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Le Voisin invisible
3/10 Eliza Bennett a tout pour être heureuse : un mari aimant et riche, une belle maison, une entreprise de fleuristerie qui s’annonce prometteuse… Pourtant, certains signes négatifs apparaissent : une inconnue qui apparaît, une dénommée Rachel Wells qui tourne autour de son homme, des retraits réguliers d’argent sur le compte joint du couple… Les apparences seraient-elles trompeuses ?
Ce roman de Kate Bold qui inaugure une série ne m’a vraiment pas plu. L’écriture à la première personne se veut immersive mais notre protagoniste se force parfois à faire des phrases un peu ampoulées sans que ça ne soit élégant ni ne serve le récit. Il y a de nombreuses coquilles – des passages pas traduits, d’autres sans ponctuation, des tirets cadratins qui se font la malle – et le fond n’est guère plus appétissant : l’intervention du détective privé est sans grand intérêt, les rebondissements sont assez plats, et vu le nombre si limité de personnages, l’identité des criminels ne stupéfie pas et la nature du secret est à la fois banale et si mal amenée que ce ressort m’a fait soupirer. Bref, une belle déception.avant hier à 19:40 1
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Orlandu
Luc Jacamon, Benjamin Legrand, Tim Willocks
6/10 Une scène de bataille d’entrée de jeu, et certains passages sont vraiment saturés de fureur, mais comme Polarbear et gamille67, j’ai eu du mal – comme avec le précédent tome – avec l’histoire, peut-être parce que quelques tomes en plus auraient mérité leur place, ou tout bonnement parce que le roman originel – que je n’ai jamais lu – n’était guère transposable. Je regrette également la fin, trop flottante pour moi – mais encore une fois, peut-être que l’ouvrage qui est ici adapté était plus clair à ce sujet.
24/04/2026 à 07:46 2
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La 2ème Lune
6/10 Un univers postapocalyptique (la préface explique tout mais que tout ça est inutilement complexe pour pas grand-chose…), où les animaux qui apparaissent sont en réalité des véhicules motorisés. Un mélange assez prenant de SF, de fantastique et de steampunk, assez pauvre en dialogues et à l’esthétique charmante. Malheureusement, je n’ai pas vraiment réussi à me laisser transporter dans ce monde trop artificiel à mon goût, et surtout où le scénariste ne m’a jamais vraiment fait pénétrer dans son univers.
22/04/2026 à 07:28
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Torrents
8/10 1984 : des morceaux de corps de femmes, dispersés au gré de la Vissalès, une rivière. Le chirurgien Pierre Neyrat devient rapidement le suspect numéro un, d’autant que pèsent également sur lui le soupçon de l’inceste et la mort atroce de sa première épouse. François Neyrat, auteur naissant de BD et fils du suspect, est d’autant plus touché que sa première compagne, Emilie Goulard, a été tuée en août 1979. Il faudra remonter le cours de l’histoire de la famille Neyrat, quitte à faire un détour par les atrocités de l’Occupation et de la Résistance.
Je découvre ici la plume et la bibliographie de Christian Carayon, et j’ai rapidement été happé par l’histoire. Un récit très bien écrit, chargé de sens et de références au cycle de l’eau, assurément sombre, et, au gré des quatre parties où les voix se juxtaposent plus qu’elles ne s’imbriquent vraiment selon moi, la réalité va lentement apparaître, des abominations commises par les extrémistes et pseudo résistants aux collabos en passant par les détraqués du sexe. J’ai beaucoup apprécié les passages liés à la dénonciation des atrocités commises par les moralistes de la vingt-cinquième heure et autres revanchards de la toute fin de la Seconde Guerre mondiale comme les saloperies perpétrées par le collabo Rivière (prenant un plaisir plus que malsain à balancer des prisonniers juifs du haut d’un pont et faisant sauter leurs corps avec des explosifs avant qu’ils ne touchent l’eau). En revanche, je suis un peu plus sceptique quant à l’ultime quart du récit qui, même s’il multiplie les révélations, oublie en partie le passé qui ne nourrit que lointainement la partie consacrée aux cadavres déversés par la rivière. Néanmoins, l’ensemble demeure très solide, fort lorsqu’il s’attache à porter un éclairage si ambivalent sur les relations entre les membres de la famille Neyrat, et saturé de symboliques liées à l’élément liquide.20/04/2026 à 07:53 2
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Les Moissonneurs de la mer
6/10 Audierne, 1894 : une évocation de la vie des gardiens de phare autant que des goémoniers, au gré de dessins agréablement surannés même s’ils sont souvent assez figés. La mort du dénommé Calec ajoute même une légère dose de polar, mais c’est surtout une belle évocation de l’époque autant que de ses mœurs, avec une touche bienvenue de nostalgie. Rien d’extraordinaire, une lecture néanmoins agréable.
18/04/2026 à 07:39
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Tokyo Summer Of The Dead tome 2
4/10 Une entame assez plan-plan, où les jeunes femmes empêchent les mains de zombies de franchir le bouclier de fortune constitué par la porte. Le reste de ce deuxième tome s’avère tout aussi classique voire attendu, avec des clichés à la pelle et surtout un total manque de tension, de frissons et autres caractéristiques de la littérature de ce genre. Mis à part l’épisode des créatures en feu, je ne retiendrai absolument rien de ce manga sans saveur ni originalité, et je vais m’arrêter là pour de bon avec cette série.
16/04/2026 à 07:57
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La 1re femme : Homicide
7/10 « J’ai attrapé douze lapins que j’ai faits miens. […] Il y a douze crimes à résoudre. Vous trouverez le premier ici même. » : voilà ce qui est écrit sur la carte postale que reçoit l’agente du FBI Maya Gray, et la signature en bas de la missive lui indique que sa sœur Megan fait partie des otages. Direction Cleveland où elle va devoir coopérer avec l’inspecteur Marco Spinelli à la recherche de celui ou celle qui a étranglé Anne Postmartin, une danseuse.
Un pitch intéressant et original pour ce roman de Molly Black qui inaugure la série consacrée à Maya Gray. Un roman assez balisé par la suite, où l’on retrouve les codes des auteurs que sont Blake Pierce, Ava Strong, Molly Black et autres. L’enquête est bien calibrée, le texte dynamique et un peu plus long qu’à l’accoutumée, et on peut se réjouir de dialogues bien ciselés et de quelques touches d’un humour bienvenu. L’histoire tient la route et, même si l’ombre d’un hypothétique « tueur de la pleine lune » plane sur cette affaire, on aboutit assez vite à une investigation menée au sein d’une petite troupe de danse, avec jalousies, actes blâmables, volontés de réussite, etc. Maya Gray est une protagoniste agréable à connaître et à suivre, mais on retiendra surtout l’idée de ces femmes captives que le geôlier ne libèrera qu’en cas de réussite de chacune des enquêtes sur ces cold cases. Pour résumer, un bon postulat et une suite certes convenue mais prenante et efficace si l’on accepte de faire fi des stéréotypes et de se couler dans un récit parfois trop jalonné pour véritablement surprendre ou totalement séduire.14/04/2026 à 07:51
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Une Famille d'enfer
9/10 Flashback en 1974, année au cours de laquelle son père a été assassiné avant le retour au présent. Un ton toujours aussi abrupt et décalé, et un graphisme si particulier qu’il en devient presque aussitôt une signature (hé, vous avez remarqué les clins d’œil à des œuvres de Roy Lichtenstein, avec les visages de profil dans la voiture ?). C’est à la fois fantasque et distrayant, loufoque et tragiquement sérieux, et esthétiquement très surprenant (m’selle Marie ou le cercueil au fond de l’eau valent rien qu’à eux leur pesant de cacahuètes). Et que dire du final, sacrément accrocheur !
13/04/2026 à 07:26 2
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Esteban
Yomgui Dumont, Franck Thilliez
7/10 Esteban se retrouve plongé en pleine cauchemar, se voyant retourner dans sa famille comme si de rien n’était. Et voilà Esteban confronté à un cirque bien étrange mené par le mystérieux monsieur Mysticus avant une apparition à bord du… Titanic ! Un opus toujours aussi dynamique – au moins autant que les deux précédents – avec un graphisme au top et une belle nervosité tant dans le récit que dans l’esthétique. En revanche, je trouve l’ensemble un peu moins réussi que les précédents, notamment, comme le souligne jackbauer avec pertinence, parce qu’il y a presque autant de questions que de réelles réponses, et surtout à mes yeux parce qu’il n’y a pas de réelle explication quant à la symbolique du monde cauchemardesque (le cirque et le Titanic), contrairement à ce que l’on trouvait dans les tomes précédents. C’est un détail mais je trouve ça vraiment dommage.
12/04/2026 à 07:55 2
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Au revoir là-haut
9/10 … ou la terrible descente aux enfers des deux soldats Albert Maillard et Edouard Péricourt, en novembre 1918 (donc juste avant l’armistice), qui sortiront meurtris de ce conflit, en partie à cause de la guerre elle-même, mais aussi en raison du comportement assassin et belliciste de leur capitaine Henri D’Aulnay-Pradelle. Revenu à la vie civile avec le visage ravagé, Edouard se fait passer pour mort grâce à un tour de passe-passe administratif de son camarade mais ni l’un ni l’autre ne parviennent à se réinsérer dans la vie civile ni ne digèrent la manière dédaigneuse dont sont traités les vétérans. Dessinateur de talent, Péricourt va mettre au point une arnaque de grande ampleur, aidé par son ami et complice, dont ils ne sortiront néanmoins pas indemnes. Je ne découvre que maintenant ce Prix Goncourt de 2013, ayant déjà préalablement visionné son adaptation cinématographique (au passage, très fidèle). Je dois bien reconnaître que j’y suis allé un peu à reculons : je ne m’imaginais que moyennement découvrir un ouvrage capable de « dépoussiérer » le thème de la Première Guerre mondiale tant il y a eu de magnifiques et poignants écrits à ce sujet auparavant, et je craignais autant un ouvrage irrévérencieux et donc déplacé. Le film m’avait beaucoup plu, le livre a donc été un pur régal à mes yeux. Une plume remarquable, des trouvailles nombreuses, depuis la scène de survie avec la tête de cheval sous terre aux masques de Péricourt en passant par cette escroquerie aux monuments aux morts qui vient cruellement faire écho à celle de ce pourri de D’Aulnay-Pradelle avec ses tombeaux mal référencés et aux tailles volontairement réduites. Pierre Lemaitre met ici l’accent sur la cupidité humaine dans ce qu’elle a de plus ignoble, notamment en raison des circonstances historiques et sociales désagrégées, mettant en lumière ce qu’il y a de plus vil. C’est également une peinture au vitriol de l’accueil réservé aux anciens, maltraités psychologiquement et physiquement par cette boucherie, et dont certains vont naturellement se tourner vers le crime pour survivre voire prendre leur revanche sur celles et ceux qui les ont oubliés. Je retiendrai donc en priorité cet acide qui baigne les mots et maux de l’écrivain comme un puissant liquide amniotique, une relecture certes impertinente mais ô combien frappante d’originalité, et aussi de beaux passages poignants, des premières pages décrivant une scène de guerre à certaines personnalités parfois secondaires du livre comme Merlin, ce comptable des trépassés, rabaissé dans sa fonction mais pour autant incapable de tricher, mettant à nu l’escroquerie de l’ancien capitaine. Quelques éléments divergent par rapport au film, notamment vers l’épilogue (Péricourt, la fin de vie de D’Aulnay-Pradelle, le sort de Merlin, etc.), mais à l’instar du film qu’il a généré, un roman fort, probablement nécessaire, qui remue autant les tripes que l’âme.
09/04/2026 à 18:42 5
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La Morsure du clown
8/10 Alors qu’il avait six ans, Malone a été victime d’une agression très singulière : il a été mordu à la joue par Pierrot le Pitre, un des nombreux pantins représentant des clowns que collectionnait sa grand-mère. Sept ans plus tard, encore marqué par cette attaque, il voit encore d’un œil méfiant le cirque qui vient d’arriver près de chez lui. Il semblerait d’ailleurs que le sinistre auguste qui l’a blessé n’en ait pas fini avec lui.
Chrysostome Gourio arrive dans la collection « Hanté » de Casterman avec ce livre particulièrement prenant. L’écriture est un pur régal, suscitant de beaux moments de tension comme des éclats de fièvre dignes de la littérature adressée à des adultes. L’auteur joue avec habileté sur les codes du genre, multipliant d’ailleurs des clins d’œil appuyés au célébrissime Ça de Stephen King comme autant de beaux hommages, et ce dès la dédicace initiale. Le suspense est entier, certains passages sont même excellents – comme la mort très particulière du monstre – et cet ouvrage concis a amplement de quoi enchanter – et faire frissonner – les jeunes comme les moins jeunes.
Chrysostome Gourio signe un roman très réussi et angoissant, prenant habilement appui sur les stéréotypes du genre pour mieux les exploiter et emmener ses lecteurs vers de délicieux moments d’effroi. Coulrophobes, s’abstenir.08/04/2026 à 06:57 2
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Crime à grande vitesse
8/10 Les jeunes Louise et Maël ont embarqué dans un TGV, direction Paris. Elle n’est intéressée que par la lecture, lui par ses playlists de musique rock. Pourtant, un événement va les sortir de leurs bulles respectives : un homme est retrouvé inanimé, un dépôt blanchâtre sur les lèvres. Il a probablement été empoisonné et il ne reste qu’une heure avant le terminus du train.
Quiconque apprécie la littérature jeunesse connaît Johan Heliot, qui a d’ailleurs consacré bien des ouvrages aux adultes. Ici, le clin d’œil à Agatha Christie est explicite puisque Louise est justement en train de lire Le Crime de l’Orient-Express. L’ouvrage est concis (une centaine de pages assez aérées), le rythme tonique, les deux gamins sont fort sympathiques et les rebondissements sauront plaire. Entre déguisements, usurpation d’identité, un dossier accablant qu’il faut à tout prix – au choix – protéger ou détruire, et la présence d’un pickpocket, les adolescents auront fort à faire. Et puisqu’il était question de la notoriété de Johan Heliot, on ne peut que louer son sens de la narration et le tempo imprimé à cette histoire.
Un très bon polar destiné à la jeunesse, à la fois classique et endiablé, et dont la résolution repose sur un sujet d’actualité brûlant.07/04/2026 à 06:27
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Mauvaise fille
7/10 Rebecca Thornfield est découverte morte dans une galerie d’art de San Francisco, le corps recouvert d’une fine pellicule d’or. L’agent du FBI Miles Sterling enquête sur ce qu’il pense être une série d’assassinats liés au tableau périodique des éléments quand il est mis sur cette affaire aux côtés de l’agent Victoria Stone. Le duo va alors s’approcher d’une tueuse qui pourrait bien appartenir à une grande coalition de justiciers autoproclamés.
Autant certains ouvrages de Rylie Dar / Blake Pierce / Ava Strong / Kate Bold sont décevants, autant celui-ci s’illustre par un souffle d’originalité qui m’a bien plu, même si on peut inévitablement penser au film « Goldfinger ». Le récit est concis, le rythme intéressant, les dialogues sont assez travaillés et l’intrigue sort du lot avec de belles références au passé aurifère de San Francisco. De même, l’appartenance de la criminelle à une brigade de tueurs est plaisante et l’ensemble s’avère dynamique et fort distrayant. Bref, c’est un net cran au-dessus des productions littéraires des auteurs susnommés.06/04/2026 à 19:30
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Froide vendange
Christophe Arleston, Serge Carrère
7/10 Léo Loden et Tonton Loco viennent de piéger un faussaire revendant des contrefaçons de grands crus après une folle cavale. En vacances dans la région du Médoc, les nuages s’amoncèlent : des tensions familiales, une agression à coup de bouteille, le fils Peyras assassiné, un encagoulé qui attaque au volant d’un tracteur…
Un seizième tome truculent, mélangeant les ingrédients attendus (les courses-poursuites avec plusieurs types de véhicules, l’humour, une intrigue tout à fait convenable). Le scénario est classique mais solide, et l’ensemble se lit avec beaucoup de plaisir. Une série vraiment attachante.04/04/2026 à 11:36 1
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Sète à Huitres
7/10 Etang de Thau : un ostréiculteur dénommé Etienne est découvert mort. En vacances dans les parages, nos héros vont être amenés à enquêter sur ce décès suspect.
On retrouve les ingrédients traditionnels de cette série, de l’humour omniprésent aux courses-poursuites (bateau, moto, voiture, d’un balcon à un autre) au gré d’une intrigue sympathique qui tourne autour de l’ostréiculture, des empoisonnements aux OGM. Toujours aussi plaisant et distractif !04/04/2026 à 11:35 1
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Le Refuge des affligés
7/10 Tout commence par un mensonge : Manue accompagne son ami Marco dans ce qui doit être un lieu de thalassothérapie alors qu’elle l’amène là où un dénommé Vazken Barbarian dirige un centre de retraite spirituelle. Aux côtés de cinq autres participants, nos deux camarades vont percevoir des tensions avant la découverte d’un cadavre. Parallèlement, la gendarme Gabrielle Leseigneur enquête sur la mort d’un SDF dont l’assassin a tout fait pour dissimuler l’identité.
Après La Vallée des égarés, Céline Servat nous revient avec ce roman où l’on retrouve nombre de protagonistes déjà connus, sans qu’il soit pour autant nécessaire d’avoir lu le précédent opus. Le livre est concis, dynamique, les chapitres sont très courts (quatre-vingts en tout), et l’ensemble se lit vraiment rapidement. L’intrigue est intéressante et, même si elle s’avère finalement assez classique, bénéficie des rebondissements certainement attendus par le lectorat. Il y sera notamment question du passé de ce territoire énigmatique, de l’ombre de celui que l’on surnommait « le Patriarche » et des pratiques qui allaient bien au-delà de l’admissible. Le style de l’écrivaine est agréable et on en vient presque à regretter qu’il n’y ait pas eu davantage de noirceur, d’éclats de fièvre ou de tension supplémentaire dans son écriture.
Un ouvrage sympathique et rythmé, avec un cadre original.03/04/2026 à 06:43 1
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Écoute mes mensonges
7/10 Lucy Chase n’a plus le moindre souvenir de cette nuit qui s'est déroulée cinq ans auparavant. On l’a retrouvée hagarde, les habits maculés de sang, avant que le corps de Savannah Harper, sa meilleure amie, ne soit découvert. Il a été impossible à l’époque d’inculper Lucy ou d’identifier l’auteur de cet homicide. Mais un nouveau personnage entre en scène : Ben Owens, auteur de podcasts consacrés à des crimes non élucidés. Il est possible que la vérité surgisse enfin à Plumpton, dans le Texas.
Ce roman à suspense de Amy Tintera séduit dès les premiers chapitres : le style de l’autrice, vif et piquant, utilise subtilement un humour bienvenu. Les allers-retours entre présent et passé ainsi que les extraits des podcasts ajoutent du dynamisme à l’ensemble. Dans le même temps, les personnages sont bien ciselés, dotés d’une véritable profondeur psychologique, et Lucy constitue une protagoniste à la fois ambivalente et pour laquelle on nourrit de l’empathie. Elle ignore totalement ce qui s’est passé, en finit même par douter d’elle-même et de son innocence, se confronte aux points de vue de toutes celles et ceux qui l’ont côtoyée. On a ainsi affaire aux membres de sa famille, aux camarades de la victime comme aux siens, et ces divers angles vont finir par esquisser des faux-semblants, des mensonges et, bien plus tard, la résolution. Si le récit est crédible et prenant, on regrette néanmoins, contrairement à ce que proclame Freida McFadden sur le bandeau présent sur la version poche de cette œuvre, que la fin ne soit pas davantage surprenante : le lecteur aurait probablement apprécié un ultime rebondissement ou un épilogue plus singulier.
Voilà un roman assez classique et efficace, qui s’illustre notamment par sa vraisemblance et l’intérêt que l’on portera à ses personnages.02/04/2026 à 06:55
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Le Monde perdu sous la mer
7/10 … ou l’incroyable aventure de trois personnages, partis pour explorer les fonds marins, mais dont l’espèce de bathyscaphe va être attaqué par une créature hostile. Ils parviendront suite à leur naufrage sous-marin à une civilisation que l’on croyait disparue – ou inventée – : l’Atlantide.
Si, bien évidemment, Arthur Conan Doyle est célébrissime pour ses intrigues mettant en scène Sherlock Holmes, il a également composé d’autres récits, dont ce « Monde perdu sous la mer ». Une histoire jalonnée de nombreux éléments et données scientifiques, sans compter les multiples références à des animaux abyssaux, fort prenante à mes yeux durant les deux premiers chapitres, même si j’imagine que cela ne résisterait guère à une approche physique (on est simplement dans de la fiction, mais de la fiction semble-t-il étayée). En revanche, la suite m’a un peu déçu : de gentils Atlantes, maîtrisant de nombreuses technologies (électricité et projections de pensées, café synthétique, etc.), apaisés et instruits, bref, des êtres exceptionnels et sans défaut, dont l’une des leurs, Mona, rendra Cyrus Headley follement amoureux, c’est du cliché pur jus. Je comprends le souhait d’ACD de vouloir divertir autant que prévenir ses lecteurs des ravages d’une possible nouvelle guerre mondiale (ouvrage paru en 1929, rappelons-le), mais l’angélisme déployé m’a paru trop appuyé, trop caricatural, même si les mœurs et les goûts de l’époque doivent être bien différents des nôtres. En résumé, un ouvrage plutôt agréable à lire, sans plus toutefois, et dont le message fait nécessairement écho à la monstruosité de la décennie précédente et prophétisant malheureusement en partie celle à venir.01/04/2026 à 20:06 1
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La Passion du crime
9/10 En 1358, un groupe de soldats anglais regroupés sous la bannière dite de la Via Crucis a ravagé la Normandie, en pillant notamment Lisieux et Avranches. Dans le Londres de 1382, des individus sont exécutés de façon symbolique et sauvage. Frère Athelstan comprend que ces meurtres remplissent une double fonction : ils constituent une croisade vengeresse et plagient des étapes de la Passion du Christ.
Ce roman issu de la série consacrée à John Cranston et Frère Athelstan est un pur régal. On y retrouve nos deux protagonistes, d’excellents amis et limiers, confrontés à une vague de crimes horribles. Paul C. Doherty maîtrise admirablement son sujet, les lieux et l’époque sont restitués avec maestria, et l’énigme est jubilatoire. On se passionne pour ce récit où se mêlent représailles, enjeux géopolitiques – la France et la Couronne d’Angleterre pouvant aboutir à la paix si les soudards qui avaient dévasté la Normandie deux décennies plus tôt sont remis aux émissaires britanniques –, quête d’un trésor en or, etc. L’auteur rend chacun de ses personnages vivants, d’une belle épaisseur humaine et psychologique, et même les secondaires – les Enfants de Babylone, le Pêcheur d’hommes, le Maître des ombres – sont remarquablement travaillés. La narration est solide, l’aspect policier habilement ouvragé, et aucun temps mort ne vient ternir cet ouvrage.
Un livre singulier, où la grande Histoire sert de toile de fond à une intrigue de premier plan. Une réussite indéniable.01/04/2026 à 07:04 2
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Je suis un monstre
8/10 Tom est un gamin de sept ans. Ses parents ont divorcé, il aime son papa, beaucoup moins sa maman, il adore son chien Bismuth, il a de l’imagination à revendre et un esprit en constante effervescence. Oui, mais voilà : les problèmes s’accumulent autour de lui, parfois avec des morts à la clef, et il n’est pas dit qu’il n’y soit pas pour quelque chose dans certains cas. Il semblerait même qu’il y ait un second Tom dans sa tête, une voix pas particulièrement bienveillante. Son entourage direct va en faire les frais.
Christine Adamo surprend dès les premiers paragraphes en plaçant le lecteur directement dans la tête de cet enfant à la fois bavard et doué d’une belle inventivité. Ce point de vue, immersif et prenant, relevait de la gageure et l’autrice s’est montrée à la hauteur de l’enjeu au gré d’une langue très particulière, joliment heurtée et enjouée, qui concourt amplement à la crédibilité de son récit. Tom, en môme espiègle et ingénieux, compose un protagoniste mémorable, parfois témoin d’imprévus létaux – comme la mort tragique de sa sœur Sarah, mais son rôle ne restera pas indéfiniment passif puisqu’il va passer à l’action. Les coups du sort, les accidents, il va les provoquer. « Toute façon, tu tues personne. Tu bazardes seulement ceux qui gênent. C’est pas pareil ». Poison, chute : il va puiser dans les multiples possibilités qui lui sont offertes pour faire le ménage. Christine Adamo n’a pas créé un mioche psychopathe, incapable du moindre sentiment, glacé comme une chambre froide ou stéréotypé : c’est un garnement sacrément déluré, bousculé par les codes hermétiques des adultes et agissant sans malveillance particulière, et paradoxalement, c’est ce qui rend sa nature si originale et marquante.
Même s’il y a parfois quelques passages inutiles, voilà un roman osé, réussi et perturbant, sans violences inutiles ni poncifs. On espère très sincèrement qu’il saura trouver son lectorat.30/03/2026 à 06:28 2
