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La nonne était une mule
3/10 Une jeune nonne est retrouvée éventrée alors qu'elle revenait d'Amérique du Sud. L'enquête est confiée à l'inspecteur Paul Devlin et à son équipe qui officient directement sous les ordres d'un maire de New York très soucieux de son pouvoir et de son image. Dès lors, pour cette unité assez particulière de la police, il va falloir affronter l'Opus Christi, puissante branche du clergé américain, et quel meilleur moyen de découvrir la vérité que d'infiltrer ce groupuscule, d'autant que des meurtres de prêtres mis en scène commencent à voir le jour...
Elu Masque de l'année 2007, La Nonne était une mule répond à la plupart des critères d'une bonne enquête : bonne documentation, personnages nombreux et atypiques, avec notamment une équipe de policiers très croustillante, et l'exploration d'un milieu assez énigmatique : un ordre très opaque de l'Eglise. Malheureusement, les promesses ne sont pas tenues. Les situations sont prévisibles et sentent le réchauffé, les personnages, à part les policiers, sont très convenus et caricaturaux, les très rares scènes d'action sont sans panache, l'intrigue est particulièrement téléphonée et sans rebondissement. L'ensemble souffre en vérité d'un manque patent d'originalité et de noirceur. On finit le livre avec une terrible impression de déjà-vu et de talent gâché par une écriture sans émotion et une intrigue finalement très plate.23/10/2007 à 06:48
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La Forêt des ombres
8/10 Un remarquable roman, angoissant et très bien mené. Encore un très bon Thilliez !
14/10/2007 à 10:47
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La princesse noire
8/10 A l'époque des Vikings, la jeune Inga est enlevée puis vendue à une mystérieuse châtelaine surnommé "La Princesse Noire". Cette dernière vit recluse dans un manoir habitée par des enfants infirmes sur lesquels elle veille. Très rapidement, Inga va se poser bien des questions : quelle peut être cette créature qui rôde dans les souterrains du château ? Quel énigmatique la princesse noire tente-t-elle de dissimuler ?
Serge Brussolo réussit un nouveau polar historique très prenant, après notamment L'Armure de Vengeance et Le Château des Poisons. Très bien bâti, nourri d'une documentation solide sur les Vikings et leurs moeurs, ce livre offre son lot de rebondissements et de fausses pistes, jouant très habilement sur l'angoisse et le surnaturel, et offrant au lecteur un excellent divertissement gorgé de malice et de suspense.
A lire de toute urgence pour son ambiance si originale et, encore une fois, les dons de conteur de Serge Brussolo et son incroyable inventivité.05/10/2007 à 18:41
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Peur
10/10 Johan Jamin pénètre dans la cage aux fauves d'un zoo et se laisse déchiqueter par les félins. Sa veuve, persuadée qu'il ne peut s'agir d'un suicide, contacte le commissaire Erick Flamand pour qu'il découvre les raisons d'un tel geste, d'autant que Johan était sujet à une peur panique des félidés. D'abord perplexe, l'équipe du commissaire doit se rendre à l'évidence après qu'une jeune femme s'est jetée du haut d'une des tours de la Défense alors qu'elle éprouvait pourtant une phobie des hauteurs : quelqu'un manipule les phobiques. Mais qui ? Et pourquoi ? Le compte à rebours a déjà commencé avant que ne surviennent d'autres suicides spectaculaires.
Après La Nuit Interdite qui traitait du sommeil, voici le deuxième volet de la "La Pyramide Mentale" élaborée par Thierry Serfaty, consacré à la peur, et autant le dire d'entrée de jeu : ce livre est une bombe ! Avec un style très travaillé, l'auteur a bâti une intrigue parfaitement maîtrisée où son sens de la narration n'a d'égal que sa facilité à se glisser dans la peau des divers personnages : enfants, policiers hors-normes, meurtrier, phobiques en tous genres, médecins, etc. Le récit se découpe entre les différents points de vue, tous très bien sentis et rendus, et le parcours professionnel de Thierry Serfaty dans les milieux médicaux lui permet avec aisance de parler de thèmes aussi variés que le scanner, la phobie, la structure du cerveau... De nombreuses scènes très visuelles émaillent ce livre, avec des rebondissements très bien menés, jusqu'à un final qui laisse augurer quelques pistes pour les romans à venir de l'auteur.
Peur est donc une immense réussite, un livre vertigineux que le lecteur n'est pas prêt d'oublier !27/09/2007 à 17:05
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Souviens-toi que tu dois mourir
8/10 A Florence, des hommes sont sauvagement assassinés, leurs corps lacérés à l'arme blanche. Le commissaire Michele Ferrara prend l'affaire en main : ce sera pour lui le début d'une longue enquête au cours de laquelle lui-même deviendra la cible de lettres de menaces.
Il est en fait assez difficile de décrire l'amorce de ce roman sans parler la multitude de personnages et de pistes qui vont rapidement se présenter au commissaire Ferrara : les marchands d'art peu scrupuleux, un clergé tentant de camoufler de graves fautes du passé, le couple homosexuel formé par Cinzia et Valentina, un journaliste dandy... Les personnages de Souviens-toi que tu dois mourir foisonnent, et le récit bascule très rapidement entre les divers points de vue des protagonistes. Le style de Michele Giuttari est très agréable, assez classique, mais suffisamment prenant. L'intrigue est bonne, jouant habilement sur les faux-semblants et la psychologie, exploitant la connaissance et l'expérience de l'auteur. Ici, pas de scènes d'action, de fusillades ou de courses-poursuites effrénées ; il s'agit d'une enquête "à l'ancienne", méthodique, et très réussie.
Au final, Souviens-toi que tu dois mourir est un très bon thriller, avec un personnage de policier attachant que l'on a hâte de retrouver dans de futures enquêtes.24/09/2007 à 11:02
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La Nuit du chasseur
8/10 Ce roman a beau avoir plus de cinquante ans, il n'a pas pris une ride. Un vocabulaire très agréable et riche, une intrigue très originale pour une époque où les tueurs en série soi disant influencés par Dieu n'étaient pas exploités au cinéma et en littérature comme aujourd'hui. Et surtout une psychologie très fine, avec un Prêcheur vraiment inquiétant et inspiré, et un gamin d'une dizaine d'années intelligent et rusé à souhait.
23/09/2007 à 18:07 3
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Les Yeux de la mort
6/10 Alors qu'il se rendait à un concert de heavy metal, le jeune Scott échappe à un crash d'avion meurtrier qui le laisse en perdition quelque part au beau milieu des montagnes enneigées de l'Utah. Sa disparition est vite signalée et les secours s'organisent tandis que, dans le même temps, le Président des Etats-Unis s'apprête à arriver pour une visite, mettant les forces de police et les services secrets sur les dents.
Scott survit tant bien que mal et croit trouver son salut en la personne d'un homme vivant isolé dans un chalet. Malheureusement pour le jeune rescapé, cet inconnu a bien des raisons de ne pas laisser Scott en vie.
La situation de départ était intéressante, et même si un certain suspense est habilement entretenu par l'auteur, le récit manque de rythme et de nervosité. Les divers protagonistes sont intéressants (les deux parents de Scott, les divers policiers, Scott face à la nature hostile...), mais l'ensemble peine à accaparer l'attention du lecteur. Quelques scènes sont bien vues, les dialogues et descriptions sont bonnes, mais Les Yeux de la Mort manque de panache et de rebondissements, sans parler de temps morts et autres digressions qui alourdissent inutilement le récit.
Au final, un livre à suspense correct et qui se laisse lire, mais qui ne laissera pas un souvenir impérissable au lecteur.20/09/2007 à 22:48
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La Nuit du verseau
9/10 La jeune Line C., mannequin très en vue, est retrouvée assassinée, son corps déchiqueté par les éclats d'un miroir brisé. Xavier Vidal, journaliste, va mener son enquête aux côtés du policier chargé de l'affaire.
Mathilde va retrouver la trace de Brigitte, sa fille ayant fugué du domicile familial, et pénétrer dans un bien étrange manoir, siège de Biosthal, clinique privée traitant ses patients grâce à un discours axé sur l'astrologie.
Impossible d'en dire plus sans dévoiler la suite de l'intrigue. Laurent Botti a réalisé un roman à suspense particulièrement dense, très psychologique, et à l'intrigue parfaitement maîtrisée. Les divers personnages sont très humains et justement décrits, s'entrecroisant dans un récit qui multiplie intelligemment les points de vue des protagonistes. Boîtes de nuit à la mode, discours ésotérique et sectaire, milieu du mannequinat, enquête criminelle, psychiatrie, Laurent Botti maîtrise tout. Il n'y a presque aucune scène d'action, mais l'ensemble est tellement bien mené et rythmé, avec de très nombreux changements de situation, qu'il est plus que difficile de lâcher les pages de ce livre.18/09/2007 à 08:22
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Comme une tombe
9/10 Un excellent suspense, bien écrit et très original, avec son lot de rebondissements. Très difficile de lâcher ce livre avant sa fin !
08/09/2007 à 12:04 1
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L'Analyste
9/10 L'analyste Starks reçoit un jour un message d'un dénommé Rumplestiltskin, l'obligeant à plonger dans un jeu terrifiant qu'il a conçu spécialement pour lui. S'il ne découvre pas son identité et les raisons de sa colère envers Starks, Rumplestiltskin assassinera ses proches ou le poussera au suicide. L'analyste n'a alors plus comme choix que de traquer cet adversaire énigmatique et de fouiller ses souvenirs pour découvrir qui peut bien être cet ennemi qui lui veut tant de mal.
Attention, ce roman est dangereux, voire très dangereux. Malgré un nombre de pages conséquent, le lecteur aura toutes les peines du monde à refermer ce livre tellement la tension est singulière et oppressante. Le style est racé et très intéressant à lire, John Katzenbach a un indéniable don de conteur. Les personnages sont nombreux et riches, dépeints avec un exceptionnel talent, au point qu'ils nous apparaissent tous très vivants. L'intrigue est riche, avec une grande abondance de détails et de rebondissements, et malmènera le lecteur jusqu'aux dernières pages.
Au final, L'Analyste est une véritable bombe littéraire, une construction diabolique qui égare avec régal le lecteur parmi les multiples fausses pistes et faux-semblants. Sans le moindre doute, un thriller de très haute volée, un de ceux dont on se souvient avec joie bien longtemps après avoir refermé cet opus magistral.31/08/2007 à 18:24 2
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Les Seins de Glace
8/10 David Newton tombe amoureux fou de la belle Peggy Lister au hasard d'une plage américaine. Il ignore encore que la jeune femme dissimule sous ses allures de fille effacée et timide une personnalité étrange ainsi qu'un passé entaché de sang.
Le thème de la femme fatale est un classique de la littérature policière et du cinéma, et ce roman de Richard Matheson pourrait sembler assez prévisible. Il n'en est rien. Ecrit au milieu des années 1950, Les Seins de Glace se posait en pionnier de ce thème, et qui plus est grâce à une intrigue bien ficelée. Le roman est court et se lit presque d'une traite tant le lecteur est happé par le récit. Le style est dépouillé, allant à l'essentiel, avec malgré tout des dialogues savoureux et des remarques croustillantes. Les divers protagonistes sont dépeints rapidement mais brillamment, peuplant le récit de personnages ambigus et plus complexes qu'en apparence. On ne trouve dans le roman aucune longueur, aucun temps mort ; il a été parfaitement calibré pour tenir en haleine jusqu'à la toute dernière page.
Au final, Les Seins de Glace s'impose sans conteste comme un classique de la littérature policière, un roman particulièrement noir, à découvrir ou à redécouvrir.25/08/2007 à 11:36
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Déviances mortelles
8/10 Jack Casey, ancien profileur du FBI et devenu policier à Boston, enquête sur un tueur particulièrement machiavélique qui se fait appeler "Le Marchand de Sable". Ce dernier vient de l'inviter sur l'une de ses scènes de crime : ce sera pour Casey le début d'une longue traque vers un ennemi très efficace, qui l'obligera à affronter le drame atroce qu'il a vécu dans passé pas si lointain...
Il s'agit d'un roman assez étonnant ; alors que l'intrigue apparaît de prime abord assez classique (l'ancien profileur qui se projette dans l'esprit du tueur, l'assassin qui se confie à lui, etc.), elle n'en demeure pas moins très efficace, avec de nombreuses scènes d'action explosives, au sens propre comme au sens figuré, des dialogues justes et réalistes, des personnages multiples aux caractères tranchés et une sorte de double intrigue qui permet, au-delà de la traque menée contre le Marchand de Sable, de comprendre comment et pourquoi ce dernier commet ces crimes.
Au final, Déviances Mortelles dépasse les clichés que l'on pouvait craindre - même s'il n'en est pas tout à fait exempt -, et atteint avec une adresse certaine ses objectifs: offrir au lecteur une intrigue solide et bien noire, avec un tueur très habile et malin affrontant des policiers dont les parts d'ombre sont certainement tout aussi inquiétantes que celles de l'assassin qu'ils poursuivent.20/08/2007 à 18:39
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Portrait du diable en chapeau melon
7/10 Un bon roman, ingénieux et à l'intrigue très particulière, mais dont les délires imaginatifs de l'auteur risquent de rebuter les amateurs de livres plus matérialistes et rationnels.
13/08/2007 à 18:39 1
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La Secte de l'Ombre
8/10 A Seattle, un tueur en série s'attaque à des personnes se ressemblant étrangement avant de les pendre, au point que l'on en vient à parler de meurtre par paires. Un avocat, Gus Wheatley, n'a plus de nouvelle de sa femme depuis plusieurs jours et la police découvre assez vite une femme victime du tueur en série et lui ressemblant étrangement. L'épouse de Gus Wheatley sera-t-elle sa prochaine victime ? Dès lors, pour Gus Wheatley et Andie Henning, le compte à rebours a déjà commencé.
Il s'agit d'un très bon roman, mêlant avec adresse les scènes psychologiques, le suspense et des rebondissements très intéressants. Le style de l'auteur est très agréable et efficace. Par ailleurs, les divers personnages sont très bien campés et décrits, avec quelques doses d'humour et d'humanité qui les rendent d'autant plus attachants. L'intrigue est vraiment excellente, à la fois réaliste et terrifiante, et tenant en haleine le lecteur jusqu'aux dernières pages. On en regrette d'autant plus le titre en français de l'oeuvre qui dévoile beaucoup trop tôt l'idée de la secte alors que celle-ci n'apparaît dans le roman qu'au bout de 400 pages.
La Secte de l'Ombre mérite définitivement d'être un roman connu et reconnu car il s'agit à n'en pas douter d'une véritable pépite littéraire.31/07/2007 à 10:55
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Le Huitième Jour
6/10 Le récit commence par plusieurs pistes qui semblent indépendantes et sans rapport les unes avec les autres. Un homme est retrouvé emmuré vivant dans sa maison. Un homme d'affaire turc mandate un artiste, détective privé à ses heures, pour découvrir qui a organisé une campagne de calomnie contre lui. Un ordinateur portable est expédié à un Jésuite du Vatican et contient des informations sulfureuses...
L'ensemble commence assez bien. Le lecteur est happé par l'originalité de l'intrigue et les multiples pistes. Le suspense est bien rendu, les personnages suffisamment équivoques pour attiser l'intérêt. Malheureusement, la suite ne tient pas toutes ses promesses. Les personnages se révèlent peu intéressants voire caricaturaux, les voyages à travers le monde sont assez décevants et beaucoup trop longs. Le héros principal est en outre trop effacé et amateur pour être convaincant dans le rôle que lui a tenu John Case. Il n'en reste pas moins que l'intrigue arrive à peu près à tenir la route et permet à ce roman de s'en sortir avec une note convenable.
Malgré tout, du même auteur, on pourra privilégier Genesis ou Le Premier Cavalier de l'Apocalypse, bien plus toniques et prenants.24/07/2007 à 18:56
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Le Puzzle de chair
8/10 Un très bon roman d'anticipation, mêlant horreur et réflexion sur la société. Serge Brussolo est décidément un conteur d'exception !
10/07/2007 à 19:44 1
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L'Exilé
8/10 L'Exilé commence comme un film d'action avec une copieuse fusillade à la descente d'un train, et deux personnages forts ressortent de ces premiers instants : le tueur, Raymond, et le flic, membre d'une unité spéciale, Barron. La suite sera une incroyable course-poursuite entre ces deux fines gâchettes, autour d'une intrigue qui se dévoilera lentement mais sûrement.
Ceux qui auront déjà lu L'Empire du Mal retrouveront dans ce nouvel opus d'Allan Folsom la patte si caractéristique de l'auteur : des voyages incessants dans diverses parties du monde, des chapitres particulièrement courts qui happent le lecteur, un style direct et sans la moindre fioriture. Le texte, assez long, multiplie les cascades, fusillades, scènes d'action, parfois entrecoupées de passages un peu plus lents pendant lesquels le lecteur reprend son souffle. L'intrigue est vraiment bonne, intéressante et originale, même si l'on pourra peut-être préférer la noirceur de celle de L'Empire du Mal, plus cruelle et plus impressionnante.
Au final, L'Exilé est un pur régal. 530 pages d'action et de suspense, proches du roman d'espionnage, affirmant qu'après L'Empire du Mal, Allan Folsom a su s'imposer en peu de livres comme un auteur de thrillers hors du commun.10/07/2007 à 11:37
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Le Joueur d'Echecs
9/10 L'idée de départ est particulièrement intelligente, et l'auteur nous démontre avec une concision exemplaire les tourments de l'âme humaine ainsi que le désespoir de l'Homme face aux brutalités de toute sorte. Le style a peut-être vieilli, mais cet écrit reste un chef-d'oeuvre de brièveté et d'ingéniosité !
09/07/2007 à 18:14 5
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Funérarium
7/10 Un bon polar, original, caustique et avec une sacrée dose d'humour, mais qui souffre de quelques longueurs et parfois, d'un petit manque de panache.
01/07/2007 à 11:06
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Tokyo
8/10 Grey débarque à Tokyo sans un sou en poche dans le seul but de découvrir un mystérieux film, le seul qui puisse témoigner des atrocités commises par les soldats japonais à Nankin, en Chine. Son périple l'amènera à devenir hôtesse dans un club où il lui sera proposé de découvrir le possible secret de jeunesse d'un infirme protégé par la Nurse, une femme aux allures de golem...
Ceux qui ont apprécié Birdman et L'Homme du Soir retrouveront ici la patte littéraire de Mo Hayder : son goût pour les ambiances sombres, les personnages torturés, les explosions de violence et de sexe. A cet égard, Tokyo n'a pas à rougir des précédents écrits : les protagonistes sont d'une grande noirceur, troubles à l'envi et mémorables. Le découpage du récit entre les deux lieux et époques — Tokyo de nos jours et Nankin en 1937 — apporte un dynamisme au déroulement de l'intrigue et excite l'intérêt du lecteur. Le suspense est très bien maintenu jusquà la fin, multipliant alors son lot de surprises et coups de théâtre, accompagné d'une violence qui va crescendo. Vous vous souviendrez longtemps des exactions commises par les Japonais, le style gore de Mo Hayder étant particulièrement visuel.
Tokyo est donc un roman choc, une plongée vers l'horreur avec des moments particulièrement durs. On regrette d'autant plus les longueurs du début du roman : il fallait certes installer les divers personnages ainsi que l'ambiance, mais de nombreux chapitres auraient certainement pu être écourtés. Il n'en demeure pas moins qu'il faut absolument prendre la peine de passer ces moments superflus pour découvrir un pavé de noirceur et de sang, couronné par le grand prix littéraire des lectrices de Elle et par le prix SNCF du polar européen.24/06/2007 à 19:01 1
