Hoel Modérateur

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  • La Fin des hommes

    Christina Sweeney-Baird

    8/10 Écosse, 2025.
    Aux urgences de l’hôpital de Glasgow, un jeune homme s’étant présenté avec de la fièvre succombe en quelques heures. Puis un deuxième et un troisième. Rapidement, le Dr MacLean craint le pire et en avertit sa hiérarchie : selon elle, une épidémie extrêmement létale se répand et serait déjà hors de contrôle. Ses prévisions jugées alarmistes s’avèrent vite exactes à ceci près que ce qui devient bientôt une pandémie d’une ampleur inégalée ne touche que les êtres humains de sexe masculin. Bébés comme vieillards, c’est bientôt 90 % des hommes qui périssent de ce que la presse a tôt fait d’appeler le « Fléau ». Aucune femme n’en souffre directement, bien qu’il semblerait qu’elles puissent néanmoins véhiculer le virus. Rapidement, c’est l’humanité entière qui est en danger de mort et qui cherche une solution.

    Écrit en 2019, avant la pandémie de Covid, comme il a été jugé utile de le préciser par l’auteur dans une préface ultérieure, ce récit post-apocalyptique est à la fois glaçant et curieusement familier. Christina Sweeney-Baird imagine un monde très proche du nôtre duquel quasiment tous les hommes disparaissent en quelques années. Ambitieux, ce roman choral post-apocalyptique qui se déroule sur un temps assez long est passionnant et truffé de bonnes idées. Celle de nous donner à voir évoluer une grande galerie de personnages, issus de tous horizons et évoluant aux quatre coins du globe, est intéressante. Revers de la médaille, il n’est pas aisé de s’attacher à l’un d’entre eux – ou plutôt à l’une d’entre elles tant les personnages féminins dominent – ni même parfois de s’y retrouver. Évoquant de par son sujet des pépites comme Anna ou encore Les Dames blanches, ce premier roman est à saluer même si l’auteure pêche peut-être un peu par facilité par moments lorsqu’elle imagine des rapports hommes/femmes totalement inversés.

    Avec ce récit post-apocalyptique passionnant, la jeune Britannique Christina Sweeney-Baird fait une entrée remarquée dans l’univers des littératures de l’imaginaire. Son éditeur nous apprend qu’elle travaille à l’écriture d’un second roman, que certains lecteurs conquis attendent déjà.

    07/05/2022 à 15:45 5

  • Pour Rose

    Serge Le Tendre, Olivier TaDuc

    8/10 Un scénario minimaliste mais efficace dans cette nouvelle aventure de Chinaman. Au hasard de ses pérégrinations, il fait la connaissance de Rose, une jeune orpheline élevée dans un chalet par des trappeurs. Les grands-parents maternels de l'enfant, des bourgeois bien établis, apprennent qu'elle est encore en vie et se mettent en tête de la récupérer par tous les moyens plutôt que de laisser leur petite-fille grandir dans les bois, chez des sauvages. Seulement, ce n'est pas du goût de Rose ni de sa famille d'adoption.

    05/04/2022 à 09:34 3

  • Il était deux fois

    Franck Thilliez

    7/10 J'ai atteint avec ce roman le point de lassitude que j'avais atteint avec ceux de Coben puis de Fitzek il y a quelques années. On reprend les mêmes recettes (disparition, amnésie)... C'est efficace en diable. Force est de constater qu'il est difficile de ne pas être happé par le récit, que j'ai d'ailleurs pris plutôt plaisir à lire. Mais un plaisir un peu contrarié, comme si j'étais constamment un peu à côté du bouquin au lieu d'être totalement dedans, tant mon esprit critique était sceptique quant à certaines ficelles utilisées (plutôt des câbles d'amarrage à ce niveau-là tant elles sont grosses). De manière plus générale, et à la décharge de Franck Thilliez, ces thrillers à base de tueurs en série sont de moins en moins ma tasse de thé.

    18/03/2022 à 17:49 9

  • Toute la violence des hommes

    Paul Colize

    8/10 Pas le meilleur Colize pour ma part (j'ai gardé de meilleurs souvenirs d'Un long moment de silence ou de Back Up) mais ça n'en demeure pas moins un très bon suspense, avec du fond qui plus est. Effectivement, le final est peut-être un peu plus faible que dans d'autres romans de l'auteur mais tout à fait dans l'esprit. En tout cas, j'avais "loupé" plusieurs titres de l'auteur, ça m'a clairement donné envie d'en lire d'autres.

    18/03/2022 à 17:32 10

  • Le Dernier Thriller norvégien

    Luc Chomarat

    7/10 Mi-pastiche, mi-polar, Le Dernier Thriller norvégien est un truculent petit roman se jouant des codes du genre et du lecteur en n'ayant de cesse de flirter entre la fiction et la fiction dans la fiction (une marque de fabrique de Luc Chomarat). Le personnage principal est lui même éditeur de thrillers nordiques mais il est rattrapé par des évènements bien trop réels puisque le manuscrit qu'il lit semble prévoir ce qui arrive autour de lui pour ne pas dire ce qui lui arrive. Certains auteurs se sont cassés les dents à tenter le pastiche. Ici, à défaut de donner un chef-d’œuvre, ce qui n'était vraisemblablement pas l'intention de l'auteur, c'est intelligemment fait. On passe un agréable moment de lecture avec souvent le sourire au coin des lèvres.

    16/03/2022 à 18:26 6

  • A Armes égales

    Serge Le Tendre, Olivier TaDuc

    7/10 Un épisode effectivement très western consistant essentiellement en une course-poursuite. Pour autant, je l'ai curieusement préféré au précédent.
    Seul bémol : j'ai toujours du mal, en BD comme au cinéma, avec les protagonistes qui ont des discussions de fond, limites philosophiques, en même temps qu'ils s'échangent des coups de pieds et des manchettes. Je trouve ça aussi cliché que peu crédible.

    12/03/2022 à 15:04 2

  • Le Démon de la Colline aux Loups

    Dimitri Rouchon-Borie

    9/10 Je l’ai lu en quelques heures. Si je n’avais pas travaillé le lendemain matin, je crois que je l’aurais lu d’une seule traite, comme en apnée. J’ai été happé par le récit dès les premières pages, et ce malgré l'écriture particulière liée au « parlement » parfois déroutant du personnage principal, qui finit par savoir qu’il s’appelle Duke. C’est dur, ça parle de maltraitance et même d’inceste puis d’un parcours chaotique entre squats et prisons mais j’ai trouvé que Dimitri Rouchon-Borie n’en faisait pas trop. Duke est un personnage très attachant et le fait qu’il n’ait rien su du monde avant de pouvoir s’extraire de ses parents ignobles est traité de manière très intéressante. Un peu comme dans l’allégorie de la caverne de Platon, il n’avait qu’une vision du monde parcellaire et s’émerveille du ciel puis de la mer une fois sorti. De fait, certaines scènes sont dures mais d’autres sont inversement très belles. Malgré la noirceur globale du roman – à ne pas conseiller à tout le monde – je l’ai beaucoup apprécié. Je suivrai ce que fait cet auteur, qui est par ailleurs journaliste spécialisé dans la chronique judiciaire et le fait divers (tiens tiens !).

    10/03/2022 à 15:24 8

  • La Montagne d'or

    Serge Le Tendre, Olivier TaDuc

    7/10 Bien que je n'ai pas accroché du tout au personnage principal, homme de mains pour les terribles Triades chinoises, fraîchement débarqué au Nouveau Monde, j'ai trouvé le scénario plutôt prometteur s'agissant du premier tome d'une série qui en compte neuf. Le dessin (au moins dans la première édition de 1997) fait un poil daté mais est très dynamique. Fort heureusement, car les scènes de combat, et plus largement d'action, ne manquent pas.

    08/03/2022 à 11:30 3

  • Moon River

    Fabrice Caro

    8/10 " – Tout un livre à partir d'un dessin de bite sur la joue ?... Euh... Tu es sûr de ton projet là ?
    – Oui, non, mais le point de départ on s'en fiche en fait, c'est juste un argument, comme dans les Hitchcock... L'idée c'est de faire un polar genre film noir des années 40-50, un truc moite, sombre, angoissant... "

    Donc oui, Le MacGuffin de ce vrai/faux polar est hautement improbable, l'inspecteur Hernie Baxter enquêtant sur la personne qui a défiguré l’immense actrice Betty Pennyway à coups de feutre indélébile. Si vous êtes allergiques à l'humour absurde, passez votre chemin. Pour les autres, il y a là de quoi faire travailler ses zygomatiques voire ses abdos dans cette nouvelle réussite de l'auteur de Zaï zaï zaï zaï (ces jours-ci au cinéma d'ailleurs).

    08/03/2022 à 10:56 1

  • Le club des assassins

    Matthew Broersma, Paul Martin

    8/10 A force de les prêter et des les ranger, j'ai mis mon nez dans cette série de petites BD (format souple). Le jeune lecteur (8 ans et +) mène l'enquête en même temps que le célèbre Dr Énigmus. Chaque historiette – il y en a douze dans ce premier volume – est composée de la même façon, en 4 planches. 1 planche d'introduction, deux planches de présentation de l'énigme, avec les faits, les témoins, les suspects... A la fin de la 3e planche (page de droite, pas folle la guêpe), le perspicace Dr a tout compris et c'est à l'enfant (ou au grand enfant) de faire travailler ses petites cellules grises pour trouver le coupable et comprendre comment Énigmus a procédé. Certaines intrigues sont assez classiques, d'autre plus farfelues, l'humour n'étant jamais loin, ne serait ce que dans les noms des personnages qui sont souvent des calembours. Très plaisant, et certaines enquêtes ne sont pas si faciles que ça, il faut être observateur !

    02/03/2022 à 09:17 3

  • Chien hurlant

    Melissa Morin

    7/10 Dans son premier ouvrage en solo, qui vient de paraître à La Boîte à Bulles, Mélissa Morin met en scène un adolescent plus isolé qu’il n’y paraît qui glisse dans une spirale infernale en croyant trouver dans la violence un exutoire à ses problèmes. Le propos est à la fois on ne peut plus actuel et effrayant. Les réseaux sociaux ne sont pas un drame en soi mais on voit régulièrement que des jeunes y perdent pied, surtout lorsque les parents sont absents ou tout comme. Ajoutez à cela ici de vrais problèmes familiaux et vous obtenez un cocktail de galères à venir pour Andrea. Heureusement, il n’est pas tout à fait tout seul. Les enseignants tentent de le recadrer, et surtout, il peut compter sur son oncle paternel, un musicien vivant avec ses chiens dans sa caravane parmi les gens du voyage. Le dessin est efficace et plutôt classique, sauf lorsque les montées de stress d’Andreas, amenant ses comportements violents, sont représentées par des… chiens hurlants.

    Une BD parfois dure mais jamais désespérée qui s’interroge sur les causes de la violence et les réponses qu’on peut apporter pour dompter ses démons intérieurs.

    01/03/2022 à 08:42 2

  • L'Inconnu de la Poste

    Florence Aubenas

    8/10 Après avoir vu le film Ouistreham et avoir lu ici des avis de Fredo, j'ai eu envie de me plonger dans l’œuvre de la journaliste Florence Aubenas.
    J'ai lu ce livre avec les oreilles (interprétation efficace de Fabienne Loriaux) et j'avais du mal à couper le moteur à la fin de mes trajets tant j'avais envie de connaître le fin mot de l'histoire. C'est un poncif, mais dans ce cas, il n'est pas exagéré de dire que ce récit journalistique se lit "comme un polar".
    Les protagonistes sont bien décrits, on semble les comprendre, l'auteure donne à voir le point de vue des uns et des autres : "témoins" (guillemets car il n'y en a pas à proprement parler), proches de la victime, suspects, enquêteurs...
    Ce n'est pas mon cas mais certains d'entre vous ont peut-être suivi dans les médias cette affaire Thomassin qui avait fait un peu de bruit à l'époque car le principal suspect est un acteur qui a eu le César du meilleur espoir (1991) pour un film au titre qui le poursuivra malheureusement, bien que sa culpabilité n'ait jamais pu être établie : Le Petit Criminel.
    Une enquête passionnante sur un sinistre faits divers qui ne livrera sans doute jamais tous ses secrets.

    22/02/2022 à 19:00 5

  • On bougera pas

    Bastien Sanchez, Patrick Wong

    4/10 Second volet de ce diptyque quasi documentaire sur le quotidien des habitants d'un "quartier". Les élections locales approchent. Nous suivons le quotidien d'une bande de dealers, de la gardienne d'un immeuble qui pourrit à vue d’œil faute d'entretien et de moyens, d'un jeune homme qui aimerait s'en sortir par un travail "honnête", de sa rencontre avec une jeune femme qui veut faire des études... Tous voient les politiciens défiler et leur faire des promesses mais ne voient pas bien comment leur quotidien pourrait s'en retrouver changé. Une BD réaliste au constat amer, pour ne pas dire implacable, mais au dessin agréable.

    22/02/2022 à 18:39 3

  • Granit rouge

    Alexis Horellou, Delphine Le Lay

    8/10 Dans cette seconde aventure, Lucien passe les vacances d’hiver chez ses grands-parents à Douarnenez et doit résoudre un nouveau mystère, en plein pendant les Gras, le plus célèbre des carnavals bretons. Le fantôme du cruel brigand La Fontenelle erre-t-il vraiment dans les rues de la capitale de la sardine ? Tout un programme !
    Les planches sont toujours aussi belles, certaines pouvant être encadrées sans problème. L'intrigue est de bon niveau. Un régal de BD jeunesse.

    19/02/2022 à 11:58 2

  • L’Empreinte de H. Price

    Alexis Horellou, Delphine Le Lay

    8/10 Après des ouvrages pour les plus grands non moins réussis (Plogoff, Ralentir...), le tandem mayennais inaugure avec cet ouvrage une sympathique série pour les enfants.

    Dans ce premier tome, Lucien déménage avec sa petite sœur Violette et leurs parents dans une petite bourgade rurale où ils ne connaissent personne. Nul ! En se rendant à l'épicerie, Lucien apprend qu'une grande bâtisse serait hantée par son propriétaire, le vieux professeur, mort une nuit sans lune au bord de la falaise. Enfin quelque chose de cool pour Lucien, chasseur de fantômes amateur et grand fan d'Harry Price, le ghostbuster anglais. Le découpage des planches, très original, et le choix des couleurs, qui évoquent l'art nouveau et particulièrement Mucha, confèrent un certain cachet à la série qui plaira aux enfants comme à leurs parents.

    19/02/2022 à 11:44 2

  • Ubac

    Élisa Vix

    7/10 Bien qu'amateur de longue date des romans d’Élisa Vix, je confesse que celui-ci n'est pas mon préféré. Comme Emil, j'ai trouvé que l'auteure était un peu restée à la surface des choses avec celui-ci. L'intrigue est assez convenue et les personnages, notamment Estelle, peinent à émouvoir. Pour autant, cela se lit avec une facilité déconcertante et on arrive vite au bout de ce court roman. Pour découvrir cette plume talentueuse, préférez Elle le gibier, La nuit de l'accident ou encore L'hexamètre de Quintilien.

    19/02/2022 à 10:29 3

  • 22/11/63

    Stephen King

    8/10 Lu il y a quelques années. Je me rends compte en faisant du tri dans ma "P.A.L. Polars Pourpres" que je ne l'avais pas noté.
    J'ai souvent été déçu par les Stephen King les plus épais (Ça et Dreamcatcher notamment). En cherchant bien, il y a sans doute quelques longueurs sur les 1000 pages de ce pavé mais c'est un peu le péché mignon de l'auteur. Et l'histoire est si passionnante par ailleurs qu'on le lui excuse facilement ici, je trouve. Un point de départ sympa et bien exploité de bout en bout, un personnage principal attachant, une grande page de l'histoire contemporaine des USA, de beaux passages. Un très bon cru !

    19/02/2022 à 10:23 6

  • La Vérité et autres mensonges

    Sascha Arango

    7/10 Écouté il y a quelques mois dans la version audio interprétée par Olivier Cuvellier. Je me suis facilement laissé embarquer dans cette histoire parfois un brin rocambolesque. En revanche, je n'ai pas eu beaucoup d'empathie pour Henry Haiden, que j'ai trouvé assez détestable. Quelques rebondissements bien sentis nous amènent sans mal au bout de ce roman, sympathique et bien écrit mais loin d'être inoubliable pour ma part.

    19/02/2022 à 10:15 2

  • La Soustraction des possibles

    Joseph Incardona

    8/10 Nous sommes en Suisse à la fin des années 80. Le roman s'ouvre sur Aldo, tennisman pas assez bon pour percer au plus haut niveau et reconverti prof, qui joint l'utile à l'agréable en séduisant ses élèves, mûres et aisées de préférence.
    Lorsqu'il rencontre Svetlana, c'est le coup de foudre. Jeune banquière à l'ambition féroce, elle a une idée brillante pour satisfaire leur soif vorace d'argent. Seulement, cette bonne combine ne durera peut-être pas éternellement.

    Roman d'amour, roman d'une époque, roman dénonçant sans y toucher les travers d'une société capitaliste aux flux monétaires mondialisés, La certitude des possibles est tout cela, et même un peu plus. Un roman fort et déjà multi-récompensé dans la lignée du Bûcher des Vanités de Tom Wolfe.

    " Tu sais quoi, René ? J'ai décidé que ma seule patrie, le seul drapeau auquel faire allégeance, est le pognon. Et quand il y a le pognon, on est tous copains, on n'est pas raciste ni rien. Il n'y a jamais de problèmes dans les hôtels cinq étoiles, jamais. T'as remarqué ? "

    18/02/2022 à 18:02 6

  • Epilogue

    Charlie Adlard, Robert Kirkman

    7/10 Un épilogue quelque peu surprenant, dont l'action se déroule des années après celle du tome précédent. Difficile d'en dire plus sans divulgâcher mais on retrouve avec plaisir certains des personnages rescapés. En effet, le dossier comprenant, entre autres, un long entretien avec Robert Kirkman, est très instructif.

    18/02/2022 à 17:18 2