El Marco Modérateur

3814 votes

  • Le Club du feu d'enfer

    José Moselli

    7/10 Une histoire qui commence comme un simple fait divers : un jeune homme cherche à se noyer dans le port de San Francisco mais est sauvé in extremis. La raison ? Il est très lourdement endetté après avoir joué au « Club du feu d’enfer », où il a déjà dilapidé huit cents dix mille dollars, perdus face au colonel Grégorio Berludez y Campos. Mais il se pourrait bien que ce club cache d’autres secrets… et que John Strobbins ait décidé d’y fourrer son nez. Une histoire agréable, gentiment menée, avec son duel aux cartes entre ce Streefield et le colonel, certes, mais qui trouve à mes yeux bien davantage d’allant par la suite, avec ce mort découvert dans le coffre-fort, la disparition d’une somme colossale (pardon : « kolossale »), et l’espèce de chantage orchestré par la suite avec une jolie manipulation à la clef. José Moselli a astucieusement bâti son histoire, sans grand éclair d’originalité ni aspect mémorable, mais ça se laisse bien lire et ça permet de passer un bon moment. Autre point plus flagrant : le sentiment antiallemand, avec cette espèce de paranoïa face au « Boche » : à défaut d’être légitime, elle s’explique par le contexte histoire (nous sommes en décembre 1914).

    26/08/2021 à 23:36 2

  • Le Choc de Carnac

    Sophie Marvaud

    8/10 4700 ans avant notre ère. Le Géant, un commerçant habitué aux grands périples est assassiné par des flèches. Autres éléments troublants : les objets qu’il possédait ont été dérobés, et son crâne, ouvert, laisse penser que l’on a mangé son cerveau. Dans le même temps, les Cultivateurs veulent étendre leur village, voire développer une colonie, sans pour autant entrer en guerre avec les Pêcheurs de la côte ou les Nomades de la Forêt-des-Buttes. Afin de comprendre ce qui s’est passé, trois femmes, émanant chacune de l’une de ces ethnies, vont mener l’enquête, avec à leur tête La Vivace, une Cultivatrice particulièrement sagace et courageuse.

    Sophie Marvaud s’est fait une spécialité d’emporter son lecteur dans des époques lointaines : l’Antiquité (Adieu Pompéi), la Première Guerre mondiale (Suzie la rebelle dans la Grande guerre), ou la Préhistoire (Meurtre chez les Magdaléniens), et c’est justement à cette époque – plus exactement le Néolithique – qu’elle nous invite pour ce Choc de Carnac. L’ouvrage, très réussi, mêle les éléments du classique whodunit à l’aventure, en passant par une description délicieuse et fort instructive de cette époque, assez peu exploitée dans la littérature policière. L’histoire est très intéressante, ménageant de nombreuses fausses pistes, et ça n’est que dans les ultimes pages que l’on obtiendra la résolution de l’énigme, crédible et marquante, qui se paie en outre le luxe d’être, au choix, intemporelle ou d’une incroyable modernité. Qui a bien pu s’en prendre à ce colosse qui revenait au village à intervalles réguliers, toujours prompt à narrer les expériences de ses voyages, et assez pacifique ? Secrets de famille, chamanisme, luttes pour le pouvoir, négociations politiques et trahisons, cannibalisme, de multiples ingrédients viennent alimenter un récit très bien bâti et intelligent, même si l’on peut, de temps en temps, regretter que la langue de Sophie Marvaud se montre un peu trop simple. Parallèlement, cette reproduction de la société préhistorique tient amplement la route, et la bibliographie présentée à la fin de l’ouvrage est consistante et n’a pu qu’aider l’écrivaine à construire un panorama historiquement valable. Quel régal que de se cultiver aux côtés de La Vivace, petit bout de femme sec et hardi !

    Un roman à la fois distractif, didactique et atypique, et qui ne cède à aucune mode littéraire. Une véritable gageure doublée d’une réussite indéniable.

    26/08/2021 à 08:14 6

  • Business Blues

    Philippe Francq, Jean Van Hamme

    7/10 Après une épigraphe de Molière et un résumé des événements précédents, on replonge dans les magouilles financières. On lui réclame 1382614277 dollars et 37 cents en guise de droits de succession. Une fois de plus, je regrette les deux premiers opus de la BD, un peu plus musclés, moins bavards, mais quelques moments plus agités (combat contre l’archer, treuillage, coffre-fort piégé, fusillade sur l’autoroute) et l’intelligence du montage financier font néanmoins de ce tome une réussite.

    25/08/2021 à 08:11 1

  • Infection tome 3

    Toru Oikawa

    4/10 Une esthétique léchée pour ce manga où l’on retrouve ces « porteurs », des êtres humains infestés d’asticots, également morts-vivants… et les défauts des précédents opus. D’entrée de jeu, ces pompiers judokas/sprinteurs/karatékas/quarterbacks/presque superhéros, c’est du grand-guignol consommé. Les plans érotiques tombent à plat (une jeune femme qui vient d’être libérée des zombies qui prend bien son temps pour faire sa toilette intime, avec gros plans à la clef, pfff…), et tout ça sent sacrément le réchauffé, mais presque immangeable. Seul le porteur géant apparaissant à la toute fin peut, éventuellement, épicer l’avis global quant à ce tome. Je verrai dans le quatrième ce qu’il en est de cette espèce de créature, mais après, je pense vraiment que je vais m’arrêter.

    23/08/2021 à 08:13 1

  • Guérilla tchétchène

    Jean-Claude Bartoll, Renaud Garreta

    5/10 Une bande dessinée qui commence à toute allure avec un véhicule attaqué en Tchétchénie par un hélicoptère russe aussitôt détruit par une roquette décochée par une dénommée Najah, et qui se poursuit avec de sombres tractions autour du pétrole. L’Angola, le Président des Etats-Unis dans son avion, les Îles Caïmans, Hawaï, le Cap d’Antibes (le décor ne lui ressemble d’ailleurs absolument pas…), la Suisse, Paris, etc. : les auteurs nous en donnent pour notre argent au niveau des voyages, mais aussi du point de vue des courses-poursuites et autres fusillades. Cependant, l’intrigue ne s’est pas vraiment imposée à mes yeux lors de ce premier tome et, je suis d’accord avec gamille67, on se perd vraiment dans ce dédale de personnages sans pour autant être emporté par le scénario, un peu décousu à ce stade, assez fade et déjà-vu, et sans véritables émotions engendrées.

    22/08/2021 à 08:18 3

  • Green Blood Tome 3

    Masasumi Kakizaki

    8/10 Un graphisme toujours aussi ténébreux et percutant, qui revient d’entrée de jeu sur les raisons qui ont porté Brad à devenir un tueur, et où l’on découvre la Gatling qui apparaît sur la couverture. Les relations entre Luke et Brad, face au danger, prennent une tournure poignante, ce qui n’empêche nullement le sang qui coule d’un bout à l’autre de cet opus, au même titre qu’il est traversé par de sacrées tiraillements de familles. On découvre sur la fin un personnage, Fastdraw Hawk, qui est coupable d’un acte criminel qui achève ce tome survolté et prenant.

    21/08/2021 à 08:26 1

  • Détective Conan Tome 85

    Gosho Aoyama

    6/10 Suite et fin de l’histoire présente dans l’opus précédent, emboîtée dans une autre qui commence aussitôt : un peu filandreuse et longuette, d’autant qu’elle fait référence à des événements intervenus plus tôt dans la série, ce qui est moyennement ma tasse de thé. Ensuite, un joueur de go à qui un inconnu indique que sa femme a été enlevée, qu’elle est prise en otage, et qu’elle ne sera libérée que s’il parvient à réussir une partie. Trop de références – même si elles sont bien expliquées – à la culture nippone pour que l’Occidental que je suis y adhère complètement. Seule rareté notable et marquante : le fait que le mobile du criminel soit expliqué en cours de récit, et non à la toute fin. Enfin, une jeune et riche héritière, insupportable, est retrouvée noyée au fond d’une piscine, et des morceaux de verre sont découverts au fond du bassin. Le tueur semble avoir opéré avec grand soin et laissé dans son sillage un étrange stratagème : résolution dans le tome 86. De manière globale, un manga un bon cran en deçà des autres œuvres de Gosho Aoyama.

    20/08/2021 à 08:12 2

  • Ctrl+Alt+Suppr Saison 2

    Bertrand Puard

    9/10 Le combat de Zéphyr, Selma et Lisa n’est pas fini. Le Sokaramé, un petit pays africain, est aux mains d’Oscar-Amédée Chance, et il est en train d’ériger un data center dans un massif montagneux. En réalité, cette opération cache des travaux pour y créer un écrin pour Ananta, une intelligence artificielle d’une incroyable efficacité, et potentiellement capable de bouleverser le monde grâce aux désinformations qu’elle produit et propage, mais aussi apte à prendre le propre contrôle de sa destinée.

    Après le remarquable Ctrl+Alt+Suppr, Bertrand Puard revient avec ce dernier épisode de ce diptyque. On est aussitôt plongé dans une ambiance délicieusement anxiogène avec ce chapitre montrant une cérémonie proche du vaudou, d’une grande qualité stylistique et décrite avec maestria. Par la suite, l’ouvrage réunit ce qui se fait de mieux dans le domaine de la littérature jeunesse : des accents à la James Bond, des passages proches de la saga CHERUB, mais également un excellent clin d’œil à une autre série de l’auteur, à savoir L’Archipel. Mais ainsi dit, cette description ne rend pas hommage au foisonnement scénaristique de ce roman : un dictateur dépeint avec beaucoup de nuances, sa propre fille qui en vient à vouloir le détrôner, des flashbacks remontant jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, des deepfakes d’un incroyable réalisme construites par cette machiavélique intelligence artificielle, des Présidents français, américain et russe ressemblant à s’y méprendre (hum hum…) aux actuels, de belles leçons de géopolitique, sans compter quelques chapitres à la première personne où l’on explore la psyché de Marie-Rose, l’une des filles du tyran, mais aussi celle d’Ananta… Un magnifique bouquet de scènes d’un formidable réalisme, ne tombant jamais dans le cliché, et se payant même le luxe de s’adresser autant aux jeunes qu’à des lecteurs plus matures.

    Bertrand Puard nous avait régalé avec le premier opus de cette série, le second se montre presque plus réussi, ce qui constitue en soi un exploit. Un livre à la fois distractif, instructif et, qui sait, prophétique.

    19/08/2021 à 08:07 1

  • Akumetsu tome 8

    Yoshiaki Tabata, Yûki Yogo

    7/10 Akumetsu est encore sur le plateau de télévision, aux prises avec l’homme politique Tsuruta. Une sorte de compte à rebours est enclenché tandis que les hommes de la SAT, variante japonaise du SWAT en quelque sorte, s’apprête à prendre les lieux d’assaut. L’assistance présente sur le plateau va jouer un rôle inattendu. Le fauteuil roulant muni d’armes blanches est une belle trouvaille visuelle. Un opus qui renoue avec la violence en même temps qu’il démontre clairement le côté obscur d’Akumetsu, prêt à bien des sacrifices pour atteindre ses cibles et poursuivre sa croisade vengeresse.

    17/08/2021 à 23:42 1

  • Akumetsu tome 7

    Yoshiaki Tabata, Yûki Yogo

    6/10 Akumetsu intervient juste à temps pour empêcher la bombe de faire des victimes et semble être mort dans l’explosion pendant qu’un homme politique, Tsuruta, avance ses pions pour tenter de surfer sur la vague populiste qui agite le pays. Le débat télévisé entre les deux hommes politiques devient alors une véritable arène oratoire quand Akumetsu déboule sur le plateau. Bon, soyons honnêtes, les diatribes d’Akumetsu sur la corruption, la gabegie et les errements de la classe politique sont un peu attendues, mais ce tome tient bien la route et offre à notre vengeur masqué un sacré crachoir d’où atteindre la population.

    16/08/2021 à 23:26 1

  • Akumetsu tome 6

    Yoshiaki Tabata, Yûki Yogo

    7/10 Un plagiaire, le professeur Kuronuma, décide de prendre l’identité d’Akumetsu et d’utiliser un fusil de sniper pour abattre un homme politique. Mais l’acte en lui-même va déraper, et Akumetsu va sortir de sa léthargie pour alerter la population qu’il s’agit du fait d’un imitateur. S’engage alors un combat entre le faux et le vrai Akumetsu. Un opus bien troussé, plutôt habile et qui, comme dans le tome précédent, semble décocher la série dans un élan moins bourrin, avec un suspense sympathique en fin du manga avec une bombe à retardement au compte à rebours enclenché et reliée… à un chou à la crème.

    16/08/2021 à 08:31 1

  • Akumetsu tome 5

    Yoshiaki Tabata, Yûki Yogo

    7/10 Un administrateur véreux de fonds de pension meurt poignardé, et son assassin pourrait avoir été influencé par la croisade justicière des Akumetsu. L’enquêtrice surnommée « Bloody Mary », une procureure, est en charge de l’investigation. Elle a un don très particulier : en présence d’un sale type, elle se met à saigner du nez. Pendant ce temps, Akumetsu se retrouve pris au piège dans un lycée encadré par plus de quatre cents policiers : privé de son déguisement, sera-t-il découvert ? Un opus bien moins bourrin que les précédents, mettant davantage en relief l’expédition vengeresse d’Akumetsu et la façon dont la population se rallie à son panache, avec une touche d’humour final (le contrôleur général de la police en train de plier les caleçons d’un suspect et abondamment photographié par les journalistes).

    15/08/2021 à 08:31 1

  • La meilleure des mères

    Philippe Delaby, Jean Dufaux

    8/10 Britannicus est mort, et l’on repart dans le camp d’entraînement des gladiateurs, avec une tête en haut d’une fourche présente pour rappeler la violence qui règne entre ces hommes. Les tractations reprennent de plus belle au sein du gouvernement alors qu’apparaît la belle Poppée. Sexe, complots politiques, un soupçon d’adultère, poisons et autres violences : une belle reconstitution historique plaquée sur une BD de grande qualité. Je continue cette série.

    14/08/2021 à 08:35 1

  • Chien jaune

    Hubert, Etienne Le Roux

    8/10 Pékin, été 1943. Le second lieutenant Matthew Hayward sauve un chien de ses bourreaux contre 150 yuans, et il le surnomme aussitôt Lemon. Mais une émeute immense va venir semer le chaos dans la ville, et l’occupant japonais va démontrer toute l’étendue de sa cruauté, ce qui va bouleverser Hayward avant de faire de lui l’une des victimes de ces soldats barbares. Un opus bien plus sombre et marquant que les précédents à mes yeux, où Hayward va être rabaissé au rang de chien – beau parallèle avec Lemon, avec des scènes de « dressage » sacrément fortes et mémorables, et d’une violence exacerbée, ce qui n’empêche nullement une certaine forme de poésie. Dans la série, ma BD préférée, même s’il me reste encore la dernière à lire.

    12/08/2021 à 23:19 1

  • La Pierre de destinée

    Jean-Luc Istin, Jacques Lamontagne

    7/10 Taran est sauvé par des créatures féériques. Des moines perdus dans la brume, une apparition d’une fausse Vierge Marie, les encagoulés qui échangent des messages via des morceaux de bois laissés au gré d’une rivière, des Vikings, etc. Même si l’intrigue aurait peut-être mérité d’être resserrée au lieu de s’allonger sur les neuf volumes que compte la série (cet opus est le cinquième), la dynamique demeure bonne, avec son lot d’informations distillées et de rebondissements, et se conclut sur la révélation de l’identité de l’un des moines cagoulés.

    11/08/2021 à 23:27 1

  • On a volé les millions de la Loterie Nationale

    Marcel Priollet

    5/10 16 mars 1936. Le capitaine Michel Delpereaux est un vétéran, amputé du bras droit et le bassin broyé, et il n’a dû son salut qu’à des chirurgiens fort habiles. Mais voilà, le soldat émérite, homme loyal et au-dessus de tout soupçon, vient de disparaître avec l’argent de la Loterie nationale destiné aux Combattants internationaux : cinq millions de francs. L’inspecteur Pessart et ses collègues vont mener l’enquête et tâcher de savoir s’il est un odieux détourneur de fonds ou la victime d’un enlèvement.
    Une nouvelle distractive qui m’a permis de faire la connaissance de l’inspecteur Pessart, sagace et sachant tirer parti de ses collègues et de leur travail plutôt que de mener sa traque intégralement seul. Au programme : des lettres anonymes, une liaison inattendue avec la vedette Grace Thorne, et… bah, dans le fond, c’est à peu près tout. Le ton est agréable, l’histoire bien servie par une écriture efficace, mais l’intrigue n’est guère palpitante : trop peu de pistes et, quand on en vient au dénouement, on se dit « Ah… Ouais… Soit… ». En fait, cette fiction est plaisante, l’histoire part sur des bases intéressantes, mais après, c’est plutôt apathique : aucun rebondissement majeur, un protagoniste modérément marquant, et une chute faible et sentant le réchauffé. Bref, rien d’extraordinaire ni de catastrophique. Tiédasse, quoi.

    10/08/2021 à 23:19 1

  • Trois carrés rouges sur fond noir

    Tonino Benacquista

    8/10 Antoine travaille dans une galerie parisienne spécialisée en art contemporain. Il accroche les œuvres, se fait parfois gardien, mais sa véritable passion, c’est le billard. Quand un cambrioleur vient voler Essai 30, la dernière toile réalisée par un dénommé Etienne Morand, la vie atone d’Antoine tourne au cauchemar : une bagarre s’ensuit et il va perdre sa main droite, tranchée par une sculpture qui lui tombe sur le bras. Adieu le billard. Mais le voleur tenait-il tant à cette peinture ?

    Tonino Benacquista livre ici le deuxième volume de sa quadrilogie consacrée à Antoine Andrieux. Après le milieu ferroviaire dans La Maldonne des sleepings, nous voici dans le monde a priori feutré de l’art contemporain, mais il n’en demeure pas moins que l’on y tue et se venge aussi bien que sur les rails. Avec le ton mordant qu’on lui connaît, l’auteur se fait véritablement plaisir – et réjouit ses lecteurs – avec sa gouaille si particulière, son ironie piquante, et sa verve auréolée d’un humour remarquable. Il tire à boulets rouges sur une certaine forme d’art, ses manipulations, ses escroqueries, ses ambitions démesurées, et son ego disproportionné. Ce sont également tous les individus qui gravitent autour de la peinture moderne qui en prennent pour leur grade, depuis les galeristes jusqu’aux artistes eux-mêmes, en passant par les clients dont la plupart y voient davantage un placement qu’une acquisition coup de cœur. L’intrigue est également très intéressante, et notre Antoine, désormais estropié, va mener sa propre enquête pour comprendre ce que cet Essai 30 peut revêtir de si important, et qui étaient les Objectivistes, ces créateurs du milieu des années 1960 dont le mouvement a semble-t-il explosé en plein vol. Le roman ne compte qu’environ cent-cinquante pages, et aucune n’est de trop. Un véritable régal scénaristique, allègre (les jeux de mots sont attendus mais tordants), et le fait que le protagoniste soit un individu lambda très attachant nous change des traditionnels héros incassables, sans la moindre faille morale, et dont l’issue victorieuse de leur enquête ne fait aucun doute dès l’entame du livre.

    De cette quadrilogie, probablement l’un des meilleurs tomes, entraînant et jouissif d’un bout à l’autre.

    09/08/2021 à 08:17 2

  • Les Pièges du temps

    Maza, Richard D. Nolane

    7/10 Le Visiteur est en train de déchaîner sa puissance, engendrant alors de curieuses répercussions, notamment des phénomènes inexpliqués aux mains de nombreuses personnes, ou l’apparition du spectre de l’officier qui a comploté l’attentat qui a défiguré Hitler. L’extraterrestre parvient à faire bondir sa boule d’énergie deux ans auparavant, enrayant le Débarquement en Normandie (cf. un épisode précédent). Pas mal d’événements issus de tomes antérieurs trouvent une explication, et la série continue à son rythme et son efficacité habituels, à savoir bons.

    08/08/2021 à 08:39

  • La Forteresse invisible

    Grzegorz Rosinski, Jean Van Hamme

    6/10 Toujours en compagnie de Kriss de Valnor, Thorgal se retrouve privé de son cheval et rencontre une vieille femme, Alayin, qui lui raconte une histoire selon laquelle son nom figurerait sur une pierre et il n’y aurait plus qu’à l’effacer pour que les dieux l’oublient. Pas mal d’action, mais surtout l’occasion pour les auteurs de faire basculer notre héros dans un univers parallèle dans lequel il va se rejouer de nombreuses scènes des opus précédents. Mis à part le coup des lettres gravées dans la main à la fin, ça demeure très plaisant sans pour autant apporter quoi que ce soit au fil de la série.

    07/08/2021 à 08:27 2

  • Pour le pire

    Elizabeth Keenan, Greg Wands

    9/10 Paul et Rebecca Campbell. De prime abord, ils forment un couple épanoui et comblé. Cependant, quand deux policiers viennent sonner à leur porte, c’est le début d’un véritable cauchemar, dû à la fois à leurs agissements, mais également parce qu’ils vont être les victimes d’une incroyable machination.

    Sous le pseudonyme d’E. G. Scott, se cachent les auteurs Elizabeth Keenan et Greg Wands, et c’est donc à quatre mains qu’ils ont signé en 2019 ce domestic suspense. Les chapitres alternent les divers points de vue, comme ceux de Paul et de Rebecca, mais également ceux des deux enquêteurs que sont Silvestri et Wolcott, les écrivains poussant le refus de la linéarité jusqu’à préciser par des Avant et Après des scènes se déroulant de part et d’autre de certains événements. De prime abord, le récit est classique : le couple dissimulant certains secrets, dont quelques-uns vont brutalement remonter à la surface. Paul, en époux travaillant dans l’immobilier et à la réputation de coureur de jupons, ainsi que Rebecca, visiteuse médicale ponctionnant régulièrement des échantillons d’opiacés pour sa consommation personnelle, ont mis de côté leur envie d’avoir un enfant au profit de leur grand projet commun qui est d’acquérir leur belle et opulente maison. Mais les couches de vernis vont se fissurer et les drames survenir. Car E. G. Scott a mijoté pas mal de rebondissements et autres twists bienvenus. Des coups du sort, des actions malheureuses certes, mais aussi quelques événements inattendus, brisant le côté téléphoné et si attendu que l’on avait cru percevoir à l’entame de ce roman. Sans rien divulguer, il faut bien avoir à l’esprit que certains passages sont très bien imaginés tandis que le style des auteurs est très intéressant, avec une vraisemblance qui rend d’autant plus efficaces les surprises disséminées principalement dans la seconde partie du livre. D’ailleurs, l’épilogue, pluriel, est en soi un bel exemple de l’imagination des auteurs, qui jamais ne se départissent de leur souci de crédibilité.

    Un très bon roman, prenant et plausible, et qui n’est finalement desservi que par un titre français assez banal et un résumé qui a dû être écrit par quelqu’un qui n’a pas lu l’ouvrage. Un opus très réussi qui distrait tout en posant de justes questions sur la fragilité d’un couple, les sinistres accidents qui peuvent intervenir, le manque de confiance dans l’être aimé, ou encore jusqu’où peut-on avoir foi en lui lorsque les apparences se montrent si néfastes.

    06/08/2021 à 08:17 3