3814 votes
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Saga Valta tome 1
7/10 Valgar, venant de Valta, a aimé et mise enceinte Astridr, la fille du puissant Thorgerr, et c’est avec la naissance de Gunnar que commence ce premier tome. Thorgerr arrive alors et est mis devant le fait accompli : il considère Valgar comme un « bâtard ». Ce dernier n’est sauvé de l’un des hommes de son beau-père que par l’ingérence d’une créature, Ogerth-le-sinueux, qui remarque qu’il porte la fameuse lance de Jahell. Le monstre lui impose un pacte : la vie contre un mystérieux manteau rouge…
Une intrigue plutôt classique mais magnifiquement illustrée, bien menée et sans le moindre temps mort, avec quelques scènes de batailles bien sanglantes (cf. elle après l’arrivée des Dévoreurs dans le campement), pour une BD délassante et réussie.06/07/2022 à 18:54 1
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Projet Atalanta
6/10 Même si ce tome 5 reprend le côté mosaïque (du point de vue esthétique comme scénaristique) des précédents, il y a quelques scènes plutôt marquantes, comme le débarquement de ces droïdes de combat, cette ville sous-marine, le ballet de ces immenses raies mantas, etc. Toujours aussi paradoxale à mes yeux, cette série : elle est trop composite, vraiment pas mémorable, mais je continue à la suivre, également aussi par curiosité.
06/07/2022 à 18:54 1
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Un(e)secte
6/10 Une vieille femme dévorée vivante dans son rocking-chair, dans le Kansas. Atticus Gore, policier du LAPD, enquêtant sur la mort d’un journaliste à côté duquel on a trouvé des kyrielles d’insectes morts. Kat Kordell, détective privée, menant une investigation sur la disparition d’une jeune femme, dont le dernier SMS censé émaner d’elle mentionne sa sœur… depuis longtemps disparue. Comme on s’ne doute, ces deux pistes vont finir par se recouper.
J’aime beaucoup l’œuvre de Maxime Chattam, et j’ai été heureux de renouer avec celle-ci, depuis « Le Signal », qui ne m’avait pourtant pas entièrement convaincu. Ici, j’ai retrouvé le style de l’auteur, ses obsessions, son univers, avec environ 550 pages en cette version poche d’un page turner à l’américaine, empruntant les codes du thriller avec beaucoup de talent. Cette histoire, originale, a au moins ceci d’intéressant qu’à défaut d’être crédible, s’avère selon moi marquante, puisque je ne pense pas que beaucoup d’ouvrages fassent référence à des attaques de bestioles. Malgré l’épaisseur de l’opus, je l’ai dévoré en trois jours, et je ne boude pas ma satisfaction. Après, je dois reconnaître qu’il est loin d’être sans défauts (mais quel ouvrage peut se targuer de l’être ?) : les passages à tendance philosophique sur le consumérisme, l’écologie, l’avenir du monde, le capitalisme et tout ça, bon, c’est loin d’être idiot ou inintéressant, mais à force, les charges de Maxime Chattam finissent par lasser, et je me suis même demandé si certains passages n’auraient pas pu être copiés/collés dans d’autres de ses romans tant ça sent la rengaine routinière. Ah, et il y a aussi ce tic qui en devient agaçant tant il est répété (parfois un à chaque page) quand les personnages, quels qu’ils soient, s’interrogent ou ont des pensées traduites en phrases en italique. Je n’ai pas non plus accroché plus que ça aux deux protagonistes, assez lointains, et ce n’est pas en faisant d’Atticus Gore un enquêteur homosexuel (mais le final vient d’ailleurs peut-être nuancer cette inclinaison), amateur de metal ou fan de sa Mini qu’il l’extirpe des milliers et milliers de policiers littéraires. Bref, ils ne sont probablement pas assez marquants à mes yeux. Le dernier tiers du roman m’a laissé hermétique à son traitement, avec une belle dose de n’importe quoi, trop rocambolesque, trop hollywoodien (au sens négatif du terme), ou comment deux individus parviennent à mettre un terme beaucoup trop facilement à un complot intercontinental sans vraiment en baver. Et puis, je ne suis pas spécialement fan des théories complotistes, et ici, j’ai été servi : ces Enfants de Jean, EneK, les SDF utilisés comme cobayes, la secte secrète alors que son complexe est monumental, les expérimentations, les laïus d’Edwin Kowalski à faire passer ceux du Spectre de James Bond pour des conciliabules d’écoliers, sans façon, ça n’est vraiment pas ma came.
Bref, un roman qui distrait, se laisse très agréablement lire, mais tire beaucoup trop sur la corde de la vraisemblance pour ne pas se déliter puis rompre. J’ai passé un agréable moment de lecture, j’en conviens très honnêtement, mais ça ne me marquera pas plus que ça. Je demeure nostalgique des premiers ouvrages de Maxime Chattam et resterai au rendez-vous d’autres œuvres de cet écrivain que j’aime beaucoup, mais je dois reconnaître qu’il se gâche un peu, à mon sens, dans des délires capillotractés.05/07/2022 à 18:34 3
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Réunion d'anciens ennemis
7/10 Convié à une réunion d’anciens étudiants avec sa femme, Rita, ce si cher Dexter retrouve Steve Gonzalez, un individu qu’il avait connu par le passé, « un vieux cauchemar » comme il le dit lui-même… et qu’il avait déjà failli tuer. Le hic, c’est que l’homme que Dexter vient tout juste d’assassiner, Arthur Bleek, travaillait pour Gonzalez. Rapidement, le comportement du bras droit de Gonzalez, Deveaux, intrigue et inquiète, tandis qu’un cocktail Molotov jeté sur le véhicule de Dexter et de sa partenaire vient confirmer que « quelque chose cloche ».
Même si je ne suis pas spécialement fan de ce type de graphisme, quel plaisir de retrouver ce célèbre tueur en série / médecin légiste au gré de cette intrigue bien menée et prenante, avec de multiples ingrédients bien trouvés et surtout bien exploités : une entreprise caritative (« The New Hope Foundation »), des penchants BDSM, taupe du FBI, de l’esclavage humain… Dommage que quelques éléments dans le final soient un peu capillotractés (l’outil justement à portée de main de l’un des séquestrés) et un poil expédiés, ou que l’épilogue rappelle aussi furieusement l’œuvre de Thomas Harris (peut-être est-ce un clin d’œil complice, une sorte de référence). Mais globalement, c’est efficace et particulièrement distractif.04/07/2022 à 20:03 1
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La Baie de l'Artefact
8/10 Sicile, 1938. Le physicien Ettore Majorana a disparu. De nos jours, le jeune Caleb McKay a bien grandi depuis son enfance passée en Ecosse, et on le retrouve au Soudan afin de livrer des médicaments avec ses amis mercenaires. Afin de se renflouer, Caleb et son équipe acceptent une proposition : explorer une mystérieuse grotte en Antarctique, récemment révélée par le décrochement d’un immense iceberg.
Un graphisme ultraléché pour cette BD que je ne découvre que maintenant, un scénario qui emprunte ce qu’il y a de mieux au domaine du thriller (littéraire comme hollywoodien), et pas le moindre temps mort dans l’agencement des engrenages de ce mécanisme parfaitement huilé. Je rejoins sans la moindre retenue les propos de l’ami Fredo notamment sur le caractère très visuel et cinématographique de l’ensemble qui se clôt sur l’évocation de ce projet « Longspoon », les cadavres gelés jaillis du passé, et un lien direct avec le personnage de Caleb. Vraiment hâte de découvrir la suite de cette série instantanément addictive et calibrée pour séduire sans pour autant se montrer consensuelle ou trop policée.04/07/2022 à 16:14 2
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Scélérats qui rackettent
7/10 Philippine Lomar, collégienne, est menacée par un homme armé d’un pistolet. Flashback : une semaine plus tôt, la jeune Swong informe Philippine que deux individus, les frères Mulher, la rackettent. En réalité, ce sont les parents de Swong qui sont rackettés et qui font transiter l’argent par les mains de leur fille. De quoi électriser Philippine… Je découvre cette série via ce premier tome, et je me suis régalé : un ton alerte, des répliques croustillantes et des punchlines tordantes (quel que soit l’âge du lecteur), et une intrigue certes classique mais qui tient rudement bien la route. Philippine est très attachante : elle n’a jamais sa langue dans la poche, a perdu son père dans un accident, est têtue comme une mule constipée, pratique la boxe. Un ton évidemment aimable et gentillet (ça s’adresse en priorité aux jeunes), mais l’ensemble est prenant et enlevé, avec un final où, sur la grande roue, on apprend qu’il sera question d’un enlèvement dans l’opus suivant. Pas très original, mais l’humour et le rythme rattrapent amplement ça.
03/07/2022 à 17:38 1
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Corail noir
Thierry Cailleteau, Olivier Vatine
6/10 Un tome cohérent par rapport aux précédents, avec un étonnant patchwork qui mélange monde sous-marin, combats aériens, SF, espace, androïdes, monstres, créatures bleutées, personnages presque préhistoriques, etc. L’ensemble n’a rien d’extraordinaire en soi, mais ce cocktail a au moins le grand avantage d’être distractif au gré de ces nombreuses scènes d’action. Et puis au moins, l’avantage avec les cocktails de ce genre, c’est que tout le monde, a priori, peut y trouver un minimum d’éléments qu’il appréciera.
02/07/2022 à 16:53 1
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NeuN tome 3
8/10 Un graphisme toujours aussi magnifique au service d’une histoire audacieuse et prenante. Un tome aussi réussi que les précédents qui s’amorce avec un suicide, fort et poignant, tandis que Goebbels apparaît, plus vrai que nature (et je ne parle même pas d’Hitler, brr…). J’avais un peu oublié cette (remarquable) série, j’avais tort, ce tome fait office de nécessaire piqûre de rappel. Sur le final, on découvre une ado, Rebecca, qui semble être la fille du Führer, bien décidée à exterminer celui qui pourrait être son géniteur. Vraiment fort et efficace.
29/06/2022 à 17:10 2
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Le Mégophias
Thierry Cailleteau, Olivier Vatine
6/10 De l’espace à la mer et aux fonds sous-marins, encore un tome agréable. Le graphisme et les couleurs datent vraiment mais l’ensemble demeure distrayant, peut-être même avec un plaisir accentué par ce côté suranné. Un opus avec pas mal d’action qui se conclut par la découverte d’un troupeau d’uruk-urus, des sortes de raies géantes.
29/06/2022 à 17:09 1
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La Fille de la toundra
Alain Henriet, Daniel Pecqueur
6/10 Daytona a eu chaud (ou plus exactement très froid) mais, comme il fallait s’en douter, il va vite s’en tirer et se remettre en selle. Au programme : les voitures en butte aux éléments hiémaux, l’apparition de défenseurs extrémistes de la « planète mère », et un peu plus d’action et de suspense que dans les précédents tomes, au point que certains passages, notamment vers le milieu, tiennent davantage du thriller et s’extirpent presque du reste de la série par le ton plus dur et nerveux. Bref, à mon humble avis, un opus un cran au-dessus des autres pour le moment.
28/06/2022 à 18:38 1
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Des loups dans la spéciale
Alain Henriet, Daniel Pecqueur
4/10 La course continue, avec l’apparition d’un drone lance-missiles. Même si on peut (légitimement) apprécier les scènes avec les voitures, il y a un peu trop de bavardages à mes yeux et quelques scènes (notamment sous-marines) un peu trop capillotractées. Bref, à part des passages (comme avec le sniper ou lors de la plongée involontaire dans l’eau glacée), plus nerveux mais déjà-vus des centaines de fois, ça demeure distractif mais assez dérisoire.
28/06/2022 à 18:37 1
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Piment rouge et alcool blanc
Jean-François Di Giorgio, Cristina Mormile
8/10 Takeo, bien que fort mal en point, fait sa demande en mariage à Sayuri, mais s’il a pourtant juré de déposer les sabres, un récent massacre lié à la quête du ionuchi pourrait le faire se contredire. C’est d’ailleurs peu de temps après qu’il tombe dans un piège. Une BD toujours aussi magnifique graphiquement, une ambiance qui demeure dans l’ésotérisme comme dans les précédents tomes, notamment avec la magie et cette saleté de créature que Takeo va affronter dans ce sinistre donjon. Pas mal d’action et de sang dans ce très bon opus.
26/06/2022 à 17:47 1
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Un Gentleman
6/10 Une transaction amorcée dans un train, où un dénommé Prince Metcherski, accompagné de son domestique Jean, souhaite acheter une 24 CV : une nouvelle de quelques pages à peine, où la chute tombe comme celle d’un gag plaisant. C’est amusant même si on sent venir le final quasiment dès le début, et il n’y a guère que l’année de ce texte (1903) pour permettre à ce récit à la première personne de faire sourire puisqu’il a été rédigé bien avant qu’il ne devienne un élément constitutif si souvent lu, vu ou raconté depuis. Bref, sympathique et élégamment mené, certes, mais vraiment pas de quoi démembrer un poulpe.
26/06/2022 à 17:46 1
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L'Appel de Baïkonour
8/10 Ça commence fort, avec une chasse photographique au centaure qui tourne au cauchemar pour les reporters. Une véritable pluie d’Êtres Génétiquement Modifiés, beaucoup inspirés des mythologies grecque et romaine (clin d’œil évident, avec ce sphinx combattant dans une arène). Carmen n’apparaît qu’à la moitié du récit, ce qui n’empêche pas le lecteur d’être happé par le rythme (nerveux), l’histoire (à la fois insolite et prenante). Des scènes marquantes, comme ces multiples apparitions de créatures guerrières, les tigres au fond de la fosse, ce jeu de la roulette russe que notre héroïne détourne, qui jalonnent ce nouvel opus d’une grande qualité esthétique et scénaristique.
23/06/2022 à 18:45 2
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Black-Box tome 2
8/10 « Les débuts fracassants du fils du tueur. L’éveil de ses gènes de tueur !! », hésite à écrire la journaliste Rie après le combat remarquable mené par Ryoga. Rie se met à la boxe et s’intéresse de plus en plus à cet étrange boxeur tandis qu’un autre adversaire surgit pour affronter Ryoga, un champion de kickboxing, Shidoh. Leur première rencontre, en dehors d’un ring, est d’ailleurs électrique, et Ryoga met violemment Shidoh au tapis. Un deuxième tome de toute beauté esthétiquement, à l’histoire certes classique mais qui creuse habilement la psychologie de Ryoga, aux côtés d’un ancien boxeur de 52 ans devenu alcoolique, et concernant notamment un épisode traumatisant du passé avec son frère.
23/06/2022 à 18:44 1
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L'Homme de la plaine du Nord
8/10 La profileuse Hanah Baxter n’a guère le temps de souffler : à peine est-elle revenue à New York qu’une lettre anonyme l’incrimine comme étant responsable du meurtre de son mentor, Anton Vifkin, lui-même expert en criminologie. Il semblerait qu’un tueur à gage, décidé à en finir avec Hanah, soit à la manœuvre. Peu de temps après, un homme est massacré par des pitbulls dans le nord de la Belgique, près d’un manoir qui n’est pas inconnu de notre profileuse puisque résolument soudé à son propre passé.
Ce quatrième et ultime volet de la série consacrée à Hanah Baxter séduit dès les premières pages. On y fait la rencontre d’un assassin froid et méthodique, aussi glacé que les balles de son fidèle PPK qu’il chemise d’or avec amour, et fermement décidé à en finir avec notre héroïne. Dans le même temps, c’est un personnage pour le moins étonnant : si Ernest Gare est un tueur déterminé et indifférent à l’identité de ses victimes, il partage sa propre personnalité avec Frida lorsqu’il devient transformiste et se travestit dans des cabarets pour chanter son répertoire de classiques de la chanson française. Sonja Delzongle plonge le lecteur dans une histoire sombre et acide, ou plus exactement des histoires tordues et sinistres, où s’entrecroisent des protagonistes pour le moins accidentés par l’existence. Jugez plutôt : Ernest dont la sœur, Cha, est morte tombée au fond d’un terril et dont l’esprit ne cesse de le hanter, le commissaire Peeters dont le fils s’est pendu adolescent, Ange qui occupe le manoir, dont le jeune frère est resté handicapé par une soi-disant chute dans les escaliers et dont la mère est devenue aliénée suite à cette catastrophe, etc. Et c’est peu dire que l’écrivaine, à la plume particulièrement noire et écharpée, ne nous préserve en rien de son imagination certes fertile mais ô combien atroce : des enfants martyrisés, des parties fines où participent des gosses et où sont exercées toutes les paraphilies, des combats de chiens et des chasses à l’homme, des tortures sans filtre, des décapitations, des automutilations. L’auteure du Hameau des purs ou encore du Dernier chant ne nous épargne rien, même s’il est indéniable que ces divers récits sont parfaitement maîtrisés et s’entrecroisent avec brio. Néanmoins, au-delà des nécessaires mises en garde à l’attention des âmes sensibles, son ouvrage, un pur brûlot de noirceur et de barbarie, souffre peut-être d’une sorte de surcharge littéraire, avec un peu trop d’intrigues et de cruautés, comme des individus peuvent être lestés d’une surcharge pondérale.
Un livre incontestablement fort, puissant et marquant, à la rigueur trop surchargé pour plaire à tout le monde, mais dont la radicalité bouscule plus qu’elle ne séduit véritablement, et c’est en soi une vertu.22/06/2022 à 06:12 3
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Starving Anonymous tome 6
7/10 Ce sixième tome d’une série que j’aime beaucoup commence sur les chapeaux de roues, avec un découpage en règle au couteau. Hanajima libère alors les monstres séquestrés dans le sous-sol, et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’ils sont affamés, et les premiers bestiaux volants arrivent en ville, entraînant un massacre. Un manga aussi violent que les précédents, revenant sur les premiers instants de ces créatures sur Terre, il y a fort longtemps. Un opus toujours aussi fou et déjanté qui se conclut sur une scène de cannibalisme ou, dans cette espèce de hors-série qui clôture le manga, sur un personnage devant à son tour un membre de l’élevage humain.
21/06/2022 à 19:48 1
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Les Dragons de Pékin
Jean-Claude Bartoll, Renaud Garreta
6/10 Un prologue plein de bruit et de fureur avec un combat fulgurant sur mer. Un cocktail plutôt sympa d’espionnage et de baston (bien loin des premiers tomes, tout de même…), où Najah nous dévoile également son habileté au sabre. Mais, même si l’ensemble est bien charpenté et documenté, je regrette ces monceaux de bavardages. Une explosion tout en haut d’un building vient clore ce tome certes fort lisible et distractif mais qui manque à mes yeux d’un peu de piment et/ou de concision.
20/06/2022 à 17:05 2
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Le Message du marais
8/10 Des événements inquiétants se multiplient en Sologne, non loin du village de Chaumont-sur-Tharonne : Firmin Lefoix, surnommé « père Corbeau », grand amateur de légendes locales disparaît alors qu’il était lourdement handicapé par un AVC. Un prêtre échappe de peu à une tentative de meurtre perpétrée par un colosse aux allures d’homme préhistorique, ce dernier tuant à la machette deux gendarmes. Les Rocheval sont massacrés et leurs corps jetés dans un marais. Que se passe-t-il dans cette région habituellement si calme ? Pourquoi un tel déferlement de barbarie ? L’ancien lieutenant Bastien Guilian, déjà accaparé par la gestion du parc animalier de Montivilliers va mener l’enquête.
Après Un Trou dans la carapace, voici donc le deuxième ouvrage de Nicolas Ménard mettant en scène Bastien Guilian. On y retrouve tous les ingrédients littéraires qui nous avaient déjà ravis : une écriture sûre et maîtrisée, une intrigue mêlant de multiples éléments, une histoire très crédible, et un tempo qui ne faiblit jamais. L’auteur brouille habilement les cartes en développant autant qu’il intensifie les diverses pistes, fort nombreuses après la mise en place : un étrange passé au cours duquel, au début du siècle dernier, des pèlerins ont été assassinés, un langage codé découvert au domicile du « père Corbeau », une pierre qui recèlerait une portée religieuse, un hominidé presque indestructible et chasseur carnassier, un marécage qui semble doué de son propre instinct… Indéniablement, Nicolas Ménard dispose d’un talent de conteur autant que d’une solide imagination, au point que l’on a souvent l’agréable impression que cet opus constituerait un solide substrat pour un téléfilm de qualité. Ce qui frappe également, c’est sa façon si particulière de chorégraphier les scènes d’action : tout tient du thriller hollywoodien, mais l’écrivain les brosse à sa façon, de façon plausible, sans jamais pour autant tuer la tension de ces moments. Et le final tient toutes ses promesses : l’histoire, complexe, se dénoue avec limpidité. On pardonne donc avec d’autant plus de facilité quelques erreurs dans la forme, probablement liée à un manque de relecture de la part d’une tierce personne, comme cet enquêteur qui énonce les droits Miranda à un prévenu, une ponctuation parfois aléatoire, ou encore des répétitions – notamment du terme « prédateur » lorsque la créature sévit, des occurrences facilement évitables.
Un nouveau roman d’une bien belle tenue pour Nicolas Ménard, qui confirme autant son habileté que son tact. Voilà qui donne envie de découvrir ses autres ouvrages que sont Un Trou dans la carapace, La Mort à deux visages et La Promesse du gitan.20/06/2022 à 07:44 3
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Parasite Reversi tome 4
7/10 Une entame à l’image des précédents tomes : graphiquement sage mais foncièrement assez puissante, avec cet individu qui s’avère être une des créatures. Le dénommé Ebisawa dévoile sa technique de combat (connue, avec le découpage en règle). Un rythme assez lent mais qui colle bien à l’étude psychologique (notamment la relation père-fils) tandis que les monstres tissent tranquillement la toile de leur invasion silencieuse. L’arrivée de ce Fukami, médium, vient clore habilement cet opus très plaisant.
18/06/2022 à 08:19 2
