Kafka65

86 votes

  • Pottsville, 1280 habitants

    Jim Thompson

    10/10 Nick Corey est shérif, comme Lou Ford de L’Assassin qui est en moi. Mais là ou Lou est quasi psychopathe, Nick n’est qu’un simple désœuvré. Bon, pour un désœuvré, il s’active tout de même beaucoup, principalement dans le domaine de l’alignement des cadavres. Les deux romans ont des similarités : deux shérifs donc, deux monologues intérieurs et deux séries meurtrières et deux logiques implacables, suivies méticuleusement pas nos deux meurtriers. Mais autant Lou suit la logique d’un malade mental, autant Nick n’applique que la logique d’un pauvre type qui ne sait pas prendre en compte toutes les données d’un problème, ou en tous cas souffrant d’un certain nombre de biais. D’où l’inévitable effet comique qui , de ce fait, est beaucoup plus présent dans 1280 pop. et qui du reste a d'après moi beaucoup gagné avec cette nouvelle traduction.
    Deux livres qu’on ne peut s’empêcher de rapprocher sans pour autant donner le sentiment d’une redite. Ils forment un diptyque formidable, indispensable à tout lecteur de roman noir.

    14/02/2017 à 11:10 4

  • L'Assassin qui est en moi

    Jim Thompson

    9/10 Nick Corey est shérif, comme Lou Ford de L’Assassin qui est en moi. Mais là ou Lou est quasi psychopathe, Nick n’est qu’un simple désœuvré. Bon, pour un désœuvré, il s’active tout de même beaucoup, principalement dans le domaine de l’alignement des cadavres. Les deux romans ont des similarités : deux shérifs donc, deux monologues intérieurs et deux séries meurtrières et deux logiques implacables, suivies méticuleusement pas nos deux meurtriers. Mais autant Lou suit la logique d’un malade mental, autant Nick n’applique que la logique d’un pauvre type qui ne sait pas prendre en compte toutes les données d’un problème, ou en tous cas souffrant d’un certain nombre de biais. D’où l’inévitable effet comique qui , de ce fait, est beaucoup plus présent dans 1280 pop.
    Deux livres qu’on ne peut s’empêcher de rapprocher sans pour autant donner le sentiment d’une redite. Ils forment un dyptique formidable, indispensable à tout lecteur de roman noir.

    14/02/2017 à 11:09 4

  • La Baleine scandaleuse

    John Trinian

    7/10 Même s’il pèse 50 tonnes, le fil qui relie ce polar au roman noir est ténu. Mais cela reste un très bon roman qui a le mérite de changer un peu nos habitudes de lecteurs de polars.

    10/02/2017 à 08:24 2

  • Dictionnaire des littératures policières, Tome 2 : J-Z

    Claude Mesplède

    9/10 La base jusqu'à l'an 2000, qui intègre même pas mal d'infos sur le roman d'espionnage. Ensuite, il faut avoir sa propre collection de magazine sur le sujet pour se tenir à jour, les mises à jour ne viendront sans doute jamais, ou alors dans le cadre d'une future nouvelle édition. Mais je ne me séparerai pas de celle-ci qui commence à être annotée un peu partout... Seul bémol pour moi, il manque quelques articles de synthèse comme par exemple une histoire globale de l'édition..

    08/02/2017 à 12:53 4

  • Dictionnaire des littératures policières, Tome 1 : A-I

    Claude Mesplède

    9/10 La base jusqu'à l'an 2000, qui intègre même pas mal d'infos sur le roman d'espionnage. Ensuite, il faut avoir sa propre collection de magazine sur le sujet pour se tenir à jour, les mises à jour ne viendront sans doute jamais, ou alors dans le cadre d'une future nouvelle édition. Mais je ne me séparerai pas de celle-ci qui commence à être annotée un peu partout... Seul bémol pour moi, il manque quelques articles de synthèse comme par exemple une histoire globale de l'édition..

    08/02/2017 à 12:52 4

  • Une brève histoire du roman noir

    Jean-Bernard Pouy

    8/10 Un livre un peu trop court à mon goût, mais un livre de passionné, avec des cris du coeur plus que de véritables analyses, qui réussit tout de même l'essentiel : donner envie de lire les auteurs qui sont abordés.

    08/02/2017 à 12:47 4

  • Du Polar

    François Guérif

    9/10 J'ajoute à ce que les autres contributeurs ont justement dit que c'est un excellent témoignage sur l'histoire de l'édition du roman noir en France avec des points de vue intéressants sur les collections qui ont précédés Rivages noir et, évidement, sur Rivages noir, qui constitue l'essentiel de ce livre. Avec le Pouy, le Manchette, le dico de Mesplede, Les auteurs de la Série noire et C'est l'histoire de la Série noire, on commence à avoir une bibliothèque assez intéressante sur le sujet qu'on peut ensuite compléter, mais plus difficilement parce que pas facilement trouvables, avec des articles de fond dans les revues 813, Temps noir et feu Polar.

    08/02/2017 à 12:41 3

  • Les Ogres

    Michel Lebrun

    7/10 Un court roman sans prétention mais qui marche très bien. Michel Lebrun nous concocte avec des ingrédients simples une intrigue qui ne nous laisse pas sur notre faim.

    08/02/2017 à 12:34 1

  • Le Dahlia Noir

    James Ellroy

    10/10 Le roman noir qui m'a converti au roman noir. Inoubliable.

    03/02/2017 à 13:18 8

  • La Sirène rouge

    Maurice G. Dantec

    8/10 Le premier Dantec que je lis et je n'ai pas été déçu. C'est un roman noir « de surface » : peu d'introspection, pas de considération métaphysique ou humaniste, l'essentiel est dans l’action. Et Dantec réussi tout de même le tour de force de maintenir notre intérêt pendant près de 500 pages avec ce road book captivant.

    02/02/2017 à 15:41 3

  • L'Orchestre des ombres

    Tom Topor

    5/10 Ce livre se lit facilement même si je ne lui ai rien trouvé d'exceptionnel avec beaucoup de romans noirs que j'ai aimés. Style quelconque et intrigue assez peu fouillée. Reste tout de même le sujet qui tranche un peu avec les enquêtes de détective américains. L'auteur a aussi de l'empathie pour ses héros et donne ainsi une teinte un peu mélancolique à ce récit. C'est un parti pris qui facilite l'adhésion du lecteur, mais personnellement, il me faut autre chose.

    31/01/2017 à 13:29 2

  • Le Couperet

    Donald Westlake

    10/10 Burke Devore est licencié, victime d’une logique capitalistique sommaire et imparable : « la fin justifie les moyens ». Après 2 ans de recherches d’emploi infructueuses, il décide donc de s’en sortir en utilisant cette même méthode sommaire et imparable. On suit donc avec effroi, en monologue intérieur, le cheminement de cette conscience « en déroute » dans l’application glaciale et méticuleuse de cette méthode dont il nous fait en parallèle le discours et qui le conduira de meurtre en meurtre. Une conscience qui n’est pas celle d’un serial killer (voir comment il s’en défend au milieu de livre) mais d’un représentant type de la classe moyenne américaine, (voir toujours en milieu de livre le portrait qu’il nous en dresse, qui résonne de façon inquiétante avec ce qu’on peut entendre aujourd’hui). Un homme donc à l’image du monde dans lequel il est embarqué, et un livre à l’image de ce monde : cynique jusqu’au bout. Magistral !
    PS : le guillemets pour les citations

    24/01/2017 à 08:19 4

  • Dernière nuit à Montréal

    Emily St. John Mandel

    7/10 Un roman très bien écrit, très bien construit, qui porte une histoire que l’on a aucun mal à suivre jusqu’au bout. C’est l’œuvre d’un très bon écrivain. Alors qu’est ce qui cloche ? C’est peut-être le talent, justement, qui étouffe l’motion. Guerif s’enthousiasmait pour la petite musique mélancolique que ce roman laissait entendre. Je ne suis pour une fois pas tout à fait d’accord avec lui. La mélancolie est ici plutôt un ton adopté qu’une émotion vraiment ressentie par l’auteur et qui ferait vibrer une voix. On a plutôt l’impression d’un vernis posé sur les choses ce qui a pour effet de glacer un peu l’ensemble. Exemple : les personnages qui en dépit de leur différences d’âge et de sexe se ressemblent finalement tous plus ou moins. Ça manque de chair. Mais attention : c’est tout de même du très bon travail.

    24/01/2017 à 08:08 3

  • Pour venger pépère

    A.D.G.

    9/10 A.D.G. Va donc venger pépère. Ce sera assez vite fait (180 pages) et bien fait (on ne doute pas une seconde qu'il va arriver à ses fins). Pourtant, c'est un roman qui ne se lit pas vite si on veut profiter de tout ce qui fait le sel d'A.D.G. : une voix très personnelle, qui prend ses aises avec la syntaxe (mais juste ce qu'il faut) et s'amuse avec les mots tout en nous disant des choses essentielles sur les êtres humains qu'il nous fait côtoyer. J'adore !

    19/01/2017 à 14:43 5

  • Bone

    George C. Chesbro

    7/10 L’intrigue est pas mal et finalement assez soutenue jusqu’à la fin, même si on devine vite qui est le vraie coupable. Pour moi la véritable faiblesse de ce roman, c’est justement la personnalité du serial killer, franchement très sommaire et qui, c’est vrai, est assez « cliché ». Mais je trouve tout de même que c’est un bon polar pour deux raisons. D’abord par ses lenteurs, justement. La véritable intrigue, c’est en effet la quête d’identité de Bone et celle-ci nous tient en haleine, ne serait-ce que pendant les 100 premières pages où presque rien ne se passe, si ce n’est la lente émergence du questionnement de Bone. Et puis le double portrait de la ville, à la fois par les sans-abris qui la peuplent et ses structures souterraines.

    17/01/2017 à 08:47 2

  • Pitié pour les rats

    Jean Amila

    5/10 J'ai eu un peu de mal à croire à cette histoire. Les personnages sont trop monolithiques. On pourrait alors croire à une fable, mais le ton est trop réaliste sauf pour La scéne d'initiation au vol, assez savoureuse :
    - faut pas se gargariser. On vole les gens oui !
    - on ne salope pas ! On leur prend des objets. On ne les déshonore pas. Tu vois ?

    12/01/2017 à 06:14 2

  • The Long Good-Bye

    Raymond Chandler

    8/10 Un contenu noir comme il se doit, mais une écriture subtile. Avec Chandler, il semble qu'on en a jamais fini avec la vérité que l'on a l'impression de toucher du doigt dès la moitié du roman mais qui nous réserve toujours des surprises à la hauteur de la complexité des personnages et de leur psychologie. Chandler nous campe l'archétype du privé qui ne se laisse jamais totalement abuser par la réalité, constamment à l’affût des indices qui pourraient changer la donne. Mais cela n'est jamais démonstratif (un écueil qu'assez peu d'américains contemporains ne sait éviter).

    11/01/2017 à 08:30 4

  • Six-Pack

    Jean-Hugues Oppel

    7/10 J'ai trouvé ce roman moins "oppellien" que Zaune et Ambernave, les deux seuls autres romans que j'ai lu de Oppel. Son style assez personnel est nettement moins affirmé, avec un travail moins important sur la langue. Mais Oppel a suffisamment de talent par ailleurs pour que l'on puisse s'en passer et réussit un très bon polar de serial killer qui restitue bien le contexte local d'une intrigue qu'on a l'habitude de voir habituellement aux USA. Je vais donc continuer la lecture de son oeuvre

    10/01/2017 à 08:39 3

  • Hallali

    Jim Thompson

    9/10 Brillant. Voilà un nouvel opus de Jim Thompson qui nous aura laissé sur le carreau. Rien de spectaculaire pourtant dans ce roman noir aux accents faulknériens. 12 chapitres relatant 12 points de vue, ceux des 12 personnages impliqués plus ou moins dans une intrigue assez mince mais qui aura permis de révéler, sans aucune certitude assurée, les pensées, les sentiments et les émotions des uns et des autres sur les uns et les autres. Un parti pris à l’opposé de celui de Hammett mais qui nous renvoie aux même incertitudes quant aux motivations des personnes et à la complexité du réel.

    09/01/2017 à 13:19 4

  • L'homme aux lèvres de saphir

    Hervé Le Corre

    7/10 Il s'agit d'un roman réaliste en somme. La restitution de la vie parisienne des faubourgs au milieu du 19è siècle est très réussie (quelques effluves balzacienne des Illusions perdues) et les personnages s'y intègrent parfaitement. L'intrigue autour d'un serial killer est très bien menée, ne s’essouffle jamais, avec un mobile pertinent et original (la passion pour les Chants de Maldoror de Lautréamont). Un très bon roman donc auquel il manque toutefois la personnalité d'un style.

    05/01/2017 à 15:57 5