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La petite écuyère a cafté
8/10 Le train 89931 conduit par Charles Dutoit aura été fatal à Bérénice et Frédéric, deux jeunes gens de 17 et 19 ans, menottés aux rails et dont les clefs des entraves étaient dans leurs estomacs. Parce que ça chiffonne méchamment Gabriel Lecouvreur dit « Le Poulpe », ce dernier se rend sur place pour tirer ça au clair, et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il va y découvrir du sale et du sombre.
Moi qui ai lu un sacré paquets d’œuvres de cette série, je ne découvre maintenant que ce roman qui fut le tout premier. Ce récit de Jean-Bernard Pouy est un pur régal, d’un bout à l’autre, avec une écriture ciselée qui alterne l’humour noir et les jeux de mots émérites, tout en dessinant une intrigue solide. Ce qui est d’ailleurs plaisant après-coup, c’est de retrouver tous ces petits cailloux laissés au gré du texte et qui seront réexploités par les auteurs suivants, des personnages aux us et coutumes de notre protagoniste. L’ensemble est vraiment très bien mené, sans le moindre temps mort, ponctué de chouettes haïkus, et posant les jalons d’une belle succession de romans.19/10/2026 à 07:26
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Le Syndrome [E]
8/10 Un homme, Ludovic Senechal, devenu aveugle après avoir regardé un court-métrage et qui téléphone à la policière Lucie Henebelle qu’il connaît bien. Cinq cadavres découverts sur un chantier avec le crâne scié pour Sharko. Une double enquête appelée à s’entrecroiser.
J’ai la chance de ne plus trop me souvenir du roman originel de Franck Thilliez, ce qui m’a permis de (re)découvrir cette intrigue tendue au gré de la centaine de planches de cette BD. De la France à Alger en passant par Montréal, d’expériences malveillantes sur des orphelins aux relents politiques extrémistes, un premier tome tendu et bien architecturé, et pas mal de violence vers la fin (l’incendie du chalet, l’intervention policière à Evreux) pour cette intrigue solide. Le double enlèvement final redonne un coup de fouet supplémentaire à cette série que je vais poursuivre avec plaisir.18/10/2026 à 07:29
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Sur le toit de l'enfer
9/10 Un homme – Roberto Valent – vient d’être découvert mort, énucléé, à côté d’un épouvantail créé de toutes pièces. La commissaire Teresa Battaglia et ses équipiers mènent l’investigation alors que se pointe un nouveau dans leur équipe, le policier Massimo Marini. Leur enquête les mènera vers un tueur atypique, autant bourreau que victime, et vers un passé relativement récent lié au sujet n° 39.
Mon premier roman d’Ilaria Tuti, et j’ai adoré. Une plume exceptionnelle, magnifique, rendant palpables la psychologie des divers personnages comme la Nature qui est ici presque un individu à part entière. Teresa Battaglia constitue une protagoniste de haute volée : physique difficile, soixante ans, diabétique, vivant avec un passé trouble probablement lié à une grossesse ou à un enfantement, et contrainte de subir une maladie neurodégénérative dont le nom n’est cité – sauf erreur de ma part – qu’une seule fois dans le récit, et à la fin, qui lui grignote la mémoire. Spécialiste du profilage criminel, redoutable d’érudition, elle a un caractère bien trempé, irascible et acéré – ce qui rend sa relation avec Massimo souvent explosive – mais sous cette façade rêche se cachent des trésors d’humanité. L’ambiance pesante de ce village de Traveni est très bien rendue, l’intrigue autant que l’intrigue sont vraiment brillantes, et avec les diverses péripéties réservées par l’écrivaine (l’expérience de privation affective, l’état de santé de Teresa et le journal intime qu’elle s’impose d’écrire, la vieille histoire d’abandon liée au couvent, la traque, ce personnage si singulier qu’est Andreas Hoffman, la révélation ultime de l’identité du psychopathe), j’ai passé un excellent moment de lecture. Je vais certainement me procurer la suite de la série.15/10/2026 à 18:49 6
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The Magic Order volume 2
9/10 A Bucarest, un nouvel ordre de magiciens s’apprête à frapper, décidé à manipuler leurs semblables, et il semblerait qu’ils soient justement à l’œuvre dans ce carnage qui vient de survenir à Detroit. Visuellement et scénaristiquement, ça reste aussi puissant que le premier tome. Crash aérien, passé remontant à mille ans, ballerine géante, manipulations, créatures titanesques, confrontation musclée entre les deux clans où une bonne vieille pelle peut remplacer une baguette magique : on en prend plein les yeux. Un régal d’un bout à l’autre.
15/10/2026 à 18:40
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Albert Roche
9/10 Un soldat avance seul au milieu de la mitraille, s’approchant d’une mitrailleuse lourdement protégée. Se demandant brusquement ce qu’il fout là, Albert Roche se souvient de Réauville, dans la Drôme, en 1913, où il a cherché à intégrer l’armée française, puis repoussé par celle-ci parce que « à peine plus grand qu’un fusil et […] pas beaucoup plus lourd ».
Le destin véridique d’un héros de la Première Guerre mondiale, malheureusement méconnu, un véritable héros, dont le physique ne laissait pourtant guère envisager de telles prouesses au combat. L’humanité des sentiments et des personnages créent un stupéfiant contrepoids aux atrocités du conflit. Une BD qui rend un hommage fort et plus que légitime à « un homme dont l’immense courage restera un exemple ».13/10/2026 à 18:57 1
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Hurlements
7/10 Sabrina Liamant, Tatiana Garjana, Karla Hyle, Hélène Voy, Amandine Gaudot : toutes les cinq ont disparu, probablement enlevées et séquestrées. La psychocriminologue Olivia Montalvert – surnommée « Menthe-à-l’eau » est agressée chez elle par un homme qui contacte ensuite le commissaire Venturi dit « le Cow-boy ». Le lieutenant Dastray découvre une femme abominablement mutilée dans une cage.
Mon deuxième roman d’Alexis Laipsker, et j’ai bien aimé. Un ton vif, incisif, qui ne s’encombre d’aucun artifice, pour un récit mené tambour battant, même si certains passages m’ont semblé trop hachés et des ellipses trop marquées. Dans le même temps, l’histoire est assez classique, avec le traditionnel jeu du chat et de la souris entre ce pervers psychopathe et les policiers, mais l’ensemble est bien construit en plus d’apporter suffisamment de sueurs froides et autres moments de tension. Des clins d’œil amusants (de l’inspecteur Harry à Fernand Naudin, personnage principal des « Tontons flingueurs » – ici un médecin lié au banditisme –, en passant par l’intervention de la policière Elisabeth Guardiano, une des protagonistes de l’auteur, ou encore des mentions aux « capitaine Mehrlicht, capitaine Coste, commandant Khan », tous imaginés par ses camarades écrivains). Le nœud de l’énigme est original (ou comment la simple chute d’un verre d’eau peut apporter tant de réponses) et, même s’il y a quelques poncifs et autres facilités dans la rédaction, voilà un thriller réussi et fort efficace.12/10/2026 à 17:32 2
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Year Zero tome 2
8/10 Le second tome commence au large de la Norvège, et le voyage continue : Colombie, Arizona, Rwanda. Un narcotrafiquant psychopathe, une femme enceinte, un médecin tourmenté : un découpage intéressant, des graphismes au top et quelques passages originaux (dans le bateau de pêche, auprès des fauves africains ou l’Américaine luttant à bord d’un chariot élévateur). Un dernier tome un net cran au-dessus du précédent : plus singulier, beaucoup plus féroce, avec un final qui préserve un peu d’espoir.
10/10/2026 à 07:40
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Year Zero tome 1
7/10 Sara Lemons est glaciologue, la mère de Daniel Martinez a été abattue, Saga Watanabe officie en tant que tueur à gages, Fatemah Shah collabore avec les forces américaines présentes à Kaboul, et B. J. Hool est un survivaliste américain. Quand une apocalypse zombie frappe soudainement le monde, chacun d’entre eux va lutter et tenter de survivre à sa façon.
Une BD plutôt réussie sur une partition connue, sans présenter un biais particulièrement original. En revanche, les éléments prélevés dans le passé (Homme de Vitruve, époque western, etc.) sont plus originaux. Bref, c’est comme une agréable chanson : on sait qu’elle n’a rien de transcendant, qu’on l’oubliera probablement assez vite, mais sur le moment, on sifflote son air parce qu’il est sympa.10/10/2026 à 07:39
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Le téléphone carnivore
8/10 Richard Elauved, quatorze ans, ne pouvait pas s’attendre à ce que de tels événements se produisent à Ballantyne, le petit village où il vit. C’est d’abord un téléphone qui dévore son camarade Tom avant qu’un autre de ses amis ne se transforme en cigale. Tous ces maléfices semblent tourner autour d’une étrange maison plantée dans la forêt, et il est bien décidé à comprendre ce cauchemar vécu éveillé.
On ne présente plus Jo Nesbo, cet immense écrivain à qui on doit, entre autres, la série consacrée à Harry Hole. Ici, il change radicalement de registre et nous balade dans un univers à la fois épouvantable, fantasmagorique et improbable, saturé de merveilleux et de visions d’horreur, que ne renieraient pas Stephen King ou John Connolly. L’écriture à la première personne rend le récit d’autant plus immersif et immédiat, et l’auteur profite de son style magnifique pour offrir aux divers personnages une belle épaisseur humaine et psychologique. Si l’histoire semble de prime abord particulièrement marquée par le fantastique, les deuxième et troisième parties viennent intelligemment rebattre les cartes et obliger à repenser l’ensemble de l’intrigue. Le procédé décevra probablement certains lecteurs parce qu’il a déjà été exploité par le passé, tant en littérature qu’au cinéma, mais Jo Nesbo rivalise sans mal avec ses prédécesseurs grâce à l’habileté dont il fait preuve ainsi que grâce aux réponses qui cascadent au cours de ces ultimes chapitres.
Un thriller particulièrement fort et manipulateur, porté par une plume admirable.05/10/2026 à 05:31 2
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Moi, Anaïs Berg
8/10 Anaïs Berg mène une vie calme et paisible : enseignante de musicologie à l’université, elle est appréciée de tous. Pourtant, des nuages commencent à s’amonceler au-dessus de son existence sereine : des messages inquiétants dans sa boîte aux lettres, du linge qui change de place chez elle. Parallèlement, Lucas Maunin, adolescent français, découvre qu’il a été adopté et décide de retrouver sa mère biologique. Le lien entre ces deux histoires ? Peut-être faut-il remonter au prologue au cours duquel une femme sort d’une tombe, ou même longtemps avant…
Ce premier roman de Diane McEvoy a été sélectionné parmi 648 manuscrits, et dès qu’on le commence, on comprend rapidement pourquoi le jury l’a choisi. Le style est aéré, élégant, immersif avec ce récit à la première personne, ou plus exactement, avec ces récits. En effet, on y suit le point de vue d’Anaïs Berg et de Lucas Maunin, mais par la suite, on y trouve également ceux d’une dénommée Charlotte Saint-Hilaire et même d’un prénommé Pete. Qui sont-ils ? Quelles sont les connexions entre ces divers personnages ? Diane McEvoy a tissé son scénario comme une belle toile d’araignée, avec des flash-backs étonnants et des rebondissements prenants. L’ensemble est particulièrement bien édifié, et si l’on accepte de mettre de côté quelques invraisemblances – notamment au niveau des coïncidences et autres entorses à la vraisemblance –, l’intrigue s’avère d’autant plus retorse que l’autrice la mène jusqu’à son épilogue sans le moindre temps mort et avec beaucoup de malice.
Un roman à suspense ingénieux, qui fera que le lectorat doutera de tout – autant des évidences que des faux-semblants – au gré de cette habile histoire d’usurpations d’identité. On attend déjà avec impatience le prochain livre de cette écrivaine.01/10/2026 à 05:20 2
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Entretien avec le chaos
6/10 A Hossegor, le « club des divorcées », composé de quatre femmes – Amanda, Carole, Arlette et Sylvie – voir arriver une nouvelle famille dans leur voisinage. Il s’agit des Astier – père, mère enceinte et fils – dont on ne sait presque rien et qui restent assez mystérieux. Amanda, coach émotionnelle, reçoit en consultation des patients dont elle perçoit, dès qu’elle les touche, leurs traumas et leurs obsessions. Chris Astier va la mettre en contact avec son « cavalier noir ».
David Belo nous revient après les très bons Mon ami Charly et Papillon de nuit, toujours chez l’éditeur Taurnada. On y retrouve avec plaisir son style et son univers, avec une belle galerie de personnages, dont certains sont particulièrement travaillés, notamment Alexandre, adolescent obèse qui subit les moqueries répétées de ses harceleurs, Morgane, la fille d’Amanda, malentendante, ou Zach Astier, le fils de cet énigmatique couple qui vient d’emménager dans le quartier. L’auteur fait preuve d’imagination et les histoire sont plurielles, revenant notamment sur le passé chaotique des Astier au cours de leurs précédentes pérégrinations dans le monde, les frictions des adolescents avec ceux pratiquant le rugby, ou encore ce prologue au cours duquel un bateau fou fonce vers une plage malaisienne. Pourtant, cette fois-ci, l’écrivain finit par nous perdre justement avec la multiplicité des intrigues, au point que l’on ne sait plus vraiment quelle est la principale, et chacune d’entre elles perdant en consistance comme en originalité. Dans ses remerciements, David Belo indique « ne pas faire de plan, ne pas prévoir, ne pas calculer » : c’est probablement cette absence de vision claire quant au scénario et donc de colonne vertébrale pour l’ensemble de son récit que l’on regrette. On finit par s’égarer, restant à la surface de tant d’étendues pourtant intéressantes, sans jamais avoir été entraîné dans les eaux profondes. Le final est, en cela, révélateur : il est léger, badin, trempé dans de l’eau de rose, bien loin de la noirceur, de la tension ou de la singularité que l’on espérait.
Un roman divertissant et plaisant, mais nettement moins entraînant que les autres ouvrages de l’auteur.30/09/2026 à 05:25 1
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L'Épouvantail de Dresde
7/10 30 novembre 1944, à Dresde : on découvre le corps supplicié de la jeune Klara Bellmann. Max Heller, inspecteur à la criminelle, commence à mener son investigation quand une rumeur se répand : l’Epouvantail, une créature cauchemardesque, serait à l’œuvre. Quand on retrouve d’autres victimes mutilées, le doute n’est plus permis : il y a vraiment un prédateur qui sévit.
Frank Goldammer livre ici un roman à suspense de qualité, et dès les premiers chapitres, le lecteur est séduit : langue simple et fluide, pas le moindre temps mort, un protagoniste réussi – vétéran de la Première Guerre mondiale, blessé en Belgique en 1915, et dont les deux enfants combattent actuellement sans avoir donné de nouvelles depuis longtemps. L’ouvrage se distingue également par une belle reconstitution historique dans une ville qui va être tabassée par une abondante pluie de bombes à partir du 13 février 1945 : l’auteur signe des pages de toute beauté lorsque Heller sort de son abri, avec des images de pure apocalypse. L’intrigue est efficace mais on regrette que Frank Goldammer ait cédé à certaines facilités, avec notamment un tueur dont le mobile et la psyché sont plutôt éculés, sans même parler d’une vision trop adoucie de l’occupation de la ville par l’armée soviétique.
Un roman assez solide et convaincant : la suite des enquêtes de Max Heller, Mille diables, est déjà disponible.28/09/2026 à 05:25 2
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Le Passage
Jeff Lemire, Andrea Sorrentino
6/10 Un écrivain en mal d’inspiration qui loue un chalet, un géologue qui teste un étrange puits sur une île esseulée : deux histoires isolées assez étranges, sans explication directe ni limpide, et même si j’ai aimé retrouver cette esthétique si particulière vue dans « Gideon Falls, je rejoins complètement l’ami Fredo sur le caractère difficilement pénétrable de cette œuvre. Curieux, intriguant, décalé, oui, indéniablement, mais pas entièrement convaincant pour autant.
27/09/2026 à 07:18 1
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Dix mille ans sous les glaces
Bojan Kovacevic, Daniel Pecqueur
6/10 Pas de temps de perdu : dès les premières planches, le pilote Dakota balance un missile depuis son avion sur un iceberg qui s’ouvre sur un étrange caisson. Mais une fois rapporté sur le porte-avion, son contenu étonne d’autant plus : une jeune femme y est cryogénisée.
Un premier tome au début intéressant, avec un flashback poignant, et même si pour le moment les ressorts sont connus, l’ensemble est vraiment agréable et se laisse lire. Cependant, j’ai trouvé que la suite partait un peu dans tous les sens. Très lisible, mais j’espère que les autres tomes seront plus structurés.
26/09/2026 à 07:26 1
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Ne la quitte pas des yeux
8/10 David Harwood, journaliste, s’apprête à aller se détendre en famille, avec sa femme et leur fils, dans un parc d’attractions, quand un événement inquiétant s’abat sur lui : son épouse, Jan, disparaît mystérieusement. Elle avait récemment montré des signes de dépression et les autorités policières constatent rapidement des étrangetés dans les propos de David. Celui-ci va se rendre compte que Jan dissimulait bien des secrets.
Linwood Barclay nous a souvent séduits avec ses ouvrages aux intrigues retorses et parfaitement écrits, et celui-ci ne déroge pas à la règle. On retrouve rapidement ce qui constitue la signature littéraire de cet écrivain : une plume chevronnée, un récit labyrinthique, des rebondissements à foison, des personnages qui ont de belles dimensions humaines et des dialogues qui claquent. Ici, on suit avec attention l’histoire de ce malheureux David Harwood dont l’existence s’effondre quand sa conjointe disparaît, et tandis qu’il mène une enquête parallèle à celle de l’inspecteur Duckworth, des ombres apparaissent autour de l’identité de Jan. Le récit est solide, les renversements de situation abondent, et même si certains de ces éléments sont tellement nombreux qu’ils viennent à nuire à la crédibilité de l’ensemble, Linwood Barclay a bâti son livre avec un sérieux et une expertise absolument remarquables. Le lecteur se souviendra longtemps de ce manchot si désireux de se venger.
Un thriller adroit et prenant, hautement révélateur du talent et de l’ingéniosité de son auteur.24/09/2026 à 05:28 2
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Bonaventura
8/10 Roland Bonaventura est responsable d’équipe chez les dockers de Marseille. Il est honnête et respecté, tout juste grand-père et la retraite approche à grands pas. Il trouve un soir dans son garage un jeune homme, Pierre-Marie, amoché au genou et qui sort d’une fusillade meurtrière dans un snack. C’est son neveu. Parce qu’il est recherché par des trafiquants de drogue et menacé, Pierre-Marie n’a pas eu d’autre choix que de se réfugier chez cet homme qu’il ne connaît que de nom. Bonaventura va devoir naviguer entre sang et larmes, mais il n’est pas dit qu’il ne trouvera pas les deux.
Ce livre de Thierry Aguila, Prix du premier roman du Goéland Masqué en 2025, se distingue rapidement par sa belle musicalité. La plume est limpide, les mots chantent, les situations sont crédibles sans jamais sombrer dans de tristes stéréotypes. On y découvre aussi avec un grand intérêt le monde des dockers, avec leurs codes et leurs routines, leur profession si particulière et leur forte fraternité. Dans le même temps, les protagonistes sont soignés – notamment Bonaventura, dont le lointain passé sur l’île de Beauté n’émergera qu’à la fin de l’ouvrage, ou encore Pierre-Marie qui s’est cru prédateur alors qu’il est loin d’en être un. Le livre est assez court, avec un rythme fluide et pas le moindre temps mort, et si l’on peut volontiers lui reprocher un nombre coupable de fautes et autres coquilles, c’est l’épilogue qui se révèle remarquable. Il réserve de magnifiques instants, poignants et glacés, désarmants et sombres, où émerge une écriture sobre et sublime, chargée d’émotions contraires où les véritables hommes ne sont pas nécessairement ceux que l’on croit.
Un roman noir et marquant, douée d’une belle texture humaine, et au final aussi travaillé que réussi.23/09/2026 à 05:33 2
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Derrière les volets bleus
7/10 Usée professionnellement et sentimentalement, Rosa rejoint le bassin d’Arcachon où son grand-père, Max, l’accueille. Quand elle découvre le cadavre de Jérémy, son ami d’enfance devenu peintre, la jeune femme va devoir se mêler des histoires locales où nombre de secrets et de faux-semblants sommeillent.
Ce roman de Florence Tachoires séduit rapidement. Le style de l’autrice est particulièrement agréable, avec une plume poétique et travaillée, et la concision de l’histoire soutient cette intrigue serrée. Ici, dans le bassin d’Arcachon, malgré un décor de carte postale, de multiples histoires vont remonter à la surface, et le beau nombre de protagonistes constitue autant de pistes crédibles : un écrivain en mal d’inspiration, une ornithologue disparue, un bouquiniste, un gendarme, sans compter des jalousies et des adultères, un livre sur les chevaux ailés, des tonnes – comprenez des cabanes de chasse – et la présence suspecte d’argent liquide : l’écrivaine ne ménage pas son lectorat avec ces directions si diverses. Si la conclusion n’est pas particulièrement surprenante, elle s’avère plausible et saura combler les attentes des lecteurs.
Un livre à la fois classique et bien mené, joliment orchestré et fort plaisant.22/09/2026 à 05:46 1
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Hammerhead
Luca Casalanguida, Andy Diggle
7/10 Caracas, Venezuela : James Bond traque un dénommé Kraken. Cette chasse à l’homme va ensuite se poursuivre à Dubaï où Bond, tombé en disgrâce auprès de son supérieur, est résolu à terminer cette affaire.
De l’action d’entrée de jeu, un agent secret à l’humour noir, radical et violent, des scènes d’action prenantes (cf. le coup des requins dans l’aquarium géant ou sur le navire en quête du fameux Hammerhead). Les ingrédients sont connus mais il n’est pas toujours nécessaire de trouver des composants originaux quand la maîtrise est là : la preuve.19/09/2026 à 07:28
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Vigilant et impitoyable
Jean-Christophe Brisard, Alberto Pagliaro
9/10 2 mai 1945 à 17h : Berlin vient de tomber aux mains de l’armée rouge, et c’en est fini du IIIe Reich. Le lieutenant soviétique Elena Kagan et son commando retrouvent ce qu’il reste des corps des sbires d’Adolf Hitler dans leur bunker, mais aucune trace du Führer. Afin de savoir ce qu’il en est, divers services secrets vont entrer en confrontation dans cette époque très troublée tandis que l’ogre Staline s’impatiente.
Un premier tome fouillé, bien documenté, très structuré et au graphisme remarquable. L’histoire s’avère très prenante, à la fois historique et glaçante, bien moins manichéenne que ce à quoi je m’attendais. « Le cadavre que nous avons n’est peut-être pas celui d’Hitler ! » est-il écrit en toute fin de cette BD : je serai assurément au rendez-vous de la suite.17/09/2026 à 18:44 2
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Le Croquemitaine tome 1
Denis-Pierre Filippi, Fabrice Lebeault
6/10 Trois ados/enfants arrivent dans une ville, affamés. Très rapidement, ils se rendent compte de l’animosité de la population locale (habillée façon début du vingtième siècle). Quand la petite Clotilde meurt dans un parc, ils doivent décamper et enterrer la malheureuse bien loin d’une communauté qui semble terrorisée par un mystérieux croquemitaine.
Un premier tome intéressant, au graphisme qui a nécessairement vieilli depuis le temps, dont le début ressemble presque à du Victor Hugo avant de basculer vers une ambiance plus anxiogène (cf. la tête tranchée épinglée à la grille). Ces hommes qui arrivent comme des sauveurs à la fin de cette BD donnera, je l’espère, le coup de fouet scénaristique attendu.14/09/2026 à 19:29
