El Marco Modérateur

1763 votes

  • Killing Kate

    Alex Lake

    7/10 Kate Armstrong a peur. Dans sa ville de Stockton Heath, un tueur en série sévit. Il étrangle, énuclée et viole ses victimes… Des femmes qui ressemblent toutes à Kate. Sera-t-elle sa prochaine victime ?

    Derrière le pseudonyme d’Alex Lake se dissimule un « écrivain britannique à succès », proclame la maison d’édition. Ici, l’auteur joue à plein la carte de la crédibilité, sans fioriture ni grands effets littéraires. Une écriture simple, sans recherche particulière, donnant à voir des personnages communs – sans que ce terme ne soit péjoratif. Mais ce sont les circonstances qui le sont moins : un tueur en série, visiblement en chasse après des dames étant presque les sosies de l’avocate Kate. Est-elle au centre des préoccupations du monstre ? N’est-ce qu’un hasard ? Une machination ? Kate, après avoir tout juste quitté Phil, son compagnon depuis dix ans, se demande si ce dernier ne serait pas l’assassin, poursuivant ainsi une œuvre de vengeance à l’égard de celle qui l’a abandonné. La peur va alors s’emparer d’elle, avec une paranoïa croissante, et des pans du passé se révéler, faisant le lien avec le court prologue intitulé « Quatre Filles dans le Vent ». Si certains passages sont un peu lents et desservis par un style réduit à sa plus simple expression descriptive, Alex Lake réserve néanmoins une belle surprise quant aux motivations du serial killer, grâce à une pirouette assez habile. Même si on a déjà vu ce subterfuge auparavant chez des écrivains aussi variés que Georges Simenon ou Lee Child pour ne citer qu’eux, à défaut d’être novatrice, cette ficelle est ingénieuse et inattendue.

    Un roman à suspense bien mené, intéressant, même si des scènes auraient gagné à être plus échevelées, sombres ou approfondies, pour un ouvrage à réserver en priorité aux fans de Mary Higgins Clark pour son côté sentimental et au traitement finalement assez sage.

    aujourd'hui à 17:14

  • Pièges à la gym !

    Christian Grenier

    8/10 Joyeuse et Albane, les deux maîtresses de notre fameux chat Hercule, se préparent avec Lola, une de leurs amies, à une compétition de gymnastique. Mais voilà que le sort semble s’acharner sur Lola : un sol subitement glissant, des fraises Tagada offertes par un admirateur inconnu, un certificat médical qui disparaît… Et si la jeune fille était en réalité la victime d’une personne jalouse de ses talents ?

    Ce roman extrait de la série consacrée au chat policier Hercule est, une fois de plus, une admirable réussite. Christian Grenier, dont on ne présente plus la bibliographie si généreuse à l’attention des jeunes, nous régale avec ce court opus. Le ton y est toujours badin, malicieux et enjoué, et nous permet de retrouver Hercule, délicieux en limier à quatre pattes. Ici, il accompagne ses amies les jumelles et va se retrouver confronté à quelqu’un qui ne veut pas que du bien à Lola. Dans le même temps, il va devoir côtoyer un perroquet, Olaf, et un chien, Diabolo, aussi costaud que généreux. L’intrigue, typique de la série, séduira sans mal les aficionados, avec un rythme allègre, pas mal d’humour et un ton bienveillant (l’épilogue est d’ailleurs caractéristique de cette inflexion altruiste, sans jamais pour autant verser dans la niaiserie).

    Un très bon petit polar, simple, divertissant et efficace. Un régal pour les jeunes comme pour les moins jeunes.

    aujourd'hui à 17:09

  • Les Fils d'Odin

    Harald Gilbers

    8/10 Début 1945. Alors que l’Allemagne nazie vit ses ultimes semaines, Hilde, amie de Richard Oppenheimer, se voit accusée du meurtre et de la mutilation de son ex-mari Erich Hauser. Pour l’ancien commissaire et désormais veilleur dans une banque, il est impossible que cette femme soit coupable, aussi se met-il à enquêter sur ce crime. Une investigation qui va le mener jusqu’à une société secrète particulièrement dangereuse.

    Après Germania, voici le deuxième volet de la série consacrée à Richard Oppenheimer. Harald Gilbers signe un ouvrage particulièrement saisissant, très documenté, qui rend presque palpable l’ambiance si particulière dans le Berlin de cette fin de Seconde Guerre mondiale. Les bombardements, la paranoïa croissante, la terrible peur de l’invasion soviétique, les luttes intestines entre opposants et partisans du régime en place, tout est rendu avec beaucoup de talent et d’intelligence, dans un ahurissant panorama d’apocalypse et d’épouvante. Dans le même temps, l’intrigue est également bien construite. Hauser, ancien médecin à Auschwitz, revient avec une proposition de trafic, sept cent vingt litres de morphine contre de l’argent, et c’est au terme d’un échange qui tourne mal que l’on retrouvera Hauser mort, privé de sa tête et de ses mains. Règlement de comptes mafieux ? Trafiquants trop gourmands ? Exécution politique ? Toutes les pistes seront abordées au gré de ce roman de plus de cinq cents pages, vif et noir. Certains passages retiendront certainement l’attention du lecteur, comme les mécanismes de la justice lors du procès de Hilde, où certains zélés adeptes du régime hitlérien tentent encore de se distinguer, les quelques pages abominables consacrées aux expérimentations des sulfamides sur les prisonniers, ou les moments de pure angoisse pour la population berlinoise lorsqu’approchent les bombardiers alliés et qu’il faut au plus vite rejoindre les abris collectifs (dans le même genre, on peut également s’orienter vers Blackout Baby de Michel Moatti).

    Un livre fort et prenant, même si cette secte ésotérique, contrairement à ce que laisse supposer le titre, n’entre finalement que peu – ou tard – en ligne de compte dans l’intrigue. Un roman qui plonge son lectorat dans une atmosphère particulièrement troublée et anxiogène, et qui donne envie de se ruer sur sa suite, Derniers jours à Berlin.

    aujourd'hui à 17:03 2

  • Un Homme est passé

    Howard Breslin

    9/10 … ou comment l’arrivée impromptue d’un étranger dans le village perdu de Black Rock en vient à bouleverser la monotonie de ses habitants et mettre à jour un tragique fait divers. Tout commence dans une ambiance délicieusement surannée (l’ouvrage datant de 1954), et qui fait immanquablement penser à celles de nombreux westerns, ne seraient ces quelques marques de modernité comme la présence de voitures. Le dénommé Macreedy, vétéran de la Seconde Guerre mondiale, en vient à provoquer la stupeur des habitants de Black Rock en s’arrêtant du train passant par leur village, puisque jamais personne ne s’arrête ici. Les regards s’impatientent, les esprits moulinent, les questions se multiplient : qui est cet inconnu et que veut-il ? On apprendra que Macreedy souhaite rencontrer un vieil Américain d’origine japonaise, Mishu Komako, mais on ignore encore pourquoi. Mais la ville est sous la coupe de Reno Smith, propriétaire terrien (notamment de l’immense ranche le Triple Bar), et il est fort probable que ce dernier a des choses à cacher, ainsi que certains autochtones. La langue de Michael Niall est admirable, et certains passages, notamment dans les premiers chapitres, se boit plus qu’elle ne se lit : c’est sombre, c’est froid (aussi froid que le décor n’est brûlant dans ce patelin isolé en plein désert), et en même temps, agrémenté de belles formules. Un passage résume bien le côté pesant et immobile de ce village : « Oh !... On vient toujours chercher quelque chose dans nos parages. Pour l’historien, c’est le « Far West ». Pour les écrivains, c’est l’ « Ouest sauvage ». Pour les hommes d’affaires, c’est l’ « Ouest inexploité ». Mais pour nous, ce pays c’est notre Ouest à nous : nous l’aimons comme il est. Et tout ce qu’on demande, c’est qu’on nous laisse tranquilles ». Lentement, par petites touches, Macreedy, trouvant quelques bonnes âmes, va finir par affronter psychologiquement puis physiquement Reno et ses sbires (la confrontation entre le héros et Coley Trimble dans le neuvième chapitre est en soi un délice), avant que la lumière ne finisse progressivement par apparaître. Une intrigue remarquable, qui brille par sa vraisemblance et sa simplicité, et qui, dès les années 1950, donnait une belle leçon d’humanité et de lutte contre le racisme, sans jamais tomber dans la diatribe ampoulée. Macreedy saura certes trouver des compagnons mais aussi des traîtres, des petits marquis locaux perclus d’hypocrisie et trop attachés à ces privilèges pécuniaires octroyés par Reno et sa manne. A mes yeux, un petit bijou qui condense ce qui se fait de mieux en la matière : une plume riche et, paradoxalement, toujours sur la retenue, une histoire mémorable, des personnages denses, et, au-delà de l’aspect purement policier, une enquête qui fait mouche, toujours dans cette fausse ambiance de Far West. Ce roman a été adapté en 1955, je vais tâcher de me le voir.

    17/11/2019 à 18:47 2

  • Ichi The Killer tome 2

    Hideo Yamamoto

    8/10 Je retrouve avec plaisir cette série après avoir beaucoup apprécié le premier tome. Si l’effet de surprise s’est nécessairement assagi, j’ai repris contact avec ces personnages complètement barrés, notamment grâce à cette lutte entre deux clans qui s’amorce dès l’entame du manga. Des scènes toujours aussi poussées, comme la torture du yakuza tatoué dans la salle auparavant dévolue aux pratiques SM, avec perforations et huile bouillante à la clef. Une belle manipulation alors qu’Ichi apparaît assez tard, après la première moitié de l’ouvrage. Il est toujours au chevet de ce gamin harcelé et maltraité par ses camarades, et tombe amoureux d’une manière équivoque avec la prostituée qu’il fréquente et qui est régulièrement tabassée par son proxénète. Toujours autant de sang, de violence et de sexe.

    17/11/2019 à 18:45 2

  • Maigret se fâche

    Georges Simenon

    8/10 … ou comment le commissaire Maigret, à la retraite dans sa maison de Meung-sur-Loire, se voit réclamer de l’aide par une vieille dame, Bernadette Amorelle, pour enquêter sur la noyade, soi-disant accidentelle, de sa petite-fille Monita, et en vient à mener une investigation sur une étrange famille et un passé bien vilain. Amusant de découvrir que notre célèbre limier est à la retraite, aux prises avec des doryphores dans le jardin potager qu’il entretient avec madame Maigret, un peu indolent, puis retrouve le goût de l’aventure grâce à la requête de cette inconnue. Toujours un plaisir pour moi de découvrir des romans de Georges Simenon, ici dans une histoire assez classique du point de vue policier, mais qui laisse la part belle aux émotions, aux ambiances, et à de bien beaux moments de littérature. Par exemple, il retrouve Ernest Malik, qu’il avait côtoyé au lycée de Moulins, que tout le monde appelait à l’époque « le Percepteur », en rapport avec la profession de son père, et qui, devenu riche et prospère, montre une morgue vengeresse à l’égard du policier : « L’autre avait l’air de dire : « Pauvre vieux ! Tu n’as pas changé, toi ! Tu es toujours bien le fils pataud d’un intendant de château ! De la grosse chair paysanne ». C’est alors une sorte de défi que se lance Maigret, en plus de jouir de cette quête d’émotions anciennes de chasseur, en participant à cette histoire : « On verrait s’il s’était trompé, s’il n’était qu’une vieille bête qui avait mérité sa retraite ou s’il était encore capable de quelque chose ». De jolis moments, poignants également, lorsqu’il rentre au bercail, accueilli par ses anciens lieutenants comme Lucas ou Torrence, qui l’appellent toujours « patron » et à qui, en retour, il leur donne du « mes enfants », et au cours desquels il retrouve – même si la plume de l’auteur est bien plus dans l’implicite que dans l’explicite – des frissons et la fièvre du limier. Si, je l’ai dit, l’histoire est assez attendue, elle n’en demeure pas moins bien charpentée, entremêlant sombres histoires de famille, chantage, dettes, héritage et autres sordidités que se plait toujours à décrire l’auteur. Encore un très bon Maigret, encore un très bon Simenon, et déjà deux pléonasmes.

    17/11/2019 à 18:43 2

  • Atomka

    Franck Thilliez

    9/10 Comme les deux précédents opus (« Le Syndrome [E] » et « GATACA »), j’ai de nouveau beaucoup aimé cette enquête de Sharko et de Lucie. Encore plus qu’auparavant, j’ai l’impression d’être littéralement monté dans un ascenseur fou dès les premiers chapitres, avec une succession détonante d’événements, scènes, rebondissements, et pour moi, le rythme ne s’est nullement affaissé jusqu’au final. Très intrigué par les premiers éléments (le cadavre dans le réfrigérateur, ce gosse à l’état physique déplorable, les investigations du journaliste, etc.), je me suis sans mal laissé prendre à cette enquête, sacrément fournie et explosive. Et puis, il y a comme ça des thèmes qui m’intéressent, parce que je n’y connais strictement rien, et que lire un polar/roman noir/thriller n’a rien de contradictoire avec le fait de s’instruire. De Tchernobyl, de l’atome ou des effets du froid, je l’avoue bien humblement, je n’en savais que les (très) grandes lignes, et j’ai pris un immense plaisir à engranger, même momentanément, des informations à ce sujet. Dans le même temps, nos deux héros vivent, encore, un épisode charnière de leur existence collective, et de vieux démons du passé de Sharko réapparaissent avec énormément de violence, comme s’il n’en avait déjà pas assez avec cette histoire de noyades étranges et autres expérimentations abominables. Comme dans les deux opus précédents, même si je ne suis habituellement pas un aficionado de la surcharge scénaristique et des pans entiers de l’intrigue sans respiration, là, je n’ai rien pu faire contre le rythme du bouquin et je me suis laissé emporter. A mes yeux, c’est peut-être d’ailleurs, des trois que j’ai lus, celui qui parle le plus intensément de la vie et, paradoxalement, ou alors, au contraire, conséquemment, de la mort. Une réussite littéraire assourdissante.

    17/11/2019 à 18:41 4

  • Me And The Devil Blues tome 1

    Akira Hiramoto

    8/10 … ou l’histoire romancée du génialissime Robert Johnson, le bluesman qui a, depuis son décès, été honoré par toutes les pointures du genre, et même bien au-delà. Moi qui suis fan de ce style musical, je me suis rué sur ce manga, en plus d’être curieux de voir comment un Japonais, écrivant un manga, allait pouvoir traiter une histoire typiquement américaine à propos d’un musicien jouant une musique également typiquement américaine. Et je dois dire que j’ai été séduit. Un graphisme magnifique (surtout quand l’auteur traite les zones d’ombre, les démons, ou encore les décors enfumés des bars), une histoire qui multiplie habilement les références à l’œuvre, pourtant si courte, de l’immense musicien. Un opus furieux, déchaîné, fort et poignant, diablement original, qui permet en outre de croiser avec délectation quelques-unes des grandes figures du blues de l’époque, jusqu’à, fait étonnant, Clyde Barrow. J’ai conscience de ne pas être très objectif, mais là, une telle originalité avec un tel traitement esthétique, somptueux, j’adhère à fond. Et je ne parviens pas à comprendre comment Akira Hiramoto a pu commettre cette soupe délayée et assez vulgaire qu’est la série « Prison School » et réaliser une telle réussite.

    17/11/2019 à 18:39 1

  • Détective Conan Tome 79

    Gosho Aoyama

    8/10 La fin de l’énigme présentée dans l’opus précédent, où le Kid joue un rôle intéressant dans ce cambriolage saugrenu et ingénieux, avec cette histoire de disparition, de diamants et d’une… tortue. Ensuite, un homme assassiné alors qu’il était sous la surveillance de la police, pendu. Mais ne serait-ce pas en fait un suicide, car c’est un autre cadavre qui est ensuite découvert dans un ascenseur. Très malin et astucieux. Puis une histoire de vampires avec un meurtre datant de six mois plus tôt, et d’un cadavre découvert dans un cercueil qui disparaît peu de temps après. Beaucoup de rebondissements même si j’ai trouvé l’ensemble un peu long et bavard, et encore, l’intrigue n’est résolue que dans le tome suivant. Un peu dommage, mais l’ensemble reste vraiment très bon, une fois de plus.

    17/11/2019 à 18:38 1

  • Brume

    Stephen King

    9/10 Une nouvelle (j’ai un peu du mal à l’appeler ainsi, car elle est tout de même bien longue pour correspondre à cette étiquette) que j’avais adorée dans le recueil. Ou comment une brume abritant des créatures surnaturelles et mortelles oblige de paisibles Américains à être reclus dans un supermarché. Dit comme ça, ça ressemble à un scénario de navet cinématographique. Sauf que c’est le King qui est aux manettes. L’intelligence et l’originalité de son postulat, la manière de tisser le suspense, l’humanité et les sentiments si crédibles qui meuvent les personnages, et ce qui fait que Stephen King n’écrit comme personne et que personne n’écrit comme lui : le fait que les protagonistes apparaissent rapidement, pour n’importe quel lecteur, comme un individu que l’on connaît, que l’on a croisé, qui nous rappelle quelqu’un. Il est selon moi le seul écrivain qui mêle avec autant d’habileté le surnaturel et les « vraies personnes ». Un grand moment de lecture, et qui, bien des années plus tard, est encore gravé en moi.

    09/11/2019 à 17:24 4

  • Les Exploits de Fantômette

    Georges Chaulet

    7/10 … ou comment la jeune et intrépide super-héroïne Fantômette en vient à contrecarrer les plans d’un trio de malfaiteurs souhaitant récupérer l’invention d’un savant, à savoir une tuyère servant à une fusée révolutionnaire. J’avais déjà lu « Pas de vacances pour Fantômette », et je retrouve ici le ton si particulier de la série. De l’humour, la plume de Georges Chaulet qui est tout sauf simpliste ni caricaturalement enfantine, et pas mal d’action. J’ai vraiment pris plaisir au gré de ces quelque 180 pages, avec une satisfaction qui n’est même pas coupable, puisqu’il n’y a ici pas d’infantilisation. Des moments cocasses, notamment dans les dialogues, ou dans les objets inventés par le professeur Potasse, l’oncle d’Isabelle (« Pompe à eau, Siège éjectable, Hélicoptère à vapeur, Patinette-tondeuse-à-gazon », p. 52, ou encore « Pendule à trois cadrans », « Ouvre-boîte à musique », « Extincteur à trompette » p.87). Fantômette y apparaît ici comme un amusant croisement entre James Bond, Catwoman et Indiana Jones, avec l’emploi de quelques gadgets (dont sa broche), ses techniques de combat, sa double identité (écolière – redresseuse de torts), ou encore sa grande sagacité. Elle aura ici fort à faire face au tiercé de crapules composé de Bébert, de Kafar et du colonel Pork, travaillant pour l’Etat de Névralgie (j’ai d’ailleurs trouvé que le fait de donner d’attribuer des noms communs à des personnages – Lilas, Godillot, Bigoudi, Boulotte, Ficelle, etc. – astucieux pour le jeune lectorat auquel se destine ce roman, même si pour des adultes, c’est un choix moins pertinent car situant tout l’univers du livre dans quelque chose de trop fictif, irréaliste, faux). Des cambriolages, des bagarres, des tentatives de meurtres, des kidnappings, des chantages, bref, aucun temps mort pour cet opus qui est également le premier de la série et qui, détail amusant, essaie de préserver une forme de suspense autour de l’identité réelle de Fantômette jusqu’au dernier chapitre, le onzième, intitulé « Qui est Fantômette ? ». Pour résumer, pas de quoi épiler un hérisson, c’est indéniable, mais un souffle suffisamment bienveillant et enjoué pour emporter jeunes et moins jeunes lecteurs.

    09/11/2019 à 17:23 2

  • Tous les péchés sont capitaux

    Daria Desombre

    7/10 Moscou. Un cadavre repêché, avec le nombre 14 sur le crâne, et qui serait resté plusieurs mois dans un congélateur. La jeune Macha Karavaï, étudiante en droit, bénéficie d’un stage auprès du policier Andreï Yakovlev, et tous deux vont enquêter sur ce crime étrange et faire remonter à la surface d’autres homicides plus anciens, jusqu’à marcher dans les pas d’un tueur en série que l’on surnomme « Le Tourmenteur ».

    Ce premier roman de Daria Desombre séduit rapidement. Le cadre de la capitale russe est joliment décrit, et c’est avec plaisir que l’on plonge dans le dédale de ses rues, de son histoire et de ses us et coutumes. Les personnages sont vraiment réussis. Macha, fougueuse, « attirée par la connaissance comme un tournesol par le soleil » comme le disait son défunt père, obsédée par les tueurs en série, et qui va d’ailleurs bigrement se rapprocher du prédateur à l’œuvre dans ce roman, à moins que ça ne soit l’inverse. Andreï, qui vit une relation bouffonne avec son chien Marilyn, d’abord agacé de devoir faire équipe avec Macha avant de plier devant son savoir… et sa beauté. Innokenti, ami de la jeune femme et antiquaire de son état, qui va se révéler déterminant dans cette traque au monstre. Dès l’entame, le rythme est haletant, les informations se bousculent, et les chapitres, très courts, peinent presque à contenir tant de rebondissements. Cet opus s’intéresse à certains pans de la religion orthodoxe, et notamment ceux que l’on appelle les « vieux croyants ». On retrouve de nombreuses références littéraires et cinématographiques, comme au Silence des agneaux de Thomas Harris, les ouvrages de Dan Brown, ou encore le film mythique de David Fincher Seven. Et c’est peut-être d’ailleurs sur ce point que ce livre pèche, sans pour autant que cet écart ne soit capital : on a parfois l’impression que Daria Desombre a du mal à s’extraire de l’ombre de ses aînés. Si certains clins d’œil sont évidemment complices, donc sans que l’on puisse taxer l’écrivaine de duplication, d’autres moments sont par trop devinables pour qui aura lu ou vu les œuvres précitées.

    Un roman à suspense de bonne tenue, haletant et maîtrisé, qui a en outre le tact de ne jamais tomber dans la surenchère voyeuriste de scènes choquantes au prétexte de vouloir devenir mémorables. Mais Daria Desombre, avec le talent qui est indubitablement le sien, va devoir s’affranchir de ses prédécesseurs pour convaincre totalement.

    05/11/2019 à 20:18 1

  • Le Voyageur du doute

    Maud Tabachnik

    8/10 Simon et Black, les meilleurs amis du monde. Un individu et son fidèle chien, parcourant les routes, promenant sur le monde qui les entoure un regard désillusionné, nourri de nombreuses réflexions défaitistes quant à l’âme humaine. Quand ils croisent cinq jeunes personnes qui s’adonnent aux cambriolages, leur existence va prendre une direction inattendue.

    De Maud Tabachnik, on connaît surtout l’œuvre constituée de nombreux romans sombres et thrillers destinés aux adultes, et voilà qu’elle arrive avec ce titre voué à être lu par de plus jeunes lecteurs. D’entrée de jeu, son style surprend et séduit. Simon et Black, en jeune explorateurs d’un univers qui les dépasse et dont ils n’attendent guère plus rien, communiquent, lâchent au gré de leurs rencontres des sentences appuyées sur le sort de l’Europe et du monde, autant d’aphorismes et de formules qui pourraient devenir de véritables dictons. C’est avec un quintette de jeunes à la dérive (Sonate, Arèle, Flamberge, Safran et Beauregard) qu’ils vont se lier d’amitié (voire d’amour, en ce qui concerne Simon pour Sonate), malgré les muettes récriminations de Black qui ne voit dans cette alliance qu’une source de problèmes à venir. D’ailleurs, un avenir proche va lui donner raison, puisque cette petite troupe va tomber sous la coupe d’individus peu scrupuleux, leur demandant jusqu’à aller accomplir une exécution. Maud Tabachnik dresse un tableau sans concession de notre époque (d’ailleurs, certaines références politiques et géographiques désarçonneront le lectorat puisqu’elle semblent situer le contexte du livre dans un avenir proche), avec des maximes joliment senties quant au pouvoir, l’individualisme, l’amitié, l’emprise de l’argent, la société et ses laissés-pour-compte. L’aspect policier revient au premier plan dans un dernier tiers du roman, avec cette histoire de contrat, digne des meilleurs polars, et s’achève sur une note sombre que l’on ne va pas détailler pour éviter de spoiler l’intrigue.

    De ce roman à mi-chemin entre la littérature blanche et la noire, on retiendra particulièrement la langue de Maud Tabachnik, et ce ton, philosophique, presque initiatique, qui séduit du début à la fin. Un ouvrage qui détonne dans le paysage de la littérature pour la jeunesse.

    05/11/2019 à 20:13

  • Un trou dans la carapace

    Nicolas Ménard

    8/10 Dix-sept ans après son départ de Montiviliers, en Sologne, où son père continue de gérer un parc animalier, c’est en tant que lieutenant de police que Bastien Guilian revient. Une série de meurtres sauvages, probablement dus à un animal indéterminé, ensanglante la contrée. La solution se trouve-t-elle dans un vieux conte de la région ? A moins qu’il ne se trouve dans le passé de l’enquêteur.

    Voilà un roman qui, pendant les premiers chapitres, désarçonne. En effet, bien loin du résumé de la quatrième de couverture, Nicolas Ménard brouille les pistes et installe une intrigue apparemment très différente : un dangereux terroriste, Lyazid Jaafar, débarque en Sologne, est victime d’un accident, et l’on voit d’étranges trafics tournant autour d’un mystérieux laboratoire. Mais après ce prologue assez distant de l’intrigue principale, tout se remet en place. La langue de l’auteur, simple et séduisante, mène le lecteur dans les traces d’un animal étonnant et détonnant qui massacre et démembre. Est-ce un monstre ? Un des félins du parc animalier qui aurait réussi à s’échapper ? Ou une variation sur le thème de la Bête du Gévaudan ? L’auteur sème une habile zizanie dans le récit, mélange divers genres et pistes, sans jamais pour autant perdre son lectorat. D’anciennes affaires de famille, des expérimentations secrètes menées par l’Etat français, une légende où il est question d’un énigmatique nectar, un arbre découvert en terres amazoniennes… Il fallait du toupet pour ainsi mêler tant d’ingrédients dans le creuset d’un seul roman, et Nicolas Ménard, grâce à son talent et à sa maîtrise, ne perd jamais le cap. Ses personnages tiennent amplement la route et disposent de suffisamment de profondeur humaine et psychologique pour demeurer crédibles. Dans le même temps, l’histoire est intelligemment menée, et ce n’est que l’épilogue qui livre la dernière clef, avec un bien beau rebondissement, de cette histoire forte.

    Un immense merci à Nicolas Ménard de nous avoir épargné les poncifs du genre, qu’ils soient littéraires ou cinématographiques, au gré de ce roman efficace et plausible, même si l’on aurait peut-être préféré que l’intrigue soit plus resserrée. Un très bon moment de lecture qui offre indéniablement les fondations nécessaires à un téléfilm de grande qualité.

    05/11/2019 à 20:10

  • Le Salon de beauté

    Melba Escobar

    7/10 Bogota. « La Maison de beauté » est un établissement sélect où l’on prend soin de riches clientes. Parmi les petites mains, Karen, une jeune maman qui déploie bien des efforts pour mettre de l’argent de côté et ainsi permettre à son fils de la rejoindre. Mais c’est un jour Sabrina, une adolescente, qui demande des soins à l’institut, avant d’être retrouvée morte le lendemain, officiellement d’un problème cardiaque. Et si sa mort n’était en réalité pas naturelle ?

    Ce seul ouvrage traduit en français de Melba Escobar séduit d’entrée de jeu. La plume de l’écrivaine est enchanteresse, gracile et élégante, donnant à voir de beaux portraits de femmes. Il y a bien évidemment Karen, principale protagoniste du roman, confrontée de plein fouet à la misère de la Colombie, prête à tout pour permettre à son enfant de quitter Carthagène et de lui offrir une jeunesse correcte. Mais est-ce encore possible quand il faut accumuler les heures de travail auprès de clientes parfois brutales, dédaigneuses, aux caprices incroyables, et avec une monnaie dévaluée, où il faut des milliers et des milliers de pesos pour s’offrir trois fois rien ? De même, son jeune âge et ses atours attirent l’attention de mâles prêts à troquer le désir charnel qu’elle provoque contre cet argent qui lui fait tant défaut. Dans le même temps, le lecteur sera marqué par d’autres beaux portraits de femmes, comme Consuelo Paredes, la mère de Sabrina, ou encore Lucia, devenue écrivaine de l’ombre pour son mari, bien plus jeune qu’elle, qui ne la conçoit que comme sa plume et non sa chérie, au point de ne plus la considérer avec la décence qu’elle mérite. Melba Escobar décrit donc avec beaucoup de tact et de justesse la condition féminine colombienne, avec une large palette de dames, toutes conditions sociales confondues, qui ne peut que faire écho au sort, plus global, de ces malheureuses, dévalorisées, réduites à des ventres, soumises au bon vouloir de prédateurs sexuels ou politiques. L’intrigue passe d’ailleurs au second plan, ce qui décevra probablement certains lecteurs.

    Même si l’aspect purement policier ne constitue pas sa plus flagrante qualité, voilà un roman original et très humain, sans effet lacrymal de mauvais aloi ni pathos étalé à la truelle. De belles nuances féminines éclairent ce texte subtil, et c’est en soi une grande vertu.

    05/11/2019 à 20:07 2

  • Kaïken

    Jean-Christophe Grangé

    7/10 … ou comment j’essaie de rattraper le retard (relatif) dans la lecture des œuvres de Jean-Christophe Grangé. J’ai été immédiatement pris par le rythme imposé par le boss (phrases courtes, cadence soutenue, chapitres lapidaires, enchaînements vifs) et le style de l’histoire, avec toujours cette propension à s’intéresser et mettre en relief des personnages cabossés. Olivier Passan, borderline, a retenu mon attention, fonceur, opiniâtre et bagarreur, perclus de fêlures au même titre que son épouse Naoko, avec cet amour ambivalent et contradictoire pour le Japon, entre pays fantasmé et conception déformée. Toujours autant de panache dans le début de ses récits, avec des protagonistes brisés, victimes devenues bourreaux (je me souviendrai longtemps de Guillard avec son anormalité sexuelle) et des scènes marquantes, très cinématographiques (« le baiser de feu », le sang coulant dans la salle de bain de Passan, etc.). Des psychologies également habilement mises en valeur, notamment dans la guerre que se livrent Passan et Naoko à propos de leurs deux enfants, de l’occupation de la maison, mais surtout, à mes yeux, entre Naoko et un autre personnage clef apparaissant bien plus tard dans le récit (inutile de spoiler). Mais j’ai été déçu par le final, que je m’attendais à découvrir apocalyptique, mémorable, saignant, comme le bouquet final d’un long feu d’artifice : trop court, pas aussi endiablé que le reste du livre (je me souviens avec nostalgie et de nombreux frissons de ce que Stephen Hunter, dans un genre avoisinant pour ce qui concerne l’épilogue, nous avait concoctés dans « Le 47è samouraï » que j’avais adoré et dont je me souviens encore), bref, presque médiocre par rapport à l’attente légitime que l’on pouvait en avoir. Et au final, même si je ne boude pas mon plaisir de lecture et mes « retrouvailles » avec cet écrivain, la dernière page tournée, j’ai encore un peu de mal à comprendre cette espèce de coexistence entre ces deux histoires, fortes, dont chacune aurait pu faire l’objet d’un ouvrage en tant que tel, mais qui une fois réunies, ont perdu à mon goût de leur impact respectif, s’annihilant dans cette sorte de surcharge de saveurs, où chaque ingrédient / épice / mets anesthésie l’autre.

    04/11/2019 à 17:19 2

  • Les Scrupules de Maigret

    Georges Simenon

    9/10 … ou comment, par un mois de janvier froid et neigeux, le commissaire Maigret reçoit la visite de Xavier Marton, vendeur de trains électriques dans un grand magasin. Pourquoi ? Il écrit simplement « a absolument besoin de s’entretenir avec le commissaire Maigret », et explique au policier qu’il craint que son épouse, Gisèle, n’essaie de l’empoisonner. Et ce qui est troublant, c’est que Gisèle vient ensuite voir Maigret pour lui dire que son mari a des problèmes d’ordre psychologique. Dès lors, notre limier va être confronté à un dilemme, une véritable torture qui ne va plus le lâcher : n’y a-t-il pas là, sous les atours d’une simple friction conjugale, les prémices d’un drame à venir ? J’ai retrouvé avec un entrain qui s’amollit pas la plume de l’immense Simenon, si caractéristique, à la fois sèche et trempée dans le vitriol, pour nous dépeindre ici un couple en plein chaos, d’autant qu’il y a Jenny, la sœur de Gisèle, récemment veuve depuis le décès aux Etats-Unis de son mari, revenu vivre auprès d’elle et de son beau-frère, d’autant plus « dangereuse » qu’elle a dix ans de moins que son aînée et est plus attrayante. Maigret demeure cette force tranquille, toujours aussi juste dans ses observations et ses déductions, même si cette enquête est pour lui assez particulière, comme il le confesse : il n’y a pas encore de crime, alors sur quoi peut-il instruire, même s’il sent que la tragédie est proche. De même, notre commissaire est toujours aussi humain (cf. sa relation avec ses subalternes qu’il appelle toujours « mes enfants », ainsi qu’avec son épouse, qui doit ici perdre un peu de poids et se souvient avec une émotion poignante quoique tout en retenue, de ses premiers baisers avec celui qui va devenir son homme ainsi que la manière dont ils ont pris l’habitude de s’étreindre). L’intrigue est d’autant plus forte qu’elle est d’une simplicité presque élémentaire, ajoutant cette immédiateté à son aspect plausible. Une histoire qui mêle humiliations, déceptions, impuissance, désespoir, puis une double espérance débouchant sur une scène forte, où l’on trouve, à parts égales, une franche ironie du sort, un rebondissement et un moment que n’aurait pas renié Agatha Christie. Toujours ce panache du célébrissime écrivain belge pour décrire les turpitudes d’un couple lambda, aux conséquences terribles et à l’issue létale, que Simenon conclut ainsi : « Pour lui [Maigret], c’était fini. Le reste regardait les juges, et il n’avait aucune envie d’être à leur place ». Encore un excellent opus, à la fois de Simenon et de la série consacrée à Maigret, et, c’est un paradoxe brûlant, d’autant plus fort qu’il est tragiquement crédible.

    04/11/2019 à 17:17 1

  • Orgies funéraires

    Michael Avallone

    8/10 … ou la terrible vengeance en plusieurs actes de Stewart Turner Garland, embaumeur dans l’opulente ville de Roseland, sur celles et ceux qu’il estime responsables du décès de sa fille. La mort, STG l’a côtoyée lors de la Guerre de Corée, là où il a pris la décision qu’il viendrait plus tard redonner forme humaine aux cadavres, également la raison pour laquelle il garde toujours autour du cou ses plaques d’indentification militaires. Mais on a beau faire appel à ses services dès que survient un trépas, il n’est guère considéré à la hauteur de son talent, et sa femme et sa fille – respectivement Orchid et Violet – vont en faire les frais et subir un tragique accident de la route. Dès lors, la colère de l’embaumeur va exploser et le porter non seulement à tuer mais aussi à s’en prendre aux dépouilles des défunts. Une plume alerte, noire et ensorcelante, ménageant quelques délicats éclats d’humour noir, au gré de ce jeu de massacre où vont y passer divers notables et autres personnalités de Roseland qui ont osé s’en prendre aux proches de l’embaumeur ainsi qu’à lui-même. Le psychiatre qui a bafoué sa profession dans un livre acide, un queutard invétéré, un gros lard, des calomniateurs, etc. Michael Avallone semble prendre un réel plaisir à éclabousser ce microcosme provincial si hypocrite, en le renvoyant à ses duperies et sournoiseries, tandis que Stewart Turner Garland sombre dans une spirale de violence et de barbarie sur les cadavres. Il en vient même, dans sa démence compréhensible, à croiser et échanger verbalement avec le fantôme de sa défunte fille Violet, aux appâts fort aguicheurs, tandis que son épouse Violet demeure recluse dans sa chambre, ceinte de bandelettes et d’onguents façon momie en raison de ses multiples et profondes brûlures consécutives à l’accident. Et ce n’est qu’au terme d’une longue liste de morts apparemment accidentelles que toute « l’œuvre » vengeresse de notre héros sera découverte… en même temps que ce qu’il aura réservé aux macchabées. Une véritable réussite littéraire, toute de noir vêtue, qui envoûte par la qualité de son style, et retient d’un bout à l’autre l’attention du lecteur par son postulat original et habilement maîtrisé. Personnellement, ça ne donne vraiment pas envie d’être incinéré…

    04/11/2019 à 17:14 1

  • Starving Anonymous tome 3

    Kazu Inabe, Yuu Kuraishi

    8/10 Un troisième opus qui commence par l’annonce du fait que 17 êtres humains vont devoir aller nourrir les larves. Des graphismes très réussis quand les hommes découvrent que leur numéro vient d’être tiré. Cet opus permet de donner encore un peu plus de chair à la série, avec une vue en dehors de l’institut, ce monstrueux élevage humain. De beaux moments de démence lors de cette évasion, une esthétique sombre, racée et gore. Je kiffe définitivement !

    04/11/2019 à 17:12

  • Les Terres Basses

    Bruno Gazzotti, Fabien Vehlmann

    7/10 Les héros sont désormais aux prises avec un curieux effondrement de la ville, tandis que des gamins aux yeux rouges apparaissent, faisant le lien avec la dernière image du tome précédent, ainsi qu’un étrange brouillard. Des images saisissantes (ce qu’affrontent Dodji et le nazillon blondin). Toujours de l’aventure, du suspense (mais pas du « gore », ah non), des pincées d’humour, et une dynamique intacte.

    04/11/2019 à 17:11 1