LeJugeW

1901 votes

  • Seul au monde

    Elizabeth Daly

    7/10 Seul au monde, comme semble l'être M. Crenshaw, atteint d'une leucémie. Heureusement, l'énigmatique mais dévoué Pike l'accompagne dans ses derniers instants... Il faudra tout l'acharnement d'Henry Gamadge, expert en livres rares et détective amateur, pour faire la lumière sur cette mort mystérieuse et sur l'immense machination qu'elle cache...
    Un court roman très agréable à lire, un roman à énigmes à l'accent so british et pourtant tout se passe sur la côté Est américaine. Une lecture bien plaisante entre deux polars plus noirs.

    02/03/2020 à 10:31 2

  • Le Siècle d'or des châteaux

    Philippe Grandcoing

    8/10 Très bon ouvrage historique sur les châteaux bâtis au XIXe siècle en Haute-Vienne, avec une excellente introduction sur "l'expérience de l'altérité châtelaine". Un ouvrage agrémenté de belles photographies illustrant le propos.
    L'historien s'est mis récemment (depuis 2018) à l'écriture de romans policiers historiques, je suis curieux de voir ce que cela donne.

    02/03/2020 à 09:53 1

  • Le Der des ders

    Didier Daeninckx

    8/10 Je rejoins complètement l'avis de LeeWeel ci-dessous.
    1920, immédiate après-guerre, une société qui peine à se reconstruire, traumatisée par la Grande Guerre (la scène du mariage avec les gueules cassées faisant une haie d'honneur restera longtemps gravée dans ma mémoire). Un détective privé, ex-poilu qui a tiré de son expérience au feu un inexpugnable dégoût de la guerre, enquête sur des menaces reçues par un colonel à la retraite largement décoré pendant la Première Guerre mondiale. A travers cette enquête, l'auteur nous entraîne, entre autres, dans les injustices de cette guerre.
    Roman remarquable, solidement documenté (immersion complète dans l'époque), engagé comme toujours chez Daeninckx, j'ai beaucoup aimé cette lecture que je verrais bien adaptée au cinéma...

    29/02/2020 à 12:43 6

  • Fugit irreparabile tempus

    Sylvain Cordurié, Laci

    7/10 Suite et fin du diptyque de la série "Sherlock Holmes et les Voyageurs du temps". Encore beaucoup de magie et de surnaturel au programme. Si j'ai de nouveau été séduit par le dessin, magnifique, de Laci, je l'ai moins été par l'intrigue et des personnages quasi-invincibles. Après le cliffhanger du précédent opus je m'attendais à plus qu'une simple "course contre la montre". Les références aux autres tomes des séries du même univers se multiplient et ne les ayant pas lus, je n'ai pu les apprécier à leur juste valeur. Le tout se tient mais j'ai préféré le 1er tome.

    24/02/2020 à 17:43 1

  • La Trame

    Sylvain Cordurié, Laci

    8/10 Un peu perdu au départ, car j'ai le sentiment qu'il faut connaître a minima l'histoire de Sherlock Holmes (ce qui n'est pas mon cas) pour tout de suite apprécier cette intrigue. En revanche le dessin est réussi et colle bien à l'époque décrite (1894). L'histoire adopte résolument un point de vue fantastique avec un intrigue basée sur un voyage temporel et l'on assiste à du surnaturel et à de la magie. Ce n'est pas forcément ma came mais cela se laisse lire plaisamment.

    24/02/2020 à 11:57 1

  • Un échec de Maigret

    Georges Simenon

    8/10 Ah, Fumal ! Voilà un personnage des plus antipathiques ! Maigret va croiser sa route, des décennies après l'avoir connu à Saint-Fiacre, dans sa jeunesse. Un homme devenu riche grâce à ses boucheries, un type arrogant, méprisant, qui écrase la moindre concurrence et que beaucoup craignent presque autant qu'ils le détestent. Fumal va voir Maigret car il reçoit des lettres de menace. Ce dernier se montre peu enthousiaste à l'idée de devoir protéger cet être qui le considère, de façon surprenante, comme un ami. Ce manque de zèle sera fatal à Fumal... A travers son enquête, Maigret va découvrir que derrière cette arrogance, cette puissance financière et politique, se cache un homme extrêmement seul.
    J'avais vu, à plusieurs reprises, l'excellente adaptation TV avec Bruno Cremer et surtout l'excellent Jean-Luc Bideau en Fumal détestable, une des mes adaptations préférées de la série. J'ai essayé de faire abstraction de mes souvenirs mais j'ai eu du mal à oublier Bideau en Fumal. La plume de Simenon m'a cependant permis de prendre tout autant de plaisir à la lecture. Ici Maigret est, une fois n'est pas coutume, victime de ses préjugés. Il risquera de le payer cher, tant la mort de Fumal secoue jusqu'aux plus hautes sphères de l'Etat...

    24/02/2020 à 10:42 5

  • Le Rituel

    Adam Nevill

    6/10 J'attendais beaucoup de ce thriller horrifique dont la 4e de couv' rappelait un peu "Le projet Blair Witch". Et les 250 premières pages sont très bonnes, plongé dans ce cauchemar au milieu de quatre "amis" dont les conditions de (sur)vie se dégradent au même rythme que leurs relations. C'est prenant et un brin flippant. Les interactions entre les personnages sont crédibles et pertinentes.
    Et puis les 200 dernières pages... où l'on tombe dans un truc à la fois peu crédible, presque risible et nullement terrifiant, à base de mythologie nordique et de black metal (si, si !) et un schéma répétitif qui m'a furieusement donné envie de finir rapidement le livre. Seules les 40 dernières pages relèvent un peu cette deuxième partie ratée à mes yeux. Dommage, car la première partie était vraiment très réussie.
    Au final un roman inégal, à la première partie réussie et à la deuxième ratée. Nul doute cependant que me resteront en tête des images fortes pendant longtemps.

    15/02/2020 à 11:58 3

  • Indésirable

    Yrsa Sigurdardóttir

    8/10 Une ambiance poisseuse dans ce roman où passé et présent s'entremêlent. On navigue entre l'année 1974 et aujourd'hui. Le quotidien des enfants délinquants du foyer de Krokur est dur, fait de travaux manuels pénibles, de sermons religieux, de privations et d'isolement, le couple gérant le foyer interceptant le courrier qui leur est destiné. De nos jours à Reykjavík, Odinn, seul avec sa fille depuis la mort accidentelle de sa femme, enquête sur ce foyer pour savoir si certains anciens pensionnaires ont droit à une compensation financière, comme pour ceux du foyer Breidavik (affaire réelle qui a éclaté en 2007 après la découverte de maltraitances et abus sexuels dans ce foyer entre 1953 et 1979; au passage les notes de bas de page de la traductrice sont toujours pertinentes et bienvenues).
    On ressent le poids qui accable chacun des personnages, poids qui ne cesse de s'alourdir au fil des pages et qui contribue grandement à cette ambiance qui met parfois mal à l'aise. Certains phénomènes inexpliqués (que l'on retrouve dans d'autres romans de l'auteure) contribuent aussi à ce malaise ambiant.
    Les révélations finales et le tout dernier paragraphe laissent le lecteur pantois. Yrsa Sigurdardottir est décidément une auteure islandaise de talent.

    12/02/2020 à 12:23 6

  • Rêves de frontière

    Paco Ignacio Taibo II

    6/10 Un très court roman ou une novella qui m'a permis de découvrir ce personnage plutôt sympathique d'Hector Belascoaran Shayne, un privé borgne. Ici il quitte Mexico pour le nord et la frontière américaine. Un Mexique différent, où les trafics en tout genre (prostitution, drogue...) sont monnaie courante. Le format trop court ne permet pas de s'immerger vraiment dans ce Mexique-là et j'ai regretté qu'il n'y ait pas de notes de bas de page de la part du traducteur pour éclairer le lecteur sur des références propres à la culture mexicaine où à l'actualité de l'époque (le livre date de 1990). L'humour noir est dosé à bon escient et appréciable.
    La fin est un peu too much et l'ex-amie star de cinéma trop insaisissable à mon goût. Mais ce ne fut pas une lecture déplaisante, je retenterais peut-être l'expérience avec cet auteur et un autre titre de la série.

    09/02/2020 à 19:18 2

  • L'Echo des Morts

    Johan Theorin

    9/10 Un magnifique roman qui m'a envoûté, j'ai été très touché par la détresse de ce père de famille qui doit affronter une nouvelle vie seul, alors même que celle-ci a été construite à deux... Seul avec ces deux enfants, vis-à-vis desquels il doit tenir le coup, encore déchiré par le décès de sa femme dont il cache d'ailleurs la réalité à ses enfants... Touché mais aussi immergé comme rarement dans l'ambiance feutrée, aoutée de cette île d'Oland sous la neige. L'intrigue n'est pas en reste ; elle nous plonge dans le passé de l'île, et Gerlof Davidsson, sa mémoire, aide grandement les différents protagonistes à avancer, dans leur vie comme dans l'enquête. Un personnage très attachant, qu'il me plaira de retrouver comme la plume de l'auteur, dans le troisième roman de la série.
    Un roman subtil, émouvant, envoûtant, un coup de coeur.

    26/01/2020 à 11:19 8

  • À perdre haleine

    Aga Lesiewicz

    3/10 J'ai ressenti de l'agacement lors de ma lecture et j'ai été pressé de la terminer pour pouvoir enfin passer à autre chose.
    La raison principale est l'héroïne : égoïste, égocentrique, inconséquente, superficielle, xénophobe sur les bords (je cite : "les Américains tapageurs, les Scandinaves décontractés, les Français irascibles, les Slaves solennels" p. 177, bonjour l’essentialisation ! ou encore, plus loin, p. 179 "Ignorant la horde de jeunes Maghrébins qui tentent de me refourguer des portes-clés..." et que dire de sa description de Barbès p. 181...). Horripilante, exécrable, il m'a été impossible de m'attacher un tant soit peu à elle. Ajoutons qu'elle a des réactions incompréhensibles, du genre continuer à pratiquer son footing matinal dans le même parc, sous prétexte qu'elle se sent attirée par le lieu alors même que s'y produisent des viols à répétition... comme si elle ne pouvait aller courir ailleurs... Son attitude vis-à-vis de la gent masculine est par ailleurs ridicule (pour la faire simple, elle saute sur tout ce qui bouge).
    Le schéma narratif est hyper répétitif, l'auteure décrit je ne sais combien de fois la même journée : madame fait son footing, va au taf la journée (taf qui consiste essentiellement à lire et à répondre à des mails et assister à des réunions... passionnant) et a même une "dog-sitter" (si, si !!) pour sortir sa chienne Wispa, et rentre le soir...
    Et comme si tout cela ne suffisait pas, on a droit à une référence aux marques toutes les 5 pages (l'auteure a signé des contrats ou quoi ?!).
    Bref, j'ai pris ce livre à la bibliothèque attiré par la 4e de couv' (qui, soit dit en passant, dévoile plus de la moitié du roman...) et bien je le regrette amèrement !

    24/01/2020 à 21:33 4

  • Les Cicatrices de la nuit

    Alexandre Galien

    5/10 Beaucoup d'ennui à la lecture de ce "Prix du Quai des Orfèvres". Des personnages peu consistants, une intrigue classique, prévisible, des dialogues plats, une écriture quelconque... Mais en revanche un titre parfaitement calibré pour le prix, avec pas moins de 38 notes de bas de page pour expliquer "l'argot policier" et autres acronymes propres à ce milieu, démontrant au jury que l'auteur sait de quoi il parle (normal, il est du métier).
    Déçu par mon achat, appâté par une belle couv' (savent y faire les éditions Fayard, il faut le reconnaître). J'ai toujours du mal à comprendre que les lauréats du prix tirent souvent à plus de 100 000 exemplaires quand tant d'excellents auteurs peinent à vendre quelques milliers de leurs excellents romans...

    18/01/2020 à 11:26 8

  • Maigret se fâche

    Georges Simenon

    8/10 Maigret, à la retraite depuis deux ans, paisiblement installé dans sa maison de Meung-sur-Loire en compagnie de Mme Maigret, va s'embarquer dans une enquête presque contre son gré, le conduisant à Orsenne dans une famille de la haute bourgeoisie. Une jeune fille vient d'y perdre la vie et sa grand-mère, Mme Amorelle, doute du caractère accidentel de sa mort, appelant manu militari Maigret à la rescousse pour faire toute la lumière sur ce drame.
    Sur place, Maigret retrouve une tête qu'il connaît, celle d'Ernest Malik qu'il a côtoyé adolescent au lycée de Moulins et qui déjà lui faisait mauvaise impression. Le jeune homme de jadis appelé à l'époque "Le Percepteur" en référence au métier de son père était un ambitieux et semble des décennies plus tard avoir particulièrement bien réussi. Mais cette réussite ne cache-t-elle pas quelque chose ? Sa nièce est-elle bien morte de manière accidentelle ? Et pourquoi le cadet de Malik est-il enfermé dans sa chambre et souhaite en sortir à tout prix ?
    Maigret se fâche parce qu'il sent qu'il y a quelque chose qui ne tourne pas rond. Il se fâche quand on le décourage, vivement, d'abandonner l'enquête. Il se fâche, quand Mme Amorelle décide finalement, par une lettre, ne plus avoir besoin de ses services et lui demande de retourner à Meung-sur-Loire. Mais Maigret est têtu. Le retraité entêté fera même appel à ses anciens collègues du 36 pour piéger un des protagonistes de l'histoire...
    Simenon, par l'entremise de cette intrigue, nous emmène une nouvelle fois dans les coulisses des familles bourgeoises aux secrets bien gardés et aux cadavres dans le placard bien planqués... L'argent, le pouvoir, la manipulation, la veulerie... des thèmes dont on ne se lasse pas de voir décortiqués, finement décrits par l'immense auteur belge.
    Encore une réussite pour Simenon et son personnage favori qui ne peut s'empêcher de sortir de sa retraite pour mener à bien et jusqu'au bout son enquête... Encore un plaisir de lecture.

    14/01/2020 à 19:09 3

  • Le Collège fantôme

    Jean-Philippe Arrou-Vignod

    6/10 Un court roman (presque une novella) à destination des 9 ans et plus, ou comment un jeune garçon, Sébastien, se retrouve seul (ou presque) dans un drôle de pensionnat, ancienne forteresse dans la montagne, et découvre les drôles de manigances du directeur. Il fait la rencontre de gentils fantômes, anciens hôtes des lieux (qui ont servi de bagne pour enfants au XIXe s.), qui le convainquent d'empêcher le directeur d'arriver à ses fins.
    Une lecture sympathique, qui plaire assurément aux jeunes lecteurs, moins aux grands car très courte et pas inoubliable.

    09/01/2020 à 22:24 2

  • La Dernière Chasse

    Jean-Christophe Grangé

    7/10 On retrouve dans cet opus, 21 ans après la parution des Rivières Pourpres, le commissaire Niémans. Cabossé, meurtri, il se remet doucement de ce qui lui est arrivé du côté de Guernon. Mis au placard puis formateur, il est finalement investi d'un nouveau rôle au sein d'un organisme nouvellement créé, "L'Office central", à l'effectif impressionnant de... deux policiers, lui et Ivana. Cette dernière, une vieille connaissance d'origine croate (son histoire personnelle est au passage invraisemblable, à la limite du grotesque), l'accompagne outre-Rhin, à Fribourg-en-Brisgau, tout près de la frontière française.
    Une riche et puissante famille aristocrate du Bade-Wurtemberg vient d'être frappée par un crime atroce. Nous accompagnons alors le duo dans une intrigue mêlant pureté du sang, chasse (la pirsch ou chasse à l'approche), les nazis (Les Chasseurs Noirs de Dirlewanger) etc... Ca fait un peu déjà vu (cf Les Rivières Pourpres, mais sur un autre versant des obsessions nazies) mais cela reste accrocheur et l'on ne s'ennuie pas une minute durant les quelques 400 pages du thriller. En revanche, et comme toujours chez Grangé, si j'apprécie son imagination fertile et dantesque, j'ai tiqué sur trop d'invraisemblances, par moments c'est vraiment too much. Mais certains diront que cela fait partie du panel "grangesque"...
    Bref, une lecture nerveuse, un thriller rythmé et survitaminé mais qui pêche parfois par trop d'invraisemblances à mon goût.

    08/01/2020 à 17:13 9

  • Les Fils de la poussière

    Arnaldur Indridason

    9/10 Pendant une bonne partie du récit, j'ai retrouvé avec grand plaisir un de mes auteurs préférés. L'enquête est assez lente, on circule de chapitre en chapitre entre l'enquête policière menée par Erlendur et Sigurdur Oli (je ne me souvenais pas que ces deux-là ne s'appréciaient pas du tout, en tout cas pas à ce point), la vie de Palmi, le frère de Daniel, interné psychiatrique qui se suicide au début du roman et de mystérieux dialogues de personnes dont on ne connaît pas encore l'identité et qui cherchent à faire taire tout personne un temps soit peu proche de l'affaire. On navigue aussi, comme de coutume avec l'auteur, entre passé et présent, entre cette fameuse année 1967 où une classe de cancres est devenue par miracle excellente et le présent dans lequel, en plus du suicide de Daniel, un ancien professeur est assassiné de façon atroce.
    Petit à petit on prend la mesure de ce qui s'est joué en cette année 1967. Mais rien, absolument rien, ne laissait présager les 40 dernières pages époustouflantes. On bascule alors dans le pur thriller, on va de révélation en révélation (cela faisait longtemps que je n'avais pas été bluffé comme ça à la lecture d'un roman), le souffle coupé. Et c'est très surprenant de trouver cela chez Indridason, dont j'ai lu tous les autres Erlendur (à l'exception du tout dernier sorti). Et comme ericdesh, je ne comprends pas pourquoi ce roman n'est publié que maintenant, tant il est exceptionnel. Et puis, pour un premier roman, belle maîtrise !
    Dire qu'il a 22 ans (publication originale en 1997) ! Les thèmes abordés en toute fin d'ouvrage sont d'actualité et l'étaient déjà en 1997. Et l'on repense à des réflexions disséminés çà et là dans le roman sur le destin... entraînant chez le lecteur des questionnements quasi philosophiques.

    Bref, dire que j'ai adoré ce roman est un euphémisme. Dévoré en 3 jours, il fait partie de mes 2 ou 3 Indridason préférés. Un incontournable pour tous les fans de l'auteur et une découverte à faire pour tou.te.s les autres !

    04/01/2020 à 14:06 8

  • Maigret s'amuse

    Georges Simenon

    8/10 Sur les conseils de son médecin, Maigret prend quelques semaines de vacances. La Vendée est un temps envisagée comme destination estivale mais le commissaire décide de rester à Paris et de visiter en compagnie de Mme Maigret différents lieux de la capitale désertée en ce mois d'août.
    C'était sans compter une affaire qui va agiter la capitale, le meurtre de l'épouse d'un médecin bien connu du gratin parisien. En l'absence du commissaire, c'est l'inspecteur Janvier qui est aux commandes. Seulement l'homme à la pipe, s'il s'abstient de revenir au 36 appliquant ainsi scrupuleusement les conseils de son médecin, ne peut s'empêcher de suivre les avancées de l'affaire à distance, via la presse notamment. C'est donc dans la peau d'un lecteur lambda que Maigret va tenter de résoudre l'affaire. Maigret s'amuse car il comprend pas mal de choses et souhaite, discrètement, orienter Janvier sur certains pistes ; il écrit ainsi des mots anonymes à destination de son inspecteur.
    Exercice de style fort réussi de la part de l'immense romancier belge dont on ne dira jamais assez le talent. Encore une fois, un roman jouissif écrit en à peine une semaine (!), où l'on s'amuse autant que Maigret, entre flâneries et articles de journaux. Qu'il est fort ce Simenon !

    01/01/2020 à 12:05 5

  • Suzanne et les ringards

    Jean-Bernard Pouy

    6/10 Charles-Emile Gadde alias "Dumbo" accompagne sur les routes et en concert un groupe punk qui monte, les "Bande à part". Chargé de maintenir l'ordre dans les concerts, de monter et démonter le matos, il est un "homme de l'ombre".
    Mais à la suite d'une soirée qui a dégénéré, une jeune groupie, Suzanne, est retrouvée morte, salement amochée et violée, dans la chambre d'hôtel de Dumbo. Ce dernier, surnommé ainsi en raison d'une tache couleur de lie de vin lui recouvrant la moitié du visage, lui donnant un aspect monstrueux qui en rebute plus d'un, a un alibi en béton. De plus un coupable est vite trouvé, coupable qui finit par se suicider.
    Mais Dumbo en est sûr, le coupable se trouve parmi les Bande à part.
    Parallèlement à ce récit à la première personne, on suit une jeune actrice de cinéma qui, suite à la mort de son compagnon, a décidé de tout plaquer et de fuguer. La France est en émoi et tout le monde se demande où est passée la starlette.
    Bien évidemment les routes des deux principaux protagonistes finiront par se croiser...
    J'ai un avis mitigé : je trouve l'histoire originale, j'ai eu plaisir à suivre Dumbo dans la tournée des Bande à part à travers la France, mais j'ai eu du mal avec l'écriture de Pouy, qui use et abuse des jeux de mots rarement drôles, qui hachent inutilement le rythme à mon humble avis. J'ai compris à mi-chemin du roman qui était l'assassin et du coup le "twist final" n'en fut pas un.
    Je pense cependant que je n'oublierai pas ce roman, tant le personnage de Dumbo est atypique.

    31/12/2019 à 11:58 3

  • Vivant

    Roland Fuentès

    7/10 Roman choral, on alterne selon le point de vue des protagonistes, à l'exception des deux lancés dans une course poursuite qui semble sans fin. Un groupe de jeunes adultes et adolescents décidés à prendre des vacances où alterneront révisions et activités sportives. Mais l'arrivée dans le groupe d'un nouveau, Elias, provoque des tensions, notamment du côté de Mattéo. Le premier est une crème, le second ombrageux, colérique, dirigiste et influencé par le racisme de son père...
    Le roman, à destination des adolescents, est plutôt plaisant à lire sans pour autant que je sois convaincu par la conclusion...

    28/12/2019 à 11:27 2

  • Les Refuges

    Jérôme Loubry

    6/10 Après un début auquel j'ai peu accroché (une bonne centaine de pages avant d'avoir un premier vrai rebondissement), je me suis laissé prendre au jeu. Mais après quelques semaines, qu'est-ce que j'en ai retenu ? Hélas pas grand chose. J'ai aimé l'univers étrange et un brin angoissant sur l'île, j'ai trouvé l'intrigue plutôt bien fichue, mais sans que cela me marque au-delà de quelques jours après sa lecture.
    Au final, un roman dont j'attendais sûrement trop, pas désagréable à lire loin s'en faut, un "page-turner" que j'aurais aimé dévorer il y a quelques années mais qui n'est plus vraiment ma came aujourd'hui, sans pour autant que je ne comprenne pas que d'autres aient pu prendre grand plaisir à sa lecture. A chacun.e de se faire son propre avis.

    24/12/2019 à 09:40 12