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La Plongée des roses
4/10 Tiffany Rivers travaille pour une compagnie d’assurances, et son rôle d’enquêtrice consiste à s’assurer que l’entreprise qui l’emploie n’a pas été victime d’escrocs. Après un dernier coup d’éclat, la voilà qui rejoint la ville de Milton Mills avec son adolescente de fille, Clara. Ce qui l’attend sur place s’avère bien plus terrible que ce à quoi elle avait jamais été confrontée : un tueur en série massacre des femmes en leur ôtant leur appareil reproducteur.
Ce roman de Pier Davi surprend dès les premiers paragraphes. Le rythme est très particulier, soumis à des sauts d’une ligne et des signes de ponctuation qui renseignent sur le ton du passage. C’est étonnant, très original également et l’on s’y fait vite. Le livre, assez court, n’est émaillé d’aucun temps mort, et l’on prend plaisir à découvrir des personnages hauts en couleur, du policier inspiré du lieutenant Columbo au beau pompier détective en passant par le légiste. Le final, volontairement en suspens, laisse nettement planer le doute quant à l’arrivée inattendue d’un personnage, Pier Davi annonçant déjà une prochaine aventure pour Tiffany. Néanmoins, ces qualités indéniables ne sauraient dissimuler des écueils fâcheux. Dans la forme, le lecteur en a les cornées qui se décollent après une telle avalanche de coquilles et de fautes grossières – quasiment une par page. A ce niveau-là, ça n’est plus de l’inadvertance mais bien du dilettantisme. En outre, même si de nombreuses scènes sont joliment écrites, le souhait de l’auteur de vouloir à tout prix travailler son texte rend certains dialogues complètement surjoués, théâtralisés au sens péjoratif du terme, et ces moments sonnent faux. Il y a également dans le dénouement des ficelles épaisses comme des câbles sous-marins, avec une superposition de clichés et de convergences qui, loin de tresser un maillage habile, entrelacent une série de banalités pour un résultat décevant.
Pier Davi n’a pas démérité avec ce roman à suspense, mais son récit aurait largement gagné à être relu et retravaillé pour le purger d’une présentation coupable d’amateurisme et de choix scénaristiques très en deçà de ce que l’on pouvait espérer.06/03/2026 à 07:04 2
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La Montagne de la mort
Lincoln Child, Douglas Preston
7/10 Deux excursionnistes découvrent par hasard des cadavres dans une grotte. Pensant d’abord qu’il s’agit de squelettes de Pueblos, le FBI mandate l’inspectrice Corrie Swanson afin de tirer cette histoire au clair. Mais les faits apparaissent vite différents de cette première hypothèse : il se pourrait que ces corps soient ceux, manquants, remontant à quinze ans auparavant, quand des alpinistes avaient brusquement quitté leur campement comme s’ils étaient sous le joug d’une menace effrayante. Aidée de son nouveau tuteur Sharp et de l’archéologue Nora Kelly, la jeune femme va devoir affronter un terrible secret.
Voici donc le quatrième opus de la série consacrée à Nora Kelly, avec aux plumes les écrivains aguerris que sont Douglas Preston et Lincoln Child. Le lecteur est immédiatement jeté dans l’histoire, et l’on retrouve avec délectation le savoir-faire de ces deux auteurs notamment réputés pour la saga mettant en scène Pendergast : les chapitres alternent avec maestria, le style est d’une fluidité exemplaire, certains moments sont particulièrement visuels. Comme il l’est expliqué en fin d’ouvrage, ce scénario s’inspire de l’Affaire du col Dyatlov à propos de laquelle Douglas Preston avait consacré un article qui aurait pu déboucher sur un film si l’invasion de l’Ukraine par la Russie n’était pas intervenue à la même époque. Ce roman se lit très facilement, comporte ce qu’il faut de mystères et de réponses et préserve un beau suspense d’un bout à l’autre, même si quelques écueils font tiquer – comme la concomitance de deux événements bien trop inattendus pour être capables de se produire au même endroit et au même moment, ou encore des épisodes bien menés mais guère enthousiasmants, comme les démêlés juridiques de Skip.
Un thriller globalement réussi et efficace, qui offre sa dose de frissons et de tension.05/03/2026 à 06:44 1
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Dernier avertissement
9/10 Léo Garcia, jeune artiste, prend trop tard conscience de son erreur : il s’est laissé offrir une très belle somme par la critique d’art et collectionneuse Alexandria Zenatoff en échange de sa peinture intitulée « Dernier avertissement ». Cette œuvre, militante, contient les germes d’un virus qui est en train de détruire Kemokhobinsk, un village de Sibérie. Est-il déjà trop tard ?
Jean-Christophe Tixier signe ici un polar pour la jeunesse particulièrement fort. L’histoire intrigue et surprend, et se fonde sur un pitch très original : une œuvre d’art peut-elle se montrer engagée puis se montrer létale ? Le germe toxique, issu du permafrost et obtenu grâce à Marie, sa copine, est en effet exploité afin de dénoncer les risques liés au dérèglement climatique et attirer l’attention de tous sur les ravages d’une telle éventuelle catastrophe. Ce livre singulièrement court – une quarantaine de pages – s’illustre par sa concision et sa vélocité, d’autant que le message qu’il véhicule est brillant. Le suspense est solide, la réflexion qu’il engendrera dans l’esprit des jeunes auquel se destine cet ouvrage sera instructrice, et l’ensemble s’avère aussi nerveux que nécessaire, avec un titre hautement symbolique.
On ne peut donc que chaudement recommander ce roman de la taille d’une nouvelle, édifiant et atypique, dont on peut juste regretter la brièveté alors qu’il portait amplement en lui la possibilité d’en faire un opus bien plus long et ainsi percutant.04/03/2026 à 06:54 1
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Maintenant, cours
6/10 Il y a déjà deux femmes disparues dans le Kentucky quand l’agent du FBI Brynn Justice, analyste, est appelée à se rendre sur place. Aux côtés de l’agent spécial Derek Cole, elle va devoir affronter un tueur en série qui se prend pour Hadès et qui emporte ses proies dans des souterrains.
Un premier tome assez classique et qui fonctionne plutôt bien. Brynn Justice et son collègue ne fendent pas le moule des enquêteurs imaginés par Molly Black mais ce duo s’en sort correctement. L’histoire ne casse pas non plus des briques, néanmoins l’idée d’introduire cette série en lien avec la mythologie est intéressante. Il manque des détails dans le final quant à la psychologie de cet assassin qui a consacré son œuvre à ses Perséphone, mais ce roman concis demeure distrayant.03/03/2026 à 19:42
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Iris
8/10 « Tu es Iris, l’invaincue. Nous n’avons jamais perdu une bataille dans laquelle tu étais engagée » : elle va pourtant perdre son combat contre un colosse athénien, Elthios. Ostracisée de Sparte, elle vivote pendant un ans sur l’île d’Hydréa où elle n’est plus qu’une moins-que-rien jusqu’à ce qu’on lui fasse comprendre que son adversaire était en réalité Zeus. La voilà prête à se venger.
Un tome au graphisme remarquable et à l’intrigue à la fois singulière et soignée. Beaucoup de combats et de violences même si cette BD n’a rien d’un ouvrage bourrin : c’est au contraire un bel hommage à la mythologie tout en la relisant avec intelligence. La confrontation finale est peut-être un peu courte mais j’ai vraiment apprécié cette lecture.28/02/2026 à 08:03 2
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Blue Heaven tome 2
9/10 Le patriarche de la famille Junau revient sur le terrible incendie dont lui et son épouse ont été les victimes. Le rythme du récit s’accélère, la tête tranchée du capitaine est découverte, et la confrontation entre le psychopathe et Garuf Junau – qui en est également un – déclenche un sacré début des hostilités. Graphisme superbe, scénario singulier, récit haletant, de magnifiques instants de panique collective : un deuxième tome aussi puissant que cette série. Vivement le troisième et dernier tome !
26/02/2026 à 08:03 2
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Oseras-tu ?
4/10 Un troisième tome qui vient clore ce cycle premier, mais l’ensemble demeure assez mou et décevant : la révélation finale peut surprendre mais elle demeure une désillusion à mes yeux, d’autant qu’elle me paraît incomplète. Visiblement, la suite n’est pas parue, et le lecteur que je suis se retrouve du coup le bec dans de l’eau – et pas spécialement potable, cette eau, en plus. Globalement décevant, donc.
15/02/2026 à 07:57 1
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Miracles
5/10 Erica Liebowicz essaie de reprendre de l’énergie au sein de la communauté qui l’a recueillie et elle est toujours sujette à des visions, notamment d’un carnage. Le côté surnaturel ressurgit avec davantage de force (les hommes poussés à retourner leurs armes contre eux), mais je continue de trouver cette série un brin bavarde et manquant de rythme. Vivement le troisième et dernier tome pour connaître le fin mot de cette histoire que j’espère surprenant.
15/02/2026 à 07:56 1
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La prochaine fille
6/10 Rachel Martinez a été la première victime d’un tueur en série qui s’en prenait à des SDF. La policière Meg Thorne, proche de la retraite et encore meurtrie par l’assassinat inexpliqué et irrésolu de son mari James, enquête sur ce cas alors que le prédateur est sorti de son inactivité.
Un roman à suspense plutôt classique, avec son lot de fausses pistes et de rebondissements. Kate Bold maîtrise son sujet, c’est globalement attendu mais j’ai apprécié le fait que l’héroïne ne soit pas une profileuse omnisciente ni parfaite : pugnace, prête à prendre des libertés avec les procédures, elle doute, a peur, montre des fragilités. Le mobile du tueur n’a rien de renversant ni de mémorable mais ça tient la route et ça demeure vraisemblable. Bref, un ouvrage assez réussi et distrayant.14/02/2026 à 07:35 1
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La Vipère de Staline
5/10 Ce vingt-quatrième tome continue de jouer la montre et, même si les graphismes demeurent globalement intéressants et l’histoire plutôt agréable à suivre avec le retour des éléments paranormaux liés à la soucoupe volante, ça continue de s’étirer inlassablement en longueur. Je pense très sincèrement que seuls les fans de cette série seraient capables de dire avec précision en quoi le tome 21 est différent du précédent, ou ce que le 22 a de spécifique. Même l’intervention téléphonique finale de Staline pourrait relancer mon intérêt, mais j’ai été tant de fois déçu par le passé avec ce genre d’espoir que je crains d’être à nouveau dépité.
11/02/2026 à 18:10
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Nouveaux prédateurs
6/10 Un vingt-troisième tome qui commence dans le Nevada, et c’est le retour en trombe de la pilote qui se sent possédée par sa machine (« Je suis l’avion »). Etats-Unis, Roumanie, Allemagne, Algérie : on voyage beaucoup et cette BD est plus nerveuse que la précédente, mais j’ai vraiment l’impression que le scénariste tricote et dévide sa pelote un peu à vide. Je croise les doigts pour que la réanimation de l’appareil volant extraterrestre en fin d’ouvrage aille (enfin) apporter un coup de fouet à l’histoire.
11/02/2026 à 18:09 1
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Destins
7/10 Une nouvelle écrite à la première personne. Deux semaines auparavant : Mathilde (la narratrice), mariée et mère de trois enfants, veut se suicider en sautant du haut d’un pont mais une femme l’interrompt et lui propose une sorte de pacte : ‘Donne-moi 5000 euros et 10 jours de ta vie. Dans 10 jours, je te ramènerai ici. » Une invitation à une sorte d’expérience menée avec deux inconnus, où il y sera question de trois photos quotidiennes, de claustration et de jeûne.
Un récit très curieux, mêlant réalité du quotidien à une ambiance étrangement occulte, presque surréaliste, assez ouverte quant aux diverses interprétations possibles. L’écriture est vraiment belle et poignante, notamment, en quelques lignes habilement ciselées, sur les portraits psychologiques de Mathilde comme de l’adolescent de l’épilogue. J’y ai vu une sorte de référence aux écrits d’Edgar Allan Poe, presque une descendance, mais peut-être que l’absence de réponse franche quant à tous les tenants et aboutissants viendra flouer certains lecteurs : je fais partie de ces derniers.09/02/2026 à 18:51 2
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Tapas ou ça casse !!!
Christophe Arleston, Serge Carrère, Loïc Nicoloff
6/10 Deux histoires dans ce 18e tome : « Rayon meurtre » et ‘L’évêché était fermé de l’intérieur ». Un homme essaie d’abattre une star de la télé lors d’une séance de dédicace avant de s’envoler en deltaplane : une vengeance et un chantage venus d’Afrique sont à l’œuvre. Dans la seconde histoire, des malfrats réalisent une prise d’otages au dernier étage d’un commissariat marseillais. Si le premier récit est intéressant, le second l’est à mes yeux beaucoup moins, mais on retrouve avec plaisir l’humour bienvenu, les courses-poursuites insolites et le ton débridé qui sied si bien à la série. Globalement plaisant malgré tout.
07/02/2026 à 07:52
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Une fois qu'il a vu
7/10 Alors qu’elle traquait un tueur en série – « L’Artiste », – l’agent spécial du FBI Claire King a été victime d’une explosion qu’il l’a envoyée dans le coma, son cerveau privé d’oxygène pendant dix-sept minutes. Elle a vécu une sorte d’expérience de mort imminente et est revenue parmi les vivants avec des hallucinations terribles qui pourraient bien lui être utiles dans le cadre de ses enquêtes. Là, un tueur en série laisse dans son sillage des cadavres de femmes sur lesquelles on retrouve à chaque fois un bandeau de fourrure sur les yeux.
Un roman qui exploite assez bien le thème de l’EMI, des visions paranormales et de la médiumnité, avec une héroïne qui correspond au cahier des charges des ouvrages de Molly Black, Blake Pierce, Ava Strong et consorts. Le rythme est intéressant, les fausses pistes assez habiles (notamment avec ce magicien/prestidigitateur), et au-delà du côté formel plutôt réjouissant, c’est le mobile autant que la personnalité du tueur en série qui surprend par sa qualité : c’est un individu qui terrifie autant qu’il émeut, et sa rencontre finale avec Claire King est d’ailleurs réussie puisqu’elle nous épargne le cliché du monstre sanguinaire et définitivement psychopathe. La carte postale reçue à la toute fin du livre est certes attendue, mais l’ensemble est efficace, distractif, et plutôt au-dessus de la mêlée des différents auteurs précités.04/02/2026 à 19:19 1
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10 heures pour une vie
8/10 Alex invite trois de ses amis – Inès, Sami et Léa – dans le manoir de son oncle qui a transformé l’édifice en escape game. Alors qu’une puissante tempête de neige s’amorce, voilà que Léa disparaît. La situation est d’autant plus alarmante que l’adolescente, diabétique, a besoin de sa piqûre journalière.
Nathalie Somers signe ici un ouvrage très réussi. Sur le thème classique du huis clos et de la disparition inquiétante, elle brode une ambiance lourde de mystère, de menace et d’urgence. Les personnages sont bien campés, le récit trépidant, les dialogues claquent et la résolution s’avère convaincante. Le livre a en outre le bon goût d’être concis et ce format lapidaire se conjugue avec bonheur à ce tempo nerveux – à moins que ça ne soit l’inverse. Les épreuves que vont rencontrer et affronter les protagonistes sont efficaces, depuis les vents impétueux qui soufflent hors de cette effrayante citadelle à la retenue d’eau gelée.
Un roman très bien imaginé et mené, où l’écrivaine s’illustre par la simplicité d’une intrigue et la totale absence de temps morts.02/02/2026 à 06:39 2
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Sur ses talons
7/10 Kari Blackhorse revient sur ses terres natales, dans une réserve indienne de l’Arizona, pour y officier en tant qu’inspectrice. Son père était au FBI et sa mère a été assassinée dans des conditions qui n’ont toujours pas été éclaircies. C’est d’abord un professeur en minéralogie qui est retrouvé tué selon un rituel indien mais qui a, semble-t-il, été mal interprété et exécuté. Kari va alors devoir fait la part entre son identité indienne et son savoir-faire d’enquêtrice pour mettre fin aux agissements d’un tueur qui ne fait que débuter sa croisade meurtrière.
Un roman intéressant de la part de Blake Pierce (ou de l’un des écrivains de l’ombre regroupés sous ce pseudonyme), avec une écriture efficace, un cahier des charges certes attendu mais convenablement rempli, un suspense prenant et l’absence de temps morts. Cet ouvrage se distingue notamment du reste des autres livres de l’auteur par un style un peu supérieur, un sens de l’action (cf. la confrontation finale) et une belle cohérence de l’ensemble. Certes, le coup du sachet de médecine dans l’épilogue pourra faire sourire parce que poussant un peu loin le curseur de la mythologie indienne, mais cet écueil mis à part, c’est globalement très positif.01/02/2026 à 07:42 1
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Le Silence des nonnes
8/10 La commissaire Priya Dharmesh est en train de poursuivre ce parcours du combattant administratif pour adopter Lison Ober quand elle reçoit un coup de fil étrange : douze nonnes se sont enfermées dans leur carmel. Sur place, la découverte est vertigineuse : les sœurs se sont entredévorées. La piste d’un produit toxique susceptible de conduire des individus à la folie anthropophage surprend, mais le doute n’est plus permis lorsqu’un autre carnage du même genre se déroule dans une boîte libertine.
Après La Fille du boucher, Marie Capron est revenue en 2024 avec cet ouvrage qui met à nouveau en scène l’enquêtrice Priya Dharmesh. C’est « une petite bonne femme d’un mètre soixante, d’origine réunionnaise », qui a cinquante-quatre ans, un sacré caractère et qui souhaite adopter l’adolescente qu’on avait découverte dans le précédent tome de la série. On retrouve dans cette histoire ce ton si particulier, où les saillies d’un humour à froid côtoient les moments assez glauques, où les réflexions sévères quant à notre société jouxtent des moments d’une belle et généreuse humanité. L’intrigue est très prenante, avec cette drogue concoctée par les petits-enfants d’un chimiste acoquiné à la French Connection et qui va intéresser des agents prêts à semer une profonde discorde dans le pays. Les chapitres sont nerveux, font alterner les points de vue des divers protagonistes, et il n’y a aucun temps mort à déplorer. Marie Capron nous gratifie de moments forts, comme la découvertes des nonnes ou encore cet épilogue, ouvertement inspiré par l’épisode d’Ulysse et de ses camarades tentant de résister aux appels des sirènes. La tension et la paranoïa des habitants du pays sont habilement rendues et cet ouvrage s’achève sur une note poignante.
Un roman aussi réussi et audacieux que le précédent, ce qui n’est pas peu dire.30/01/2026 à 06:37 3
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Corde et cicatrice
7/10 L’analyste financier Peter Baldwin a été retrouvé, pendu par les pieds, égorgé et le pénis dans la bouche. Une inconnue a été découverte à ses côtés, gravement blessée. Les deux policiers Wu Ping et Matt Murphy, avec leur collègue Stanley Zhong, tous les trois regroupés dans une cellule d’enquête très particulière baptisée « MP3 », vont commencer à remonter le fil d’une cabale politico-financière de grande ampleur.
Ce premier tome de la série Opium séduit très rapidement. Le style de Eric Zosso est fluide, souvent enjoué, et le rythme ne manque pas. On y découvre deux protagonistes – Stanley Zhong n’apparaissant qu’assez peu – que l’on aura plaisir à retrouver par la suite : Ping, fin gastronome, adepte du thé comme des proverbes, et drogué aux paris de mah-jong, et Matt, richissime, amateur d’alcool et de call-girls, qui va faire de surprenantes trouvailles quant à sa famille. L’histoire est bien troussée et originale, nous faisant naviguer des sphères politiques au milieu de la finance en passant par de sombres pratiques boursières – les spéculations à la baisse sont intelligemment explicitées – et des corruptions à grande échelle. Eric Zosso pose efficacement les fondements d’une série qui réjouit et que l’on a hâte de suivre même si quelques écueils, dans le fond (des clichés quant à certains personnages) comme dans la forme (des répétitions inutiles, des points d’exclamation surnuméraires ou encore quelques dialogues qui sonnent faux), viennent légèrement ternir le tableau.
Un roman à suspense d’une belle tenue, singulier et exotique, qui a en outre le mérite d’être concis et équilibré.29/01/2026 à 06:56
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La Guerre aux deux visages
Christian Chavassieux, Cédric Fernandez
5/10 Une BD documentée et un dessin très agréable, coloré et avenant, mais certains éléments m’ont fait tiquer : l’ensemble est à mon sens trop épuré et ne montre pas assez la sauvagerie des uns ni la cruauté des autres, les dialogues et commentaires sont trop travaillés pour sembler spontanés et donc crédibles, et je n’ai strictement rien ressenti par rapport à Cortés – son caractère, sa foi, les missions qu’il s’est fixées, etc. – au point d’avoir eu le sentiment qu’il était ici un peu désincarné, sans chair, sans densité. Bref, c’est certainement subjectif, mais personnellement, c’est une déception.
28/01/2026 à 19:50
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Oeil pour oeil
9/10 En Angleterre, des personnes ayant purgé leur peine peuvent désormais vivre sous une nouvelle identité garantie par les institutions. Malheureusement, ce secret ne semble pas aussi solide que ça quand des individus s’en prennent à l’un d’entre eux qui préfère se suicider en se jetant du haut d’un pont plutôt que de subir une justice expéditive. Emily essaie de renouer avec la normalité auprès de son adolescent de fils, Sam, tandis que Jack peine à se réinsérer dans la société. Seront-ils les prochaines cibles des délations et des représailles ?
On connaît principalement l’auteur M. J. Arlidge pour sa série consacrée à Helen Grace, mais il nous régale également avec cet ouvrage indépendant. On retrouve avec un immense plaisir le style et la mécanique de l’écrivain : des chapitres très courts et nombreux (ici, 141 !), une rythmique imparable, des points de vue qui alternent avec allant, et des engrenages scénaristiques parfaitement huilés. L’histoire est immédiatement prenante et s’appuie sur des faits solides (M. J. Arlidge rappelle au début du livre que neuf personnes bénéficient actuellement de ce système de protection au Royaume-Uni), et cette histoire prend une saveur très particulière en raison de cette vraisemblance. D’ailleurs, les questions naîtront nécessairement dans l’esprit des lecteurs : un fautif a-t-il le droit à une seconde chance ? Certains spécimens incurables méritent-ils d’être éliminés ? Ces interrogations légitimes se manifestent au gré de ces portraits croisés, de proches des victimes comme de leurs bourreaux, où des êtres lucides quant à leurs terribles méfaits et désireux de se racheter côtoient des monstres ignobles pour qui la rédemption n’est pas un objectif. On se souviendra ainsi longtemps de Mike dont la gamine handicapée a été massacrée par deux adolescentes, du destin de Jack ou encore du comportement d’Olivia, une agente de probation.
Un tempo remarquable qui vient souligner un récit exemplaire, bien loin des stéréotypes du genre, avec un large éventail de psychés fracassées, d’individus égarés et de prédateurs à peine ensommeillés. Un thriller de très haute volée où l’aspect policier jouxte de puissantes réflexions humaines.27/01/2026 à 06:52 4
