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Comment va la douleur ?
8/10 Ouvrir un roman de Pascal Garnier, c'est entrer dans la vie de monsieur tout-le-monde, faire sa connaissance et souvent l'apprécier, jusqu'à ce qu'il commette l'irréparable.
Ici il s'agit de Simon Maréchal un brave homme qui en fait un tueur à gages tout proche de la retraite. Il rencontre un "crétin solaire" (pour reprendre les termes de la 4e de couv') en la personne de Bernard Ferrand (jeu de mot !...), aussi naïf que touchant. On suit ces deux personnages, rejoints en cours de route par d'autres acteurs secondaires (les scènes avec la mère de Bertrand, Anaïs, sont succulentes !), dans un road trip qui va nous emmener de Vals-les-Bains (Ardèche) où l'on croise Jean Ferrat à la frontière espagnole en passant par le cap d'Agde.
C'est drôle, c'est triste, c'est noir, c'est émouvant, c'est du Pascal Garnier.20/11/2016 à 15:06 7
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L'enfant des cimetières
5/10 Même si je savais que l'aspect fantastique du récit serait très présent, je ne m'attendais pas à ce qu'il emprunte tant de chemins que je n'apprécie pas franchement en littérature. Du coup mon avis est d'autant moins objectif. Trop de fantastique donc, mais aussi trop de gore, trop de sang, trop de longueurs, trop de sorcellerie etc... Sans affirmer qu'il s'agit d'un mauvais roman, loin de là, je dois simplement dire que ce genre de roman n'est pas mon truc (d'où ma note moyenne). J'ai même apprécié certains passages (notamment lors d'une certaine découverte "souterraine") mais dans l'ensemble je dois reconnaître que je me suis ennuyé. L'adaptation des éditions VdB, réussie dans l'ensemble, n'a pas relevé mon intérêt. Dommage...
20/11/2016 à 14:39 2
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Le Trèfle noir
8/10 J'avais découvert Pierre-Olivier Lombarteix avec Carnyx, un thriller qui se passait en Corrèze avec le site archéologique gaulois de Tintignac comme point d'ancrage à l'intrigue.
Avec Le Trèfle noir, quatrième aventure de son héroïne Deidre McNeill (je n'ai pas lu les trois premières), l'auteur nous emmène en Irlande, plus précisément à Westport sur la côte ouest, à proximité de la montagne Croagh Patrick, lieu de pèlerinage majeur de l'Irlande. En effet, saint Patrick, considéré comme l'évangélisateur de l'Irlande au Ve siècle, y aurait jeûné quarante jours, jeun à l'issue duquel il aurait jeté une cloche en bas de la montagne pour chasser tous les serpents d'Irlande.
Chaque année, au mois de juillet, des milliers de pèlerins gravissent ce modeste sommet (764 mètres d'altitude), parfois pieds nus (et même à genoux par le passé !).
C'est donc dans ce décor particulièrement intéressant que l'auteur a décidé d'installer son intrigue. Très attiré par la 4e de couverture du roman, je n'ai pas été déçu par ma lecture dont je n'ai qu'un regret : qu'elle fut si courte.
Pierre-Olivier Lombarteix a réussi à synthétiser, à travers une intrigue habile et en quelques 200 pages, des pans très importants de l'histoire irlandaise, glorieuse comme honteuse. S'appuyant sur des faits réels il nous balade, au propre comme au figuré, dans une Irlande belle mais au passé (pas si vieux) parfois trouble, qu'il exploite avec justesse.
J'ai apprécié le voyage, j'ai aimé les références historiques, bref du tout bon pour ce Trèfle noir !16/11/2016 à 22:22 5
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Bull Mountain
8/10 Anticipant les résultats de la présélection du prix Polars Pourpres 2016 catégorie Découverte, j'ai ouvert ce roman qui ne m'emballait pas de prime abord, malgré les bonnes critiques.
Critiques quasi-unanimes et que je rejoins après avoir refermé le livre : oui, Bull Mountain est un sacré bon premier roman !
Sans rien dévoiler de l'intrigue, disons que Brian Panowich réussit avec brio à dresser le portrait d'une famille rurale américaine dont le ver est dans le fruit depuis 1949 (glaçant premier chapitre !). On alterne les points de vue et les époques (un peu à la façon d'un Victor del Arbol) avec aisance, on s'attache aux personnages (pas tous, loin de là !), on suit à travers les décennies le chemin du poison instillé dans les cœurs et les âmes des Burroughs à l'exception notable du "petit" dernier (quoique...) le shérif Clayton Burroughs.
Entre histoire de famille, trafics en tout genre et vengeance froide, Brian Panowich parvient à captiver le lecteur de bout en bout. Bravo !12/11/2016 à 21:51 13
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Au bonheur des ogres
9/10 Premier contact avec Benjamin Malaussène et sa smala pour le moins atypique. Et que dire de l'intrigue ? Des bombes explosent dans un centre commercial et à chaque fois Malaussène, employé bouc-émissaire du service après-vente, est proche du lieu des explosions. Pas assez pour être touché mais assez pour être désigné comme potentiel coupable...
La plume détonante de Daniel Pennac sert à merveille une histoire et des personnages aux apparences foutraques pour une fin qui tient finalement bien la route.
Hâte de me plonger dans la suite des aventures de la famille Malaussène !11/11/2016 à 19:55 10
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L'Affaire Saint-Fiacre
8/10 Un des tout premiers Maigret (1932) que j'ai eu plaisir à écouter (livre audio). Simenon entraîne son héros sur les traces de son enfance au château de Saint-Fiacre (dans l'Allier) où son père était régisseur. La comtesse, qu'il a connu jeune, meurt en pleine messe, s'effondrant sur son missel. Sans une lettre anonyme adressée au commissaire quelques jours auparavant, on aurait pu croire à une mort naturelle. Il n'en est rien.
A travers une intrigue solide, à l'atmosphère envoûtante, Georges Simenon décrit un monde en déclin où les souvenirs du commissaire Maigret semblent lointains face à la décrépitude du château et celle morale de ses occupants. La fin est remarquable avec un huis clos digne des meilleurs Agatha Christie, façon Hercule Poirot avec les principaux suspects dans la même pièce, sans que Maigret n'ait son mot à dire !
J'ajoute que la sobriété de la lecture de François Marthouret colle parfaitement à l'ambiance de ce roman particulièrement réussi.11/11/2016 à 14:45 5
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Prisonniers du ciel
Claire Le Luhern, Marcelino Truong
6/10 N'ayant pas lu le roman de James Lee Burke, je ne peux dire s'il s'agit d'une adaptation fidèle. Mais j'ai trouvé l'intrigue un peu alambiquée, j'ai eu du mal à m'attacher aux personnages (seul Robicheaux est vraiment exploité) malgré les 120 pages de BD. Et même si le dessin de Marcelino Truong colle plutôt bien à l'histoire, je n'ai pas accroché non plus, j'ai trouvé le dessin trop sombre.
Reste ce Dave Robicheaux que la BD m'a donné envie de découvrir plus largement, mais dans les romans de James Lee Burke.09/11/2016 à 15:33 4
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Ubac
8/10 La montagne, un huis clos, le passé qui ressurgit... miam, tout ce que j'aime dans un polar ! Mais la sauce va t-elle prendre ? Oh que oui ! Elisa Vix dès les deux premières pages nous entraîne dans un huis clos de plus en plus oppressant dans la blancheur alpine ou l'étrange Nadia, sœur sortie de nulle part, a des comportements étranges vis-à-vis de sa belle-sœur et de sa nièce mais aussi et surtout de son frère qui tient un bowling dans une station de sports d'hiver.
Comme souvent dans ce genre de romans, la question est : paranoïa ou réalité ? Et force est de reconnaître que l'auteure en maîtrise bien les codes car on doute pendant la grande majorité du roman.
La fin est à la hauteur de l'intrigue et mon seul regret est que le roman soit si concis (180 pages), j'aurais aimé que le suspense s'étire sur quelques dizaines de pages de plus.
En bref, un très bon roman que j'ai eu grand plaisir à lire.05/11/2016 à 22:19 9
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Noir-Express
Ouvrage collectif
8/10 Bon recueil de nouvelles ayant pour point commun le train. Chaque nouvelle est illustrée d'une photographie en noir et blanc, très souvent pertinente.
Parmi les 9 nouvelles j'ai plus particulièrement apprécié celle de Michel Baglin, "Un personnage entre deux tunnels" pour son atmosphère mystérieuse, "Sugar" de Franck Bouysse, belle et triste mêlant train, campagne et boxe et enfin celle de Marie Wilhelm, la plus longue et qui clôt bien le recueil.
Belle initiative de la part de la SNCF Limousin et du salon Vins Noirs de Limoges, à l'origine de la publication de ce recueil.28/10/2016 à 19:03 2
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La Pêche aux avaros
8/10 Mon premier David Goodis et certainement pas mon dernier : j'ai beaucoup aimé cette histoire vieille d'un demi-siècle se passant pour majorité dans les marais du Delaware.
Jander est un type normal qui vit avec sa mère et sa soeur à Philadelphie. Ces dernières ne sont pas des plus plaisantes (euphémisme !) et Jander aime de plus en plus s'évader. Le voilà en route pour une bonne partie de pêche. Mais un orage ravage son canot et l'homme part à la dérive... Va t-il se noyer ? Non, il réussit in extremis à s'en tirer et atterrit dans une maison retiré dans le marais, où une bande pour le moins patibulaire ne lui veut pas du bien... Je n'en dis pas plus mais je dois dire que l'intrigue, la façon dont elle est racontée (avec quelques flash-backs notamment), le rythme, l'interaction entre les personnages, la caractérisation des personnages, et le dénouement, tout m'a plu dans ce roman. Sauf le titre français, bien moins pertinent que ceux américains (la Série Noire de l'époque abusait des jeux de mots pour les titres traduits).
Une précieuse découverte, je vais me pencher sur le reste de la biographie du monsieur !27/10/2016 à 14:01 3
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Des pas sous la Cendre
7/10 Dans une histoire de braquages plutôt banale, Laurent Scalese introduit une véritable originalité : Sage Gardella, son personnage principal (difficile de le qualifier de héros tant son comportement laisse parfois à désirer), métis franco-amérindien dont la culture paternelle baigne les pages du roman (jusqu'à nous emmener sur les terres de ses ancêtres). Pour le reste, l'écriture est fluide, le roman se lit vite et bien. Un bon polar, agréable à lire.
27/10/2016 à 11:26 3
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Ouarzazate et mourir
7/10 Un Poulpe déjanté oui, plus dans l'écriture que dans l'intrigue d'ailleurs : j'ai trouvé pesants les incessants jeux de mots de l'auteur surtout dans la première partie du livre, l'auteur se concentrant davantage sur l'action dans la seconde moitié. Le livre se lit assez vite (car relativement court, aussi).
Finalement un Pouple dans le ton de la série, mais plus déprimé que d'habitude et qui va se laisser entraîner au Maroc, à Casablanca, pour remplir un contrat que devait exécuter un ami de lycée, devenu SDF depuis. Un assez bon cru.26/10/2016 à 09:59 3
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Le Jeu de l'ombre
7/10 Un roman à l'ambiance mystérieuse, teintée de fantastique, une plongée dans l'abysse en compagnie de Malko Swan, star borderline poursuivie par une ombre inquiétante. J'ai aimé l'atmosphère ténébreuse, bien rendue par l'ambiance sonore des studios VDB (livre audio) et la prestation des interprètes, notamment les (décidément) très bons José Heuzé et Hervé Lavigne.
25/10/2016 à 12:44 2
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Les Temps sauvages
8/10 Ian Manook allait-il transformer l'éblouissant essai de Yeruldelgger, couronné par de nombreux prix ?
Pour moi, la réponse est oui : l'intrigue est balèze (une belle pelote dont il fut parfois difficile d'en dénouer les fils, mais tout s'éclaire en toute fin de roman), des personnages toujours agréables à suivre (quoique Oyun est énervante par sa naïveté ), un dépaysement une nouvelle fois garanti et un cadre historique intéressant à suivre (j'ai beaucoup aimé celui qui concerne la région située à la frontière sino-russe notamment). Même la partie française (havraise pour être précis) ne fait pas tâche, l'auteur arrivant assez habilement à joindre les deux parties de l'intrigue.
Bref, Ian Manook confirme son talent et il est indéniable que son thriller est très original comme l'indique la 4e de couv'. La troisième enquête de Yeruldelgger vient de sortir ? J'en serai !23/10/2016 à 20:45 6
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Un requiem allemand
8/10 Dans ce troisième et dernier tome de la trilogie berlinoise, l'intrigue se déroule après guerre, dans un Berlin divisé en plusieurs zones d'occupation et où les habitants tentent de survivre, au milieu des décombres, avec un marché noir en plein boom. Mais assez vite l'action se déplace à Vienne, où l'on vit (un peu) mieux, pour tenter d'innocenter un Allemand accusé d'assassinat sur un soldat américain.
Si P. Kerr a tissé une intrigue parfois complexe et qui demande une lecture attentive, il arrive encore une fois à récréer avec brio une ambiance, une atmosphère propre à une époque, ici celle de l'après-guerre, celle de la reconstruction des pays de l'ex-Axe, au moment où Soviétiques et Américains basculent doucement mais sûrement vers ce qui va devenir la Guerre froide. Et rien que pour cela, le livre vaut le détour.
Autre chose que j'ai apprécié, c'est la façon fort intelligente avec laquelle l'auteur arrive à nous parler des années de guerre pour B. Gunther sans nous en dire trop, en laissant volontairement quelques zones d'ombre, mais en n'oubliant pas d'évoquer les atrocités nazies, en premier lieu desquelles on trouve les exactions des Einsatzgruppen sur le front est.
Quelle riche idée d'avoir repris, quinze plus tard, ce même Bernie pour prolonger la série au-delà de la trilogie... j'ai hâte de découvrir ce quatrième "tome" !19/10/2016 à 10:10 10
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Palissade
8/10 Intrigué par les trois premiers chapitres que j'avais lu gratuitement sur le site de l'éditeur, j'ai acheté ce court roman en espérant prolonger au-delà des premières pages ce sentiment.
Bien m'en a pris car en moins de 180 pages Franck Villemaud nous entraîne dans un huis clos où deux hommes, voisins séparés par une palissade, vont sympathiser autour du rock et de l'alcool. Sauf que chacun a un lourd passé... et qu'au fil des pages on se demande qui est le plus tordu des deux.
C'est immersif (grâce notamment au ton du personnage principal, qui s'adresse directement au lecteur), c'est visuel (pas étonnant que le roman ait été adapté au théâtre, l'écriture et l'action s'y prêtent parfaitement), ça devient de plus en plus sombre, étouffant et même glauque sur la fin (que je n'ai pas vu venir, j'adore me faire "cueillir" de la sorte dans mes lectures).
Bref, c'est du tout bon et c'est vraiment une agréable surprise. J'ajoute pour celles et ceux qui aiment lire en musique que chaque chapitre s'accompagne d'un titre rock.19/10/2016 à 09:59 5
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Passé décomposé
8/10 Une bien belle surprise que ce court roman sans prétention qui met en scène un "enquêteur privé" chargé de suivre la femme de son client et... son client pour sa femme ! Derrière cette bizarrerie se cache une histoire vieille de la Seconde Guerre mondiale, dans les pas de l'ignoble Jean Filiol, fondateur de La Cagoule et membre de la Milice, assassin de résistants... Avec une ville de Limoges pluvieuse comme décor, une ambiance poisseuse qui sied bien à la période sinistre de la Collaboration. L'écriture de Christian Viguié est poétique, ce qui n'est guère étonnant lorsque l'on sait que l'auteur est un poète plusieurs fois récompensé. J'ajoute qu'un des personnages, Carpeaux le vieux flic à la retraite, m'a fait penser au capitaine Merhlicht, personnage des romans de Nicolas Lebel.
Bref, une bien belle surprise, dommage que l'auteur n'ait pas commis d'autres polars !13/10/2016 à 22:25 2
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La Fille du train
6/10 J'ai mis un temps fou à rentrer dans cette histoire, tant l’héroïne principale, Rachel, m'était antipathique. Et puis au fil du récit j'ai commencé à comprendre sa détresse, même si j'ai continué à la trouver exaspérante. Au rayon des déceptions, j'avoue ne pas avoir apprécié le découpage du livre avec des parties qui s'étirent de façon excessive (que de longueurs !) et au contraire des "chapitres" très courts qui n'apportent pas pour autant du rythme (sauf à la fin du roman).
Au final les thèmes abordés (la faiblesse, le mensonge, la trahison, le couple, la manipulation) sont assez bien traités mais le récit aurait gagné en dynamisme avec une bonne centaine de pages en moins. J'ajoute que la version audio du livre ne m'a pas franchement convaincu, je m'attendais à mieux.
Sans pour autant nier l'intérêt du livre, j'ai un peu de mal à comprendre le battage médiatique autour de ce qui fut le "thriller de l'été 2015" en France, car j'ai clairement lu bien mieux en la matière.08/10/2016 à 19:48 6
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La Ferme du crime
7/10 Un (trop) court roman à l'ambiance poisseuse et aux personnages tourmentés ou tourmenteurs, dans l'Allemagne d'après guerre. Un récit original car multipliant les points de vue, chaque témoin plus ou moins direct apportant sa pièce au puzzle. C'est intrigant, dérangeant par moments mais, comme pour Finisterau du même auteur (qui possède de nombreux points communs avec La Ferme du crime) le roman est trop court et après 150 pages on le referme en se demandant pourquoi l'auteur n'a pas davantage développé son intrigue.
Donc un court mais bon roman noir, qui vaut avant tout pour son atmosphère et ses sombres personnages, mais trop vite lu.01/10/2016 à 10:03 3
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Le Policier qui rit
9/10 Je continue de découvrir, dans l'ordre, la série de dix polars écrits par le couple suédois. Et je dois dire que c'est jusqu'ici (4e "tome") le plus remarquable que j'ai lu.
Tout y est : le frisson de la scène de crime, une boucherie peu commune à cette époque (le mitraillage de 9 personnes dans un bus à Stockholm, un soir de novembre 1967), une enquête minutieuse, une intrigue captivante, une atmosphère très particulière (et particulièrement réussie), des personnages qu'on commence à bien connaître au fil des enquêtes et qu'on prend plaisir à voir évoluer (ou non)... et quelle modernité dans l'écriture, dans la réflexion sur la société suédoise de l'époque ! Bref, le summum du polar scandinave se trouve dans ce roman, d'une qualité remarquable et qui m'a procuré un immense plaisir de lecture.28/09/2016 à 11:41 5
