El Marco Modérateur

3776 votes

  • Disparitions mystérieuses

    R. L. Stine

    7/10 Une obsession immédiate : c’est ce que ressent littéralement Cory Brooks, seize ans, gymnaste remarquable et lycéen à Shadyside dès qu’il voit la belle Anna Corwin. Superbe, spectrale, l’adolescente est également cerclée d’une énigmatique aura. Lorsque Cory essaie de la joindre à son domicile au 444 Fear Street, son frère Brad lui fait une révélation ahurissante : Anna est morte. Pourtant, Cory est persuadé qu’on lui ment, qu’il y a là un épais mystère à démêler, mais il n’est pas au bout de ses surprises.
    Je retrouve la plume de R. L. Stine, ici dans un registre un peu plus « mature » que dans ses récits destinés à la jeunesse. D’ailleurs, même si on retrouve la patte de l’auteur (ses héros encore jeunes, les cliffhangers à la fin des chapitres, son goût pour les rebondissements et les atmosphères pesantes), tout y est ici si prenant qu’on dirait presque un roman pour adulte. L’intrigue est solide, l’ambiance saturée de paranoïa et de peur, avec quelques incursions dans le fantastique mais c’est bel et bien un ouvrage purement policier, prenant et efficace, que nous avons là. Certes, l’ultime twist se laissera deviner par les grands lecteurs (déjà lu ou vu bien des fois) mais ce livre datant de 1990 n’en demeure pas moins réussi, concis et très intéressant.

    avant hier à 18:47 2

  • Eat The Gun

    Fabien Bedouel, Pat Perna

    7/10 Retour à Flatstone où l’homme-cochon joue avec la gamine. Un hélicoptère et une Eglise dite de la Première Pierre entrent également en scène tandis que la shérif-adjointe Betty Maloney est enlevée à son tour. Ambiance toujours aussi tordue, personnages foutraques, expérimentations souterraines, scènes décalées : l’effet de surprise s’est en partie estompé mais le côté addictif demeure. Vivement le troisième et dernier tome !

    12/01/2026 à 19:41

  • Vacances mortelles

    Anaïs Vachez

    8/10 C’est un grand moment pour Kimi, Olive et Mélissa : les trois adolescentes vont enfin pouvoir prendre des vacances ensemble, direction un camping ! Place au farniente, au soleil, à la plage et à l’amitié ! Elles font rapidement la connaissance de deux garçons à peine plus âgés, qu’elles, Driss et Elio. Mais il se pourrait que le mirage se transforme en calvaire.

    Anaïs Vachez a déjà signé Les Enfants de l’ombre dans la collection Hanté, et c’est avec plaisir que l’on retrouve cette écrivaine à la plume de cette histoire. Tous les ingrédients destinés à séduire un jeune lectorat sont réunis : des héroïnes vraisemblables et qui ont chacune leur propre tempérament, une ambiance estivale bien rendue, des dialogues qui correspondent à l’âge des protagonistes comme aux attentes des ados à qui s’adresse ce livre, et une intrigue qui bascule brutalement dans le surnaturel. Cette orientation scénaristique a été précédemment suggérée dans le récit, mais quand elle intervient, c’est à la fois surprenant et finalement bien malin. Anaïs Vachez déploie alors son écriture au cordeau pour chorégraphier des scènes surnaturelles, homériques et qui font mouche – celles et ceux qui auront lu le final comprendront.

    Un nouveau bon opus de cette collection qui confirme, par la même occasion, le talent de son autrice. Au-delà de l’aspect distractif et fantastique, c’est également une ode réussie à l’amitié et au courage.

    12/01/2026 à 06:44 1

  • Aron

    Christophe Bec, Robert Carey

    6/10 Comme dans le précédent tome, celui-ci (qui est le troisième et dernier) s’intéresse davantage à la partie postapocalyptique (alors que je préférais la partie contemporaine). Cet opus est vraiment très dynamique, toujours aussi magnifique du point de vue esthétique, mais je regrette que le côté apocalyptique ait été moins creusé au niveau du scénario que ce versant postapocalyptique. Du coup, je suis un peu déçu en ce qui concerne l’histoire du grand cataclysme – ou peut-être en attendais-je trop.

    10/01/2026 à 19:05

  • Le Syndrôme du scorpion

    Patrice Buendia, Koriakine

    7/10 Les récits qualifiés de « très… pittoresques » se poursuivent devant la commission, et la machination religieuse extrémiste prend puissamment corps. Les flashbacks apportent du rythme au récit et l’histoire, à défaut d’être follement originale, n’en demeure pas moins agréable à suivre avec de chouettes scènes d’action.

    09/01/2026 à 18:53

  • Friday tome 1

    Ed Brubaker, Marcos Martin

    8/10 « Cela ne faisait pas une demi-heure que Friday Fitzhugh était de retour à Kings Hill et elle avait déjà l’impression de n’en être jamais partie » : c’est ainsi que s’amorce le premier tome de ce diptyque qui nous raconte le retour de cette protagoniste qui revient dans le village de son enfance. Un début dans une forêt enneigée, les retrouvailles avec son ami Lance, le shérif et le fouinard… Une ambiance étrange, des dessins très particuliers, des références multiples aux contes et religions d’autrefois comme à des pulps de la grande époque : l’incendie final vient clore habilement cette BD. Je ne sais pas si j’ai été complètement envoûté, mais à défaut, j’ai vraiment été à la fois séduit et intrigué.

    08/01/2026 à 19:55 3

  • Dis adieu à la vie

    Blake Pierce

    4/10 La psychologue Alison Payne a contribué à l’expertise de quatre cents détenus américains, permettant la libération de certains ou concluant à la prolongation de leur incarcération. Quand un nouveau crime rappelle ce qu’avait perpétré l’un de ces individus (« le tueur à la bouteille »), elle hésite : le criminel, Thomas Ray Carter, récemment libéré, a-t-il récidivé, ou est-elle sur le point de tomber dans un piège ?
    Un ouvrage assez mineur de la part de Blake Pierce : une écriture basique, un pitch plutôt quelconque, une narration sans la moindre fièvre, pas mal de poncifs. L’apparition surprise d’un assassin tombe de nulle part, comme un cheveu méchamment blanchi sur une soupe tiédasse et insipide, et vient clore un récit vraiment très banal.

    06/01/2026 à 19:38 1

  • Disparue à cette adresse

    Linwood Barclay

    9/10 Brie Mason a subitement disparu et son conjoint a aussitôt été soupçonné. L’absence de preuves a permis à Andrew d’échapper à un procès. Six ans plus tard, il a refait sa vie en changeant son nom de famille en Carville et il a une nouvelle compagne. C’est alors qu’une femme vient déposer ses courses à l’ancien domicile du couple et semble médusée par le changement de la maison. Paniquée, elle s’enfuit, mais le voisin est formel : l’inconnue ressemble énormément à Brie.

    Linwood Barclay signe ici un – nouveau – thriller de très haute volée. Ce livre, presque choral et narré à la première personne quand c’est le point de vue d’Andrew qui est donné, multiplie avec une rare habileté les fausses pistes, les pièges, les non-dits et autres pépites littéraires que l’on attend. Le lecteur s’émerveille des engrenages si adroitement mis en place et huilés, et la mécanique de suspense est presque exemplaire. Les personnages, assez nombreux, constituent autant de suspects potentiels et les près de cinq-cents pages de l’ouvrage défilent au pas cadencé. On ne peut que ressentir de l’empathie pour Andrew, complètement dépassé par les événements mais qui va savoir faire preuve de sang-froid pour affronter l’adversité. D’autres protagonistes se détachent du lot, comme les membres de son ancienne belle-famille, Tyler – le frère adolescent de sa nouvelle compagne – ou encore Matt, ce tueur à gages qui doute d’avoir correctement rempli le contrat dont on l’avait chargé six ans plus tôt. Le dénouement est très réussi, à la fois crédible et terriblement manipulateur. D’ailleurs, l’écrivain nous gratifie d’un rebondissement supplémentaire dans le tout dernier chapitre, achevant ce récit sur une note à la fois inattendue et émouvante.

    Linwood Barclay est assurément un auteur remarquable, alliant ici un scénario retors et plausible à un texte parfaitement maîtrisé : décidément, il est un prestidigitateur exceptionnel.

    05/01/2026 à 06:59 3

  • Nestorius

    Yves Grevet, Nesmo

    7/10 Un récit dystopique et postapocalyptique intéressant, qui panache adolescents destinés à devenir soldats, apprentissage du sport et de la violence. Nestorius s’apercevra qu’il n’est pas une banale machine de guerre quand il découvrira une fille de son âge – Salomé – dans la baignoire d’un cargo. « J’étais dressé depuis l’enfance pour obéir et pour tuer », confie-t-il. Une histoire sympathique, qui se laisse lire, mais dont on a déjà lu des composants ici ou là. Je me demande si je n’aurais pas dû commencer par les ouvrages d’Yves Grevet dont cette BD est issue pour avoir une porte d’entrée davantage construite.

    03/01/2026 à 07:41 1

  • Week-end entre amis

    Nathalie Achard

    8/10 Une très longue amitié : voilà ce qu’Edouard propose de fêter dans sa vaste maison en y invitant Marc, Agathe, Julien, Claire et Sylvie. Sauf que les tensions ressurgissent rapidement : caractères enflammés, contentieux larvés, adultères, jalousies, comportements de mâles alphas, femmes rabrouées… Et c’est un inconnu prénommé Tony qui apparaît à son tour sur l’échiquier, tandis qu’Edouard ordonne à ses camarades de ne descendre sous aucun prétexte à la cave : un piège est-il en train de se refermer sur ces personnages ?
    Mon premier ouvrage de Nathalie Achard, un opus que j’ai beaucoup aimé. Sa plume est vraiment bonne, travaillée, les répliques font mouches et les études psychologiques sont efficaces. L’idée de ce huis clos n’est certes pas nouvelle mais la partition jouée est redoutable, immédiatement prenante et d’une belle crédibilité. L’écrivaine a enfermé ses petits insectes humains dans ce vivarium et prend un malin plaisir à déclencher rapidement les hostilités, le lecteur devenant à son tour à la fois voyeur et entomologiste. Le dernier tiers de l’ouvrage contient de beaux rebondissements, parachevant cet ouvrage de grande qualité. Histoire de chipoter, j’aurais peut-être apprécié, à titre très personnel, quelques twists supplémentaires, mais là n’était évidemment pas le but de Nathalie Achard, et j’ai pris un plaisir à peine coupable à voir ces individus s’entredéchirer, vingt-cinq ans après ce prologue mettant en scène un accident. Vraiment très bon.

    01/01/2026 à 07:46 2

  • Place aux immortels

    Patrice Quélard

    8/10 1915. Le lieutenant de gendarmerie Léon Cognard est affecté sur le front de la Somme, chargé d’une forme de maintien de l’ordre avec « vingt-trois gendarmes […] pour approximativement vingt mille hommes ». Autant dire que la tâche est lourde, d’autant que cette maréchaussée n’est guère appréciée des soldats. Deux faits vont alors survenir : la mort du lieutenant Le Corre puis le suicide du caporal Guyadier. Ces deux faits sont en réalité liés.
    Un très bon roman à suspense, où percent trois qualités majeures à mes yeux : l’incroyable travail de documentation de Patrice Quélard, la densité du protagoniste (lettré, doué pour l’oralité, tenace au point d’être obsédé par l’enquête à laquelle il s’attache, adepte de la savate mais pas invulnérable), et la qualité de l’écriture. Je regrette un peu que l’intrigue passe parfois au second plan (le suicide du caporal n’apparaît que vers la moitié du roman) ainsi que certaines touches d’humour pas nécessairement bienvenues (mais c’est très subjectif), mais voilà indéniablement un livre fort, remarquable d’intensité et fort bien mené, qui me donne envie de poursuivre avec le second tome, d’autant que le final – avec les explications nécessaires et le duel – s’achève brillamment.
    P.S. : décidément, j’adore les votes de Franck 28. « Un cheval et un chat, qui ont une belle place dans l'histoire » ? Faux. Rossinante et Greffier sont évoqués mais ils ne jouent absolument aucune partition spécifique dans ce livre. Moralité : quand on ne bricole pas à la va-vite un petit commentaire insipide en s’inspirant de ceux des autres lecteurs, mieux vaut éviter d’être original, au risque de se faire à nouveau pincer.

    31/12/2025 à 07:54 1

  • Derrière son regard

    Rylie Dark

    6/10 Après avoir fait ses classes dans la police militaire, Casey Faith intègre les forces de l’ordre d’une bourgade du New Jersey, et ce sont les cadavres de deux femmes que l’on retrouve noyées non loin de phares. Avec son coéquipier Alex Mercer, elle va tâcher de mettre hors d’état de nuire ce tueur en série.
    Un ouvrage typique de Rylie Dark comme des Ava Strong, Blake Pierce et consorts : une héroïne tourmentée par son passé (le meurtre non résolu de sa sœur Harper), un serial killer mû par on ne sait quelle idée, des victimes qui s’accumulent, une confrontation finale musclée. L’ensemble est plutôt agréable et bien mené, et si on accepte de mettre de côté les multiples coquilles, le titre pour le moins banal et sans rapport avec le contenu de l’ouvrage et les poncifs inhérents à ce type de récits, voilà une lecture honnête avec un mobile pour le prédateur qui change un peu de l’ordinaire.

    30/12/2025 à 07:46

  • Un Dernier Pas

    Sarah Sutton

    6/10 Tara Mills, jeune agente du FBI de vingt-cinq ans seulement, doit faire équipe avec Frank Warren, également membre du Bureau, afin d’enquêter sur une série de disparitions et de meurtres dans les Appalaches, entre le Vermont et le New Hampshire. Traumatisée par le meurtre de sa mère par son père – mais est-ce vraiment le cas ? – lorsqu’elle était gamine, Tara est encore hantée par cette tragédie, ses nuits sont très souvent peuplées de cauchemars atroces à ce sujet, et elle fait souvent des crises de panique. Avec Warren, saura-t-elle mettre un terme aux agissements de ce tueur en série qui enlève, séquestre et tue ses proies à l’aide d’une arbalète ?
    Je découvre ici la plume de Sarah Sutton : écriture simple mais plutôt efficace, une jeune héroïne faisant partie du FBI, un passé dramatique qui la traumatise encore, un tueur en série à stopper, etc. L’ensemble est donc très convenu, mais cela n’empêche nullement une nette forme d’efficacité pour qui cherche juste un agréable moment de lecture, sans plus. Ici, le prédateur a clairement été inspiré par le livre et le roman « Psychose », et s’il aurait clairement fallu un plus grand démarquage, il faut également reconnaître qu’il y a pire ascendant ou mentor littéraire. Bref, un ouvrage classique, pas mémorable ni vraiment palpitant, mais il tient la route et a au moins le bon goût de nous emmener quelques heures plus loin sans avoir complètement eu l’impression d’avoir perdu voire gâché du temps.

    29/12/2025 à 07:46 2

  • Un Crime parfait

    Jeffrey Archer

    8/10 John Hoskins, homme marié, entretient une relation extraconjugale avec Carla Moorland, et il se rend au domicile de la jeune femme quand il croise la route de Paul Menzies, courtier en assurances, qui est de toute évidence l’amant de Carla. Le ton monte, Hoskins frappe Carla et abandonne les lieux. Peu de temps après, il apprend que Menzies est suspecté puis inculpé du meurtre de celle qui fut leur compagne commune. Hoskins va alors suivre le procès.
    Une nouvelle très intéressante, à l’écriture suffisamment prenante et qui préserve le suspense jusqu’au dernier paragraphe. L’auteur, Jeffrey Archer, glisse alors un rebondissement très réussi qui, même si on l’a déjà lu ou vu ailleurs, n’en reste pas moins efficace et intelligemment amené. Bref, un récit court et savoureux, et dont la qualité gustative n’en est que réhaussée par le twist final.

    27/12/2025 à 07:53 2

  • Week-end à Zuydcoote

    Robert Merle

    9/10 J’avais encore en tête l’adaptation cinématographique de 1964 – que j’ai adorée et que j’ai revue un bon nombre de fois – et quand j’ai attaqué ce livre, les premières pages m’ont confirmé que ce roman avait très fidèlement été transposé : la charrette poussée par Virrel avec le cadavre de la femme, la confrontation avec l’officier venant en face, le passage au sanatorium après la blessure à la main de Dhéry, la rencontre avec Jeanne, etc. Même certains dialogues et autres formules ont directement été transposées dans le film (« Ma femme avec ses longues jambes, elle a l’air d’un lis »). Bref, je n’ai pas boudé mon plaisir au gré de cette histoire si touchante, si désarmante d’humanité de voir ces malheureux pris au piège d’une guerre et d’événements qui les dépassent, où certains moments plus décontractés viennent aérer un récit d’une rare densité, d’une poignante puissance littéraire. De saynètes en saynètes, la vision de la Seconde Guerre mondiale à travers le prisme de braves gars (principalement Maillat) et se concluant de la même manière que le long-métrage (« Alors, toutes les étoiles s’éteignirent d’un seul coup. Et Maillat ne sut même pas qu’il était en train de mourir. »). Pour ma part, une lecture salvatrice et émouvante autant qu’une bouleversante madeleine de Proust pour ce germe littéraire qui a donné ce film que j’adule.

    26/12/2025 à 07:40 2

  • Celui qui hantait les ténèbres

    Gou Tanabe

    9/10 Le narrateur survit à un naufrage et finit par rallier un rivage où il découvre un étrange monolithe, après quoi il se réveille dans un hôpital de San Francisco suite à quatre mois de coma. Ce peintre et écrivain, encore hanté par ses hallucinations, en vient à être obnubilé par une immense église qu’il pense désaffectée…
    Déjà fan de l’œuvre de Lovecraft et de Gou Tanabe, je ne risquais strictement rien à me lancer dans ce manga, et je dois avouer que mes vœux ont été exaucés. Une esthétique lourde, poisseuse, anxiogène, servant avec maestria les propos furieux et possédés de l’immense auteur américain, avec force artefacts (ici un cristal inquiétant ou une énigmatique échelle), des créatures effrayantes, etc. Un manga d’une incroyable densité, d’un bel effroi et d’une folle inventivité, où le propos et le graphisme se servent mutuellement. Je crois que j’étais en partie séduit avant même d’en ouvrir les premières planches, mais l’ensemble de cette lecture m’a subjugué, jusqu’au final, équivoque et d’autant plus marquant qu’il retentit presque comme un point d’interrogation. Superbe.

    25/12/2025 à 07:38

  • Ted Bundy

    Stéphane Bourgoin, Jean-David Morvan, Scie Tronc

    7/10 Seattle, 1er juin 1974 : Ted Bundy commet son premier crime, et c’est une banale interpellation quand il est à bord de sa Cox qui entraîne son arrestation. Dans une prison en 1989, il entame une relation avec Étienne Jallieu – le pseudonyme de Stéphane Bourgoin, ce dernier cherchant à comprendre comment est né ce prédateur.
    De sa famille dysfonctionnelle à ses problèmes d’ordre sexuel, la genèse du monstre menée de façon adroite, avec des passages suggérés qui font froid dans le dos (ses actes nécrophiles notamment), même si certains moments parfois « répétitifs » concernant les agressions, auraient pu être gommés. Mais ce qui est le plus ambigu, c’est le fait que le coauteur – Stéphane Bourgoin – se mette si explicitement en scène : en 2020, année de sortie du premier tome de cette série, il avouait enfin être un mythomane. L’ouvrage perd du coup singulièrement de sa puissance d’évocation malgré l’évidente assise de la documentation rassemblée.

    24/12/2025 à 07:40 1

  • Bird Box

    Josh Malerman

    9/10 … ou la fuite de la jeune Malorie, accompagnée de ses deux très jeunes enfants, dans un monde où ceux qui ont le malheur d’ouvrir les yeux – au sens premier du terme – deviennent fous et se suicident dans l’instant. Un excellent thriller, avec ce qu’il faut de paranormal et d’étrangeté, dont Josh Malerman tire ce qu’il y a de meilleur, notamment au niveau des ambiances. Volontairement privés de la vue, nos protagonistes doivent donc composer avec leurs autres sens et les mettre à profit dans ce décor enténébré, sauvage et follement paranoïaque. Un délice de tous les instants, de tous les chapitres qui alternent d’ailleurs présent et passé, avec une belle intelligence scénaristique, jusqu’à ce que nos héros en viennent à retrouver le dénommé Rick à l’école Jane-Tucker. J’aurais apprécié un semblant d’explication quant à ce phénomène létal né en Russie puis en Alaska, mais peut-être est-ce finalement mieux ainsi. Bref, une réussite stupéfiante grâce à une idée originelle forte et singulière, et un traitement admirable empli d’émotions contradictoires, où le frisson pur côtoie l’empathie. Brillant.

    23/12/2025 à 07:59 2

  • Mission Cuba

    Martin Eden, Andrea Mutti

    3/10 Parce qu’il se murmure que Fidel Castro serait mal en point, Malko doit se rendre à Cuba pour fomenter une transition vers la démocratie et assurer un général proche de la CIA du plein soutien du président américain en cas de coup d’état.
    Ce troisième tome est une alternance assez désagréable de deux types d’événements qui se répètent encore et encore : du sexe et des bavardages. Il y a bien quelques éléments géopolitiques vaguement intéressants mais une scène de sodomie pour presque amorcer cette BD et une autre de fellation pour la conclure, ça n’est vraiment pas pour moi.

    22/12/2025 à 07:37 1

  • Le Berceau des esprits tome 2

    Kei Sanbe

    4/10 Toujours rien de bien flambant dans ce deuxième tome : même absence d’originalité scénaristique, et même le graphisme me semble assez tarte. La violence, qui aurait pu être l’épice sur la viande fade, ne vient qu’augmenter le gâchis gustatif au point de rendre l’ensemble presque immangeable. C’est un point final pour moi après cette grosse déception.

    21/12/2025 à 07:41 1