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Un Diamant pour l'au-delà
François Boucq, Alexandro Jodorowsky
9/10 Alors que la guerre de Sécession est en train de s’achever, le cruel capitaine Ralton continue de mener son escouade de Sudistes, et malheur à qui essaierait de déserter. Ils pillent, tuent, volent, violent, et c’est en massacrant un couple que le fils des défunts, Seth, décide d’aller demander au Bouncer, qui n’est autre que son oncle, de l’aide pour venger ses parents. Il se trouve d’ailleurs que ce tueur manchot et Ralton sont de vieilles connaissances… Un ton sombre et âpre, une esthétique remarquable de noirceur et de violence, avec un scénario certes classique pour le moment mais très efficace et prenant. J’adore !
04/09/2022 à 18:40 2
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A bras raccourci
8/10 Bob végète à l’hôpital aux côtés de son collègue et ami Morris, jusqu’à ce qu’ils reçoivent un bras tatoué qui doit être remis au service de la médecine légale après qu’ils auront fait en sorte qu’il soit correctement conservé. Le hic, c’est que Bob tombe littéralement sous le charme de la femme représentée sur le membre : belle, infiniment désirable. Lorsque la mafia mexicaine enlève Bob, ce dernier accepte de les aider à fournir à la police un autre bras que celui-ci, mais à une seule condition : pouvoir passer une nuit avec Felicia, la sulfureuse personne représentée sur le dessin. Un incroyable engrenage est déjà en mouvement…
Mark Haskell Smith livre ici un roman particulièrement flamboyant et mémorable. Il part déjà d’une idée tout bonnement hallucinante d’audace et d’humour, et l’écrivain se permet en outre de mener son récit comme un véritable conteur. Les chapitres, eux-mêmes découpés en sous-parties qui permettent à chacun des protagonistes d’agir et de s’exprimer, impriment au récit un pas cadencé au point que l’ouvrage se dévore davantage qu’il ne se lit. D’ailleurs, les personnages sont tous très réussis. Bob, en loser plombé par l’inanité de son métier, voyant dans ce tatouage une révélation à la fois licencieuse et salvatrice, ce qui va le mener à côtoyer la pègre… et à prendre goût à cette promiscuité. Maura, sa compagne, la volupté faite femme, thérapeute du sexe tellement dégoûtée par ses pratiques professionnelles que faire l’amour à son homme finit par la rebuter, et qui va être subitement attirée par l’attrait érotique des armes à feu. Esteban, le chef mafieux, qui ne demande pas mieux que de raccrocher les armes. Felicia, la bombe latina qui va tomber amoureuse de Bob en même temps que lui va s’éprendre d’elle. Don, le policer du LAPD en charge de l’enquête, fin œnologue qui va s’enticher de Maura. Amado, l’homme de main d’Esteban qui va perdre son bras tatoué à cause d’une fichue porte automatique de garage. Martin, le bras droit qui a des désirs croissants de trahison et de prise du pouvoir. Une véritable ménagerie, inénarrable, d’individus cocasses et croustillants, appelés à se croiser, se fréquenter voire se télescoper. Mais cette clique de spécimens ne serait qu’un simple étalage burlesque s’il n’y avait pas le style et surtout le talent de Mark Haskell Smith. L’auteur s’y entend à merveille pour bâtir une intrigue solide ainsi qu’une série de mécanismes scénaristiques parfaitement huilés. Vous l’aurez compris, il est souvent question d’amour, de désir et de sexe dans ce roman, mais jamais de manière gratuite, voyeuriste ou libidineuse : tout nous est raconté à travers le prisme si savoureux et détonnant que constitue la plume de l’écrivain. Un délice doublé d’un sacré délire d’un bout à l’autre de ce livre si singulier et marquant.
Quelque part entre Elmore Leonard et Carl Hiaasen, Mark Haskell Smith nous offre une histoire explosive et hilarante. Une surprenante intrigue policière qui se double d’un ton jubilatoire. Et la magie littéraire opère : à bras cadabra !.02/09/2022 à 07:13 3
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Manchuria Opium Squad tome 1
8/10 Mandchourie, 1937. Higata Isamu est revenu balafré de la guerre qui a permis à son pays – le Japon – de prendre le contrôle de cette partie de la Chine. Reconverti en agriculteur (un « soldat de la bouse ») afin de faire prospérer les terres de cette région conquise, il est véritablement doué dans ce domaine, notamment en raison de ses capacités olfactives. Il apprend que sa mère est atteinte de la peste mais est incapable d’acheter le « médicament de sulfate » pour la soigner et la guérir car trop cher. Isamu découvre un champ de pavots à opium et se décide à en faire le commerce. Une intrigue alléchante, un arrière-plan historique bien travaillé, un graphisme magnifique quoique classique, un solide fondement scientifique quant à cette drogue, et pas le moindre temps mort pour ce premier tome particulièrement réussi.
01/09/2022 à 18:43 1
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L'Inconnue de Vienne
8/10 De nos jours. Ian Jarrett, photographe anglais, est à Vienne pour prendre une série de clichés lorsqu’il fait la rencontre de la magnétique Marian Esguard. Le coup de foudre est violent et réciproque. Après plusieurs jours de folle passion, Ian décide d’abandonner sa femme et sa fille pour convoler avec celle qui est pourtant une presque inconnue à ses yeux. 21h33 : elle l’appelle pour lui dire que tout est fini, qu’il ne doit surtout pas essayer de la retrouver. Fin du rêve. Qu’est-ce qui l’a poussé à rompre aussi brutalement ? Et si cette séparation aussi brutale que ne le fut leur ardeur cachait en réalité une histoire criminelle ?
Les éditions Sonatine régalent les lecteurs de Robert Goddard en publiant régulièrement chez nous ses romans, et celui-ci enchantera sans le moindre doute ses lecteurs. Partant d’une histoire classique de liaison puis de rupture, l’auteur, entre autres, du Secret d’Edwin Strafford, de L’Héritage Davenall ou de Sans même un adieu, nous propose une suite aussitôt accrocheuse. Déboussolé par cette perte, Ian va tâcher de retrouver la jeune femme et comprendre pourquoi elle a si rapidement quitté son paysage sentimental. Il va alors rencontrer Daphné Sanger, psychothérapeute et hypnothérapeute, qui va lui faire d’étranges confessions quant à celle qui a été sa patiente, l’autorisant également à écouter des cassettes audios où Marian expliquait ses maux. Elle était persuadée d’être en connexion avec Eris Moberly, jeune femme ayant vécu au début du XIXe siècle, et pionnière de la photographie même si nul n’a jamais retenu son patronyme. Réincarnation ? Fugue dissociative ? Démence paranoïaque ? Magnifiée par une plume légère, simple et particulièrement accrocheuse, Robert Goddard mène son récit de main de maître, multipliant les fausses pistes et autres rebondissements, nous offrant par la même occasion de beaux moments de pure érudition sur des sujets aussi variés que la photographie ou l’hémophilie. L’ensemble est très prenant, impossible à lâcher, et les émotions autant que le suspense le disputent tout au long d’un livre impossible à lâcher tant que le dénouement n’est pas intervenu. Tout au plus pourra-t-on reprocher à l’écrivain un élément du passé de Ian émergeant de façon un peu abrupte au cours du onzième chapitre et éclairant subitement l’intrigue d’une lumière fortuite, mais cet élément peut au contraire être envisagé comme une petite surprise aménagée par un romancier roué qui n’aura pas souhaité livrer toutes les clefs de son histoire à son lectorat.
Un ouvrage savoureux et maîtrisé, fixant avec la virtuosité d’un photographe sûr de son art les sentiments de ses protagonistes – tous singulièrement crédibles – ainsi qu’une manipulation ingénieuse, pour ne pas dire machiavélique.01/09/2022 à 07:27 7
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Messala
7/10 Une BD reprenant amplement le film célébrissime dont il fait plus que s'inspirer, au moins dans ce premier tome. Tout y est (ou presque, si je me souviens bien...) issu du long-métrage de 1959, et l'esthétique est assez sympathique. Du coup, pas de véritable surprise, mais une intrigue toujours aussi agréable à suivre. Je vais tâcher de mettre la main sur les trois autres tomes.
30/08/2022 à 18:58 1
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Le Combat des géants
5/10 De l’aventure plus classique où il est question d’une horde d’individus réunis dans ce que l’on appellerait aujourd’hui une secte, et son lot de péripéties attendues dans ce type de littérature, avec exfiltration, cavale, traque, animaux sauvages, etc. Rien de très novateur ni d’extraordinaire, cependant, seulement un (à peine) sympathique moment de lecture aussitôt oubliée.
30/08/2022 à 18:46 1
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Au-delà des terres froides
6/10 On retrouve nos héros en exode sur des sommets enneigés. Ma remarque à propos du précédent épisode est soulignée dès l’entame de ce cinquième tome de la série : Tounga se fait rondement encorner par un yak, chose littéralement impensable dans les premières BD où il était carrément invincible au point d’en être risible. De belles épreuves de survie (face aux animaux, au froid, au lac gelé qui cède sous leurs pas) tandis que Tounga s’extraira de l’expédition pour affronter les trois frères Tolks. De l’aventure certes datée mais plutôt bien menée et divertissante.
29/08/2022 à 20:30 1
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Infection tome 7
2/10 Beaucoup de bavardages en ce début de septième tome, avec un flashback faisant remonter une histoire autour d’un séisme et d’un tsunami, et découverte pour l’une des protagonistes qu’elle est en réalité une enfant adoptée : même si c’est plutôt « plaisant », inutile et sans véritable rapport direct avec la série et sa thématique. Il faut attendre environ la moitié du manga pour que l’action prenne (enfin) le pas sur un tel pathos creux et étalé à la truelle, et la suite est analogue à ce que j’ai pu lire dans les précédents tomes : une femme qui parvient à faire un « demi-tour drifté » sans connaissance particulière en conduite, un psychopathe qui souhaite faire avaler la cervelle d’un bébé à une protagoniste (sic), un type qui vient juste de se prendre une balle dans l’épaule et une autre dans la cuisse qui maîtrise « Le Casqué » comme si de rien n’était… Du grand n’importe quoi, et ça n’est même plus distractif à un tel niveau d’incohérence et de néant.
26/08/2022 à 08:42 1
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Etoile blanche - Seconde partie
6/10 Au cours d’une conférence, des robots essaient de tuer le Monseigneur. On retrouve ensuite le cocktail presque traditionnel de cette série : SF, robotique, religion, aventure, etc., mais également un lieu où l’on séquestre et torture dans une ambiance quasi moyenâgeuse. Plaisant dans l’ensemble, avec même quelques petites touches d’humour autour de la chanteuse.
18/08/2022 à 08:47
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La Grande Peur
6/10 C’est par l’éruption d’un volcan que commence ce quatrième tome. Nos héros filent se réfugier dans une grotte déjà occupée, mais l’activité sismique fait s’écrouler l’entrée de la caverne et la bouche. Mais Tounga finit par trouver une sortie alternative et l’aventure va se poursuivre dans le décor de montagnes enneigées. Le graphisme a clairement gagné en maturité et en finesse, et le scénariste, Edouard Aidans, a eu la riche idée d’enfin moduler son héros : moins valeureux (enfin, si, il l’est encore, preuve en est la scène où il fait littéralement du rodéo sur le dos d’un ours…), il est capable d’émotions, doute, a peur, a froid, pleure, et est même mis K.-O. par un lion des cavernes, ce qui aurait encore été impensable dans les précédents tomes. Voilà qui insuffle en définitive davantage d’âme à cette série à laquelle je finis enfin par accrocher.
14/08/2022 à 17:54
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Enlèvement au château
8/10 Tu incarnes Marcus, un adolescent de douze ans, qui, comme tant d’autres invités, se rend au château de la Libarde. L’hôte, Nils Chamberlain, va peut-être remettre un prix de journalisme à ta sœur June. Ce manoir a été autrefois le théâtre d’un événement tragique : l’assassinat du peintre Solal Chanzy. Mais voilà : Nils Chamberlain disparaît quelques minutes avant son allocution. A toi de comprendre ce qui lui est arrivé !
On connaît déjà fort bien Agnès Laroche, avec notamment ses très réussis Le Fantôme de Sarah Fisher, Sauve-toi Nora !, Cœurs en fuite ou Chasseur de voleurs. Elle a également lancé la collection Les mystères dont vous êtes les héros, dont cet Enlèvement au château fait partie. Le genre est connu : il s’agit de prendre la place du protagoniste et, au gré de ce livre-jeu, de faire les bons choix tout en sollicitant ses petites cellules grises afin de venir à bout des énigmes. Agnès Laroche nous avait déjà séduits avec Mission exploration ou encore Le Parc de l’épouvante, et ce tome est tout aussi réussi. Des situations intrigantes, des lieux inquiétants, des indices disséminés, une ambiance très whodunit et une belle arborescence de possibilités, certaines débouchant sur des échecs, d’autres sur des succès. Comme il l’est indiqué sur la première de couverture, vingt-quatre fins s’offrent à nous, et c’est justement tout le sel de ce type d’ouvrages : se relancer dans la lecture – voire l’action, puisque le lecteur est partie prenante du déroulé du récit – afin de tester les diverses alternatives, certaines n’offrant qu’une semi-réussite agrémentée d’un « Pas mal ».
Un livre très prenant et réussi, nous replongeant en jeunesse avec délectation.13/08/2022 à 10:40 1
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Shark Panic tome 1
7/10 Une lecture on ne peut guère plus "popcorn", distrayante à souhait et qui se permet sans le moindre mal de s'extraire de toute analyse psychologique et autres mots d'auteurs dans la mesure où ça n'est pas du tout l'objectif. Un requin géant et affamé, des ados qui se retrouvent en une bien mauvaise posture et le défi de la survie : sacrément primitif comme pitch et comme façon de mener le manga, mais ça opère sans mal. Un pur moment de délassement, typique de ce que certains dénigrent et appellent de la "littérature de gare", mais que je conçois davantage comme positif et appréciable car il m'a permis de ne pas voir passer une heure d'attente.
10/08/2022 à 23:42
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Les Larmes du Reich
9/10 1951. On a découvert un couple assassiné dans sa ferme de la Drôme, les Delhomme, tandis que leur fille de onze ans, Juliette, a disparu. L’inspecteur Michel, de la brigade criminelle de Lyon, se met à enquêter sur cette affaire trois semaines plus tard. Dès lors, de nombreuses questions se posent : qui pouvait en vouloir à ces personnes âgées de soixante et soixante-dix ans ? Où est passée la gamine ? Y a-t-il un lien avec la Seconde Guerre mondiale ? A mesure que Michel progresse dans son investigation, le lecteur ira de surprises en surprises, parfois monstrueuses.
François Médéline nous avait déjà subjugués avec son précédent ouvrage, La Sacrifiée du Vercors, et ça serait un doux euphémisme de dire que l’on attendait celui-ci avec une impatience teintée de grandes espérances. Vous voulez un autre euphémisme ? Ces Larmes du Reich est tout aussi réussi. Reprenant le terreau historique de son roman antérieur, il signe ici un livre d’une rare noirceur, puissant et qui fera date. La traque que mène l’inspecteur Michel est haletante, fort bien écrite, restituant avec maestria l’ambiance de l’époque, entre règlements de comptes, bouches scellées sur des secrets peu reluisants, histoires de famille et autres perfidies. Sans jamais juger, François Médéline compose avec minutie une intrigue efficace ainsi qu’une traque de premier ordre… jusqu’aux premiers rebondissements. La scène achevant la rencontre entre le policier et ce gamin qui se prostitue tonne comme un coup de tonnerre surpuissant, foudroyant littéralement le lecteur. Impossible de dire ce qu’elle recèle, mais à partir de ce moment, on se doute sans le moindre mal que la suite des événements fourmillera d’autres ahurissements. Dès lors, en redoutable illusionniste, l’écrivain nous convie à une quête multipliant les faux-semblants, les impasses étonnantes, les violences imprévues, les twists remarquables. Il faudra attendre l’ultime partie, intitulée « Rétrospection » et sa trentaine de pages pour nous offrir toutes les cartes de cette excellente partie de poker menteur. La quatrième de couverture évoque un « finale [sic] assourdissant », ce qui est exact : on pensait ne plus pouvoir être surpris après cette pure volée de mitraille, ces paragraphes exceptionnels qui obligent à une relecture de l’ensemble de l’ouvrage, et voilà que quelques mots, quelques lignes, achèvent de nous stupéfier.
Un roman impressionnant d’originalité et de maîtrise : François Médéline est décidément un auteur qu’il faut découvrir de toute urgence.09/08/2022 à 08:07 3
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Infection tome 6
2/10 Un début longuet et bavard, au point que j’en ai presque (je dis bien « presque ») fini par regretter l’action, quitte à sombrer dans le grand n’importe quoi. La suite s’avère même tragiquement statique et ennuyeuse, sans le moindre souffle, autour de ce bûcher où reposent des morceaux de corps. Comble de l’ennui prodigué par ce sixième tome : il faut attendre la seconde moitié de ce manga pour qu’il y ait un semblant de dynamisme, comme si l’auteur avait tout donné auparavant, ou s’était enfin rendu compte que sa série ne tenait pas la route. Il s’essaie même au sexe explicite avec un résultat pour le moins navrant. Un opus particulièrement mollasson au point d’en devenir hautement soporifique et sans le moindre intérêt.
08/08/2022 à 23:30
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Mon beau grimoire
9/10 Les trois K : c’est le surnom de ce sinistre trio – Kevin, Kylian et Khaïs, qui harcèle Perséphone. Cette dernière, collégienne, a le tort d’être rousse et de vivre dans le cimetière qu’entretient son père. Une proie facile pour ces imbéciles ? Certainement. Mais il se pourrait que la donne change. Perséphone rencontre une vieille femme dans le cimetière qui lui propose de l’aider. Mais il y a des secours qu’il faut parfois mieux refuser…
On connaissait déjà Chrysostome Gourio pour quelques-uns de ses ouvrages destinés à un public adulte, dont Le Dolmen des dieux et Le Crépuscule des guignols, et voilà qu’il intègre la collection Hanté de Casterman avec ce livre. Dès les premiers instants, on est saisi par le style de l’auteur : on a beau écrire pour des jeunes, on n’est pas obligé d’employer un langage sommaire ou des tournures de phrases simplistes, et l’auteur nous le démontre avec maestria. Des phrases subtiles, des tournures réfléchies, une langue exquise : voilà qui permettra à nos chères têtes blondes de s’offrir de bien beaux morceaux de littérature. Parallèlement, l’intrigue, de prime abord classique, se montre forte : de proie, broyée psychologiquement par cette sombre équipe de crétins, Perséphone va se commuer en prédatrice. Son arme ? La magie. Noire, évidemment. La sorcière avec laquelle elle noue un pacte faustien, en lien avec cet épisode présenté dans le prologue dans le manoir des Vermot en 1692, va vite révéler le côté obscur, presque caché, de cette alliance. Le suspense croît, les phénomènes surnaturels se multiplient, et Chrysostome Gourio nous gratifie de quelques clins d’œil complices, comme avec cette nette référence au cultissime Simetierre de Stephen King. Le reste de l’opus oscille entre tension sauvage, incantations obscures et pression sur les épaules de notre Perséphone, qui va découvrir à quel point le sentiment de culpabilité peut s’avérer monstrueux.
Un excellent épisode de la série, fort et marquant : on ne peut que plus amèrement regretter le fait que Chrysostome Gourio ne nous ait pas davantage offert de romans.05/08/2022 à 08:23
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La Ligne verte
10/10 Moi qui suis un fan absolu de l'adaptation cinématographique de ce roman, j'ai enfin pu le lire, et quel régal ! Quelle beauté ! Une écriture sublime alliée à une splendide inventivité de Stephen King, et beaucoup d'imagination dans cette magnifique succession de tableaux parfaitement enchaînés les uns aux autres. Ce que je retiendrai en priorité, c'est l'humanité de cet ouvrage et ses indéniables qualités littéraires. Indéniablement, un pur bijou. Ça émeut, ça irradie, ça enflamme, ça met en colère, ça marque durablement. Très certainement l'un des meilleurs romans du King, un coup de coeur total !
03/08/2022 à 17:49 13
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Saga Valta tome 2
7/10 Le puissant Thorgerr et ses cent guerriers sont toujours à la recherche de Valgar, et ce dernier sauve un homme du Jonnung, une sorte de serpent immense et aux pouvoirs magiques. Une BD aussi efficace que le précédent tome, avec un bien beau graphisme, des scènes marquantes (les chiens et leur repas), et une histoire qui ne perd jamais son souffle. Des combats à mains nues ou armées, des envoûtements, une résurrection, des émotions : du tout bon !
02/08/2022 à 23:27
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Des Loups et des hommes
5/10 Une meute de loups attaque un vieil élan, et il faut à Ohama déployer des trésors de persuasion pour que Tounga n’en tue pas un, un louveteau visiblement séparé des siens. Le fait que nos deux protagonistes parlent d’eux-mêmes à la troisième personne est vite agaçant, ça conserve, voire ça creuse un côté (in)volontairement dépassé et nanar qui rend l’opus sympathique. Des rhinocéros laineux, baptisés ici « nez-à-cornes », un immense serpent, un ours des cavernes, bref, les animaux pullulent dans cet opus et vont pourtant jouer un rôle salvateur à la fin.
01/08/2022 à 18:13
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Yeah Yeah Yeah
7/10 Dans un monde futuriste, Karel Rossum, robot, fait la connaissance sur un quai du métro parisien d’Elle Van Eden : connaîtront-ils l’amitié, voire l’amour ? Une histoire bien gentillette, adorablement mise en scène par un graphisme cartoonesque, de l’humour (notamment la 30ème planche avec les références directes aux films « La Belle et le Clochard », « Ghost » ou « Quand Harry rencontre Sally »), ce qu’il faut d’émotions pour ces androïdes régis par les lois d’Asimov et qui n’ont pas droit à l’amour avec les humains. Un final prenant avec la montée d’une révolte chez les robots. Habituellement, ce n’est pas trop ma tasse de thé, mais là, ça passe impeccablement.
01/08/2022 à 08:27 1
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Tounga et les hommes-rouges
5/10 La horde des Ghmours continue de fuir face aux Hommes-rouges qui les traquent. C’est à ce moment-là que Tounga décide d’intervenir en faisant charger un troupeau de buffles. L’occasion de voir dans ce deuxième opus de la série à quel point Tounga est une bestiasse au combat : vaincre un lion des cavernes, décrit comme « plus agile qu’un chamois », provoquant une avalanche sur ses adversaires, stratège, meneur d’hommes, balèze au corps à corps même lorsqu’il est blessé, valeureux, se frittant avec une meute de loups, avec des aigles, défendant la belle Ohama, etc. Une succession de poncifs, comme on aligne les cubes de viande sur une brochette, avec en outre une esthétique qui a (très mal) vieilli. Amusant si l’on veut bien le prendre au ixième degré qu’il mérite et en prenant en compte son âge carabiné, un opus qui, paradoxalement, réjouit par son aspect incroyablement démodé et foncièrement ringardisé par le passage des décennies qui nous séparent de sa parution.
30/07/2022 à 08:49 1
