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Le Cri
8/10 Paul et Sam viennent d’emménager dans leur nouvel appartement. Lui est un chômeur, autrefois pigiste, et elle travaille dans l’événementiel. Un couple sans histoire, heureux de vivre. C’est une nuit d’insomnie qui conduit Paul à entreprendre un rapide travail de plomberie dans l’habitation, au cours duquel il découvre, soigneusement emballé, un texte. Une nouvelle intitulée Faux contact. C’est alors le début d’une descente aux enfers, au fur et à mesure des découvertes d’autres récits, écrits de la main d’on ne sait qui…
Si ce roman de Marc Falvo a, entre autres, une citation de Philip K. Dick en guise d’épigraphe, et que Paul lit souvent du Stephen King, ce n’est pas anecdotique. L’auteur a bâti une intrigue complexe et qui surprend d’entrée de jeu. Des mystères en cascade dans l’immeuble, des locataires étranges, des disparitions : la toile est habile. Le récit évite également la linéarité, avec des extraits de quotidiens, d’interviews télévisées, de journal intime, sans compter, bien évidemment, ces étranges histoires qui ont été cachées dans l’appartement. Tant dans le fond que dans la forme, Marc Falvo truffe son ouvrage de faux-semblants, de pièges, d’informations à double sens. Les changements de cap, les renseignements contradictoires, les bouleversements de points de vue sont même si nombreux, l’ambiance si fantasque, que l’on en vient à se demander si l’auteur n’a pas perdu ses propres repères en cours de route. Et, lentement, dans la dernière partie du roman, les pièces du puzzle s’assemblent. Quelques pages suffisent à achever cette intrigue anxiogène et paranoïaque, sacrément déconcertante. Une œuvre qui ne cherche pas à séduire, mais plutôt à désorienter, ce en quoi elle réussit à merveille.21/05/2017 à 17:43 6
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Carnaval
9/10 1919. Un énigmatique tueur en série effraie La Nouvelle-Orléans. Il massacre des personnes sans rapport apparent entre elles à l’aide d’une hache, et dépose dans les plaies des cartes de tarot. Tandis qu’un ouragan s’approche des portes de la Louisiane, plusieurs personnes vont, pour des raisons diverses, tenter de s’approcher de ce monstre, à leurs risques et périls.
Ce premier ouvrage de Ray Celestin frappe fort. Très fort. L’auteur s’est abondamment documenté, tant sur les lieux que sur l’époque, et nous livre une passionnante balade. Ses mots, toujours justes et charmants, nous plongent dans l’ambiance si particulière de la cité, à la fois dans ce qu’elle comporte d’énigmatique voire de putrescent (pègre, prostitution, racismes, etc.) comme dans ses aspects attrayants (histoire riche, identité unique, jaillissement du jazz, premières amorces du blues). L’histoire s’inspire de faits réels, même si l’auteur joue ici sa propre partition, assez loin de la vérité historique, mais nul ne s’en plaindra. Le récit est envoûtant, et l’on ne voit guère défiler les pages. Il faut dire que l’auteur a convoqué des limiers pour le moins hétéroclites et sacrément intéressants. Luca D’Andrea, ancien policier tombé pour corruption et sortant à peine de prison. Ida, secrétaire à l’Agence Pinkerton, amatrice des romans de [Conan Doyle+Arthur], accompagnée Lewis qui vit de grands rêves en tant que musicien. Michael Talbot, au visage grêlé par la vérole, et vivant reclus, en raison des lois ségrégationnistes, avec ses deux enfants et sa femme dans la mesure où celle-ci est noire. John Riley, journaliste au New Orleans Times-Picayune, rongé par les excès, et notamment par la drogue. L’enchaînement des chapitres est parfaitement huilé et brillant, laissant chacun des protagonistes quêter les indices, plonger dans la fange de la ville, recouper les délations et mobiliser toutes ses forces, physiques comme psychologiques, pour approcher le tueur. Ce dernier marquera d’ailleurs les esprits : à la fois engendré d’un passé barbare et d’une manipulation, il est à mille lieues des stéréotypes littéraires du genre, démontrant également à ce niveau l’intelligence de Ray Celestin.
Sublime carte postale envoyée depuis le passé et d’une ville fascinante dans ses excès comme dans ses scintillements, ce roman ensorcelle littéralement. On en vient presque à ressentir sous les doigts, à mesure que passent les pages, les pulsations de The Big Easy et les personnalités des individus conçus par l’écrivain. Un très grand moment de littérature noire.21/05/2017 à 17:40 12
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Sky-High Survival tome 2
9/10 Toujours aussi surprenant et efficace, conçu et dessiné comme un angoissant blockbuster américain. De belles scènes surprenantes, avec une touche d’érotisme bien appuyée, et pas mal de violence, tandis que Yuri commence à mettre en œuvre une stratégie d’entraide dans ce monde aérien peuplé de tueurs sanguinaires. Un véritable régal à mes yeux !
09/05/2017 à 19:45 1
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Trop petit mon ami
8/10 Un petit régal de littérature noire. Une intrigue qui commence sur les chapeaux de roue, avec une plongée d’entrée de jeu dans le vif du sujet, et une pléthore de personnages suffisamment travaillés. Le reste de l’histoire est habilement mené, sans pour autant marquer durablement les esprits. Des individus savoureux, avec un nain, Ticky Edris, machiavélique, un complice, Philip Algir, prêt à tout pour gagner de l’argent, des policiers qui vont être mis sur la piste de ces deux lascars au gré d’une simple activité de plage en famille, et Ira, belle jeune fille, dépassée par son rôle de marionnette humaine, à qui l’on a fait jouer un rôle trop ardu et sanglant et diabolique dans cet intéressant cambriolage de banque. Une mécanique très bien lubrifiée jusqu’à cet inévitable final, décliné en plusieurs épisodes, et sans la moindre happy end. Une bien belle réussite qui me réconcilie avec l’œuvre de James Hadley Chase qui m’avait, au hasard de mes lectures, assez déçu ces derniers temps.
09/05/2017 à 19:43 4
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Détective Conan Tome 10
8/10 Au programme : la résolution de l’énigme inachevée à la fin du volume 9, un meurtre en chambre close où Conan va également affronter un redoutable détective challenger, un mystérieux trafic dans une bibliothèque, et un homicide dans un chalet où tous les suspects ont un solide alibi et où la victime, un professeur en chirurgie, a eu le temps de laisser un message codé aux enquêteurs. Des histoires toujours aussi bien ficelées, malignes et dynamiques. Un véritable régal, pour les jeunes et les moins jeunes.
09/05/2017 à 19:41
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La Prisonnière du ciel
8/10 Deuxième tome toujours aussi délirant d’une série toujours aussi délirante écrite par un auteur toujours aussi délirant. On y retrouve Peggy Meetchum, cette fois-ci chargé de mener l’enquête sur une femme tombée du ciel, transformée en véritable sac à os et organes… mais toujours vivante. S’ensuit une histoire comme sait si bien les tricoter Serge Brussolo, avec une substitution d’identité, des scientifiques complètement barrés, l’emploi des nanotechnologies, un asile dans l’espace, des manipulations génétiques, des mères porteuses dévoyées, des monstres si puissants que l’on a du mal à s’en débarrasser, etc. Comme pour le précédent opus, certains regretteront la pléthore d’effets et de rebondissements ; à titre personnel, même s’il est indéniable que le bouchon est parti sacrément loin, l’écrivain sait captiver, générer des récits qui ne ressemblent à aucun autre, pour un plaisir distractif qui n’a jamais cessé de fonctionner.
09/05/2017 à 19:37 6
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Sous l'oeil de l'écorcheur
4/10 Autant j’ai trouvé le début de l’histoire intéressante et aguicheuse, avec cette débauche d’étranges gentillesses faites à Dustin, la substitution d’identité entre Dustin et Ari, ces mystérieux enfants visiblement insensibles à la douleur, l’histoire du croquemitaine, etc., autant je trouve la fin complètement manquée, avec force ingrédients fantastiques, spectres courroucés, esprits vengeurs et tout le toutim. A mes humbles yeux, une profusion d’effets qui, à la manière d’un mets saupoudré de trop d’épices, en vient à devenir trop disparate, ayant perdu sa saveur initiale et, pour tout dire, raté.
09/05/2017 à 19:34 2
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Atlas du crime parfait : braquages, évasions, vols d'oeuvres d'art... : sur les traces des plus grands escrocs du siècle
8/10 Un très bon documentaire portant sur des cambrioleurs, faussaires, bonimenteurs et escrocs. Il y est même question d'un piratage musical, de vol d’œuvres d'art, d'évasions de prison, de piratages informatiques. Deux pages de texte par affaire accompagnées presque à chaque fois d'une illustration (plan des lieux, carte, etc.). C'est riche, varié, et en même temps suffisamment lapidaire pour ne jamais ennuyer. Un livre original et prenant où l'on peut éventuellement butiner en fonction de ses envies et préférences. J'ai vraiment passé un agréable moment au côté de ces criminels, pas obligatoirement célèbres ou mal intentionnés.
28/04/2017 à 11:12 2
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Piège pour Cendrillon
8/10 Une explosion accidentelle a plongé Michèle Isola dans l’amnésie. Sévèrement brûlée, elle n’a plus en tête que des bribes de souvenirs de sa vie d’avant. Tandis que Jeanne, sa tutrice, s’attache à son bien-être, des zones d’ombre naissent.
Sébastien Japrisot n’a pas une bibliographie très abondante, raison pour laquelle chacun de ses ouvrages constitue un rendez-vous que l’on ne saurait rater. Avec ce Piège pour Cendrillon, il enchante, du début à la fin. Assez court, ce roman n’en est pas moins dense : les non-dits, les éclaircies de vérité et les rebondissements sont nombreux, obligeant une lecture attentive, d’autant que le style est excellent. L’héroïne – mais en est-ce vraiment une ? – apprend à se reconstruire en réunissant les fragments de sa mémoire, depuis sa coexistence avec Domenica Loï, une amie d’enfance. Lentement, au gré de fulgurances, de rencontres et d’une longue quête intime, elle va finir par douter de sa propre identité. Est-elle vraiment Mi ? En à peine plus de deux-cents pages, Sébastien Japrisot a tissé une histoire fort consistante, parsemée d’allers-retours avec le passé, et prenante comme il n’est guère permis. Pour reprendre la formule d’Arthur Rimbaud, « Je est un autre ». Et c’est précisément cette question qui va hanter Michèle jusqu’au dénouement, n’intervenant que dans l’ultime page.
Un roman ensorcelant, adapté au cinéma en 1965, qui ne cesse de hanter, même après qu’on l’a terminé. Il est d’ailleurs à noter qu’il a été écrit en 1963 : rares sont les quinquagénaires à avoir conservé un tel charme.26/04/2017 à 17:40 5
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Amandine et les brigades du Tigre
7/10 1909, au Crotoy. Amandine, fille de bonne famille, s’égaie des exploits aéronautiques des frères Caudron, rencontre l’écrivaine Colette en villégiature. C’est alors qu’un vol de bijoux suivi du meurtre d’Anaïs, domestique de sa maison, plonge les alentours dans la stupéfaction. Amandine décide de prêter son concours aux forces de police pour démêler cette affaire.
De Lucienne Cluytens, on a déjà apprécié, entre autres, Les Bagnoles ne tombent pas du ciel ou LaPanthère sort ses griffes. Ici, elle nous revient avec cet ouvrage issu de la collection Belle Epoque. Un livre enthousiasmant et rafraîchissant, du début à la fin. L’ambiance du début de siècle est parfaitement restituée, les lieux également, et c’est avec plaisir que l’on se laisse promener par l’auteure au gré des pages. L’intrigue est intelligente, bien menée et parfaitement plausible, sans effet de manche ni artifice malvenu, avec l’esprit qui caractérise Lucienne Cluytens. Ce livre est aussi un joli portrait de femme, en la personne d’Amandine : dégourdie et impatiente, pugnace, en butte aux préjugés et mœurs de l’époque où les dames ne peuvent prétendument s’accomplir qu’au travers de mariages de convenance, sans réelle liberté. Elle découvrira l’amour avec le bel Alexander, mais aussi les frissons de l’enquête criminelle avec Raoul Plantier, policier issu des Brigades du Tigre, jusqu’à la résolution de ce vol et de deux homicides.
Une efficace énigme déposée sur une élégante carte postale : idéal pour se divertir !26/04/2017 à 17:36 1
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Il n'y a pas de passé simple
9/10 Jeune journaliste stagiaire au Courrier du Sud-Ouest, Skander Corsaro compte réaliser un article sur l’abbaye de Morlan. Mais, une fois les quelques interlocuteurs interviewés sur place, l’oubli du capuchon de son appareil photo l’oblige à rebrousser chemin et, malencontreusement, saisir un dialogue entre l’architecte et le conservateur où il est question de l’abbé Soeuil. Qui est ce mystérieux abbé ainsi évoqué ? Pour Skander, c’est le début d’une enquête riche, qui va le mener à rouvrir des plaies ouvertes il y a bien longtemps.
Il s’agit du premier ouvrage de François-Henri Soulié, et dont le second tome, Un Futur plus que parfait, est sorti en mars dernier. Ce qui séduit d’entrée de jeu, c’est le style de l’auteur. Il est fourmillement. De répliques drôles et toujours de bon aloi. De justes réflexions quant à l’être humain et la société. De mises en scène de situations parfois rocambolesques, où l’absurde le dispute au croustillant. De délicieux petits plaisirs littéraires, gorgés de malice et d’esprit, certes souvent fugaces, mais qui débouchent fréquemment sur de nouvelles saynètes savoureuses. On en vient volontiers à reprendre certains passages, moins pour ce qu’ils apportent à l’enquête en tant de telle, que pour l’allégresse qu’il procure au lecteur. Les divers personnages sont un régal. Skander, moitié français moitié – lui-même le confesse – on ne sait pas trop quoi, pris entre la culture européenne et les lustres orientaux. Léo Orson, le peintre paralysé qui ne peut se déplacer qu’à l’aide d’un fauteuil hightech, à l’altruisme immense. Max, le tenant du bistrot. Tonio, le fidèle ami de Skander, anarchiste, homosexuel, grand lanceur de pépites philosophiques, et toujours prêt à aider son ami d’enfance. Berland, le directeur du journal, d’une absolue humanité pour son stagiaire. Arthur Schoenberger, dit Chon-Chon, bouquiniste plein de ressources et survivant d’Auschwitz. Sans compter Sandra, la spectrale fille de Léo et pour laquelle Skander a immédiatement ressenti une inclination onirique, quitte à déboussoler ses rêves et lui faire subir des hallucinations. Le récit purement policier va également mener notre limier d’un mystère à un autre, entre des événements ayant eu lieu peu de temps avant la Révolution française, la Seconde Guerre mondiale, et des complots très contemporains, très politiques, et très sordides. C’est aussi cela l’un des grandes qualités littéraires et scénaristiques de déploie François-Henri Soulié : souffler le chaud et le froid, le réjoui et le dramatique, le sautillant et le monstrueux. Parce qu’une honorable vieille dame, recluse dans une maison de retraite aux forts accents catholiques, malgré ses pertes de repères historiques au point de confondre passé et présent, constituera l’un des détonateurs déposés sur une immense charge explosive qui vaporisera de nombreux personnages. Si la salve des premiers chapitres laisse penser que l’ensemble du récit sera allègre, voire gentiment futile, la suite des événements prouvera le contraire, exposant aux yeux terrifiés des protagonistes des pages monstrueuses de l’histoire française. Cette cohabitation du léger et du terrible aurait pu mener à une fusion, voire une confusion des genres, un brouet infâme, au risque de perdre le lecteur, ou lui faire penser que François-Henri Soulié n’a jamais su choisir son registre. Ici, il n’en est rien. Il vient au contraire souligner l’intelligence d’un auteur qui a su apporter, avec correction et justesse, ces deux éléments sans jamais les mélanger ou les noyer l’un dans l’autre pour les neutraliser.
Un roman vif, érudit et passionnant, ayant amplement mérité le Prix du premier roman policier du festival de Beaune de 2016. Et cet enchevêtrement des diverses époques historiques évoquées, ici imbriquées dans cette chasse au trésor, démontre la pertinence du titre choisi : Il n’y a pas de passé simple.26/04/2017 à 17:29 4
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Détective Conan Tome 87
7/10 Au programme de ce tome 87 : la fin de l’énigme présentée dans le numéro 86, avec une intéressante référence générale à Takeda Shingen ; une rivalité mortelle entre deux blogueuses (et une sympathique énigme autour d’un crime en chambre close) ; et une plongée dans l’enfance de Shinichi et Ran (à la clef, une inattendue première enquête, émouvante, avec un attachant croisement des points de vue autour des mêmes situations et actions). Et enfin, un meurtre dans un restaurant et mettant en scène deux vedettes, dont on ne connaîtra la résolution qu’à l’opus suivant. L’ensemble reste toujours aussi plaisant et dynamique !
23/04/2017 à 08:41 1
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Real Account tome 1
8/10 Une histoire prenante et originale, dénonçant avec intelligence les perversions induites par les réseaux sociaux. Un réquisitoire qui s’illustre notamment au gré des diverses épreuves subies par les personnages, prisonniers dans cet univers virtuel dominé par cet étrange individu, Marble, où l’on est obligatoirement conduit à réfléchir aux notions d’amitié réelle, de popularité et d’identité. Un délicieux jeu de massacre qui s’achève de manière inattendue, avec l’arrivée de Marble dans le monde réel. Délassant et efficace, tout autant qu’intéressant et sacrément corrosif.
23/04/2017 à 08:39
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Michelle Annabella Katz, Premiers combats
7/10 La genèse de Michelle Annabella Katz, devenue combattante sous la férule de son père, décoratrice sous l’influence de sa mère, avant d’être embauchée par la mystérieuse Agence 13. En soi, ce n’est pas une histoire extraordinaire ni remarquable, mais plutôt une sorte d’échauffement pour Serge Brussolo, avant de rempiler pour le quatrième tome « Le Manoir de l’Ecureuil », ou encore un moyen pour le lecteur de se remettre dans le bain avant de suivre une nouvelle aventure de Mickie. Un opus certes pas indispensable, mais court et plaisant, et qui ravira à coup sûr les fans.
23/04/2017 à 08:38 2
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Pas de vacances pour Fantômette
6/10 Un agréable moment de lecture aux côtés de Fantômette, une héroïne et croustillante. De l’aventure, de l’action, et beaucoup d’humour, dans les situations comme dans les dialogues, avec force jeux de mots, pour une intrigue bien sympathique, même si je regrette que la nature du trafic soit si vite dévoilée.
23/04/2017 à 08:37 1
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Le Manoir de la terreur
6/10 Une histoire qui recycle l’histoire du Docteur Jekyll et Mister Hyde ainsi que la lycanthropie. Une histoire certes prenante et bien écrite, suffisamment efficace pour promettre quelques frissons à un jeune lectorat, mais qui ne m’a pas semblé suffisamment originale : il y avait tant à faire pour se démarquer de ces deux postulats, ce que R.L. Stine ne tente jamais. De même, la chute, tombant certes dans les deux dernières pages, est intéressante, mais elle en devient presque attendue, quand on connaît un peu les « tics » scénaristiques de l’écrivain.
23/04/2017 à 08:36 1
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Détective Conan Tome 71
5/10 Un épisode bien moins intéressant que les autres à mes yeux. Un premier récit sympathique mais sans plus, où un jeune policier cherche sur une cassette VHS un ancien amour d’école ; c’est gentiment mené et sentimental en diable, mais sans le moindre frisson. L’autre intrigue, incomplète, mène Conan – voire Shinichi quand il prend le produit adapté – et ses amis à Londres. Au programme : un tueur en quête de vengeance, un possible attentat, du tennis, et un fil rouge que constitue Sherlock Holmes et les livres le mettant en scène. Alors, certes, c’est original et intéressera probablement les aficionados d’Arthur Conan Doyle pour les multiples références, mais ça manque un peu de nerf, le complot est capillotracté (surtout le coup du braille), ça traîne en longueur selon moi, et les dialogues en anglais sous-titrés en français m’ont profondément agacé car inutiles. Bref, une carte postale londonienne agréable, mettant à l’action Shinichi aidé de ses camarades dont Ran et le professeur Agasa, mais qui ne m’a jamais enflammé.
23/04/2017 à 08:35 1
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No Guns Life tome 1
9/10 Un manga vraiment prenant, où l’on suit Jûzô Inui, un « extend », mi-humain mi-robot chargé de démêler les affaires ayant trait à ses semblables. Le voilà pris dans une très étrange histoire, où se mêlent un énigmatique enfant kidnappé, des gosses pourchassés, une nonne très spéciale, un pouvoir dénommé « harmonie », des cigarettes aux propriétés insoupçonnées, et une lutte secrète entre deux entités. Du combat, de l’action, des androïdes qui se déchaînent, et, au final, de jolies pensées quant à l’identité, la place dans la société, le libre arbitre ou la rédemption. Un graphisme ultra efficace, même si j’ai trouvé que parfois les batailles devenaient esthétiquement confuses, et un scénario riche et à multiples tiroirs. Un ouvrage qui emprunte quelques codes de la science-fiction, fait des clins d’œil à Hellboy, et se permet d’avoir son propre ADN tout en y incluant des références nombreuses. Un régal.
23/04/2017 à 08:34 1
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Sens Interdit[s]
8/10 Ce sont plusieurs enfants que l’on retrouve morts dans les alentours de la ville de Sens. Le point commun, en plus du jeune âge des victimes, est qu’ils étaient issus de la notabilité locale. Serait-ce une vengeance ? L’œuvre d’un tueur en série ? D’une vague de suicides ? Luc Mandoline est bien décidé à tirer cette sordide histoire au clair.
Cet ouvrage issu de la série consacrée à l’Embaumeur est un pur régal de noirceur. On y retrouve avec plaisir notre thanatopracteur préféré, toujours aussi charmeur et direct, obstiné dans sa quête de la vérité, et entouré de ses camarades Sullivan Mermet, ancien légionnaire, et Elisa Deuilh, l’incendiaire journaliste rousse. Jacques Saussey s’est glissé avec facilité – et indéniablement avec un plaisir communicatif – dans la peau de l’Embaumeur, comme l’ont fait avant lui, entre autres, Michel Vigneron, Maxime Gillio ou Jess Kaan. Son style, abrupt et efficace, séduit de la première à la dernière page. L’intrigue est également très réussie, et ce ne sont que les ultimes pages de ce livre écrasé de dureté qui offriront la résolution complète de l’histoire.
Environ cent-vingt pages d’une lecture efficace et prenante, saturées de ténèbres et de suspense, pour probablement l’un des opus les plus sombres de la série, ce qui n’exclut pas un humour de bon aloi et des moments de franche rigolade, tels des coupe-feux au beau milieu d’un incendie. On ne peut que remercier Jacques Saussey pour ce moment de fièvre passé au côté de l’un des personnages récurrents de la littérature policière française les plus atypiques qui soient.16/04/2017 à 08:55 1
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Sang maudit
9/10 Tout commence par un simple cambriolage au cours duquel des diamants disparaissent de chez la famille Leggett. Mais le détective délégué pour enquêter sur ce vol a tôt fait de remarquer que Gabrielle, la jeune fille de la famille, est peut-être au centre de l’affaire. Son propre sang ne serait-il pas corrompu, au risque qu’une malédiction pèse sur elle ?
Dashiell Hammett n’est pas un écrivain comme les autres. Il est de ceux qui ont ouvert une voie, bâti un genre, défini des jalons. Ainsi, presque quatre-vingt-dix ans après la parution de ce Sang maudit, la puissance du roman demeure. L’intrigue y est riche, découpée en trois grandes parties, chacune recélant des enchevêtrements et des ramifications de très grande qualité. Les personnages, décrits souvent à l’acide, constituent une véritable faune éclectique et autant de points d’appui pour une intrigue – voire des intrigues – qui ne cessent de rebondir et prendre de l’ampleur. Tout y passe : chantage, manipulation, usurpation d’identité, influence sectaire, drogue, etc. Parallèlement, Dashiell Hammett est également un narrateur hors pair. Un style concis, rêche, qui sait aller à l’essentiel sans pour autant museler la causticité de la plume. Et, au centre de cette histoire prenante de bout en bout, une femme : Gabrielle. Persuadée que son hérédité a concentré dans ses veines ce qu’il y a de pire chez ses géniteurs. Une anxiété de tous les instants que semble démontrer les épreuves qu’elle va rencontrer. A cet égard, les scènes marquantes ne manquent guère, depuis la mort téléguidée de la mère de Gabrielle – ou comment la haine et la rancœur transforment un jeu innocent en une ignoble manipulation – au combat du détective contre un spectre phosphorescent dans l’enceinte d’une communauté sectaire.
Il est des ouvrages qui marquent durablement les esprits. Leur intrigue, leur puissance narrative, leur complexité ou leur maestria peuvent constituer autant de paramètres expliquant cette mémorabilité. Et quand tous ces éléments se retrouvent en un seul opus, la rencontre n’en est que plus glorieuse. Au même titre que Moisson rouge ou Le Faucon maltais, ce roman est né pour poinçonner les esprits et inviter tous les écrivains ultérieurs à célébrer son immense qualité. Et s’il existe un panthéon pour les auteurs policiers, assurément, Dashiell Hammett y siège avec toute la déférence qu’il méritait, mérite et méritera jusqu’à la fin des temps.16/04/2017 à 08:45 3
