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Moi, Anaïs Berg
8/10 Anaïs Berg mène une vie calme et paisible : enseignante de musicologie à l’université, elle est appréciée de tous. Pourtant, des nuages commencent à s’amonceler au-dessus de son existence sereine : des messages inquiétants dans sa boîte aux lettres, du linge qui change de place chez elle. Parallèlement, Lucas Maunin, adolescent français, découvre qu’il a été adopté et décide de retrouver sa mère biologique. Le lien entre ces deux histoires ? Peut-être faut-il remonter au prologue au cours duquel une femme sort d’une tombe, ou même longtemps avant…
Ce premier roman de Diane McEvoy a été sélectionné parmi 648 manuscrits, et dès qu’on le commence, on comprend rapidement pourquoi le jury l’a choisi. Le style est aéré, élégant, immersif avec ce récit à la première personne, ou plus exactement, avec ces récits. En effet, on y suit le point de vue d’Anaïs Berg et de Lucas Maunin, mais par la suite, on y trouve également ceux d’une dénommée Charlotte Saint-Hilaire et même d’un prénommé Pete. Qui sont-ils ? Quelles sont les connexions entre ces divers personnages ? Diane McEvoy a tissé son scénario comme une belle toile d’araignée, avec des flash-backs étonnants et des rebondissements prenants. L’ensemble est particulièrement bien édifié, et si l’on accepte de mettre de côté quelques invraisemblances – notamment au niveau des coïncidences et autres entorses à la vraisemblance –, l’intrigue s’avère d’autant plus retorse que l’autrice la mène jusqu’à son épilogue sans le moindre temps mort et avec beaucoup de malice.
Un roman à suspense ingénieux, qui fera que le lectorat doutera de tout – autant des évidences que des faux-semblants – au gré de cette habile histoire d’usurpations d’identité. On attend déjà avec impatience le prochain livre de cette écrivaine.avant hier à 05:20 2
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Entretien avec le chaos
6/10 A Hossegor, le « club des divorcées », composé de quatre femmes – Amanda, Carole, Arlette et Sylvie – voir arriver une nouvelle famille dans leur voisinage. Il s’agit des Astier – père, mère enceinte et fils – dont on ne sait presque rien et qui restent assez mystérieux. Amanda, coach émotionnelle, reçoit en consultation des patients dont elle perçoit, dès qu’elle les touche, leurs traumas et leurs obsessions. Chris Astier va la mettre en contact avec son « cavalier noir ».
David Belo nous revient après les très bons Mon ami Charly et Papillon de nuit, toujours chez l’éditeur Taurnada. On y retrouve avec plaisir son style et son univers, avec une belle galerie de personnages, dont certains sont particulièrement travaillés, notamment Alexandre, adolescent obèse qui subit les moqueries répétées de ses harceleurs, Morgane, la fille d’Amanda, malentendante, ou Zach Astier, le fils de cet énigmatique couple qui vient d’emménager dans le quartier. L’auteur fait preuve d’imagination et les histoire sont plurielles, revenant notamment sur le passé chaotique des Astier au cours de leurs précédentes pérégrinations dans le monde, les frictions des adolescents avec ceux pratiquant le rugby, ou encore ce prologue au cours duquel un bateau fou fonce vers une plage malaisienne. Pourtant, cette fois-ci, l’écrivain finit par nous perdre justement avec la multiplicité des intrigues, au point que l’on ne sait plus vraiment quelle est la principale, et chacune d’entre elles perdant en consistance comme en originalité. Dans ses remerciements, David Belo indique « ne pas faire de plan, ne pas prévoir, ne pas calculer » : c’est probablement cette absence de vision claire quant au scénario et donc de colonne vertébrale pour l’ensemble de son récit que l’on regrette. On finit par s’égarer, restant à la surface de tant d’étendues pourtant intéressantes, sans jamais avoir été entraîné dans les eaux profondes. Le final est, en cela, révélateur : il est léger, badin, trempé dans de l’eau de rose, bien loin de la noirceur, de la tension ou de la singularité que l’on espérait.
Un roman divertissant et plaisant, mais nettement moins entraînant que les autres ouvrages de l’auteur.30/09/2026 à 05:25 1
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L'Épouvantail de Dresde
7/10 30 novembre 1944, à Dresde : on découvre le corps supplicié de la jeune Klara Bellmann. Max Heller, inspecteur à la criminelle, commence à mener son investigation quand une rumeur se répand : l’Epouvantail, une créature cauchemardesque, serait à l’œuvre. Quand on retrouve d’autres victimes mutilées, le doute n’est plus permis : il y a vraiment un prédateur qui sévit.
Frank Goldammer livre ici un roman à suspense de qualité, et dès les premiers chapitres, le lecteur est séduit : langue simple et fluide, pas le moindre temps mort, un protagoniste réussi – vétéran de la Première Guerre mondiale, blessé en Belgique en 1915, et dont les deux enfants combattent actuellement sans avoir donné de nouvelles depuis longtemps. L’ouvrage se distingue également par une belle reconstitution historique dans une ville qui va être tabassée par une abondante pluie de bombes à partir du 13 février 1945 : l’auteur signe des pages de toute beauté lorsque Heller sort de son abri, avec des images de pure apocalypse. L’intrigue est efficace mais on regrette que Frank Goldammer ait cédé à certaines facilités, avec notamment un tueur dont le mobile et la psyché sont plutôt éculés, sans même parler d’une vision trop adoucie de l’occupation de la ville par l’armée soviétique.
Un roman assez solide et convaincant : la suite des enquêtes de Max Heller, Mille diables, est déjà disponible.28/09/2026 à 05:25 2
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Le Passage
Jeff Lemire, Andrea Sorrentino
6/10 Un écrivain en mal d’inspiration qui loue un chalet, un géologue qui teste un étrange puits sur une île esseulée : deux histoires isolées assez étranges, sans explication directe ni limpide, et même si j’ai aimé retrouver cette esthétique si particulière vue dans « Gideon Falls, je rejoins complètement l’ami Fredo sur le caractère difficilement pénétrable de cette œuvre. Curieux, intriguant, décalé, oui, indéniablement, mais pas entièrement convaincant pour autant.
27/09/2026 à 07:18 1
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Dix mille ans sous les glaces
Bojan Kovacevic, Daniel Pecqueur
6/10 Pas de temps de perdu : dès les premières planches, le pilote Dakota balance un missile depuis son avion sur un iceberg qui s’ouvre sur un étrange caisson. Mais une fois rapporté sur le porte-avion, son contenu étonne d’autant plus : une jeune femme y est cryogénisée.
Un premier tome au début intéressant, avec un flashback poignant, et même si pour le moment les ressorts sont connus, l’ensemble est vraiment agréable et se laisse lire. Cependant, j’ai trouvé que la suite partait un peu dans tous les sens. Très lisible, mais j’espère que les autres tomes seront plus structurés.
26/09/2026 à 07:26 1
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Ne la quitte pas des yeux
8/10 David Harwood, journaliste, s’apprête à aller se détendre en famille, avec sa femme et leur fils, dans un parc d’attractions, quand un événement inquiétant s’abat sur lui : son épouse, Jan, disparaît mystérieusement. Elle avait récemment montré des signes de dépression et les autorités policières constatent rapidement des étrangetés dans les propos de David. Celui-ci va se rendre compte que Jan dissimulait bien des secrets.
Linwood Barclay nous a souvent séduits avec ses ouvrages aux intrigues retorses et parfaitement écrits, et celui-ci ne déroge pas à la règle. On retrouve rapidement ce qui constitue la signature littéraire de cet écrivain : une plume chevronnée, un récit labyrinthique, des rebondissements à foison, des personnages qui ont de belles dimensions humaines et des dialogues qui claquent. Ici, on suit avec attention l’histoire de ce malheureux David Harwood dont l’existence s’effondre quand sa conjointe disparaît, et tandis qu’il mène une enquête parallèle à celle de l’inspecteur Duckworth, des ombres apparaissent autour de l’identité de Jan. Le récit est solide, les renversements de situation abondent, et même si certains de ces éléments sont tellement nombreux qu’ils viennent à nuire à la crédibilité de l’ensemble, Linwood Barclay a bâti son livre avec un sérieux et une expertise absolument remarquables. Le lecteur se souviendra longtemps de ce manchot si désireux de se venger.
Un thriller adroit et prenant, hautement révélateur du talent et de l’ingéniosité de son auteur.24/09/2026 à 05:28 2
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Bonaventura
8/10 Roland Bonaventura est responsable d’équipe chez les dockers de Marseille. Il est honnête et respecté, tout juste grand-père et la retraite approche à grands pas. Il trouve un soir dans son garage un jeune homme, Pierre-Marie, amoché au genou et qui sort d’une fusillade meurtrière dans un snack. C’est son neveu. Parce qu’il est recherché par des trafiquants de drogue et menacé, Pierre-Marie n’a pas eu d’autre choix que de se réfugier chez cet homme qu’il ne connaît que de nom. Bonaventura va devoir naviguer entre sang et larmes, mais il n’est pas dit qu’il ne trouvera pas les deux.
Ce livre de Thierry Aguila, Prix du premier roman du Goéland Masqué en 2025, se distingue rapidement par sa belle musicalité. La plume est limpide, les mots chantent, les situations sont crédibles sans jamais sombrer dans de tristes stéréotypes. On y découvre aussi avec un grand intérêt le monde des dockers, avec leurs codes et leurs routines, leur profession si particulière et leur forte fraternité. Dans le même temps, les protagonistes sont soignés – notamment Bonaventura, dont le lointain passé sur l’île de Beauté n’émergera qu’à la fin de l’ouvrage, ou encore Pierre-Marie qui s’est cru prédateur alors qu’il est loin d’en être un. Le livre est assez court, avec un rythme fluide et pas le moindre temps mort, et si l’on peut volontiers lui reprocher un nombre coupable de fautes et autres coquilles, c’est l’épilogue qui se révèle remarquable. Il réserve de magnifiques instants, poignants et glacés, désarmants et sombres, où émerge une écriture sobre et sublime, chargée d’émotions contraires où les véritables hommes ne sont pas nécessairement ceux que l’on croit.
Un roman noir et marquant, douée d’une belle texture humaine, et au final aussi travaillé que réussi.23/09/2026 à 05:33 2
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Derrière les volets bleus
7/10 Usée professionnellement et sentimentalement, Rosa rejoint le bassin d’Arcachon où son grand-père, Max, l’accueille. Quand elle découvre le cadavre de Jérémy, son ami d’enfance devenu peintre, la jeune femme va devoir se mêler des histoires locales où nombre de secrets et de faux-semblants sommeillent.
Ce roman de Florence Tachoires séduit rapidement. Le style de l’autrice est particulièrement agréable, avec une plume poétique et travaillée, et la concision de l’histoire soutient cette intrigue serrée. Ici, dans le bassin d’Arcachon, malgré un décor de carte postale, de multiples histoires vont remonter à la surface, et le beau nombre de protagonistes constitue autant de pistes crédibles : un écrivain en mal d’inspiration, une ornithologue disparue, un bouquiniste, un gendarme, sans compter des jalousies et des adultères, un livre sur les chevaux ailés, des tonnes – comprenez des cabanes de chasse – et la présence suspecte d’argent liquide : l’écrivaine ne ménage pas son lectorat avec ces directions si diverses. Si la conclusion n’est pas particulièrement surprenante, elle s’avère plausible et saura combler les attentes des lecteurs.
Un livre à la fois classique et bien mené, joliment orchestré et fort plaisant.22/09/2026 à 05:46 1
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Hammerhead
Luca Casalanguida, Andy Diggle
7/10 Caracas, Venezuela : James Bond traque un dénommé Kraken. Cette chasse à l’homme va ensuite se poursuivre à Dubaï où Bond, tombé en disgrâce auprès de son supérieur, est résolu à terminer cette affaire.
De l’action d’entrée de jeu, un agent secret à l’humour noir, radical et violent, des scènes d’action prenantes (cf. le coup des requins dans l’aquarium géant ou sur le navire en quête du fameux Hammerhead). Les ingrédients sont connus mais il n’est pas toujours nécessaire de trouver des composants originaux quand la maîtrise est là : la preuve.19/09/2026 à 07:28
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Vigilant et impitoyable
Jean-Christophe Brisard, Alberto Pagliaro
9/10 2 mai 1945 à 17h : Berlin vient de tomber aux mains de l’armée rouge, et c’en est fini du IIIe Reich. Le lieutenant soviétique Elena Kagan et son commando retrouvent ce qu’il reste des corps des sbires d’Adolf Hitler dans leur bunker, mais aucune trace du Führer. Afin de savoir ce qu’il en est, divers services secrets vont entrer en confrontation dans cette époque très troublée tandis que l’ogre Staline s’impatiente.
Un premier tome fouillé, bien documenté, très structuré et au graphisme remarquable. L’histoire s’avère très prenante, à la fois historique et glaçante, bien moins manichéenne que ce à quoi je m’attendais. « Le cadavre que nous avons n’est peut-être pas celui d’Hitler ! » est-il écrit en toute fin de cette BD : je serai assurément au rendez-vous de la suite.17/09/2026 à 18:44 2
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Le Croquemitaine tome 1
Denis-Pierre Filippi, Fabrice Lebeault
6/10 Trois ados/enfants arrivent dans une ville, affamés. Très rapidement, ils se rendent compte de l’animosité de la population locale (habillée façon début du vingtième siècle). Quand la petite Clotilde meurt dans un parc, ils doivent décamper et enterrer la malheureuse bien loin d’une communauté qui semble terrorisée par un mystérieux croquemitaine.
Un premier tome intéressant, au graphisme qui a nécessairement vieilli depuis le temps, dont le début ressemble presque à du Victor Hugo avant de basculer vers une ambiance plus anxiogène (cf. la tête tranchée épinglée à la grille). Ces hommes qui arrivent comme des sauveurs à la fin de cette BD donnera, je l’espère, le coup de fouet scénaristique attendu.14/09/2026 à 19:29
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Starving Revelation tome 1
9/10 On apprend que Yuzu, une lycéenne, a été désignée pour subir « un ramassage », un rituel élevé au rang de culte. Tout le monde s’en réjouit, l’intéressée également, mais dans les faits, il s’agit de servir de nourriture aux « grands Amahito » afin de préserver la paix sur Terre. L’ambiance est d’autant plus folle quand on voit pléthore d’adolescents offrir un de leurs doigts coupés afin que Yuku les ingurgite et que cette pitance serve également de pâture à ces créatures.
Après la série « Starving Anonymous », une sorte de suite qui peut être lue sans avoir pris connaissance de l’originelle. L’histoire est bigrement singulière, avec cette dystopie où les couples sans enfants – de futures aliments humains – sont voués aux gémonies et où on vit dans l’idée que la progéniture sera un mets de choix pour les grands Amahito. La violence de certains passages vient surligner avec panache la démence de cette société. Un pitch brillant et habilement servi par un graphisme réussi. Je trouve du coup cette seconde série un peu au-dessus de la précédente, au moins pour ce premier tome.13/09/2026 à 10:09
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La Constance du prédateur
8/10 Après « Le Signal » qui m’a semblé très brouillé et « L’Illusion » qui était une désillusion, voilà que je retrouve Maxime Chattam dans un thriller noir pur et dur qui, comme il le signale lui-même dans sa postface, paraît vingt ans après « L’Âme du Mal ». Le roman est dense, très bien charpenté, et l’intrigue fonctionne à pleine régime. Des dix-sept cadavres découverts dans la mine abandonnée à l’usage sordide des têtes d’oiseaux, de cette quête de l’ADN à ces Charon, des récits glaçants des proies à la genèse de ces monstres, l’auteur frappe fort et là où les plaies sont encore à vif. Des réflexions moins ampoulées sur le Mal et le destin de l’Humanité, des dissertions intéressantes sur la psyché des nuisibles, et un récit qui se tient de bout en bout avec un final qui, malgré l’aspect anxiogène et terriblement sombre de l’ouvrage, s’achève sur des propos qui se veulent heureux (« Les grenouilles se remirent à chanter. »). Je reproche juste une barque parfois un peu chargée concernant les prédateurs (qu’on ne m’en veuille pas ici de dire quoi exactement, ça divulguerait peut-être des informations) et éventuellement l’absence de quelques ultimes rebondissements. Un quasi épilogue qui louche largement du côté du « Silence des agneaux » (un clin d’œil appuyé, avec la cuve, la séquestrée, le chien, etc.) et qui conclut de façon efficace ce livre riche et prenant même s’il ne m’a pas semblé particulièrement criant d’originalité.
10/09/2026 à 05:51 1
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Spritz, cadavres et chocolats
7/10 Emma Cordier, trente ans, est une informaticienne dont la vie sentimentale est agitée. Poissarde, elle a une mère qui fait tout pour lui présenter des hommes susceptibles de la rendre heureuse mais ces rendez-vous se soldent toujours par des échecs. En très peu de temps, c’est Emmanuel Gosselin puis Antoine Requier qui sont retrouvés assassinés, tous les deux soupirants de la jeune femme. Elle va devoir prouver son innocence, quitte à aller au-devant de gros risques.
Ce qui est certain, c’est que ce roman de Juliette Sachs n’engendre pas la mélancolie. Le ton est alerte, le rythme soutenu, l’écriture simple et efficace. L’ouvrage, typique du genre cosy mystery, est avant tout ciselé pour proposer des situations cocasses et d’agréables moments d’humour. La mère de Juliette ainsi que sa grand-mère sont vraiment croustillantes, les réparties entre notre protagoniste et l’inspecteur Laurent Verdin sont amusantes et l’ensemble fonctionne bien. À côté de ces indéniables qualités, il faut bien reconnaître que l’intrigue est plutôt modeste et le final ne réserve guère de surprises. Néanmoins, les amateurs de ce type d’intrigues seront satisfaits et n’en tiendront probablement pas rigueur à l’écrivaine.
Juliette Sachs propose donc un livre assez convenu, mais qui a comme qualité majeure d’être divertissant, enlevé et sans aucune prétention : entre deux gorgées de littérature noire, il est vrai que cette pétillance et cette légèreté sont appréciables.07/09/2026 à 05:37
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Refroidie
2/10 L’agente du FBI Becca Thorn est encore marquée par son enfance placée sous l’emprise de la secte La Première Divine, et c’est parce qu’elle a cette expérience si particulière des déviances que ses supérieurs lui confient une tâche spécifique : arrêter un tueur en série qui étrangle des femmes avant de leur faire revêtir un bonnet de puritaine. Avec son collègue Jack Langley, elle va donc traquer ce prédateur.
Autant le dire d’entrée de jeu : ce roman fut une purge. Des protagonistes d’une rare inconsistance, un modus operandi détonant d’inanité, un assassin mû par un mobile mystique sans la moindre originalité. Je ne parle même pas des dialogues qui sonnent faux, des coquilles et autres termes même pas traduits de l’anglais, une mise en page bancale avec des tirets cadratins qui déboulent d’on ne sait où pour marquer des paragraphes et autres réparties entamées par ces mêmes signes mais provenant en réalité du même personnage. Même Becca est pathétique : aucune aspérité, aucune véritable intelligence criminalistique, et des rebondissements au cours de son enquête dus au hasard. Bref, tout cela est aussi creux qu’une paille : des auteurs vraiment désœuvrés ou une intelligence artificielle au processeur en fin de vie doivent être à l’origine de ce naufrage, ça n’est pas possible autrement.06/09/2026 à 07:51 2
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Ta seule issue
6/10 En voyage en Norvège, Erik Amdahl, Elise et leur fille Sofia arrivent dans une région remuée par des tensions autour de l’exploitation du cuivre. Partis faire un trek, Erik et Sofia assistent à l’assassinat de deux personnes avant que les meurtriers ne cherchent à éliminer ces témoins gênants. Commence alors une traque dans une nature particulièrement âpre.
Ce thriller est plutôt court, le rythme est tendu et l’écriture de Giles Kristian réussit à impulser une belle énergie au narratif. Néanmoins, l’histoire sur les codes habituels du genre et les poncifs affluent, entre le héros – qui morfle, certes – qui, pourtant simple menuisier, parvient à bousiller les méchants, sans même parler du rebondissement quant au mobile réel de ces individus que l’on a déjà vu ou lu bien souvent. S’il n’y avait pas quelques éléments humains et attachants, comme la relation si touchante entre Erik et sa « p’tite mère » de fille, on n’est jamais très loin d’un récit qui lorgne du côté de Jason Statham si c’était porté à l’écran. La fin est beaucoup trop téléphonée et attendue. Bref, ça manque de densité, de profondeur et surtout d’originalité. A réserver aux amateurs du genre.05/09/2026 à 07:30 1
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L'Ennemi immédiat
9/10 Lew Archer, détective privé, est engagé par les Sebastian : leur fille, Sandy, dix-sept ans, a disparu et s’est visiblement enfuie en compagnie de Davy. Le problème, c’est que ce Davy a un petit passé criminel et semble être particulièrement instable. Rapidement, Archer va se rendre compte que sa tâche va être bien plus complexe.
Ross MacDonald est un auteur dont l’œuvre a été encensée par nombre d’écrivains majeurs comme James Ellroy, Sue Grafton, James Crumley ou encore Michael Connelly, et c’est toujours un bonheur que de lire un de ses ouvrages. Celui-ci ne déroge pas à cette règle d’excellence et nous offre tout ce que l’on adore chez cet auteur : une écriture au cordeau, des dialogues secs qui claquent avec talent, des personnages fouillés et une intrigue qui fourmille de rebondissements. Ce qui enchante le plus, c’est cette incroyable mécanique mise en œuvre : chacun de ses rouages est habile, parfaitement huilé, s’emboîte parfaitement avec ses voisins, et l’ensemble du récit est un pur bonheur. Le lecteur n’a vraiment pas intérêt à cligner des yeux parce que le tempo de cette histoire est méchamment cadencé : Ross MacDonald ne se perd jamais en descriptions inutiles ni en circonvolutions artificielles, et les individus sont décrits en quelques phrases particulièrement bien senties. C’est un ravissement que de retrouver Lew Archer, à la psychologie imparable, peu enclin à la violence mais capable de se battre lorsque c’est nécessaire, d’une droiture hautement méritante, et qui promène un regard singulier et désabusé sur le monde qui l’entoure. Le scénario est très réussi, dense et dédaléen, mêlant chantages, un homme tué par un train quinze ans plus tôt, de sombres secrets de famille, des adultères et des viols. Comme il est écrit dans ce roman : « Si je devais vous l’expliquer, ça nous prendrait toute la journée ».
Un ouvrage presque sexagénaire d’une grande richesse et parfaitement maîtrisé. Il est également sidérant de modernité, à moins qu’il ne soit tout bonnement intemporel.03/09/2026 à 06:14 3
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Fonds noirs
8/10 Paris, janvier 1986. Annabelle Kowalski vient trouver le commissaire Fabien Wouters : son père s’est défenestré mais elle ne croit toujours pas à la thèse du suicide. Désabusé, le policier va mener son enquête et se rendre compte que cette mort s’entoure d’autres événements suspects : il va aller au-devant d’un scandale politico-financier.
Xavier Boissel, dont on avait déjà beaucoup apprécié Avant l’aube et Sommeil de cendres, nous revient avec ce roman noir de haute volée. On y retrouve la patte de l’auteur, avec un récit court, des descriptions rongées jusqu’à l’os, des personnages sombres et cette ambiance historique si particulière. Le lecteur va découvrir un récit qui plonge graduellement vers un sordide trafic d’armes, avec des ramifications politiques qui risquent de salement secouer la République. Si le thème est connu, Xavier Boissel n’a pas son pareil pour magnifier son intrigue avec habileté et sobriété, offrant quelques beaux instants d’émotion, comme dans ce vingt-cinquième et dernier chapitre. L’ensemble s’avère – malheureusement – très crédible, sans effet facile ni pétarade artificielle. Wouters, policier blasé, en cessation progressive d’activité, obstiné et réfractaire aux armes à feu, constitue un protagoniste de premier plan, solide et vraisemblable.
Un ouvrage très convaincant, qui a en plus le toupet de faire preuve d’une belle économie de moyens. Toute ressemblance avec des faits et des personnages existants ou ayant existé bla-bla-bla…02/09/2026 à 07:36 1
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Une Reine en danger
8/10 Raia, servante de Néfertari, et Ani, apprenti scribe, doivent s’occuper d’une nouvelle affaire. C’est d’abord Khéops, le lion de l’épouse du pharaon, qui disparaît de la cage de la ménagerie, avant que des scarabées apparemment morts ne ressuscitent. Ces signes sont menaçants et semblent envoyer un message inquiétant à Néfertari. Est-ce l’œuvre des dieux ou d’une personne très malintentionnée ?
Après L’Affaire du cobra royal, voici le deuxième tome de la série « Enquêtes à la cour de Pharaon ». On y retrouve avec plaisir la plume adroite et chevronnée de Sarah Barthère ainsi que nous deux jeunes enquêteurs. L’immersion historique, géographique et culturelle est très plaisante sans s’avérer pesante, et on suit avec un intérêt soutenu cette intrigue charpentée du début à la fin. Les rebondissements ne manquent pas, Raia et Ani – la première étant impulsive, le second érudit – sont dignes d’intérêt, et la résolution, simple et crédible, achève de façon élégante et bienvenue ce très bon polar jeunesse.
Dans la cité royale de Pi-Ramsès, Sarah Barthère continue de nous charmer avec cette histoire solide et prenante. Nous croisons d’ores et déjà les doigts pour que d’autres tomes – aussi réussis que les deux précédents – viennent enrichir cette belle série.28/08/2026 à 07:19 1
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Ce que Marcy a oublié
8/10 Dans la nuit du 21 au 22 mai 1995, Grace Tanner, dix ans, a disparu. Vingt ans plus tard, un os est découvert par le chien d’un promeneur. Le journaliste Tom Lanier, qui a vécu à Anton, va mener sa propre enquête. Une seule personne pourrait détenir les clefs de la vérité, mais cette femme, Marcy, est victime d’une amnésie totale sur cette période trouble.
Six ans après la parution de La Lionne rouge, Marion Cabrol revient chez l’éditeur Taurnada avec ce roman particulièrement réussi. Dès les premiers chapitres, voire dès les premiers paragraphes, on est impressionné par la maîtrise de l’écrivaine : son style est à la fois travaillé et sec comme une trique, avec des formules et des dialogues qui cinglent comme autant de coups de fouet. Dans le même temps, l’intrigue est parfaitement charpentée et menée : elle repose sur des codes connus et éprouvés, et l’autrice en tire ce qu’il y a de meilleur, avec de nombreux rebondissements, des fausses pistes prometteuses et des personnages d’un réalisme convaincant. Certains passages sont marquants, comme l’un des protagonistes déterrant un cadavre, ou encore cette sinistre ferme où sont inhumés autant de dépouilles que de sinistres secrets. Ne clignez pas des yeux : Marion Cabrol ne s’embarrasse pas de temps mort et de circonvolutions, son récit suit un tempo cadencé, et c’est essoufflé que l’on parvient à l’épilogue, fort, vraisemblable et émouvant.
Un roman qui se situe à mi-chemin entre l’ouvrage noir et à suspense, prélevant ce qu’il y a de meilleur dans chacun de ces deux genres. Soixante-treize chapitres de tension et de ténèbres pour une lecture hautement recommandable.27/08/2026 à 07:47 3
