3768 votes
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Nestorius
7/10 Un récit dystopique et postapocalyptique intéressant, qui panache adolescents destinés à devenir soldats, apprentissage du sport et de la violence. Nestorius s’apercevra qu’il n’est pas une banale machine de guerre quand il découvrira une fille de son âge – Salomé – dans la baignoire d’un cargo. « J’étais dressé depuis l’enfance pour obéir et pour tuer », confie-t-il. Une histoire sympathique, qui se laisse lire, mais dont on a déjà lu des composants ici ou là. Je me demande si je n’aurais pas dû commencer par les ouvrages d’Yves Grevet dont cette BD est issue pour avoir une porte d’entrée davantage construite.
avant hier à 07:41 1
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Week-end entre amis
8/10 Une très longue amitié : voilà ce qu’Edouard propose de fêter dans sa vaste maison en y invitant Marc, Agathe, Julien, Claire et Sylvie. Sauf que les tensions ressurgissent rapidement : caractères enflammés, contentieux larvés, adultères, jalousies, comportements de mâles alphas, femmes rabrouées… Et c’est un inconnu prénommé Tony qui apparaît à son tour sur l’échiquier, tandis qu’Edouard ordonne à ses camarades de ne descendre sous aucun prétexte à la cave : un piège est-il en train de se refermer sur ces personnages ?
Mon premier ouvrage de Nathalie Achard, un opus que j’ai beaucoup aimé. Sa plume est vraiment bonne, travaillée, les répliques font mouches et les études psychologiques sont efficaces. L’idée de ce huis clos n’est certes pas nouvelle mais la partition jouée est redoutable, immédiatement prenante et d’une belle crédibilité. L’écrivaine a enfermé ses petits insectes humains dans ce vivarium et prend un malin plaisir à déclencher rapidement les hostilités, le lecteur devenant à son tour à la fois voyeur et entomologiste. Le dernier tiers de l’ouvrage contient de beaux rebondissements, parachevant cet ouvrage de grande qualité. Histoire de chipoter, j’aurais peut-être apprécié, à titre très personnel, quelques twists supplémentaires, mais là n’était évidemment pas le but de Nathalie Achard, et j’ai pris un plaisir à peine coupable à voir ces individus s’entredéchirer, vingt-cinq ans après ce prologue mettant en scène un accident. Vraiment très bon.01/01/2026 à 07:46 2
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Place aux immortels
8/10 1915. Le lieutenant de gendarmerie Léon Cognard est affecté sur le front de la Somme, chargé d’une forme de maintien de l’ordre avec « vingt-trois gendarmes […] pour approximativement vingt mille hommes ». Autant dire que la tâche est lourde, d’autant que cette maréchaussée n’est guère appréciée des soldats. Deux faits vont alors survenir : la mort du lieutenant Le Corre puis le suicide du caporal Guyadier. Ces deux faits sont en réalité liés.
Un très bon roman à suspense, où percent trois qualités majeures à mes yeux : l’incroyable travail de documentation de Patrice Quélard, la densité du protagoniste (lettré, doué pour l’oralité, tenace au point d’être obsédé par l’enquête à laquelle il s’attache, adepte de la savate mais pas invulnérable), et la qualité de l’écriture. Je regrette un peu que l’intrigue passe parfois au second plan (le suicide du caporal n’apparaît que vers la moitié du roman) ainsi que certaines touches d’humour pas nécessairement bienvenues (mais c’est très subjectif), mais voilà indéniablement un livre fort, remarquable d’intensité et fort bien mené, qui me donne envie de poursuivre avec le second tome, d’autant que le final – avec les explications nécessaires et le duel – s’achève brillamment.
P.S. : décidément, j’adore les votes de Franck 28. « Un cheval et un chat, qui ont une belle place dans l'histoire » ? Faux. Rossinante et Greffier sont évoqués mais ils ne jouent absolument aucune partition spécifique dans ce livre. Moralité : quand on ne bricole pas à la va-vite un petit commentaire insipide en s’inspirant de ceux des autres lecteurs, mieux vaut éviter d’être original, au risque de se faire à nouveau pincer.31/12/2025 à 07:54 1
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Derrière son regard
6/10 Après avoir fait ses classes dans la police militaire, Casey Faith intègre les forces de l’ordre d’une bourgade du New Jersey, et ce sont les cadavres de deux femmes que l’on retrouve noyées non loin de phares. Avec son coéquipier Alex Mercer, elle va tâcher de mettre hors d’état de nuire ce tueur en série.
Un ouvrage typique de Rylie Dark comme des Ava Strong, Blake Pierce et consorts : une héroïne tourmentée par son passé (le meurtre non résolu de sa sœur Harper), un serial killer mû par on ne sait quelle idée, des victimes qui s’accumulent, une confrontation finale musclée. L’ensemble est plutôt agréable et bien mené, et si on accepte de mettre de côté les multiples coquilles, le titre pour le moins banal et sans rapport avec le contenu de l’ouvrage et les poncifs inhérents à ce type de récits, voilà une lecture honnête avec un mobile pour le prédateur qui change un peu de l’ordinaire.30/12/2025 à 07:46
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Un Dernier Pas
6/10 Tara Mills, jeune agente du FBI de vingt-cinq ans seulement, doit faire équipe avec Frank Warren, également membre du Bureau, afin d’enquêter sur une série de disparitions et de meurtres dans les Appalaches, entre le Vermont et le New Hampshire. Traumatisée par le meurtre de sa mère par son père – mais est-ce vraiment le cas ? – lorsqu’elle était gamine, Tara est encore hantée par cette tragédie, ses nuits sont très souvent peuplées de cauchemars atroces à ce sujet, et elle fait souvent des crises de panique. Avec Warren, saura-t-elle mettre un terme aux agissements de ce tueur en série qui enlève, séquestre et tue ses proies à l’aide d’une arbalète ?
Je découvre ici la plume de Sarah Sutton : écriture simple mais plutôt efficace, une jeune héroïne faisant partie du FBI, un passé dramatique qui la traumatise encore, un tueur en série à stopper, etc. L’ensemble est donc très convenu, mais cela n’empêche nullement une nette forme d’efficacité pour qui cherche juste un agréable moment de lecture, sans plus. Ici, le prédateur a clairement été inspiré par le livre et le roman « Psychose », et s’il aurait clairement fallu un plus grand démarquage, il faut également reconnaître qu’il y a pire ascendant ou mentor littéraire. Bref, un ouvrage classique, pas mémorable ni vraiment palpitant, mais il tient la route et a au moins le bon goût de nous emmener quelques heures plus loin sans avoir complètement eu l’impression d’avoir perdu voire gâché du temps.29/12/2025 à 07:46 2
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Un Crime parfait
8/10 John Hoskins, homme marié, entretient une relation extraconjugale avec Carla Moorland, et il se rend au domicile de la jeune femme quand il croise la route de Paul Menzies, courtier en assurances, qui est de toute évidence l’amant de Carla. Le ton monte, Hoskins frappe Carla et abandonne les lieux. Peu de temps après, il apprend que Menzies est suspecté puis inculpé du meurtre de celle qui fut leur compagne commune. Hoskins va alors suivre le procès.
Une nouvelle très intéressante, à l’écriture suffisamment prenante et qui préserve le suspense jusqu’au dernier paragraphe. L’auteur, Jeffrey Archer, glisse alors un rebondissement très réussi qui, même si on l’a déjà lu ou vu ailleurs, n’en reste pas moins efficace et intelligemment amené. Bref, un récit court et savoureux, et dont la qualité gustative n’en est que réhaussée par le twist final.27/12/2025 à 07:53 2
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Week-end à Zuydcoote
9/10 J’avais encore en tête l’adaptation cinématographique de 1964 – que j’ai adorée et que j’ai revue un bon nombre de fois – et quand j’ai attaqué ce livre, les premières pages m’ont confirmé que ce roman avait très fidèlement été transposé : la charrette poussée par Virrel avec le cadavre de la femme, la confrontation avec l’officier venant en face, le passage au sanatorium après la blessure à la main de Dhéry, la rencontre avec Jeanne, etc. Même certains dialogues et autres formules ont directement été transposées dans le film (« Ma femme avec ses longues jambes, elle a l’air d’un lis »). Bref, je n’ai pas boudé mon plaisir au gré de cette histoire si touchante, si désarmante d’humanité de voir ces malheureux pris au piège d’une guerre et d’événements qui les dépassent, où certains moments plus décontractés viennent aérer un récit d’une rare densité, d’une poignante puissance littéraire. De saynètes en saynètes, la vision de la Seconde Guerre mondiale à travers le prisme de braves gars (principalement Maillat) et se concluant de la même manière que le long-métrage (« Alors, toutes les étoiles s’éteignirent d’un seul coup. Et Maillat ne sut même pas qu’il était en train de mourir. »). Pour ma part, une lecture salvatrice et émouvante autant qu’une bouleversante madeleine de Proust pour ce germe littéraire qui a donné ce film que j’adule.
26/12/2025 à 07:40 2
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Celui qui hantait les ténèbres
9/10 Le narrateur survit à un naufrage et finit par rallier un rivage où il découvre un étrange monolithe, après quoi il se réveille dans un hôpital de San Francisco suite à quatre mois de coma. Ce peintre et écrivain, encore hanté par ses hallucinations, en vient à être obnubilé par une immense église qu’il pense désaffectée…
Déjà fan de l’œuvre de Lovecraft et de Gou Tanabe, je ne risquais strictement rien à me lancer dans ce manga, et je dois avouer que mes vœux ont été exaucés. Une esthétique lourde, poisseuse, anxiogène, servant avec maestria les propos furieux et possédés de l’immense auteur américain, avec force artefacts (ici un cristal inquiétant ou une énigmatique échelle), des créatures effrayantes, etc. Un manga d’une incroyable densité, d’un bel effroi et d’une folle inventivité, où le propos et le graphisme se servent mutuellement. Je crois que j’étais en partie séduit avant même d’en ouvrir les premières planches, mais l’ensemble de cette lecture m’a subjugué, jusqu’au final, équivoque et d’autant plus marquant qu’il retentit presque comme un point d’interrogation. Superbe.25/12/2025 à 07:38
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Ted Bundy
Stéphane Bourgoin, Jean-David Morvan, Scie Tronc
7/10 Seattle, 1er juin 1974 : Ted Bundy commet son premier crime, et c’est une banale interpellation quand il est à bord de sa Cox qui entraîne son arrestation. Dans une prison en 1989, il entame une relation avec Étienne Jallieu – le pseudonyme de Stéphane Bourgoin, ce dernier cherchant à comprendre comment est né ce prédateur.
De sa famille dysfonctionnelle à ses problèmes d’ordre sexuel, la genèse du monstre menée de façon adroite, avec des passages suggérés qui font froid dans le dos (ses actes nécrophiles notamment), même si certains moments parfois « répétitifs » concernant les agressions, auraient pu être gommés. Mais ce qui est le plus ambigu, c’est le fait que le coauteur – Stéphane Bourgoin – se mette si explicitement en scène : en 2020, année de sortie du premier tome de cette série, il avouait enfin être un mythomane. L’ouvrage perd du coup singulièrement de sa puissance d’évocation malgré l’évidente assise de la documentation rassemblée.24/12/2025 à 07:40 1
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Bird Box
9/10 … ou la fuite de la jeune Malorie, accompagnée de ses deux très jeunes enfants, dans un monde où ceux qui ont le malheur d’ouvrir les yeux – au sens premier du terme – deviennent fous et se suicident dans l’instant. Un excellent thriller, avec ce qu’il faut de paranormal et d’étrangeté, dont Josh Malerman tire ce qu’il y a de meilleur, notamment au niveau des ambiances. Volontairement privés de la vue, nos protagonistes doivent donc composer avec leurs autres sens et les mettre à profit dans ce décor enténébré, sauvage et follement paranoïaque. Un délice de tous les instants, de tous les chapitres qui alternent d’ailleurs présent et passé, avec une belle intelligence scénaristique, jusqu’à ce que nos héros en viennent à retrouver le dénommé Rick à l’école Jane-Tucker. J’aurais apprécié un semblant d’explication quant à ce phénomène létal né en Russie puis en Alaska, mais peut-être est-ce finalement mieux ainsi. Bref, une réussite stupéfiante grâce à une idée originelle forte et singulière, et un traitement admirable empli d’émotions contradictoires, où le frisson pur côtoie l’empathie. Brillant.
23/12/2025 à 07:59 2
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Mission Cuba
3/10 Parce qu’il se murmure que Fidel Castro serait mal en point, Malko doit se rendre à Cuba pour fomenter une transition vers la démocratie et assurer un général proche de la CIA du plein soutien du président américain en cas de coup d’état.
Ce troisième tome est une alternance assez désagréable de deux types d’événements qui se répètent encore et encore : du sexe et des bavardages. Il y a bien quelques éléments géopolitiques vaguement intéressants mais une scène de sodomie pour presque amorcer cette BD et une autre de fellation pour la conclure, ça n’est vraiment pas pour moi.22/12/2025 à 07:37 1
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Le Berceau des esprits tome 2
4/10 Toujours rien de bien flambant dans ce deuxième tome : même absence d’originalité scénaristique, et même le graphisme me semble assez tarte. La violence, qui aurait pu être l’épice sur la viande fade, ne vient qu’augmenter le gâchis gustatif au point de rendre l’ensemble presque immangeable. C’est un point final pour moi après cette grosse déception.
21/12/2025 à 07:41 1
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Aparecida Prison
4/10 Goiânia, capitale de l’Etat brésilien du Goiás : dans la prison la plus violente du pays, c’est la loi de la jungle où règnent la brutalité et la corruption. Il suffirait finalement de peu pour que cet enfer vire au chaos.
Je n’ai pas beaucoup apprécié cette BD : un peu trop bavarde, sur un scénario déjà lu ou vu des centaines de fois, et à part ce déchaînement de violence, de têtes tranchées et de balles tirées, je ne retiendrai pas grand-chose de ce récit assez attendu et plutôt vain.20/12/2025 à 08:09 1
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La Lisière
7/10 Un roman court et très dynamique, où les chapitres courts et le rythme enlevé concourent à rendre la lecture rapide. L’histoire commence de façon immédiate et la cadence reste élevée jusqu’au final. Niko Tackian maîtrise son histoire et, même si je peux lui reprocher son écriture un peu trop simple à mon goût, le final s’avère à la hauteur grâce à ce dénouement assez « simple, ce qui n’est pas pour moi un inconvénient, seulement une pure caractérisation. L’aspect fantastique s’y évapore totalement, et son côté sombre et dur est, à mon humble avis, bien trouvé et cohérent avec la globalité de l’ouvrage. Sa postface « En guise de conclusion » éclaire agréablement le travail de l’auteur, ses motivations littéraires et son admiration pour les monts d’Arrée. Bref, un livre efficace, même si certains pourront lui reprocher une conclusion objectivement pas si originale que cela.
18/12/2025 à 18:58 2
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Chambre froide
7/10 Australie-Occident, en décembre 1987. Ce qui est retombé sur Terre de la station orbitale Skylab entraîne la mort de vingt-six villageois, et les trois agents dépêchés sur place – l’un d’entre eux subira d’ailleurs le même sort que les autochtones – ne serviront qu’à isoler un échantillon du champignon « Cordyceps novus ». En 2019, au Kansas, dans un réseau souterrain où l’on stocke de tout et de rien, le fongus n’a pas dit son dernier mot.
Mon premier David Koepp, et j’ai trouvé ça bien bon. Une écriture enlevée, qui panache noirceur, action, moments d’humour – les descriptions mais surtout les dialogues sont souvent très tordants – et explications scientifiques, notamment lorsque l’auteur nous explique comme cette saleté de champignon se nourrit des éléments chimiques et autres nutriments passant à sa portée. L’écrivain maîtrise indéniablement son sujet dans un souffle très objectivement cinématographique et, si comme Fredo je regrette des digressions pas toujours nécessaires – honnêtement, même si ça donne du corps aux personnages, les anciennes amours de Naomi, le passé judiciaire de Teacake ou les problèmes de dos de Roberto ne m’étaient pas indispensables –, l’ensemble se lit tout seul, ne manque que le pop-corn. Si l’épilogue est vraiment trop rapide et le dernier chapitre gnangnan au possible, c’est typiquement de la littérature à consommer sur la plage, sans prise de tête, distractive, même si, je le répète, David Koepp agrémente son récit de données scientifiques bienvenues.18/12/2025 à 06:56 2
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Coups de théâtre
8/10 « Ah ah ! Excellent début ! Très original ! » : l’inspecteur Germain Germain-Germain est effectivement très surpris lorsqu’il assiste à la première d’une pièce de théâtre diffusée en direct à la télévision, quand on voit l’actrice principale, Matilda, assassinée sur scène. Germain et sa jeune stagiaire Laure-Gisèle, dite « Logicielle », vont mener l’enquête dans les coulisses de la pièce et aller de surprise en surprise.
Ce roman, datant de 1994, a été le premier de la série consacrée à Logicielle, et les éditions Rageot ont eu dernièrement la riche idée de le rééditer. D’entrée de jeu, la forme surprend : Christian Grenier a choisi de présenter son intrigue sous la forme d’une pièce de théâtre en cinq actes, avec les classiques didascalies et autres dialogues propres à ce type de représentation. Il faut bien reconnaître que l’histoire s’y prête volontiers, et l’auteur ne ménage pas son lectorat avec de belles trouvailles scénaristiques, son récit étant d’une grande richesse et mené avec entrain. Germain et Logicielle vont être confrontés à de nombreux protagonistes – de l’auteur au directeur en passant par le régisseur, le souffleur, le machiniste ainsi que des proches de la victime. Le récit comporte bien des rebondissements – tous adroits et tout à fait crédibles – tandis que le final lance avec habileté la jeune policière qui deviendra l’une des protagonistes fétiches de Christian Grenier.
Un livre intelligent en entraînant qui rend également un bel hommage au théâtre ainsi qu’à son univers : il y a là amplement de quoi satisfaire, divertir et instruire le jeune lectorat auquel il se destine.17/12/2025 à 07:03
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Une Chenille pour deux
3/10 Deux jeunes femmes arpentent une jungle hostile à la faune inquiétante en compagnie d’un guide aguerri, le tout sur la planète Zarkass.
Je n’ai pas beaucoup apprécié le graphisme que j’ai trouvé plutôt tarte. Quant à l’histoire, elle n’a rien de bien singulier : de grosses créatures (notamment ces chenilles rouges géantes), une expédition qui n’est vraiment pas originale, des tentatives d’humour bien molles. Je suis tellement déçu que je me demande si je vais continuer cette série qui démarre mal.15/12/2025 à 19:06 1
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Pacific Invasion
6/10 Un nouveau versant pour ce deuxième tome : toute la côté ouest des Etats-Unis est sur le pied de guerre, et ce 7 mai 1948, les Japonais débarquent en Californie, notamment avec une armée de monstres mécaniques, et ce sont des locaux – une poignée de copains – qui va essayer de juguler cet assaut.
Au-delà de l’indéniable qualité graphique et du rythme de cette BD, l’effet de surprise s’est un peu envolé, le scénario joue trop sur les codes attendus et certains passages – comme le duel final entre les deux robots gigantesques – tient presque de la parodie. Bref, c’est détendant mais sans plus (j’ai néanmoins apprécié le clin d’œil au personnage « Rosie la riveteuse ».15/12/2025 à 18:57
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Omnivore
8/10 Stupeur et tremblements à la télévision ! L’émission vedette La Surprise du chef, qui met en scène la journaliste Rita Chandler entrant à l’improviste dans les cuisines des restaurants, tombe sur une scène incroyable : le chef Karl Angus, à L’Abeille dorée, en train de débiter un corps humain. Le marmiton est aussitôt arrêté avant de prendre la fuite. Pour les policiers Toulouze et Kuklinski, l’affaire est d’autant plus urgente que Rita Chandler a disparu, probablement enlevée.
Ce roman d’Olivier Bocquet sidère dès ses premiers chapitres par son ton inclassable : l’auteur mêle avec délectation et un talent certain plusieurs genres qui coexistent avec bonheur. Le scabreux du cannibalisme côtoie des instants beaucoup plus légers, et c’est cette concomitance qui offre toute sa saveur à ce livre. L’histoire est solide, les pages défilent rapidement, et les éléments qui viennent s’immiscer dans l’histoire (les articles journalistiques, les extraits des réseaux sociaux, les transcriptions d’audition, etc.) apportent des parenthèses bienvenues. Les personnages des enquêteurs sont réussis, notamment Rachel Kuklinski qui est enceinte et a encore du mal à se remettre de l’agression qu’elle a vécue, ou encore William Toulouze très maladroit en société et vêtu de slips censés limiter ses possibilités de procréation. Karl Angus compose également un protagoniste singulier, conscient de sa déviance, souvent cruel et froid, mais dont le passé explique ce penchant anthropophagique tandis qu’un court chapitre explique à mots à peine couverts le mal dont il souffre. On se régale aussi de la traque menés par les policiers, les réactions de divers pans de la société face à ce fait divers qui prend très rapidement l’envergure d’un cas international : Olivier Bocquet analyse avec beaucoup de finesse autant que d’acide le comportement de ses contemporains, d’une manière presque jubilatoire.
Un ouvrage atypique, où les ténèbres de ce tabou voisinent avec quelques bulles d’un humour salvateur. Remercions sincèrement Olivier Bocquet de n’être jamais tombé dans le piège du gore ou de la grivoiserie. Son œuvre est celle d’un brillant équilibriste.15/12/2025 à 06:58 4
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Seule l'ombre
Eric Corbeyran, Paskal Millet, Rurik Sallé
7/10 Dix brèves histoires qui jouent sur les codes de l’épouvante : une autostoppeuse porteuse d’une malédiction, un homme devenu fou de rire après avoir vu un étrange personnage, un monstre vivant dans la montagne, un chantier en guise de traquenard, un chien à nourrir, un orgue au fonctionnement bien particulier, le cadre du métro parisien, une apparition nocturne, une dresseur de cirque sur qui on prend une revanche, la légende autour d’un monstre rôdant dans la forêt. De bonnes idées côtoient d’autres bien plus sages, tièdes ou convenues, ce qui est un peu le jeu avec les recueils. Néanmoins, l’ensemble, à défaut de réinventer le genre ou d’ne dynamiter les codes, est globalement réussi et joue la partition attendue des courtes histoires qui font peur.
14/12/2025 à 07:41
