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Les Héritiers du mal
8/10 Cela faisait plus de douze ans que ce livre était dans ma PAL, la faute à un achat compulsif du temps où je surkiffais les thrillers, sans prendre le temps de savoir que ce titre était le 3e tome d’une série. Du coup, il était resté sagement dans ma bibliothèque jusqu’à ce que je le déterre très récemment…
Et ce fut une très bonne surprise. Bon, évidemment il eut été préférable pour pleinement apprécier ma lecture d’avoir lu les deux tomes précédents, tant les références sont présentes. Mais cela ne m’a pas empêché d’apprécier ce récit prenant sur les traces d’un copycat d’une monstrueuse tueuse en série, Gretchen Lowell qui, pourtant, fascinent public et médias. C’est d’ailleurs ce qui m’a le plus intéressé, cette critique faite par l’autrice de la fascination que peuvent exercer les serial killers (à tel point ici qu’il existe un circuit touristique dans Portland permettant de voir les différentes scènes de crime de la terrible Gretchen Lowell).
Les personnages principaux sont attachants, chacun à leur façon : la reporter, pardon la « journaliste », Susan Ward, dont l’abnégation n’a d’égale que la propension à se mettre dans des situations délicates, l’enquêteur très mal en point Archie Sheridan (le pauvre, il en prend vraiment plein la tronche, à un degré rarement atteint pour un flic supposément « héros »)…
Bref, pour ne pas être long je dirais que Les Héritiers du mal est un très bon thriller, assez typique de l’époque à laquelle il a été écrit sans que la pertinence du propos de fond (la fascination morbide pour les tueurs en série) n’ait changée d’un iota. Un roman troisième d’une série (qui en compte 6 au total en anglais, seuls les trois premiers ayant été traduits en France) dont j’ai envie de découvrir (hélas à rebours) les deux premiers opus.06/03/2025 à 16:03 2
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Les signes de la peur
7/10 Le commissaire Bourdon et sa nièce Nadine ont loué une maison à Belzas, en Provence. Sur place, la bâtisse n'est pas à la hauteur du prospectus. Las, Bourdon a à peine le temps de s'installer qu'une maison voisine est en feu. Ric Hochet, qui a rejoint Bourdon et Nadine, sauve un enfant des flammes. L'attitude des parents est suspecte. Peu de temps après, des meurtres vont se succéder dans le village de Belzas...
Un tome qui rime avec superstitions, astrologie, manipulation et chantage. Intéressant, plaisant à lire, mais un tome finalement assez quelconque.06/03/2025 à 09:43 1
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Les Marguerites de l'hiver
9/10 L’hiver est là et les animaux souffrent. Le tyran Silvio exige à la manière des corvées d’antan, le ramassage du bois (« l’heure blanche ») à l’issue de journées éreintantes. La colère, la rancœur empoisonnent les âmes des animaux qui discutent de la façon la plus pertinente pour faire cesser leurs souffrances. Certains souhaitent l’opposition frontale mais ô combien périlleuse (se souvenir de ce qui est arrivé à la pauvre Marguerite), d’autres une voie pacifique, une résistance passive mais non exempte de souffrances supplémentaires… Quelle voix sera écoutée ? Quelle voie sera suivi ?
Un tome remarquable, à l’image du premier. Et les pages ultimes laissent le lecteur et cette pauvre Miss Bengalore dans un état de stupeur teinté d’un profond désespoir… Comment ne pas y voir une parabole de nos sociétés contemporaines, où le choix d’un bouc-émissaire par les élites dirigeantes a pour but de détourner les citoyens de leurs combats légitimes pour davantage d’égalité et de justice…05/03/2025 à 10:35 4
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La Route
9/10 Après avoir lu le roman de McCarthy la semaine passée, j’ai ouvert avec curiosité le roman graphique de Manu Larcenet. Sur le papier ça devrait marcher, tant l’histoire ô combien sombre de l’auteur américain colle avec l’univers de Larcenet découvert dans sa série Blast.
Et évidemment que ça matche.
Tout est désespéré, Larcenet pousse à son paroxysme la noirceur de l’histoire, dans un décor en noir et blanc (quelques touches de rouge dans des scènes sanglantes et glaçantes), tout en étant fidèle au récit de McCarthy. Bon, comme on connaît l’histoire on sait comment cela va finir mais ce n’est pas tant la fin qui compte mais le chemin emprunté pour y parvenir. J’ai été frappé durant ma lecture par le silence qui émane notamment des premières pages, dans ce monde faussement aouté.
Une nouvelle fois avec Larcenet, du grand art.04/03/2025 à 19:56 10
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Entre deux eaux
8/10 Voilà une vieille BD typique de l’école de Marcinelle, dans laquelle 4 intrigues nous permettent d’avoir un (ultime, car il s’agit du dernier tome) aperçu des aventures de Gil Jourdan et de son acolyte Libellule (qui ressemble fortement à Tif de Tif et Tondu, du même auteur, Maurice Tilieux).
Dans la première histoire, éponyme et la plus longue (une trentaine de pages), Gil Jourdan et Libellule doivent élucider le vol d’un sous-marin de la Seconde Guerre mondiale, volé chez un collectionneur de matériel de guerre lourd. Une intrigue prenante, tout comme la deuxième, « L’Homme au pull blanc », une histoire de vengeance, de gaz et de puces domestiquées… Très bon.
La troisième (« Coup d’éclat ») est un peu facile par sa résolution. En cinq pages, Gil Jourdan parvient à trouver le coupable qui se cache derrière une sortie de route mortelle d’un garagiste.
La dernière (« Les Santons ») met en scène l’inspecteur Crouton qui achète des santons pourtant promis à un autre client. Client qui s’avère être un agent de l’Est très attaché à ces objets… Une histoire menée tambour battant, beaucoup d’actions, notamment à bord d’un aéroglisseur qui relie la France à l’Angleterre. Là aussi, c’est très réussi.
En somme un (ultime) tome 16 des enquêtes de Gil Jourdan, idéal pour découvrir l’univers de la série ou pour clore avec un brin de nostalgie la lecture de cette série marquante datant de l’âge d’or de la bande dessinée belge.04/03/2025 à 09:01 2
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Miss Bengalore
9/10 Xavier Dorison revisite la Ferme des animaux d'Orwell de fort belle manière, une histoire de dictature au sein d'un château abandonné des humains, au milieu d'un forêt.
Le tout-puissant Silvio, un énorme taureau, domine les animaux de la ferme (moutons, canards, poules, lapins...) en s'appuyant sur des chiens policiers et miliciens, tout en frelatant les valeurs d'un république prétendument menacée par des loups. Tout ce monde animal vit sous la coupe du tyran jusqu'à ce qu'un rat venu de l'extérieur, conte l'histoire d'un homme qui a renversé un empire par son action non-violente (la référence à Gandhi est explicite). Les animaux soumis, à commencer par la chatte Miss Bengalore, comprennent alors qu'il est peut-être possible de changer les choses...
Ce premier tome d'une tétralogie dont le dernier tome ne devrait plus tarder à sortir est à la fois très prenant, crédible et fait un écho sidérant au monde dans lequel on vit, tout en rappelant des heures sombres de l'humanité. L'angle choisi par Dorison est discutable, sujet à débats (pour faire simple, seule l'action non-violente permettrait de se débarrasser d'une dictature) mais ses arguments sont intéressants.
Les dessins de Delep sont magnifiques et ne sont pas sans rappeler ceux de Juanjo Gardino dans la série Blacksad.
Le tome se termine sur une pluie de marguerites qui fait enrager le tyran... à qui personne n'ose s'opposer frontalement...03/03/2025 à 10:23 4
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Le Cheval sans tête
8/10 J'avais lu ce livre enfant et sans me souvenir précisément de l'intrigue, je savais que ce livre m'avait marqué. C'est donc avec un brin d'émotion que je l'ai réouvert une trentaine d'années plus tard. Nous sommes dans l'après-guerre, dans une ville de la grande banlieue parisienne. Une bande de gamins, tous pauvres, jouent avec un cheval monté sur trois roues et qui a la particularité de ne pas avoir de tête. Ils dévalent les rues de la ville à toute vitesse, jusqu'à ce que des types louches s'intéressent de très près à leur cheval... La menace qui plane sur les gamins est patente et je comprends mieux pourquoi j'avais été si marqué par ce livre, tant les malfrats sont inquiétants, à commencer par le très louche Roublot, vendeur de camelots sur le marché, et malmènent les enfants. L'ensemble est très réussi.
Le Cheval sans tête est devenu un classique de la littérature jeunesse, maintes fois réédité depuis sa sortie, il y a 70 ans. A découvrir, ou redécouvrir...03/03/2025 à 10:07 2
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Les Lettres
6/10 Un texte très court où Landier, un écrivain, doit remettre des lettres d'amour à son ex-compagne, qui le quitte. Au cours d'un dîner, il explique qu'il avait en tête un roman basé justement sur une telle correspondance... Une nouvelle qui vaut pour sa chute, ultime pied-de-nez de Landier.
03/03/2025 à 09:56 1
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Je suis leur silence
8/10 Eva Rojas, docteur en psychiatrie, est dans le cabinet de son... psy. Elle lui raconte sa semaine rocambolesque, à la rescousse d'une ex-patiente, pour une histoire de testament au sein d'une riche famille de vignerons près de Barcelone.
Le ton est dynamique, le personnage central très attachante, de l'humour... Les dessins collent bien à cette héroïne décalée que je reverrais bien dans une autre histoire, notamment pour connaître plus précisément l'histoire de sa mère...
Une belle surprise que je n'aurais probablement pas lu sans le prix PP. 8.5/10.01/03/2025 à 10:15 7
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La Route
9/10 Un roman en noir et blanc. Noir de cendres, blanc de neige presque grisâtre. Blanc comme la pureté du cœur du père et de son fils (des "gentils"), noir comme le monde post-apocalyptique dans lequel ils tentent de survivre. Pas ou peu d'espoir. Une route comme une langue desséchée. Des corps meurtris par le manque de tout. Des esprits qui vacillent. Des âmes errantes, au Purgatoire. Une absence de ponctuation comme une absence de repères. Perdus. Dans le grand nulle part. Des flash-backs. De rares respirations. L'amour en fil rouge. Un très grand roman.
26/02/2025 à 12:13 9
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Epitaphe pour Ric Hochet
9/10 Ric Hochet est traqué, sur des petites routes de campagne par un temps pluvieux. Par qui, pourquoi ? Nous ne le savons pas. Un virage, un tracteur comme obstacle et la Porsche jaune mythique de Ric plonge dans le fossé. Quelques temps plus tard un homme se réveille dans un hôpital, le visage entièrement bandé. Amnésie complète. Mais un gendarme le soupçonne d'être Walter Wolzak, un dangereux criminel qui, avec son frère, terrorise la région...
Un opus de grande qualité avec un grand classique de la littérature policière, l'amnésie, mais traité de manière remarquable. Une aventure hyper prenante, un jeu de manipulation habilement déployé et des scènes d'action réussies. Un clin d'œil au dieu Janus appréciable. 8.5/10.
Un excellent tome pour découvrir la série.25/02/2025 à 09:56 1
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N'éteins pas la lumière
8/10 Une femme traquée par un psychopathe qui veut la pousser au suicide, un Servaz pas au mieux de sa forme, le monde de l'aérospatial, l'ombre (lointaine) d'Hirtmann, de l'opéra, un étrange SDF... De nombreux ingrédients pour une intrigue qui tient la route mais qui souffre de quelques longueurs pour ce roman qui s'étale sur 700 pages au format poche.
J'ai été un peu perdu au début du roman car la lecture du tome précédent, Le Cercle, remontait à 2015 : pourquoi Servaz est dans une sorte d'hospice pour flics qui ont vrillé ? C'est quoi cette histoire de coeur de Marianne envoyée depuis une forêt en Pologne ? J'ai dû rater un épisode... En fait et si j'ai bien compris, ce 3e opus se déroule environ trois ans après le Cercle sans que l'on sache précisément ce qu'il s'est passé durant ce laps de temps. Bref, l'intrigue ne repose pas sur cette étrange "ouverture" puisque l'on suit Christine Steinmeyer, animatrice vedette d'une radio régionale et fille d'une ex-star de la télé. Elle reçoit une lettre anonyme puis un appel anonyme à la radio l'accusant d'avoir laissé mourir une femme... S'ensuit des évènements plus cruels les uns que les autres pour Christine qui s'enfonce dans le désespoir...
Une intrigue très dense, pas mal de chemins empruntés, il faut être attentif pour apprécier sa lecture sans se perdre. Pour ma part j'ai apprécié ce roman malgré un creux en milieu de roman. L'auteur nous balade habilement pour que l'on accuse un tel ou un tel mais finalement je n'ai pas été surpris par la véritable identité de la personne qui se cache derrière tout cela car je l'avais (un peu) anticipé notamment au moment du journal intime (passages très prenants d'ailleurs).
N'éteins pas la lumière est un solide thriller à l'intrigue exigeante, captivante mais qui souffre de quelques longueurs.23/02/2025 à 10:39 3
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Coup de chaleur pour face d'ange
7/10 Libye, automne 1969. Le pays vient de connaître le renversement de la monarchie. Les réserves de pétrole du pays aiguisent les appétits et la Libye devient un enjeu de la Guerre froide. Mais il ne s'agit pas ici de l'habituel duel URSS/Etats-Unis mais bien de la guerre que se mènent Chinois et Soviétiques quant au leadership du bloc communiste. Face d'Ange et son inséparable acolyte Bassowich, tous deux agents de la CIA, s'y rendent pour rencontrer Vassili Semianov, soviétique le plus puissant du Moyen-Orient et du Proche-Orient et qui veut, à l'aide des agents de la CIA, contrecarrer les plans des autorités chinoises. Une alliance de circonstance qui ne va pas durer bien longtemps, Semianov étant assassiné sous les yeux de Gunther et Bassowich, immédiatement accusés du meurtre...
Un opus intéressant par son côté historique notamment (la naissance de la Libye de Khadafi et les enjeux liés à la Guerre froide). L'écriture n'est pas désagréable, pas mal d'actions et de suspense, bref un agréable moment de lecture.22/02/2025 à 09:18 2
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Limoges à sang pour sang
3/10 Une galerie d'art, une horrible mise en scène et un copycat de Jack l'éventreur en guise de pitch alléchant. Un angle original avec un flic prêtre qui enquête et pour le côté immersif un récit à la première personne. Miam ?
Las, le roman n'est pas du tout à la hauteur. Entre les remarques antiféministes (dont s'amuse l'auteur), les leçons de grammaire et de syntaxe (déformation professionnelle ?) et l'abus du passé simple, on n'accroche pas du tout à l'écriture. Des personnages peu crédibles, à l'image du "héros", pas du tout attachant. Et si ça ne suffisait pas : des dialogues qui sonnent faux comme j'en ai rarement vu ! Bon, bon... l'intrigue alors ? Maigre comme du papier à cigarettes. Arf... le décor ? Limoges est sous-exploitée et ce n'est pas l'aller-retour à Tulle en Corrèze, sur un chapitre seulement, qui y changera grand-chose...
Bref, une grosse déception, ce roman est d'un rare ennui.19/02/2025 à 21:04 2
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Le Mystère de la main rouge
8/10 Après avoir découvert le jeune journaliste Gabriel Joly dans Le Loup des cordeliers, nous le suivons cette fois-ci dans une aventure à cheval sur les mois de juillet-août 1789.
Si le 1er opus avait fait la part belle à l'Histoire (pour mon plus grand plaisir), Henri Loevenbruck ne l'a cette fois-ci pas autant mise en avant. Mais ce n'est pas pour autant une histoire au rabais que nous livre l'auteur multicartes, sur les traces ici d'une mystérieuse société secrète, la Main Rouge, qui emprunte aux rites ancestraux du zoroastrisme. On traverse la France, au gré des péripéties de la (pas si) muette Lorette, direction la Corse, en passant par Antibes (la scène de l'aqueduc est à déconseiller aux claustrophobes !). On en apprend plus sur ses origines, on assiste à une bataille navale épique avec Récif aux manettes, bref on ne s'ennuie pas dans ce récit d'aventures. L'auteur a en outre glissé de temps en temps des illustrations (qui ne sont pas sourcées, c'est dommage) et nous gratifie d'une bibliographie indicative en fin d'ouvrage (mais rien, paradoxalement, sur le zoroastrisme). Le fond de l'intrigue n'est pas sans rappeler des faits bien plus récents quant à davantage de justice et d'égalité (et ce n'est très probablement pas fortuit de la part de l'auteur)...
Une belle réussite (une de plus de l'auteur) pour ce 2e opus des enquêtes de Gabriel Joly et nul doute que je en vais poursuivre la lecture.19/02/2025 à 13:40 3
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Bienvenue chez vous
8/10 Les thrillers horrifiques sont trop rares dans le paysage littéraire français. Alex Sol relève le gant et de fort belle manière.
Dans Bienvenue chez vous, on suit une gentille petite famille, un couple avec deux enfants, à laquelle on prend le temps de s'attacher... On suit les premiers pas, difficiles, des enfants (Thiphaine et son petit frère Nathan) à l'école, notamment en raison d'un racisme ordinaire qu'ils subissent, difficile aussi l'adaptation de Mathilde, leur mère, qui travaille à l'école.
Et puis il y a cette maison, leur nouvelle maison, qu'ils ont fait construire à partir de containers. Déjà, le chantier a été marqué par des retards, des disparitions...
Jour après jour, semaine après semaine, on voit comment l'étau se referme sur Simon et Mathilde, on souffre pour le petit Nathan, en proie à un appétit grandissant qui finit par devenir inextinguible. On découvre horrifié ce que cela le pousse à faire (la scène du chiot Oréo... brrrrrr)... La tension est quasi permanente et va même en s'accroissant à mesure que l'on s'approche du "pourquoi".
Je n'en dirais pas plus histoire de ne pas divulgâcher mais je conseille ce titre à tous les amateurs/trices de films d'horreur (d'ailleurs je verrais bien ce film adapté à l'écran). Mention spéciale à la brillante lecture (livre audio), que dis-je l'interprétation d'Olivia Nicosia.
A découvrir. 8,5/10.16/02/2025 à 17:11 6
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Le Bonhomme de neige
7/10 Récit à la première personne qui raconte une histoire vécue par un enfant : la fascination et la peur qu'exerce sur celui-ci la vue d'un bonhomme de neige. Pas tous les bonhommes de neige, non, juste celui-ci. L'enfant avait-il compris, inconsciemment, que celui n'était pas un "simple" bonhomme de neige ?
Une très courte nouvelle à la chute fort appréciable.01/02/2025 à 09:23
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Le Garçon venu de loin
8/10 Le 50 rue Saint-Exupéry est l'adresse d'un immeuble où vivent Zoé et ses amis. Bientôt deux nouveaux habitants vont rejoindre le 50 : Zeinah et son fils Alaa. Ils viennent de Syrie et ont fui la guerre et les bombardements. Beaucoup d'habitants du 50 sont prêts à accueillir ces réfugiés les bras ouverts mais deux hommes qui ne vivent pas dans l'immeuble mènent une campagne de dénigrement à leur encontre : "Non à la venue d'une famille de migrants dans votre immeuble. Il est encore temps de vous y opposer !". Cette opposition rencontre certains échos favorables comme chez Mme Rossignol, professeure de chant : "Ces gens sont tellement différents de nous [...] je pense avant tout à la tranquillité de l'immeuble". Heureusement la mobilisation de Zoé et ses amis (dons de mobilier, accueil déguisés en super-héros, exposition qui raconte le parcours de chacun des habitants du 50...) finira par payer.
Un texte humaniste à destination des jeunes lecteurs (à partir de 8 ans), terriblement d'actualité, nécessaire et au ton juste.
"C'est de la folie de haïr toutes les roses, parce qu'une épine vous a piqué..." comme le chante Alaa, reprenant un passage du Petit Prince de Saint-Exupéry...29/01/2025 à 09:35 3
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Nosferatu - tome 1
3/10 Idée de base séduisante : celle d'une réinterprétation du mythe de Nosferatu dans un cadre manga. Disons-le tout de suite : c'est un flop lamentable.
Tout d'abord, l'intrigue semble patauger dans une série de clichés déjà vus dans de nombreuses œuvres du genre. C'est lent, avec peu de moments réellement captivants ou de rebondissements qui donnent envie de poursuivre la lecture, c'est inutilement gore (les scènes de torture dans la tour et celle où la très jeune héritière subit un viol atroce avec un instrument de torture pour "lui écarter le vagin"), l'histoire est bancale, peu enthousiasmante. L’atmosphère gothique du récit n’est pas exploitée à sa juste valeur, et le manga échoue à instaurer une véritable tension. S'y ajoute enfin un dessin certes sombre et qui convient au thème mais parfois difficilement "lisible" notamment dans les scènes de combat (comme celle entre le chien "mutant" et l'héroïne). Quand ce tome 1 se clôt sur de futurs affrontements entre Nosferatus, on se dit qu'il est temps d'arrêter les frais.
Bref, ce premier tome de Nosferatu version manga est une déception. Il manque de profondeur, d’originalité et d’émotion. Si l’univers semblait posséder un potentiel intéressant, il n’est pas exploité de manière satisfaisante, laissant un goût amer après sa lecture. J'avais emprunté les 4 tomes de la série à ma médiathèque, je vais tous les rendre en n'ayant lu que le premier...27/01/2025 à 20:57 2
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Skin
5/10 Même si je serai moins dur dans ma note que fred69, je le rejoins sur l'évident décalage entre les deux premiers très bons/excellents romans de la série, ayant pour cadre Londres et les deux suivants, se déroulant à Bristol. Mo Hayder avait délaissé pendant 7 ans (entre le tome 2 et le tome 3) Jack Caffery et c'est comme si pendant ce temps-là elle avait oublié tout ce qui faisait la richesse de ses intrigues et de son personnage torturé. Le fait d'abandonner la quête du frère, d'introduire un autre personnage central torturé (la plongeuse Flea Marley), de s'intéresser (de façon peu convaincante à mes yeux) à la légende du Tokoloshe, le tout de façon brouillonne... rend l'ensemble peu intéressant à suivre. Et comme fred69 je ne comprends pas l'intérêt du Marcheur… Que retenir alors de Skin, sinon une énième fiction de tueur en série à l'esprit particulièrement tordu ? Ben pas grand-chose en fait, à part peut-être l'intrigue secondaire qui concerne le frère de Fléa dont cette dernière essaye tant bien que mal d'effacer les traces meurtrières dont il est coupable... jusqu'à ce que cela se retourne méchamment contre elle.
La série compte 7 tomes, j'hésite désormais à poursuivre...19/01/2025 à 19:08 1
