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Carcoma
8/10 Empruntée par hasard (la couv était sympa), j'ai beaucoup aimé cette aventure de pirates sombre et teintée de fantastique.
A bord du Carcoma, les règles sont strictes : on ne parle pas de sa vie d'avant et on ne rêve pas à un hypothétique avenir ailleurs. Le contrat est clair et répété chaque jour comme un mantra par le capitaine à ses matelots repris de justice : tôt ou tard, on mourra à bord, et les corps seront donnés à manger aux poissons, sans cérémonie. Quiconque oserait aller contre ces règles trouverait vite sur sa route le terrible capitaine. Alors que le rythme des décès à bord semble s'accélérer de manière suspecte, une curieuse créature est adopté par une partie des matelots désabusés du Carcoma, faisant renaître l'espoir de certains.
Si cette première BD solo d'Andrés Garrido n'est pas feel good pour un sou, c'est une réussite. Le dessin, volontairement dans les tons glauques, rajoute à l'atmosphère lugubre du Carcoma. Les personnages et les dialogues sont bons. Il faut adhérer au virage fantastique, mais c'est bien fait, amenant des scènes de bagarre assez mémorables. Il y a des clins d’œil aussi, que je n'ai pas tous décelés sans doute, mais le terrible capitaine a un nez tout en longueur qui fait penser aux personnages d'Isaac le pirate (Blain). Une belle découverte.12/01/2026 à 14:42
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À nos chevaux !
8/10 Paru en 1997, A nos chevaux est le 2e roman de Dominique Manotti. On y retrouve le commissaire Daquin qui est confronté, entre autres, à l'assassinat d'une jeune femme dans les toilettes d'un hippodrome. En débutant cette enquête, il ne s'attendait pas à tomber dans un tel panier de crabes. Il commence par s'intéresser à Nicolas Berger, communicant pour un grand groupe d'assurances, cocaïnomane et petit dealer dans les soirées mondaines de la région parisienne. Un de ses adjoints le file discrètement quand Berger et un autre homme meurent sous les yeux du policier dans l'explosion de sa voiture, préalablement piégée. Daquin et son équipe ne sont pas au bout de leurs peines dans cette affaire complexe qui touche peu à peu à tous les aspects du grand banditisme : immobilier, drogue, politique, blanchiment d'argent, prostitution et j'en passe. Un roman noir procédural dense mais de grande qualité où l'on reconnait déjà l'écriture à l'os de Dominique Manotti, n'hésitant pas à enchaîner les phrases très courtes et même nominales. Je vais prochainement retrouver l'atypique commissaire Daquin (rugbyman, homosexuel, grand sensible, détestant conduire...) dans Kop, qui se déroule ce coup-ci dans le milieu du football.
11/01/2026 à 22:14 2
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Les Enfants des autres
9/10 Contexte, scénario, dessin, j'ai quasiment tout aimé dans cette BD de 150 pages qui se dévore littéralement. J'ai juste eu un peu de peine à m'intéresser à Léon, lui préférant largement le personnage d'Emilio Sanz. Le scénario est riche (en personnages, en développements et rebondissements) mais je ne l'ai pas trouvé spécialement confus. Ceci dit, il vaut mieux lire la BD en une fois je pense. Hâte de me plonger dans le 2e tome, qui s'intéresse plus particulièrement au monde du cinéma.
11/01/2026 à 21:59 2
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Revoir Comanche
9/10 Si le scénario est classique mais efficace, cette BD atypique de 150 pages est un véritable bijou de 9e art. Dans cet hommage à Hermann (Red Dust & Comanche), Romain Renard fait le pari d'un dessin très différent, en noir et blanc, à la limite de la photo par moment tant il brille par son réalisme. Romain Renard scénarise, Romain Renard dessine comme personne. Romain Renard joue de la musique (qu'on peut écouter en lisant la BD via un QR code). C'est à se demander si ça ne fait pas trop de talent pour un seul homme. Après la série Melville, une nouvelle réussite que ce formidable album (one shot).
11/01/2026 à 20:18 5
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Mater Dolorosa
8/10 Passé à côté de La Femme du deuxième étage et surtout de L'eau rouge, malgré les éloges et les prix, je découvre donc Jurica Pavicic avec ce titre, grâce au Prix Polars Pourpres. J'ai eu un petit peu de mal à entrer dedans, l'ai laissé de côté puis recommencé, mais c'était dû au moins autant à mon peu de disponibilité pour lire et me concentrer qu'au texte lui-même, assez lent au départ, et aux nombreux personnages (plus les noms slaves, qui n'aident pas forcément à y voir très clair au départ). Assez vite, à partir du moment où on commence à se douter de quelque chose de louche, j'ai été complètement ferré et en empathie avec Ines. Malgré une intrigue pas folle d'originalité, j'ai tourné les pages avec avidité jusqu'au final, assez brillant.
11/01/2026 à 19:57 4
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Les Enfants loups
7/10 Je suis partagé sur ce roman. Lu il y a maintenant quelques mois, il m'est bien resté en tête, ce qui est plutôt un gage de qualité. J'ai même des images assez précises en tête, un peu comme si j'avais vu le film plutôt que lu le livre, c'est assez rare pour être signalé. Les personnages m'ont plu, notamment ceux de Jesse et de l'institutrice, Laura Bender. C'est bien écrit, on est avec eux dans ces montagnes inhospitalières, dans ce village qui n'a que du mépris pour certains de ses habitants, etc. En revanche, je rejoins certains avis sur la fin, qui est un peu "expédiée" et surtout, on en a parlé sur le forum, il y a des ficelles qui sont tellement grosses que ce sont plutôt des cordes voire des bouts d'amarrage. Il faut vraiment se laisser porter et lâcher un peu prise pour que ça passe, car ce n'est vraiment pas très crédible par moments. Une bonne lecture malgré ces bémols.
11/01/2026 à 19:43 7
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Les Hamacs de carton
8/10 Dans une volonté de lire toute l’œuvre de Colin Niel, et parce que je ne connaissais de ses polars guyanais que Darwyne et Wallace, j'ai choisi de commencer la série consacrée au capitaine Anato par le premier opus, qui se trouve être aussi le premier roman de l'auteur (2012). Et bien, il ne souffre pas vraiment des défauts habituels d'un premier roman. Si le rythme est moins soutenu que dans Seules les bêtes ou Entre fauves, la tension est toujours présente et l'intrigue captivante. Comme Anato, on a envie de savoir ce qui est arrivé à cette famille, qui semble comme morte dans son sommeil. Ce dernier est un personnage très intéressant, notamment de par son profil qui le rend doublement étranger (pas tout à fait "français" et pas tout à fait "guyanais"). Les personnages secondaires ne sont pas en reste et on passe un très bon moment avec ces personnages. Ça tombe bien, il y a encore trois romans derrière : Ce qui reste en forêt, Obia et Sur le ciel effondré.
11/01/2026 à 19:29 5
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La Route
9/10 Que dire de plus par rapport à tout ce qui a déjà été dit ci-dessous et ailleurs sur ce bédéaste et cette adaptation ? Au niveau dessin, on n'est pas dans Nic Oumouk ou Le Retour à la terre, c'est clair (façon de parler). En l'occurrence, c'est plutôt foncé on est sur de l'encre de Chine, c'est noir, parfois gris, et un peu blanc en jouant avec le papier, comme dans Le rapport de Brodeck. C'est puissant comme dans Blast. Pour une fois que je n'avais pas lu le roman avant une adaptation, aucune déception, et ça me donne même encore plus envie de découvrir le texte de Cormac McCarthy. Chaque case est bien conçue, certaines planches sont magnifiques. Du grand Larcenet.
10/01/2026 à 22:12 5
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On ne sait rien de toi
8/10 Lu dans le cadre de mes lectures imposées, j'ai peiné quelques dizaines de pages à m'intéresser à ce flic et à cette famille bourgeoise, pas tant à cause de l'écriture de l'auteur, mais plutôt parce que ce monde, très éloigné du mien, ne m'intéresse pas. Mais très vite, on comprend qu'il y a quelque chose qui ne file pas rond avec cette famille, avec ce flic exemplaire. Et là où Fabrice Tassel est habile, c'est qu'au moment où il commence à nous donner du grain à moudre, on se retrouve rapidement comme un petit chat qui découvre un fil dépassant d'une pelote de laine. Ça devient plus fort que nous, on veut tirer dessus pour aller au bout. Au final, malgré ce bémol sur les premières pages plus lié à mes goûts, j'ai beaucoup aimé ce suspense psychologique très bien amené. Je relirai Fabrice Tassel, sans doute avec plaisir.
10/01/2026 à 22:04 2
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Les âmes féroces
8/10 Lu dans le cadre du prix que je coordonne au niveau professionnel (Prix du Roman de la Ville de Carhaix), j'ai aimé ce roman, qui l'a finalement emporté devant Les Saules. Le découpage, assez basique, fonctionne très bien. Je dirais même qu'il amène véritablement quelque chose au récit. 4 saisons qui passent à partir de la mort de Leo, 4 voix différentes pour raconter Leo et la ville de Mercy : le printemps avec la shérif Lauren Hobler ; l'été avec Benjamin, le prof suspect ; l'automne avec Emmy, une des meilleures amies de Leo ; l'hiver, enfin, avec Seth, le père de la victime. Une réussite que ce roman choral dont l'intensité va crescendo, de plus en plus difficile à reposer à mesure qu'on s'approche du final.
10/01/2026 à 21:41 4
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La Sagesse de l'idiot
8/10 J'ai beaucoup aimé ce roman, que j'ai trouvé très plaisant à lire. Cela est dû à l'écriture de Marto Pariente, alerte, pleine d'humour et de dialogues enlevés. Mais surtout, cela tient au personnage principal. Toni Trinidad, flic "moyen", qui tombe dans les pommes à la vue d'une goûte de sang, moqué par une partie de la population, mais finalement pas si bête que ça. Je poursuivrai l'aventure avec Marto Pariente avec Balanegra.
10/01/2026 à 21:33 3
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Le Portrait de Dorian Gray
7/10 Après Crime et châtiment, entre autres, je poursuis grâce à Audible l'écoute de "classiques" que je n'ai jamais réussi à lire plus jeune en version papier. Si l'histoire est intéressante, voire passionnante dans le dernier tiers, j'ai trouvé l'écoute parfois laborieuse. Par rapport à ce qu'on a davantage l'habitude de lire aujourd'hui, il y a un manque de rythme qui peut parfois rendre la lecture poussive. Malgré cela et un style qui fait son âge – le roman a plus d'un siècle – j'ai trouvé l'histoire assez prenante pour aller au bout.
10/01/2026 à 16:31 1
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Deadline
Laurent-Frédéric Bollée, Christian Rossi
8/10 Plutôt classique en apparence, et porté par le superbe dessin de Christian Rossi (W.E.S.T.), Deadline se démarque assez vite du western traditionnel de par son angle d'approche. On s'intéresse ici à la guerre de Sécession, certes, mais surtout à un camp de rétention de Georgie, en août 1864, une véritable prison à ciel ouvert, où sont retenus des nordistes. La deadline, c'est la limite à ne pas franchir. Quiconque tente de le faire est immédiatement tué par les geôliers sudistes.
Un soldat noir, au calme frisant insolence aux yeux de ses gardes, intrigue le jeune confédéré Louis Paugham. A partir de là, Laurent-Frédéric Bollée emporte le lecteur dans une direction plutôt inattendue et propose une BD poignante et un western original.10/01/2026 à 16:03
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Wilbur
7/10 Le duo ayant réalisé la trilogie Tyler Cross est de retour avec cette série qui se déroule dans un univers bien différent. Ici, on s'intéresse à Wilbur H. Arbogast, auteur de nombreuses nouvelles dans les magazines pulps et désormais dans une mauvaise passe. Grâce à un agent littéraire fan de son travail et qui rêve de le remettre sur le devant de la scène, Wilbur se prend à des rêves de grandeur. Il va proposer LE livre, celui qui va changer la face du monde.
Malgré un dessin très efficace, je n'ai pas été totalement emporté par cet opus, peut-être surtout de par le sujet, qui ne m'emballe pas plus que ça. Je poursuivrai néanmoins car j'aime bien ce que font ces auteurs et j'ai envie de connaître la suite.10/01/2026 à 15:42
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La Dernière Etape
9/10 En faisant un récap 2025, je me rends compte que ce bouquin est celui qui m'a le plus emballé cette année.
Parce que j'aime les bouquins de Guillaume Guéraud depuis l'adolescence (Je mourrai pas gibier, Cité Nique-le-ciel, Coup de sabre...).
Parce que l'idée de ce bouquin, véritable exercice de style littéraire, me rappelle les contraintes et acrobaties de l'OULIPO, que j'apprécie beaucoup.
Parce qu'autant de points de vue pour rejouer la même scène, c'était super casse-gueule comme idée mais qu'au final, c'est super bien fait (un peu comme dans le film Elephant, mais pas tout à fait).
Parce qu'on ne voit pas le temps passer et que le déroulé de cette tuerie se lit avec un plaisir coupable.
Parce que ça ferait un super film.
Parce que ça n'a l'air de rien, le scénario tient sur un post-it, mais qu'au final c'est d'une grande virtuosité.
N'hésitez pas à lire cette petite pépite dans la nouvelle collection "La Manuf".08/01/2026 à 12:00 6
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Les Loups de Fenryder
4/10 Plus jeune, je me refusais à ne pas terminer un livre. Maintenant, non. Mais pour celui-ci, sans doute en lien avec les bonnes notes de pas mal d'entre vous, j'ai persévéré. Ou pour être exact, je l'ai commencé, recommencé, rerecommencé... Et j'ai fini par arriver bon an mal an jusqu'au bout tant qu'à être lancé, mais je pense que je ne lirai pas d'autres livres de cet auteur. Les personnages ne sont pas transcendants, la dose de surnaturel (ce qui se passe dans la piscine notamment) n'est pas ma came et j'ai trouvé que c'était parfois poussif pour arriver à un final somme toute assez moyen (tout ça pour ça). De plus, j'ai trouvé que ça sonnait faux par moments. Une déception : n'est pas Stephen King qui veut.
08/01/2026 à 09:19 3
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Fan Man
7/10 Le duo qui a officié sur la série RIP (6 tomes) remet le couvert avec cette BD en un seul (beau) volume de 128 planches. Il s'agit en vérité de l'adaptation d'un roman de la beat generation culte aux Etats-Unis mais méconnu en Europe : Fan Man de William Kotzwinkle. On y fait la connaissance de Horse Badorties, un doux rêveur qui, au milieu de son taudis (tendance syndrome de Diogène), rêve de grandeur musicale et notamment de fonder la chorale de l'amour. C'est une époque et un état d'esprit qui arrivent à nous avec le personnage haut en couleurs de Badorties. Les couleurs de Julien Monier sont d'ailleurs délicieuses et ça se lit très bien.
08/01/2026 à 09:05 2
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Archipel des ardents
6/10 Novella ou court roman (96 pages) lu dans le cadre pro s'intéressant à la "marginalité". J'ai souvenir d'avoir trouvé le trio de personnages (Domino, Rochelle et Le Fer) plutôt intéressant mais il ne s'y passe pas grand-chose. L'écriture est soignée.
08/01/2026 à 08:49 2
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Marzi tome 4, Le bruit des villes
8/10 Dans ce 4e tome, Marzi découvre avec la croissance qu'elle a des problèmes à la colonne vertébrale. Il y est aussi question de la pesanteur d'être enfant unique, de lecture, de pénurie dans les magasins alimentaires ou encore des vacances d'été à la campagne. Pas de "scénario" à proprement parler, juste des instants de vie vécus par l'autrice lorsqu'elle était enfant, mais c'est vraiment plaisant de suivre cette petite Marzi dans son quotidien.
07/01/2026 à 17:59 2
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Marzi tome 3, Rezystor
8/10 Dans cet opus plus sombre que les précédents, c'est l'état de Guerre en Pologne. Comme beaucoup d'ouvriers, le père de Marzi est en grève, mais la tension est palpable car certains pères ne reviennent pas de leur blocus, emprisonnés arbitrairement quand ce n'est pas tués par l'armée. Parallèlement, Marzi continue de grandir. Il est question de son amitié avec Monika, de danse, et d'un petit chiot qui fait irruption dans sa vie...
07/01/2026 à 17:33 2
