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Soufre
7/10 Aurore Faguer, une créatrice de contenu spécialisée dans les légendes urbaines, handicapée et vivant avec son chien Pugsley. Kelly Hoffman, une gamine d’onze ans, vivant parmi les forains au sein de sa famille Hoffmann, cartomancienne. Le capitaine Antoine Aubert, policier et auteur sous pseudonyme de romans policiers, en charge avec ses collègues de l’affaire ayant trait à l’Homme-Allumettes, une créature destructrice capable de se matérialiser avec une triple invocation.
Au-delà de ces détails (je les donne tout de même, ça pourra servir au pathétique Franck 28 quand il se décidera à nous caguer un commentaire calamiteux sans avoir lu ce livre – sa spécialité), j’ai plutôt apprécié ce livre. L’écriture est prenante, le rythme également, les chapitres courts servent ce dynamisme et l’ensemble est intéressant. Néanmoins, j’ai été déçu par l’explication à propos de l’apparition dans le téléphérique (c’est à la fois banal et tiré par les cheveux) ainsi que par le final (je ne le trouve absolument pas crédible). Malgré ces écueils très subjectifs, le pitch était alléchant, son traitement a été globalement efficace, et les moments de tension, de violence et de sang ne manquent pas. Un thriller slasher réussi.hier à 07:53 3
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Hercule Poirot quitte la scène
9/10 « Il va bientôt se commettre un meurtre. Ici. » C’est ce qu’indique un Hercule Poirot finissant à son fidèle ami Hastings qu’il a invité à le rejoindre à Styles Court, là où tout a commencé pour le duo (cf. « La Mystérieuse affaire de Styles »). Si le célèbre détective ne sait pas encore de quoi il va exactement retourner, il croit savoir qui va être le meurtrier.
La dernière enquête d’Hercule Poirot, remarquable de maîtrise et de finesse psychologique, que je ne connaissais que via son adaptation télévisée. Une intrigue encore une fois au cordeau, un habile jeu de piste de la part d’Agatha Christie, un assassin manipulateur particulièrement retors et au modus operandi atypique, et une résolution très adroite. Au-delà de l’aspect policier pur, l’écrivaine a offert à l’un de ses personnages mythiques une sortie en beauté, à la hauteur de ce protagoniste, où la boucle se fait habilement là où il était apparu pour la première fois. Et que dire de la dimension humaine, presque tragique, de ce final, où l’émotion naît très naturellement de ce post-scriptum (une sorte de vingtième chapitre) avec la confession écrite de Poirot. Magistral, tant du point de vue du scénario, de la symbolique (cf. cette référence à la marque de Caïn qui scelle cet opus) et de l’émotion suscitée.avant hier à 07:58 2
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À qui la faute
7/10 … ou comment quatre amis (Armann, Helena, Daniel et Gunnlaugur), en viennent à devoir se cacher dans un refuge isolé en pleine tempête dans la partie orientale de l’Islande. Comme si l’ambiance n’était pas déjà pesante à cause du temps, voilà qu’une surprise les attend dans ce chalet, mais… à qui la faute ?
Je n’ai jamais lu d’ouvrages de Ragnar Jonasson (mais ce livre n’est visiblement pas typique de son œuvre), et globalement, j’ai bien aimé. Des chapitres courts qui donnent une lecture chorale de l’histoire, un style simple mais efficace, un rythme plutôt nerveux. Après, effectivement, il n’y a pas forcément des éléments extraordinaires et on s’attend un peu à une forme de machination dont les rouages sont dévoilés à la toute fin du livre. J’ai trouvé que les personnages tenaient la corde du point de vue psychologique, et le grand déballage des petites saloperies des uns et des autres est certes attendu mais ça a toujours son petit effet, et le final (« Pour le moment. ») est suffisamment ouvert pour se laisser imaginer ce qui va arriver par la suite. Bref, rien de renversant ni de mémorable, mais avec des ingrédients aussi connus, je trouve que l’écrivain s’en est vraiment bien sorti et a signé une recette classique mais réussie.20/07/2026 à 07:45 2
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Udaku
Brian Michael Bendis, Todd McFarlane, Angel Medina
9/10 Les policiers Sam et Twitch, coéquipiers, arrivent sur les lieux d’un véritable massacre. Souci : les cadavres ont tous leurs pouces alors que quatre pouces sont étalés sur un plat. Etrangeté supplémentaire : la légiste leur apprend que ces doigts appartiennent à la même personne. Dans un restaurant, un carnage similaire avec des oreilles tranchées. Et voilà notre duo à la chasse d’un assassin habillé « comme Dick Tracy » et qui est également décidé à répandre un terrible virus.
Une BD détonante : des personnages particulièrement croustillants, un graphisme hors pair, des planches à la structure volontairement déconstruite, une intrigue palpitante, des dialogues cinglants, des clins d’œil tordants (cf. l’apparition de Spawn), etc. Ça oscille brillamment et de façon complètement déjantée entre le roman noir, le thriller et le fantastique. Un petit bijou esthétique et scénaristique, avec une belle audace récompensée par un plaisir de lecture remarquable.19/07/2026 à 07:58 3
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Maria
6/10 Un dénommé Pierre Arnaud se rend de nous jours dans les Vosges pour rencontrer Maria, une octogénaire. Au cours de la guerre et de l’épuration qui l’a achevée de sinistre manière, la malheureuse a été enlevée par des maquisards, à la suite d’une dénonciation anonyme portant sur les prétendues activités de marché noir de son mari, avant d’être violée par ces valeureux héros. Mais qui est Pierre et qu’attend-il réellement d’une vieille dame qui passe son temps libre à la radio pour expliquer l’histoire ancienne de sa région ?
Un roman très court (environ 130 pages), très bien écrit par Pierre Pelot, et qui, une fois de plus, piétine l’imagerie nationale d’une Résistance, où se trouvaient de sordides personnages, des crapules finies et des revanchards sans foi (évidemment une infime minorité). Le récit est prenant, le lecteur s’interroge, et on se délecte de la langue de l’écrivain, savoureuse lorsqu’elle ranime les abjects spectres du passé autant que les paysages vosgiens. Néanmoins, malgré la concision de l’ouvrage, les pages consacrées à l’histoire et déclamées par Maria au micro, certes intéressantes, n’ont pas le moindre rapport avec l’intrigue et lassent assez vite, et l’épilogue est ambivalent : il y a certes un rebondissement intéressant quant à la dénonciation précitée mais l’identité réelle de Pierre ne surprend guère. On en finit donc avec ce roman sur un goût d’inachevé, de trop grande conformité avec ce à quoi on pouvait s’attendre. Dommage.17/07/2026 à 07:49 2
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Mamie Luger
6/10 … ou comment Berthe Gavignol, brave mamie de cent deux ans et pesant trente-huit kilos, se retrouve face à un policier, l’inspecteur Ventura, pour expliquer le merdier dans lequel elle s’est fourrée. Après avoir plombé le derrière de son voisin de plomb et pris la défense de deux jeunes gens en cavale, elle va subir une garde à vue qui fera émerger quelques secrets de sa personnalité autant que de son histoire, parfois très intimement.
Je découvre la plume de Benoît Philippon avec cet ouvrage qui a reçu de très bonnes notes sur Polars Pourpres et, une fois n’est pas coutume, mon avis tranche avec ceux de mes petits camarades. Si la mise en place est vraiment amusante – un personnage épicé, des dialogues sympathiques entre Audiard et San Antonio, un scénario alléchant et un sens indéniable de la mise en scène, mon intérêt s’est progressivement atténué. J’ai trouvé ce livre trop « en même temps », jouant la partition de l’humour parfois potache (réussi, certes) ainsi que celle de l’émotion, du grave, voire du tragique, et tout ça sur une même portée, cela m’a chagriné. Le choix de l’auteur est délibéré, évidemment, ainsi qu’assumé, mais j’ai eu beaucoup de mal avec ce mélange, voire cette alternance régulière des genres. Autre défaut à mes humbles yeux : l’écrivain a peint son œuvre sans beaucoup de nuances. Un chapelet de clichés : je ne dis pas que de tels types de protagonistes n’existent pas (les méchants racistes de service, les salopards qui battent leurs épouses, etc.), là n’est pas la question, mais les voir ainsi réunis autour d’un même personnage a nui selon moi à la crédibilité de l’ensemble, à croire que cette brave Berthe n’était qu’un aimant littéraire à ordures non moins littéraires, ces dernières si engluées dans les poncifs que ça en devenait gênant. Et que dire de l’existence de Berthe ? Sept fois assassine ? Quelques-uns, OK, admettons, ça demeure envisageable, mais là, c’est l’outrance, à la limite du risible. Là encore, cette accumulation de morts a fini par me lasser tout en érodant progressivement toute crédibilité, et j’ai fini par décrocher du récit tant il me semblait artificiel, forcé (et je ne parle même pas de certains de ses maris, si ridicules en eux-mêmes ou dont la fin l’est tout autant, comme le peintre ou le pharmacien). Bref, un sujet intéressant, parfois amusant, rarement poignant selon moi en raison des excès de Benoît Philippon, et dont le final, qui devait constituer l’apothéose, m’a laissé aussi froid que les pages précédentes. Je ne dis pas nécessairement que ça n’est pas bon, que mon vote correspond à quelque chose d’objectif, c’est juste que ce livre m’a profondément indifféré en raison de ses trop nombreuses couches de stéréotypes.16/07/2026 à 07:34 3
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Kilomètre zéro
Mathieu Masmondet, Zhang Xiaoyu
5/10 Fin de ce triptyque, avec un retour direct en cet univers postapocalyptique et cette jeune femme dévorée vivante par des rats. Le kilomètre zéro qui donne son nom à cette BD correspond à la cathédrale Notre-Dame – c’est une réalité – où nos deux survivants plongent. Malgré un événement final inattendu quant au sort de l’un des protagonistes et une belle esthétique, l’ensemble s’avère particulièrement convenu, sans la moindre étincelle de singularité, qui n’ajoute strictement rien de neuf à ce type de littérature ou de thématique. Frustrant, donc.
15/07/2026 à 07:31 1
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Kilomètre sang
Mathieu Masmondet, Zhang Xiaoyu
5/10 Je reprends cette série bien des années après avoir lu le premier tome, et je retrouve avec satisfaction cet univers postapocalyptique. Un deuxième tome qui commence par une belle baston et une libération, et Mo qui se remémore son passé. Mais factuellement, il n’y a vraiment rien de très neuf sous le soleil : combats à l’arme blanche, survie, confrontation avec des adversaires, ambiance de fin du monde. Souhaitant que l’arrivée finale à Paris, avec la Tour Eiffel en ligne de mire, apportera quelque chose d’original au-delà du caractère purement distractif de l’ensemble.
15/07/2026 à 07:29 1
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Go fast !
Ludovic Armoët, Eric Corbeyran, Luca Malisan
5/10 Les souvenirs d’un policier de la PJ, Ludovic Armoët, qui, déjà tout petit, n’avait en tête que son destin professionnel : « Je serai inspecteur de police », a-t-il assuré au curé. Bien des années plus tard, on le retrouve au sein de son équipe, et ça commence avec la déclaration du vol de son véhicule par Pierre Perret, véhicule qui va être découvert par hasard à Malaga.
Un premier tome qui sent effectivement le vécu et dissèque les procédures criminelles. Malheureusement, l’ensemble est très égocentré, s’attardant bien trop sur l’expérience professionnelle et la vie intime du narrateur, sans grand rythme (cf. la scène où le véhicule brûle après la brève course-poursuite : la vignette est littéralement déposée, sans la moindre transition), et le graphisme est trop aseptisé. A réserver aux amateurs de récits basés sur des faits réels ou de documentaires.13/07/2026 à 08:00 1
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Ladies with guns tome 3
7/10 Quatre de nos héroïnes sont dans un pénitencier où elles en font baver à leurs geôliers. Travaux collectifs, vexations variées, apprentissage du tir pour l’une d’entre elles, préparatifs d’une évasion : pas mal de poncifs du genre, c’est un peu dommage.
11/07/2026 à 07:39 1
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Un Clown dans un champ de maïs
8/10 Je m’attendais à un slasher très classique, jouant uniquement sur les codes du genre, et j’ai été agréablement surpris par la direction empruntée. Ça commence pourtant de façon attendue, avec un accident de plongeon, des ados qui ne pensent qu’à faire la fête, un village scindé entre ces jeunes et les défenseurs – plus âgés – d’un autre type de vie, et une adolescente, Quinn Maybrook et son médecin de père qui emménagent à Kettle Springs. Quand les premiers meurtres, perpétrés par un clown, arrivent, je m’imaginais une resucée des « Vendredi 13 » et autres avatars, mais la suite est vraiment différente : impossible de plus en dire, mais Adam Cesare propose un autre axe narratif qui, même s’il ne m’a pas pleinement convaincu, n’en reste pas moins original et appréciable. Sinon, ces clowns qui manient le pic à glace, le couteau, l’arbalète et la scie circulaire offrent leur shoot de tensions et de moments sanglants, et malgré quelques clichés certainement inhérents à ce genre de littérature, l’ouvrage dans son ensemble est agréable, visuel, hollywoodien (avec un peu trop d’action à partir de la moitié du roman). C’est également le jeu : l’épilogue annonce clairement la suite, puisque cette histoire de vengeance extrême n’est pas achevée, ce qui nous mène au livre suivant, à savoir « Frendo est vivant ! ». « Quand on voulait qu’une chose soit bien faite, il fallait s’en occuper soi-même » est-il écrit à la toute fin : en espérant que ce second tome de la série sera aussi réussi et que l’absence d’effet de surprise sera contrebalancée par un récit au moins aussi efficace.
08/07/2026 à 07:35 2
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Le premier vrai super-héros
7/10 Un superhéros autoproclamé qui se crashe d’entrée de jeu : ça donne le ton. Un beau graphisme pour cette BD qui explose gentiment le mythe des Marvel et autres comics : un (anti)héros qui s’en prend plein la tronche, mais ça n’est pas non plus « The Boys » - cf. le moment émouvant où le protagoniste évoque sa mère décédée d’une rupture d’anévrisme et non assassinée par la mafia. Cathartique et jubilatoire.
06/07/2026 à 07:17 1
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Le monde part en vrille
7/10 « Quelque chose bloque le réseau d’assainissement un peu plus haut. On est censés l’inspecter et le débloquer si possible. », indique Miguel, chargé de l’entretien des égouts de Paris. Lui et Rémy, un collègue, descendent dans les souterrains de la Capitale avant d’entendre des détonations puis de découvrir une ville en proie au chaos. Mais les raisons de ce bouleversement subit sont pour le moins incroyables…
Une nouvelle enlevée de la part de David Belo, tançant sauvagement l’absurdité de l’existence, les aberrations comportementales de nos contemporains, avec une ironie féroce. Tout y passe : l’addiction aux réseaux sociaux, le prix du Nutella (oui oui, comme je vous le dis), le sort des personnes âgées, le climatoscepticisme, etc. L’effet catalogue est un peu surjoué et artificiel mais les dénonciations n’en demeurent pas moins légitimes et le final, hors de la boucle temporelle invoquée, vient restaurer de l’ordre dans ce précédent chaos, offrant une agréable relecture des pages antérieures. Probablement pas inoubliable, déjà vu ou lu ailleurs du point de vue du procédé, mais ça reste un écrit très plaisant.04/07/2026 à 22:06 1
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Les Jumeaux célestes
Thilde Barboni, Emmanuel Murzeau
6/10 La mystérieuse Eva a elle aussi de curieux filaments qui se mettent à pousser à la base de son dos tandis que les médias retransmettent l’apparition d’un personnage ailé ressemblant à Icare. On obtient dans ce dernier tome pas mal des réponses attendues, dommage que la fin soit plutôt abrupte et le propos déjà lu ou vu bien des fois ailleurs. Mais l’ensemble n’en demeure pas moins plutôt satisfaisant à défaut d’être atypique ou palpitant.
28/06/2026 à 07:51
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Les Agents
9/10 Dans un futur proche. Tour 35S, étage 122, secteur Y1, box 314. Des individus scrutent à presque longueur de journée des chiffres en cascade sur leur moniteur : ce sont des agents. Disciplinés, aseptisés, entièrement dévoués à la cause de leur entreprise, à mi-chemin entre des machines de travail et l’idée qu’ils se font de la race humaine. Ils vivent dans un univers où la verticalité des buildings où ils besognent rend la perspective de finir à la rue encore plus effrayante que la mort, et quand quelques-uns d’entre eux se jettent du haut du gratte-ciel, ils vivent ces suicides comme des mesures d’ajustement en plus de les convier à rester dans la droite ligne fixée par la maison mère. Finalement, il suffirait de peu de choses pour que tout implose…
J’avais déjà adoré « Suréquipée », mais à la lecture de cet ouvrage méconnu et brillantissime, je sens que je vais continuer à me faire la bibliographie de Grégoire Courtois. Une écriture remarquable, travaillée, soignée dans les moindres détails. Une vision terrifiante du monde du travail, exacerbée par des peurs moyenâgeuses, une souffrance inouïe dans ces box où sont parqués ces animaux de labeur mais une souffrance qui jamais ne dit son nom ni ne se manifeste dans la conscience de ses proies, et des personnages surpuissants (un qui s’est amputé les orteils, l’autre effarouché par toute pilosité, encore une autre qui s’automutile, etc.). De véritables trouvailles scénaristiques (la fusion possible des box pour que chaque guilde puisse gagner du terrain et donc de l’influence, l’éventualité de souscrire des prêts avantageux dès lors que la masse des agents s’accroît, ces nourritures fictives uniquement consommées selon la pratique réinventée de l’inédie, etc.). Grégoire Courtois livre un pur brûlot, une condamnation de l’absurdité du monde du travail, une satire à la fois épouvantable, instructive et extraordinaire de cette pénitence, qui passe par le biais d’une dystopie que n’auraient pas renié des auteurs de renom comme Philip K. Dick ou Serge Brussolo. Un final dantesque, explosif et meurtrier, où, après le dévoilement d’une machination, l’esclave réalise l’étendue de son malheur avant de revenir de son plein gré à sa servitude. Un véritable coup de cœur !25/06/2026 à 17:35 1
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Tenue décontractée exigée
7/10 La première mission pour John Lago, notre stagiaire accessoirement tueur à gage : dézinguer le réalisateur de cinéma Izzy Katz qui, au gré d’une belle manigance, a réussi à mettre dans ses poches trois cent cinquante millions de dollars.
Une nouvelle réussie, où l’humour coule à la fois dans les descriptions des personnages, les dialogues et les situations, et où notre héros nous narre, à la première personne – prenant parfois le lecteur à témoin – ce qui a été son contrat originel à l’âge de vingt-cinq ans. Un texte où le désopilant côtoie le sérieux, et la scène finale de la fusillade vient clore ce récit très agréable de manière pyrotechnique. Idéal pour se délasser et, qui sait, poursuivre avec l’autre ouvrage de l’auteur publié en France, « Guide de survie en milieu hostile ».23/06/2026 à 19:06
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Scarlett et Novak
8/10 Novak fuit. A ses trousses, deux hommes : Boris Bershow et Davor Suker. Il le sait parce que son « brightphone », une sorte de smartphone particulièrement technologique et puissant, vient de le lui signaler. Mais cette société uchronique à l’identité des uns et des autres est définie par des critères informatiques drastiques, le jeune Novak risque bien pire qu’une rouste ou un vol : s’il perd son portable, il sera déconnecté de la société.
Une lecture expresse, évidemment liée à la brièveté de l’ouvrage, ce qui n’empêche nullement le sacré plaisir que j’ai eu à le lire. Découvrant par la même occasion la plume de l’auteur Alain Damasio (bien plus rude et sombre que ne le laisse augurer l’estampille « auteur pour la jeunesse »), j’ai découvert ce « brightphone », puissant calculateur, animé par l’intelligence artificielle dénommé Scarlett, ainsi que cette société où tout individu situé de l’autre côté de la fracture numérique est moins un paria qu’un individu risquant tout bonnement de ne plus exister – littéralement. L’histoire est concise, les enchaînements véloces et, même si j’aurais préféré davantage de pages voire de chapitres tant le pitch et le traitement de l’histoire étaient savoureux, j’ai dévoré ce thriller pour la jeunesse jusqu’au final qui est habilement et légitimement agrémenté d’une morale qui n’en dit pas le nom sur la réelle valeur des choses. Le dossier pédagogique qui accompagne cet opus, écrit par Fabien Clavel, mérite également le détour.22/06/2026 à 19:27 1
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Une épouse digne de confiance
6/10 Parce qu’elle doit financer ses études à l’université, la jeune Emily Juts accepte un poste d’aide à domicile chez les Sterling où la femme et mère de famille, Alicia, doit régulièrement prendre des médicaments. Rapidement, Emily se rend compte que ce manoir californien, bardé de nouvelles technologies, est saturé d’une étrange ambiance…
Ce premier roman de la série est plutôt agréable et réussi. Un postulat intéressant, une écriture très correcte, des personnages peu nombreux mais plutôt bien croqués, pour une intrigue plaisante. Je regrette quelques défauts (le fait qu’Emily n’ait finalement pas grand-chose à faire de ses journées, ce qui nuit à la crédibilité du récit, ou encore une résolution dont on peut se douter), mais l’ensemble est cohérent et assez prenant.21/06/2026 à 18:00
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Mort au couvent
4/10 Contrairement à Surcouf, je n’ai pas vraiment accroché à ce roman à énigme. Le cadre est original, et avoir pris un couvent mexicain de hiéronymites comme décor est loin d’être inintéressant. Après, j’ai rapidement déchanté. L’écriture est passable mais elle assure le minimum attendu et les personnages sont plutôt bien caractérisés. Mais le fait d’avoir autant appuyé le clin d’œil au « Nom de la rose » (le huis clos religieux, les meurtres suspects, jusqu’à l’intervention de l’Inquisition avec ce détestable Nicanor Romero qui n’est jamais qu’un avatar de Bernardo Gui) méritait un traitement louable, audacieux ou au contraire parodique, ce qui n’a jamais été le cas ici selon moi. Il faut attendre un tiers du livre pour que ça se déclenche avec le meurtre de sœur Felipa, l’ensemble donne l’impression d’être une pièce de théâtre au décor mal exploité (la carte au début de l’ouvrage ne sert à aucun moment), l’intrigue patine et se conclut de façon très tiède et insipide pour un mobile qui n’a rien d’original ni de mémorable. En plus, les nombreuses digressions culinaires de l’auteur ont fini par me lasser et conduire Oscar de Muriel à écrire des passages invraisemblables (« Maintenant qu’elle était propre, la plaie lui rappelait les tranches de bœuf fraîches qui pendaient dans les cuisines de San Hipolito »). Si l’on ajoute à ça un final abrupt, voilà un livre que j’ai trouvé très décevant, jouant sur des ressorts salement rouillés et prétextant un hommage à l’œuvre d’Umberto Eco pour se mettre en avant sans pour autant proposer de quoi s’élever à la hauteur de la cheville de l’opus précité.
19/06/2026 à 18:52
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Billy Summers
7/10 … ou comment le tueur à gages, après dix-sept contrats remplis, décide d’en exécuter un dernier. A priori, un travail facile : il s’agit d’endosser l’identité d’un prétendu auteur qui s’isole dans un immeuble et qui fera feu, lui qui a été un sniper d’exception en Irak, sur un témoin gênant. Pourtant, des obstacles vont se mettre en travers de sa route : une trahison, un passé qui lui remonte à la gorge quand il se prend au jeu de l’écriture autobiographique, et la rencontre avec la jeune Alice Reagan Maxwell.
Un schéma assez classique qui se déroule au gré d’un sacré pavé (un peu plus de sept-cents pages dans sa version poche), et qui illustre surtout à mes yeux la plume si protéiforme et talentueuse de Stephen King. Des passages sont certes un peu longuets et l’ensemble aurait pu mériter la coupe de bien des dizaines de pages, mais l’auteur a su insuffler une dimension particulièrement humaine à ses protagonistes. De nombreux passages me resteront longtemps en tête (le coup salvateur de la chaussure rose d’enfant, ce personnage dégueulasse qu’est Klerke, ou le final). Bref, peut-être pas l’ouvrage clé dans la bibliographie de ce génial écrivain, mais une relecture habile et pleine de tact qui démontre, s’il en était encore besoin, que Stephen King a de l’imagination à revendre et que son style à lui seul peut revitaliser un récit qui aurait pu tourner à la pénible redite de tant d’autres romans.16/06/2026 à 19:07 2
