées et un secret que l’on cherche à tout prix à récupérer, sans compter l’intervention conjointe de deux personnages féminins que l’on a déjà vues aux côtés du célébrissime agent Pendergast, notamment dans La Chambre des curiosités, Les Croassements de la nuit ou Tempête blanche. Si les deux auteurs maîtrisent leur sujet et que les pages défilent indéniablement à toute allure, certains ingrédients paraissent manquer. Un bon nombre des protagonistes n’ont guère d’épaisseur psychologique, souvent ramenés à quelques poncifs agglomérés, et, de notre duo d’héroïnes, seule Corrie Swanson tire son épingle du jeu, avec son opiniâtreté et sa manière si directe de s’imposer, alors qu’elle n’est pourtant qu’une recrue du FBI, dans un univers essentiellement masculin. Le rythme ne faiblit cependant jamais, et la teneur de cet élément tant recherché par des protagonistes malveillants surprend autant qu’il séduit. On a même droit à un – bref – caméo de Pendergast himself à la fin de l’opus, ce qui ravira les aficionados de la série, d’autant qu’il sera d’une aide précieuse pour retrouver ce fameux trésor.

    Malgré quelques clichés presque inhérents au genre et un manque de profondeur chez certains personnages, Lincoln Child et Douglas Preston nous offrent un roman agréable et distrayant, un pur page-turner, qui nous fera patienter jusqu’à la prochaine apparition de notre cher Pendergast dans Bloodless, dont la date de parution chez nous est encore inconnue.

    02/03/2021 à 08:24 5

  • Secret Service

    Vincent Cara, Mathieu Gabella

    7/10 Hiver 1941. Heinrich Himmler a pris la tête de l’Etat allemand et les bombardements nazis sont si nombreux et meurtriers qu’il se pourrait bien que le Reich l’emporte. Dès lors, il faut absolument que les Etats-Unis entrent en guerre, quitte à mettre en œuvre une sale machination… Churchill, de Gaulle, Staline, une machine Enigma, une envie de vengeance, des trahisons, des taupes… Un opus typé espionnage, avec un graphisme très agréable et léché, bien différent des deux précédents opus, à savoir sans véritable action au sens pyrotechnique, action commando et autre fusillade. C’est assez réjouissant, même si certains bavardages auraient pu être supprimés afin de faire gagner à l’ensemble un peu plus d’efficacité et d’impact.

    01/03/2021 à 07:51 1

  • Le Lagon de Fortuna

    Christophe Bec, Eric Henninot

    8/10 Dans d’un forage dans une fosse de l’océan Pacifique sud, en 1993, quatre ouvriers plongeurs découvrent une grotte souterraine puis tombent sur un mégalodon particulièrement vorace. On voyage ensuite du barrage de Sarrans à la Nouvelle-Galles, de la Roumanie à la Nouvelle-Zélande, en passant par la Russie, avec cette histoire de brèche ouverte sur la préhistoire. Une histoire passionnante, qui se refuse à toute linéarité avec ces flash-backs et autres sauts géographiques, pour un propos très intéressant, et également intriguant parce qu’à ce stade de la série qui comporte douze ouvrages, je ne sais pas vers quoi nous mènent les auteurs.

    28/02/2021 à 08:26 2

  • Le Groupe W

    Philippe Francq, Jean Van Hamme

    8/10 Largo apprend qu’il vient d’hériter de dix milliards de dollars, essaie d’évaluer cette somme monumentale puis prend ses marques au sein de l’entreprise de son père défunt. On en apprend un bon bout sur son enfance – pas marrante pour un sou. Notre héros découvre l’opulence inouïe à laquelle il a droit, un soupçon d’érotisme, mais la machination continue son implacable avancée et l’on trouve assez vite d’autres proches de Largo assassinés. Une esthétique délicieusement surannée et qui finit presque par servir le propos, du suspense et de l’action (notamment aux abords du chalet et sur cette île de la Mer Adriatique). Des clichés un peu inhérents au genre mais une tension constante et un rythme qui ne faiblit absolument pas pour le moment.

    27/02/2021 à 08:18 2

  • King of Eden tome 2

    Ignito, Naoki Urasawa

    6/10 A Dublin, un homme sortant d’un bar est enlevé et questionné à propos d’un mystérieux « virus du loup », et la quête se poursuit en Europe. Un graphisme toujours aussi remarquable, sombre et accrocheur, mais comme pour le premier opus, j’ai encore du mal à accrocher à cette intrigue que je trouve trop distendue, où seules les planches finales, relatant ce général de Darius et « géant de trois mètres », prennent un peu de hauteur. Je crois que je vais m’arrêter là avec cette série, non pas qu’elle soit mauvaise, mais ça n’est juste pas trop mon registre.

    27/02/2021 à 08:16 2

  • Higanjima tome 3

    Koji Matsumoto

    6/10 Les vampires se mettent à attaquer en masse, et voilà quelques-uns des survivants conduits au cœur du village pour une séquestration. Quelques moments finissent par s’extraire du manque général d’originalité (le cercle et la victime qui devra être désignée par ses codétenus et sera donc sacrifiée, ou la découverte du charnier) ainsi que l’évasion finale. Voilà qui me redonne envie de poursuivre la série, certes sans grand emballement, mais pourquoi pas…

    26/02/2021 à 08:17 3