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Le Pouvoir de l'ombre
Frédéric Bagarry, Eric Chabbert, Eric Corbeyran
8/10 Un premier tome très documenté et riche en informations sur le milieu financier, avec une esthétique très léchée. L’ambiance polar vient se caler avec intelligence sur ce canevas malheureusement très réaliste, entre suicide douteux, clefs USB compromettante, sacrées magouilles bancaires et un sniper. Je vais continuer cette série qui s’avère prometteuse.
06/04/2024 à 07:30 2
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Famille décomposée
7/10 Le corps de Benoît Daventure est découvert dans un cimetière lyonnais, très près de la tombe de Nizier Anthelme Philippe, un célèbre guérisseur. Nathalie Lesage, commandant de police, est mise sur l’enquête et elle ne tarde pas à se rendre compte que quelqu’un semble beaucoup en vouloir à cette famille Daventure. Dans le même temps, l’ombre de Rasputine paraît hanter les lieux.
Christophe Royer signe ici un thriller de belle tenue. Après Une Arête dans la gorge, La Quatrième Feuille et Néréides, ce quatrième ouvrage publié chez Taurnada séduit rapidement avec son ambiance ésotérique qui ne cesse de se renforcer au gré du récit. Lourds secrets de famille, sacrifice animal, adeptes du martinisme, voilà qui capte l’attention et promet des péripéties intéressantes. Parallèlement, Nathalie Lesage constitue une protagoniste agréable, à la vie sentimentale toujours chaotique, et Cyrille, son partenaire professionnel, est toujours aussi spontané et amusant. Le suspense est habilement entretenu, et les chapitres courts contribuent à la cadence rapide de lecture. La famille Daventure, comme on pouvait s’y attendre, est composée de personnages ambivalents qui, sous le vernis de la dévotion et de la bien-pensance, sont en réalité de sacrés pervers ou de sinistres hypocrites. Bref, cet ouvrage propose son lot de sensations fortes et de suspense, et l’on en regrette d’autant que le thème du martinisme ne soit que survolé et que le cœur de l’intrigue – qui ne se dénoue que dans les ultimes pages – s’avère en réalité de facture si classique.
Un bon thriller, efficace et prenant, malgré quelques éléments un peu communs.05/04/2024 à 06:59 3
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Perfect Crime tome 11
7/10 Je replonge avec plaisir dans cette série que j’avais abandonnée depuis de très nombreux mois, et ça commence par un bel affrontement entre notre tueur et un policier. Je préférais le registre « one shot » des premiers épisodes et j’ai ici eu un peu de mal à me replonger dans la série – j’avais oublié depuis pas mal de tenants et d’aboutissants. Le graphisme est toujours aussi réussi et vient souligner certaines scènes marquantes – comme cette tarée atteinte de syllogomanie.
04/04/2024 à 18:58 2
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L'Espion parmi nous
Franck Dumanche, Nicolas Otéro
4/10 Bordeaux, 3 septembre 1941 : Doc apprend dans la rubrique nécrologique le décès de la mère de François, son ami. A la radio, Doc capte le message d’un résistant souhaitant entrer en contact avec le réseau Hector.
Un cinquième tome très simple, parfois très simpliste, avec les images habituelles du genre mais si réductrices qu’elles s’adaptent à la rigueur à un jeune lectorat, certainement pas à un plus âgé. Un exemple : des lumières pour indiquer le lieu de parachutage, les gosses qui se cachent dans les arbres, mais les soldats allemands sont tellement nigauds qu’ils ne les voient pas, ni eux ni les cargaisons suspendues aux arbres avec leurs parachutes, et encore moins les éclairages qui semblent avoir disparu du paysage. Et je ne parle même pas de l’identité de la taupe, si évidente et même éventée tellement rapidement que ça n’offre pas le moindre suspense. Je suis conscient que ça s’adresse aux jeunes, mais là, c’est surtout « La Résistance pour les nuls ».03/04/2024 à 18:28 2
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1956
7/10 Des carnages au Mexique, et voilà Hellboy qui s’envole là-bas tandis qu’en URSS, une dénommée Varvana, aux allures de gamine blondinette insupportable, fait passer ses caprices avant tout, au grand dam des services secrets soviétiques, quitte à provoquer une combustion spontanée chez celui qui lui tient tête.
Un graphisme très particulier et réussi, Hellboy qui se poivre bien comme il faut avec des lutteurs mexicains, qui se castagne également avec eux sur le ring et qui apparaît dans un film : un épisode très fun, parfois parodique, qui délasse complètement.03/04/2024 à 18:26 2
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La Liste
8/10 « Je les ai tous tués » : c’est ce que répète un inconnu venu déposer à la gendarmerie. Visiblement troublé voire apeuré, rien d’autre ne sort de sa bouche, et il est obligé de coucher sur le papier la liste de ses victimes présumées. L’adjudant Maxime Monceau, à peine revenu de congés de deux mois, va enquêter sur cette étrange histoire avec ses collègues, et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils ne sont pas au bout de leurs surprises.
Ce roman à suspense de Florian Dennisson détonne dès les premières pages. Le lecteur est aussitôt embarqué dans ce récit rocambolesque, avec cet assassin qui dénonce quatre homicides commis de sa main et au comportement très surprenant. Le style est fluide, les chapitres s’enchaînent à merveille, et aucun temps mort ne vient grever ce tempo cadencé. Dans le même temps, Maxime Monceau est un protagoniste atypique. Revenu, soi-disant, d’un burn-out, il est végétarien, collectionne les chats dans son appartement, est passionné de Rubik's Cube, capable de puissantes colères comme de crises d’angoisse, et il est très doué pour décrypter le langage corporel d’autrui – la synergologie – et demande à être accompagné au domicile de l’une des victimes avec les yeux bandés afin de discerner les parfums qu’il y perçoit. Un sacré personnage, ce Monceau, d’autant que l’on apprend qu’il a été confronté à une secte par le passé et qui ressurgit au cours de l’enquête. L’intrigue est spécialement réussie et ne se dénoue que dans les ultimes pages avec un sacré rebondissement, efficace et insolite, vraiment bien trouvé de la part de Florian Dennisson. En outre, l’équipe des gendarmes, chacun avec son caractère et ses caractéristiques, est très agréable à suivre et les procédures engagées paraissent crédibles.
Un roman particulièrement entraînant d’un bout à l’autre, qui a en plus le grand avantage de nous présenter un enquêteur original.03/04/2024 à 07:02 5
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Igai tome 3
4/10 Six chapitres assez convenus pour ce troisième tome aussi banal que les précédents. Même si l’ensemble n’a rien de déplaisant, il est plus que dommage que le scénariste – qui est également le dessinateur – n’ait pas cherché l’originalité pour faire en sorte que cette série puisse sortir son épingle du jeu. Ce tome me paraît plus dynamique que les antérieurs mais ça ne suffit pas à en faire un ouvrage franchement passionnant ni même intéressant. Je pense que je vais en rester là.
02/04/2024 à 20:36 2
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Gannibal tome 5
9/10 Un début à la fois poignant et inquiétant avec les deux gamins tandis que Daigo Agawa livre sa version des faits aux autres policiers et que l’attention converge vers le dénommé « Lui ». La piste d’une maladie, le kuru, apparaît clairement. Suspense tendu, récit très efficace, esthétique remarquable, intelligence du scénario, ambiance sacrément redoutable : excellent.
02/04/2024 à 20:35 3
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Les Meurtres du Lowcountry
8/10 7 juin 2021. Alex Murdaugh, avocat issu d’une longue dynastie de notables, retrouve sa femme Maggie et son fils Paul assassinés par balles dans la propriété familiale. L’homme est connu dans ce coin de la Caroline du Sud : gouailleur, connaissant tout et tout le monde, son cabinet brasse de belles sommes d’argent et il semble au-dessus de tout soupçon. Mais l’enquête va vite révéler des zones d’ombre, des mensonges et des failles. Est-il coupable ou innocent ?
Cet ouvrage de la collection True crime est une fois de plus une pépite. Arthur Cerf s’est beaucoup documenté sur cette affaire très médiatisée aux Etats-Unis au point d’avoir attiré l’attention d’HBO, de Netflix et de John Grisham lui-même. Alex Murdaugh est en soi un personnage croustillant, perclus de duperies – qu’elles soient professionnelles, personnelles ou morales – et le portrait qu’en dresse l’auteur est passionnant. Le procès qu’il reconstitue est remarquable de crédibilité, mettant en lumière les diverses faiblesses dans les témoignages, les indices embarrassants, les faits pour le moins fâcheux. Les révélations quant aux malversations, aux détournements de fonds, aux addictions aux drogues claquent comme des rebondissements dignes d’un authentique thriller. Dans le même temps, Arthur Cerf compose avec beaucoup de talent le décor d’une certaine Amérique en pleine décadence, vrillée par ses contradictions, et offre une radioscopie sidérante : le véritable barnum qui a entouré le cadre judiciaire avec les restaurants qui se gavent à l’arrivée des journalistes et spectateurs, la pratique du « forum shopping » – ou le fait de transporter un procès vers un tribunal et donc un territoire où le verdict sera probablement davantage bienveillant –, etc. Au terme de cet ouvrage, les lecteurs pourront se forger leur propre avis quant à cette histoire mais ils auront toutes les cartes dans les mains.
Un livre réussi et prenant qui, au-delà de la fine analyse de ce cas criminel, propose une étude très intéressante de la société américaine, de ses inconséquences et de ses lâchetés.02/04/2024 à 06:53 3
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Mexicana – Tome 3
7/10 Troisième et dernier épisode de cette série, qui commence par Emmett qui s’en prend à nouveau plein la gueule. « Je n’ai pas réussi à protéger mon fils », dit-il à la belle Lucia. Un début assez sage pour un final avec un chouette rebondissement et une fusillade sanglante. C’est finalement aussi classique que les précédents tomes mais ça n’en demeure pas moins réussi et efficace.
01/04/2024 à 11:54 2
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Fort Navajo
Jean-Michel Charlier, Jean Giraud
7/10 C’est par pur hasard qu’un soldat, fils d’un général, trouve dans un saloon le dénommé Blueberry qui va devenir son collègue à Fort Navajo. Arrivé au ranch des Stanton, le convoi découvre un véritable massacre dont les Apaches sont les auteurs : un moribond fait alors promettre à nos héros de retrouver son fils Jim.
Attaque d’Indiens, fort encerclé, embuscades, serpents à sonnettes, cavalerie et autres ingrédients traditionnels du western (souvent daté) composent ce premier tome datant de 1965, ce qui explique le côté suranné tant du graphisme que du scénario. Cependant, même avec des yeux contemporains, la chevauchée est fort sympathique : un plaisir que de (re)découvrir ce jalon.31/03/2024 à 17:54 3
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Le Royaume de Ressine
8/10 « Mon cher Benvenuto, que penserais-tu d’une bonne petite guerre ? » ressasse notre héros désormais emprisonné. Des scènes de bataille navale de toute beauté, avec un graphisme toujours aussi léché et efficace, où la magie intervient avec habileté, le tout au gré d’un récit épique. J’aime décidément beaucoup.
30/03/2024 à 18:21 4
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Derrière les signes ennemis
Aurélien Morinière, Nathalie Ponsard-Gutknecht
8/10 Un gamin, hébergé dans un orphelinat, est traité de bâtard par une des sœurs et découvre la vérité quant à ses origines avant de fuir. On retrouve ensuite ce personnage – le soldat Georg Knielingen – au cœur de la Seconde Guerre mondiale, toujours en quête de ce père français alors que sa mère était allemande.
De nombreux flashbacks, une belle histoire d’amour entre deux êtres qui se sont aimés – dans une église – durant les convulsions de l’Histoire. Un récit fort, un graphisme magnifique et une scène finale qui clôt habilement et avec beaucoup de suspense ce premier tome d’une série que je vais suivre avec grand intérêt.29/03/2024 à 18:43 3
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Trente jours d'obscurité
7/10 Hannah Krause-Bendix, quadragénaire, est une écrivaine danoise qui n’a jamais réussi à percer. Son œuvre se veut exigeante et elle ne supporte pas ses confrères qui vendent des centaines de milliers d’exemplaires. Lors d’un salon littéraire, elle se prend le bec avec Jørn Jensen, vedette du polar, et le défi tombe rapidement : qu’Hannah soit capable d’écrire un ouvrage policier en trente jours. Direction l’Islande, un voyage programmé par son éditeur, Bastian, où elle va loger chez Ella. Un drame survient rapidement : Thor, le neveu de la logeuse, est retrouvé noyé. Accident ? Suicide ? Meurtre, peut-être ? Le moins que l’on puisse dire, c’est que le séjour d’Hannah ne va pas être de tout repos.
Ce roman de Jenny Lund Madsen séduit rapidement par sa plume alerte. Hannah est un personnage pour lequel on nourrit immédiatement de la sympathie, elle qui a un léger penchant pour la boisson sans pour autant être alcoolique, se débat avec une carrière pour laquelle elle nourrit une solide fierté alors que ses lecteurs sont très peu nombreux, et qui se cherche encore du point de vue amoureux. Les trente jours en Islande devaient être intéressants et opportuns pour relever le challenge de cette écriture empressée d’un livre, mais elle va être confrontée au décès de ce jeune Thor. La suite des événements sera assez mouvementée, avec des rencontres tonitruantes, des suspects multiples, et de sordides secrets de famille qui ressurgiront en fin d’ouvrage. Indéniablement, Jenny Lund Madsen sait mener un récit, et l’humour qu’elle y instille est salvateur, dans les dialogues comme dans les situations – les passages entre Hannah et Jørn sont parfois tordants. Dans le même temps, l’auteure nous gratifie de jolies réflexions et analyses quant à la littérature, selon qu’elle se veut sérieuse voire élitiste ou plus populaire et distrayante. L’intrigue présente quelques éléments attendus mais sa résolution, à défaut d’être très originale, n’en demeure pas moins crédible et efficace.
Un roman policier de belle tenue, très divertissant et enjoué, où l’écrivaine nous ravit davantage par son style et sa décontraction que par son intrigue – somme toute assez classique mais solide.29/03/2024 à 06:59 5
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Efface-moi !
9/10 Gaspard Maltazar, seize ans, travaille encore aux côtés du capitaine Ruben Arcega au Bureau des affaires non résolues de Toulouse. Une élève de terminale lui demande s’il peut enquêter sur la disparition de Candice Bergson, évaporée dix ans plus tôt, alors qu’elle n’avait que quinze ans. Tout porte à croire qu’elle a été enlevée par celui que l’on surnommait « L’Effaceur », un tueur en série qui marquait les emplacements de ses crimes par des croix rouges avant d’emporter ses proies dans les égouts. Le prédateur croupit toujours en prison, mais il est déjà en train de songer à son évasion.
Après l’excellent Un Morceau de toi, Christophe Guillaumot nous revient avec ce deuxième opus de la série du Bureau des affaires non résolues. On y retrouve instantanément le style de l’auteur, très fort et prenant, pour une intrigue qui ne l’est pas moins. Un serial killer défiguré par sa mère qui lui a aplati le visage sur une plancha pourrait être à l’origine de cette étrange disparition, et voilà notre binôme de nouveau sur une enquête brûlante. Le texte est une fois de plus efficace, sans réel temps mort, et le romancier creuse le sillon des relations que Gaspard entretient avec sa bande de copains, ses amours également, et on se félicite de voir ainsi grandir et s’affiner ce protagoniste que l’on se plairait à recroiser dans de prochaines investigations. L’Effaceur compose un personnage particulièrement sombre, adepte du chalumeau et des séquestrations souterraines, et Christophe Guillaumot, ancien commandant de police, connaît tous les rouages de la « grande maison » sans jamais que cette démonstration n’en devienne pesante. Et s’il y a bien un point, comme pour Un Morceau de toi, qui séduit et retient l’attention, c’est le ton du récit : dur et mature, au point qu’il plaira sans le moindre mal aux jeunes comme à des lecteurs plus âgés. A cet égard, l’épilogue est édifiant : ce dénouement, alerte, dévoile une histoire sordide et marquante, une conclusion qui n’aurait nullement déparé dans un authentique roman noir.
Une nouvelle réussite de la part de Christophe Guillaumot, dont ce dernier ouvrage séduira autant adolescents et adultes. Vivement le prochain !28/03/2024 à 06:56 2
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Maigret tend un piège
9/10 Cinq : elles sont déjà cinq femmes à avoir été poignardées dans un même quartier par un même tueur en série qui échappe à la police. Même Maigret, en panne d’indices, est obligé d’avoir recours à un subterfuge (faire arrêter un faux suspect, en réalité un ancien collègue revenu des colonies) pour pousser le dément dans ses derniers retranchements psychologiques. Mais une sixième agression perpétrée sur une policière en civil, une sorte d’appât, va venir rebattre les cartes avec la découverte d’un bouton de veste qui va en dire bien plus que prévu.
Un excellent opus, remarquable, où George Simenon, dès 1955, avait beaucoup d’avance sur son époque et la littérature policière en général. Quelques exemples : la discussion avec le professeur Tissot, dans le deuxième chapitre, posait déjà les bases de la psychologie criminelle et des démons qui peuvent agiter de tels maniaques. Il y a également le côté scientifique, avec l’étude du bouton, de la brûlure du veston, du fil, etc. qui devancent sans mal un sacré paquet de romans policiers mettant en avant la science forensique. J’avais déjà vu deux adaptations (avec Jean Gabin et dialoguée par l’immense Michel Audiard, ainsi que celle, télévisée, avec Bruno Cremer), mais mon plaisir n’en a pas été diminué. Une excellente lecture psychologique de ce pâle Marcel Moncin, aussi anecdotique physiquement et professionnellement que redoutable lorsque pris de l’une de ses pulsions, pris en tenaille entre une mère castratrice et une épouse connue trop jeune et également possessive, qui vont pousser cet individu impuissant à s’en prendre « aux femelles dominatrices ». Un ouvrage détonant, exceptionnel, qui aurait également pu s’intituler « La robe était bleue ». Assurément l’un de mes préférés de l’écrivain, qui porte en lui, en cent cinquante pages, tant de graines qui ont depuis poussé et ont amplement nourri ultérieurement tant et tant d’auteurs. Un jalon.24/03/2024 à 19:22 4
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Dead Tube tome 20
Touta Kitakawa, Mikoto Yamaguchi
4/10 Une entame qui mêle whodunit à la Agatha Christie et monde si particulier de « Dead Tube ». Le début est un peu bavard jusqu’à ce qu’arrivent les plats dont un contient du poison… enfin, prétendument.
J’ai trouvé ce vingtième tome assez mou malgré la belle esthétique, et la présence de cette voyante, du baron tête-de-mort et cette séance de cosplay ne relèvent qu’à peine la saveur de cet opus bien fade.23/03/2024 à 18:14 2
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La Ville des proies
5/10 New York, juillet 1929. Ava Gold est en train d’enterrer son époux, Clarence, policier abattu à l’âge de trente-quatre ans par un inconnu qui a réussi à prendre la fuite. Elle reste seule avec leur fils Jeffrey de neuf ans et Roosevelt Burr, son père, boxeur. Pour subvenir aux besoins financiers du foyer et espérer mettre la main sur l’assassin de son mari, Ava demande à intégrer la police, ce que le capitaine Douglas Minard accepte, la flanquant dans le Bureau des Femmes. Le rôle de ces dernières est avant tout préventif, devant faire des rondes sans pour autant intervenir en cas de besoin. Mais voilà que surgit un tueur en série qui use de la hachette…
Un énième ouvrage de Blake Pierce, où j’ai retrouvé sans mal la structure habituelle de ses récits : une héroïne jeune, un serial killer, interrogatoires et courses-poursuites. L’ensemble est plutôt bien mené, rien à redire à ce niveau-là, et pour qui n’est pas trop regardant, il y a amplement de quoi se satisfaire de ce modeste opus. Néanmoins, j’ai été très déçu par la transposition historique qui, ici, est très faiblarde : à quelques détails près, l’histoire aurait pu se passer de nos jours qu’on ne l’aurait pas vraiment remarqué. Une sacrée lacune dans la documentation préparatoire autant qu’au niveau de la restitution. Parallèlement, Ava Gold – aimable clin d’œil à Ava Strong et Kate Bold, romancières sorties du même incubateur à écrivains que leur collègue ? – est assez peu crédible : championne de boxe, chanteuse de jazz, même si elle commet des erreurs, n’en reste pas moins invraisemblable en femme lambda catapultée dans le NYPD et capable aussitôt de grandes réussites professionnelles. Quant au tueur, c’est le rabâchage du taré obsédé par le spectre de sa vilaine maman. Bref, vraiment rien de sensationnel, et même un gâchis certain par rapport au tueur en série évoqué et au côté historique de ce roman.21/03/2024 à 19:39 4
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Écouter le noir
Ouvrage collectif
8/10 De manière globale, j’ai apprécié ce recueil. Dans le détail : un inattendu et très bon récit de la part de Laurent Scalese (le côté fantastique et superpouvoirs m’a surpris puis séduit), idem pour celui de Cédric Sire (bien tourné avec ce romancier au retour triomphal confronté à un geôlier acharné à vouloir connaître son fameux secret d’écriture), de mesdames Abel et Griebel (qui ouvre d’ailleurs le bal : hautement symbolique avec la fuite de ces deux ados et le drame qui va survenir), le fameux « hum » de Sonja Delzongle (j’avais entendu parler de ce phénomène, j’ai adoré le traitement de l’écrivaine). Maud Mayeras m’a vraiment secoué avec son récit, quelque part entre « Shining » et « La Loi du talion », fort et marquant. Sophie Loubière a habilement joué sur les codes de l’adultère et de la vengeance dans son texte que j’ai trouvé classique mais efficace. Même mention pour celui de François-Xavier Dillard, avec son histoire de morceau inédit et maudit de Tchaïkovski, ou encore celui de R. J. Ellory, bien troussé mais un peu attendu dans son final. Le texte de Romain Puértolas est bien marrant, marquant une sorte de bulle cocasse au sein de l’ouvrage même si la chute est un peu prévisible. Après, la nouvelle de Jérôme Camut et de Nathalie Hug, un peu trop SF à mon goût de béotien en la matière, m’a laissé assez froid : il est bon, certes, mais ça n’est juste pas du tout ma came. Enfin, la nouvelle de Nicolas Lebel m’a déçu : le côté métaphorique de ce chantier m’est apparu, certes, mais ça manquait selon moi de mordant, d’acide ou de noirceur. Bref, pour résumer, un très bon spicilège, hétérogène dans les thèmes comme dans les qualités des nouvelles présentées, mais l’ensemble m’a beaucoup plu.
20/03/2024 à 18:49 3
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L'Option lybienne
5/10 Air Force One vient d’être la cible d’un attentat terroriste : voilà une amorce prometteuse pour ce douzième et dernier tome de la série. Najah est dans la foulée victime à son tour d’une attaque ayant pour cible l’avion qu’elle a emprunté. Comme je le disais pour le précédent opus, je ne trouve pas que le fait que le dessin ait été confié à Munch n’est pas particulièrement une bonne idée (je le trouve moins efficace que Renaud Garreta). Quant à l’histoire, elle est un peu comme les autres : assez consistante et nerveuse, même si notre héroïne y est nettement moins impliquée qu’auparavant. Un final qui n’apporte pas toutes les réponses attendues (et pose même une question majeure quant au sort de Najah), sachant que cela permet d’enclencher la saison suivante. Bref, un final plutôt raté selon moi.
19/03/2024 à 18:50 1
