LeJugeW

1901 votes

  • La Maison du Maître

    Martha Grimes

    7/10 C'est mon tout premier Martha Grimes et donc mon tout premier dédié à Richard Jury. Je n'ai pas ouvert ce livre avec beaucoup d'enthousiasme mais force est de constater que ce fut une agréable surprise. Même si j'ai été un peu perdu au début par les liens existants entre les personnages, tout comme les clins d’œil et autres références développés dans les précédents tomes, j'ai assez vite accroché à cette intrigue qui tient la route et qui, sous ses airs de whodunit à la Agatha Christie (dont on retrouve le charme so british, bien que l'auteure soit américaine) cache des chemins insoupçonnés et passionnants. J'ai été un peu dérouté par la fin, facile de la part de l'auteure, malaisée pour le lecteur.
    Il n'empêche, premier contact avec l'écriture de Martha Grimes très positif, je renouvellerai l'expérience avec un a priori positif cette fois.

    23/02/2016 à 00:55 2

  • Bloody Paris

    Tito Topin

    7/10 Tito Topin nous entraîne rapidement dans cette histoire familiale dramatique avec sa plume alerte et une intrigue réussie. C'est vrai que Paris est peu exploitée dans cette nouvelle mais Jean-Michel Boissier comble joliment ce manque en fin d'ouvrage avec une visite érudite du XIVe arrondissement de la ville (où se déroule l'histoire), qui donne très envie d'aller faire un tour dans ce coin de la capitale, livre en mains. J'ai par ailleurs aimé les dessins de Vincent Gravé qui accompagnent et illustrent bien le texte de Tito Topin.
    Un petit polar du Monde réussi selon moi.

    23/02/2016 à 00:44 3

  • Le Gardien invisible

    Dolores Redondo

    8/10 Je ne vais pas être très original, plusieurs avis ci-dessous résument le mien : Dolores Redondo nous livre un premier roman de qualité, avec des personnages à la psychologie très fouillée et dont le décor de ce coin de Navarre est un personnage à part entière.
    Alors que je n'étais pas emballé par les cent premières pages car un peu rebuté par le fait que la vie de l'inspectrice prenne le pas sur l'enquête, je me suis pris au jeu parce que justement cette vie (passée et présente) est très riche. Amaia évolue au milieu de fantômes, les fantômes d'un passé douloureux. La famille a aussi un rôle prépondérant dans l'histoire tout comme les légendes, le folklore basco-navarrais qui ont un pouvoir d'immersion très fort sous la plume de Dolores Redondo.
    Une belle découverte, j'ai hâte de découvrir ce que nous réserve l'auteure dans le second tome de cette trilogie du Baztan.

    18/02/2016 à 09:19 10

  • Mister Brown

    Frank Leclercq, François Rivière

    4/10 Je n'ai pas accroché à cette BD, ni au dessin ni à l'intrigue que j'ai trouvé alambiquée. Je n'ai pas lu l'original d'A. Christie mais cette adaptation ne m'a pas du tout donné envie de le faire.

    14/02/2016 à 19:00

  • Le Royaume introuvable

    Christian Vanderhaeghe, Pascal J. Zanon

    8/10 Belle découverte que ce 4e tome des enquêtes/aventures d'Harry Dickson adaptées par Christian Vanderhaeghe et Pascal J. Zanon.
    Le dessin est très beau, dans la plus pure tradition de l'école belge, même si les couleurs font un peu vieillies (la BD a 22 ans). Les décors sont magnifiques, au plus près des années 1930, époque durant laquelle se passe l'intrigue, intéressante, entre Blake et Mortimer (pour la première partie) et Indiana Jones (pour la deuxième partie, égyptienne). Les dialogues aussi sonnent justes, bref, une très belle surprise.

    14/02/2016 à 18:58

  • Le Clandestin

    Franck Thilliez

    7/10 J'ai lu cette nouvelle dans le recueil "Brèves de noir" paru à l'occasion des 10 ans de Quais du Polar en 2014.
    J'en garde un bon souvenir, un récit noir qui colle particulièrement bien à l'actualité.

    10/02/2016 à 21:14 1

  • Dernière récolte

    Attica Locke

    7/10 Beau, mélancolique voyage dans cette Louisiane oubliée, entre passé vitrifié et réalité bien plus sombre. L'auteure interroge le rapport au passé, passé proche de l’héroïne, passé plus lointain de l'esclavage, passé enjolivé qui ne passe plus et dont les résonances sonnent fort aux oreilles des personnages comme du lecteur. Le parallèle entre l'esclavage des noirs et l'esclavage moderne des travailleurs clandestins latino-américains est pertinent. L'intrigue n'est pas des plus passionnantes mais c'est le décor qui envoûte et c'est la recherche de la vérité dans le passé qui convainc.
    J'ai regretté quelques longueurs mais ai passé dans l'ensemble un bon moment de lecture au milieu des protagonistes de Belle Vie.

    10/02/2016 à 15:25 3

  • Maison fondée en 1959

    Michaël Mention

    8/10 En écrivant ce livre et son "prolongement" (La Voix Secrète), sortis le même jour (chapeau au passage à la maison d'édition, partante pour ce coup de poker assez rare), Michaël Mention m'a, encore une fois, bluffé.
    Bluffé par l'inventivité de l'auteur, bluffé par cette audace. Le livre est en plus très intime, on devine beaucoup de points communs entre Luc et l'auteur. Le style, reconnaissable entre mille, est bien présent tout comme la descente aux enfers, presque consubstantielle de l’œuvre de l'auteur.
    Les amateurs de M. Mention seront ravis à la lecture de ce roman et les autres apprécieront cette sincérité qui transpire de cet écrit.
    Une nouvelle fois, je m'incline et ne peux que saluer le talent de l'auteur, une voix vraiment à part dans le monde du polar français.

    10/02/2016 à 15:15 3

  • L'Enigme des Blancs-Manteaux

    Jean-François Parot

    8/10 J'ai découvert la série dédiée à Nicolas Le Floch il y a quelques années via l'adaptation télévisuelle diffusée sur France 2 et qui m'avait fait bonne impression.
    Bonne impression confirmée et même amplifiée à la lecture de ce premier tome. L'auteur prend son temps pour installer son personnage principal puis les personnages secondaires qui vont, ou non, subsister dans les enquêtes suivantes. Si l'intrigue n'est pas des plus originales, L'énigme des blancs-manteaux vaut avant tout pour le "dépaysement temporel", dans ce Paris du XVIIIe s., dans cette France de Louis XV, grâce à un travail remarquable de Jean-François Parot. La plume se veut la plus proche possible de la langue française du XVIIIe siècle, tout comme le décor parisien, très fidèle à son époque. L'érudition de l'auteur sert à merveille un roman envoûtant, plaisir prolongé (ou parallèle) par le site nicolaslefloch.fr qui reprend en images d'époque et plan à l'appui les différents endroits traversés par notre héros.
    Bref, j'ai adoré ce premier roman et ne vais pas tarder à ouvrir la suite des aventures du Breton Le Floch.

    10/02/2016 à 14:56

  • Polichinelle mouillé

    Frédéric H. Fajardie

    8/10 En quelques phrases (magnifique premier chapitre !), en quelques pages, Fajardie dresse un portrait touchant, réaliste et très réussi de l'humanité.
    Polichinelle mouillé est un vieil homme, bossu, veuf depuis neuf mois et à qui la vie n'a jamais fait de cadeau, sauf son amour, pour toujours perdu.
    Alors lorsque le doigt se tend une nouvelle fois, c'est la fois de trop. Et le bossu se fait pousseur, et rend justice à ce monde si ingrat.
    Pour l'arrêter, Antonio Padovani, dont les points communs avec l'assassin montre bien que l'humanité ne fait qu'une...
    Frédéric H. Fajardie est un grand auteur, un must du roman noir humaniste.

    31/01/2016 à 15:34 3

  • L'Enfer de Church Street

    Jake Hinkson

    6/10 Un début intrigant, puis une centaine de pages très quelconque avant un premier rebondissement qui relance l'intérêt de l'intrigue. Mais finalement, sans être déplaisant à lire, j'ai trouvé que ça restait très en-deçà d'un Le diable, tout le temps (D.R. Pollock) par exemple. Les mots choisis pour critiquer les excès dus à la religion (plutôt à une certaine pratique de la religion) sont justes mais l'intrigue reste assez plate je trouve. Quant aux traits d'humour, mouais, bof, j'ai à peine souri.
    Un premier roman qui se lit bien mais qui n'apporte pas grand chose de plus au genre.

    30/01/2016 à 22:15 7

  • À mains nues

    Paola Barbato

    6/10 « Vous qui entrez ici, perdez tout espoir »
    La célèbre phrase de la Divine Comédie écrite par l’illustre florentin Dante sied tout à fait au roman de la milanaise Paola Barbato.
    Trois pages. Les trois premières. Voilà ce que laisse Paola Barbato au lecteur comme répit. Car après… Après on plonge dans l’ultra-violence, la cruauté, la perfidie, l’ignoble et on boit ce chaudron des vices humains jusqu’à la lie.
    Je n’ai pas éprouvé de plaisir à cette lecture. Ce déchaînement gratuit de violence sans parvenir à en comprendre le sens m’a sans cesse rebuté. Pourtant Paola Barbato nous prévient, indirectement, p.141 : « Il faut que tu arrêtes de vouloir trouver une explication à tout. Je suis sérieux, mon garçon, ça n’a pas de sens. Dans tout ceci, dans ce que nous faisons, dans ce que tu fais, il n’y a rien à comprendre. D’accord ? C’est comme ça, c’est tout. Donc, arrête de réfléchir. »
    Et bien non, j’ai continué à réfléchir, affligé (au sens propre du terme) par ce nihilisme.
    J’ai avancé vite dans ma lecture parce que l’auteure est sacrément douée pour faire tourner les pages mais aussi parce que je voulais en voir la fin, enfin.
    Et quelle fin ! Le dernier mot… le mot ultime, qui clôt le roman. Comme un dernier coup, imparable, létal, qui nous plonge dans l’abysse, définitivement.
    Une expérience de lecture saisissante mais effroyable.

    20/01/2016 à 10:44 10

  • La Cinquième Victime

    Franck Linol

    5/10 Premier livre de la série Meurtres en Limousin qui met en scène l’inspecteur Franck Dumontel qui après une belle carrière parisienne revient sur sa terre natale, la Haute-Vienne (le nord notamment).
    Dans ce premier roman, l’auteur utilise des ficelles assez classiques du thriller tout en gratifiant le lecteur d’une abondance de détails sur les restaurants, bars, brasseries…bref les « bonnes adresses » de la capitale limousine … et si l’œnologie vous passionne, vous aimerez ce livre, l’auteur plaçant régulièrement le nom de tel ou tel vin, son inspecteur appréciant particulièrement ce nectar…
    Il y a par ailleurs quelques éléments d’érudition souvent intéressants mais qui ralentissent considérablement le rythme du livre quand ils ne sont pas placés de façon incongrue dans le récit (en pleine action par exemple)… L’écriture est très inégale avec des passages très pertinents et d’autres farfelus, comme par exemple le chapitre 12 durant lequel les équipes de gendarmerie et de police échangent leurs points de vue sur l’enquête.
    Bref c’est un premier roman pas inintéressant mais qui s’éparpille trop à mon goût.

    17/01/2016 à 12:45 1

  • Hollywood Zero

    Dominique Forma

    6/10 Je rejoins l'avis de Norbert, on peut résumer l'ambiance hollywoodienne par cette phrase tirée du livre (p. 171) : "La réalité hollywoodienne se nourrissait de la prétention des unes et de la bêtise des autres. C'était un jeu de dupes parmi les dupes."
    Le roman se lit vite et bien mais je m'attendais à une critique encore plus mordante, de la part d'un auteur dont j'ai particulièrement apprécié le très bon Amor. J'ai en revanche apprécié la partie mexicaine, plus sombre.

    09/01/2016 à 19:58 1

  • Etrange étranger

    Ouvrage collectif

    8/10 Voilà une belle initiative de la part de la Cimade, du Festival International du Roman Noir de Frontignan et de la Manufacture des livres : rassembler 14 nouvelles noires pour soutenir l'action de la Cimade en faveur des réfugiés, notamment. Cette association d'inspiration protestante, née en septembre 1939 pour permettre l'accueil des habitants de l'Alsace-Lorraine après l'entrée en guerre contre l'Allemagne. Depuis, elle a poursuivi cette action et est particulièrement sollicitée ces dernières années avec, entre autres, la guerre en Syrie, et nous rappelle, par son slogan, que "l'humanité passe par l'autre".
    14 nouvelles noires, sous le titre emprunté à Jacques Prévert, Étrange étranger (1951), écrites par des auteurs souvent engagés (comme Sophie Loubière, par exemple), parfois en lien avec le sujet des migrants mais pas toujours.
    La gamme du noir est plutôt étendue, du noir pur (grosse claque avec la très courte mais choquante nouvelle de Sophie Loubière) à du plus léger (Serguei Dounovetz, Bernard Pouy).
    "Il n'y a pas d'étrangers sur cette terre, seulement des êtres humains" : cette phrase qui occupe la 4e de couverture amène à la réflexion, entamée ou prolongée par la lecture du recueil. A découvrir.

    09/01/2016 à 11:05 4

  • Un petit boulot

    Iain Levison

    8/10 Premier roman de Iain Levison pour moi et c'est une bonne pioche : Un petit boulot est une critique acerbe du libéralisme à outrance, du capitalisme à l'américaine et des dégâts qui en résultent. J'ai vraiment aimé le ton du livre, empreint d'humour noir caustique. La fin est plutôt originale : ni hard-boiled, ni moralisatrice. La voix d'Olivier Cuvellier (livre audio) se prête particulièrement bien à l'atmosphère du roman.
    Bref, une réussite à tout point de vue et un plaisir de "lecture".

    04/01/2016 à 21:04 6

  • Ceux qui osent

    Pierre Bordage

    8/10 Un dernier tome dans la lignée du précédent : nous sommes en Arcanecout, la terre de la liberté qui déplait tant aux royaumes coalisés, ces "roicos" bien déterminés à anéantir l'Arcanecout et ses habitants. Il faudra beaucoup de courage, d'espoir, d'abnégation à nos amis devenus grands pour faire face à de nombreux périls, y compris intérieurs.
    Quelques passages redondants dans ce tome (forme choisie oblige) mais toujours ce souffle épique qui fait tourner les pages avec plaisir.
    Ceux qui osent, comme le reste de la trilogie, est une ode à la liberté, l'amitié, la solidarité. Une belle fable qui porte de belles valeurs et qui plaira assurément à nombre de jeunes lecteurs (à partir de 10-12 ans) et qui séduira les plus grands.

    03/01/2016 à 13:27 3

  • Les Enfants de l'eau noire

    Joe R. Lansdale

    8/10 East Texas, dans les années 1930. Un territoire plus proche de la Louisiane que du reste de l’Etat, c’est-à-dire rural, pauvre, ségrégationniste. Frappé par la Grande dépression.
    C’est là que May Linn, adolescente qui rêve d’un futur hollywoodien, est retrouvée morte, le pied attaché à une machine à coudre. Ses trois plus proches amis, Sue Ellen, Terry et Jinx se mettent alors en tête d’apporter ses cendres à Hollywood. Une manière symbolique de réaliser son rêve mais aussi de partir de cette terre qui ne promet rien d’autre qu’un avenir médiocre voire dangereux : Sue Ellen, toujours sur la défensive entre une mère toxicomane et surtout un père alcoolique et incestueux, Terry suspecté d’être une « pédale » (mot du père de Sue) et Jinx, dont la couleur de peau l’expose de plein fouet à la ségrégation raciale.
    Le monde dans lequel vivent ces adolescents est résumé dans cette phrase : « Dans mon monde, rencontrer un quadragénaire avec ses dents, ses deux oreilles et un nez pas cassé était à peu près aussi rare que de trouver une pastèque dans un poulailler » (p.145). Ici comme dans d’autres passages, l’auteur utilise des métaphores souvent drôles et bien trouvées. J’ai aimé aussi le clin d’œil aux Raisins de la colère (p.245 à 247).
    Leur parcours jusqu’à Gladewater (première étape avant le voyage vers Hollywood) sera semé d’embûches, de cadavres et de sang, de drames mais aussi et surtout de moments forts d’amitié, de solidarité.
    Une lecture très plaisante, c’était mon premier Lansdale, ce ne sera assurément pas mon dernier.

    30/12/2015 à 13:43 10

  • Le Train bleu

    Marc Piskic

    8/10 Je n'ai pas (encore) lu le roman d'A. Christie, mais cette adaptation de Marc Piskic m'a donné envie de le faire. J'ai cependant trouvé que les traits physiques prêtés par le dessinateur à Hercule Poirot n'étaient pas les mieux choisis (mais c'est très subjectif).
    Ces adaptations en BD des romans d'Agatha Christie sont, pour les quelques-uns que j'ai lus, de bonne facture.

    29/12/2015 à 13:55

  • Fin de contrat

    Alain Dodier

    7/10 Je découvre cette série dédiée au détective privé Jérôme K. Jérôme Bloche avec ce 20e opus. Dans cet album, le jeune détective privé (jeune, ou aux traits juvéniles ?) est poursuivi par un tueur qui tente de l'assassiner par tous les moyens possibles.
    Le dessin est sympa, l'intrigue agréable à suivre, et une forte amitié semble souder les différents protagonistes (sauf le méchant of course). Je pense néanmoins qu'il faut avoir lu les tomes précédents en raison des références qui sont faites (notamment le tome précédent).

    28/12/2015 à 11:20