Hoel Modérateur

944 votes

  • Eugénie

    Cédric Simon, Eric Stalner

    7/10 Cette BD met en scène Eugénie, une orpheline dont les parents ont péri dans l'incendie d'un cabaret. Pour que "L'oiseau rare" renaisse de ses cendres, elle aide son grand-père et ses acolytes à commettre divers larcins.
    Une belle BD historique et d'aventures. J'ai beaucoup aimé l'idée de prendre comme point de départ une photo d'époque pour inventer cette histoire et ces personnages. Le dossier explicatif de fin, sur ce qu'était la "Zone ", un bidonville gigantesque entourant Paris fin XIXe début XXe, est passionnant. Les dessins, souvent sur fond de planche noir, sont beaux. Malgré des personnages intéressants, j'ai trouvé le scénario moins brillant mais ce n'est que le premier tome et je lirai le second.

    07/05/2021 à 13:57 2

  • Vainqueurs

    Charlie Adlard, Robert Kirkman

    8/10 Une horde de rodeurs monumentale risque de s'abattre sur Rick et les siens. Tout va être fait pour tenter de faire dévier sa marche mortelle mais cela ne pourra sans doute pas se faire sans casse. Un très bon opus dans lequel la série prend plusieurs virages d'importance. J'ai bien aimé l'évolution du personnage de Negan notamment.

    07/05/2021 à 13:51 2

  • Les Chuchoteurs

    Charlie Adlard, Robert Kirkman

    7/10 Un opus bourré d'action où nos survivants on fort à faire, tant face aux rôdeurs que face aux chuchoteurs, bien décidés à avoir le dernier mot. Comme Gamille, je préfère en général les opus un peu moins bourrins de la série mais j'ai aimé la fin, qui donne envie de poursuivre l'aventure.

    07/05/2021 à 13:48 2

  • L'Homme aux Murmures

    Steve Mosby

    6/10 Alex North est-il meilleur ou moins bon que Steve Mosby ? ;P Je ne sais pas, n'ayant jamais lu le second. A priori, ce n'était pas (ou plus) ma tasse de thé. A posteriori non plus. Certains ingrédients sont pas mal mais j'ai l'impression que le cuisinier ne savait pas trop comment les préparer. Les personnages sont assez fades, y compris Tom, le personnage principal, qui n'a pas de charisme. J'ai préféré l'inspecteur borderline, plus touchant dans ses fêlures bien qu'assez convenu. Les rebondissements ne m'ont pas spécialement surpris, pas plus que les ultimes révélations. Même la narration (les points de vue utilisés) m'a semblé mal maîtrisée par moments. Ceci dit, cela reste un pageturner globalement efficace que j'ai dévoré rapidement.

    05/04/2021 à 17:06 4

  • Pssica

    Edyr Augusto

    7/10 Si vous avez déjà lu Edyr Augusto, vous ne serez pas spécialement surpris.e. Pour les autres, attention, c'est noir de chez noir. Les autres romans de l'auteur ne m'avaient pas fait cet effet à ce point, mais là, j'ai eu du mal à ne pas sauter des passages tellement c'est ignoble. Overdose de violence pour ma part, moi qui suis pourtant loin d'être un bisounours ou accro à Agatha Raisin. Violences physiques, verbales, psychologiques... Je ne doute pas que les sujets traités dans le roman sont une certaine réalité et je n'aime pas forcément les auteurs qui cachent toute violence à coups d'ellipses et de sous-entendus mais là, tout prendre frontalement dans la gueule, c'est dur. Malgré ça, je mets quand même 7 car le roman est bon et les personnages, particulièrement Amadeu et Janalice, bien campés et intéressants. Un nouveau roman de l'auteur, Casino Amazonie, vient de paraître chez Asphalte.

    05/04/2021 à 16:57 3

  • L'Anomalie

    Hervé Le Tellier

    7/10 Malgré quelques longueurs et quelques éléments téléphonés, j'ai apprécié ce prix Goncourt dont je n'attendais rien de précis. Pas étonnant qu'Hervé Le Tellier soit un oulipien confirmé car le roman tient de l'exercice de style par moments et malgré le côté casse-gueule que pouvait avoir son idée centrale, sujet de science-fiction intéressant, l'auteur s'en sort admirablement bien. Un agréable moment de lecture (d'écoute pour ma part) mais pas sûr qu'il m'en reste grand chose dans quelques années. Un choix intéressant que de voir un roman de "divertissement" salué par le jury de ce prestigieux prix littéraire.

    05/04/2021 à 16:47 6

  • Ne me cherche pas demain

    Adrian McKinty

    8/10 Cela fait déjà sept ans que les amateurs d’Adrian McKinty attendaient la suite des enquêtes de Sean Duffy. Les deux premières avaient été publiées par Stock dans sa trop éphémère collection Cosmopolite Noire en 2013. Depuis, rien de ce côté de la Manche hormis La Chaîne, un thriller assez éloigné de l’univers irlandais de l’auteur, paru chez Mazarine au printemps dernier.
    Quel plaisir de retrouver le personnage charismatique d’Une terre si froide et Dans la rue j’entends les sirènes ! Duffy est toujours aussi caustique et désabusé, les dialogues font mouche, et l’auteur glisse même au gré des chapitres quelques touches d’humour bienvenues. L’aspect historique est travaillé et c’est un régal que de voir évoluer notre personnage et ses collègues parmi une galerie de personnalités existantes, de Joe Kennedy à Margaret Thatcher.
    La double enquête est passionnante et Adrian McKinty parvient à jongler avec brio entre la traque – peu fructueuse – d’un activiste de l’IRA et un supposé meurtre en chambre close. Lizzie a été retrouvée, la nuque brisée et une ampoule à la main à côté d’un tabouret, dans le bar où elle travaillait, dont les deux portes étaient verrouillées de l’intérieur à l'arrivée de la police.
    Rappelant par certains aspects le célèbre Patrick Kenzie de Dennis Lehane, Sean Duffy est un personnage attachant qu’on ne peut s’empêcher de détester par moments.

    8e roman traduit en français et déjà le 5e éditeur pour Adrian McKinty, auteur pourtant non dénué de qualités. Espérons que l’Irlandais trouve un peu de stabilité en France et que ses lecteurs n’auront pas à patienter des années pour lire la suite des aventures mouvementées de Sean Duffy – déjà six titres parus outre-Manche.

    02/04/2021 à 17:40 7

  • Sengo tome 3, Familles

    Sansuke Yamada

    8/10 Après un opus qui nous plongeait en plein conflit sino-japonais, nous revoilà après-guerre, dans les ruines de Tokyo. Kuroda se lie d'amitié avec une bande d'enfants perdus qui, comme lui, et malgré leurs bouilles friponnes, vivent de débrouille et d'arnaques à la petite semaine. Parallèlement, d'anciens soldats se mettent à piller des maisons cossues, de manière forte ou douce. La police est sur les dents et peu regardante sur les preuves pourvu qu'elle attrape des "coupables". Un opus plaisant.

    12/03/2021 à 17:34 2

  • Sengo tome 2, Initiation

    Sansuke Yamada

    7/10 Par rapport au premier tome, cet opus est un flashback ramenant les compères Kawashima et Kuroda à la guerre sino-japonaise elle-même... et à ses horreurs.
    Un opus moins rigolo et donc moins savoureux mais qui permet de comprendre pourquoi l'éditeur présente cette série comme "Les Pieds Nickelés chez Tardi".
    A l'aune de cet opus, on comprend en bonne partie d'où viennent les traumatismes des deux hommes. Certaines scènes sont dures et d'autres crues (scènes de soldats au bordel assez explicites) : cette série n'est pas à mettre entre toutes les mains.

    12/03/2021 à 17:26 2

  • Spy X Family tome 1

    Tatsuya Endo

    7/10 Twilight est le plus grand espion du monde. Sa prochaine mission périlleuse ne pouvant être menée sous l'apparence d'un célibataire, il doit trouver une famille d'emprunt. Il adopte une petite fille dans un orphelinat puis s'arrange avec une jeune femme qui cherche elle aussi un homme seulement pour sauver les apparences devant ses collègues, deal gagnant/gagnante. La petite fille est télépathe et la timide jeune femme cache une terrible tueuse à gages. Bien sûr, chacun ignore les spécificités des autres membres de la "famille", qui apprend à se connaître, ce qui ajoute une dose de piment et d'humour.
    Les ficelles sont grosses, très grosses, et ça ne plaira pas à tout le monde de ce simple fait. Mais c'est assumé, et ça m'a fait penser par certains aspects à Detective Conan. Il y a, en plus des missions, de l'humour et même un peu d'irrévérence. Malgré la profession des protagonistes, ce n'est pas véritablement violent et peut être lu à partir de 11/12 ans sans problème. 3 tomes en VF pour le moment, série en cours.

    11/03/2021 à 09:41 1

  • L'Appel aux armes

    Charlie Adlard, Robert Kirkman

    8/10 Un très bon opus, qui redynamise la série et qui fait une part à l'humour, il est vrai. Rick est malmené, y compris en interne. Et ce qui devait arriver arriva, grâce à la complicité d'une personne en voulant à Rick, Negan finit par s'évader. J'ai beaucoup aimé la toute fin, aussi énorme qu'imprévue !

    11/03/2021 à 09:34 2

  • Nuit bleue

    Simone Buchholz

    7/10 Nuit bleue est la sixième enquête de Chastity Riley et la seconde à être traduite en français, la première, Quartier rouge, étant parue dans un relatif anonymat chez Piranha en 2015. Simone Bucholz a fait le nécessaire pour qu’il soit tout à fait possible de savourer ce titre sans avoir lu les précédents.
    On imagine sans peine que l’autrice allemande a mis beaucoup d’elle dans son personnage principal, dotée d’un fort caractère et atypique pour sa profession à bien des égards. Fêtarde, amatrice de bière et de football – en particulier du FC Sankt Pauli, club ouvertement antifasciste qui lui aussi détone dans l’univers du foot – elle est bien plus à son aise dans la nuit et les quartiers populaires de Hambourg que dans les ors des tribunaux.
    L’intrigue, sans être folle d’originalité, est solide et mènera rapidement Chastity Riley à s’intéresser à Gjergj Malaj, un intouchable caïd albanais.

    La quatrième de couverture nous promet d’ores et déjà que cet opus ne sera pas la dernière aventure de Chastity. Tant mieux, car le cadre de ce polar est peu commun et le plaisir de lecture réel.

    04/03/2021 à 11:36 6

  • Sang pour sang

    Charlie Adlard, Robert Kirkman

    7/10 Réaction de défense par peur des habitants d'Alexandria ou véritable attaque en règle ? Difficile de savoir précisément... Toujours est-il que les chuchoteurs n'ont pas fait semblant, laissant plusieurs personnages sur le carreau. Leurs proches sont en colère (on le serait à moins) et prêt à partir en guerre séance tenante. Rick, qui a vu de quoi les chuchoteurs étaient capables, notamment avec l'appui des hordes de marcheurs, se méfie des conséquences d'une attaque précipitée. Mais sa position quelque peu attentiste devient peu à peu intenable. Les nerfs des uns et des autres lâchent... Un opus centré sur les querelles internes et les différentes façon de gérer son deuil... Intéressant et bien fait, à défaut d'être vraiment palpitant.

    26/02/2021 à 17:41 1

  • Opportunités

    Charlie Adlard, Robert Kirkman

    8/10 A Alexandria, la confrontation avec les chuchoteurs semble inévitable. Sur la Colline, Maggie rencontre des difficultés inattendues. Un opus faussement calme, avec des éléments jetés par Kirkman comme un pyromane jetterait des allumettes sur un bidon d'essence. Forcément à un moment, ça finit par exploser, et ça fait des dégâts. On est quasiment obligé de se précipiter sur la suite avec ce final...

    26/02/2021 à 17:36 1

  • Polar, Shots entre amis à Cognac

    Ouvrage collectif

    7/10 Un tueur à gages qui s'embourbe en rase campagne. Un faux enterrement qui tourne mal. Un veuf qui se décide enfin à partir en vacances des années après la disparition de sa femme. Des cadavres retrouvés immergés dans un Paris sous les eaux en 2120. Un dessinateur de comics raté devenu homme de main pour la mafia. Une tentative d’assassinat par sandwich à la tomate interposé...
    Les recueils de nouvelles dessinées sont assez rares pour être signalés, surtout lorsqu'ils sont de bonne facture. L'ensemble est assez éclectique, aussi bien dans le fond que dans la forme : noir et blanc, couleur, ligne claire, crayonné, encrage… Il y a dans ce recueil quasiment autant de styles et de techniques que d’histoires, et il y en a pour tous les goûts.

    Sans rivaliser avec la série Green Manor ou d'autres pépites du genre, les chutes sont souvent bonnes et parfois même excellentes.
    L'ouvrage comprend aussi une préface d'Olivier Marchal, une histoire succincte du festival par Bernard Bec et des affiches des éditions successives signées Sokal, De Metter et autres grands noms de la BD qui ont marqué l’histoire de ce festival qu'on ne présente plus.

    26/02/2021 à 17:23 2

  • Raylan

    Elmore Leonard

    6/10 Pas convaincu par ce roman qui m'a semblé être un patchwork de scénarios mal assemblés. Plusieurs histoires en parallèle, que l'auteur semble obligé de relier à un moment donné, mais tout ça m'a paru très artificiel. J'ai le sentiment que ça aurait pu être mieux exploité, quitte à en faire plusieurs romans. Heureusement, il reste le personnage de Raylan et des dialogues savoureux dont l'auteur a le secret.

    22/02/2021 à 20:26 4

  • Trois hommes, deux chiens et une langouste

    Iain Levison

    7/10 Dans les USA populaires d'aujourd'hui, trois bras cassés qui vivent de petits boulots et de combines minables décident de viser un peu plus haut. Ils tombent par hasard sur des pilules qu'ils tentent de revendre puis se mettent en tête de voler une Ferrari. C'est caustique, souvent juste, très souvent drôle mais il manque un petit quelque chose pour en faire un grand roman. Si Iain Levison prend toujours un malin plaisir à égratigner l'Amérique actuelle, et nous à le lire, il ne s'agit pas de son meilleur roman (j'ai préféré Un petit boulot, et il m'en reste pas mal à lire).

    22/02/2021 à 20:20 4

  • Opus 77

    Alexis Ragougneau

    4/10 C'est bien écrit, peut-être trop bien par moments, comme si le style passait avant le fond. J'ai essayé de m'accrocher, d'autant qu'il y a un semblant de suspense par rapport au personnage mystérieux du frère mais le thème (musique classique, chef d'orchestre...) et les autres personnages (la sœur et le père) m'ont laissé indifférents. Je l'ai laissé tomber au 3/4 et ne suis pas sûr d'y revenir.

    22/02/2021 à 20:14 3

  • Pays de cocagne

    Gerard Donovan

    6/10 Après le magistral Julius Winsome, j'avais peur d'être déçu. Ces 13 nouvelles ne sont pas mauvaises. C'est joliment écrit, très "vrai" dans le ton et souvent empreint d'une certaines nostalgie. Seules quelques unes m'ont vraiment intéressé. Les autres se sont laissées lire agréablement mais sont déjà oubliées quelques mois plus tard. Plutôt une déception bien que je savais que ces nouvelles n'étaient pas policières.

    22/02/2021 à 20:07 3

  • Serena

    Ron Rash

    10/10 Deuxième roman de Ron Rash à avoir traversé l’Atlantique (après Un pied au paradis), Serena est chronologiquement le quatrième qu’il a écrit, et sans aucun doute le plus abouti.
    On se méfie toujours des arguments de quatrième de couverture et des comparaisons flatteuses des éditeurs, souvent à raison. Ici, les allusions au drame élisabéthain et à Macbeth en particulier semblent assez justes, sans qu’il soit question de comparer l’auteur – par ailleurs féru de poésie et poète à ses heures – à Shakespeare. C’est plutôt qu’en termes d’ingrédients, le texte tient davantage du drame classique que du roman noir contemporain.
    Comme dans ses autres livres, la plume de Ron Rash fait des merveilles lorsqu’il s’agit de décrire la nature et les paysages sauvages de Caroline du Nord, sans que cela porte préjudice à l’intensité dramatique du texte. Les personnages et leurs tourments, à commencer par le couple autour duquel gravitent tous les autres, George et Serena Pemberton, sont excellemment décrits. Les conditions de travail des bûcherons d’alors sont aussi rudes que les hivers des Smoky Mountains, aussi les morts ne manquent pas dans Serena, qu’elles soient tout à fait accidentelles ou beaucoup moins fortuites. Voraces et sans scrupules, les Pemberton sont craints et prêts à tout pour déforester jusqu’au dernier arbre de la région, dussent-ils graisser quelques pattes ou neutraliser quelques importuns au passage. C’est ainsi qu’au nœud dramatique du récit, il faut ajouter, en toile de fond mais bien présentes, les conséquences du capitalisme et les premières préoccupations écologiques. Certaines scènes sont mémorables et magnifiquement écrites. Même sans avoir vu le film éponyme (sorti en 2014) ou l’adaptation en bande dessinée (2018), des images fortes nous restent en tête. On pense aux premières scènes où Serena dresse son aigle par exemple ou à d’autres moments dont il serait plus délicat de parler ici sans trop en dire.
    Sans doute le roman ne brille-t-il pas pour l’originalité de ses rebondissements, que l’on pressent en partie, mais là n’était sans doute pas le but de l’auteur. Le texte semble ne pas compter un mot de trop. Lorsque l’on sait que l’auteur l’a écrit et réécrit pas moins de douze fois avant d’en être satisfait, on comprend que le talent, seul, ne suffit pas à produire une telle prouesse.

    Serena est au final un roman noir époustouflant mettant en scène une héroïne aussi féroce qu’inoubliable dont on comprend bien, à l’aune de la lecture, pourquoi elle lui donne son nom.

    22/02/2021 à 20:00 8