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Fin de siècle
6/10 Un meurtre sordide dans une villa luxueuse de la Côte d’Azur. Un millionnaire voleur et massacreur d’œuvres d’art. Des océans vidés de bateaux et de poissons à cause du retour à la vie de gigantesques mégalodons. Un couple fuyant l’ennui de son morne quotidien d’ultrariches. Un saut depuis la mésosphère à faire passer Baumgartner pour un sportif du dimanche.
Autant d’éléments venant s’imbriquer – ou plutôt se télescoper – pour constituer Fin de siècle, un roman aussi difficile à résumer qu’à faire rentrer dans un case. Vrai-faux polar déjanté, il pourra ravir des amateurs de noir comme en laisser d’autres, dubitatifs, sur le bord du chemin.
Après quelques romans chez Baleine (Quelque chose pour le week-end, Taxi, Take Off and Landing et Albin Michel (on se souvient de Road tripes), voici l’entrée de Sébastien Gendron à la Série Noire, sous la houlette de Stéphanie Delestré.
L’humour et l’absurde sont toujours très présents, les références et autres clins d’œil innombrables. On sent que l’auteur a pris beaucoup de plaisir à l’écrire et qu’il en prend tout autant à entrer en connivence avec le lecteur. Pour certains, cela fonctionnera à merveille. Pour d’autres, ce sera plus compliqué. La faute à un scénario parfois par trop décousu et à des personnages auxquels on ne peut guère s’attacher. De toute façon, il ne vaut mieux pas car peu d’entre eux s’en sortiront indemnes, l’hémoglobine coulant à flots dans ce texte hommage aux films de série B.
Malgré un côté « divertissement » visiblement assumé, Sébastien Gendron n’hésite pas à pointer du doigt certaines dérives de notre société en premier lieu desquelles la concentration de fortunes considérables par quelques ultrariches ayant l’appât du gain comme credo – avec toutes les incidences que cela peut avoir pour le reste de la société, voire pour la planète. Et si les plus grands requins n’étaient pas ceux que l’on croit ?
Certains trouveront sans doute à redire à l’ajout de ce type de texte – plus une farce noire qu’un véritable roman policier – au catalogue de l’illustre Série Noire. Les autres, amateurs de Jean-Bernard Pouy, Tim Dorsey et autres Carl Hiaasen ou non, retiendront sans doute d’avantage les quelques heures de plaisir littéraire que leur aura procuré ce sympathique ouvrage.13/04/2020 à 21:31 2
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November Road
7/10 Que les lecteurs qui goûtent peu aux récits à la sauce Al Capone et autres aventures de la Cosa Nostra ne fassent pas demi-tour d’emblée. November Road n’est pas une énième histoire de mafia, bien qu’elle comporte certains ingrédients propres à ce genre d’intrigues. En revanche, c’est un vrai récit de cavale, tantôt trépidant tantôt plus introspectif, et parfois un peu convenu il est vrai. Ainsi, on n’échappe pas aux scènes anxiogènes lors de nuits incertaines dans des motels ou au rapprochement comme inévitable entre Guidry et la belle Charlotte, tombée en panne sèche sur le bord de la route alors qu’elle fuyait l’ennui et son mari alcoolique avec ses deux jeunes filles. Malgré ces quelques poncifs avec lesquels Lou Berney semble s’amuser le récit est captivant. Peut-être parce que les personnages, Guidry et Charlotte en tête, sont plus profonds et attachants qu’il n’y paraît au premier abord. Peut-être parce que la fuite de Charlotte, toute différente soit elle, est tout aussi nécessaire. Et sans doute un peu parce que les méchants sont très méchants et qu’on se doute bien que tout cela va très mal finir mais qu’on ne peut s’empêcher d’espérer un improbable happy end.
Toujours est-il qu’on ne voit pas défiler les 380 pages de ce November Road, efficace en diable et qu’on verrait bien adapté sur grand écran, mais auquel il manque un petit quelque chose pour en faire une lecture mémorable.11/04/2020 à 16:40 9
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Cette vie derrière nous
Charlie Adlard, Robert Kirkman
8/10 Premières rencontres, premières pertes et, rapidement, premières tensions au sein du groupe de survivants.
Les zombies sont dangereux mais l'homme – qui est comme chacun le sait un loup pour l'homme – ne l'est pas moins pour ses congénères.
Un deuxième tome centré sur les relations humaines qui annonce la/les couleur(s) du reste de la série : noir & rouge sang.
26/03/2020 à 23:13 3
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Passé décomposé
Charlie Adlard, Robert Kirkman
8/10 Riche idée que d'avoir ajouté cette série ici car comme l'explique Robert Kirkman dans la présentation du projet Walking Dead (disponible à la fin du premier volume en VF), c'est autant si ce n'est plus une saga sur des hommes et des femmes qui survivent et les rapports entre eux, la psychologie des personnages... qu'une simple histoire de zombies. Que les amateurs de noir ne s'arrêtent donc pas à l'étiquette "zombies", qui m'a fait éviter cette série un moment. J'ai lu une quinzaine de tomes il y a quelques années mais j'aime pas attendre la suite alors j'ai stoppé et je me suis dit que j'allais m'y remettre quand la fin arriverait. Ça tombe bien, c'est maintenant, alors je m'y remets.
Ce premier tome, comme souvent, met les choses en place. Mais mettre en place un policier qui sort du coma et découvre que toute la ville est saccagée et que tout le monde est mort (enfin, mort-vivant) c'est de la mise en place qui décoiffe direct. Efficace premier épisode (découpage VF j'entends), qui donne immédiatement envie de poursuivre l'aventure avec Rick.
Ça tombe bien, Kirkman prévient d'emblée que dans les films de zombies, ce qu'il n'aime pas par-dessus tout, c'est de ne pas savoir ce que deviennent les personnages après la fin et qu'il compte donc bien nous raconter TOUTE l'histoire de Rick.26/03/2020 à 23:07 3
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La forme de l'eau
7/10 La forme de l’eau, paru initialement en 1994 (et au Fleuve Noir en 1998 pour la version française), est la première enquête du fameux Montalbano. Derrière une apparence bougonne et nonchalante, Montalbano a d’emblée quelque chose d’attachant qui le fait se rapprocher d’autres commissaires atypiques comme Erlendur, Adamsberg ou encore Soneri, pour revenir en Italie.
Courir ne l’intéresse absolument pas, et pour bien faire les choses il lui faut prendre son temps. Cela est valable pour les enquêtes, au grand dam de ses supérieurs, mais aussi pour la gastronomie ou l’amour. On entre assez vite dans l’intimité du commissaire qui mène sa vie entre boulot, les bras de la belle Livia et les spécialités siciliennes.
C’est que sicilien, Montalbano l’est jusqu’au bout des ongles, et il est d’un naturel méfiant envers les « étrangers ». La langue de l’auteur, mélange d’italien et de parler sicilien est traduite avec talent par Serge Quadruppani, qui nous explique son judicieux parti pris littéraire en introduction de l’ouvrage.
Pour ceux qui ne le sauraient pas, difficile de croire que Vigàta n’existe pas tant sa réalité semble tangible. En réalité, la ville de Montalbano est imaginée d’après plusieurs lieux bien connus de l’auteur et notamment de Porto Empedocle, sa ville natale, petit port du sud de l’île.
L’intrigue de La forme de l’eau n’est pas exceptionnelle en soi mais elle réserve néanmoins quelques surprises et se laisse suivre avec grand plaisir tant les à-côtés sont intéressants.
S’il n’a pas écrit que des Montalbano, loin de là – voir notamment les nombreux romans de l’auteur parus en France chez Métailié – La forme de l’eau est tout indiqué pour découvrir l’univers de l’auteur… et avoir envie de retourner en Sicile sans trop tarder.10/12/2019 à 11:46 2
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Les Chemins de la haine
8/10 Au vu du titre ou du résumé, on aurait pu croire à un énième thriller ou roman de procédure à l’anglaise. Il n’en est rien. Les chemins de la haine tient davantage du roman noir social. Qui plus est, il est très bien construit et loin d'être bête. En attendant la suite – le cinquième titre paraîtra outre-Manche en février – les lecteurs convaincus pourront se plonger dans la deuxième enquête de Zigic & Ferreira, déjà disponible, Haine pour haine, ou dans un one shot annoncé par Liana Levi pour février, Les Oubliés de Londres.
27/11/2019 à 17:02 5
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Les Morts de Bear Creek
8/10 Dans ce deuxième opus, le dosage est là encore optimal entre enquête, scènes de pêche et descriptions de la nature, tout en ne négligeant pas les personnages, qui ne sont pas interchangeables, loin de là. Le binôme Sean-Martha en particulier, gagne en profondeur tandis que de nouveaux acteurs font leur apparition. À commencer par l’attachante Martinique, étudiante et effeuilleuse à la plastique agréable et au caractère bien trempé qui ne laisse pas Stranahan indifférent. Comme toujours chez Gallmeister, l’auteur fait la part belle à Dame Nature et certaines scènes de pêche sont si convaincantes qu’elles donneraient envie à un vegan d’enfiler illico des waders pour aller taquiner la truite cutthroat.
Assez riche en rebondissements, cette double enquête, en plus d’être efficace, fait quelque peu réfléchir le lecteur sur certains sujets, qu’on ne peut guère plus évoquer sans trop dévoiler l’intrigue. Jamais plombant, le texte est savoureux et même parfois drôle.
Les morts de Bear Creek confirme la bonne impression qu’avait laissée Keith McCafferty avec Meurtres sur la Madison. Tous les ingrédients d’un roman de qualité sont au rendez-vous et si la suite est à l’avenant – déjà sept titres outre-Atlantique – on se régale d’avance des traductions à venir de Janique Jouin de Laurens.20/11/2019 à 18:44 6
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Masses critiques
7/10 Traitant de différents sujets, Masses critiques est un roman noir bien écrit mais qui peine à convaincre totalement, en partie en raison de son scénario un brin invraisemblable. Pour le reste, certaines scènes – de plongées nocturnes notamment – resteront en mémoire.
17/10/2019 à 18:42 3
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Coup de vent
8/10 Sans être un chef-d’œuvre, n’exagérons rien, Coup de vent est un roman noir à l’humour grinçant de très bonne facture qui fera passer un très agréable moment, parsemé d’éclats de rire à plus d’un lecteur. Certains retrouveront là Mark Haskell Smith avec plaisir. D’autres, en attendant le prochain opus, auront sans doute envie de se plonger dans les cinq romans de l’auteur déjà traduits.
08/10/2019 à 18:37 9
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Dernière conversation avec Lola Faye
7/10 Un joli roman noir intimiste, assez atypique dans la forme. En effet, il s'agit pour ainsi dire d'un dialogue ininterrompu entre Lola Faye et Luke, le narrateur et fils de la victime. Thomas H. Cook nous prouve une fois de plus que, même en utilisant un procédé qui aurait pu être casse-gueule, il reste un conteur hors-pair. Pas son meilleur roman, sans doute, mais une jolie lecture, notamment en livre audio (lu à merveille par Marc-Henri Boisse ).
31/07/2019 à 14:56 3
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Le Verger de marbre
7/10 De magnifiques descriptions, une belle plume, surtout lorsqu'il s'agit de dépeindre les personnages et leurs relations, familiales notamment. Un drame irréparable, un peu de romance et une traque dont l'issue semble, d'une certaine façon, inéluctable. Il manque cependant un petit quelque chose pour faire de ce roman (dont certaines scènes resteront en mémoire, comme celle du somme dans le cimetière) un texte inoubliable. Une question de dosage peut-être, ainsi qu'un final en demi-teinte.
31/07/2019 à 14:53 3
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Requiem
8/10 Septembre 1917. Remis de ses blessures, le lieutenant Vialatte apprend qu'Eva travaille à la Croix-Rouge et découvre grâce à elle que Peyrac, porté disparu en 1915, a été fait prisonnier et qu'il est vivant. Avec l'aide de Janvier, Vialatte reprend son enquête pour découvrir enfin le nom de celui qui profite de la guerre pour tuer des femmes en toute impunité.
Ce dernier opus vient clore, dans le ton des précédents, cette série fort recommandable sur la Première Guerre mondiale.31/07/2019 à 14:29 3
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Police
7/10 Le quotidien de trois policiers vu du ras du sol. L'usure du métier, les envies de faire autre chose, la difficulté d'obéir à certains ordres lorsqu'ils semblent aller à l'encontre du bon sens. Pour Virginie, amener à l'aéroport ce sympathique réfugié terrorisé qui risque la mort dans son pays est la goutte d'eau qui fait déborder un vase déjà bien rempli. Une belle écriture pour ce vrai-faux roman policier.
31/07/2019 à 14:18 2
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My Absolute Darling
9/10 Premier roman de Gabriel Tallent, My Absolute Darling a été en 2017 un grand succès aux États-Unis où il a occupé une place de choix dans le classement des meilleures ventes. Sa fortune n’a pas été autre en France puisqu’en plus d’être un succès de librairie, le roman a remporté prix sur prix depuis sa sortie.
D’aucuns diraient qu’il s’agit d’un roman initiatique, ce qui n’est pas tout à fait faux. D’autres qu’on a affaire à un roman noir, à un roman d’amour ou encore à du nature writing. En vérité, My Absolute Darling est tout cela à la fois et bien plus encore. Tantôt très éprouvant – certaines scènes sont difficilement soutenables – tantôt à pleurer de beauté, il est assurément un texte qui ne peut laisser indifférent. À l’instar de Turtle, jeune fille maigrichonne et un peu garçon manqué, qui a effectivement la carapace bien solide pour tenir debout après avoir encaissé tout ça. À cet égard, la question de la résilience est aussi au cœur de ce récit, passionnant d’un bout à l’autre bien qu’assez pauvre en surprises en un sens. L’alternance entre les moments difficiles et les instants plus calmes est bien gérée. On a plaisir à voir évoluer Turtle dans la magnifique nature sauvage de Californie ou jouer aux cartes avec son grand-père, qui la couve d’un œil bienveillant, comme on redoute certains moments passés avec son père. On le hait en même temps que, tour de force de l’auteur, on en vient presque à le comprendre. C'est que Gabriel Tallent ne verse pas dans le manichéisme et ses personnages sont aussi réussis que complexes, chacun ayant une – plus ou moins grande – part d’ombre et de lumière.
Bien qu’il ne conviendra vraisemblablement pas à tout le monde, on comprend très aisément à la lecture de My Absolute Darling pourquoi il a autant fait parler de lui. Après un tel premier roman, Gabriel Tallent est attendu au tournant. Mais on peut raisonnablement penser, au vu de cette réussite, que l’homme a suffisamment de qualités pour ne pas décevoir son public.23/07/2019 à 13:01 3
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Troisième complainte
8/10 Nous sommes désormais en Mai 1917. Le Lieutenant Vialatte, gravement blessé au front, sort de sa léthargie. Desloches, désormais maréchal des logis, vient le visiter et lui demande, en ami, de reprendre l'enquête sur le meurtre des jeunes femmes entamée en 1914, le temps de sa convalescence au moins (Vialatte souffre de maux de tête, de vertiges, et doit s'aider d'une canne pour se mouvoir). Bien que le(s) suspect(s) sont sans doute mort(s) puisque les meurtres se sont arrêtés, Vialatte préfère en avoir le coeur net et accepte l'offre de Desloches.
Un opus plus loin du front, où le dégoût de la guerre et la méconnaissance des "planqués" sont bien présents, mais qui n'en demeure pas moins passionnant. Conclusion dans le prochain tome.19/07/2019 à 20:03 2
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Deuxième complainte
8/10 Janvier 1915. La guerre des tranchées bat son plein mais les meurtres de femmes, sauvagement assassinées, continuent. Le Lieutenant Vialatte n'a donc d'autre choix que d'aller où les maigres indices le mènent soit, au cœur de la guerre. En première ligne ou presque, son enquête peine à progresser et il comprend l'horreur du conflit tant pas un jour se passe sans que de nombreux hommes restent sur le carreau ou dans de grandes souffrances. Quelques passages poétiques ou humoristiques viennent, heureusement, détendre quelque peu l'atmosphère de cet opus bien sombre. Le suspense reste entier, affaire à suivre dans le troisième tome.
18/07/2019 à 20:05 2
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Un été sans dormir
8/10 Amateurs de littérature sérieuse, fuyez ! Pour son deuxième roman (le premier traduit en français), Bram Dehouck sort l’artillerie lourde. Proposé par Mirobole – dans une traduction du néerlandais d’Emmanuèle Sandron récompensée par le Prix SCAM-SACD – ce polar « belge et méchant » s’inscrit dans la lignée d’autres titres drolatiques proposés par la maison, à commencer par ceux de S. G. Browne. S’il s’agit bien là d’un pur divertissement noir, qu’on verrait bien adapté au cinéma façon Tarantino ou Rodriguez, l’exigence littéraire est de mise, en particulier dans la construction de l’intrigue. Les personnages sont assez nombreux mais pas suffisamment pour qu’on s’y perde. Ils sont représentatifs de la vie d’un petit village. On a affaire, en plus du boucher insomniaque et de sa famille, à une jeune femme en recherche d’emploi nouvellement installée, à un facteur en proie à des soucis gastriques, à un vétérinaire cocu, à un pharmacien raciste, à un immigré, etc. C’est grand-guignolesque mais totalement assumé et assez malin, si bien que même les idées les plus caricaturales – comme le fils du boucher qui stoppe la viande au grand dam de ses parents pour séduire la jeune fille de ses rêves, végétarienne convaincue – passent comme une lettre à la poste. Enfin, quand le facteur est en état de faire sa tournée...
Surtout, l’auteur a particulièrement travaillé les changements de points de vue. L’effort pour offrir des transitions intelligentes est louable et nous permet souvent de revivre les mêmes événements selon divers angles. Et puis, sans que cela ne soit l’intérêt principal du livre, on sent que Bram Dehouck prend un malin plaisir à égratigner certains comportements et certaines idées de ses compatriotes, ce qui ne gâte rien.
Vous l’aurez compris, Un été sans dormir est un roman qui ne se prend pas au sérieux et ne conviendra assurément pas à tout le monde. Les lecteurs qui ne sont pas contre une tranche de rigolade foutraque devraient néanmoins trouver leur compte avec cette farce noire dont tout le monde est plus ou moins le dindon.16/07/2019 à 12:49 3
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Vivant
6/10 Ce court roman – moins de deux cents pages – commence par une intense scène de course à pied dont on comprend vite que l’issue pourrait être fatale. Roland Fuentès prend ensuite le temps de planter le décor tout faisant se poursuivre cette scène inaugurale par intermittence, comme une espèce de fil rouge qui mènerait inéluctablement vers une issue funeste.
L’auteur, qui a déjà beaucoup écrit pour la jeunesse, n’en est pas à son coup d’essai. La construction est maîtrisée, l’écriture est plaisante. Peut-être les personnages manquent-ils un peu de profondeur pour convaincre totalement. Certains comportements des uns et des autres semblent naturels, d’autres moins. Surtout, le propos prétexte au roman, parrainé par la Cimade, à savoir la peur de l’étranger, n’est pas des plus évident. La haine qu’éprouve Mattéo envers Élias est-elle liée à sa couleur de peau ou à son ego démesuré et à son besoin, quasi maladif, d’être le centre de l’attention d’autrui ? Tout cela n’est pas très clair.
Il n’en demeure pas moins que Vivant, écrit comme un thriller, se lit d’une traite et non sans déplaisir. Ce roman devrait satisfaire nombre de jeunes lecteurs mais il lui manque sans doute un peu de profondeur pour en faire une lecture véritablement marquante.04/06/2019 à 10:01 3
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Le Monde de Lucie – Tome 3
8/10 Dans cet opus final, on croit voir petit à petit vers quoi on s'achemine à mesure qu'un complot qui pourrait avoir de graves répercussions se met en place. Au scénario brillant et retors de Kris – tout au plus pourra-t-on trouver une des révélations finales un peu grosses – il faut une fois de plus ajouter la patte de Guillaume Martinez, avec des plans aussi intéressants que rares (Soledad fixant la caméra, comme en fish eye, par exemple). Le personnage de Soledad est d'ailleurs mon préféré dans cette trilogie, que je conseille volontiers sauf aux plus terre-à-terre (pour apprécier, il faut accepter de se laisser embarquer dans une histoire faisant la part belle aux pouvoirs paranormaux).
01/06/2019 à 18:47 2
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Des jours sans fin
9/10 Mêlant guerre, amour, et conquête de l’Ouest, Des jours sans fin est un brillant roman, très joliment écrit, évoquant des titres comme Le Dernier des Mohicans ou Faillir être flingué. Sebastian Barry confie avoir mis beaucoup de lui dans le personnage de Thomas et « avoir mis plus de cinquante ans à écrire ce roman », solidement documenté et largement inspiré de l’histoire de son arrière-grand-oncle. Rassurons-le, le jeu en valait la chandelle.
30/05/2019 à 18:27 5
