JohnSteed

840 votes

  • Espace lointain

    Jaroslav Melnik

    8/10 Espace lointain est un roman dystopique dans lequel l’auteur veut nous sensibiliser à la notion de liberté collective/individuelle et les conséquences du pouvoir sur le bien-être de ses « sujets ». Il souhaite interroger le lecteur sur les mensonges du pouvoir et l’acceptation de la vérité, sur les notions de bonheur, de l’apparence, de la beauté et également sur l’amour de la nature…

    Pour cela, Jaroslav Melnik a posé pour cadre une société, Mégapolis, gouvernée par l’Union gouvernementale. L’ensemble de la population ne connait pas la vue, car les yeux ne sont pas des organes sensoriels actifs. La population ne voit pas, elle est aveugle. Mais, Gabr a peur : il a, ce qu’il pense, des hallucinations, car il perçoit l’espace lointain. Il voit ! L’Union gouvernementale le soigne dès lors comme un trouble psychologique, et devient un malade relevant de la psychiatrie. Même son entourage s’inquiète pour sa santé mentale. Mais Gabr comprend qu’il détient la vérité. Il voit et comprend mieux la vie dans Mégapolis, où tout est sombre, froid et sans vie, mécanique. Il comprend aussi que l’Union gouvernementale ment.

    Si, selon le proverbe, au royaume des aveugles, les borgnes sont rois, les voyants sont des Dieux. D’ailleurs, des membres d’un groupe révolutionnaire souhaitant s’attaquer à l’Union gouvernementale voit en Gabr, dont ils ont appris ses « visions », la seule personne pouvant détruire le système. Gabr va être désorienté, ne sachant plus qui croire, que faire,…

    Je ne suis pas fan de science-fiction, mais quand elle permet de s’interroger sur des concepts philosophiques, ou d’apporter une critique sur la politique, je trouve cela intéressant. Mais, l’auteur ukrainien a mêlé dans l’histoire différents documents (revue de presse, extraits de journaux intimes, de recueil de poésie, et d’ouvrages conceptuels) qui, bien fictifs, ne permettent pas une lecture linéaire de cette aventure humaine dans la quête de la Liberté.

    13/08/2026 à 13:34 5

  • Les Éléments

    John Boyne

    9/10 Les Éléments est un roman bouleversant. Il est aussi d’une habilité dans sa construction et d’une sensibilité dans l’écriture. L’écriture et les histoires sont indissociables ici, à l’image des 4 éléments qui le composent, l’eau, la terre, le feu et l’air, voire même inséparables et fortement liées entre elles.

    John Boyne fait montre d’un immense talent dans la construction et l’enchevêtrement de ces 4 histoires qui possèdent un événement/personnage récurrent. Mais ces 4 histoires sont autant de leçon de courage, de résilience, de force et au final une lueur d’espoir.

    John Boyne écrit que « les éléments – l’eau, la terre, le feu et l’air – sont nos plus grands amis, ceux qui nous animent. Ils nous nourrissent, nous réchauffent, nous donnent la vie. Et pourtant, ils conspirent à nous tuer à chaque tournant. » Et ce sont ces tournants, ces horribles événements vécus par les personnages que l’on découvre au fil des pages. On vit les tourments psychologiques des protagonistes qui sont maltraités par la vie. Mais, comme dans la plupart des romans, je trouve que c’est l’amour qui est le thème central. L’Amour avec un grand A, le vrai, le sincère, le profond, celui que la vie, parfois, nous a volé, celui que les personnages essaient de vivre, ou de se remettre des blessures causées par Lui, ou qui se demandent pourquoi ils n’y ont pas droit. Ici, l’amour n’est pas obligatoirement de chair, mais plutôt l’amour entre parents et enfants ou celui d’un lieu.

    Les Éléments rassemblent tous ceux-là, magnifiés par une écriture fine profonde et touchante d’un auteur John Boyne, que je découvre et qui saura, je n’en doute pas, par ses autres romans, m’apporter d’autres leçons sur la vie.

    11/08/2026 à 13:25 10

  • Intempérie

    Jésus Carrasco Jaramillo

    9/10 Fuyant son village, l’enfant traverse, tout en se cachant, des plaines arides. Il tente d’échapper à l’alguazil, le maître des lieux. Dans son escapade, il tombera sur un vieux berger, un taiseux au grand coeur. Ensemble, ils tenteront de survivre au rythme des caches et d’une nature ingrate. Ils découvriront cet amour père-fils méconnu d’eux et une complicité dans le malheur et l’horreur humaine.

    Un court roman qui propose une belle histoire humaine et offre une lecture sublimée par l’écriture poétique de Jésus Carrasco, un auteur espagnol qui mérite d’être lu et connu.

    10/08/2026 à 16:09 3

  • La Fille du batelier

    Andy Davidson

    7/10 La lecture des 70 premières pages de ce livre a mis à mal mon côté psychorigide recherchant toujours à mettre des noms sur le style littéraire de mes romans pour pouvoir mieux les appréhender. Je vous avouerais que, même après avoir achevé La Fille du batelier, je suis bien mal barré pour classer ce livre. Polar rural, conte fantastique, livre d’horreur, thriller ? Roman iconoclaste à l’originalité déroutante, La Fille du batelier est un avant tout un roman d’ambiance, à l’atmosphère déroutante dans ce bayou où la sorcellerie prend une part importante dans le déroulé de cette histoire.

    Cette histoire est celle de Miranda, jeune femme qui se voit obliger de faire la mule pour des flics véreux et un pasteur qui a sombré dans les ténèbres. Et sa vie va être bouleversée par l’arrivée d’une jeune fille, shootée par la drogue, devant être livrée aux griffes malsaines de cet homme de foi, loin d’être catholique.
    Et ce livre est rempli d’autres personnages aussi étranges qu’attirants : Littlefish, un jeune garçon aux mains palmées, que Miranda a sauvé du bayou, alors que, bébé, il avait la gorge tranchée et se noyait dans les eaux noires et tumultueuses ; Iskra, la « sorcière » vivant recluse avec Littlefish et que Miranda considère comme sa mère, elle qui a perdu ses parents. Iskra qui incante l’esprit de la forêt et du bayou dans d’étranges et sombres rituels.

    Si j’ai trouvé plusieurs longueurs et soulevé quelques incompréhensions, La Fille du batelier reste un roman séduisant qui mérite, si non de le lire, au moins de s’intéresser à cet auteur qui pourrait faire sensation dans le catalogue de Gallmeister.

    10/08/2026 à 15:49 2

  • Les Ténèbres et la nuit

    Michael Connelly

    7/10 Michael Connelly est un auteur prolifique. Chaque année, immanquablement, voit la sortie d’un nouveau livre de l’auteur américain, quelque soit le personnage qu’il mette en scène. Aussi, même si je suis un peu à la traîne, chaque année, j’essaie de lire un titre de Connelly.

    J’en suis donc à Les Ténèbres et la nuit. Ici, c’est la jeune mais audacieuse et impertinente inspectrice Renée Ballard qui est mis au-devant de la scène.
    Alors qu’elle enquête sur les Hommes de Minuit, deux agresseurs sexuels qui ciblent les femmes célibataires dans leur domicile et qui filment leur méfait, Ballard est chargée également de l’enquête sur le meurtre d’un ancien membre repenti d’un gang. Profitant d’un feu d’artifice, le tueur a exécuté d’une balle en pleine tête la victime, au milieu d’une foule venue faire la fête. Cette affaire étant liée à un ancien dossier non résolu mené par Harry Bosch, ce dernier propose son aide à Renée Ballard afin de faire la lumière dans ces ténèbres et la soulager dans ses rondes de nuit.

    Depuis plusieurs livres, Michael Connelly multiplie les enquêtes offrant ainsi à ses fidèles lecteurs un peu plus de suspense et d’actions dans ses polars, au détriment, je trouve, de la profondeur des personnages et des investigations.

    Est-ce parce que ce nouveau tome des enquêtes du duo Ballard/Bosch a été écrit pendant la pandémie COVID-19, mais j’ai eu le sentiment que Michael Connelly était en pilotage automatique, qu’il y avait moins de surprise, de revirements inattendus. En outre, j’ai ressenti que l’auteur profitait de ce livre pour régler quelques comptes avec l’administration américaine et dénoncer les coupes budgétaires subies par les polices et la mauvaise gestion de la pandémie.

    Au final, Les Ténèbres et la nuit est un bon tome dans les enquêtes Ballard/Bosch mais j’espérais mieux. Pas une déception, mais pas une grande satisfaction non plus.

    07/08/2026 à 11:47 4

  • Trois

    Valérie Perrin

    8/10 Trois. Comme les trois dimensions du temps qui jalonnent ce roman de Valérie Perrin : le passé, le présent et le futur. Trois, comme le troisième du nom dans l’ordre de parution qu’est ce roman écrit par l’auteure de Changer l’eau des fleurs et Les Oubliés du dimanche. 3 est aussi le nom d’un album d’Indochine (Nicola Sirkis se voit d’ailleurs dédié ce livre) qui, s’il a été un album fondateur de ma vie d’adolescent, est le fil conducteur de ce roman où se mêlent nostalgie adolescente, construction de sa vie d’adulte et de sa personnalité et de son identité, amitié et amour.
    Trois, c’est avant tout et surtout cette trinité formée par Adrien, Etienne et Nina dont on va découvrir et suivre la construction de leur amitié au fil de leurs vies bouleversées par des événements malheureux et tragiques.

    Nostalgie, mélancolie sont les sentiments premiers qui ont découlé de cette lecture qui a fortement résonné en moi. C’est un livre générationnel qui parlera beaucoup à celles et ceux qui ont vécu les événements des 80/90’s, rythmés par beaucoup de paroles de chansons de ces années et des références aux événements sociétaux de cette époque.
    Mais d’autres sentiments transpirent aussi de Trois, comme l’authenticité (authenticité des sentiments, de l’amitié, envers la personne que l’on devient) et l’indéfectibilité de l’amitié.

    Trois est un livre émouvant aux personnages et aux histoires poignants. Un roman parfois (trop ?) foisonnant et qui ne parlera (peut-être ?) qu’à celles et ceux qui seront nées dans les années 1970. Trois est, contrairement à ses deux précédents romans, rempli de tristesse, de douleurs et peu d’espoirs. Un roman sombre avec très peu d’éclaircies annonçant l’espoir et la vie.

    En guise de conclusion, j’emprunterai ces quelques mots extraits d’une chanson. Elle n’est pas présente dans ce livre mais, je pense, aurait pu servir de postface à Trois :
    « Mais tu seras un amour que je ne définis pas,
    Pardonne-moi, je ne serais plus jamais loin de toi,
    Jamais loin de toi tu comprendras » Indochine – L-World

    06/08/2026 à 09:06 4

  • Corrosion

    Jon Bassoff

    8/10 Corrosion est un hommage non feint au maître Jim Thompson. Il y a d’ailleurs une référence cinglante dans le livre lorsque le personnage voit « un panneau annonçant BIENVENUE A THOMPSONVILLE, 1 372 SYMPATHIQUES HABITANTS ». Il y a surtout ce personnage défiguré, un vétéran de la Guerre en Irak, qui sombre dans l’horreur. Il y a aussi cette femme fatale, Lilith, qui, comme ce qualificatif, aura une destinée fatale. Et il y a à chaque ligne un sentiment de désespoir et de terreur. Un roman noir dans toute sa splendeur.

    Mais Jon Bassoff ne signe pas qu’un vibrant hommage aux maîtres américains du roman noir. Il apporte sa vision personnelle en apportant un (gros) grain de folie. Il triture la folie humaine, en semant ce qui sera le sujet de son second roman, Les Incurables, le traitement psychiatrique de la folie de l’homme.

    Corrosion est un roman psychologique noir qui explore comment un homme peut sombrer dans la folie meurtrière. Jon Bassoff en explore toutes les étapes, en y mêlant les sermons de prédicateurs, des visions de fantômes et la schizophrénie de personnages. Corrosion ou comment un homme, à l’instar d’un matériau, se dégrade progressivement de par son environnement et devient une pourriture. Corrosion est un livre qui marque son lecteur, comme cette pensée du personnage : « J’essayais très fort de ne pas penser à la mort et à la destruction, mais peine perdue. Le cauchemar était désormais mon état éveillé. »

    05/08/2026 à 09:53 3

  • La Débâcle

    Romain Slocombe

    9/10 Sauve qui peut pour les Parisiens ! On annonce les Allemands aux portes de Paris ! En ce mois de juin 1940, les habitants de Paris sont confrontés à l’inévitable : fuir la capitale. Aussi, chacun charge qui sa voiture, qui sa charrette, qui son vélo… de tout le nécessaire. Chacun entasse dans son véhicule matelas, vélo ; emporte papiers, argents, argenterie, animaux et la famille. Destination le sud de la Loire, espérant que les troupes françaises sauront arrêter les Allemands avant cette frontière fluviale.
    Mais l’armée française est en déroute, les ordres du commandement sont confus voire contradictoires et les liaisons difficiles. Le Gouvernement fuit Paris pour rejoindre Bordeaux.

    C’est dans ce contexte que Romain Slocombe campe la trame de La Débâcle. On croise différents protagonistes dont les destinées vont se croiser, parcourir un bout de chemin ou s’entrechoquer. Ainsi, Jacqueline Perrot, jeune adolescente parisienne, fuit Paris avec sa famille, la servante et le chien à bord de la voiture familiale. Il en est de même de cette jeune mannequin, Hortense, qui cherche désespérément un train pour quitter cette capitale devenue dangereuse, sans avoir, préalablement, écrit une lettre à Lucien Schraut, son fiancé-soldat, que l’on rencontre dans son régiment en proie avec l’armée allemande.
    Ce sont ces pauvres hères que l’on côtoie et découvre le temps de cette page d’histoire. Ces personnages, remplis d’autant de courage que de peur, empruntant les routes de l’exil.

    Romain Slocombe décrit avec effroi ces Français qui risquent leur vie sur ces routes encombrées dont les convois sont bombardés par l’aviation allemande. Ces personnages qui se découvriront du courage, se verront devenir adultes avant l’heure, entreverront un moyen de devenir libres, femmes, ou héros, ou bien victimes… dans cette confusion, chaos, au milieu des bains de sang et de chair carbonisées.

    La Débâcle offre une lecture prenante de ce pan désastreux de l’histoire que Romain Slocombe romance avec beaucoup de justesses historiques en créant une atmosphère angoissante, en peignant des personnages attachants par leur misère, leur tristesse ou leur dramatique sort.

    04/08/2026 à 12:30 2

  • La mort aura tes yeux

    James Sallis

    7/10 Devenu sculpteur réputé, David se sépare de Gabrielle, l’amour depuis peu de sa vie. Après plusieurs années mis en retraite, il doit reprendre du service. Il doit éliminer Planchat. Ce dernier était un prototype d’un programme de corps d’élite de tueurs professionnels. Il vient de réapparaître dans les radars en tuant plusieurs personnes ayant un lien étroit avec des sociétés d’armements mais personne ne sait pourquoi, même si cela n’augure rien de bon pour les secrets d’état. David parcourt les USA à rechercher cet individu…

    Si je n’avais pas lu la 4ème de couverture, je n’aurai pas compris que le personnage principal du livre était un espion et un as dans sa discipline pendant la guerre froide. Car James Sallis noie son histoire dans les pensées de David, les réflexions sur le sens de sa vie, sur son passé, son histoire et la dimension humaine de ses missions. Ce n’est pas inintéresant, car, de plus, l’écriture de James Sallis est toujours un régal, mais j’ai dû par moment reprendre certains passages, ne comprenant pas les liens entre eux. La mort aura tes yeux (titre par ailleurs dont je n’ai pas compris le sens) n’est pas le livre le plus accrochant de l’œuvre de l’Américain.

    16/07/2026 à 17:10 4

  • La Cabane dans les arbres

    Vera Buck

    9/10 Rosa est une jeune étudiante impétueuse qui réalise son cursus universitaire à Amsterdam. Ses recherches sont axées sur les incidences de la décomposition des corps sur les arbres, et l’entomologie forensique, c’est-à-dire l'analyse des insectes appliquée à des cas médicolégaux. Si elle a mis entre parenthèses ses études pour revenir en Suède, c’est pour aider son père à s’occuper de son frère, Ebbe, devenu paraplégique suite à une chute en escalade. Lors d’une excursion pour ses recherches, en creusant une fosse dans la forêt, elle tombe sur des ossements humains. Elle décide d’en faire part à la police locale.

    Henrik et Nora ont décidé de passer des vacances en Suède avec leur fils, Fynn, où le grand-père d’Henrick a laissé en héritage une maison de vacances dans le Noorland, soit à plus de 15 heures de route de Greifswald, leur ville d’Allemagne. Mais, à peine arrivés, tout ne se passe pas comme ils l’avaient rêvé, imaginant un endroit idyllique et enchanteur comme dans les contes d’Astrid Lindgren. Fynn se fait offrir des bonbons par un vieil homme pervers à la carrure antipathique et dont le véhicule a un coffre duquel coule une matière s’apparentant à du sang. La vieille maison de vacances possède son lot d’étrangeté : une cave où a été entreposé dernièrement des corps d’animaux, une sorcière apparaît à Fynn,… Et cette forêt, aussi oppressante que mystérieuse, apparaît comme un danger ultime.
    Henrick, auteur de livres pour enfants, saura trouver des histoires pour rassurer sa femme Nora et son fils, Flynn. Car Henrick sait raconter des histoires : il est doué pour déformer la vérité, surtout quand ça l’arrange. A tel point, que Nora ne sait plus s’il dit la vérité ou non.

    D’ailleurs, quand Flynn disparaît, tout éclate…

    Et au fil des pages, on découvre Marla, cette gamine qui est séquestrée par un homme dans une cabane dans un arbre…

    La Cabane dans les arbres est un livre angoissant à l’atmosphère inquiétante. Chaque chapitre raconté simultanément par Henrick, Nora, Rosa ou Marla, comporte son lot d’intrigue et de mystère. Plus les pages défilent plus les rebondissements se multiplient. On voudrait que l’horreur s’arrête mais la tension prend encore plus d’ampleur. On ne comprend pas ce qu’il se passe et l’angoisse est à son comble.

    Si l’histoire est accrochante, les personnages ne sont pas en reste. Une mention particulière pour Rosa qui m’a fait découvrir ses recherches sur la décomposition des corps et ses effets sur les arbres. Une personne renfermée qui, contre la volonté de son père, poursuit ses recherches. Une jeune femme qui parle peu, dit l’essentiel, n’aime pas le superflu ni l’extravagance. Une femme de convictions, une femme forte, une femme libre… A l’image peut-être de cette auteure dont les livres se suivent et continuent de me séduire. Vivement le prochain !!

    15/07/2026 à 13:37 6

  • À la table des loups

    Adam Rapp

    8/10 Quand j’ai pris dans les mains ce livre, je ne pensais être subjugué par cette histoire. Je vais être honnête : je ne connaissais pas cet auteur, la couverture ne m’emballait pas, et le titre m’évoquait plus un livre d’horreur qu’une histoire dramatique d’une famille lambda américaine.

    Et pourtant, à peine avais-je lu trois lignes du premier chapitre que je savais que je ne pourrais qu’adorer À la table des loups. Adam Rapp a le don de nous embarquer par des mots simples et justes à bord de cette saga familiale aussi captivante qu’émouvante. L’auteur américain a dépeint des personnages attachants et ténébreux, pour lesquels la vie va apporter son lot de joie et de douleurs.

    Le talent de l’auteur américain est de nous faire traverser, comme de rien, 60 ans de la vie des membres de la famille Larkin par sauts de plusieurs années, avec différents protagonistes dont la liste évolue en fonction de l’agrandissement de la famille. Le lecteur découvre ainsi comment la vie n’a pas épargné certains d’entre eux, comment le destin a ébranlé leur vie, rarement pour le meilleur, et presque toujours dans le pire.

    Tout démarre à Elmira, dans l’Etat de New-York en 1951. La famille Larkin se compose des parents, la grande et forte Ava, la mère qui souhaite élever dans le respect des valeurs chrétiennes sa famille, le père, Donald, conducteur de machines dans une usine d’outillages, ancien soldat de la Guerre, qui en est resté traumatisé. Et puis les 6 enfants : l’aînée, Myra, qui joue son rôle de grande sœur, de modèle et de chef d’orchestre, Fiona, l’artiste, Lexy, la sage, Joan, née autiste, Archie, le dernier dont on apprend dès le début qu’il a succombé à une terrible fièvre, et Alec, dont Myra dit qu’il a un côté cruel qui ne s’est pas encore révélé.

    Cruelle, la vie va l’être pour chacun des membres de cette fratrie. Comme chez Zola, les personnages de Rapp ne peuvent se soustraire à leur destin tragique. Et pourtant chacun essaie à sa manière de construire un bonheur aussi fragile que précaire. Une fratrie qui verra l’un des leurs passer dans le côté noir de la vie.

    Adam Rapp raconte en épilogue la genèse de ce livre, ou comment, à l’instar de la sienne, une famille somme toute normale se voit confronter à côtoyer la frange la plus abjecte de l’humain.

    13/07/2026 à 17:04 5

  • Des diables et des saints

    Jean-Baptiste Andrea

    8/10 Des Diables et des saints est une plongée dans l’amour et l’amitié, comme on peut les découvrir à l’adolescence. C’est aussi une page sur l’apprentissage de la vie, d’une vie qui n’épargne pas les laissés-pour-compte que sont les orphelins, dans les années 60.

    Cette histoire est racontée par cet homme, Joseph, ce vieux qui, de nos jours, arpente les gares, les aéroports,… tous les lieux de passage où il y a un piano. Il s’installe devant l’instrument, caresse les touches et joue. Ses interprétations ne rendent pas insensibles les passants. Certains s’arrêtent, entendent la beauté qui coulent de ses doigts magiques, écoutent ses interprétations des plus grands maîtres. Et toujours ils s’interrogent : que fait un tel virtuose assis dans les halls de gare, d’aéroport à jouer du piano? Car sa place devrait être ailleurs, sur scène, auprès d’un public de connaisseur.

    Mais la place de Joseph doit être dans ses endroits. 50 ans qu’il attend…

    Depuis ce jour où la vie l’a foudroyé. Ce 2 mai 1969. Alors qu’il était un jeune adolescent, se faisant sermonner par son professeur de piano, son mentor, Alon Rothenberg, sautant sur son lit à écouter Sympathy for the devil des Rolling Stones, attendant avec impatience le voyage d’Apollo 11 sur la lune, Joseph va devenir orphelin. Il va être placé dans cet institut, Les Confins, dirigé d’une main de fer par l’abbé Sénac, qui fait subir tous les sévices possibles et inimaginables aux enfants, sous le bon œil de la foi chrétienne. Joseph va se lier avec quelques camarades de chambrée : Momo, Souzix, Edison, Fouine, Sinatra. Ils iront secrètement en haut de la Vigie, combattre en rêve les attaques des Russes, fomenter des plans pour s’évader … Car les Confins est une véritable prison, physique et psychologique. Alors chacun aspire à une liberté.

    Parce qu’il est un virtuose du piano, Joseph aura un semblant de liberté : tous les samedis, il ira donner des leçons de piano à Rose, la fille de ce riche donateur. Rose, cette fille de bourgeois qui a en horreur Joseph, ce miséreux qui est habillé comme un pauvre. Rose, qui comme la fleur, est aussi attirante que piquante. Mais à s’approcher de trop près, on peut vite s’enivrer et redécouvrir le bonheur…

    Jean-Baptiste Andrea décrit merveilleusement bien cette page de la vie de Joseph. Un livre rempli de poésie, de finesse, avec quelques expressions qui prêtent à sourire, des passages qui font réfléchir, questionnent sur le sens de la vie, de l’amitié et de l’amour. Des passages bouleversants, des pages remplies de tristesse, avec une mention particulière pour l’histoire du torero espagnol et du taureau blanc.

    09/07/2026 à 09:41 3

  • Les Invisibles

    R. J. Ellory

    6/10 Depuis que je suis entré dans l’univers de R.J. Ellory, je suis avec intérêt chacune de ses sorties littéraires. C’était avec Seul le silence, un livre qui m’avait subjugué, à l’époque. J’apprécie chez l’auteur britannique son approche des différentes thématiques, toujours variées et originales, la psychologie des personnages, le cadre historique toujours bien documenté… Je ne suis peut-être pas un fan inconditionnel mais un lecteur intéressé. Alors Les Invisibles ?

    Rachel Hoffman sort tout juste de l’école de police de Syracuse, en ce mois de février 1975, lorsqu’elle se voit enquêter sur le meurtre d’une institutrice, Caroline Lassiter, retrouvée dans son lit, en position de repos, avec une feuille dans sa main, dans laquelle il était écrit : « TOI QUI ENTRES ICI, ABANDONNE TOUT ESPOIR ». Ce meurtre va être le début d’une série où La Divine Comédie de Dante va être le fil conducteur. Alors que le meurtrier va être retrouvé mort, cinq ans plus tard une nouvelle série de meurtres se déroulent à New-York avec pour toile de fond des extraits du manuscrit de Dante. Rachel est appelée pour faire la lumière sur ce qui ne peut être le fait que d’un copycat.

    Et 5 ans plus tard, d’autres meurtres avec le même mode opératoire. Et toujours Dante, les 7 péchés capitaux en toile de fond… Rachel Hoffman sait qu’elle est liée par l’auteur de ses meurtres, à une époque où la notion de serial-killer est à ses balbutiements, et où les profileurs commencent juste à se former au sein du FBI, agence gouvernementale dans laquelle Rachel va être incorporée, comme une suite logique pour résoudre cette affaire, trouver la vérité et surtout comprendre, si cela est possible, les motivations du tueur.

    Je ne vais pas y aller par quatre chemins, Les Invisibles m’a profondément déçu. Si le sujet du serial killer est, je trouve, « démodé » voire « épuisé », il est d’autant plus pour moi « épuisant ». Je ne prends plus aucun plaisir à lire ce genre de polars. Pourtant, j’espérais, sous la plume de R. J. Ellory, retrouver un peu d’intérêt voire d’originalité dans ce sujet de tueurs en série. Malheureusement, je n’y ai trouvé qu’un traitement commun si ce n’est stéréotypé. Et reprendre toute l’historique des tueurs en série aux Etats-Unis ne m’a pas passionné, l’émergence des profileurs et leur formation en analyse comportementale, quelque peu ennuyé. En plus de cela, la signature du tueur en série par des messages extraits de La Divine Comédie de Dante ne m’a aucunement surpris, et m’a conforté dans ma lassitude du sujet. Ajouter à ces aspects négatifs la longueur du livre, ce n’est pas du plaisir qui a émergé à l’issue de cette lecture mais plutôt du soulagement. Pourtant, il faut le lui reconnaître, l’auteur écrit toujours bien : c’est fluide, l’enquête est sans faille, et les personnages courageux et pugnaces, attachants.

    06/07/2026 à 11:28 5

  • La Mort du Roi Tsongor

    Laurent Gaudé

    9/10 Katabolonga savait de longue date qu’il allait un jour tuer le roi Tsongor, qui en avait été averti. Lui, le porteur du Tabouret d’Or, statut du plus grand serviteur du vieux roi, sait que ce sera ce jour. Et ce funeste jour est aussi celui où Tsongor va présenter à sa fille, Samilia, à son futur mari, Kouame, le jeune prince des terres du sel. Alors que le mariage se tiendra le lendemain, toute la ville se prépare aux festivités. Dans cette effervescence, Sango Kerim, un ami d’enfance de Samilia, exige la main de la jeune princesse qui lui avait fait la promesse de leur union.

    Le roi est dans une fâcheuse posture : il ne peut pas aller contre la promesse de sa fille ; il ne peut pas, non plus, donner sa main à Kouame sans mettre en colère Sango Kerim. Les deux options ne déboucheront qu’à la guerre certaine. Indiquant aux deux prétendants qu’il se laisse la nuit pour la réflexion, Katabolonga applique sa terrible sentence.

    Dans son agonie, Tsongor demande à son plus jeune fils, Souba, de lui construire 7 sépultures disséminées dans son immense royaume, qui doit refléter son image du Roi Tsongor. Son âme attendra que Souba décide quelle sépulture mérite d’accueillir son corps avant d’aller au royaume des morts.

    Le Roi Tsongor est mort, laissant les prétendants se battent dans une guerre sans merci où les soldats tombent les uns après les autres, détruisant inexorablement la ville royale. Pendant ce temps, Souba découvre l’immense royaume et construit des sépultures qui reflètent la personnalité du Roi Tsongor…

    La Mort du Roi Tsongor pourrait être une nouvelle histoire ou une histoire inédite des Contes des Mille et Une Nuits, tant on tombe dans le merveilleux et dans un voyage dans la quête de soi et de la paix. Mais, je l’admets, La Mort du Roi Tsongor serait une histoire tragique où le sang, l’effroi, la vengeance, la destruction transpirent à chaque page. J’ai beaucoup aimé la prose de Laurent Gaudé. Cette tragédie est merveilleusement contée (et j’emploie sciemment ce verbe). Ce récit poétique est rempli d’épisodes épiques, où les personnages tiennent une juste et simple voire symbolique place sans tomber dans l’excès ou la grandiloquence. Une lecture remarquable d’un livre qui ne l’est pas moins.

    30/06/2026 à 17:08

  • Qu'un sang impur

    Michaël Mention

    7/10 Ce que j’apprécie chez Michaël Mention, c’est que les sujets de ses romans sont loin d’être fantaisistes. Dans Qu’un sang impur, l’origine de cette bactérie qui décime la population occidentale et nécessite son confinement est loin d’être chimérique. Ce que j’apprécie également chez l’auteur français, c’est son esprit « rock n’roll », où tout le monde, surtout les hommes politiques, en prend pour son grade. Un bon doigt d’honneur aux bien-pensants, qu’ils soient de gauche, de droite ou de leurs extrêmes. Et avec son écriture incisif et ramassé, on dévore ses livres à vitesse grand V. Exit les pensées philosophiques et existentialistes. Michaël Mention fait dans le brutal et les coups pleuvent à chaque page.

    Qu’un sang impur se dévore. On ne s’ennuie pas une seule seconde dans ce huis-clos où les habitants d’une résidence parisienne se trouvent confinés et obligés à vivre ensemble pour se protéger contre les cannibales, rassembler leurs vivres. Une solidarité forcée s’organise. On suit les pensées, réflexions, déboires, malheurs, drame de tous les protagonistes qui se veulent refléter le microcosme de la population parisienne. Et c’est là que commence à surgir les limites de ce livre. C’est ce côté stéréotypé des acteurs : couple de vieux, couple bobo/écolo, femme célibataire avec un chat, famille d’origine musulmane sans oublier la nécessaire étudiante… Oui, on tombe dans le panel complet des représentants de notre société. Et de ce confinement, on retrouve la synthèse de ce que l’on a vécu/subi lors de la COVID-19. Avec, en supplément, quelques cannibales et du sang partout… Mais si le sujet de ce livre est le confinement, je trouve qu’il est abordé de manière trop rapide et caricatural.

    Qu’un sang impur est un bon livre, qui se lit rapidement mais ne reflète pas le talent de son auteur.

    29/06/2026 à 12:25 3

  • Un beau jour

    Agnès Laurent

    9/10 Ce matin du 15 août 1970, Marie-Pierre, l’ainée de la famille Cotraz, s’est réveillée tôt. Tandis que Paule, Luc et Jean, ses frères et sœurs, dorment encore, elle doit recevoir les dernières consignes de ses parents pour cette journée exceptionnelle : ils doivent partir en excursion en montagne. Le père, Claude Cotrz, guide montagnard réputé, emmène sa femme, Marie, grimper les sommets. Il s’agit pour cette dernière d’une première depuis de nombreuses années, s’étant consacrée à élever ses 4 enfants.

    Alors que les enfants passent leur journée au chalet familiale à jouer au ballon, à manger des pommes de terre pas assez cuites, à goûter de pain perdu, à dévorer les myrtilles sauvages, se coucher dans l’herbe… c’est un orage terriblement violent qui clôture ce qui devait être un beau jour. Mais voilà, les parents ne reviennent pas. Cette attente interminable de leur retour se poursuit en une absence incompréhensible. Malgré la mobilisation des secours, les parents ne sont pas retrouvés. Ont-ils été victime d’un accident ? Ont-ils pu se réfugier et attendent-ils les secours ? Les enfants attendent leur retour. Ils ne peuvent être que vivants, leur père étant un guide expérimenté. Ils n’auraient pas mis leur vie en danger, sachant qu’un orage arrivé.

    Les jours passent qui se transforment en semaines puis en mois. Les enfants sont accueillis pour les plus jeunes par l’oncle Antoine et la tante Andrée et les plus âgés, Marie-Pierre et Luc, sont placés en pension loin de leurs frères et sœurs. Cet éclatement familial est une double peine pour eux qui attendent toujours avec conviction le retour de leurs parents. Ils s’accrochent à cet espoir que les corps n’étant pas retrouvés, ils doivent être logiquement vivants. Il y a obligatoirement une explication. Malgré la conviction des habitants du village, les enfants savent qu’ils sont quelque part et que peut-être les parents ne voulaient plus des enfants, qu’ils se sont enfuis quelque part. Mais ils sont persuadés qu’ils sont vivants.

    Les années défilent. Les enfants deviennent adultes. Les souvenirs des parents, surtout pour les plus jeunes, s’estompent mais le sentiment de manque et d’absence marque à jamais leur vie. Luc ne surmonte pas cette disparition et va mettre corps et âme à rechercher ce père qu’il admirait même s’il était très sévère. Il envisage de suivre les traces de ce guide reconnu mais Jean, le bébé de l’époque, va lui prendre cette place et ses rêves… Marie-Pierre s’éloigne de la vallée et va même ôter ce Pierre de son prénom composé, histoire de se rapprocher et prouver l’amour à sa mère.

    Malgré ce drame commun, les relations entre frères et sœurs vont se tendre. Ils fondent leur famille, construise leur vie professionnelle… Mais toujours, comme une épée de Damoclès, cette disparition les freine dans leur épanouissement, ne les autorise pas à être heureux, eux comme leurs enfants. Certains tomberont de haut et échoueront…

    Agnès Laurent avait signé avec Rendors-toi, tout va bien un récit au suspens implacable. Un beau jour est un livre magistral voué à une vie de famille détruite mais dont les enfants tentent de survivre de l’absence de parents. Quand ce qui doit constituer le ciment de la vie n’existe plus, quand le vide devient le socle de la vie, c’est une absence qui s’avère trop difficile à combler.

    Un beau jour n’est pas qu’un beau roman sombre et dramatique sur l’éclatement d’une fratrie. C’est une plongée émouvante et touchante dans la psychologie des frères et sœurs pour surmonter cette tragédie et dont l’espoir restera graver dans leur coeur. C’est un reflet de cette vie fragile qui se construit, c’est aussi un profond témoignage du courage des parents, de l’amour inconditionnel voués par leurs enfants : une ode à la vie.

    25/06/2026 à 11:37 1

  • L'Heure blafarde

    William Irish

    7/10 Elle aime danser, et d’ailleurs, c’est son métier. Elle, c’est Bricky Coleman et elle danse pour des clients qui paie 10 cents le ticket ce qui vaut une danse en sa compagnie. Cette nuit, elle a un drôle de client qui a déboursé 10 $ en tickets, soit 100 danses !!! Lui, c’est Quinn Williams. Et ces deux personnages vont vivre une étrange nuit. Ils vont chercher la personne responsable du meurtre de Stephen Graves.

    Quinn a trouvé son cadavre dans l’appartement de Graves, alors qu’il allait, épris d’un sentiment de culpabilité, restituer l’argent qu’il y avait subtilisé. Tout l’accusant (mobile, connaissance), la seule solution qui s’offre à lui est de délivrer le vrai coupable à la police. Quinn et Bricky, qui se sont promis de partir à l’aube de cette ville qui ne leur a apporté que déconvenues, n’auront que quelques heures pour trouver la trace de ce meurtrier…

    Le début de ce livre m’a complétement désorienté. William Irish passe près de 50 pages sur la rencontre des 2 personnages principaux avant de rentrer dans le sujet même du livre. Ce fut trop long à mon goût et a failli achever net ma lecture, car quasi-inintéressant. Puis la pseudo-enquête menée par le couple prend le pas et a titillé ma curiosité, même si elle fut naturellement parsemée de fausses pistes, afin de dérouler le plus longtemps le « suspense ». L’Heure blafarde est loin d’être un livre majeur de William Irish même si, en excluant les 50 premières pages, il ne mérite pas d’être mis de côté pour les amateurs des ambiances des polars des années 50.

    22/06/2026 à 11:01 2

  • L'Orchestre d'acier

    Pierre Siniac

    7/10 C’est le sauve-qui-peut à Paris en cette fin d’été 44. Le Standartenfürher SS Meisinger fuit la capitale avec dans son sac des diamants d’une valeur inestimable : des bijoux piqués aux richards parisiens et aux juifs déportés. Ils sont destinés à Goering. Aidé du collabo Maigoual, ils contournent les barrages des soldats américains et français et vont contourner les Vosges où se tiennent d’âpres batailles pour la libération du pays.

    Mais Maigoual veut faire main basse sur les bijoux. Comme d’autres personnes qui ont connaissance de cette joaillerie volante. Car, s’il y a bien un moment propice pour le vol, c’est bien cette période de confusion qu’est la libération, entre le moment où l’agresseur fuit, et avant que les forces de l’ordre remettent de l’ordre dans le pays.

    A Horcourt, la gare est en effervescence. Les Allemands viennent d’y entreposer un coffre-fort digne d’un blockhaus. Maigoual et différents acolytes trouvés en chemin planifient une stratégie pour s’emparer des bijoux qui vont y être misés.

    Pierre Siniac a une prédilection pour écrire des scénarios où en pleine guerre (Libération, débâcle…) où des malfrats veulent s’emparer de butins (je pense notamment à Sous l'aile noire des rapaces). Dans L’Orchestre d’acier, ce livre distille une histoire digne des films noirs et blancs des années 40. Personnages stéréotypés, où l’action prime : ça tue, ça explose, ça tourne sa veste, ça trahit… Un livre mené tambour battant, mais qui n’intéressera que les amateurs d’intrigue se déroulant pendant la 2nde Guerre mondiale.

    18/06/2026 à 11:26 3

  • L'Innocence et la loi

    Michael Connelly

    9/10 Si Harry Bosch est le personnage principal (et le premier) de ses romans policiers, Michael Connelly a su multiplier les protagonistes (voire héros) de ses livres. Mickey Haller est mon personnage « secondaire » préféré. Cet avocat de la défense, rencontré avec La Défense Lincoln, ce livre magnifiquement adapté au cinéma, est à la fois est un personnage sensible mais extrêmement rigoureux, efficace et implacable. Il se trouve toujours dans des affaires délicates et inextricables dans lesquelles il s’emploie corps et âme pour prouver l’innocence de ses clients.

    Dans L’Innocence et la loi, il est confronté à une situation des plus redoutables. C’est lui qui est accusé du meurtre d’un de ses anciens clients, Sam Scales, dont le corps est retrouvé dans son coffre de voiture, des balles dans la tête. Mickey Haller sait qu’il a été victime d’un coup monté mais, alors qu’il est incarcéré dans la prison de Los Angeles, les Twin Towers, il décide de se défendre lui-même.

    C’est armé de son équipe de choc, agrémenté de son demi-frère, Harry Bosch, qu’il va devoir enquêter sur cette affaire, contre-carrer la stratégie de la défense qui voit là une belle occasion de faire la peau à cet avocat borderline et intraitable avec la police, et sauver sa peau dans les cellules de prison encore plus inhospitalières pour un représentant de la justice.

    Ayant toujours eu un faible pour les romans judiciaires, j’ai trouvé L'Innocence et la loi particulièrement bien rythmé, bien argumenté, bien expliqué dans les différentes procédures et stratégies judiciaires, qui sans lasser le lecteur apporte une vision plus glaciale de cette affaire.
    Même si on se doute de l’issue finale de ce livre, c’est toujours un régal de voir comment Haller développe ses arguments, arrive à filouter la défense, constitue le choix des jurés, … et un twist final qui se situe en plein COVID-19.

    16/06/2026 à 14:52 3

  • La Honte

    Arttu Tuominen

    8/10 Quatrième tome que l’auteur finlandais consacre à la ville de Pori et à son commissariat via la disparition d’une jeune collégienne de 13 ans. Linda, inspectrice, de police, va ainsi traquer ce qui va s’avérer être un tueur en série qui sévit dans différentes parties du territoire finlandais depuis plus de 10 ans, via les réseaux sociaux sous le pseudonyme de Peter Pan.

    Arttu Tuominen consacre également une large part du roman à la vie de Linda, à sa courte et tragique histoire dans le mannequinat et à son addiction à l’alcool. Une histoire touchante qui m’a plus ému que cette enquête un peu trop « convenue » et manquant d’originalité. Je lirais la suite de cette série intitulée « Delta » que je trouve assez attachante, somme toute.

    15/06/2026 à 10:12 2