3792 votes
-
Tapas ou ça casse !!!
Christophe Arleston, Serge Carrère, Loïc Nicoloff
6/10 Deux histoires dans ce 18e tome : « Rayon meurtre » et ‘L’évêché était fermé de l’intérieur ». Un homme essaie d’abattre une star de la télé lors d’une séance de dédicace avant de s’envoler en deltaplane : une vengeance et un chantage venus d’Afrique sont à l’œuvre. Dans la seconde histoire, des malfrats réalisent une prise d’otages au dernier étage d’un commissariat marseillais. Si le premier récit est intéressant, le second l’est à mes yeux beaucoup moins, mais on retrouve avec plaisir l’humour bienvenu, les courses-poursuites insolites et le ton débridé qui sied si bien à la série. Globalement plaisant malgré tout.
avant hier à 07:52
-
Une fois qu'il a vu
7/10 Alors qu’elle traquait un tueur en série – « L’Artiste », – l’agent spécial du FBI Claire King a été victime d’une explosion qu’il l’a envoyée dans le coma, son cerveau privé d’oxygène pendant dix-sept minutes. Elle a vécu une sorte d’expérience de mort imminente et est revenue parmi les vivants avec des hallucinations terribles qui pourraient bien lui être utiles dans le cadre de ses enquêtes. Là, un tueur en série laisse dans son sillage des cadavres de femmes sur lesquelles on retrouve à chaque fois un bandeau de fourrure sur les yeux.
Un roman qui exploite assez bien le thème de l’EMI, des visions paranormales et de la médiumnité, avec une héroïne qui correspond au cahier des charges des ouvrages de Molly Black, Blake Pierce, Ava Strong et consorts. Le rythme est intéressant, les fausses pistes assez habiles (notamment avec ce magicien/prestidigitateur), et au-delà du côté formel plutôt réjouissant, c’est le mobile autant que la personnalité du tueur en série qui surprend par sa qualité : c’est un individu qui terrifie autant qu’il émeut, et sa rencontre finale avec Claire King est d’ailleurs réussie puisqu’elle nous épargne le cliché du monstre sanguinaire et définitivement psychopathe. La carte postale reçue à la toute fin du livre est certes attendue, mais l’ensemble est efficace, distractif, et plutôt au-dessus de la mêlée des différents auteurs précités.04/02/2026 à 19:19 1
-
10 heures pour une vie
8/10 Alex invite trois de ses amis – Inès, Sami et Léa – dans le manoir de son oncle qui a transformé l’édifice en escape game. Alors qu’une puissante tempête de neige s’amorce, voilà que Léa disparaît. La situation est d’autant plus alarmante que l’adolescente, diabétique, a besoin de sa piqûre journalière.
Nathalie Somers signe ici un ouvrage très réussi. Sur le thème classique du huis clos et de la disparition inquiétante, elle brode une ambiance lourde de mystère, de menace et d’urgence. Les personnages sont bien campés, le récit trépidant, les dialogues claquent et la résolution s’avère convaincante. Le livre a en outre le bon goût d’être concis et ce format lapidaire se conjugue avec bonheur à ce tempo nerveux – à moins que ça ne soit l’inverse. Les épreuves que vont rencontrer et affronter les protagonistes sont efficaces, depuis les vents impétueux qui soufflent hors de cette effrayante citadelle à la retenue d’eau gelée.
Un roman très bien imaginé et mené, où l’écrivaine s’illustre par la simplicité d’une intrigue et la totale absence de temps morts.02/02/2026 à 06:39 2
-
Sur ses talons
7/10 Kari Blackhorse revient sur ses terres natales, dans une réserve indienne de l’Arizona, pour y officier en tant qu’inspectrice. Son père était au FBI et sa mère a été assassinée dans des conditions qui n’ont toujours pas été éclaircies. C’est d’abord un professeur en minéralogie qui est retrouvé tué selon un rituel indien mais qui a, semble-t-il, été mal interprété et exécuté. Kari va alors devoir fait la part entre son identité indienne et son savoir-faire d’enquêtrice pour mettre fin aux agissements d’un tueur qui ne fait que débuter sa croisade meurtrière.
Un roman intéressant de la part de Blake Pierce (ou de l’un des écrivains de l’ombre regroupés sous ce pseudonyme), avec une écriture efficace, un cahier des charges certes attendu mais convenablement rempli, un suspense prenant et l’absence de temps morts. Cet ouvrage se distingue notamment du reste des autres livres de l’auteur par un style un peu supérieur, un sens de l’action (cf. la confrontation finale) et une belle cohérence de l’ensemble. Certes, le coup du sachet de médecine dans l’épilogue pourra faire sourire parce que poussant un peu loin le curseur de la mythologie indienne, mais cet écueil mis à part, c’est globalement très positif.01/02/2026 à 07:42 1
-
Le Silence des nonnes
8/10 La commissaire Priya Dharmesh est en train de poursuivre ce parcours du combattant administratif pour adopter Lison Ober quand elle reçoit un coup de fil étrange : douze nonnes se sont enfermées dans leur carmel. Sur place, la découverte est vertigineuse : les sœurs se sont entredévorées. La piste d’un produit toxique susceptible de conduire des individus à la folie anthropophage surprend, mais le doute n’est plus permis lorsqu’un autre carnage du même genre se déroule dans une boîte libertine.
Après La Fille du boucher, Marie Capron est revenue en 2024 avec cet ouvrage qui met à nouveau en scène l’enquêtrice Priya Dharmesh. C’est « une petite bonne femme d’un mètre soixante, d’origine réunionnaise », qui a cinquante-quatre ans, un sacré caractère et qui souhaite adopter l’adolescente qu’on avait découverte dans le précédent tome de la série. On retrouve dans cette histoire ce ton si particulier, où les saillies d’un humour à froid côtoient les moments assez glauques, où les réflexions sévères quant à notre société jouxtent des moments d’une belle et généreuse humanité. L’intrigue est très prenante, avec cette drogue concoctée par les petits-enfants d’un chimiste acoquiné à la French Connection et qui va intéresser des agents prêts à semer une profonde discorde dans le pays. Les chapitres sont nerveux, font alterner les points de vue des divers protagonistes, et il n’y a aucun temps mort à déplorer. Marie Capron nous gratifie de moments forts, comme la découvertes des nonnes ou encore cet épilogue, ouvertement inspiré par l’épisode d’Ulysse et de ses camarades tentant de résister aux appels des sirènes. La tension et la paranoïa des habitants du pays sont habilement rendues et cet ouvrage s’achève sur une note poignante.
Un roman aussi réussi et audacieux que le précédent, ce qui n’est pas peu dire.30/01/2026 à 06:37 3
-
Corde et cicatrice
7/10 L’analyste financier Peter Baldwin a été retrouvé, pendu par les pieds, égorgé et le pénis dans la bouche. Une inconnue a été découverte à ses côtés, gravement blessée. Les deux policiers Wu Ping et Matt Murphy, avec leur collègue Stanley Zhong, tous les trois regroupés dans une cellule d’enquête très particulière baptisée « MP3 », vont commencer à remonter le fil d’une cabale politico-financière de grande ampleur.
Ce premier tome de la série Opium séduit très rapidement. Le style de Eric Zosso est fluide, souvent enjoué, et le rythme ne manque pas. On y découvre deux protagonistes – Stanley Zhong n’apparaissant qu’assez peu – que l’on aura plaisir à retrouver par la suite : Ping, fin gastronome, adepte du thé comme des proverbes, et drogué aux paris de mah-jong, et Matt, richissime, amateur d’alcool et de call-girls, qui va faire de surprenantes trouvailles quant à sa famille. L’histoire est bien troussée et originale, nous faisant naviguer des sphères politiques au milieu de la finance en passant par de sombres pratiques boursières – les spéculations à la baisse sont intelligemment explicitées – et des corruptions à grande échelle. Eric Zosso pose efficacement les fondements d’une série qui réjouit et que l’on a hâte de suivre même si quelques écueils, dans le fond (des clichés quant à certains personnages) comme dans la forme (des répétitions inutiles, des points d’exclamation surnuméraires ou encore quelques dialogues qui sonnent faux), viennent légèrement ternir le tableau.
Un roman à suspense d’une belle tenue, singulier et exotique, qui a en outre le mérite d’être concis et équilibré.29/01/2026 à 06:56
-
La Guerre aux deux visages
Christian Chavassieux, Cédric Fernandez
5/10 Une BD documentée et un dessin très agréable, coloré et avenant, mais certains éléments m’ont fait tiquer : l’ensemble est à mon sens trop épuré et ne montre pas assez la sauvagerie des uns ni la cruauté des autres, les dialogues et commentaires sont trop travaillés pour sembler spontanés et donc crédibles, et je n’ai strictement rien ressenti par rapport à Cortés – son caractère, sa foi, les missions qu’il s’est fixées, etc. – au point d’avoir eu le sentiment qu’il était ici un peu désincarné, sans chair, sans densité. Bref, c’est certainement subjectif, mais personnellement, c’est une déception.
28/01/2026 à 19:50
-
Oeil pour oeil
9/10 En Angleterre, des personnes ayant purgé leur peine peuvent désormais vivre sous une nouvelle identité garantie par les institutions. Malheureusement, ce secret ne semble pas aussi solide que ça quand des individus s’en prennent à l’un d’entre eux qui préfère se suicider en se jetant du haut d’un pont plutôt que de subir une justice expéditive. Emily essaie de renouer avec la normalité auprès de son adolescent de fils, Sam, tandis que Jack peine à se réinsérer dans la société. Seront-ils les prochaines cibles des délations et des représailles ?
On connaît principalement l’auteur M. J. Arlidge pour sa série consacrée à Helen Grace, mais il nous régale également avec cet ouvrage indépendant. On retrouve avec un immense plaisir le style et la mécanique de l’écrivain : des chapitres très courts et nombreux (ici, 141 !), une rythmique imparable, des points de vue qui alternent avec allant, et des engrenages scénaristiques parfaitement huilés. L’histoire est immédiatement prenante et s’appuie sur des faits solides (M. J. Arlidge rappelle au début du livre que neuf personnes bénéficient actuellement de ce système de protection au Royaume-Uni), et cette histoire prend une saveur très particulière en raison de cette vraisemblance. D’ailleurs, les questions naîtront nécessairement dans l’esprit des lecteurs : un fautif a-t-il le droit à une seconde chance ? Certains spécimens incurables méritent-ils d’être éliminés ? Ces interrogations légitimes se manifestent au gré de ces portraits croisés, de proches des victimes comme de leurs bourreaux, où des êtres lucides quant à leurs terribles méfaits et désireux de se racheter côtoient des monstres ignobles pour qui la rédemption n’est pas un objectif. On se souviendra ainsi longtemps de Mike dont la gamine handicapée a été massacrée par deux adolescentes, du destin de Jack ou encore du comportement d’Olivia, une agente de probation.
Un tempo remarquable qui vient souligner un récit exemplaire, bien loin des stéréotypes du genre, avec un large éventail de psychés fracassées, d’individus égarés et de prédateurs à peine ensommeillés. Un thriller de très haute volée où l’aspect policier jouxte de puissantes réflexions humaines.27/01/2026 à 06:52 4
-
L'Affaire Echallier
Michel Montheillet, Stanislas Petrosky
8/10 Février 1888, à Saint-Romain-au-Mont-d’Or. Claude Moiroux va mourir : le malheureux a été agressé par balles et à coups de marteau. Avant de trépasser, il confie l’identité de son assassin. Le professeur Alexandre Lacassagne, assisté par son fidèle ami Ange-Clément Huin, vont cependant vite se rendre compte que des éléments clochent, notamment dans le domaine médico-légal.
Après L'Affaire de l'île Barbe, Stanislas Petrosky est revenu en 2023 avec ce deuxième roman de la série Surin d’Apache. On renoue donc avec Alexandre Lacassagne, personnage ayant réellement existé et qui fut, entre autres, un des pionniers de l’anthropométrie criminelle. Il est accompagné de son loyal compagnon Ange-Clément qui a de plus en plus de mal à dissimuler son passé, avec notamment le détestable sous-inspecteur Auguste Jacob qui se rapprochera dangereusement de la vérité (la scène de détatouage est marquante). Parallèlement à cette belle relation de complicité et de loyauté entre le praticien et son disciple, l’intrigue est vraiment réussie : au gré des quelque cent-cinquante pages, l’auteur montre les balbutiements de la science médico-légale, depuis l’analyse des projectiles balistiques à l’usage de cadavres pour vérifier certaines hypothèses. L’histoire s’avère très crédible et prenante, chargée d’émotions contradictoires, et mise en valeur par une écriture intéressante.
Stanislas Petrosky continue de nous enchanter avec cette série originale, chaque année donnant lieu à un tome : on ne saurait demander mieux.26/01/2026 à 06:57 3
-
La Princesse des abysses
Patrizio Evangelisti, Patrick Mallet
6/10 New York, 1892 : on évoque dans un club privé la figure de Cornelius Shiel, érudit, grand collectionneur de livres. Hector Travis, après réception d’une lettre envoyée par ce mystérieux individu, va à sa rencontre : leur entretien va montrer au visiteur les capacités magiques de son hôte.
Un premier tome au ton ésotérique clairement assumé, aux dessins agréables mais parfois un peu trop bavard. C’est original et assez intéressant, mais le côté magique est un peu trop appuyé selon moi. Est-ce que Satan sera finalement libéré ? A voir dans les opus suivants, mais je ne sais pas encore si je vais poursuivre cette série.24/01/2026 à 18:59 1
-
Le Monstre
6/10 Après une entame prenant pied à Tchernobyl en 1986, retour sur cette île qui abrite des ados orphelins zombis. Séance sous-marine, proposition de manger un cerveau encore sanglant, escalade et dégustation d’œufs d’oiseaux, séances d’alimentations carnassières, etc. seul le rapide flashback sur la contamination prénatale sort un peu du lot. Distractif, certes, mais un peu décevant.
22/01/2026 à 19:12
-
Point de fuite
9/10 « Alerte rouge tempête » : c’est ce message qui apparaît durant la nuit et prend un aéroport en otage. Dans cet écrin de technologies vaincues par les forces de la Nature, différents personnages apparaissent. Isabella, une femme qui attend le retour de son vétéran de mari, un landau à ses côtés. Adèle Bess, une réceptionniste qui a une étrange relation avec la chambre 217 et le gamin qui s’y trouve. Le capitaine de police Tanabé avec son adjoint Teïki Stalenhag. Un steward qui attend de pouvoir rallier Cotonou. Des criminels qui cherchent à quitter leur passé comme le pays. Au matin, les ténèbres auront volé en éclats.
Estelle Tharreau est une écrivaine qui a déjà largement séduit avec des ouvrages majeurs comme La Peine du bourreau, Il était une fois la guerre ou encore Le dernier festin des vaincus. Ce nouveau roman est au moins aussi puissant que les précédents. L’histoire allèche, les chapitres défilent à un rythme soutenu et font alterner les points de vue des divers protagonistes. On retrouve la langue si admirable de l’écrivaine, à la fois nerveuse et si subtile, creusant les psychologies des personnages et magnifiant de nombreux passages – ceux mettant en scène les engins luttant contre les affres météorologiques sont de purs bijoux de littérature. Le lecteur perd souvent pied au gré des faces de ce prisme qui se présentent à lui et c’est un remarquable puzzle qui finit par apparaître au terme de ce prodigieux opus. Il y aura du sang, des larmes, des explications et des éclaircissements, mais ça sera surtout une série de révélations particulièrement bien menées. Indéniablement, Estelle Tharreau est une autrice rouée autant qu’exquise, et cette nouvelle performance artistique ne fait que confirmer tout le bien que l’on pense d’elle.
Un décollage à toute allure, une destination encore inconnue et mystérieuse, des instruments de bord qui semblent devenus fous, des turbulences singulières et malgré tout, un atterrissage de toute beauté : voilà un voyage livresque que l’on ne peut que très chaudement recommander !22/01/2026 à 06:55 5
-
Comme si nous étions des fantômes
8/10 Au lendemain de la Première Guerre mondiale, parce qu’elle n’a pas de nouvelles d’Edward Haslam, son amoureux, Amy Vanneck décide de se rendre en France, à Amiens, afin de découvrir ce qui s’est passé. Alors que les soldats luttent encore pour retrouver les corps, les identifier et leur offrir une sépulture décente, treize corps sont retrouvés, visiblement massacrés, du côté de Two Storm Wood. Même si le conflit est terminé, la mort n’a pas fini sa moisson.
Difficile de ne pas penser au livre Un long dimanche de fiançailles de Sébastien Japrisot en lisant le pitch de cet ouvrage lauréat du Prix Découverte Polars Pourpres 2023, mais là s’arrête la comparaison. Philip Gray s’est appuyé sur une très solide documentation pour construire son récit, et si certains thèmes ont déjà été exploités par le passé, d’autres, comme l’emploi des coolies chinois, l’usage de l’opium ou des drogues de « marche forcée » le sont bien moins. Les différents personnages sont bien caractérisés – d’Amy à son amie Catherine Page qui cherche son frère, en passant par Edward, confronté aux abominations de la guerre, à Mackenzie qui a la lourde tâche de s’occuper de ces charniers à ciel ouvert que sont les anciens théâtres des opérations, en passant par Rhodes, Farrer, ou encore le prévôt Westbrook. Certains moments sont d’une éclatante beauté morale quand d’autres sont d’une grande cruauté, à l’instar de la découverte de la victime soumise au lingchi, des raids réalisés en silence par Edward et ses hommes avec des armes spécifiques – mélanges de coup-de-poing américain et de couteau –, ou encore la révélation d’une enfance soumise à des épisodes barbares, ce qui a conduit à la genèse d’un psychopathe. Le récit mêle suspense et émotion, alterne avec intelligence différents points de vue ainsi que plusieurs époques.
Un thriller réussi, tour à tour poignant et surprenant, sauvage et effroyable. Philip Gray, en conteur adroit, nous narre une histoire qui se mêle avec panache à celle qui s’écrit avec une lettre majuscule, et dont un autre ouvrage, La Maison aux neuf serrures, est récemment paru chez Sonatine.20/01/2026 à 06:38 6
-
Les Cols des Amériques
4/10 Si j’ai applaudi des deux mains de voir la série « Le Poulpe » renouvelée, je dois malheureusement dire que ce premier tome m’a vraiment déçu. Gabriella est une protagoniste sympathique, et le cahier des charges de la série originelle est également repris avec intelligence (l’ombre de Pedro, le cuistot Vlad qui est toujours là, le bistrot aussi mais qui a changé de spécialités, etc.) et des repères conservés pour notre plus grand plaisir. Mais dire que l’intrigue est maigrichonne tient de l’euphémisme poli : des méchants qui le sont tellement que ça en devient vraiment risible, des gentils forcément tous libertaires, des clichés à la pelle, un humour à peine présent, des détours inutiles (la manif, le flirt de la protagoniste avec le photographe, le coup des jumelles dotées d’un traceur GPS) et un final tellement banal qu’il est aussitôt oublié. Je trouve également que ce premier tome se prend les pieds dans le tapis dès son titre : il trouve son explication dans le dernier tiers de l’ouvrage et demeure donc cryptique jusqu’à ce point, ce qui est à mon humble avis une faute de goût comme une erreur majeure de présentation. Bref, un renouvellement alléchant mais qui ne propose pas à mes yeux une exhumation décente. Le thanatopracteur – Thomas Cantaloube – est pourtant doué mais il était ici cruellement en panne d’inspiration : la plus appropriée des attitudes aurait été de laisser le mort dormir en paix. J’ai sous la main « Faut pas prendre les enfants de la rue pour des connards sauvages » et j’espère que le résultat sera davantage concluant.
19/01/2026 à 05:47 2
-
Point zéro
Stéphane Betbeder, Nicola Genzianella
7/10 Flashback, 2000 ans avant notre ère : un engin venu du ciel s’écrase dans les montagnes. Retour à cette série qui s’avère prenante même si je trouve ce deuxième tome bien moins réussi, notamment en raison de ses bavardages et d’un graphisme moins soigné. Enucléation, traversée du désert avec les assauts de la soif, corps en lévitation et décors très variés : on n’a pas le temps de s’ennuyer.
18/01/2026 à 07:48
-
Ange Leca
Tom Graffin, Victor Lepointe, Jérôme Ropert
7/10 Encore soûl, Ange Leca vient de sortir de chez sa maîtresse et tombe à l’eau dans les rues d’une Capitale envahie par les inondations. Récupéré par la barque des pompiers, il les laisse l’accompagner à la morgue, sur le Quai de l’Archevêché. Une sinistre découverte l’y attend : un corps de femme aux seins, à la tête, aux jambes et au bras gauche tranchés, repêché Avenue de l’Opéra. Viré du journal qui l’emploie en raison de ses penchants alcooliques, Ange décide alors de s’intéresser de plus près à cette malheureuse mutilée – probablement une couturière.
Une reconstitution remarquable d’un Paris sous les eaux, et un graphisme globalement excellent. Cependant, j’ai trouvé que l’intrigue se résolvait un peu trop rapidement, manquant de rebondissements et faisant intervenir le chien de notre héros – Clemenceau – de façon un peu trop opportune. Néanmoins, cette lecture fut très agréable.17/01/2026 à 10:19 1
-
Disparitions mystérieuses
7/10 Une obsession immédiate : c’est ce que ressent littéralement Cory Brooks, seize ans, gymnaste remarquable et lycéen à Shadyside dès qu’il voit la belle Anna Corwin. Superbe, spectrale, l’adolescente est également cerclée d’une énigmatique aura. Lorsque Cory essaie de la joindre à son domicile au 444 Fear Street, son frère Brad lui fait une révélation ahurissante : Anna est morte. Pourtant, Cory est persuadé qu’on lui ment, qu’il y a là un épais mystère à démêler, mais il n’est pas au bout de ses surprises.
Je retrouve la plume de R. L. Stine, ici dans un registre un peu plus « mature » que dans ses récits destinés à la jeunesse. D’ailleurs, même si on retrouve la patte de l’auteur (ses héros encore jeunes, les cliffhangers à la fin des chapitres, son goût pour les rebondissements et les atmosphères pesantes), tout y est ici si prenant qu’on dirait presque un roman pour adulte. L’intrigue est solide, l’ambiance saturée de paranoïa et de peur, avec quelques incursions dans le fantastique mais c’est bel et bien un ouvrage purement policier, prenant et efficace, que nous avons là. Certes, l’ultime twist se laissera deviner par les grands lecteurs (déjà lu ou vu bien des fois) mais ce livre datant de 1990 n’en demeure pas moins réussi, concis et très intéressant.14/01/2026 à 18:47 3
-
Eat The Gun
7/10 Retour à Flatstone où l’homme-cochon joue avec la gamine. Un hélicoptère et une Eglise dite de la Première Pierre entrent également en scène tandis que la shérif-adjointe Betty Maloney est enlevée à son tour. Ambiance toujours aussi tordue, personnages foutraques, expérimentations souterraines, scènes décalées : l’effet de surprise s’est en partie estompé mais le côté addictif demeure. Vivement le troisième et dernier tome !
12/01/2026 à 19:41
-
Vacances mortelles
8/10 C’est un grand moment pour Kimi, Olive et Mélissa : les trois adolescentes vont enfin pouvoir prendre des vacances ensemble, direction un camping ! Place au farniente, au soleil, à la plage et à l’amitié ! Elles font rapidement la connaissance de deux garçons à peine plus âgés, qu’elles, Driss et Elio. Mais il se pourrait que le mirage se transforme en calvaire.
Anaïs Vachez a déjà signé Les Enfants de l’ombre dans la collection Hanté, et c’est avec plaisir que l’on retrouve cette écrivaine à la plume de cette histoire. Tous les ingrédients destinés à séduire un jeune lectorat sont réunis : des héroïnes vraisemblables et qui ont chacune leur propre tempérament, une ambiance estivale bien rendue, des dialogues qui correspondent à l’âge des protagonistes comme aux attentes des ados à qui s’adresse ce livre, et une intrigue qui bascule brutalement dans le surnaturel. Cette orientation scénaristique a été précédemment suggérée dans le récit, mais quand elle intervient, c’est à la fois surprenant et finalement bien malin. Anaïs Vachez déploie alors son écriture au cordeau pour chorégraphier des scènes surnaturelles, homériques et qui font mouche – celles et ceux qui auront lu le final comprendront.
Un nouveau bon opus de cette collection qui confirme, par la même occasion, le talent de son autrice. Au-delà de l’aspect distractif et fantastique, c’est également une ode réussie à l’amitié et au courage.12/01/2026 à 06:44 1
-
Aron
6/10 Comme dans le précédent tome, celui-ci (qui est le troisième et dernier) s’intéresse davantage à la partie postapocalyptique (alors que je préférais la partie contemporaine). Cet opus est vraiment très dynamique, toujours aussi magnifique du point de vue esthétique, mais je regrette que le côté apocalyptique ait été moins creusé au niveau du scénario que ce versant postapocalyptique. Du coup, je suis un peu déçu en ce qui concerne l’histoire du grand cataclysme – ou peut-être en attendais-je trop.
10/01/2026 à 19:05
