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Le Désosseur
9/10 Lu il y a longtemps certes, mais j'ai gardé un excellent souvenir de ce livre. Il inaugurait la série des enquêtes Sachs/Rhyme avec un très bel élan et beaucoup d'originalité.
01/08/2009 à 18:45 3
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Bienvenue à Murderland
8/10 Nathan commence à vivre un véritable cauchemar : sa vie réelle se met tout à coup à se mélanger au jeu Internet auquel il participe. Rapidement, il devient à la fois le coupable d'assassinats sur le web et dans son existence quotidienne. Il semblerait qu'il soit la proie d'un mystérieux comploteur qui est fermement décidé à le rendre responsable. Qui est cet étrange corbeau ? Quelles sont ses motivations ? Il va vite se rendre compte que la réalité peut dépasser la fiction…
Lauréate du Prix du Quai des Orfèvres en 2007 grâce à La 7e femme, Frédérique Molay a bâti un roman d'une très grande originalité, au cours duquel vies quotidiennes et sur Internet se croisent. Le récit est court, haletant, le style percutant et les chapitres enlevés. La tension croît rapidement avec des fausses pistes intéressantes. Mais là où Frédérique Molay réalise un coup d'éclat, c'est avec son épilogue : le lecteur pourra reprocher quelques facilités dans l'intrigue ainsi que des personnages assez superficiels, voire entachés de clichés, mais les deux dernières pages sont incroyables, puisqu'elles réamorcent le récit et donnent une vision de l'ensemble du roman totalement nouvelle. Si le lecteur n'aura pour autant pas à le relire entièrement, il ne pourra que refermer le livre et réfléchir aux divers éléments qu'il aura lus sans avoir pu se douter d'un tel final.
Indéniablement, Bienvenue à Murderland est une réussite qui doit beaucoup à sa chute, très intelligente, réaliste et convaincante, qui fait de ce thriller un exercice de style très abouti.29/07/2009 à 18:34
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L'ombre du Caméléon
6/10 Le lieutenant de l'armée anglaise Charles Acland est grièvement blessé lors d'un combat en Irak et revient au pays, meurtri dans son âme comme dans sa chair. Il est en partie amnésique, soumis à de fortes migraines, et son visage ravagé par un éclat d'obus qui lui a ôté l'usage d'un œil. Il est aussi la proie de haines nouvelles et de crises de rage qu'il peine à contrôler, et ce ne sont pas les visites de son ancienne fiancée à l'hôpital où il est soigné qui l'aident dans sa guérison. Quand une série de meurtres ensanglante Londres, les victimes étant d'anciens soldats homosexuels violés puis battus à mort, la police oriente ses recherches vers le lieutenant Acland. Pour les médecins qui s'occupent de lui, il faudra accepter de comprendre ce personnage si complexe pour tenter de prouver son innocence.
Auteur à succès d'une douzaine de romans policiers et de thrillers, Minette Walters signait en 2007 cette histoire qui est très représentative de son style et de ses intrigues habituelles. L'accent est mis sur la psychologie des protagonistes, avec en point d'orgue l'étude du militaire Acland, dont les plaies externes sont moins atroces que celles de son âme. La langue de l'auteur est agréable et le roman se laisse lire. Cependant, malgré un point de départ original – l'analyse d'un grand blessé de guerre qui est peut-être un tueur en série de la pire espèce – le livre finit parfois par lasser en raison de longueurs inutiles et d'un certain manque de suspense : les fausses pistes ne sont pas assez nombreuses et le lecteur aguerri finira par deviner l'identité du coupable bien avant le dénouement. Par ailleurs, au-delà de ces chapitres qui se diluent dans des dialogues et situations pas forcément nécessaires à l'intrigue et à la tension romanesque, il y a un indéniable manque d'action qui pourra déplaire.
L'ombre du caméléon est donc un roman psychologique qui plaira avant tout aux fans de l'auteur de Cuisine sanglante, Lame de fond et La muselière pour ne citer qu'eux, sans pour autant emporter l'adhésion totale des autres lecteurs.26/07/2009 à 09:30
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La Liste interdite
7/10 Une énigme très bien montée, avec force fausses pistes, pour un roman à la fois insrtuit et instructif. Deux petits bémols en ce qui me concerne : une écriture très/trop proche de celle de Jean-Christophe Grangé, et une intrigue rappelant de manière criante un film avec Michael Douglas. Mais l'ensemble reste quand même très prenant et réussi.
22/07/2009 à 12:51
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Le Couloir de la Pieuvre
8/10 Les débuts prometteurs de Paul Cabrera. Très intéressant à lire, malgré une fin qui m'a un peu déçu.
21/07/2009 à 15:55
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D'amour et dope fraîche
8/10 Gabriel Lecouvreur, alias le Poulpe, détective libertaire et anarchiste à son compte, est en cure dans une station des Pyrénées quand il voit un jeune Noir courir dans la montagne avant de plonger vers le précipice. Seul indice exploitable : il fait partie de la délégation française qui s'entraîne dans un centre d'un genre nouveau pour athlètes. Au même moment, Cheryl, la compagne du Poulpe, est victime d'une drogue du violeur et retrouvée mal en point dans une ruelle de Paris. Deux événements distants et sans rapport… de prime abord : Gabriel et Cheryl vont vite se rendre compte que ces enquêtes sont liées.
Initiée par Jean-Bernard Pouy et réinterprétée par de très nombreux auteurs dont Lalie Walker, Patrick Raynal, Martin Winckler ou Claude Mesplède, la série des enquêtes de Gabriel Lecouvreur est l'une des plus connues de la littérature française, où le lecteur s'amuse à suivre les aventures de ce personnage haut en couleur. Ici, c'est au tour de Caryl Férey, auteur de Utu et Zulu, et de Sophie Couronne de s'approprier Gabriel pour une investigation qui va le mener à côtoyer les milieux du sport de haut niveau et de la drogue. On retrouve avec bonheur son attitude anti-autorité et peu encline aux compromis. L'histoire est enlevée, courte (à peine plus de cent-cinquante pages) et l'humour y est omniprésent, avec force jeux de mots et péripéties très drôles, avec un final de haute volée que Frédéric Dard n'aurait pas pu renier. Le seul petit bémol demeure l'intrigue qui, en soi, n'est pas très inventive mais qui se laisse néanmoins suivre avec un très grand plaisir.
Pour conclure, D'amour et dope fraîche remplit parfaitement son rôle : offrir au lecteur quelques heures de pure distraction ainsi qu'une nouvelle aventure convaincante de cet antihéros hors-norme.21/07/2009 à 11:46 3
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Danse de mort
Lincoln Child, Douglas Preston
9/10 Très bon opus selon moi, toujours aussi agréable à lire, avec une forte tension, des personnages variés et bien campés, et une fin qui ne peut que donner envie de lire la suite, Le Livre des Trépassés.
18/07/2009 à 11:25 2
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Train perdu wagon mort
8/10 Sur les rails menant à la Zoldavie, François, professeur en géopolitique, ainsi que les autres usagers d'un train, s'aperçoivent qu'ils ont été abandonnés. Ils se retrouvent seuls en pleine campagne, sans la moindre explication. Pourquoi ont-ils été lâchés ? Leur en veut-on ? Après de longues hésitations, les rescapés décident de s'échapper : ils iront au devant d'épreuves dont ils ne sortiront pas indemnes.
Grand auteur de romans noirs, Jean-Bernard Pouy continue sur sa lancée avec ce livre oscillant entre noirceur, suspense et horreur. Très court, maîtrisé, l'auteur plonge le lecteur dans l'interrogation et l'on vit les inquiétudes des passagers au rythme des rebondissements. La langue est belle, les personnages bien campés, et l'intrigue réussie. Par ailleurs, la fin est particulièrement ouverte, obligeant le lecteur à réfléchir à ce qu'a voulu imaginer Jean-Bernard Pouy. A cet égard, les relectures possibles sont nombreuses et finissent de rendre cet ouvrage marquant, même si la chute pourra éventuellement décevoir un certain public qui aurait préféré quelque chose de plus affirmé.17/07/2009 à 19:28 2
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Le Mystère de la Chambre Obscure
8/10 En 1855, Félix de Montagnon, journaliste au "Populaire", et Jules Verne, alors écrivain anonyme, assistent à une séance de spiritisme. Au moment de partir, le spirite est abattu d'une balle dans chaque œil, et l'on retrouve à ses côtés de faux billets de banque. Pour les deux amis qui se lancent dans l'enquête, les surprises vont se multiplier : occultisme, expériences photographiques inédites, personnages torves, maisons closes aux rites inhumains…
Auteur spécialiste du polar historique avec des ouvrages comme L'assassin et le prophète et Les sept crimes de Rome, Guillaume Prévost déploie pour la troisième fois toute l'étendue de son talent. La langue est très agréable à lire, les personnages convaincants, et l'intrigue riche et intéressante. Avec de nombreuses fausses pistes et des rebondissements bien amenés, ce roman est un véritable régal, maintenant le suspense jusque dans les ultimes chapitres.
Pour conclure, Le mystère de la chambre obscure est prenant, instructif, original et très bien mené : que demander de plus ?14/07/2009 à 18:23 1
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Spirales infernales
8/10 Un cambriolage qui tourne à l'affrontement psychologique entre un gangster et sa victime, un père de famille qui va faire une partie de pêche malgré un tueur en série qui rôde, William Shakespeare prenant part à un complot meurtrier, Lincoln Rhyme enquêtant sur une inquiétante disparition, un père qui veut protéger à tout prix sa fille harcelée par un jeune psychopathe… En tout, seize nouvelles écrites par Jeffery Deaver.
Auteur de nombreux thrillers, notamment ceux mettant en scène le criminologue Lincoln Rhyme, Jeffery Deaver s'essaie ici à un genre narratif bien particulier : la nouvelle. Dès l'introduction, l'auteur décrit d'ailleurs ce que cela doit être, selon lui : "un tir de sniper". Et il est vrai que ces récits sont très réussis : d'intéressantes variations sur le thème du cambriolage raté, de la jalousie, du traquenard meurtrier, ainsi que de la captation d'héritage. Une véritable salve d'histoires percutantes et variées, parfaitement maîtrisées et racontées, et dont l'intérêt principal réside dans leurs chutes : l'auteur sait jouer des faux-semblants pour mieux tromper le lecteur. Le seul reproche que l'on peut adresser à ces histoires concises vient justement du fait que, à force de voir les apparences être sans cesse manipulées, le lecteur finira par deviner certains épilogues.
Malgré ce petit bémol, Jeffery Deaver a parfaitement réussi son pari, dans cet exercice de style assez osé : surprendre son lectorat grâce à des intrigues dont le fond et la forme diffèrent de ce qu'il fait habituellement.08/07/2009 à 11:53 2
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Double assassinat dans la rue Morgue
9/10 Lu quand j'étais au collège, mais j'en ai gardé un excellent souvenir. Une référence !
04/07/2009 à 15:01 3
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La lettre volée
9/10 Une oeuvre courte et marquante, dont le dénouement est à la fois spectaculaire et minimaliste, prouvant la justesse des déductions du héros. Du très grand art, qui reste une des références en la matière !
04/07/2009 à 15:00 2
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Les gènes de la violence
7/10 A Paris, un tueur en série sème la terreur : il ouvre les poitrines de ses victimes, leur ôte le cœur, les scalpe puis les écorche. Celui que la presse a surnommé "L'Inca" en raison de ses méthodes primitives agite également la sphère politique car un neurobiologiste, Albert Lacasse, prétend que le meurtrier agit sous l'effet d'une hormone produite par un gène tueur. Il serait donc possible de lutter contre tous les futurs assassins récidivistes en les dépistant au plus tôt et en faisant en sorte que l'Assemblée Nationale adopte le projet de loi "Sécurité et transparence". Tandis que l'Inca continue sa monstrueuse moisson, divers policiers, médecins et journalistes vont devoir affronter un ennemi bien plus retors que prévu…
Spécialiste des romans ayant trait à la médecine, Michel De Pracontal signe un ouvrage percutant et ingénieux. Les chapitres, très courts et rythmés, s'enchaînent à merveille et permettent de faire alterner les points de vue des divers personnages. Ces derniers sont d'ailleurs nombreux et soignés, du premier au dernier rôle. Par ailleurs, l'intrigue est forte, oscillant entre thriller, roman noir, politique-fiction et œuvre engagée ; prenant appui sur le contexte politique des élections présidentielles de 2007, l'auteur de La femme sans nombril offre des réflexions intéressantes sur le monde du pouvoir, des médias et des sciences. Il est juste regrettable que l'intrigue policière ait parfois tendance à passer au second plan et que certains protagonistes, du fait de leur grand nombre dans le livre, soient seulement ébauchés et n'aient pas la place qu'ils méritent au sein de l'histoire.
Les gènes de la violence est donc un bon roman, à la fois de fiction et plausible, qui saura divertir autant que faire réfléchir.03/07/2009 à 18:00
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Les Rats
7/10 Lu il y a bien longtemps, mais j'en ai gardé un bon souvenir : une situation de base originale, un bon déroulement et une fin ouverte. Un classique du genre intéressant même s'il a certainement un peu vieilli.
02/07/2009 à 21:28 3
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La Sainte Lance
5/10 Un livre intéressant et bien mené, mais de gros défauts selon moi : des raccourcis, des personnages parfois trop caricaturaux, et surtout un penchant vers le merveilleux - certes assumé - mais qui fait tomber le roman dans des situations grotesques car pas crédibles du tout. Je comprends que l'on puisse accrocher à ce type de récit, mais je ne suis pas fan d'un tel niveau de mysticisme.
28/06/2009 à 21:24
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Les violons du diable
2/10 Franchement, je me suis rarement autant ennuyé à lire un polar. C'est bien simple : il n'y a rien. Des personnages d'une rare inconsistance, une deuxième intrigue qui débarque sans qu'on ne sache pourquoi, pas de dialogues, pas d'ambition, une fin à la gomme... Pfff....
28/06/2009 à 12:56
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Le Bandit n'était pas manchot
4/10 Un roman à peine sympathique, mais tout sauf énergique, avec du cliché en pagaille et une énigme résolue sans que ça bouleverse vraiment le lecteur...
28/06/2009 à 12:53
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Mystic River
9/10 Un ouvrage noir et dur, à la fois tragique et émouvant, avec une galerie de personnages convaincante !
28/06/2009 à 12:48 4
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Le Manoir des immortelles
8/10 Le commissaire Salarnier et ses hommes découvrent le corps d'un collègue médecin légiste sur un chantier, décapité. Un inconnu épie des hommes depuis la fenêtre de son appartement, les photographie et leur attribue des numéros pour les identifier. Ce même inconnu, qui se fait appeler Hadès, habite dans un manoir inquiétant qu'il partage avec une femme nommée Lola et avec laquelle il a des relations troubles...
Impossible d'en dire plus sur Le Manoir des Immortelles sans trop en révéler. Thierry Jonquet, bien avant son terrifiant Mygale, a réussi un roman à la fois très court et particulièrement saisissant. L'intrigue est très dense, menée tambour battant, dénouant de façon machiavélique l'écheveau de cette histoire noire au possible. Les personnages sonnent parfaitement juste, avec notamment un tueur aux motifs qui ne seront dévoilés que dans les toutes dernières pages et un policier ravagé par les démons de sa vie personnelle.
Peut-être un soupçon au-dessous de Mygale du point de vue de l'intrigue, mais il n'en reste pas moins que ce roman marquera durablement l'esprit du lecteur.27/06/2009 à 22:57 2
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Les Croassements de la Nuit
Lincoln Child, Douglas Preston
6/10 Dans une bourgade perdue du Kansas, le corps d'une femme est retrouvé au milieu d'un champ de maïs. Conditions étranges : le cadavre est entouré d'un cercle d'une vingtaine de flèches indiennes empalant des corbeaux. La population a très vite peur, le shérif et son équipe prennent les choses en main... jusqu'à l'arrivée de l'agent du FBI, Pendergast, qui va mener l'enquête à sa façon.
Un nouvel épisode des aventures de Pendergast, et certainement pas la plus réussie. Certes, on retrouve avec un très grand plaisir ce personnage si atypique d'enquêteur aux allures de croque-mort, aux moeurs et aux goûts de dandy, ce qui est en soi un régal. Le village perdu est bien rendu, les ambiances également ainsi que les personnages.
Malheureusement, l'intrigue est loin de tenir toutes ses promesses. L'idée de la malédiction des Quarante-Cinq était ingénieuse mais elle se retrouve presque sous-exploitée. Il y a aussi beaucoup de longueurs et de temps morts, notamment sur la fin (presque 200 pages de traque dans un même lieu, c'est un peu longuet). Au final, le lecteur se retrouve avec une chute - pas inintéressante - mais qui est bien en deçà de ce que l'on pouvait espérer de la part d'auteurs comme Preston et Child, et surtout sans véritable rapport avec tout ce que l'on avait lu au cours du récit.
Pour conclure, un roman assez décevant, auquel il manque un peu du panache et de l'ingéniosité qui ont fait la réputation des enquêtes de Pendergast.27/06/2009 à 22:51 2
