El Marco Modérateur

3924 votes

  • Five Survive

    Holly Jackson

    9/10 Red, Olivier, Maddy, Simon, Arthur et Reyna : ils sont six à bord de ce camping-car, destination Gulf Shores, pour y passer leurs vacances. Six adolescents qui vont connaître une malheureuse péripétie avec un pneu crevé sur le comté de Chesterfield, en Caroline du Sud. Une fois l’incident réglé, les quatre pneus éclatent. Des impacts de balles. Dans les parages, un sniper les a pris pour cibles et son message est terrifiant : avant l’aube, celui qui dissimule un lourd secret devra l’avoir révélé via le talkie-walkie concédé aux naufragés, sinon, le tueur les abattra tous. Commencent alors sept heures d’angoisse.

    Voilà un remarquable compte à rebours littéraire – et assassin – concocté par Holly Jackson, à qui on doit déjà les très bons ouvrages de la série « Meurtre mode d’emploi à l’usage des jeunes filles ». Le pitch du tueur embusqué voulant faire avouer des vérités indicibles à des personnages est connu (cf. les films Phone Game ou Night of the Hunted, l’écrivaine s’appuie néanmoins sur des qualités particulièrement solides : l’écriture est prenante, les protagonistes sont bien sentis, les dialogues au cordeau, et l’ambiance anxiogène habilement construite. A bord de ce Getaway Vista 2017 31B de neuf mètres quarante-cinq de long, les éléments du décor, les moindres recoins et même l’environnement proche où le véhicule a été immobilisé sont exploités avec intelligence. Quand l’ultimatum est livré par le tueur, les liens entre ces ados vont être soumis à de puissantes turbulences : les amitiés factices, les rancœurs, les non-dits, les silences pesants, les passés troubles, l’ascendance prétendument naturelle du mâle autoproclamé alpha, les tensions intrafamiliales, etc. Red Kenny compose d’ailleurs une jeune femme d’une belle densité humaine : sa mère, policière, a été abattue de deux balles dans la nuque et elle continue de vivre avec ce deuil persistant. Holly Jackson exploite avec maestria les codes du genre, entre huis clos troublant, tentatives de survie, utilisation des maigres ressources à la disposition des individus et mise à nu du grand secret. Le rythme ne faiblit jamais et les ultimes rebondissements tombent en cataractes, avec finesse et efficience, bouclant ainsi avec talent ces moments de terreur passés à bord de ce camping-car. Si cet ouvrage est destiné a priori à la jeunesse, son ton et de nombreux passages sanglants ainsi qu’un final pour le moins âpre l’orientent également – et sans aucun doute – vers un public adulte qui saura se délecter de ce suspense tendu.

    Un roman addictif et saisissant, maîtrisé de bout en bout, et habité par des personnages crédibles. Le dénouement est excellent : vous ne choisirez probablement plus jamais la sonnerie de votre téléphone portable au hasard.

    28/02/2025 à 06:50 7

  • Game Over

    Isabelle Villain

    8/10 Madeleine Corse, quatre-vingt-cinq ans, meurt sous les roues d’un bus. Si la thèse de l’accident est un temps privilégiée, l’idée qu’elle a pu être poussée et donc assassinée l’emporte rapidement. La policière Rebecca de Lost et son équipe sont rapidement mis devant des faits effarants : des victimes en série, allant toujours par paire, et exécutées au même moment à Paris et dans sa région. La piste d’un duo de prédateurs choque mais semble être la seule valable. A moins que les bourreaux soient en réalité trois…

    Ce roman issu de la série consacrée à Rebecca de Lost séduit dès son entame : rythme cadencé, écriture sèche et clinique, chapitres courts. Isabelle Villain signe ici un thriller de haute volée, dur et implacable, marqué par un scénario fort et qui se révèle hélas fort crédible. Les différents enquêteurs sont parfaitement campés, les procédures policières très bien reconstituées, et les analyses psychologiques notamment menées par la protagoniste centrale sont solides. Le lecteur va ainsi suivre cette série d’homicides, d’autant plus insoutenable que l’une des victimes sera une malheureuse gamine étouffée à l’aide d’un sac en plastique, à mesure que les corps tombent. Qui sont ces deux assassins œuvrant en parallèle ? Quelles sont leurs motivations ? Jusqu’où iront-ils ? L’écrivaine livre un récit haletant du début à la fin de cet ouvrage, tandis que graduellement apparaît, au-delà de cet étonnant binôme de monstres que sont Floki et Raptor, un autre psychopathe surnommé Argos. La fin est très intéressante, clôturant officiellement les investigations conduites par Lost, Isabelle Villain ayant sciemment choisi de tourner la page de cette héroïne après dix ans de bons et loyaux services.

    Un thriller machiavélique, retors et efficace, parfaitement ancré dans un vingt-et-unième siècle marqué par le tout numérique où la raison et les valeurs s’effilochent au gré de ces relations digitales et déshumanisées.

    27/02/2025 à 06:37 3

  • Laissé pour mort

    Blake Pierce

    3/10 Un tueur en série sévit aux Etats-Unis. Sa particularité : il anesthésie ses victimes avant de les larder de blessures à l’arme blanche et les laisse mourir d’exsanguination. L’agent Adèle Sharp, qui possède la triple nationalité franco-américano-allemande suit ce prédateur qui sévit sur des proies ayant en commun le fait d’avoir des âges bien particuliers, d’où son surnom de « Benjamin Button ». Une piste va l’amener à Paris où cet assassin semble sévir désormais.
    Je connais plutôt bien la plume et le style de Blake Pierce, et là où ce dernier me contente habituellement, ici, ça n’a pas fonctionné. J’ai trouvé l’héroïne bien fadasse par rapport à d’autres (rien de bien particulier pour la spécifier, si ce n’est sa mère qui a été écharpée : belles aptitudes au profilage, mariée à son travail d’où ses déboires amoureux avec son compagnon Angus), l’intrigue contient de nombreux trous d’air interminables (cf. le passage en Allemagne en quête du produit analgésique baptisé « 132z »), les chicaneries avec ses collègues de la DGSI en deviennent redondantes et bavardes (l’appellation « Princesse américaine »), et je ne parle même pas des nombreuses coïncidences (Etats-Unis, France, Allemagne ? Ce sont justement les trois nationalités de notre enquêtrice : quel heureux hasard…) ni des moments carrément risibles (comme cette obsession pour la couleur rousse des cheveux du suspect qui tourne presque à la blague potache) voire gênants (le mobile du tueur est très abscons, pour ne pas le qualifier plus simplement d’imbécile). Bref, malgré des ingrédients connus voire attendus, la recette ne prend vraiment pas et le souffle de cette enquête est court.

    26/02/2025 à 19:30 3

  • Avant de sombrer

    Cyril Carrère

    8/10 Jérôme Cazenave, policier, se réveille à l’hôpital, sévèrement blessé, persuadé d’avoir eu un accident de voiture en rentrant chez lui. Une autre vérité lui est rapidement dévoilée : après être sorti du coma, on lui apprend qu’il aurait en réalité assassiné son épouse Céline. Encore dans les brume de l’incompréhension, à la limite de la folie, il va remonter la piste d’un passé récent.

    Ce roman de Cyril Carrère séduit dès son entame : le style est musclé, rogné jusqu’à l’os, privilégiant les chapitres courts et un rythme cadencé. Jérôme va pouvoir compter sur l’aide de Sylvia, psychologue, à mesure qu’il essaie de faire le tri entre faux souvenirs, mémoire reconstituée et voiles encore solides et épais sur ce qui s’est réellement produit. Sa femme, Céline, atteinte de la maladie de Crohn, avait suivi un traitement expérimental qui s’était soldé par un AVC la laissant en partie handicapée. Parallèlement, leur fille Marine, qui avait tenté de dissuader ses parents de participer à ce protocole médical douteux, avait récolté la colère de son paternel avant de partir en Alsace et de se lier avec un sinistre personnage. Au-delà de l’intrigue, l’auteur met en relief de belles compositions humaines, des âmes déchirées, et sa plume sert à merveille ce panorama de portraits écorchés. L’histoire s’avèrera d’ailleurs bien complexe, avec des ramifications criminelles jusqu’en Albanie, de sombres trafics d’êtres humains, des accointances imprévues en milieu carcéral et des séances de torture difficilement soutenables. Les derniers chapitres sont explosifs et le double épilogue, détonant, vient conclure avec brio ce roman qui cumule toutes les qualités attendues d’un thriller comme d’un roman noir.

    Cyril Carrère signe ici un ouvrage remarquable de maîtrise, dont les ultimes pages, singulières, marqueront durablement les esprits.

    26/02/2025 à 06:59 4

  • Le Tableau

    Claude Robert

    7/10 Le corps du peintre Maximilien Schäfer vient d’être découvert dans une usine désaffectée qui a été réhabilitée en pôle peuplé d’artistes en tous genres : il a été lardé de coups de couteau et ses mains ont été tranchées avant d’être déposées au sol. Le cadavre repose devant une toile fantasmagorique où une goule épouvantable a été peinte. Les inspecteurs Ji et Costa mènent l’enquête qui va les conduire à la fois dans le milieu de l’art, des relations ambiguës de la victime avec les membres de sa propre famille, et un réseau d’ordures pédophiles.

    Après Rouge, voici le deuxième ouvrage de la série consacré à l’inspecteur Ji de Claude Robert. On y retrouve la plume épurée de l’auteure, son style si enclin aux ellipses, ce récit qui ne souffre d’aucun temps mort. L’investigation est prenante, et c’est un réel plaisir que de retrouver nos protagonistes, dont Ji dont la compagne Larissa, également policière, est enceinte de cinq mois, Costa qui essaie de vivre sereinement son homosexualité, ou encore Leyvraz et Anna, leur procédurière. Ce qui retient l’attention dans cette histoire, ce sont les connexions tumultueuses avec les membres de la famille de Max ainsi qu’avec les autres artistes, entre détestation, attraction, inspiration et quête de vengeance. D’ailleurs, le dénouement est à cet égard typique de la globalité de ce roman : il s’avère pertinent et très vraisemblable sans pour autant renouveler le genre – cela n’était visiblement pas l’objectif de Claude Robert – ni marquer durablement les esprits.

    Un livre parfaitement maîtrisé, sans véritable frisson ni fièvre hémorragique, d’une belle concision, et qui propose une lecture intéressante : l’écrivaine creuse le sillon de son univers si singulier, souligné par une prose délicate et charpentée autour d’une intrigue crédible.

    25/02/2025 à 06:43 3

  • Les Yeux de Chamza

    Dominique Bertail, Thierry Smolderen

    3/10 « Une connexion vers le monde extérieur… C’est tout ce qu’elle demande » : c’est ainsi que commence ce deuxième tome. Perso, j’aurais préféré trouver une connexion vers cette BD car, comme l’explique gamille67, le dessin est vraiment réussi mais l’histoire est inutilement compliquée pour, finalement, pas grand-chose. Les scènes d’action sont réussies mais on navigue d’une scène à l’autre sans jamais apercevoir le moindre horizon fiable ni palper la moindre colonne vertébrale scénaristique. Ça donne vraiment la sensation d’un récit vainement complexe pour pallier une absence d’originalité. Je pense que je vais également m’arrêter ici.

    25/02/2025 à 05:50 2

  • La Disparue de la réserve Blackfeet

    Anaïs Renevier

    8/10 Juin 2017, dans le réserve Blackfeet du Montana. Ashley Loring Heavyrunner disparaît après s’être rendue à une fête. Ce qu’il est advenu de cette Amérindienne n’émeut guère la police ni les médias, et ce sont diverses personnes qui vont remuer ciel et terre pour tenter de retrouver la jeune femme de vingt ans. Au-delà de ce fait divers, c’est l’ensemble de la société américaine qui est interrogée sur ses liens coupables avec le sort qu’elle a destiné aux Natifs.

    Ce documentaire, publié dans la collection True crime, est une nouvelle réussite. Anaïs Renevier, à qui l’on doit déjà le très bon L'Affaire Alice Crimmins, revient avec ce récit très circonstancié. La journaliste dresse un portrait saisissant de l’enquête, des multiples protagonistes, des errances du FBI et du Bureau des Affaires Indiennes – entre laxisme, délai insupportable pour lancer une enquête officielle et perte des preuves – ainsi que des rebondissements. Le final, où il est question d’un aigle susceptible de fournir un signe qui se veut à la fois encourageant et dramatique, est marquant, mais c’est davantage le cadre global de l’investigation et les nombreuses questions sociétales soulevées tant par l’affaire que par l’auteure qui retiennent l’attention, braquant les projecteurs sur des lésions béantes. Il y est question de la criminalité endémique dans les réserves indiennes, du taux de violence qui y règne, de la quantité effroyable de disparitions de femmes en ces territoires pourtant nationaux et du sort plus général des Natifs. Quelques statistiques épouvantables : « Au moins 90 % des femmes amérindiennes ont été victimes de violence dans leur vie. Une femme native disparaît toutes les huit heures aux Etats-Unis ». Autre donnée révoltante : « Quand on est une femme amérindienne, on a statistiquement plus de probabilités d’être violée ou tuée que d’aller à l’université ». Anaïs Renevier ne se contente pas d’être la comptable de ces relevés criminalistiques : elle les exploite, les surligne, crée des connexions avec l’Histoire du pays et livre ce tableau saisissant. Il faudra d’ailleurs d’autres disparitions inquiétantes (Henny, Kaysera et Selena) pour que les lignes bougent enfin et que le problème – doux euphémisme – soit enfin porté à la connaissance du public comme des politiques.

    Un ouvrage fort et engagé, féministe en diable et d’une redoutable efficacité, qui surprend, effraie et lance l’alerte.

    24/02/2025 à 06:53 4

  • Le Géant englouti

    André-Paul Duchâteau, Daniel Hulet

    6/10 Dans cette deuxième partie des « Feux de la mer », un commando déboule à la recherche de la mystérieuse cassette. L’ultime tome de cette série s’avère correct, avec un dernier tiers dans le milieu sous-marin qui propose d’agréables péripéties, sans plus. Pas le final que j’espérais en termes de qualité ou d’originalité.

    23/02/2025 à 17:32 1

  • Les Feux de la mer

    André-Paul Duchâteau, Daniel Hulet

    6/10 Encore un cauchemar pour Pharaon dans l’avion qui l’amène à Athènes, suivi d’autres hallucinations, et il découvre que Quiyng a été enlevée.
    Si on met de côté l’esthétique typée assez réussie et le côté divertissant du périple en Grèce, l’histoire n’a en soi rien de fameux et ne s’achève pas avec ce septième tome. Agréable, sans plus.

    23/02/2025 à 17:32 1

  • Black Lagoon tome 4

    Rei Hiroe

    6/10 Une entame qui pose bien le décor et rappelle les fondamentaux de la série : une fusillade échevelée sur la route avec une flingueuse très proche de Lara Croft. Le reste est du même tonneau : ça bastonne, ça cartonne, ça défouraille à tout-va, le tout dans le plus pur style manga, et ça ne fait surtout pas mal à la tête.

    23/02/2025 à 08:00 2

  • Jeu de massacre

    Kate Bold

    6/10 Alexa Chase, marshal, a trente-et-un ans quand elle procède au transfert d’un prisonnier, Drake Logan, un sinistre tueur en série qui compte des adeptes avec sa philosophie sur les faibles et les puissants du monde. Mais le convoi est attaqué et Logan s’échappe. Devant faire équipe avec l’agent spécial du FBI Stuart Barrett, elle se lance sur la piste de ce prédateur manipulateur.
    Un roman à suspense de Kate Bold qui coche les cases attendues : un personnage central féminin, un tueur en série, un duo mal assorti d’enquêteurs, le lot convenu de sensations fortes et autres péripéties dynamiques, etc. Certains éléments sont regrettables, comme l’aspect hautement efficace d’Alexa – elle a déjà neutralisé pas mal de serial killers, ce qui amoindrit la crédibilité de ce qu’elle représente – ou encore des moments un peu téléphonés, mais globalement, ce livre est plus qu’acceptable. Il s’intègre certes dans un moule de convenances et de clichés, mais l’écriture enjouée, le scénario plutôt bien troussé et l’idéologie étrange de Logan – pousser les individus à découvrir voire à recouvrer leur réelle nature – sort un peu du lot. Bref, rien de transcendant, mais un ouvrage qui permet de passer un agréable moment de lecture.

    22/02/2025 à 08:07 2

  • Question de survie

    Garth Ennis, John McCrea

    7/10 Une amorce qui remet dans le bain : vocabulaire ordurier, baston, un superhéros nostalgique du Troisième Reich, hémoglobine et humour trash. C’est hautement politiquement incorrect et délectable, et je loue cette quasi-absence de sexe qui était si étalé dans le tome précédent. Toujours aussi jouissif de voir des icones être dégommées – ici, les superhéros qui s’en prennent vraiment plein la tronche.

    19/02/2025 à 17:30 2

  • ... faut y aller !

    Garth Ennis, Darick Robertson

    6/10 Je retrouve avec plaisir le ton si décalé de cette série, avec une entame qui plante l’ambiance : des scènes de sexe avec des parties fines auxquelles participent nos superhéros. Bon, on l’aura compris, la finesse ne va pas particulièrement constituer la caractéristique de ce huitième opus et la présence du vice-président himself des Etats-Unis accroit le côté iconoclaste de l’ensemble. Auteur et dessinateur en ont fait un peu trop point de vue pornographie (surtout dans la première moitié) et l’humour est souvent inutilement graveleux (cf. la scène où le gars de la protection enfile le préservatif sur le pénis du vice-président), mais ça a le mérite d’être atypique et détendant.

    19/02/2025 à 17:28 2

  • Hérogasme

    Garth Ennis, John McCrea

    7/10 Une Saint-Patrick furieuse pour commencer ce septième tome. Je reste captivé par la manière dont le scénariste et le dessinateur se sont emparés du monde des superhéros pour mieux le dézinguer : c’est comme un blues très classique avec des notes volontairement parasites, hétérogènes, iconoclastes. Rien que la scène du massacre des dizaines et dizaines de superhéros par les soldats illustre en soi la destruction du mythe. Vraiment chouette !

    19/02/2025 à 08:10 2

  • Le dossier Jason Fly

    Jean Van Hamme, William Vance

    7/10 Greenfalls, un village perdu sous la neige abritant 2872 habitants. XIII y est toujours à la recherche de son propre passé. Jones apprend qu’elle ne pourra plus jamais avoir d’enfants et elle est agressée en haut d’un building. XIII va apprendre dans le « Moutain News » de solides informations sur la mort du père de l’actuel propriétaire du journal local.
    J’ai adoré me replonger dans cette série que j’avais laissée de côté depuis des années et, même si le graphisme a nécessairement vieilli, le suspense demeure prenant et le récit efficace. « Messieurs, la chasse est ouverte », est-il dit à la fin de ce sixième tome : ma chasse aux suivants également !

    17/02/2025 à 16:45 3

  • Les Légions de sang

    Patrice Buendia, Koriakine

    7/10 Le capitaine Harper se présente à une commission d’enquête du Sénat américain pour leur expliquer ce qui s’est passé avec Nicolas Bullizzo – surnommé Bull – et ça commence avec une adolescente dans les bras de Bull qu’il présente à une clinique en demandant aux praticiens de détruire son sang.
    Il y a du Jack Reacher chez ce protagoniste, tant dans l’action que dans les répliques, cinglantes – et je me suis bien distrait avec ce premier tome. Un graphisme classique mais efficace, idem pour l’intrigue, et l’ensemble, avec cette traque mettant notamment en scène le hacker baptisé Neocrus ou des terroristes fondamentalistes, procure ce qu’il faut de divertissement.

    15/02/2025 à 11:31 1

  • Depuis la nuit des temps

    Richard D. Nolane, Zeljko Vladetic

    6/10 Deuxième tome de la série, où les flashbacks font revivre le (sordide) emballement pour le nazisme, et le détour par Santorin apporte des éléments de réponse à l’histoire. Des bavardages superflus à mon goût. Cependant, la perspective d’une « nouvelle expédition » évoquée lors de l’épilogue de la BD laisse peut-être augurer un coup de fouet final.

    15/02/2025 à 11:30 1

  • L'Héritage des ancêtres

    Richard D. Nolane, Zeljko Vladetic

    7/10 Friedrich Saxhäuser et Andrea Von Der Goltz font connaissance en 1937 et s’unissent. Ils se retrouvent en 1939 en Irak tandis que le nazisme louche sur cette région pour des raisons liées à l'Ahnenerbe et à ce qu’il va pouvoir trouver sur place pour accroître son emprise sur le monde.
    Une idée déjà lue bien des fois, mais le scénario tient la route, le graphisme est intéressant et certains passages – comme l’apparition céleste dans le désert – relancent régulièrement le dynamisme du récit. Une partition connue mais une histoire qui se laisse lire.

    14/02/2025 à 07:47 2

  • Ne regarde pas

    Molly Black

    6/10 Des cadavres d’hommes disposés à la vue de tous, et curieusement attifés, comme des poupées maquillées. L’agent du FBI Taylor Sage vient à peine d’emménager avec son compagnon Ben Chambers qu’on lui confie l’enquête qu’elle va mener avec Calvin Scott, un collègue encore plus jeune qu’elle. Et ils ne sont pas au bout de leurs surprises. Mais ça, la diseuse de bonne aventure, Miriam Belasco, le lui avait bien dit…
    Pour qui a déjà lu du Molly Black, on est typiquement dans du terrain connu, ici : tout est, comme d’habitude, extrêmement balisé, presque jalonné comme un sentier dont il serait interdit de s’écarter. Personnage central féminin avec un lourd passé/passif (notamment sa sœur qui a mystérieusement disparu et la balle qu’elle a reçue quand elle était enceinte), un tueur en série bien typique, des crimes odieux, un récit court sans le moindre superflu, et une écriture qui va à l’essentiel. Encore une fois, je me suis laissé prendre même si objectivement, nous ne sommes pas là dans de l’immense littérature policière – elle permet cependant de passer quelques agréables heures de lecture, ce qui n’est déjà pas si mal. Quelques poncifs viennent érafler le récit, certes, mais j’ai fini par m’habituer à ces gimmicks de l’auteur, comme selon le principe de la mithridatisation. Je reconnais donc bien volontiers quelques écueils (comme des clichés et le fait qu’au final, tous les romans de Blake Pierce et consorts finissent par énormément se ressembler), mais je note aussi des points positifs, comme le rôle de la voyante, la psyché traumatisée du prédateur (décidément, de la mauvaise influence des mamans…) ou encore des passages plutôt poignants avec Taylor. Bref, sans se tamponner le crâne au plafond de bonheur, ça reste satisfaisant et parfaitement calibré pour passer un assez bon moment.

    13/02/2025 à 07:48 1

  • Un survivant solitaire

    Vin Strong

    3/10 Alex Hawkins, marshal des airs, prend un avion qui doit mener son équipage à Dubaï. Ce vétéran, encore marqué par le crash de son hélico en Afghanistan et de la perte du reste de ses camarades, reste aux aguets mais semble confiant quant à ce vol dont il doit veiller à la sécurité. Mais des terroristes ne tardent pas à détourner l’appareil et prendre les clients en otages.
    Bon, vraiment pas emballé par ce récit. L’idée de départ était vaguement intéressante mais on bascule vite sur les clichés du genre et des passages vraiment grotesques. Quelques exemples ? Alors que l’avion est pris d’assaut, il peut continuer à envoyer tranquillement des SMS. Il se prend une balle dans le bras mais il se sert ensuite de ce membre pour se battre. On l’enferme dans une pièce alors que c’est justement là que l’on peut gérer les connexions avec les satellites. Il fait comme Rambo et cautérise une plaie avec la poudre de cartouches. Il arrive à lutter après l’atterrissage de l’appareil contre d’autres agresseurs. Et je ne parle même pas des passages qui ont échappé à la traduction en français, de nombreux paragraphes répétés à plusieurs reprises (des copier/coller erratiques ?) ou des approximations dans la mise en page. Bref, dans le fond comme dans la forme, ça oscille entre l’amateurisme profond et les stéréotypes brassés sans états d’âme : à oublier de toute urgence.

    12/02/2025 à 07:44 3