369 votes
-
Le Dernier message
8/10 Nicolas Beuglet est incontestablement l'auteur français de thrillers qui monte, qui monte, comme Franck Thilliez le fît il y a quelques années de cela.
Le dernier message confirme et montre que le talent de cet auteur progresse encore au travers d'un thriller à la fois intelligent et très prenant.
Il est intelligent car il fait réfléchir tant sur l'intrigue à partir de laquelle l'histoire s'enclenche, mais également sur le sujet de fond à l'origine du meurtre. Sans vous divulguer ce sujet, je ne peux que vous suggérer de rechercher des vidéos sur les théories et leur mise en pratique, c'est non seulement vrai mais surtout totalement édifiant. Pour les autres, vous découvrirez ce que peuvent apporter les neurosciences.
Et puis l'auteur nous transporte dans de merveilleux endroits de l’Écosse et du Groenland; on a un peu la sensation de voyager en ces temps de confinement sanitaire. Je me demande d'ailleurs s'il utilise toujours les services de Google Maps pour visiter virtuellement les villes dont Nicoals Beuglet parle dans ces livres comme il me l'avait avoué lors d'une séance de dédicaces. Mais cette fois-ci, il a fait appel à un autre auteur français familier de la zone polaire pour l'épauler et lui faire sentir l'ambiance de Nuuk (Mo Malo).
Enfin, Nicolas Beuglet a des qualités narratives indéniables et fort plaisantes. Son style simple, sans fioritures, permet au lecteur de rapidement s'immerger dans l'histoire, de suivre son déroulement un peu comme s'il la regardait par dessus les épaules des personnages. Le lecteur se retrouve complètement accro à ce livre du fait des différents mécanismes de page-turner mis en place par l'auteur tout au long du livre.
En bon conteur d'histoires qu'il est, Nicolas Beuglet ne manque pas de se jouer de ses lecteurs en laissant deux mystères non-résolus dans ce livre.... dont un relatif à l’héroïne qui laisse présager une autre aventure avec celle-ci.
Bref un très bon livre pour commencer l'année 2021.29/01/2021 à 16:13 6
-
Toi
6/10 Si la première moitié du roman de Zoran Drvenkar est un peu poussif et orienté dans la présentation des personnages, la seconde partie est beaucoup plus prenante avec de nombreux rebondissements expliquant la relation entre ceux-ci.
17/01/2021 à 20:52 3
-
Cinq cartes brûlées
8/10 Un thriller psychologique glaçant, déroutant, captivant, révoltant, surprenant. Sophie Loubière sait nous tromper brillamment en jouant avec notre sensibilité et notre révolte face aux harcèlements psychologiques et sexuels subits par l'héroïne pour que nous puissions pas trouver la solution à l’énigme de cette intrigue.
20/12/2020 à 19:10 5
-
Qaanaaq
7/10 Un polar du grand Nord venu de France, glacial comme la banquise sur laquelle se déroule l'histoire. Une enquête entre traditions inuits, pouvoir et géopolitique Groenlandaise. Un thriller passionnant et dépaysant.
16/12/2020 à 20:47 3
-
Sigló
3/10 Un peu comme La dame de Reykjavik du même auteur, ce roman policier est calme, lent, accès sur l'humain; l'enquête à l'image du jour sur l'Islande : la nuit la moitié du temps, le grand jour dans les derniers chapitres.
27/10/2020 à 21:08 1
-
Les Protégés de Sainte Kinga
9/10 Les protégés de Sainte Kinga fait plaisir à plus d'un titre.
Même si j'apprécie les livres de Marc Voltenauer depuis Le dragon du Muveran, je dois avouer que ce roman m'a particulièrement plu, et ses 541 pages marquent un vrai tournant dans la vie de cet écrivain. Ce livre est digne des plus grands maîtres des thrillers tant il est bien construit à tous les niveaux.
L'histoire bien sûr, véritable squelette qui tient le livre de la première à la dernière page, et l'attention du lecteur. Elle repose sur plusieurs piliers, architecture bien connue des amateurs de thrillers suédois comme ceux de Camilla Läckberg : une histoire du passée qui viendrait justifier l'action du présent, une partie documentaire, une enquête et bien sûr l'évolution des personnages.
Cette fois-ci l'histoire du passée et la partie documentaire sont étroitement liées puisqu'elles se déroulent toutes deux dans les mines de sel du pays de Bex. On y apprendra de manière très didactique et sans aucune lassitude à la lecture l'origine, l'histoire et les évolutions technologiques pour extraire le sel de ces mines. Ces mines tellement présentes dans la vie de la région et dans ce roman, qu'au font elle devient un personnage à part entière dans ce livre.
Si le présent donne part belle à une prise d'otage moderne mêlant fine stratégie, organisation et technologies, c'est l'occasion pour l'auteur d'apporter sa touche personnelle. Même si je suis sûr qu'il ne partage pas la méthode employée par le Charlot du roman, nul doute qu'il est derrière le message véhiculé au travers de ce crime : la dénonciation des inégalités, des préjugés ou des mésactions envers des personnes dites différentes de par leur origine, leur religion ou de leur 'orientation sexuelle .... sujet malheureusement encore d'actualité.
Les personnages que l'on a plaisir à retrouver (il s'agit de la quatrième aventure d'Andreas Auer), mais cette fois-ci l'inspecteur n'est pas le personnage central autour duquel gravite l'enquête. De nombreux personnages prennent place, chacun ayant un rôle bien précis et un apport au roman. Ce changement est très agréable, il permet un renouveau dans les romans de Marc Voltenauer et de bénéficier d'un autre regard sur ses personnages historiques.
Enfin, le rythme du roman. Dès le début, le rythme est soutenu avec un faux braquage qui se termine en vraie prise d'otage, mais ensuite le lecteur n'aura de répits que dans les chapitres "historiques" car il devra alterner négociations tendues, courses effrénées à la recherche d'indices permettant d'identifier les preneurs d'otage, et puis un final à cent à l'heure.
Un roman qui va vous tenir captif de la première à la dernière page.26/10/2020 à 20:56 2
-
Rester groupés
6/10 Troisième roman policier décalé, humoristique et rythmé de l'équipe du commissaire Anne Capestan qui fait de Sophe Hénaff la digne héritière de San Antonio et des Poulpe.
25/10/2020 à 18:14 1
-
Pour le bien de tous
4/10 Un roman policier classique sans grande surprise ou la multitude des personnages créés par Laurent Scalese risque de perdre le lecteur.
10/10/2020 à 21:12 1
-
De force
6/10 Un Karine Giebel intéressant mais dont on devine trop facilement le dénouement.
07/10/2020 à 21:09 2
-
RN 86
5/10 Jean-Bernard Pouy navigue entre investigation et introspection du héro. Un roman original au rythme méridional.
29/09/2020 à 19:54
-
L'Homme chauve-souris
3/10 Fan des aventures de Harry Hole, l'ayant découvert dans Le bonhomme de neige, je voulais reprendre l'histoire à ses débuts mais grande fut ma déception car en place d'un thriller bien ficelé comme je suis habitué de Jo Nesbo, j'ai découvert un Lonely Planet sur l'Australie et la culture aborigène.
28/09/2020 à 20:42 2
-
Adieu
8/10 Un roman original où la ténacité légendaire des flics est mise à profit pour nous conter un thriller retors.
28/09/2020 à 20:29 1
-
La Vallée
8/10 Enfin je retrouve le Bernard Minier. Après un décevant M, au bord de l'abîme, l'auteur revient avec son héros qui lui a valu son succès : Martin Servaz. Dans ce sixième tome, l'enquêteur en attente de la décision sur sa suspension se voit embarquer dans une enquête de meurtres mis en scène après l'appel de sa femme disant être en fuite après avoir été séquestrée.
On retrouve les éléments qui ont fait le succès des cinq premiers tomes, des crimes impressionnants aux raisons mystérieuses, des implications psychologiques, des origines sans doute liées à Julian Hirtman, et des scènes d'action. Mais cette fois-ci la tension n'est pas uniquement dans l'affrontement des deux principaux personnages, elle est accentuée par un huis clos particulier, un village isolé après la chute d'un pan de montagne, et par la montée de l'opposition de la population aux autorités locales.
La richesse de ce roman ne se résume pas uniquement à l'histoire, la recherche de la vérité, mais également à la multitude des personnages secondaires, de leur personnalité propre, de leur participation à l'histoire.
Un livre particulièrement réussi qui tient en haleine le lecteur du début à la fin.07/09/2020 à 20:41 7
-
Tout cela je te le donnerai
5/10 Je suis très mitigé à propos de ce roman, roman que je n'ai toujours pas terminé et dont je ne suis arrivé qu'à la moitié après une semaine.
L'histoire est attrayante, de par l'analyse fine d'une aristocratie espagnole certes démodée et dépassée, mais persistante dans les mentalités; mais l'enquête nous faisant découvrir se monde est menée à une lenteur extrême.
Le rythme est d'ailleurs le gros problème que j'ai avec ce livre. L'auteure passe à mon avis trop de temps à décrire les paysages, les actions parfois futiles des personnages, voir fait dire à ses personnages ce qu'ils ont vécu et que nous avons découvert dans les pages précédentes.
Les personnages sont admirables de profondeur et de complexité. Tant les vivants que les morts se révèlent au fur et à mesure des pages, montrent un autre visage qui ne correspond pas à leur première apparence.
Un roman que je dois terminer... mais après avoir repris un peu de vitalité auprès d'autres thrillers plus rythmés.06/09/2020 à 22:03 1
-
Morte la bête
7/10 Malgré une enquête somme toute assez classique mais proche de la réalité, sans grande action, ce livre policier est captivant. Captivant dans l'investigation et dans le monde qui permettra de mettra à jour le(s) coupable(s); captivant dans la présentation de l'organisation policière, juridique et des services sociaux danois; captivant dans la dénonciation de leurs dysfonctionnements et du laxisme du Danemark envers les crimes pédophiles. Il faut dire que les auteurs savent de quoi ils parlent puisque Lotte Hammer a été à la tête des services sociaux des 1995 à 2010.
Mais c'est avant tout la démonstration la manipulation de l'opinion publique, pour une cause qui semble juste au départ, qui montre à quel point l'opinion peut s'opposer à un état de droit. Ce travers donne une tension au roman qui permet de garder captif le lecteur.
Ce livre ne serait pas ce qu'il est sans une collection de personnages variés, forts et bien charpentés. J'ai particulièrement apprécié le personnage du héros principal, l'inspecteur Simonsen. Me l'imaginant avec le physique d'Umberto Eco et le mental de Franck Columbo, il est la quintessence de l'inspecteur qui cache bien son jeu. Derrière une bonhomie, ses petites cellules grises fonctionnent à plein régime pour analyser la situation et établir une stratégie pour démasquer et confondre le coupable; alors qu'il n'a pas le soutien de la population. Il cache tellement bien son jeu qu'il ne dévoile qu'un aspect de sa vie dans un dernier twist final.
Des auteurs et un livre à découvrir.19/08/2020 à 21:15 2
-
L'Ami imaginaire
9/10 Nombreux auteurs se sont aventurés dans l'aventure de l'hommage à Stephen King ou d'autres auteurs emblématiques du fantastique. Si quelques uns ont effleuré du doigt le génie du maître du fantastique, comme Maxime Chattam et son Signal, d'autres ont réussi à atteindre un niveau proche en apportant une histoire originale comme Olivier Bal avec Les limbes, mais nul n'est arrivé là où nous emmène Stephen Chbosky avec son Ami imaginaire.
Les amateurs du genre et plus particulièrement les fans de Stephen King noteront les nombreuses allusions aux œuvres du maître : Ca bien sûr avec le gentil-monsieur, Le fléau avec l’épidémie de grippe, Dolores Clairborne avec la mère du héros, 22/11/63 pour les changements d'univers, Shining pour la poursuite finale, Carrie pour les super pouvoirs, et bien d'autres.
Mais loin d'une pâle copie, de reprise des thèmes déjà vus et lus, l'auteur a su capter l'essence même de Stephen King en adoptant une qualité rédactionnelle proche du maître. Dès les premières pages, la simplicité et la tranquillité de la mise en place de l'histoire nous capte. L'auteur dépeint l'environnement et les personnages par petites touches, en rappelant de petits détails qui rappellent en nous de grandes histoires telle la madeleine de Proust.
J'ai été littéralement captivé par ce livre au point de ne lever le nez de celui-ci qu'après plus de 200 pages lues et l'impression d'avoir eu entre les mains un roman de Stephen King de la fin des années 70 début des années 80. Autant vous dire que je n'avais pas connu cela depuis un moment. L'imaginaire n'est pas que dans l'ami du héros, il est aussi dans la créativité de l'auteur, du monde imaginaire et de ses créatures.
Toutefois le livre de Stephen Chbosky a quelques petits défauts. Difficile est de tenir un tel niveau sur plus de 700 pages (d'ailleurs je vous conseille la version numérique, car le bébé fait son poids). Le final est un peu lourd, redondant et tire en longueur.06/08/2020 à 20:49 8
-
Classe tous risques
Ouvrage collectif
2/10 Quelle déception.
Moi qui croyais trouver un roman de suspense ou d'horreur de Stephen King dans un avion, je trouve uniquement un recueil de nouvelles liées par la même thématique, l'aviation. Ces nouvelles viennent essentiellement du siècle dernier, certaines ont été écrites lors de la naissance de cette discipline.
Mais pas de Stephen King. Les seuls liens avec le maître de l'horreur sont son introduction de ce livre et une nouvelle (une des meilleures) nouvelle de son fils Joe Hill.
Il n'y aurait rien à reprocher à la qualité des nouvelles, c'est même une sélection originale et intéressante que de voir la perception de l'avion au fil du temps. Mais je ne peux m'empêcher d'avoir une ressenti de tromperie d'avoir mis en avant le nom d'un auteur pour au final ne rien trouver de lui.
Intéressant mais trompeur.04/08/2020 à 21:42 2
-
Symphonie Périgord
8/10 Oh quelle belle surprise!
Si les deux premiers romans de la trilogie avait un petit problème de rythme, la Symphonie Périgord montre que Michel de Caurel a muri, a su tirer profit des critiques et commentaires laissés par ses lecteurs. Dès les premières pages, on est embarqué dans un enquête policière, en fait menée par un journaliste, dans une des régions des plus épicuriennes de France. Et ça file, ça tourne, ça vire, un peu comme les routes de cette région, l'intrigue se relance, se précise, se dévoile.
On a plaisir à retrouver Léo, le héros des deux premiers tomes, qui a également muri. Même s'il est toujours à succomber au charme de la gente féminine, ce n'est pas aussi immédiat et répétitif (pour ne pas dire automatique), il est un peu plus romantique et réfléchi. Réfléchi aussi dans son investigation de la disparition mystérieuse d'une jeune fille de 18 ans.
On a plaisir une roman qui est plus en finesse, plus maîtrisée, plus harmonieuse, mais ...
Car il y a un mais qui fait que ce roman n'est pas parfait.
Arrivée aux deux tiers du livre, on pense le livre terminé et on découvre une seconde partie changement complètement le contexte de l'histoire. Si cette partie apporte certes un complément à l'histoire, elle est un peu plus lourde, moins maîtrisée, un peu trop directe et une fois lue on s'aperçoit qu'elle n'était pas nécessaire. On aurait tendance à penser que l'auteur avait eu une idée pour un quatrième tome, mais coincé par l'annonce d'une trilogie, a cherché à la caser à la fin du troisième. Ce n'est pas grave, mais on finit le livre avec une légère appréciation négative que nous n'avions pas avant cette seconde partie.
Un roman plaisant et généreux comme la gastronomie périgourdine.04/08/2020 à 21:20 2
-
Extra pure
7/10 Roberto Saviano reste fidèle à lui même : un auteur passionné, désireux de connaître le monde du crime, de faire partager cette connaissance et de dénoncer l'emprise des criminels (mafia, narcotrafiquants) sur le monde économique mais également sur le monde politique.
Comme pour Gomorra Roberto Saviano nous offre un roman documentaire, abordant à chaque chapitre un domaine de ce monde. Cette fois-ci il se concentre sur l'univers de la cocaïne alternant la vue du consommateur, du dealer, l'histoire de la guerre de pouvoir des narcotrafiquants, l’enrôlement, ...
Dernièrement j'avais lu Paz de Caryl Férey et j'ai depuis découvert que c'est suite à la lecture de Extra pure que Caryl Férey a décidé de passer à l'écriture de ce livre. Et en effet, Paz est la version romancée, légèrement aseptisée de la réalité brute, froide, hyper-violente de celle rapportée par Roberto Saviano. Aussi il est intéressant de lire les deux à la suite, Caryl Férey en introduction mais également pour s'adapter à ce monde cruel avec de monter d'un cran (et en altitude) avec Roberto Saviano .
Mais Roberto Saviano reste fidèle également à ses défauts. Ce livre est avant tout documentaire. Aucun fil rouge (déjà qu'il s'agit de lignes blanches) n'est offert au lecteur pour le tenir en haleine et découvrir tous les aspects de ce monde criminel. L'auteur sombre également dans l'énumération à l'excès comme en témoignent les premières pages listant toutes les personnes autour du lecteur susceptibles de consommer cette drogue.
Un roman coup de claque qui mérite notre persistance à sa lecture.17/07/2020 à 20:36 2
-
L'Affaire Paola
7/10 Donna Leon est un peu ma madeleine de Proust. Avant d'ouvrir un de ses livres on se dit que l'on va avoir une histoire policière particulièrement classique, mais à chaque fois on a une belle intrigue policière avec de nombreux revirements.
Mais un des plaisirs à retrouver une aventure du Commissaire Brunetti est avant tout de se retrouver projeter dans la cité lacustre, celle ville unique qui empêche nombre clichés des romans de ce genre comme les courses poursuites en voiture. Le dépaysement vient également de la fausse nonchalance et de la relative décontraction des policiers, ou encore de l'organisation particulière de la police et de sa gestion entre les différentes localités.
Cependant la grande originalité de ce livre provient de l'origine de l'enquête mettant en porte à faux le Commissaire Guido Brunetti : la femme du Commissaire commet une infraction et récidive. Alors que d'habitude nous suivons une vie du couple Brunetti paisible, drôle, intellectuelle et complice, ici, la tension s'installe, les idées se confrontent, s'opposent où chacun campe sur ses positions. Heureusement, le roman ne tourne pas uniquement autour de ce sujet et de la raison motivant l'infraction de Paola Brunetti; le roman passe à la vitesse supérieure, l'enquête entre dans une autre dimension, et l'humour de Brunetti revient.
Un roman classique à savourer paisiblement.27/06/2020 à 21:05 1