1313 votes
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Deuil et Espoir
Charlie Adlard, Robert Kirkman
7/10 Après la carnage du précédent opus, la tension retombe un peu mais il faut enterrer les morts, brûler des tas de zombies, et veiller les blessés. Et malgré le renforcement des enceintes, le danger persiste. Et paradoxalement, peut-être plus à l'intérieur de la communauté, où des tensions sous-jacentes persistent, que venu du dehors. Un épisode assez calme, effectivement, dans lequel la perception des évènements par Rick change de manière assez palpable.
17/12/2020 à 09:05 2
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Piégés !
Charlie Adlard, Robert Kirkman
8/10 Une horde d'une dimension jamais vue jusqu'à présent s'approche de la communauté, attirée par des échanges de coups de feu. Les palissades vont-elles tenir bon ? Les survivants parviendront-ils à éradiquer cette mer de zombies avant de manquer de vivres ou de médicaments ?
Après deux tomes plutôt calmes, voici un épisode chaud chaud (et un peu trash) qui va laisser quelques personnages sur le carreau ou marqués à jamais.
Vivement la suite !16/12/2020 à 08:31 1
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Serena
Anne-Caroline Pandolfo, Terkel Risbjerg
8/10 Sur quelque 200 pages, Anne-Caroline Pandolfo et Terkel Risbjerg signent une adaptation fidèle et très réussie du chef-d’œuvre de Ron Rash.
Le dessin, assez simple et très coloré, m'a tout d'abord surpris pour traiter une tel roman, mais on s'y fait assez vite.
Bien que je ne m'imaginais pas Serena exactement comme ça, elle est toujours aussi fière et impitoyable dès lors qu'on se met en travers de ses ambitions.
Comme celle de Shutter Island et quelques autres, voici une adaptation fort recommandable que l'on peut aussi bien lire après le roman ou sans l'avoir lu.15/12/2020 à 16:32 3
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Point de non-retour
Charlie Adlard, Robert Kirkman
7/10 Comme on pouvait s'en douter, ce retour au calme ne pouvait pas durer bien longtemps. Tensions internes due à l'arrivée des "nouveaux", menaces extérieures... C'est reparti pour un tour. Un épisode de transition dans lequel nos protagonistes (Rick, Michonne, Abraham et même Andrea) prouvent qu'ils ont vraiment plus de charisme que les habitants d'Alexandria, moins habitués à la gestion de crise et à la survie pure et dure.
11/12/2020 à 11:03 2
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Un Monde parfait
Charlie Adlard, Robert Kirkman
7/10 "C'est trop calme. j'aime pas trop beaucoup ça. Je préfère quand c'est un peu trop plus moins calme." 1
1. Citation célèbre qui pourrait résumer cet épisode, le plus tranquille de la série jusqu'à présent.
Nos survivants sont invités par un inconnu à rejoindre leur communauté. Malgré les réticences initiales, le groupe accepte l'offre et débarque dans un havre de paix, protégé de l'extérieur par des palissades, où tout semble "comme avant". Mais tout cela n'est-il pas trop beau ? Les membres du groupe de Rick ont même du mal à s'adapter à ce retour à la normalité.11/12/2020 à 10:59 2
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Moriarty tome 1
Hikaru Miyoshi, Ryosuke Takeuchi
7/10 Ça fait un moment que je manipule et achète ces mangas au boulot et que je me dis qu'il faudrait que je mette le nez dedans. Voilà chose faite avec ce premier tome qui ne ressemble pas du tout à ce à quoi je m'attendais (des histoires des Sherlock Holmes façon manga). Ça viendra peut-être par la suite, et encore... Dans cet opus, on fait la connaissance de William Moriarty et de ses frères. Dessin très clair (lignes fines) mais ambiance sombre, dans une Angleterre victorienne qui ne faisait pas de cadeaux à ceux qui n'avaient pas la chance d'être bien nés. Malgré quelques passages un brin didactiques sur le contexte et l'époque, qu'on excusera facilement puisque c'est conçu initialement pour les lecteurs nippons, pas mal d'action déjà dans ce tome. Je partage l'avis des collègues sur les traits des frères Moriarty. Je poursuivrai tranquillement l'aventure, pour voir où Ryosuke Takeuchi va nous emmener.
08/12/2020 à 16:32 1
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Propagation
7/10 Les choses ne vont pas en s'arrangeant pour Dana. En froid avec son fils parce qu'elle ne croit pas à ses histoires d'esprits qui rôdent dans les bois, elle est appelée par le FBI à collaborer avec eux à New York. En effet, malgré la quarantaine et les barrages routiers installés, il semblerait bien qu'un ranimé sème la pagaille dans la Grosse Pomme.
Un épisode assez enlevé, dans lequel on croise Tony Chu, qui se termine par un rebondissement bien senti qui promet une suite passionnante.03/12/2020 à 14:15 2
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Si loin de chez nous...
8/10 Pendant que Dana enquête simultanément sur le meurtre de sa sœur et sur un trafic d'organes de ranimés, M.A. fait la connaissance de Jordan, une ranimée de 8 ans (victime d'un accident de voiture) qui, comme elle, voit des espèces de spectres qui semblent les appeler. Ensemble, elles vont essayer de comprendre ce qui animent ces ectoplasmes tandis que de sinistres individus profitent de cette ambiance apocalyptique pour mettre en pratique leurs sombres desseins.
La série prend un rythme de croisière, mais de croisière pas plan plan pour un sou. Beaucoup d'action dans ce tome qu'on referme avec une seule envie : ouvrir le suivant.03/12/2020 à 14:09 2
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Quarantaine
8/10 Ici, les "ranimés" ne sont pas facilement repérables. Ils sont comme tout le monde, sauf qu'ils sont "morts" une fois. Ils sont ensuite non seulement immortels mais incassables, leur anatomie se régénérant rapidement après n'importe quel dégât. Dana apprend que sa sœur M.A., étudiante, a été assassinée ce qui fait d'elle une ranimée. Seulement, elle n'a aucun souvenir de son meurtre. Aussi Dana décide d'enquêter – discrètement – sur l'assassinat de sa sœur (les frangines ne veulent pas que d'autres l'apprennent) tout en menant de front des investigations sur un sombre trafic d'organes de ranimés, qui se vendent à prix d'or sur le marché noir.
Un tome passionnant et riche en action, à ne pas mettre entre toutes les mains cependant (les auteurs ont un penchant parfois un peu limite pour le gore).03/12/2020 à 13:58 2
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Bienvenue à la maison
7/10 Wausau, Wisconsin.
Cette bourgade plutôt paisible est confrontée à un phénomène inexplicable qui va vite prendre des proportions énormes. Certains morts ne meurent pas et mieux, résistent même à la crémation. Sans être des zombies – au sens Romero/Walking Dead du terme – ces "ranimés" ne sont pas foncièrement mauvais mais posent des soucis aux autorités. Et particulièrement au shérif Cypress et à sa fille Dana, elle même policière.
Un premier épisode pour installer la série (qui en compte 8) assez passionnant déjà. Bonne idée de faire autre chose des morts-vivants que des mangeurs de chair humaine décérébrés. Le dessin est classique mais agréable.03/12/2020 à 13:52 3
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Zone 10
Christos N. Gage, Chris Samnee
7/10 Du bon et du moins bon dans ce comic assez dur (scènes dérangeantes), à ne pas mettre entre des mains innocentes. L'enquête, qui flirte sérieusement avec le paranormal, est assez originale et intéressante, avec même quelques rebondissement bien sentis. Je n'ai pas trop accroché au dessin, qui m'a évoqué Sin City (mais je ne dirai pas qu'il est mauvais). En revanche, carton jaune pour les dialogues en cours de baston. Quand ce n'est pas humoristique – et je ne pense pas que ce soit le cas ici – les considérations philosophiques entre un coup de poing et un coup de pied, j'ai vraiment du mal.
03/12/2020 à 13:41 3
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Underground Railroad
9/10 Sixième roman de Colson Whitehead, Underground Railroad est un texte très puissant et quasi exempt de défauts. Tout au plus pourra-t-on s’étonner de la chance de Cora sur son parcours vers la liberté et des concours de circonstances favorables dont elle bénéficie, eu égard à la cruelle réalité des fugues d’esclaves alors. Si la plupart des fugitifs mourraient rapidement dans la nature (faim, froid, maladie, bêtes sauvages…) ou était rattrapés par des chasseurs d’esclaves, puis pendus publiquement, pour faire passer l’envie aux autres de prendre la poudre d’escampette, quelques uns, une infime proportion, s’en sortait. Dont Cora donc. Et le roman n’aurait évidemment pas été possible si l’héroïne mourrait tout de suite.
L’Underground Railroad, c’est donc ce réseau clandestin qui aurait permis à environ 100 000 esclaves de fuir les plantations du sud des États-Unis pour trouver refuge au Nord de la ligne Mason-Dixon (ligne de démarcation entre les États abolitionnistes du Nord et les États esclavagistes du Sud) et jusqu’au Canada. En vérité, seule une portion était une véritable voie ferrée, le reste étant plus un réseau d’entraide des fugitifs par des abolitionnistes ou sympathisants à la cause de l’émancipation des esclaves. Comme il est montré dans le roman, ceux-ci risquaient très gros dans certains États, ou toute personne hébergeant un esclave en fuite risquait la pendaison sans autre forme de procès.
L’auteur met habilement en scène, autour de Cora, toute une galerie de personnages divers et variés : chef de gare du chemin de fer clandestin, chef de la plantation, personnes accueillant des fugitifs, chasseurs d’esclaves aux dents longues, etc.
Sans jamais s’immiscer lui-même dans le récit, Colson Whitehead donne à voir, à travers les opinions très diverses de ses protagonistes toutes les tensions et les différents points de vue, parfois extrêmement opposés et vigoureux, qui agitait alors la société actuelle autour de la question noire et de l’esclavage, sans doute le sujet le plus épineux du moment. Certaines mentalités, parmi les suprématistes blancs notamment, passant alors pour normales à l’époque, font d’ailleurs sinistrement froid dans le dos aujourd’hui.
Passionnant du début à la fin, très documenté mais jamais trop didactique, Underground Railroad est un excellent roman qui devrait ravir les amateurs d’Histoire et de romans d’aventure.26/11/2020 à 14:04 4
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Asadora ! tome 1
8/10 J'ai lu ici et ailleurs que certain.e.s avaient été déçu.e.s par cette nouvelle série. Ça n'a pas du tout été mon cas.
Pour l'instant, j'aime beaucoup le personnage d'Asa, sa rencontre avec le vieux vétéran, la débrouille dont ils font preuve pour retrouver leurs proches après le passage du typhon. Le dessin est magnifique (certaines vues aériennes ont dû demander un travail titanesque). Effectivement, c'est peut-être un peu lent pour le lecteur de manga qui attend de l'action à gogo mais ça ne m'a pas gêné du tout et la fin laisse présager de drôles de rebondissements. Je poursuivrai assurément.29/07/2020 à 11:50 3
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Le Gang des rêves
9/10 Plus de 700 pages en grand format, presque 900 en poche, près de 25h d’écoute en version audio. Que la somme que représente Le Gang des rêves n’effraie pas le lecteur. Car quand il approchera de la fin, gageons qu’il en voudra encore.
L’écriture de l’Italien fait des merveilles du début à la fin. Les personnages sont excellents, l’ambiance du New York de l’époque est parfaitement restituée : on est avec eux dans le Lower East Side des années 1920, à vivre avec curiosité les débuts de la radio, du cinéma parlant, les progrès de la photographie...
On s’attache rapidement à Christmas, Cetta et Ruth, sans doute les trois personnages centraux de l’histoire, mais on apprécie aussi voir évoluer Santos, l’ami fidèle de Christmas, Sal, le gangster au grand cœur sous ses airs de dur-à-cuire ou encore le grand-père Saul. Seul Bill, un tueur en série en cavale permanente n’attire pas une once de sympathie, et ses péripéties, notamment dans le milieu du cinéma, sont sans doute ce qu’il y a de moins passionnant dans Le Gang des rêves.
L’histoire d’amour impossible entre Christmas et Ruth est particulièrement touchante mais pas niaise pour autant. Dans un autre registre, on peut sans doute voir dans l’amour de Christmas pour les histoires une espèce de mise en abyme. Enfin, le roman est une espèce de parabole du rêve américain. Qu’importe sa situation de départ, lorsqu’on a du courage à revendre, une motivation sans faille et beaucoup de bagout, des portes peuvent s’ouvrir...
Roman initiatique, roman d’aventures, roman d’amour, roman noir, roman historique... Le Gang des rêves est avant tout une odyssée hors normes et Luca di Fulvio un sacré raconteur d’histoires.
A lire cette merveille, on se demande surtout comment Le Gang des rêves a bien pu mettre huit longues années à traverser les Alpes...14/07/2020 à 17:00 11
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Facteur pour femmes
Sébastien Morice, Didier Quella-Guyot
8/10 Été 1914. La guerre est déclarée, la mobilisation générale bat son plein. L'île (un mélange imaginaire de plusieurs lieux bretons) se vide soudainement de ses hommes. Les femmes restent bientôt seules avec les enfants, les vieillards et les infirmes. Il y a là Maël, qui boîte à cause de son pied bot mais qui fonce à travers l'île sur sa bicyclette lorsqu'il n'aide pas son vieux père ou ne repeint pas l'intérieur de l'église.
Et en plus, il sait lire. Les autorités voient donc rapidement en lui le candidat idéal pour prendre le poste laissé vacant par le facteur parti au front. A force d'amener aux femmes leur courrier, Maël se rend bien compte que leur homme leur manque, que la solitude leur pèse. De leur côté, elles se rendent compte que ce jeune homme, tout bot soit son pied, n'est pas vilain et qu'il est d'agréable compagnie. Finalement, facteur pour femmes n'est pas un métier si ingrat.
Une BD historique noire de grande qualité qui fait la part belle aux femmes. Le dessin de Sébastien Morice, châtoyant, rappelle parfois des cartes postales d'antan. Une belle réussite !14/07/2020 à 16:55 2
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Dans le sens du vent tome 1
7/10 Irie Aki confie avoir eu besoin de couper et de voyager après avoir terminé sa précédente série. Bien lui en a pris car sans son périple en Islande, elle n'aurait sans doute jamais proposé ce manga. Le dessin est d'excellente facture et certains paysages islandais sont tout simplement magnifiques sous les traits de crayons de la mangaka.
Comme son grand-père, qui peut communiquer avec les oiseaux, Kei Miyama s'est découvert d'étranges capacités. Il peut entrer en communication avec les objets qui l'entourent et obtenir d'eux de précieux renseignements. Pratique lorsque l'on souhaite, à défaut d'avoir une meilleure idée, se lancer comme détective indépendant pour faire bouillir la marmite. Bientôt, Kei va apprendre des choses sur sa famille qui vont le bouleverser.
On sent que l'intrigue a beaucoup de potentiel mais ce premier tome, mettant pas mal de temps à installer le décor et les personnages, ne sera sans doute pas le plus passionnant de la série. A l'instar du premier Harry Potter, on commence à être vraiment embarqué... lorsqu'on approche de la fin du livre. Vivement la suite !14/07/2020 à 16:45
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Sengo tome 1, Retrouvailles
8/10 Le Japon a perdu la guerre. Dans les ruines de Tokyo, Kadomatsu et Toku, rentrés récemment du front, se retrouvent par hasard. Le premier n'a plus rien. Il n'a pas où dormir, se débrouille pour manger mais il n'a pas perdu la bonhommie qui le caractérise. Le second n'a plus goût à rien et noie ses noires pensées et sa solde dans l'alcool. Le travail étant devenu une denrée rare, c'est la débrouille qui prime pour gagner sa croûte. Et à ce jeu-là, Kadomatsu a toujours des idées – plus ou moins vicieuses et inventives – derrière la tête.
Malgré un dessin pas toujours exceptionnel, ce manga offre à voir un pan de l'histoire mondiale peu connu des Européens et une belle histoire d'amitié, qui ne fait que commencer (la série comptera 7 tomes, le 3e vient de paraître en VF).14/07/2020 à 16:34 3
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Le Polar de l'Été
8/10 Écrire un polar, un roman d’espionnage ou un thriller, c’est trop convenu. Luc Chomarat préfère prendre un malin plaisir à s’emparer des codes du genre pour proposer toute autre chose. Après L’espion qui venait du livre où un éditeur entrait dans un roman d’espionnage pour le sauver de la catastrophe industrielle, et avant l’excellent Le dernier thriller norvégien, dans lequel un éditeur français se retrouvait à la fois dans un manuscrit et dans une ville où sévit un tueur en série, paraissait en 2017 Le polar de l’été. Réédité ce mois-ci par la Manufacture de livres avec un nouvel habillage, Luc Chomarat s’y amusait déjà follement à bousculer ses lecteurs. Virtuose du décalage, professionnel de la mise en abyme, l’auteur a toujours plus d’un tour dans son sac, et de l’humour à revendre. Bien difficile pour le lecteur de savoir où tout ça va le mener, mais quel plaisir de se laisser embarquer par les roublardises de l’écrivain, qui s’amuse sans doute au moins autant que nous à imaginer ces intrigues tordues à souhait.
Vous l’aurez compris, Le polar de l’été n’en est pas vraiment un, et le bouquin tant recherché est l’archétype du MacGuffin. C’est autour de lui que va se dérouler l’intrigue, prétexte à la remontée de souvenirs, à l’évocation du deuil du père ou à des tensions familiales diverses et variées desquelles notre narrateur peine à se dépêtrer.
Un titre drolatique et un auteur malicieux en diable que l’on conseille vivement à ceux qui n’ont pas peur de se faire bousculer... pour leur plus grand plaisir.06/07/2020 à 17:13 6
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L'Amitié est un cadeau à se faire
7/10 Après deux romans se déroulant à Brooklyn où le décor et l’ambiance occupaient une grande place, l’auteur change de registre avec ce trépidant roman choral.
Plus on ajoute de personnages, plus l’exercice peut s’avérer délicat. Pourtant, malgré une demi-douzaine de protagonistes que l’on suit en alternance, William Boyle s’en sort comme un chef. L’histoire gravite autour des trois générations de la famille Ruggiero : Rena, Adrienne et Lucia. Pour autant, on suit de la même façon les autres personnages au gré des chapitres, ce qui permet de se mettre aisément dans la peau de chacun.
La figure de Lucia, souhaitant ardemment s’émanciper après avoir été trop longtemps privée de quasiment tout (y compris de sa grand-mère) par une mère castratrice est intéressante. Malgré de nombreuses scènes d’action, de courses-poursuites et quelques morts pas jolies jolies, l’humour est assez présent, notamment lorsque Wolfstein et Mo racontent à Lucia de savoureuses anecdotes en lien avec leur jeunesse d’actrices dans l’industrie pornographique.
Bien que le rythme ne retombe jamais vraiment, William Boyle ne peut s’empêcher de glisser de nombreuses références cinématographiques et littéraires. L’incipit de ce roman nous annonçait la couleur : « Aux bibliothèques et vidéoclubs où j’ai passé mon enfance. »
On sent effectivement l’amour de William Boyle pour les histoires et pour ses personnages. Il est certain que ce roman choral survitaminé aux personnages féminins charismatiques pourrait faire un excellent film.29/06/2020 à 17:43 6
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Marseille 73
9/10 Ce roman « phocéen » fait suite à Or noir (Série Noire, 2015) bien qu'il puisse se lire indépendamment. On y retrouve le commissaire Daquin, 27 ans, à son premier poste, à la police judiciaire de Marseille. Les amateurs de l'auteur l'auront peut-être déjà croisé, plus âgé et en région parisienne.
Dévorer un ouvrage de Dominique Manotti, c'est un plaisir double. Celui de lire un roman noir de grande qualité tout en prenant un cours d'histoire passionnant. Une fois que l'idée de départ est là, l'auteure met en général plus d'un an à se documenter sur la période concernée avant que les personnages s'imposent à elle et de commencer à rédiger. Ce Marseille 73 fait sinistrement écho à des problèmes sociétaux liés au racisme et aux violences étatiques encore bien trop présentes de nos jours. Si la chronologie a été volontairement contractée – les événements évoqués dans le roman se sont déroulés sur cinq ans et non sur quelques mois – rien n'a malheureusement été inventé ou presque. Malgré l'acuité des références historiques, l'écriture de Dominique Manotti, sans fioritures, est toujours aussi efficace. Certains passages donnent particulièrement envie de voir ce roman un jour adapté au cinéma.
Malgré ce qu'affirme la police, les frères Khider sont persuadés, tout comme le paternel, que Malek n'a trempé dans aucune affaire sordide ayant pu amener à son assassinat. Grâce à Maître Berger, un jeune avocat progressiste rêvant de faire carrière, ils entendent bien le prouver. À l’Évêché, Daquin doit faire avec sa hiérarchie et ses collègues de la Sûreté, pour qui la mort d'un "Algérien" n'est clairement pas la priorité. À Marseille, une grève se prépare pour dénoncer cette vague de violences racistes que l'histoire retiendra sous l'appellation de "ratonnades de 1973".
Roman noir historique ultradocumenté sans jamais être pédant ni par trop lent, Marseille 73 est plus que jamais d'actualité. Dans cette époque partagée entre le mouvement Black Lives Matter et des dirigeants pour qui le racisme et les violences policières n'existent pas, il n'est guère difficile de se convaincre que ce type de roman est encore nécessaire. Marseille 73 est une œuvre de première nécessité qui continue de démontrer que le talent des grands romanciers, c'est parfois de nous parler d'hier pour évoquer aujourd'hui.20/06/2020 à 14:35 10
