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On dirait des hommes
8/10 Un petit roman noir psychologique qui prend pour thèmes les violences conjugales et les drames familiaux.
Une histoire écrite par Fabrice Tassel que je découvre par ce livre sorti par les éditions La Manufacture qui ont le talent de proposer un catalogue aussi talentueux que discret.
Anna et Thomas Sénéchal ont perdu leur garçon de 10 ans, Gabi, mort noyé, tombé à cause d’une bite d’amarrage sur le quai d’un port. Thomas, pourtant très bon nageur, n’a rien pu faire pour le sauver. Sur conseil de leur avocat, les parents ont porté plainte contre le port. Le dossier est suivi par Dominique Bontet, juge d’instruction. Très pointilleuse, elle n’aime pas que les dossiers aient des zones d’ombre. Comme elle n’apprécie pas l’arrogance des hommes qui lui rappelle comme une faiblesse voire une faute, qu’elle est une femme. Ainsi, la remarque de Thomas faite à l’issue d’une dernière, voire ultime, audition la pousse à reporter jusqu’au dernier jour la clôture « sans suite » du dossier. Un dossier parmi tant d’autres. Comme celui de ce couple Le Bihan, dont la femme a finalement eu le courage de dénoncer les violences de son mari.
Une lecture prenante où l’on plonge dans les douleurs profondes et intimes des protagonistes, comme dans les réflexions de Dominique Bontet, en proie aux doutes, aux harcèlements, mais toujours à chercher à forger son intime conviction. Un livre touchant qui mériterait, par son écriture subtile et belle, de bénéficier plus d’intérêt.29/08/2023 à 10:21 5
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Que ta volonté soit faite
8/10 J’avais délaissé Maxime Chattam après sa série La Trilogie du Mal lue dès sa sortie. Je ne me rappelle plus trop les raisons, certainement dû à un excès de serial killers et surtout, en ce début de nouveau millénaire, de surenchère dans le sordide des meurtres de ces monstres humains, de la prolifération des profilers, … Bref, j’étais lassé du genre.
Et puis, vous connaissez l’histoire, on y revient, plus par curiosité malsaine que par envie ou besoin (heureusement). Et ce livre, Que ta volonté soit faite, fut une parfaite rentrée en matière avec cet auteur français.
Et j’ai été agréablement surpris voire j’ai beaucoup apprécié le style « américanisé » de Maxime Chattam. Ces évènements racontés par un protagoniste (qui ne dévoile pas son identité, mais que l’on peut facilement reconnaître) facilitent l’immersion dans cette histoire. Le lecteur découvre la vie de Jon Petersen et l’émergence de son asociabilité, la montée en puissance de ses pulsions et l’escalade dans sa cruauté. Ses actes sont odieux, son art de la manipulation abominable : un monstre qui saura passer sous le radar du Shérif Jarvis Jefferson, qui n’abandonne pas mais fait avec les moyens d’enquête de l’époque (pas d’analyse d’ADN, pas d’ordinateur ni de fichier informatisé du FBI…).
Un roman séduisant sur la naissance d’un psychopathe qui m’a réconcilié avec le genre.28/08/2023 à 12:06 7
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La Fille de Kali
8/10 J’ai découvert l’autrice avec Le cheptel, son polar le plus « coup de poing », qui l’a mis sur le devant de la scène. C’est fort de cette bonne impression et de cette séduction que je réitérais mon expérience littéraire. Après Le Cercle des mensonges, je me suis rabattu vers ses premières œuvres et en l’occurrence, La Fille de Kali.
Si on prend en compte qu’il s’agit là seulement de sa deuxième parution, La Fille de Kali est un polar d’une puissance remarquable et à l’intensité ravageuse. L’enquête est rapportée au rythme des jours voire heure et minutes, créant une cadence de lecture rapide et intense. Les protagonistes (la section de Recherche de la Gendarmerie de Toulouse et Eloïse Bouquet en tête, l’intrépide journaliste Amanda Kraft et l’attachant détective privé Danny Chang) sont tous bien posés, car le lecteur a le sentiment de vivre chaque avancée de leur enquête. Et que dire de cette tueuse qui décapite ses « proies » ? Pas grand-chose, faut préserver les prochains lecteurs…
Décidément, j’apprécie de plus en plus Céline Denjean. Elle a beau écrire des pavés (ici, plus de 700 pages), ils se dévorent sans avoir de sentiment de satiété. Ses livres sont autant captivants que bons.
25/08/2023 à 11:32 9
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Pur Sang
9/10 Dans la préface de la réédition publiée par Phébus en 2023, Franck Bouysse raconte comment une rencontre a déclenché d’autres perspectives d’écriture voire l’a affranchi de toute contrainte et pression. C’est donc libéré, délivré que l’auteur corrézien a écrit une belle pépite.
Ce Pur sang est une belle histoire, simple mais émouvante. On y découvre cette vallée dans le Montana, Eden Creek. Elias Greenhill y vit avec ses parents adoptifs, Papa et Mama Tulssa, issus de la tribu indienne des Rêveurs. Avant de décéder, ils révèlent que ses parents ne l’ont pas abandonné mais ne sont pas revenus de leur pays d’origine : la France.
Elias va dès lors retourner sur la terre de ses ancêtres, à la Croix du Loup, y percer tous les mystères qui entourent la vie de ses parents. Il y rencontrera un homme meurtri, et un ami en la personne de Gray.
Franck Bouysse côtoie ici les meilleurs écrivains de la mouvance littéraire dite « nature writing ». Il atteint des sommets dans l’émotion, dans la définition de l’amitié et de la beauté. Un beau roman court : un condensé de bonheur.
21/08/2023 à 09:56 5
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Rouge karma
7/10 Que cela fait plaisir de retrouver un bon livre de Grangé. Après l’immense déception avec Les Promises, j’ai retrouvé tout ce qui m’attire et me plaît chez l’auteur français : un peu d’exotisme (parcourir les rues de Paris et ses barricades et de Calcutta et ses rues aussi bondées que dangereuses, comme si on y était), des thèmes mystiques (l’hindouisme, et les autres religions ou croyances dérivées, voire sectaires de l’Inde) sur fond de révolte soixante-huitarde.
Si le décor du roman m’a séduit, les personnages ne sont pas en reste. Hervé, le romantique pur et dur, qui va par la force des choses s’émanciper de ses livres ; Nicole, la bourgeoise révoltée qui découvrira les réalités de la vie ; et Jean-Louis, le flic ex-soldat de la guerre d’Algérie, aux valeurs et pensées de gauche et aux actions de droite. Ce trio va enquêter pour leur survie sur le meurtres terribles et horribles de deux étudiantes et amies d’Hervé et Nicole.
Un livre sombre, très rythmé et très prenant. Des ficelles un peu grosses facilitant le déroulé de l’histoire et de l’intrigue. Somme toute un livre très séduisant.18/08/2023 à 13:16 3
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Le Cercueil de Job
7/10 Jeune esclave noire en fuite, Bell Hood a pour repère Le cercueil de Job, une constellation d’étoiles que son père lui faisait admirer. Symboles de liberté dans cette Amérique en pleine guerre entre le Nord et le Sud, entre les états abolitionnistes et les états sécessionnistes, ces étoiles doivent la guider la nuit vers des contrées plus hospitalières. Aussi, avec pour compagnon Dexter, elle tente d’éviter les rencontres d’hommes qui ne voudront que la livrer à ses maîtres.
Jeremiah Hoke, soldat blessé, essaie de fuir les atrocités de cette guerre. Hanté par ses cauchemars, s’interrogeant sur les motivations humaines de cette guerre, Hoke cherchera la rédemption.
Roman emprunt d’humanisme, Le cercueil de Job confirme la beauté de l’écriture de Lance Weller. Même s’il offre des pages remplies de poésies et de descriptions terribles de batailles, Le cercueil de Job m’a moins attiré et ému que Wilderness. Lance Weller reste malgré tout un auteur à lire (ou à découvrir).
17/08/2023 à 09:26 2
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Le Blues des phalènes
6/10 L’autrice nous plonge avec ce Blues des phalènes dans le destin tragique de 4 personnages dans cette Amérique des années 30 : Arthur, ancien soldat aussi héroïque qu’étranger aux guerres où il a combattu ; Pekka, qui, un peu spectatrice de sa vie, multiplie les expériences aussi personnelles que professionnelles et les noms ; Milton, cette âme vagabonde d’artiste perdu échappant à sa destinée familiale ; Nathan qui voit son destin lié à venger toute la misère et les injustices qu’il rencontre.
Si la cadre et les thèmes étaient très alléchants, Le Blues des phalènes est loin de la qualité et de l’attrait que j’ai pu vivre avec d’autres œuvres de cette époque (Les raisins de la colère, Le retour de Silas Jones, Des fauves et des hommes,…). Ce fut une lecture âpre. L’écriture était peut-être trop subtile et imagée à mon goût, l’histoire trop décousue, pour que j’apprécie avec délectation ce blues. Je n’ai pas été remué, ni sensible à l’histoire de ces personnages. La seule chose que j’ai apprécié, c’est la découverte de cette catastrophe aussi unique qu’impressionnante d’horreur : la destruction de la ville d’Halifax, la plus grande destruction de nature humaine d’une ville (avant celle d’Hiroshima par l’arme nucléaire).
16/08/2023 à 11:29 3
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Le Nouveau
7/10 Je découvre Kaga Kyoichiro, ce nouveau à la Préfecture de police de Tokyo, qui dès son arrivée doit enquêter sur le meurtre d’une femme retrouvée étranglée dans son appartement.
Si le sens de l’observation et de déduction peut être comparé à celui du mythique Sherlock Holmes, ce qui fait l’originalité de ce livre réside dans sa construction. Car ce sont à travers les témoins, les différentes personnes interrogées et leur vie professionnelle et/ou personnelle que l’enquête avance ; Kaga Kyoichiro n’apparaissant a priori que comme un personnage secondaire.
Une enquête « classique » nous permettant de découvrir, outre cet inspecteur adjoint, la société japonaise et ses traditions.
11/08/2023 à 11:33 6
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L'Affaire Alaska Sanders
9/10 J’avais été déçu par La disparition de Stéphanie Mailer. Je m’étais ennuyé à la lecture de L'Enigme de la chambre 622. Et là, (est-ce la magie de Marcus Goldman ?), cette affaire m’a complétement charmé. J’ai retrouvé le talent de l’écrivain suisse qui m’avait séduit avec La vérité sur l’affaire Harry Québert et confirmé avec Le livre des Baltimore.
Ce duo formé par l’écrivain devenu à succès, Marcus Goldman, en quête de lui-même et de son fidèle ami Harry Québert, et par le sergent Perry Gahalowood, personnage cynique mais charmant et attachant, va essayer d’élucider, 11 ans après, le meurtre de la (trop) belle Alaska Sanders.
L’écriture, les personnages, l’histoire, les flashback, … Joël Dicker a tout peaufiné pour attirer le lecteur dans ce livre dont, à l’instar d’un piège, il ne pourra s’échapper qu’à l’issue de la dernière ligne. Dernière ligne qui ouvre la porte à une autre affaire et donc suite à ce duo ?? Je l’espère sincèrement et le souhaite de tout cœur.
10/08/2023 à 10:26 8
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Ce qui vient après
9/10 Troublant, intense, bouleversant, et tout autant attachant et touchant. Ce premier roman, Ce qui vient après, de JoAnne Tompkins m’a profondément ému. Les thèmes traités ne sont pas uniques en leur genre. Mais l’autrice américaine a su transcrire toutes les émotions et autres sentiments à travers l’histoire de ce drame.
A Port Furlong, Etat de Washington, petite bourgade, Isaac tente de surmonter la mort de son fils, Daniel tué par son meilleur ami, Jonah. Responsable de la communauté des quakers, sa foi en Dieu lui apporte le soutien dont il a besoin. Avec son fidèle compagnon canin, Rufus, Isaac laisse la vie l’emporter.
Jusqu’à ce que Evangeline, cette jeune femme abandonnée par sa mère, débarque dans sa vie. Isaac y voit comme un signe, elle qui a connu Daniel et Jonah. D’ailleurs, la grossesse d’Evangeline correspondrait bien au moment de leur rencontre. Isaac, rempli de sa foi, de bienveillance, accueille dans sa maison la jeune fille. Evangeline, aussi effrontée qu’impétueuse, va se confronter au mutisme et à l’égo du patriarche : deux êtres qui vivent différemment leur malheur.
Et la présence de Lorrie, amie, voisine et surtout mère de Jonah, ne facilite pas la situation. Pourtant la reconstruction de la vie de chacun semble à portée de main…
Une magnifique histoire de rédemption, de pardon que JoAnne Tompkins nous offre avec délicatesse et profondeur. Un livre qui n’intéressera pas tout le monde mais qui, indéniablement, touchera ceux qui le liront.09/08/2023 à 13:39 5
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Le Secret d'Edwin Strafford
8/10 Première incursion dans l’oeuvre de Robert Goddard. De facture assez classique, que n’aurait pas renié Agatha Christie, Le secret d’Edwin Strafford possède une écriture fluide et captivante. L’auteur anglais présente ses personnages, développe son cadre historique, forge son intrigue à coup de manipulations et de complots politiques. J’ai été particulièrement intéressé par ce côté historique des suffragettes, et ces hommes politiques inconnus ou célèbres du début XXème siècle. Mais le talent de l’auteur est d’avoir romancé tous ces ingrédients dans une enquête aussi romantique qu’intrigante.
08/08/2023 à 10:54 2
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Le Cercle des mensonges
8/10 Je craignais, en me plongeant dans cette suite de Le Cheptel, lu il y a déjà quelques années et n’en ayant que de vagues souvenirs, être perdu dans le déroulement de l’enquête, les personnages,… Que nenni. Céline Denjean rappelle, de manière subtile, et sans spoiler les lecteurs qui auraient envie de découvrir Le cheptel, les grandes lignes du volume précédent.
Et puis, de toutes les façons, Le cercle des mensonges possède sa propre enquête, ou plutôt sa propre double enquête. L’autrice nous distille un savourant moment de lecture car j’ai été complétement pris par ces intrigues. Un moment de lecture très prenant où chaque page comporte son lot de suspense, de tension, et de manipulation. Céline Denjean, s’il était encore besoin, nous rappelle qu’elle fait partie des meilleures autrices françaises contemporaines de polars.
07/08/2023 à 12:22 8
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Le Mystère Sherlock
6/10 Après la lecture de Qui a tué l'homme-homard ?, semi-déception, je m’étais promis de poursuivre la découverte de l’œuvre de J.M. Erre afin de réellement rentrer dans l’univers comique teinté d’humour noir et de drôlerie linguistique et littéraire. C’est donc avec Le Mystère Sherlock que j’ai tenté de partager les bons commentaires des lecteurs quasi unanimes…
Malheureusement, cette lecture a confirmé que je ne suis pas du tout amateur de l’humour de J.M. Erre, et voire carrément n’ai pas compris en quoi certains paragraphes, sensés l’être, étaient drôles. Du coup, cette lecture m’a paru longue (et pourtant Le Mystère Sherlock ne compte que 300 pages). Seules les 20 dernières m’ont sauvé d’un profond ennui voire lassitude.
Si le sujet et les protagonistes avaient matière à me séduire, l’humour qui cimente et égrène cette histoire m’a laissé imperturbable, laissant un goût général de déception pour ce Mystère Sherlock.04/08/2023 à 11:48 1
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Patria
8/10 N’étant pas hispanophile, je n’aurai pas, spontanément, lu ce livre si ce dernier n’était pas considéré comme un chef d’œuvre ayant « enflammé la société espagnole » et obtenu « les plus prestigieuses récompenses ». C’est donc cette curiosité qui m’a ouvert le chemin vers ce pan de l’histoire qui a enflammé le pays basque, ce terrorisme pour certains, cette guerre de libération pour d’autres.
J’ai été séduit par ces 2 familles dont on suit les membres, de manière complétement et volontairement déconstruite, au fil des courts mais intenses chapitres. Ces 2 familles pour qui il y avait un avant l’assassinat de Txato, un des pères de familles. Tué par l’ETA et dont le fils de l’autre famille est membre et est incarcéré. Avant ces 2 familles étaient liées par une amitié forte. Mais voilà, le Txato, entrepreneur, a voulu négocier le paiement de « l’impôt révolutionnaire ». Menacé, harcelé et banni par les villageois, le Txato a finalement payé le prix fort.
Désormais, l’ETA a rangé les armes et le temps de la paix et de la réconciliation est venu. Pas facile pour ces membres de la famille dont on découvre, au fil des pages, leur histoire, leur quotidien, leur espoir, leur colère, leur deuil…
Je ne peux qu’inciter chacun et chacune à découvrir Patria et ces familles bouleversantes et attachantes.
01/08/2023 à 14:54 5
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Manhattan chaos
7/10 Michaël Mention nous propose un « very bad trip » littéraire. Il s’est mis dans la peau de Miles Davis, qui, lors du black out de New-York de 1977, fait une véritable crise de manque, avec hallucination, dépression… Le temps d’une nuit, on suit les élucubrations du trompettiste en pleine crise existentielle.
Avec ce court roman, qui n’est pas des plus accessibles, Michaël Mention confirme, s’il était encore besoin, qu’il est des auteurs français contemporain de roman noir sinon le plus talentueux du moins le plus original
01/08/2023 à 14:13 3
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Séquences mortelles
8/10 Comme le soulignent les commentaires précédents, lire un Michael Connelly c’est la garantie de se plonger dans une enquête originale et passionnante. Lire un livre de l’auteur américain c’est une valeur sûre.
Séquences mortelles, le 3ème livre mettant en scène Jack Mc Evoy ne déroge pas à cette règle. C’est avec une grande rigueur et une forte documentation que Michaël Connelly prend pour cadre de son polar les tests génétiques et l’exploitation des données personnelles. Ça fait froid dans le dos, aussi bien par l’actualité de ce sujet que par les dérives pouvant en être faites par des criminels.
J’ai beaucoup apprécié ma lecture, ce retour du personnage de Jack Mc Evoy (lire ce livre sans connaître les aventures passées de celui-ci n’empêche pas d’apprécier ce livre) et la plume riche et passionnante, comme toujours, de Michael Connelly.
31/07/2023 à 17:14 6
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Pyongyang 1071
7/10 C’est lors d’une soirée créole que l’auteur a pris la décision d’aller courir le marathon de Pyongyang, la capitale de la Corée du Nord. Si ce pays est fermé au tourisme de masse, le Gouvernement autorise quelques agences reconnues par lui seul et sous étroite surveillance la venue des visiteurs étrangers.
C’est dans ce contexte que Jacky Schwartzmann raconte sa préparation physique, son long périple en Corée du Nord, sa course et sa visite des lieux cultes et de cultes du régime nord-coréen. « A la fois attiré et rebuté par ce pays tellement bizarre, ce peuple perché et ses dirigeants incongrus », l’auteur bisontin use et abuse de son ton décalé aussi cynique que drôle pour distiller son journal de voyage.
Ce n’est pas le plus attachant de ses livres, mais sa lecture est incontournable si vous êtes amateur de l’œuvre de l’auteur.
31/07/2023 à 16:08 3
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Puzzle
6/10 Le pitch du livre avait l’air très attrayant. Sauf que la quatrième de couverture occulte une partie essentielle. Lucas Chardon, patient psychiatrique, a été inculpé mais reconnu irresponsable, des meurtres de 8 personnes dans un chalet en haute montagne. Il souhaite dévoiler l’identité du véritable meurtrier à Sandy Cléor, la psychiatre qui traite Lucas Chardon et souhaite dénouer toutes les ficelles de cette horreur.
Toute cette vérité débute quelques mois plus tôt. Ilan Dedisset est contacté par son ancienne petite amie, un soir, qui vient frapper à sa porte. Chloé souhaite qu’ils reprennent ensemble le jeu « Paranoïa ». A la clef, c’est un gain de 300 000 € pour qui arrivera à percer tous les mystères et énigmes qui jonchent leur parcours. Les quelques candidats qui arrivent à l’épreuve ultime se retrouvent enfermés dans un hôpital psychiatrique désaffecté. Dans ce milieu austère et angoissant, les règles du jeu de cette chasse au trésor semblent fausser et les candidats ne peuvent se faire confiance. Mais chaque objectif que doivent atteindre chaque candidat dévoile de troublantes réalités : y compris la mort de certains d’entre eux. Que veut faire le maître du jeu, ce mystérieux Hadès ? Quel est l’objectif de « Paranoïa » ? Est-ce un jeu ou cache-t-il d’autres motivations ? Ilan comprend au fil des jours que cette chasse au trésor cache un secret personnel qui aurait un lien avec la mort de ses parents, d’imminents chercheurs. A l’image d’un puzzle, chaque étape du jeu dévoile une pièce de la vérité qui, pour les plus avertis, n’apportera aucune surprise stupéfiante.
Cette lecture de Puzzle fut, quoique rapide, longue et fastidieuse. La fin attendue voire convenue a certainement gâché ma lecture.12/07/2023 à 10:00 5
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La Colère
9/10 S.A. Cosby fait partie des nouveaux auteurs mis en avant par toute la presse nationale et internationale qui ne tarit pas d’éloge sur « la nouvelle sensation des lettres américaines ». J’ai voulu me faire ma propre idée sur le chouchou de Michael Connelly et de Dennis Lehane, entre autres.
Le colère (La rage ou la haine auraient été des titres plus adéquats) met en scène deux pères ayant perdu leurs fils, mariés l’un à l’autre, tués par balles. Ike Randolph, père d’Isiah et Buddy Lee Jenkins, père de Derek, se rencontrent et s’évitent, lors de leur enterrement. Eux qui n’ont pas accepté l’orientation sexuelle de leur fils, vont s’unir et mener l’enquête que la police délaisse. Il faut dire qu’en Virginie-Occidentale, être homosexuels et un couple mixte noir-blanc, leur meurtre ne constitue pas une priorité (et c’est un euphémisme !).
Ike et Buddy Lee ont un point commun : ex-taulards faisant partie d’anciens gangs extrémistes. Leur vengeance sera donc à la hauteur de leur rage. Eux qui n’ont pas aimé leur fils comme ils étaient de leur vivant, souhaitent faire payer leur mort en tuant le ou les auteurs de ce crime minable. Et ils ne lésineront pas sur les moyens.
La colère est un polar qui privilégie l’action (et du lourd) au contemplatif, le langage brut à la prose fleurie. Et pourtant, S.A. Cosby développe ses personnages avec beaucoup d’humanisme, de rédemption, de culpabilité et de fragilité. Avec tous ses ingrédients, La colère est un livre qui se dévore. Et les éloges cités plus haut ne sont pas usurpés. On tient là un auteur aussi recommandable qu’incontournable.10/07/2023 à 17:22 13
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Shit !
8/10 C’est un réel et récurrent plaisir d’avoir un livre de Jacky Schwartzmann entre les mains. On sait que l’auteur bisontin propose des histoires et des personnages drôles, décalés, loufoques et d’un humour second degré très addictif.
Thibault Morel, CPE dans un collège de Besançon, habite une HLM à Planoise, quartier sensible de la ville. Chaque matin et soir, il doit prouver aux dealers qu’il réside bien dans la tour, en se prenant quelques claques au passage.
Thibault, un soir, écoute que les dealers s’entretuent, dans le four, le local où est entreposée toute la came. Il décide avec Ramla, sa voisine, de poursuivre à leur manière, la revente de la drogue.
Comme d’habitude, on ne s’ennuie pas à lire cette histoire. Rebondissements aussi inattendus que drôles, répliques voire démonstrations existentielles décalées et cyniques qui font mouche. Bref, Jacky Schwartzmann continue de proposer des comédies littéraires très séduisantes. Ces livres devraient être imposés aux mélancoliques et autres fatigués et déprimés.06/07/2023 à 11:18 11
