El Marco Modérateur

3814 votes

  • The Fable tome 2

    Katsuhisa Minami

    7/10 Le patron de Fable et de sa complice leur ordonnent d’acheter un animal de compagnie, et ils retrouvent à l’animalerie leurs deux bastonneurs avant d’acquérir un caïque à tête noire. Le bras droit du boss veut s’assurer que Fable est bien ce tueur à gage si célèbre en le faisant affronter un ancien catcheur tandis que Youko est draguée par l’un des hommes de main, Takahashi, à la demande de ce même bras droit. Fable fait rapidement la démonstration de son talent tandis que Youko passe un bon moment de rigolade avec son accompagnateur complètement bourré. Un graphisme toujours aussi particulier et un ton très agréable, avec des dialogues qui font mouche et une ambiance prenante.

    08/03/2022 à 19:32 1

  • Meurtre avec (pré)méditation

    Robert Thorogood

    8/10 Aslan Kennedy tient, avec son épouse, un centre de remise en forme à Sainte-Marie, une île des Caraïbes. Dans ce qui est appelé « Espace de Méditation », il est avec cinq autres personnes, presque des patients, heureux de recevoir des soins d’ordre zen. Mais un drame a lieu : Aslan est assassiné de plusieurs coups de couteau, et c’est Julia Higgins, l’arme dans la main, qui s’accuse aussitôt du crime. Le cas est presque résolu sur-le-champ, sauf que l’inspecteur-chef Richard Poole n’aime pas ça, les affaires trop évidentes…

    Si le cadre ou le nom de Richard Poole vous disent quelque chose, c’est normal : c’est en effet à Robert Thorogood que l’on doit la série télévisée Meurtres au Paradis. Ici, sur un scénario jamais porté à l’écran, on retrouve donc cet enquêteur so british, transplanté dans le décor idyllique des Caraïbes, attaché à son élégance vestimentaire et au soin presque maniaque de sa maison, mais qui ne s’est toujours pas fait à ce lieu. Tout y est « trop » : le climat chaud, la nourriture épicée, la faune locale envahissante (notamment Harry, ce lézard vert). Et « trop », c’est aussi ce qui caractérise cet assassinat dès lors qu’on l’y adjoint l’épithète « facile ». En limier pugnace et perspicace, Richard – que l’on ne s’étonne guère de l’appeler par son prénom tant il est rapidement sympathique – va se démener pour s’assurer qu’il n’y a pas eu une manipulation. Les rebondissements seront fort nombreux, depuis la découverte du passé d’escroc d’Aslan, expert de la pyramide de Ponzi, à ceux de quelques-unes des personnes présentes à ses côtés dans ce cabanon fermé de l’intérieur, en passant par d’autres découvertes habiles et inattendues. On se régale de la décontraction de l’ouvrage, où Richard est parfois inénarrable, comme son effroi lorsqu’il découvre un morceau joué à la flûte de Pan, la scène où il tient, très fier, un ballon gonflé à l’hélium avant de se lancer dans une démonstration scientifique, son embarras de quadragénaire n’ayant visiblement jamais pratiqué l’acte sexuel, ou son entêtement à vouloir comprendre la raison de la présence d’une punaise sur les lieux du crime. Il flotte, tout au long de ce livre, un humour exquis, délectable, tant appréciable en ces temps de thrillers poisseux et outranciers et, même si l’on peut reprocher à l’écrivain quelques dialogues agaçants (des « Quoi ? » et autres « Comment ça ? » surnuméraires), Robert Thorogood nous charme avec cette intrigue très bien conçue, réservant notamment un clin d’œil appuyé à Agatha Christie tout en sachant, dans l’épilogue, fournir une résolution originale et très crédible de ce meurtre en chambre close.

    Un roman délicieux et fort distrayant, que l’on savoure d’un bout à l’autre. Voilà qui donne très envie de se jeter sur Falaise fatale, l’autre ouvrage consacré à Richard Poole et également paru chez J’ai lu.

    08/03/2022 à 06:47 1

  • Moi, Jolan

    Grzegorz Rosinski, Yves Sente

    7/10 Ayant quitté sa famille, mais « surtout et définitivement son enfance », retombe sous la coupe du magicien au masque de fer, Manthor, qui avait sauvé son père. Mais il va devoir passer des épreuves en compétition avec d’autres adolescents de son âge. Pendant ce temps, sa mère, Aaricia, s’en va rencontrer une sorcière, Mahara, afin de savoir ce qu’il va advenir de Jolan. Un opus plaisant, aux nuances de couleurs toujours aussi attrayantes, pour une double intrigue, assez dynamique en ce qui concerne les ados, et intéressante pour la quête d’Aaricia qui va apprendre une incroyable nouvelle quant à l’un des protagonistes de la série.

    07/03/2022 à 17:05 2

  • Mafioso

    Ray Celestin

    9/10 New York, août 1947. On découvre dans l’hôtel Palmer situé à Manhattan quatre cadavres, des personnes atrocement assassinées à l’arme blanche. Le suspect est évident : Thomas James Talbot. Un Noir, amateur de magie vaudou. Son père, Michael, plus de soixante-dix ans, ancien détective privé, ne croit pas du tout à cette version. Il demande l’aide d’Ida Davis, également détective privée avec laquelle il a longtemps travaillé, notamment dans l’agence Pinkerton. Dans le même temps, Gabriel Leveson a amassé suffisamment d’argent grâce aux champs de courses pour partir au Mexique avec sa nièce Sarah. Mais la mafia qui l’emploie lui demande de retrouver deux millions de dollars que Bugsy Siegel aurait dérobé à la pègre lors de la construction du Flamingo, le casino de Las Vegas. Un point commun entre ces deux affaires va lentement apparaître : un homme, Faron, un tueur à gage psychopathe qui avait violé la sœur de Gabriel avant que cette dernière ne se défenestre.

    Après Carnaval et Mascarade, voici le troisième volet de la quadrilogie consacrée au City Blues Quartet, et ce n’est qu’un euphémisme que de dire que ce tome est au moins aussi bon que les précédents. Pourtant bien épais, ce livre de Ray Celestin séduit dès les premières pages, dès les premières lignes : « Venez voir tous ces vampires. Regardez-les traîner sur Times Square. Regardez ce grouillement empressé sous l’orbe des étoiles ». L’auteur nous balade dans le New York de l’immédiat après-guerre, développant sa puissante et envoûtante connaissance de la Grosse Pomme à travers une multitude d’anecdotes architecturales, musicales, cinématographiques, littéraires, géographiques et historiques. On a coutume de dire qu’un écrivain s’est beaucoup documenté, mais ici, évacuons le terme de « documentation », trop négligeable par rapport à ce qu’a accompli Ray Celestin. Dans le même temps, c’est aussi une incroyable radioscopie de la mafia italienne, maîtresse à peine masquée de New York, du pouvoir américain et de ses arcanes, entre luttes de pouvoir, coexistence de familles disjointes et coups bas pour récupérer l’entièreté de la main sur la ville. On voit défiler de nombreux personnages authentiques dans ce livre (et pas tous liés à la mafia), comme Dean Martin, Frank Sinatra, Louis Armstrong, Charlie Parker, Stanley Kubrick ou Ronald Reagan, sans parler de certains pontes eux-mêmes de la grande criminalité. Il est très intéressant de voir comment la mafia a réussi à infiltrer les milieux du cinéma, notamment sous prétexte de lutter contre l’influence des syndicats, ainsi que le port de la ville au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Parallèlement, l’intrigue est diablement bien construite, et les six cent trente pages de cet opus particulièrement bien écrit et profond permettent de déployer une structure dédaléenne, riche et passionnante, qui feront remonter nos trois protagonistes jusqu’à un épisode du passé que certains aimeraient tant conserver secret. Beaucoup de noirceur, de suspense, d’action dans cet ouvrage éblouissant, sans oublier l’émotion : certains passages se révèlent poignants, comme les relations tumultueuses entre Michael et son fils, ou encore un détail physique de Sarah qui va déboucher sur une révélation étourdissante.

    Quelque part entre le thriller et le roman noir, Ray Celestin nous livre ici un roman d’une somptueuse complexité et d’une magnifique densité humaine. Un pur joyau d’ébène, à lire absolument.

    04/03/2022 à 08:11 6

  • Silence

    Edgar Allan Poe

    6/10 Une histoire assez étrange, où l’on ne comprend qu’à la fin qu’il s’agit d’un conte. Des descriptions à la fois belles et en même temps agaçantes (cette surabondance de « et… ») tandis que la nature finit par ployer sous le silence. Mais l’ensemble ainsi que les probables références (l’homme en toge, le rocher, le démon, etc.) s’est montré un peu trop ésotérique à mes yeux.

    03/03/2022 à 18:59 1

  • Échappe-toi du musée

    Fabien Clavel

    8/10 Après Echappe-toi des catacombes et Echappe-toi du cimetière, vous incarnez Alex, et vos amis, les « Escape Geeks », sont Bérénice, Karim, Romain et Yun. Lors de votre dernière aventure, vous avez mis la main sur une clef USB que vous ouvrez au CDI de votre collège qui vous indique que la prochaine étape sera le Musée du Louvre. Une fois de plus, vous allez devoir utiliser vos petites cellules grises au sein des différentes galeries de ce lieu emblématique afin de poursuivre la secte Odal… et de vous échapper !

    Fabien Clavel reste aux manettes de cette série de livres fondée sur le principe des « escape games », et ce avec beaucoup de talent. Le principe demeure simple mais hautement efficace et addictif : des énigmes à résoudre, des personnages dont chaque caractère peut constituer une clef, des actions à réaliser, des objets à employer, et des choix à réaliser. Afin de satisfaire le lectorat assez jeune auquel se destine cet ouvrage, l’auteur panache les devinettes plutôt simples comme les arcanes plus corsés. Certaines de ces énigmes demanderont de l’observation, d’autres quelques compétences en mathématiques, et Fabien Clavel se paie le luxe – bienvenu – d’ajouter quelques notes d’humour où certaines résolutions feront bien sourire voire rire, même si c’est juste histoire de tester les multiples directions possibles. Nous avions déjà beaucoup apprécié Echappe-toi du cimetière, et cet opus est au moins de la même qualité, voire un cran au-dessus. Un petit régal de réflexion et de distraction qui, aussitôt achevé, ne demande qu’à être recommencé depuis le début pour découvrir des chemins alternatifs.

    Une série très réussie et prenante, et ça tombe bien : on sait déjà que Fabien Clavel et l’éditeur Rageot ne comptent pas s’arrêter en si bon chemin !

    02/03/2022 à 07:01 2

  • L'Île sans nom

    Jean-François Di Giorgio, Frédéric Genêt

    7/10 Comme l’indique le titre, Takeo est de retour sur l’Île sans nom, à la recherche de son frère Akio, tandis que le début de cette BD nous permet de faire connaissance avec un redoutable bretteur, Shobei. Takeo arrive dans un village qui semble festif mais est en fait la proie de maladies ainsi que d’une bande de yakuzas qui prélève une fois par an une dîme qui ne fait qu’amplifier la misère de ces malheureux. Un opus toujours aussi bien dessiné et efficace, se concluant sur l’amorce du tournoi qui va donc voir s’opposer Takeo et Shobei.

    01/03/2022 à 19:32 2

  • Le sang du Loonois

    Sylvain Cordurié, Alessio Lapo

    5/10 Une histoire prenant pied du temps d’Arthur et de ses chevaliers : le début panache combat entre cavaliers et une sacrée rixe entre des naïades façon elfiques. Une esthétique particulièrement léchée tandis que l’on suit ces personnages féminins user de magie et de persuasion pour prendre le pouvoir. L’ensemble est agréable et distractif, mais le scénario m’a déçu : pas assez évident, trop évanescent, guère mémorable, finalement. Je verrai si je vais lire les deux autres opus.

    28/02/2022 à 16:55 1

  • Chasseurs de robot

    Richard Marazano, Xiao Shang

    6/10 Retour dans cet univers postapocalyptique où des gamins sont obligés de chasser des rats pour les manger et donc se nourrir (première scène). Ça commence de manière plus dynamique que le précédent tome (peut-être était-ce volontaire afin de planter le décor), avec S.A.M. qui réapparaît en affrontant une sorte d’immense scolopendre robotique. Le reste de l’histoire s’articule justement autour de l’amitié naissante entre Yann et S.A.M. tandis que les camarades de l’adolescent se demandent si cet androïde est digne de confiance. Un ton plus énergique pour une BD qui ne propose toujours rien de révolutionnaire mais se révèle sympathique (mais sans plus) à suivre.

    27/02/2022 à 20:31 1

  • Après l'homme...

    Richard Marazano, Xiao Shang

    5/10 Dans un univers postapocalyptique, des ados tentent de survivre dans les décombres d’une vaste cité où des robots immenses sèment la terreur. Leur seule retraite : les souterrains et égouts par centaines. Un curieux mais agréable cocktail du point de vue graphique, qui panache l’esthétique japonaise du manga, quelque chose de beaucoup plus occidental (un indice : tous les prénoms des mômes sont à consonnance française, ou au moins européenne) et une fluidité digne des animes. Vraiment rien de transcendant du point de vue du fond avec un schéma classique et des éléments déjà lus ou vues maintes fois ailleurs, donc pas grand-chose de véritablement croustillant à se mettre sous les dents mais ça se laisse lire, sans plus, jusqu’à l’apparition de ce robot qui semble vouloir aider nos jeunes protagonistes. Ah, un détail irritant : le fait de mettre quasiment un mot sur quatre en gras. C’est trois fois rien mais ça n’apporte rien sinon de taper gentiment sur le système…

    27/02/2022 à 18:57 1

  • Partie de chasse

    Enki Bilal, Pierre Christin

    9/10 Lu il y a déjà pas mal de temps, mais j'en conserve un soucenir assez précis. Un graphisme remarquable pour un récit particulièrement sombre, où la petite histoire se mêle à la grande à travers ce règlement de comptes entre nervis du communisme, vengeances personnelles et enjeux de pouvoirs. Une partie de chasse, comme le dit explicitement le titre de cette bande dessinée, où ce sont autant les hommes que les désillusions et autres espérances gâchées qui vont servir de cibles. Brillant, même si je me souviens d'un scénario nécessitant un minimum de bagage culturel et historique afin de profiter au maximum de ses ficelles et de ses subtilités.

    27/02/2022 à 07:45 2

  • Dead Tube tome 13

    Touta Kitakawa, Mikoto Yamaguchi

    6/10 Hanae Miwa cherche à détourner l’attention des fêlés des deux autres femmes tandis que Tomo en est réduit à suivre cette chasse à la femme à distance. L’histoire se dilue un peu par rapport au tome précédent, je trouve, mais j’ai apprécié le retour de quelques figures de la série, comme Justice-Man et Crazy Lascar, avec un mélange plutôt plaisant (même si pas toujours de bon goût) de zombies réinterprétés, prédateurs sexuels, superhéros, et un retour vers des épisodes précédents de la saga, permettant également de découvrir l’identité du créateur du « Dead Tube ».

    26/02/2022 à 19:14 1

  • Issak tome 4

    DOUBLE-S, Shinji Makari

    7/10 Le siège mené par les Espagnols tonne dès les premières planches, et parce qu’Issak est encore blessé, il délègue son fameux mousquet à Zetta qui l’utilise, avec ses conseils avisés, afin de déloger Renzo de son emplacement, mais ce dernier n’est finalement que touché, pas tué. Mais parce qu’il ne souhaite pas que les combats s’arrêtent comme l’indique le prince espagnol, Renzo le poignarde et le tue. Encore de belles scènes de batailles, un moment de sacrifice fort oignant face à des arbalétriers, et Issak qui récupère (un peu trop vite pour être vraisemblable) ses forces pour massacrer de l’ennemi à la chaîne dans un tunnel. Un opus aussi bon que les précédents, s’achevant sur la (probable) promesse d’un combat au sabre entre les frères ennemis.

    26/02/2022 à 16:58 2

  • Parasite Reversi tome 2

    Ohta Moare

    8/10 Une entame intéressante : un calme apparent, une forme de mollesse, et deux personnes zigouillées par l’un des monstres avec une impassibilité pas possible, sans outrance ni sang. Hirokawa, le conseiller municipal et père de Tatsuki, et ses sbires semblent œuvrer pour un projet où l’espèce humaine, pollueuse et encombrante, n’a pas sa place, et Ichinose, le nouvel équipier de Fukami, s’illustre rapidement par sa violence. Une série qui continue de me séduire : un ton étrange, des horreurs montrées pourtant sans la moindre goutte de sang ni surabondance de violence, des planches sans dialogue et des visages atones alors que l’ambiance n’en demeure pas moins pesante… Un régal d’originalité dans la forme, moins dans le fond, mais la première, qui intrigue, l’emporte amplement sur la seconde.

    24/02/2022 à 20:00 2

  • Sirène

    Serge Brussolo

    7/10 Un ouvrage typique de l’univers de Serge Brussolo. Sur une île surnommée « La Main » en raison de sa configuration, des survivants résistent à la lente destruction des surfaces terrestres, le dernier événement en date étant l’amputation de l’un des « doigts » de cette île. Après, tout s’enchaîne rapidement : une chorale destinée à amadouer les forces chtoniennes, des sacrifices humains (des personnes rendues volontairement obèses) pour calmer ces mêmes entités, une société matriarcale où le curseur du féminisme est poussé à son paroxysme, des tentatives pour hybrider les humains et en faire des sirènes, etc. Indéniablement, Serge Brussolo régale ses fans avec son inventivité débordante, chacun des chapitres pouvant parfois donner lieu à un livre tant les histoires sont remarquables d’originalité et de panache. Après, comme assez souvent, je trouve que l’auteur s’essouffle, peut-être après avoir trop donné d’entrée de jeu ou hésitant sur la trajectoire scénaristique de la suite du récit. Néanmoins, c’est un chouette cadeau que l’auteur nous a offert, disponible gratuitement il y a peu sur son site personnel. Il y a un deuxième tome à ce texte que je me suis procuré, je vais rapidement m’y atteler, en espérant qu’il sera au moins aussi percutant que le premier, et moins décousu notamment sur le final.

    23/02/2022 à 18:28 2

  • Dead Tube tome 12

    Touta Kitakawa, Mikoto Yamaguchi

    7/10 Ce tome commence avec l’histoire d’Ishida Kazumi, trente-trois ans et aucune perspective professionnelle ni existentielle, mais qui rêve de publier son roman. Mais un nouvel échec et le bannissement d’un forum vont le pousser à bout. Un nouveau « jeu » a émergé, où il est possible de parier sur l’identité de la victime de ces individus en rupture de ban et prêts à massacrer des gens plutôt que de se suicider plus « simplement ». Toujours pas mal de sexe dans ce tome, mais un ton infiniment plus sombre, plus réaliste, plus mature presque, que dans quelques-uns des précédents qui étaient franchement WTF. Pas de fin concrète à la fin, le 13ème tome poursuivra donc cette traque que mènent des quasi zombies.

    22/02/2022 à 20:21 1

  • Vinland Saga tome 4

    Makoto Yukimura

    8/10 Les troupes d’Askeladd et de Thorkell (qui a pris en otage le prince Canute) s’affrontent et le combat tourne à la faveur des premières grâce à un incendie (et à la fumée) provoquées par celles-ci. Un opus un peu moins bagarreur que les précédents (mis à part l’entame), où l’on apprend l’ascendance d’Askeladd, et où ce dernier démontre l’étendue de sa froide sauvagerie. Bref, un tome en apparence plus calme, mais dont le final, barbare, vient aussitôt corriger le tir.

    21/02/2022 à 18:42 2

  • Le Sacrifice

    Grzegorz Rosinski, Jean Van Hamme

    7/10 Thorgal est toujours mourant, et le reste de sa famille doit continuer à affronter des adversaires, entre chevaliers troubles et écumeurs des routes. Le moribond et Jolan vont été happés par un univers fantasmagorique. Une série de péripéties baignées d’un puissant imaginaire, où j’ai trouvé que les traits (et surtout les couleurs) de Grzegorz Rosinski font des merveilles. Un opus très divertissant et inventif, c’est indéniable, même si la surenchère d’événements, créatures, et autres épreuves, jusqu’au final où pointe une réelle émotion, finit par devenir un poil lassant.

    19/02/2022 à 08:35 2

  • L'enfant dormira bientôt

    François-Xavier Dillard

    8/10 Michel Béjart a vécu un drame épouvantable : il a découvert des nouveau-nés dans le congélateur de son domicile, juste avant que son épouse ne prenne la fuite et ne fasse un accident, laissant leur enfant unique handicapé. Bien plus tard, il est à la tête de la fondation « Ange » qui aide des couples démunis à adopter. Dans le même temps, deux nourrissons sont enlevés dans des maternités de la région parisienne, et c’est la commissaire Jeanne Muller, chef de la brigade de la protection des mineurs, qui mène l’enquête.

    Ce roman de François-Xavier Dillard frappe fort, très fort. Après Prendre un enfant par la main, on retrouve son enquêtrice Jeanne Muller pour cette nouvelle investigation aux portes de la folie et de la noirceur la plus intense. Ce protagoniste détonne d’ailleurs dans le paysage : grande gueule, peu adepte de la bien-pensance, fumant cigarette sur cigarette, conduisant une Maserati GranTurismo, elle aura fort à faire dans cette histoire qui se double d’une autre concernant Samira, sa jeune protégée, ancienne prostituée à la trajectoire de vie éclatée et qui aura besoin de son aide. Ce roman choral multiplie les personnages et les point de vue sur une histoire dont les diverses ramifications en viennent à s’unir avec brio dans le final, et les individus fracassés par l’existence ne manquent pas. Samira, victime de violences sexuelles dès son plus jeune âge, exploitée par l’esprit libidineux des hommes, et proie de personnages tous plus abjects les uns que les autres, même ceux qui semblent de prime abord plus chevaleresques. Jeanne Muller, policière tenace et efficace, entourée d’adjoints au verbe haut. Michel Béjart, croyant trouver une forme d’apaisement dans une poupée « reborn » afin de cicatriser son douloureux passé. Hadrien, son fils condamné à vivre en fauteuil roulant et ne s’adressant à son père que par des SMS. Une large palette d’êtres parfaitement croqués et d’une belle densité humaine, à laquelle François-Xavier Dillard adosse une belle intrigue, sombre et tortueuse, jouant sur les aspirations à la maternité/paternité, parfois dans ce qu’elles ont de plus extrêmes. Cependant, l’auteur ne tombe jamais dans le sordide ou le voyeurisme malgré les sujets abordés : on est constamment dans un implicite salvateur, et l’humour de Jeanne Muller, en enquêtrice délurée et efficace, vient nuancer la noirceur de l’ensemble.

    Un ouvrage d’une très bonne facture, âpre et redoutable sans jamais être glauque. Remercions François-Xavier Dillard pour la justesse de son ton, son tact ainsi que l’humanité qui traverse son roman, celle-ci s’observant avec d’autant plus de netteté qu’elle se juxtapose à des penchants d’une insondable cruauté.

    15/02/2022 à 08:18 5

  • Le Rituel de Morinaga

    Jean-François Di Giorgio, Frédéric Genêt

    7/10 Takeo et son disciple se retrouvent en bien mauvaise posture, mais Kinu va se sacrifier, après les avoir trahis, pour leur permettre de s’échapper. Pas mal de castagne, des scènes de guerre très réussies soulignées par un graphisme efficace, un siège fort bien décrit et un chouette rebondissement final. Comme pour les précédents opus, ça manque peut-être un poil d’originalité, mais l’ensemble demeure distrayant et plutôt addictif.

    14/02/2022 à 08:31 2