El Marco Modérateur

3158 votes

  • Mission capitale #Londres

    BeKa

    8/10 Naïs et Jules, frères et jeunes adolescents, accompagnent leur mère à Londres car elle doit participer à une conférence. Dans un pub, un inconnu leur confie une clef USB tandis qu’il est pris en chasse par deux inconnus sacrément patibulaires. Que peut bien contenir ce support de stockage ?

    Ce roman destiné à la jeunesse, signé par BeKa, plonge aussitôt le lecteur dans l’action. On y retrouve Ghost, hacker dans la fine fleur de l’âge et programmateur informatique de génie, en train d’essayer de mettre un terme à un sombre complot ourdi par son employeur, la société PsyAnalytics. Poursuivi par des mercenaires engagés par son patron, il emmène avec lui cette fameuse clef USB et trouvera en Naïs et Jules des compagnons bien utiles. Le rythme est cadencé, il n’y a pas le moindre temps mort, et c’est avec entrain que BeKa happe notre attention pour ne plus jamais la relâcher. Au cours de ce périple, on en apprend pas mal sur la capitale anglaise – au point que l’ouvrage prend parfois des allures de guide touristique sommaire – autant que sur les bots, ces logiciels si présents sur Internet et capables de susciter l’intérêt des foules pour tel ou tel sujet, et carrément engendrer l’adhésion à des thèses mortifères. L’ensemble se lit avec grand plaisir et, même si certains passages sont attendus voire téléphonés, nul ne pourra dénier l’aspect hautement distractif de ce livre qui se conclut sur un habile rebondissement, hautement optimiste avec force free hugs.

    Un roman taillé pour procurer un épatant moment d’une lecture franchement divertissante.

    aujourd'hui à 07:37 2

  • Lettres à Satan

    Tome, Luc Warnant

    7/10 Un opus toujours aussi amusant (cf. la scène de la vieille dame dans l’ascenseur : « Si c’est pour un viol, dépêchez-vous ! Il ne vous reste que douze étages ! »). Quand un de ses voisins, Thomas Williams, écrivain, lui propose d’écrire à sa place, ça peut sembler être une offre intéressante. Mais quand le voisin O’Flannaghan meurt électrocuté dans sa baignoire, Soda se doute que quelque chose cloche.
    Sous des apparences sacrément cocasses, voilà une BD avec un scénario plus solide et subtil que prévu. Un ton distrayant qui ne fait donc néanmoins pas l’économie d’une véritable histoire. Très agréable, au final.

    hier à 08:02 1

  • Signal 100 tome 1

    Shigure Kondo, Arata Miyatsuki

    7/10 M. Shimobe est un malheureux professeur qui se fait méchamment bordéliser par ses élèves au point qu’on le surnomme « larbin ». Il propose alors 10000 yens (environ 85 euros) à chacun de ses apprenants qui viendra au prochain cours qui aura lieu dans la salle d’audiovisuel… et le film que regardent les ados va les hypnotiser. Il leur a inculqué « 100 signaux déclencheurs de suicide » et mourront donc de leur propre ait s’ils outrepassent un de ces commandements, puis l’enseignant se défenestre, les laissant seuls avec leur malédiction.
    Un premier opus au pitch original et attrayant, rejouant le classique petit jeu de massacre, servi par un graphisme fort et d’habiles moments de délation et de tentatives de contournement de l’anathème. Je pense que je vais me pencher sur la suite de la série.

    hier à 08:00 1

  • Pumpkin Night tome 3

    Masaya Hokazono, Taniguchi Seima

    7/10 Dès les premières planches, le ton est de nouveau donné : ça sera du lourd. Violence trash, gore, méchamment féroce, selon la tradition des slashers les plus extrêmes. Naoko Kirino prend même la peine de mettre au point une exécution assez « raffinée » et poste même cette torture sur YouTube, obligeant ainsi une des deux suppliciées à avouer le méfait qui a causé sa défiguration. A déconseiller aux âmes sensibles, donc, mais en même temps, ça en devient presque cathartique et parodique. Néanmoins, la dernière partie de ce manga recèle quelques surprises, et que dire de ce maire qui ressemble tant à Donald Trump ! Des rebondissements bien trouvés, inattendus avec ce type de bandes dessinées.

    hier à 07:58 1

  • Dutch Connection

    Philippe Francq, Jean Van Hamme

    7/10 850 kilos de drogue qui ont disparu, pour entamer ce sixième tome (les éléments précédents sont brièvement rappelés, et ça n’est pas plus mal). Quelques beaux passages d’action (un tueur au bout d’un filin, un autre muni d’une machette, ou encore ce détournement d’avion), pour une BD très cohérente avec le reste de la série : ça a vraiment bien vieilli malgré quelques bavardages ou dialogues trop longuets.

    avant hier à 08:19 1

  • La Chute du soleil de fer

    Djet, Maxe L'Hermenier

    6/10 Après une catastrophe, il n’existe plus que les enfants, eux-mêmes séparés sur deux territoires : le tipi et le château. Issu du premier groupe pour espionner le second, Zyzo sauve la vie d’Alixe en lui évitant d’être écrasée par une lourde statue. Une maladie émergeante pourrait rebattre les cartes et accroître les tensions entre ces deux clans. Beaucoup d’humour, d’espoir, et où l’amour finit toujours par triompher (cf. la dernière planche). Pas nécessairement mon type de BD préférées, mais là, ça me change de ce que je lis en ce moment, et c’est plutôt sympa.

    02/03/2024 à 08:21 1

  • Les Combattantes de l'ombre

    Franck Dumanche, Nicolas Otéro

    6/10 Printemps 1941 : Jacques, huit ans, est confié à la famille Papillon, et ça n’est pas le dernier des enfants à rejoindre le village ou la classe de nos héros. Pendant ce temps, André Papillon est encore prisonnier des nazis et durement interrogé pour qu’il parle.
    Un honnête hommage aux Justes et aux résistants de la Seconde Guerre mondiale à travers les yeux et surtout les actes héroïques de nos jeunes protagonistes. L’histoire est simple, le propos parfois simpliste, mais puisqu’il s’adresse à un jeune lectorat, je peux comprendre cette vulgarisation. On entraperçoit Louis-Ferdinand Céline et Winston Churchill au cours de ce quatrième tome de la série.

    01/03/2024 à 07:47 1

  • Quand faut y aller...

    Garth Ennis, Darick Robertson

    7/10 Une G-Men qui meurt dans la rue, et on retrouve autant notre troupe de protagonistes bien barrés que l’ambiance loufoque des précédents tomes. Des scènes inspirées des orgies romaines au passage dans la cabine de douche, ça reprend fidèlement l’univers des superhéros avant de lui administrer une furieuse fessée de loufoquerie et de dézingage. Du bonheur, je vous dis.

    29/02/2024 à 09:46 1

  • La Promesse

    Nick Dragotta, Jonathan Hickman

    6/10 Au cours de cette uchronie, la guerre de Sécession telle que nous la connaissons ne s’est pas du tout achevée comme nous pensions le savoir. Bien plus tard, un homme blême débarque dans un bar avec des Amérindiens tout aussi blafards avant d’en sortir après avoir massacré les soldats qui s’y trouvaient. Un mélange explosif de SF, de western et de steampunk et de relecture religieuse (trois des quatre Cavaliers de l’Apocalypse y apparaissent sous la forme d’enfants particulièrement vicelards). Je ne suis pas particulièrement fan des mélanges des genres, et ce premier tome (assez long, près de 150 planches) m’a un peu désarçonné, j’ai parfois trouvé l’ensemble un peu confus, ou volontairement trop alambiqué. Néanmoins, l’esthétique soignée plaide en sa faveur autant que l’originalité du propos, j’essaierai peut-être de suivre cette série.

    29/02/2024 à 09:45 1

  • Adieu Aaricia

    Robin Recht

    8/10 Thorgal et sa femme Aaricia ont bien vieilli (Thorgal dit plus loin avoir « plus de soixante-dix ans), et c’est d’ailleurs aux obsèques dans un navire que notre héros conduit sa femme. Mais au moment où le bateau s’enflamme, Nidhogg, le serpent maléfique, réapparaît et fait une surprenante proposition à Thorgal.
    Un tome réjouissant, permettant aux fans une sorte de retour aux sources, avec une esthétique effectivement très proche de celle de Grzegorz Rosinski. Une BD qui régénère le mythe originel, avec ce qu’il faut d’action, de suspense et d’émotion, courant sur plus d’une centaine de planches et dont les derniers mots (« Bonne chance, Thorgal ») laissent espérer d’autres tomes pour cette saga.

    27/02/2024 à 22:24 1

  • Colonel Amos

    Alcante, François Boucq

    8/10 La voiture d’un procureur général explose, tuant son conducteur. Sur les traces du tueur, le colonel Amos qui a perdu son bras gauche lors d’une tentative d’exfiltration de l’un de ses hommes durant la première guerre israélo-arabe de 1948.
    Un scénario dense et prenant, et de sacrés rebondissements vers la fin, offrant une relecture surprenante et palpitante des premiers événements de cette BD. Une réussite.

    27/02/2024 à 22:23 1

  • Genesis tome 4

    Kouji Mori

    5/10 Taiga parvient à lutter contre son adversaire en prenant en compte son maigre apprentissage des arts martiaux. Toutes les expériences de nos héros, du combat à la chasse en passant par le fait de boire du sang animal ou la pratique de la guerre, sonnent faux : ils font comme si c’en était presque naturel pour eux, comme s’ils l’avaient toujours fait. Une immersion dans la préhistoire dont la crédibilité se fendille et se désagrège. Dommage.

    26/02/2024 à 08:00 1

  • Chez le voyant

    Maurice Renard

    3/10 Le commissaire Jérôme se souvient du temps où il était jeune inspecteur et qu’il avait dû, à l’époque, « tester » le professeur Mabelius, voyant de son état.
    Une nouvelle gentillette mais dont le final, maigrelet, m’a profondément déçu : le sujet était pourtant alléchant et intéressant, mais son traitement et la chute – qui n’en est pas vraiment une – me semblent être d’authentiques ratages.

    24/02/2024 à 08:04 1

  • Wizard of the battlefield tome 1

    Daisuke Hiyama

    5/10 Un premier opus qui ne m’a pas vraiment transporté. Certes, c’est indéniable, il y a suffisamment de personnages, d’action et de mystères pour éventuellement me décider à entamer la suite de cette série. Néanmoins, à mes yeux, quelques défauts majeurs. Le premier est que le côté fantastique est mal relevé : OK, la gamine « devine » les vies humaines mais très peu d’éléments mettent en valeur cet aspect, au point que l’on pourrait tout simplement la prendre pour un excellent sniper. Ensuite, du point de vue graphique, ça oscille trop entre le côté sympathique du manga classique (grosses bouches, humour parfois potache, etc.) avec un côté dur inhérent au sujet, ce qui fait que j’ai eu en permanence du mal à adhérer au récit. Enfin, il y manque un je ne sais quoi d’explication quant au contexte (une guerre ? pourquoi ? pour quelles raisons ? entre quels belligérants ?), ce qui fait que, d’entrée de jeu, je n’ai pas pu être embarqué par l’histoire. Au final, je suis donc dubitatif, et peut-être que les ouvrages suivants viendront corriger ce scepticisme.

    22/02/2024 à 19:10 1

  • Les Moutons

    Sophian Cholet, Olivier Peru

    8/10 Un ton étonnant pour ce quatrième et dernier opus, beaucoup moins axé sur la violence et l’action (d’aucuns diraient que c’est plus assagi voire bavard), avec notamment un prêcheur qui a troqué son Dieu contre une sorte de vénération des morts-vivants, et, chose presque inédite, un final que je n’avais absolument pas vu venir et qui change des poncifs du genre. Une conclusion intelligente et habile pour cette série certes de prime abord déjà vue ou lue des centaines de fois mais qui recèle de beaux atouts graphiques ainsi qu’un dynamisme indéniable.

    22/02/2024 à 19:09 1

  • Après

    Stephen King

    4/10 … ou comment le très jeune Jamie Conklin, accompagné de sa mère célibataire, va se découvrir un don inattendu (celui de pouvoir s’entretenir avec les morts), avant que ce talent n’en vienne à intéresser Liz, policière et compagne de la maman du garçonnet, afin de sauver des vies : converser avec le poseur de bombes surnommé « Thumper » qui s’est suicidé après avoir laissé un message comme quoi sa dernière œuvre de destruction allait surpasser les précédentes.
    Stephen King, même si je n’en lis pas autant que je ne le souhaiterais, j’adore : son style, sa finesse, son inventivité, sa fécondité, et cet opus m’a rapidement fait de l’œil. OK, le pitch est clairement inspiré du « Sixième sens » (son personnage l’avoue dès le début du deuxième chapitre). Mais là, personnellement, ç’a été une véritable douche froide et une déception monumentale. Je salue la brièveté du livre et les touches intéressantes de Jamie quand il parle de lui, de sa mère, de sa vision du monde (le fait que ça soit écrit à la première personne aide certainement à souligner son point de vue), mais le reste est très frustrant (pas bien compliqué de mettre le doigt dessus quand on analyse le contenu) : un Kenneth Therriault – le poseur de bombes – qui n’est abordé qu’à partir du vingt-et-unième chapitre après d’interminables passages sur la mère de Jamie qui se préoccupe de l’un de ses poulains écrivains, un choc entre les deux qui est très vite évacué et Thumper qui ne réapparaît qu’au gré d’effets un peu faciles, des moments singulièrement mous là où on aurait pu espérer de la tension, de la noirceur, une confrontation à la hauteur de l’œuvre du génialissime écrivain, et le retour de Liz dans un rôle inattendu qui m’a laissé complètement froid, comme si ça n’était que du pur remplissage. Quant à la chute finale, elle est certes surprenante (mais pas vraiment originale en soi) et elle est sacrément éloignée du cœur de l’intrigue. Bref, globalement, c’est très mollasson et guère percutant. Selon moi, à oublier au plus vite pour se recentrer sur la bibliographie phénoménale de Stephen King et autrement plus vertigineuse que ce pétard mouillé.

    21/02/2024 à 16:30 3

  • Je vais pas te mentir, soldat...

    Garth Ennis, Darick Robertson

    7/10 Des flashbacks vers la Seconde Guerre mondiale et celle du Vietnam pour dynamiser l’amorce de ce cinquième tome. Ça reste graphiquement très réussi et atypique, et l’ensemble demeure follement iconoclaste. Il y a également des passages savoureux avec des mises en abyme de l’univers de la BD, et les scènes dans l’avion sont très cocasses. Bref, ça reste dans le follement divertissant.

    20/02/2024 à 19:31 2

  • Le Code Enigma

    Jean-François Charles, Maryse Charles

    5/10 Si la narration de l’histoire d’amour entre Erwan et Opale se poursuit, d’autres récits issus de la Seconde Guerre mondiale se mêlent à cette romance (Julien et Laure, par exemple) et ont eu tendance à me déboussoler, au point que je me suis demandé si le scénariste n’était tout bonnement pas en train de s’éparpiller, de multiplier les fils qui jamais ne se croisent. Ce n’est pas inintéressant du tout mais ça manque cruellement à mon avis d’une ligne claire et franche.

    19/02/2024 à 18:48 2

  • La Terre entre les deux caps

    Jean-François Charles, Maryse Charles

    6/10 Erwan, ancien soldat allemand, revient avec sa nièce Marian sur les lieux où, durant l’Occupation, il a aimé une Française. Une histoire par moment poignante, graphiquement réussie, mais qui ne m’a globalement pas plus ému que ça : peut-être est-ce lié au fait que l’ensemble paraît un peu convenu.

    19/02/2024 à 18:47 3

  • La Martingale du mage

    Pierre Pevel, Etienne Willem

    7/10 Juin 1909 : la baronne s’illustre déjà dans un train fendant la campagne polonaise. Paris : Louis Denizart Hippolyte Griffont accepte une mission particulière, à savoir démasquer un individu qui ne joue que les samedis soir et que l’on soupçonne de tricherie.
    Une BD très colorée et vitaminée dans un univers à la fois féérique, steampunk : tout ça est ma foi très divertissant, sans le moindre temps mort. Un final explosif vient parachever cette très chouette lecture, je serai au rendez-vous du tome suivant.

    18/02/2024 à 18:46 2