LeJugeW

1901 votes

  • Un vieux truc indien

    Craig Johnson

    8/10 Walt Longmire accompagne son ami Lonnie Little Bird à l'hôpital pour faire contrôler son diabète. En chemin ils s'arrêtent à un restaurant où tout le monde est couché au sol. Et pour cause : 5 minutes auparavant, un jeune homme les braquait.
    Grâce au V.T.I. (lire la nouvelle pour comprendre), l'affaire sera rapidement résolue. Belle chute en effet !

    18/01/2017 à 10:19 5

  • Gel nocturne

    Knut Faldbakken

    8/10 Un polar scandinave (norvégien précisément) dans la plus pure tradition, avec des personnages bien creusés, une atmosphère si particulière, une enquête qui avance lentement, sans coup d'éclats ni rebondissements sur rebondissements. Avec à la fin des pièces du puzzle qui se rassemblent et qui nous font dire : chapeau ! à l'auteur. Bref, un polar scandinave comme je les aime. En plus des réussites du roman déjà citées, j'ajoute que le personnage de Jonfinn Valmann est très attachant et cette enquête va révéler en lui des failles, réveiller des souvenirs peu avouables. Un personnage que j'ai envie de revoir.
    En outre la lecture de Jean-Marie Galey (livre audio) est remarquable de justesse !
    Je vais me pencher sur ses rares romans policiers traduits en France (quel dommage que si peu de ses romans soient publiés en France !).

    16/01/2017 à 00:12 4

  • Les Marécages

    Joe R. Lansdale

    9/10 Difficile de dire mieux que les précédents avis. Je m'ajoute au concert de louanges et aux nombreux 9/10.
    Oui ce livre est excellent, et comme l'a dit Emil', c'est un roman sur la relation père/fils, la famille, un roman initiatique dans lequel Harry va passer (et nous avec) par de nombreuses émotions, davantage qu'un roman noir sur le Sud raciste des États-Unis dans les années 30 (attention la contextualisation historique est très réussie, mais n'est pas forcément au cœur du récit, à mon humble avis, même si elle permet d'expliquer certains fils de l'intrigue, évidemment).
    Joe R. Lansdale brosse une galerie de personnages bien creusés, attachants ou détestables mais dont aucun ne peut laisser de marbre. Et décidément, cette partie des États-Unis (l'East Texas) recèle d'histoires et anecdotes intéressantes, qu'on a l'habitude de voir plutôt du côté de la Louisiane (en tout cas avec nos yeux de lecteurs français).
    J'ai adoré pendant une semaine me plonger dans ce livre à la lecture si plaisante et j'ai repoussé le moment où je devrais finir ce livre. Pas loin du coup de cœur donc, seul certaines filiations m'ont semblé un peu capillotractées.
    Assurément un roman marquant, que je vais probablement garder longtemps en mémoire.

    14/01/2017 à 13:03 12

  • 3 instincts

    Julien Parra

    9/10 Grosse claque que cette première BD de Julien Parra ! C'est (très) violent, c'est (très) sanglant, c'est (très) cru, mais tout cela à un sens : des destins entrecroisés, entremêlés, dont on comprend à travers quatre parties, comme un compte à rebours, les liens qui unissent les différents protagonistes.
    Indéniablement un BD marquante, dont l'avertissement "Âmes sensibles s'abstenir" n'est pas à prendre à la légère, rien n'est épargné au lecteur.

    11/01/2017 à 22:03 4

  • Balles perdues

    Jef, Matz

    8/10 Histoire de gangsters très classique effectivement. Ce qui fait la différence avec une BD lambda c'est le dessin magnifique de Jef. Les couleurs, dans des tons sépia, collent parfaitement à l'ambiance des années 20 (l'histoire se passe sous la Prohibition). L'entretien en fin d'ouvrage avec le cinéaste Walter Hill, à l'origine du projet, nous éclaire sur la genèse de l’œuvre.
    A découvrir, notamment pour celles et ceux qui aiment les ambiances de gangsters et l'époque de l'entre-deux-guerres aux États-Unis.

    04/01/2017 à 18:08 1

  • Le mystère ô combien mystérieux du clown qui avait perdu son sourire

    Patrick Bousquet

    7/10 J'ai davantage apprécié cet opus de la série que celui concernant le train mystérieux. Toujours autant d'humour (jeu de mots, calembours...) et une intrigue plus poétique. Idéal pour les très jeunes lecteurs pour acquérir du vocabulaire et lire une histoire sympa.

    04/01/2017 à 18:02 1

  • Excursion

    Steinar Bragi

    6/10 Considérablement refroidi par le précédent roman traduit de Steinar Bragi (Installation, à fuir), j'ai ouvert celui-ci avec un a priori fort négatif.
    Disons-le tout de suite : Excursion est bien meilleur, à commencer par la traduction. Il reste cependant quelques passages obscurs, mais je crois que cela est dû à l'écriture très spéciale de l'auteur islandais, qui se perd en digressions et entretient parfois un flou très gênant pour le bon suivi de l'intrigue, oscillant entre réalité et illusion, entre passé et présent...
    Alors que faut-il retenir de bon ? D'abord le décor, les lieux décrits. J'ai des images très fortes en tête, je "voyais" la maison, le barrage, le village étrange et abandonné... L'interaction entre les personnages aussi, à commencer par ces quatre trentenaires propres sur eux mais dont le passé a laissé quelques séquelles... Puis l'étrangeté dans laquelle baignent les protagonistes, une atmosphère assez unique je dois dire. Et le suspense qui va crescendo, à mesure que l'horreur, inexplicable (et pas franchement expliquée...) se déploie.
    Pourquoi 6 alors ? Au-delà des passages obscurs, c'est la fin très, très, très ouverte qui frustre. L'auteur n'apporte pas beaucoup de réponses et même si je crois l'avoir comprise, je n'en ai pas la certitude.
    En fait, en refermant ce livre j'ai eu un sentiment mitigé : soulagé de ne pas avoir connu une nouvelle lecture déplorable après Installation mais frustré de ne pas avoir lu un excellent roman, dont les ingrédients pourtant laissaient présager une autre recette. Celle-ci me laisse en bouche un goût de "il y avait mieux à faire", tout en laissant dans ma mémoire des images fortes et une ambiance rare.
    J'ajoute enfin que le fait de ne pas saisir tous les subtilités liées à la mythologie islandaise (le traducteur fait pourtant l'effort d'ajouter des notes de bas de page pour nous faire mieux comprendre certains références historiques, politiques et mythologiques de l’Islande) m'empêche probablement de saisir la symbolique du thème central traité dans ce roman.
    J'invite vraiment les curieux et les curieuses à se faire leur propre avis, car j'ai envie de connaître d'autres ressentis sur cet étrange roman.

    01/01/2017 à 21:46 5

  • Un si terrible secret

    Evelyne Brisou-Pellen

    9/10 Un coup de téléphone, le jour de Noël. Nathanaëlle, quinze ans, décroche. Au bout du fil, la gendarmerie. Pilou et Mamie, ses grands-parents, sont morts. Très vite la gendarmerie conclut à un suicide... dans un ruisseau de 20cm de profondeur. Nathanaëlle n'y croit pas. Quelques mois plus tard, profitant d'un voyage de ses parents au Népal, elle décide d'aller dans la maison où s'est produit le drame. Et découvre, d'abord une photo puis le journal intime de sa grand-mère, pendant l'Occupation.
    En le lisant, elle va comprendre l'horrible secret de ses origines.
    Un texte qui se lit bien, une intrigue très prenante, une plongée réussie dans le sombre passé de la France occupée et un dénouement digne des meilleurs polars.
    Ce fut une excellente lecture, que je conseille vivement aux parents qui souhaitent offrir à leur(s) jeunes adolescent(s) un très bon roman basé sur des faits historiques.
    Remarquable !

    01/01/2017 à 11:53 3

  • Halte au feu

    Jean-Hugues Oppel

    8/10 Écrit en 2004, ce court texte (90 pages) est pourtant d'une actualité brûlante. Et a envisagé, un an avant, les "émeutes" des banlieues de 2005.
    En quelques dizaines de pages, Jean-Hugues Oppel nous entraîne dans les méandres d'une cité "chaude", dans laquelle un accident de voiture met le feu aux poudres. Mais qui ment ? Paroles de jeunes banlieusards, contre parole de flics. Et au milieu Gérard Balagan, un "bœuf-carotte" qui cherche la vérité.
    Une belle histoire à la conclusion pertinente, susceptible de toucher les jeunes (et moins jeunes) lecteurs. Une réussite.

    01/01/2017 à 11:40 3

  • Les Enfants assassins

    Thierry Lenain

    6/10 Un très court polar jeunesse (une trentaine de pages) dans lequel une épidémie de parricide touche la capitale française. Pas beaucoup de temps pour apprendre à connaître les personnages, seul Canardin, le vieux commissaire à la retraite est (un peu) développé. La fin est une chute logique mais rare dans ce genre de polars jeunesse. Assez bon, donc, mais qui aurait mérité quelques pages de plus.

    31/12/2016 à 11:13

  • Ténèbres sur Jacksonville

    Brigitte Aubert

    5/10 J'ai eu beaucoup de mal à accrocher à ce roman peuplé de morts-vivants, malgré un bon début. La lecture d'Yves Belluardo (livre audio) n'y est pour rien, elle colle même plutôt bien au ton du roman. Mais c'est justement ce ton qui ne m'a pas plu, oscillant sans cesse entre humour et horreur. Au final, pas sûr que je garde un grand souvenir de ce roman, mais j'ai en revanche conscience de certaines de ses qualités, à même de séduire les fans de romans avec des zombies.

    30/12/2016 à 18:52 2

  • Au-delà du mal

    Shane Stevens

    6/10 S'il est évident, comme l'ont souligné d'autres avis, que ce roman a fait date dans l'histoire du thriller, il n'en demeure pas moins qu'il souffre de quelques défauts, à mes yeux en tout cas.
    Sans rentrer dans les détails, j'en pointerai deux.
    Le premier est la longueur exagérée du roman. 889 pages en poche, ce n'est pas un problème en soi. Mais des scènes qui se répètent selon un même schéma sur des centaines de pages ont de quoi lasser. Pourtant, le roman avait bien commencé avec l'enfance du tueur et sa vie en hôpital psychiatrique, deux éléments très importants du récit et fort prenants. Hélas, le rythme s'étiole concomitamment à la répétition des meurtres, répétition dans leur forme en plus. Beaucoup de personnages, beaucoup de points de vue... et j'ai fini par décrocher.
    Le deuxième défaut, celui-là encore plus subjectif, est la place qu'occupent les femmes dans le livre. Elles sont soit folles (la mère du tueur), soit (nombreuses) victimes un brin naïves et souvent vénales, soit manipulatrices (comme la maîtresse du politique Stoner) mais elles n'ont jamais le beau rôle. Ce déséquilibre m'a gêné, et m'a amené à me poser la question des motivations de l'auteur...
    Et j'ajoute que Shane Stevens a voulu traiter un nombre important de sujets (entre autres la place de la presse, le rapport presse-police, les scandales politiques, la peine de mort, les hôpitaux psychiatriques etc...), ce qui alourdit, à mon sens, encore plus le récit et sa dynamique.
    Bref, sans nier l'évident apport d'Au-delà du mal à ce genre de la littérature et les novations qu'il apporte à cette époque (1979 !), il souffre de défauts qui, sans être rédhibitoires, ne m'ont pas permis de prendre plaisir à le lire au-delà des 200 premières pages.

    28/12/2016 à 12:43 8

  • Maman a tort

    Michel Bussi

    8/10 Michel Bussi est en tête des ventes de polars en France et cette place en haut du podium n'est pas usurpée, loin s'en faut. Maman a tort est là pour le confirmer. Car même si je n'ai pas été très surpris par les rebondissements (moins bluffants que dans d'autres romans de l'auteur, à moins que ce soit moi qui m'habitue à la construction de ses intrigues), je me suis attaché aux personnages, le petit Malone notamment mais pas seulement. J'ai aimé découvrir certains pans de l'histoire du Havre et de ses alentours (Potigny, base de l'OTAN etc...) tout en suivant une intrigue franchement prenante (belle imagination pour bâtir de telles intrigues !).
    Pas le meilleur de l'auteur à mon goût mais clairement un très bon roman.

    23/12/2016 à 12:34 5

  • La Machine à démourir

    Bruno Gazzotti, Fabien Vehlmann

    6/10 Dessins toujours aussi sympas mais une intrigue qui n'avance pas, ce tome 10, centré sur le très jeune (et touchant) Terry est pour moi le plus décevant de la série, on a l'impression qu'il sert juste de transition entre le tome 9 et le suivant, sans rien apporter de plus. Vraiment dommage. J'espère que la "machine" va être relancée de manière efficace lors du tome 11.

    21/12/2016 à 22:34 1

  • Bienvenue à Cotton's Warwick

    Michaël Mention

    7/10 J'ai lu ce roman assez rapidement, partagé de façon totalement paradoxale entre l'avidité d'en savoir plus et le dégoût de certaines scènes particulièrement glauques, trash. J'ai apprécié le fait que Michaël Mention s'aventure sur de nouveaux territoires (même si je le préfère encore Outre-Manche avec son excellente trilogie), curieux de voir ce qu'il voulait nous y faire découvrir. J'applaudis l'imagination de l'auteur (inspiré à n'en pas douter par les livres/films cités plus bas par Fab), une intrigue cuisinée avec son style si particulier et reconnaissable entre mille. J'ajoute que l'avertissement donné par Scarabe dans le commentaire précédent n'est pas anodin. Oui ce livre est particulièrement violent, d'une violence franchement malsaine.
    Du coup, difficile de dire que j'ai aimé. Mais impossible de dire le contraire. Paradoxal, comme je l'ai écrit plus haut.
    Au final, je garde une sensation particulièrement aiguë : celle d'un roman comme un soleil cuisant, dont je suis ressorti le visage carbonisé et qui laissera quelques séquelles.

    21/12/2016 à 14:54 9

  • La Prunelle de ses yeux

    Ingrid Desjours

    8/10 Je n'avais encore jamais lu Ingrid Desjours, c'est désormais chose faite avec La prunelle de ses yeux et je dois dire que cette lecture fut particulièrement plaisante. L'auteure mêle différents thèmes (la cécité de conversion, la relation père/fils, la vengeance, l'extrême-droite, le machisme, l'expérience de Milgram...) avec une belle dextérité tant dans l'écriture que dans leur traitement. La plume est alerte, les pages se tournent vite et l'on a envie de savoir comment Gabriel va assouvir sa vengeance mais surtout en comprendre l'origine. Le récit alterne entre le point de vue de Victor (fils de Gabriel) en 2003 et celui de son père en 2016 et cette construction, loin de nuire à la lecture, permet au contraire de remonter le fil de l'intrigue et de poser les pièces du sombre puzzle les unes après les autres.
    Habile, parfois émouvante, toujours prenante, l'histoire tissée par Ingrid Desjours vaut largement le détour.

    14/12/2016 à 23:34 6

  • Réveil brutal

    Tibet

    7/10 Attiré par le nom du dessinateur, Tibet, dont j'aime beaucoup les dessins (dessinateur du célèbre Ric Hochet), j'ai ouvert cette BD avec curiosité. Tibet n'est pas ici accompagné de son habituel compère Duchâteau mais seul à la manoeuvre.
    On y retrouve le coup de crayon propre à l'auteur et l'humour qu'on lui connaît, et cela donne au final une BD très plaisante à lire mais qui ne m'aura pas marqué par son intrigue que j'ai trouvé un peu plate.

    11/12/2016 à 22:30 1

  • Le mystère ô combien mystérieux du train fantôme

    Patrick Bousquet

    5/10 Un polar jeunesse très court (une vingtaine de pages) destiné aux 7-8 ans, sans grande originalité dans l'intrigue et qui vaut davantage pour ses quelques traits d'humour.

    11/12/2016 à 22:15 1

  • Il y a un bandit sous mon lit !

    Jean-Pierre Andrevon

    8/10 Paul-Henry dit Pouly est un jeune garçon qui passe du temps devant la télévision. Passionné de westerns qu'il déguste en rentrant de l'école, il ne prête pas attention aux coups de feu tirés dans la rue, trop passionné par ceux tirés à l'écran. Mais le soir, il découvre aux informations qu'un braquage a eu lieu dans sa rue ! Et au moment du coucher, des odeurs inhabituelles planent dans sa chambre...
    Une belle histoire écrite en 1992 mais qui n'a pas beaucoup vieilli, qui plaira aux 8-10 ans et peut être lue aux plus jeunes, aidés par les illustrations de Philippe Kailhenn.

    05/12/2016 à 22:22 1

  • Le Rapport de Brodeck

    Philippe Claudel

    9/10 Des années que j'entendais parler de ce livre au titre énigmatique. Par bonheur il m'a été offert. Je dis par bonheur car cela m'a enfin permis de le découvrir et à sa lecture, au fil des pages, j'ai compris pourquoi on en parlait tant.
    Passé l'agacement des premières dizaines de pages dû au fait de ne pas savoir où se situe l'action, car j'ai compris que le propos n'était pas là, j'ai été enchanté par la plume magnifique, ample et riche de Philippe Claudel et fasciné par cette histoire ô combien sombre, étouffante, sorte de huis clos où seuls les flashback encore plus noirs permettent d'en sortir pour un temps. Le Rapport de Brodeck est comme un étau qui se resserre autour du narrateur, lui qui a pourtant déjà tant souffert. Le village, au fur et à mesure, se rétrécit. On est là, on observe, on éprouve de la crainte, on ne respire plus...
    J'en garde un souvenir fort marqué d'une atmosphère assez unique, pesante.
    Un grand roman donc, écrit à n'en pas douter par un grand écrivain.
    J'ai vu que Manu Larcenet l'avait adapté en BD. Aimant particulièrement le travail du dessinateur, je crois que je vais me "régaler" à découvrir son adaptation.

    27/11/2016 à 22:34 10