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On ne mange pas les cannibales
7/10 Si on ne mange pas les cannibales, ce roman, lui, se dévore du début à la fin. Le suspense est très présent et certains rebondissements sont mémorables. Pour autant, malgré des personnages forts (Bambi, Rivière, les frangins...), je ne pousse pas plus haut au niveau de la note car de nombreuses ficelles m'ont semblé bien grosses, plusieurs éléments étant aussi peu vraisemblables que bien commodes pour les besoins de l'intrigue. Une autrice à suivre en tout cas.
18/03/2026 à 18:04 4
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34m²
8/10 Un roman court et oppressant qu'on dévore en apnée en espérant jusqu'au bout qu'il ne se passera pas ce qu'on pense qu'il va se passer...
Un huis clos à ne pas mettre entre toutes les mains mais un texte puissant sur l'emprise et les violences faites aux femmes.
Aussi court que noir, un ristretto littéraire.18/03/2026 à 17:18 2
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Marzi tome 5, Pas de liberté sans solidarité
8/10 On continue de suivre Marzi dans sa vie quotidienne dans la Pologne des années 1980 dans des scénettes de quelques pages à chaque fois. Son père en grève pour un monde meilleur, la vie à la campagne vs celle à la ville, l'adolescence qui pointe son nez... Ce 5e opus marque avec la chute du mur, le déclin du communisme et la fin du premier cycle.
18/03/2026 à 16:54
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La part des chiens
4/10 Comme Ssarlotte, très dubitatif sur ce titre. La noirceur, oui, c'est parfois "hard" mais à la limite, pourquoi pas si ça sert le récit, ce qui est le cas ici. Surtout, c'est effectivement trop décousu et pour ma part, la mayonnaise n'a pas pris. Têtu, j'ai été jusqu'au bout, par petites touches, avec quand même l'envie de voir comment tout cela allait (mal) se terminer. Mais clairement, je ne recommanderai pas ce bouquin, y compris à des gens qui ont aimé d'autres titres de l'auteur.
18/03/2026 à 15:09 1
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Palmer dans le rouge - Une enquête en bord de Médoc
8/10 Pétillon s'en est allé en 2018, laissant derrière lui 15 albums consacrés à Jack Palmer et un scénario inédit. Manu Larcenet a souhaité, en guise d'hommage, donner vie à cette dernière aventure du détective gaffeur. L'exercice de style est réussi. Si l'on reconnaît bien la patte de Larcenet (plutôt tendance "Retour à la terre" et gros nez que "La route" et encre de Chine), on retrouve aussi la verve de Pétillon et les situations rocambolesques, et même vaudevillesques par moment, dans lesquelles se retrouve Palmer (et son maudit téléphone). Cette enquête désopilante dans le milieu du vin est un bon cru !
18/03/2026 à 14:56 3
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Carcoma
8/10 Empruntée par hasard (la couv était sympa), j'ai beaucoup aimé cette aventure de pirates sombre et teintée de fantastique.
A bord du Carcoma, les règles sont strictes : on ne parle pas de sa vie d'avant et on ne rêve pas à un hypothétique avenir ailleurs. Le contrat est clair et répété chaque jour comme un mantra par le capitaine à ses matelots repris de justice : tôt ou tard, on mourra à bord, et les corps seront donnés à manger aux poissons, sans cérémonie. Quiconque oserait aller contre ces règles trouverait vite sur sa route le terrible capitaine. Alors que le rythme des décès à bord semble s'accélérer de manière suspecte, une curieuse créature est adopté par une partie des matelots désabusés du Carcoma, faisant renaître l'espoir de certains.
Si cette première BD solo d'Andrés Garrido n'est pas feel good pour un sou, c'est une réussite. Le dessin, volontairement dans les tons glauques, rajoute à l'atmosphère lugubre du Carcoma. Les personnages et les dialogues sont bons. Il faut adhérer au virage fantastique, mais c'est bien fait, amenant des scènes de bagarre assez mémorables. Il y a des clins d’œil aussi, que je n'ai pas tous décelés sans doute, mais le terrible capitaine a un nez tout en longueur qui fait penser aux personnages d'Isaac le pirate (Blain). Une belle découverte.12/01/2026 à 14:42
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À nos chevaux !
8/10 Paru en 1997, A nos chevaux est le 2e roman de Dominique Manotti. On y retrouve le commissaire Daquin qui est confronté, entre autres, à l'assassinat d'une jeune femme dans les toilettes d'un hippodrome. En débutant cette enquête, il ne s'attendait pas à tomber dans un tel panier de crabes. Il commence par s'intéresser à Nicolas Berger, communicant pour un grand groupe d'assurances, cocaïnomane et petit dealer dans les soirées mondaines de la région parisienne. Un de ses adjoints le file discrètement quand Berger et un autre homme meurent sous les yeux du policier dans l'explosion de sa voiture, préalablement piégée. Daquin et son équipe ne sont pas au bout de leurs peines dans cette affaire complexe qui touche peu à peu à tous les aspects du grand banditisme : immobilier, drogue, politique, blanchiment d'argent, prostitution et j'en passe. Un roman noir procédural dense mais de grande qualité où l'on reconnait déjà l'écriture à l'os de Dominique Manotti, n'hésitant pas à enchaîner les phrases très courtes et même nominales. Je vais prochainement retrouver l'atypique commissaire Daquin (rugbyman, homosexuel, grand sensible, détestant conduire...) dans Kop, qui se déroule ce coup-ci dans le milieu du football.
11/01/2026 à 22:14 2
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Les Enfants des autres
9/10 Contexte, scénario, dessin, j'ai quasiment tout aimé dans cette BD de 150 pages qui se dévore littéralement. J'ai juste eu un peu de peine à m'intéresser à Léon, lui préférant largement le personnage d'Emilio Sanz. Le scénario est riche (en personnages, en développements et rebondissements) mais je ne l'ai pas trouvé spécialement confus. Ceci dit, il vaut mieux lire la BD en une fois je pense. Hâte de me plonger dans le 2e tome, qui s'intéresse plus particulièrement au monde du cinéma.
11/01/2026 à 21:59 2
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Revoir Comanche
9/10 Si le scénario est classique mais efficace, cette BD atypique de 150 pages est un véritable bijou de 9e art. Dans cet hommage à Hermann (Red Dust & Comanche), Romain Renard fait le pari d'un dessin très différent, en noir et blanc, à la limite de la photo par moment tant il brille par son réalisme. Romain Renard scénarise, Romain Renard dessine comme personne. Romain Renard joue de la musique (qu'on peut écouter en lisant la BD via un QR code). C'est à se demander si ça ne fait pas trop de talent pour un seul homme. Après la série Melville, une nouvelle réussite que ce formidable album (one shot).
11/01/2026 à 20:18 5
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Mater Dolorosa
8/10 Passé à côté de La Femme du deuxième étage et surtout de L'eau rouge, malgré les éloges et les prix, je découvre donc Jurica Pavicic avec ce titre, grâce au Prix Polars Pourpres. J'ai eu un petit peu de mal à entrer dedans, l'ai laissé de côté puis recommencé, mais c'était dû au moins autant à mon peu de disponibilité pour lire et me concentrer qu'au texte lui-même, assez lent au départ, et aux nombreux personnages (plus les noms slaves, qui n'aident pas forcément à y voir très clair au départ). Assez vite, à partir du moment où on commence à se douter de quelque chose de louche, j'ai été complètement ferré et en empathie avec Ines. Malgré une intrigue pas folle d'originalité, j'ai tourné les pages avec avidité jusqu'au final, assez brillant.
11/01/2026 à 19:57 4
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Les Enfants loups
7/10 Je suis partagé sur ce roman. Lu il y a maintenant quelques mois, il m'est bien resté en tête, ce qui est plutôt un gage de qualité. J'ai même des images assez précises en tête, un peu comme si j'avais vu le film plutôt que lu le livre, c'est assez rare pour être signalé. Les personnages m'ont plu, notamment ceux de Jesse et de l'institutrice, Laura Bender. C'est bien écrit, on est avec eux dans ces montagnes inhospitalières, dans ce village qui n'a que du mépris pour certains de ses habitants, etc. En revanche, je rejoins certains avis sur la fin, qui est un peu "expédiée" et surtout, on en a parlé sur le forum, il y a des ficelles qui sont tellement grosses que ce sont plutôt des cordes voire des bouts d'amarrage. Il faut vraiment se laisser porter et lâcher un peu prise pour que ça passe, car ce n'est vraiment pas très crédible par moments. Une bonne lecture malgré ces bémols.
11/01/2026 à 19:43 7
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Les Hamacs de carton
8/10 Dans une volonté de lire toute l’œuvre de Colin Niel, et parce que je ne connaissais de ses polars guyanais que Darwyne et Wallace, j'ai choisi de commencer la série consacrée au capitaine Anato par le premier opus, qui se trouve être aussi le premier roman de l'auteur (2012). Et bien, il ne souffre pas vraiment des défauts habituels d'un premier roman. Si le rythme est moins soutenu que dans Seules les bêtes ou Entre fauves, la tension est toujours présente et l'intrigue captivante. Comme Anato, on a envie de savoir ce qui est arrivé à cette famille, qui semble comme morte dans son sommeil. Ce dernier est un personnage très intéressant, notamment de par son profil qui le rend doublement étranger (pas tout à fait "français" et pas tout à fait "guyanais"). Les personnages secondaires ne sont pas en reste et on passe un très bon moment avec ces personnages. Ça tombe bien, il y a encore trois romans derrière : Ce qui reste en forêt, Obia et Sur le ciel effondré.
11/01/2026 à 19:29 5
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La Route
9/10 Que dire de plus par rapport à tout ce qui a déjà été dit ci-dessous et ailleurs sur ce bédéaste et cette adaptation ? Au niveau dessin, on n'est pas dans Nic Oumouk ou Le Retour à la terre, c'est clair (façon de parler). En l'occurrence, c'est plutôt foncé on est sur de l'encre de Chine, c'est noir, parfois gris, et un peu blanc en jouant avec le papier, comme dans Le rapport de Brodeck. C'est puissant comme dans Blast. Pour une fois que je n'avais pas lu le roman avant une adaptation, aucune déception, et ça me donne même encore plus envie de découvrir le texte de Cormac McCarthy. Chaque case est bien conçue, certaines planches sont magnifiques. Du grand Larcenet.
10/01/2026 à 22:12 5
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On ne sait rien de toi
8/10 Lu dans le cadre de mes lectures imposées, j'ai peiné quelques dizaines de pages à m'intéresser à ce flic et à cette famille bourgeoise, pas tant à cause de l'écriture de l'auteur, mais plutôt parce que ce monde, très éloigné du mien, ne m'intéresse pas. Mais très vite, on comprend qu'il y a quelque chose qui ne file pas rond avec cette famille, avec ce flic exemplaire. Et là où Fabrice Tassel est habile, c'est qu'au moment où il commence à nous donner du grain à moudre, on se retrouve rapidement comme un petit chat qui découvre un fil dépassant d'une pelote de laine. Ça devient plus fort que nous, on veut tirer dessus pour aller au bout. Au final, malgré ce bémol sur les premières pages plus lié à mes goûts, j'ai beaucoup aimé ce suspense psychologique très bien amené. Je relirai Fabrice Tassel, sans doute avec plaisir.
10/01/2026 à 22:04 2
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Les âmes féroces
8/10 Lu dans le cadre du prix que je coordonne au niveau professionnel (Prix du Roman de la Ville de Carhaix), j'ai aimé ce roman, qui l'a finalement emporté devant Les Saules. Le découpage, assez basique, fonctionne très bien. Je dirais même qu'il amène véritablement quelque chose au récit. 4 saisons qui passent à partir de la mort de Leo, 4 voix différentes pour raconter Leo et la ville de Mercy : le printemps avec la shérif Lauren Hobler ; l'été avec Benjamin, le prof suspect ; l'automne avec Emmy, une des meilleures amies de Leo ; l'hiver, enfin, avec Seth, le père de la victime. Une réussite que ce roman choral dont l'intensité va crescendo, de plus en plus difficile à reposer à mesure qu'on s'approche du final.
10/01/2026 à 21:41 4
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La Sagesse de l'idiot
8/10 J'ai beaucoup aimé ce roman, que j'ai trouvé très plaisant à lire. Cela est dû à l'écriture de Marto Pariente, alerte, pleine d'humour et de dialogues enlevés. Mais surtout, cela tient au personnage principal. Toni Trinidad, flic "moyen", qui tombe dans les pommes à la vue d'une goûte de sang, moqué par une partie de la population, mais finalement pas si bête que ça. Je poursuivrai l'aventure avec Marto Pariente avec Balanegra.
10/01/2026 à 21:33 3
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Le Portrait de Dorian Gray
7/10 Après Crime et châtiment, entre autres, je poursuis grâce à Audible l'écoute de "classiques" que je n'ai jamais réussi à lire plus jeune en version papier. Si l'histoire est intéressante, voire passionnante dans le dernier tiers, j'ai trouvé l'écoute parfois laborieuse. Par rapport à ce qu'on a davantage l'habitude de lire aujourd'hui, il y a un manque de rythme qui peut parfois rendre la lecture poussive. Malgré cela et un style qui fait son âge – le roman a plus d'un siècle – j'ai trouvé l'histoire assez prenante pour aller au bout.
10/01/2026 à 16:31 1
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Deadline
Laurent-Frédéric Bollée, Christian Rossi
8/10 Plutôt classique en apparence, et porté par le superbe dessin de Christian Rossi (W.E.S.T.), Deadline se démarque assez vite du western traditionnel de par son angle d'approche. On s'intéresse ici à la guerre de Sécession, certes, mais surtout à un camp de rétention de Georgie, en août 1864, une véritable prison à ciel ouvert, où sont retenus des nordistes. La deadline, c'est la limite à ne pas franchir. Quiconque tente de le faire est immédiatement tué par les geôliers sudistes.
Un soldat noir, au calme frisant insolence aux yeux de ses gardes, intrigue le jeune confédéré Louis Paugham. A partir de là, Laurent-Frédéric Bollée emporte le lecteur dans une direction plutôt inattendue et propose une BD poignante et un western original.10/01/2026 à 16:03
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Wilbur
7/10 Le duo ayant réalisé la trilogie Tyler Cross est de retour avec cette série qui se déroule dans un univers bien différent. Ici, on s'intéresse à Wilbur H. Arbogast, auteur de nombreuses nouvelles dans les magazines pulps et désormais dans une mauvaise passe. Grâce à un agent littéraire fan de son travail et qui rêve de le remettre sur le devant de la scène, Wilbur se prend à des rêves de grandeur. Il va proposer LE livre, celui qui va changer la face du monde.
Malgré un dessin très efficace, je n'ai pas été totalement emporté par cet opus, peut-être surtout de par le sujet, qui ne m'emballe pas plus que ça. Je poursuivrai néanmoins car j'aime bien ce que font ces auteurs et j'ai envie de connaître la suite.10/01/2026 à 15:42
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La Dernière Etape
9/10 En faisant un récap 2025, je me rends compte que ce bouquin est celui qui m'a le plus emballé cette année.
Parce que j'aime les bouquins de Guillaume Guéraud depuis l'adolescence (Je mourrai pas gibier, Cité Nique-le-ciel, Coup de sabre...).
Parce que l'idée de ce bouquin, véritable exercice de style littéraire, me rappelle les contraintes et acrobaties de l'OULIPO, que j'apprécie beaucoup.
Parce qu'autant de points de vue pour rejouer la même scène, c'était super casse-gueule comme idée mais qu'au final, c'est super bien fait (un peu comme dans le film Elephant, mais pas tout à fait).
Parce qu'on ne voit pas le temps passer et que le déroulé de cette tuerie se lit avec un plaisir coupable.
Parce que ça ferait un super film.
Parce que ça n'a l'air de rien, le scénario tient sur un post-it, mais qu'au final c'est d'une grande virtuosité.
N'hésitez pas à lire cette petite pépite dans la nouvelle collection "La Manuf".08/01/2026 à 12:00 6
