QuoiLire

369 votes

  • Alex

    Pierre Lemaitre

    9/10 Je ne sais pas si j'ai re-lu involontairement ce livre ou si j'ai vu son adaptation cinématographique (son adaptation avait été annoncée en 2014, mais je trouve aucune trace de la concrétisation de ce projet), mais toujours est-il que j'avais une sensation de déjà lu. Mais une sensation pas désagréable car une nouvelle fois je me suis laissé emporter par cette histoire et ses nombreux rebondissements et réorientations. Je ne peux malheureusement pas en dire plus de peur de vous dévoiler le livre et vous privez de la joie des surprises composées par Pierre Lemaitre.

    En fait, ce n'est pas un roman que l'on a, mais trois. Trois parties bien différentes, trois personnages partageant la même histoire qui gravent tous autour d'Alex mais qui vont tour à tour prendre part à son aventure. L'auteur peut ainsi exprimer tout son talent pour relancer l'histoire mais surtout développer les personnages, leur psychologie, et leur implication dans l'histoire.

    Je vous conseille tout particulièrement la lecture de ce livre dans son format audio. En effet, sa lecture voix haute est très réussie, Pierre Lemaître le souligne d'ailleurs dans lde dernier chapitre du livre audio consacré à son interview sur Alex. Attention cependant à ne pas écouter cette interview car elle divulgue les différents retournements de l'histoire et en analyse les raisons, les techniques; donc intéressante pour les amateurs du genre.

    13/02/2019 à 21:55 9

  • Rouge armé

    Maxime Gillio

    5/10 En fait je ne sais pas comment noter ce roman, car à mon avis il s'agit plus d'un roman que d'un roman policier.

    Si Maxime Gillio adopte pour son roman un schéma classique de l'enquête, ici journalistique, dans le temps présent, et une narration du temps passé, un peu comme dans les romans de Camilla Lackberg, on s'attend à ce que les deux récits se rejoignent dans le dénouement final. Mais ici, rien, les deux narrations se font mais n'apportent aucune explication, aucun rebondissement au récit.

    Nous sommes donc en présence d'un très bon roman historiques présentant les représailles et les mouvements ethniques au lendemain de la seconde guerre mondiale, ainsi que l'histoire de la Rote Armee Fraktion et de ses actions terroristes dans les années 70.

    Et donc on se demande ce qui peut lier la journaliste, la femme qu'elle interviewe et ces deux périodes historiques. Je prends le risque de divulguer la fin du roman, mais il n'y a rien.

    Si les personnages sont forts et imposent leur caractère, ils sont un peu caricaturaux et entraînent le lecteur dans des histoires périphériques qui ne sont que de pure perte de temps (e.g. la période de sevrage de la journaliste).

    Bref, je suis très mitigé sur le caractère policier du roman, de la mise en forme; mais reste convaincu que c'est un très bon roman historique.

    10/02/2019 à 20:37 2

  • Ma ZAD

    Jean-Bernard Pouy

    5/10 Vraie ZAD mais faux Poulpe

    Dans Ma ZAD, Jean-Bernard Pouy est fidèle à lui-même. Il nous propose une nouvelle fois un roman noir aux relents anarchistes. Bien qu'écrit en pleine période des manifestations contre l'Aéroport des Landes, il n'en est pas question ici malgré de fortes similitudes, une petite allusion y sera tout de même faite.

    Ici, Camille, quadra du genre adolescent attardé, défend la maison héritée de ses parents. On sent que derrière ce combat se cache une volonté d'exister, une volonté de montrer qu'il existe, d'avoir un point d’accroche, d'avoir son monde. Mais c'est surtout au travers de la séparation, des rencontres provoquées par cette aventure et des voyages qu'il va se révéler à la vie.

    Symbole de cette évolution, Jean-Bernard Pouy adopte deux styles littéraires bien opposés : un soutenu mais limpide, et un autre plus brut avec des mots fleuris. Si l'on bute parfois sur certaines expressions, ce n'est que pour mieux en profiter de l'aspect humoristique.

    Dans ce roman, j'ai retrouvé de fortes similitudes avec la série du Poulpe, non seulement dans le sujet de la défense des droits des hommes, de leur droit d'exister face aux multinationales et aux politiques véreux, de vivre avec leurs maigres moyens mais qu'il transforme en richesse intérieur; mais également dans le rythme et la verve de la plume de l'auteur. Serait-ce un hommage de l'auteur à ce héro céphalopode qui a coulé avec la maison d'édition Baleine?

    04/02/2019 à 20:25 3

  • Enfermé.e

    Jacques Saussey

    9/10 Ce roman est une vraie claque.

    Jacques Saussey a décidé de laisser tomber un moment les thrillers pour nous offrir un roman noir sur le phénomène transgenre. Mais heureusement pour nous, il n'est pas tombé dans le sensationnalisme et le côté racoleur du sujet. Bien au contraire, au travers de son personnage, il nous dévoile les différentes étapes de la vie d'une personne confrontée à ce "problème" qu'est de vivre dans un corps ayant un sexe qui ne correspond pas à celui de votre mental.

    Et ces étapes ne sont pas de tout repos car cela passe bien sûr par la découverte de sa sexualité différente de celles des autres, de pouvoir en parler avec ses ami(e)s, ses parents et son entourage, de se trouver confronter à leurs réactions, leur acceptation, leur rejet voire leur isolement ou leur phobie.

    Mais bien sûr, l'auteur ne se contente pas d'une histoire basique, puisqu'il va projeter son personnage en prison, où il va vivre un véritable enfer; où cette différence va être l'excuse d'en faire un esclave sexuel. Sur ce point, nous pouvons noter quelques similitudes avec l'admirable roman noir de Karine Giebel, Meurtres pour rédemption. On comprend alors qu'en plus d'être enfermée en prison, enfermée dans une catégorie d'identification sexuelle, elle est avant tout enfermée dans son corps qui n'est pas vraiment le sien.

    Là où l'on voit que Jacques Saussey est un admirable conteur, c'est d'apporter un twist final à son roman. En effet, les différentes époques (enfance, adolescence, prison, après-prison) de la vie de Virginie, le personnage principal nous sont présentées alternativement, mais on se demande les raisons de l'attitude de Virginie dans sa dernière phase. On la devine, on a bien des options possibles, mais ce n'est que dans les dernières pages que tout se dévoile.

    Nul besoin de dire que les personnages sont fouillés, que la composante psychologique de Virginie est travaillée, approfondie, dévoilée par petites touches; que les autres personnages sont restreintes à leurs exactions au point de ne pas avoir de patronyme.

    Un roman difficile, aussi utile à lire qu'un roman sur la Shoah. Un roman qui a injustement reçu trop peu de récompenses.

    28/01/2019 à 20:26 9

  • Le Couple d'à côté

    Shari Lapena

    8/10 D'habitude je ne suis pas très porté et amateur de thrillers psychologiques, mais j'avoue avoir été séduit par ce roman.

    Tout d'abord parce que contrairement à la majorité des romans entrant dans cette catégorie, il n'y a pas de longueurs, de répétitions, ou de profondes réflexions métaphysiques ou d'analyses médicales de l'état des personnages. Ici, les actions et réactions des personnages, leur perception de la situation, donnent toutes les informations sur leur état psychologique. Et comme les personnages sont variés, complexes, aux multiples facettes, on ne s'ennuie jamais, tantôt en les prenant en pitié, tantôt en les haïssant.

    Ensuite, l'histoire ne s'arrête pas à une situation initiale qui évolue lentement; l'auteur relançant perpétuellement l'histoire avec des rebondissements, des retournements de situation, des éléments supplémentaires dans l'enquête. Le mérite de l'auteure est d'avoir limité son livre à la juste longueur pour conserver un rythme adapté à la fluidité de son écriture.

    J'ai découvert ce livre dans sa version audio. Si le lecteur (Taric Mehani) a une diction parfaite et sait donner des intonations différentes pour incarner les différents personnages, sa lecture est quelque peu lente, au point que j'ai réglé la vitesse de lecture à 120%.

    Si vous aimez les thrillers psychologiques, ou que vous ne les aimiez pas, vous apprécierez Le couple d'à côté.

    22/01/2019 à 20:49 3

  • Chine, retiens ton souffle

    Qiu Xiaolong

    4/10 Il y a des livres que l'on a du mal à classer et à dire s'ils sont bons ou mauvais. Chine, retiens ton souffle de Xiaolong Qiu fait partie de ces livres.

    Tout d'abord, il est clairement un livre policier, un whodunit traditionnel, du genre old school, dans la lignée des reines du crime anglaises telle Agatha Christie. Aussi, il ne faut pas s'attendre à un roman palpitant, plein de rebondissements et de suspense. Bien au contraire, comme le peuple de l’empire du milieu, tout est en retenue, en douceur et philosophie. L'inspecteur Chen est le digne héritier d'Hercule Poireau en faisant travailler ses petites cellules grises pour résoudre les énigmes.

    Mais c'est surtout le fait que l'enquête passe pratiquement au second plan tant le mode de vie des chinois, leurs us et coutumes, leur vie, leur société, la politique, son économie, la pollution et la corruption sont présentés ou dénoncés. C'est un véritable récit de voyage à Shanghai que nous découvrons au fil des pages. Je n'ai pas été vérifié si tous les lieux, magasins ou échoppes mentionnés dans le livre existent vraiment, mais on pourrait presque se servir de ce livre comme guide touristique.

    Si la composition des personnages apparaît un peu simpliste, les annotations et références faites par des personnages secondaires à de précédentes affaires font penser qu'elle se dévoile et s'étoffe au fur et à mesure des enquêtes et des livres

    Si c'est dépaysant et séduisant dans la présentation de ce peuple lointain, cela entretien la confusion des genres et décevra les amateurs de romans policiers aux intrigues alambiqués et enquêtes rondement menées.

    21/01/2019 à 21:59 2

  • Chimères

    Laurent Loison

    4/10 J’avoue avoir été un peu surpris par ce troisième roman de Laurent Loison. D'une part parce qu'il est uniquement disponible en version numérique, et d'autre part parce que contrairement à la majorité des avis que l'on peut trouve sur les groupes de lecture ou en commentaires sur les sites marchands, je n'ai pas aimé ce livre autant que les précédents.

    Est-ce la collaboration de l'auteur avec 14 blogueuses dans la rédaction de ce roman ? est-ce le thème de la violence faite aux femmes dont j'ai l'impression qu'en plus d'être d'actualité, elle devient incontournable dans les thrillers ?, ce que je peux vous dire c'est que ce livre ne décrochera pas le prix Staunch Book Prize créée par Bridget Lawless.

    Au niveau de la rédaction, j'ai surtout été perturbé par le style très relâché employé. Par moments, on a l'impression d'avoir carrément l'auteur qui vous fait lecture de son roman et ajoutant deci delà des commentaires sur ce livre même.

    Du point de vue de l'histoire, il y a beaucoup de répétitions et un grand d'inventivité permettant au lecteur de ne pas deviner la fin. L'histoire est tellement rectiligne et avec si peu d'éléments d'enquêtes qu'il ne reste qu'une alternative possible que les amateurs de thriller trouveront immanquablement.

    Bref, je me dis que si j'ai lu ce livre, à défaut d'y avoir pris du plaisir, au moins j'ai fait une bonne action puisque pour chaque livre acheté 1€ est reversé à l'association CFCV.

    18/01/2019 à 18:10 3

  • Avalanche hôtel

    Niko Tackian

    8/10 Après deux romans mettant en scène Tomar Khan, Niko Tackian laisse un moment son personnage fétiche, la communauté arménienne et la banlieue parisienne; pour un flic frais émoulu de l’école de police, dans un canton suisse montagneux et enneigé.

    Pour une fois l’allusion à l’ambiance et l’hôtel Overlook de Shining n’est pas uniquement valable sur la quatrième de couverture, mais elle est bien présente dans le livre. Un hôtel abandonné dans une montagne en pleine tempête hivernale, où le personnage a des visions de personnes disparues de nombreuses années auparavant. De même celle à propos de Jason Bourne n’est pas usurpée, non pas au niveau de la densité des actions mais bien dans l’exploitation de l’amnésie du personnage principal.

    Mais là s’arrête le parallèle entre ces différentes œuvres car Niko Tackian nous livre bien une histoire originale Une histoire qui se lit très rapidement. Également scénariste de séries télé policières, l’auteur garde l’efficacité du récit dans ses livres. Si chaque chapitre n’est pas l’occasion à une scène d’actions, il y aura toujours une nouvel élément pour faire progresser l’enquête ou relancer l’histoire.

    Les personnages sont bien construits, complexes, mystérieux (surtout pour Joshua Auberson en quête de sa mémoire) dont on apprécie voir évoluer leur complicité.

    Un livre sans défaut me diriez-vous ?

    Non pas totalement. Si au début du livre nous sommes littéralement suspendu aux mots du livre, cette captivité s’estompe au fil des pages, pour fléchir avec une fin attendue du fait de manque d’alternatives possibles.

    Un très bon moment qui ouvre le bal des livres de 2019.

    11/01/2019 à 20:47 6

  • Sadorski et l'ange du péché

    Romain Slocombe

    8/10 Après la chasse, les arrestations de juifs et la participation à la rafle du Vel-d'hiv, on pouvait se demander jusqu'où l'inspecteur Léon Sadorski. Il termine en apothéose (si j'ose dire) en prenant part à la déportation des juifs, en commanditant ou en commettant des assassinats pour assurer ses arrières, tout en continuant ses précédentes malversations d'extorsion de fond ou de récupération des biens.

    Mais le pire ne vient pas forcément de ce personnage infâme, le pire est l'attitude de la société pendant cette période ou comme l'anecdote des courses à Longchamp qui reprirent une heure à peine après un bombardement alors que les corps et blessés n'ont pas tous été évacués du site.

    Il faut savoir qu'en fin de livre, l'auteur donne toutes les références documentaires qui lui ont permis de retracer l'histoire de cet inspecteur et des personnes qui ont eu le malheur de croiser son chemin. C'est un travail digne d'un historien, un travail monumental qui rend d'autant plus horrible le livre. C'est donc à la fois un roman extrêmement noire, mais surtout qu'il faudrait lire pour le devoir de mémoire. Lire cette série m'a rappelé un roman étudié en français en classe de quatrième qui m'avait mis en véritable claque en me faisant découvrir l'horreur de la Shoah et des camps d'extermination.

    Même si Romain Slocombe cherche l'exactitude en donnant l'ensemble des dates, lieux, qualités des personnes, du fait des nombreuses histoires en parallèle, le roman est d'une grande fluidité et de se lire à une vitesse folle malgré ses plus de 700 pages.

    04/01/2019 à 20:52 7

  • Juste après la vague

    Sandrine Collette

    6/10 Fidèle à elle-même, Sandrine Collette amène le suspense dans des endroits où on s'y attend le moins. Après les vignes (Des nœuds d'acier) et la montagne (Six fourmis blanches), elle nous pose sur la mer.

    Tout commence avec un choix cornélien que doit faire un père : délaisser une partie de ses enfants pour embarquer sur une barque afin de sauver une partie de sa famille de la montée de la mer et la submersion inévitable de l'île qu'ils habitaient, en espérant pouvoir revenir chercher ceux qu'il laisse derrière lui.

    Derrière ce roman, Sandrine Collette rend hommage, ou reprend les codes, de classiques comme Sa majesté des mouches de Willima Golding concernant la survie des enfants laissés sur l'île, ou le roman de Raioaoa Tavae Si loin du monde, racontant la dérive d'un polynésien pendant 118 jours. Pour les uns comme pour les autres, c'est une nouvelle vie qui s'ouvre à eux : aller vers de nouvelles terres, ou bien prendre des responsabilités, des décisions.

    Et puis, sous couvert d'un roman à suspense, Sandrine Collette passe un message écologique fort. Le réchauffement climatique impacte des populations entières, les forçant à migrer, fuir leurs terres, parfois en urgence.

    Alors si ce roman n'est pas à proprement parlé un thriller avec beaucoup d'actions ou de courses poursuite, il n'en est pas moins intéressant par son originalité, sa sensibilité et les questions qu'il soulève.

    Enfin, j'ai découvert ce livre au travers de sa version audio : une diction parfaite, une personnalisation de la voix pour chaque personnage, même pour les plus jeunes. On regrettera simplement un léger manque de vitalité.

    29/12/2018 à 22:02 5

  • Rémanence

    Jérôme Camut, Nathalie Hug

    4/10 Parfois il est bon de savoir s'arrêter dans une série.

    Rémanence est le tome de trop dans la série des Voies de l'ombre. Tout comme le personnage du tueur psychopathe Kurtz, le suspense et l'inventivité du récit des trois premiers tomes ne sont plus que l'ombre d'eux mêmes. Le quatrième tome n'était pas sur la même voie que les trois premiers.

    Il faut dire qu'après avoir épuisé, usé voire tué tous les principaux personnages, pour écrire un opus à la série, il ne restait guère plus que les deux enfants objets de pression dans le premier tome. Malheureusement, l'absence de Kurtz, ou plutôt, il n'en reste que les graines semées lors du kidnapping des enfants, ne permet de faire une histoire originale. Nous lisons une histoire de jeune sombrant de plus en plus dans la délinquance puis la violence.

    En soit le livre se serait suffit en le sortant du contexte de Kurtz, en développant la psychologie et le passé des personnages. Cela aurait permis de réduire la longueur du récit et de ne pas restreinte l'action à quelques dizaines de pages.

    Une histoire à lire pour parfaire le tour de la série, mais qui n'est pas une obligation; un livre à réserver aux fans de Jérôme Camut & Nathalie Hug.

    29/12/2018 à 21:10 6

  • Instinct

    Jérôme Camut, Nathalie Hug

    8/10 Le plus difficile lorsque des écrivains se lancent dans une série aussi volumineuse que celle des Voies de l'ombre est de savoir garder son auditoire en trouvant dans chaque tome un nouvel axe au récit, de ne pas sombrer dans la répétition du premier tome.

    Cet Instinct, troisième tome de la tétralogie, est l'exemple même du livre qui déjoue tous les pièges de la série.

    Tout d 'abord les personnages principaux sont changés, sauf bien entendu le psychopathe, véritable soleil noir autour duquel gravitent tous les autres personnages. Jérôme Camut et; Nathalie Hug ont eu la bonne idée de reprendre un personnage secondaire, de le faire montée en puissance. Personnage fort, à la psychologie différente des précédents héros, qui va revoir son jugement sur Kurtz.

    Kurtz, justement, Phénix du mal, qui va revenir et montrer tous ses talents d'emprise psychologique, de son intelligence, qui ferait passer Hannibal Lecter pour un amateur.

    Hasard de l'actualité de décembre 2018, mais le final du roman semble avoir été inspiré par les mouvements de contestation dans la capitale française.

    Je ne m'étendrais pas sur les qualités de la rédaction à 4 mains de ce roman : les deux auteurs apportent chacun leurs facilités respectives qui font passer ce roman des presque 600 pages à une vitesse grand V.

    Allez, je ne perds pas le rythme, je me lance dans la lecture du dernier tome.

    22/12/2018 à 21:59 3

  • Stigmate

    Jérôme Camut, Nathalie Hug

    6/10 Ce second tome est beaucoup plus axé sur la psychologie de Kurtz, cette machine de méchanceté et du taylorisme du crime. Les auteurs nous dévoilent la méthodologie et la montée en puissante de Kurtz, machiavélique, intelligent et insaisissable. On est donc loin du rythme et de l'intensité du premier tome, sans pour autant avoir un livre plan plan.

    Autre grosse différence avec le premier tome est le retournement des rôles, le chasseur devient chassé. Mais comme dit le dicton, on n'apprend pas à un vieux singe à faire des grimaces, et ce vieux renard à plus d'un tour dans son sac pour retourner la situation.

    Sans doute pas le meilleur livre de la tétralogie (même si je n'ai pas encore lu les deux derniers tomes), mais il constitue la pierre angulaire du récit et est le tome autour duquel l'histoire va prendre un nouveau virage.

    12/12/2018 à 19:47 2

  • Prédation

    Jérôme Camut, Nathalie Hug

    8/10 Le pitch de ce livre est tout simplement génial : les malfaiteurs n'agissent plus directement, mais kidnappent des personnes et un parent pour les obliger à faire des crimes.

    Mais la qualité de ce livre ne réside pas uniquement dans cette idée : les personnages sont bien structurés, complexes, que l'on découvre au fur et à mesure; même si l'inspecteur principal est un peu cliché (sa femme l'a quitté, un poil violent et porté sur la bouteille de scotch). Mais bien sûr c'est avant tout la psychologie des personnes kidnappées qui importe et est délicatement abordée pour ne pas devenir ennuyeuse ou pesante.

    Une fois le livre commencé, il est très difficile de le refermer, les auteurs alternant récits des policiers, kidnappés acteur et kidnappés de pression, ou du malfaiteur en chef et des origines de cette idée "commerciale". L'écriture est parfaite, tout en fluidité, relances de fin de chapitre propres aux page-turners.

    Le seul point négatif serait la fin un peu évidente du fait que ce livre est le premier tome d'une série de quatre. On se doute bien que le méchant de l'histoire va passer entre les maille du filet des policiers.

    Enfin, je rassure les lecteurs un peu sensibles, il n'y a guère plus de scènes gore que celles décrites en quatrième de couverture.

    C'est donc avec une grande joie que je me lance de ce pas dans la lecture du deuxième tome Stigmate.

    29/11/2018 à 20:37 4

  • Phobia

    Ouvrage collectif

    8/10 Un commentaire court pour de nombreuses nouvelles courtes.

    Une fois encore, ce genre de petit livre nous permet de découvrir des auteurs que nous ne connaissions pas ou que nous n'aurions jamais lu.

    Une mention toute spéciale pour le texte d'Ian Manook aux relents de Tontons flingueurs avec la verve d'Audiart : un pur délice.

    En plus c'est pour la bonne œuvre.

    22/11/2018 à 21:27 2

  • Inexorable

    Claire Favan

    9/10 Je ne comprends pas pourquoi la presse ne parle pas de ce roman?

    A l'image du héros de son roman Claire Favan est mise à l'écart, à l'écart de la presse qui ne voit pas dans son dernier roman l'émergence d'une nouvelle grande romancière. Car avec Inexorable, Claire Favan passe un cap.

    En s'affranchissant du genre policier, tout du moins dans la première partie du livre, elle montre ses qualités de romancière.

    On sent que l'auteure a mis dans ce roman beaucoup du sien, il y a beaucoup plus de sensibilité. Inexorable est beaucoup plus intimiste que les précédents romans de Claire Favan, la sensibilité des personnages est communiquée au lecteur, la psychologie de ses personnages est affinée, tout en subtilité, complexité et évolutivité.

    Son fils ayant subi une forme d'exclusion, on la sent particulièrement concernée par le sujet et donc investie dans ce roman. Claire Favan ne se contente pas de nous contenter une histoire mais également fait passer un message.

    De plus, l'écriture est d'une parfaite fluidité. Happé par le roman, le lecteur aura du mal à le lâcher, comme moi où après 2 petits jours la dernière page était tournée.

    11/11/2018 à 21:19 4

  • La Disparition de Stéphanie Mailer

    Joël Dicker

    3/10 Un point important à préciser, ce nouveau roman de Joël Dicker n'est pas un thriller, ce livre serait à classer dans les romans policiers... voire dans la catégorie des romans "tout court"... et pas dans le rayons des bons romans.

    Car si j'avais été séduit par La vérité sur l'affaire Harry Quebert, autant je suis déçu par La disparition de Stéphanie Mailer.

    D'une part parce que tant dans la couverture du livre, que dans l'organisation de l'histoire, à sa lecture on a une sensation de déjà-lu, déjà-vu.

    D'autre part par ce que l'auteur pour ajouter des pages à son livre multiplie les chapitres flashback de plusieurs pages pour ce qui avait dit à la fin du chapitre ne quelques phrases, ajoute toujours plus de personnages, tous plus caricaturaux les uns que les autres, avec des histoires secondaires qui n'apportent rien à l'histoire principale, au point où parfois je me demandais qui était qui et de qui on parlait par moment. D'ailleurs il semblerait que tant l'auteur que l'éditeur se soient également égarés sur le sujet à la première impression du roman, en se trompant de nom du coupable. Bref du Dostoïevski en moins bien.

    Enfin, parce que l'enquête est tout simplement nulle. On a l'impression de voir le Sheriff Rosco de Sheriff fait moi peur enquêter, sans aucune logique et faisant preuve d'un grand manque de professionalisme. L'enquête avance par des découvertes fortuites, des indices tombés du ciel, sans aucune possibilité au lecteur de découvrir le coupable.

    Le seul point fort du roman est que pour le prix vous mettrez du temps à lire ces plus de 600 pages tant l'histoire se tire en longueur, et donc vous aurez au cela pour votre argent.

    08/11/2018 à 21:35 8

  • Le Douzième Chapitre

    Jérôme Loubry

    5/10 J'ai toujours le désir d'écrire un roman policier mais je n'a jamais eu l'idée de départ pour me lancer dans cette grande aventure? Et puis il y a quelques mois, j'ai eu cette idée d'un lecteur qui lit par hasard un livre et découvre sur papier son histoire, son autre vie où il a commis un meurtre. Et là, au détour d'une librairie, je découvre le douzième livre de Jérôme Loubry qui reprend quasiment cette idée. Curieux de voir jusqu'où l'auteur avait poussé cette idée de départ, je me suis lancé dans la lecture de ce roman.

    Ce que l'on remarque à la lecture des premières pages, c'est la très belle plume de Jérôme Loubry : à la fois claire, limpide, elle coule comme l'eau dans un petit ru en pleine nature. Cette qualité rédactionnelle transporte immédiatement le lecteur dans l'ambiance alternativement des années 1980 et 2010.

    Comme les héros du roman, on découvre alors l'origine de .

    Ce roman est avant tout un roman de personnages, de leur relation, de leur évolution psychologique, de leurs premières amours adolescentes; qui forgeront les futurs adultes. Si les enfants sont attachants, leurs versions adultes sont un peu moins fouillés, voire limite caricaturaux.

    Un roman agréable à lire qui ravira la plupart des lecteurs mais sans grande surprise pour les amateurs du genre.

    Attention, la suite divulgue une partie conséquente du roman, ne pas lire la suite si vous n'avez pas lu le livre.

    Ma déception vis-à-vis de ce livre provient essentiellement des fortes similarités avec Soeurs de Bernard Minier que j'avais découvert en début de cette année. Malheureusement, Jérôme Loubry n'a pas les qualités de conteur et de "trompeur" de Bernard Minier, dès la description du cadavre trouvé sur la plage, nous devinons la conclusion du livre. Dommage, car le livre avait bien commencé.

    04/11/2018 à 21:38 3

  • Le Signal

    Maxime Chattam

    9/10 Que dire de ce gros roman de 750 pages, bien denses, de Maxime Chattam ?

    Avant de savoir si Maxime Chattam est à la hauteur de Stephen King, il est important de dire que Le signal est un très bon roman d'horreur / fantastique. On peut même dire qu'il va rapidement trouver sa place dans la bibliothèque des amateurs du genre comme un classique. Il reprend tous les codes du genre et, par hommage à ses paires (pères), met en scène des symboles d'autres livres ou films du genre : le clown avec son ballon rouge, le club de copains avec la fille "extra-ordinaire" façon Stranger Things ou Goonies, ....

    Mais, il y a encore une petite marche avant que Maxime Chattam n'arrive au firmament de Stephen King. Le maître est le seul avec peu de mots, des phrases simples, à décrire une atmosphère, à susciter son lecteur un sentiment ou à mettre en scène des personnages structurés dont la psychologie évolue au fil des pages.Chez Maxime Chattam il y a encore des paragraphes avec des phases alambiquées, des tournures complexes, et des personnages clichés comme le chef de police borné, ou le joueur de football limité et agressif.

    On remarquera une mise en page toute particulièrement du livre : les tranches sont noires ainsi que le bord des pages sur un centimètre. Serait-ce pour rappeler un grimoire, ou ben pour montrer les limites de l'emprise du livre un peu comme l'influence du mal jusqu'à la ravine.

    Enfin, le roman n'est pas exempt d'humour, l'auteur pratiquant même l'auto-dérision. En effet, le père est un auteur de pièce de théâtre en manque d'inspiration cherchant une seconde vie professionnelle loin de la pression de New, et la mère, star de la télé, voulant revenir à ses premières amours d'animatrice radio. Doit-on y voir une projection du couple Maxime Chattam - Faustine Bollaert (sa femme) ?

    En conclusion, un roman sorti au bon moment car il est préférable de le lire dans le noir.

    30/10/2018 à 21:02 8

  • Gomorra

    Roberto Saviano

    3/10 Un point indéniable qu'il faut concéder à ce livre est la richesse documentaire sur cette mafia napolitaine. C'est un véritable travail d'investigation que seuls quelques journalistes ont le courage de mener à bien. Alors qu'il aurait pu en faire un roman contant l'histoire de cette pègre pour en dénoncer l'emprise sur la vie économique et politique napolitaine, l'auteur dénonce non seulement le système mais également ses acteurs, en donnant leurs noms, leurs méthodes, les services corrompus...

    En ce n'est pas un roman mais un documentaire, une encyclopédie sur la camorra. Et s'en est le principal défaut, la lecture de ce livre est difficile, voire impossible dans un contexte de loisirs. Elle peut être lassante face la quantité des détails, comme les 4 pages sur les surnoms des principaux mafieux; ou bien déroutante puisque l'on saute d'un sujet à l'autre sans qu'aucun fil rouge guide le lecteur tout au long des 400 pages. C'est sans compter les nombreuses répétitions qui eurent raison de ma ténacité à aller au bout de ce livre.

    30/10/2018 à 18:33 2