3814 votes
-
Zaya tome 1
Jean-David Morvan, Huang Jia Wei
5/10 Une sculptrice qui maîtrise un indélicat, un étrange sniper qui fait feu sur le véhicule d’une famille, une main balancée dans un collecteur de déchets : une entame très particulière, autant que le graphisme à la Enki Bilal. Les allers-retours entre les scènes de ces diverses planètes, le fait que l’histoire ne soit pas plus directement et immédiatement plantée m’a fait tiquer et j’ai plusieurs fois failli abandonner, sans compter des bavardages longuets et des discours presque abscons. Ce n’est clairement pas ma came.
01/05/2023 à 08:30 2
-
L'éternité ne suffit pas
Pierre-Mony Chan, Jean-Luc Sala
6/10 Voilà nos héros faits prisonniers par des Medjaÿs (je ne connaissais pas cette troupe ni son aspect historique). On voyage pas mal dans cet opus, de l’Ethiopie au Vatican en passant par Mossoul (Irak). Un tome cohérent avec les précédents : décontracté et plutôt enjoué, aux teintes très particulières (presque un dessin animé), avec sa dose d’action bienvenue (notamment dans le dernier tiers, avec les soldats et le robot quadrupède). C’est gentillet et divertissant, agréablement vain, mais ça se laisse lire sans problème.
29/04/2023 à 18:00 2
-
La Proie des louves
François Boucq, Alexandro Jodorowsky
9/10 Deux brutes essaient d’empêcher la pendaison de leur frère mais le bourreau (une femme, en l’occurrence, aperçue à la fin de l’opus précédent) ne les laisse pas faire, aider par Bouncer, qui va également découvrir que cette dame est également une dominatrice sexuelle. L’Indien tuant avec des spécimens de serpent corail est de retour. Lord Diablo également. Un chouette festin pour les porcs. De redoutables tueurs mexicains, dont l’un utilisant avec maestria une « boleadoras ». Clark Cooper dans une dernière chevauchée survoltée en ville. Comme les précédents tomes, ça déglingue les codes du western tout en les exploitant intelligemment, le tout au gré de magnifiques graphismes. Je suis fan !
29/04/2023 à 17:59 3
-
La Cinquième Victime
7/10 Un sexagénaire vient d’être retrouvé assassiné au lieu-dit Chez Lucas, dans le Limousin. Mais le malheureux n’a pas été que tué : il a également été crucifié et châtré. Pour mener l’enquête, les policiers Dumontel et Marval, des gens du cru, qui vont devoir exhumer une saloperie vieille de plusieurs décennies.
Initialement paru aux Editions Geste en 2010, ce roman de Franck Linol vient d’être réédité en poche chez J’ai lu. L’occasion de (re)découvrir ce premier livre de l’auteur qui inaugurait par la même occasion sa série « Meurtres en Limousin ». Un petit plaisir de littérature. On y retrouve la plume de l’auteur, généreuse, fort agréable, sachant prendre son temps pour dépeindre un village, une ruelle, un paysage, tous issus de son Limousin natal. Franck Linol aime cette région, nous la fait découvrir du point de vue historique, géographique, gastronomique, et son personnage Franck Dumontel est lui-même solidement ancré dans cette belle province. Œnologue amateur, ancienne épée de la police (il a tout de même contribué à l’arrestation de Guy Georges), c’est aujourd’hui un flic hédoniste qui ne porte que très rarement son arme de service, tente de renouer avec sa femme et parcourt sa région natale au volant de sa Golf en écoutant du bon vieux rock. L’intrigue policière est assez traditionnelle, se calquant sur le principe un peu éculé du crime sordide commis bien des années auparavant et à propos duquel un individu s’est érigé en vengeur. Ce n’est donc pas au niveau du scénario que Franck Linol va nous surprendre, tant il est vrai que l’écrivain va ici se contenter de multiplier les événements si attendus qu’ils en deviennent presque téléphonés. En revanche, il y a dans sa prose une forme de nonchalance et de relâchement qui conviennent parfaitement à ce type de récit. Un rythme décontracté vient alors bercer le lecteur qui, même conscient de la maigreur de cette fiction et de ses faiblesses, ne s’en laisse pas moins emporter par le flux décomplexé et débonnaire de ce récit qui ne cherche pas à se démarquer des codes du genre mais plutôt à les réinterpréter.
Un roman au canevas policier très classique mais qui se rachète au niveau de la forme par une décontraction apaisante et bienvenue. La plume de Franck Linol sert à merveille ce format court et cette histoire rurale. Une porte d’entrée intéressante vers l’univers de l’auteur et de ses personnages.28/04/2023 à 08:16 4
-
Les Affamés tome 2
8/10 Trois mois se sont écoulés depuis le précédent tome, et Wataru poursuit son entreprise : faire se reproduire des êtres humains pour les fournir en pâture aux zombies, ce qu’il appelle « augmenter nos ressources alimentaires ». Mais tandis que sa fille Umi grandit jusqu’à s’épanouir en une belle jeune femme, le comportement de Kazu, prévu d’être le reproducteur, devient de plus en plus pressant et concupiscent. Une fois de plus, un très chouette opus qui va là où les autres ouvrages traitant des morts-vivants ne sont jamais allés, c’est-à-dire loin des créatures grondantes et voraces, avec un beau traitement psychologique, des tourments moraux à la chaîne pour Wataru. Même Kazu devient sacrément intéressant, passant du statut de puceau pornographe à celui de quinquagénaire tendant à s’émouvoir et à s’éprendre d’Umi. Un très bon manga, touchant et intelligent, je tâcherai d’être au rendez-vous du troisième et dernier tome.
25/04/2023 à 08:27 2
-
Elle a tellement changé
6/10 Le côté magique se creuse avec la découverte de ce bélier doré qui pourrait être le porteur de la fameuse toison d’or traquée par Jason. Un tome beaucoup plus dynamique que le précédent (ça n’était pas bien difficile) avec quelques chouettes vues sur Notre-Dame de Paris, mais le côté amourettes est trop prégnant par rapport au reste, je trouve, et je peux comprendre que la scénariste et dessinatrice visait ainsi un lectorat particulier.
25/04/2023 à 08:25 2
-
Le Monument au mort
7/10 Dixième anniversaire de l'armistice. On célèbre le sacrifice d'André Cottard, dit "Dédé". Le rituel discours du maire, proche ami du défunt, magnifie la mémoire du héros local. Sauf que le fils connaît la vérité, et elle est bien différente...
Une bien belle nouvelle d'une toute petite douzaine de pages, juste, malheureusement crédible et très joliment écrite, portant sur les réelles conditions du décès de Dédé. Un agréable moment de lecture, avec un final où le titre prend une tournure symbolique particulière.23/04/2023 à 16:54 2
-
La Tombe
8/10 ... ou comment Jervas Dudley en vient à être intrigué, attiré, hypnotisé puis possédé par une tombe, lui qui est à présent retenu dans un asile psychiatrique. Toujours la plume extraordinaire de Lovecraft, cette ambiance puissante, lourde et anxiogène, et une attraction pour cet objet sépulcral qui va tourner à la pure aliénation. C'est à la fois typique de l'œuvre de l'écrivain et - seul reproche personnel et donc très subjectif - le final avec le majordome et sa découverte en devient presque attendu. Il n'empêche, voilà une fois de plus une très bonne nouvelle !
16/04/2023 à 21:06 4
-
La Chose sur le seuil
9/10 "Il est vrai que j’ai logé six balles dans la tête de mon meilleur ami, et pourtant j’espère montrer par le présent récit que je ne suis pas son meurtrier." Ou comment le narrateur, Dan Upton, nous conte son amitié avec Edward Derby avant de voir ce dernier se transformer au contact de sa femme, Anesath Waite, basculant dans une folie inquiétante et terrifiante au point que le narrateur s'est senti obligé, répondant à une supplique de son vieux camarade, de l'abattre.
Je ne me lasse définitivement pas de la prose si érudite de Lovecraft, ne découvrant cette nouvelle que dernièrement. Un ton résolument fantastique, une plume presque possédée, une mécanique imparable, et une plongée dans les tréfonds d'une pure aliénation, jusqu'à la description finale du cadavre. Une excellente histoire, typique de l'œuvre de l'écrivain, ciselée et délicieusement toxique, nouant des iens avec d'autres de ses ouvrages (cf. les références à Innsmouth et à Edgar Allan Poe). Une écriture recherchée et irréprochable de qualité pour une histoire d'une rare efficacité et intemporelle.16/04/2023 à 18:20 3
-
Le Crime de Bandol
7/10 Un inconnu découvert trois jours plus tôt, mort, avec 300000 francs sur lui, et voilà un policier qui se rue à la recherche de la vérité.
Une nouvelle vite prenante (le rythme des premières pages est express, presque précipité), et la suite est également efficace, entre pistes diverses, suspects nombreux, fausse monnaie et l'ombre du "Mondain", un fameux criminel. Un récit efficace et distrayant même s'il est plus que probable que je ne garderai pas longtemps en tête le contenu exact de l'intrigue. Néanmoins, c'est bien mené et suffisamment habile pour faire passer un agréable moment.16/04/2023 à 17:35 2
-
Le Manoir de l'écureuil, deuxième partie
7/10 Suite et fin de ce diptyque, de la série « Agence 13 », consacrée à l’écrivaine Savannah Warlock, et qui débute par la lecture de ce journal intime rédigé par la mère de Mickie, Anne. On y découvre, avec force détails, un sacré pan de la vie d’Anne, de cette curieuse relation qu’elle va nouer avec la romancière, et comment ce duo a lentement basculé dans l’aliénation avant de déboucher sur le sort, plus précisément, de l’écrivaine. Serge Brussolo épate toujours autant avec le foisonnement de son imagination même, comme je l’avais signalé pour le tome précédent, il ne cède pas aux sirènes du débordement de ses innovations littéraires et scénaristiques, ce qui sert ici le récit. Nous avons donc une histoire moins clivante et fantasmagorique que d’autres, même si certains passages sont sacrément électriques (je pense notamment à ce fameux « jardin d’hiver » qui donne le titre alternatif de cette œuvre, à savoir cet endroit où les jeunes enfants étaient dressés pour devenir de redoutables tueurs primitifs sous la tutelle de Tsar Makorius). Bref, probablement pas le plus réussi des ouvrages de Serge Brussolo ni le plus représentatif d’entre eux, mais il n’en demeure pas moins une porte d’entrée intéressante sur sa bibliographie en plus de constituer un thriller réussi et très agréable à lire.
15/04/2023 à 08:00 3
-
Jet-ski, marécages et contrebande
8/10 Robin Hood et ses comparses continuent de lutter âprement contre la dictature locale menée par Gisborne et la shérif de Nottingham, Marjorie Kovasevic. C’est même sa tête qui est désormais mise à prix ! Cette fois-ci, c’est à un autre pan des activités illicites et ignobles que vont s’attaquer nos héros adolescents : le trafic d’être humains. Robin et Marion ont en effet secouru Srihari, une immigrée indonésienne ainsi qu’un bébé, sachant qu’il y a environ deux-cents de ces malheureux encore à sauver.
Voici le troisième ouvrage de la série consacrée à Robin Hood. On y retrouve avec plaisir la plume dynamique de Robert Muchamore, avec ces jeunes rebelles et leurs camarades prêts à tout pour détruire la tyrannie instaurée à Locksley. L’énergie qui était l’un des marqueurs des séries CHERUB et Henderson’s Boys, du même auteur, est intacte, et c’est avec bonheur que jeunes et moins jeunes pourront se lancer dans la lecture de cet opus. Ici, c’est donc une contrebande d’êtres humains qui va révulser nos protagonistes et les faire passer à l’action. Motos, jet-skis, bateaux : tous les moyens de locomotion vont être exploités pour de beaux épisodes cinématographiques, ponctuant le récit de ces très agréables moments épicés. Dans le même temps, Robert Muchamore rend son personnage principal très attachant, à la fois efficace et gaffeur, drôle parfois sans le vouloir, déconstruisant le mythe du héros indestructible et infaillible. Et cette cocasserie se niche parfois dans des dialogues bien ciselés, comme celui-ci : « [Il] est mort ? / Ses jambes sont à côté de la voiture et le reste coincé dans un arbre […]. S’il n’est pas mort, il risque d’avoir assez mal demain matin… »
Un roman au moins aussi réussi et jubilatoire que les deux précédents, instillant également dans l’esprit des (jeunes) lecteurs une condamnation certes élémentaire mais toujours aussi nécessaire de l’esclavage moderne.14/04/2023 à 07:11 5
-
La Disparition de Perek
8/10 Gabriel Lecouvreur, alias le Poulpe, lit un fait divers tragique dans un journal. Le cadavre du jeune Philippe Perek vient d’être retrouvé, mutilé et carbonisé. Seul l’un de ses bras a survécu au massacre, et la police a retrouvé de la cocaïne au domicile du défunt. La victime étant un orphelin comme Gabriel, le sang de céphalopode de ce dernier ne fait qu’un tour et il sent déjà qu’il y a de la manipulation derrière tout cela.
Cet ouvrage, extrait de la série consacrée au Poulpe, a été publié pour la première fois en 1997, et les éditions Gallimard ont eu la riche idée de le rééditer vingt-cinq ans plus tard dans la collection Folio policier. Depuis cette époque, Hervé Le Tellier a fait du chemin, notamment en emportant le prix Goncourt en 2020 pour L’Anomalie. Comme expliqué dans l’habile préface, Jean-Bernard Pouy avait clairement édicté le cahier des charges de la série : « Un « Poulpe », ça se pond en deux mois, ou tu oublies. » De la littérature décomplexée, accessible et divertissante, donc, et l’on retrouve ici ces caractéristiques : une histoire de prime abord simple, des personnages colorés, une intrigue policière nerveuse, et la messe est dite. Oui, mais réduire cet opus à ces seuls qualificatifs serait hautement simplificateur, voire faux. On se retrouve ici avec un scénario bien plus riche et sombre qu’habituellement, avec de sacrées ramifications dans les hautes sphères de la société, un complot médical qui fait froid dans le dos et la présence de personnages particulièrement patibulaires et criminels. Il y a bien quelques touches d’humour au gré du récit, mais Hervé Le Tellier a clairement opté pour un noir quasi intégral, que très peu de jeux de mots ou de galéjades viennent éclairer. Dans le même temps, le lecteur observera que son enquêteur libertaire préféré n’est pas seul pour mener son investigation, aidé par les amis du défunt, un légiste facétieux et ancien militant trotskyste, ainsi que par des motards capables d’agir comme un véritable commando.
Le Poulpe, c’est la madeleine de Proust de tout amateur de littérature policière distrayante. Florian P. Dennisson avait ressuscité le personnage dans son très bon Teleski qui croyait prendre en 2016, et l’on ne peut que se réjouir que ce protagoniste nous revienne, via des rééditions ou des résurrections ponctuelles.13/04/2023 à 06:56 5
-
Pour sauver les Urus
6/10 Tounga vient en aide à Nyoko (un Uru), très typé aborigène, poursuivi par la tribu des Kwin-Kou. Luttes contre les éléments naturels, les animaux sauvages (notamment des tigres et un crocodile mastoc) et les membres de cette peuplade. Rien de révolutionnaire sous le soleil de la Préhistoire, de l’aventure datée mais sympatoche si on accepte de passer sur l’esthétique périmée, l’overdose d’exploits physiques du héros et quelques moments plutôt risibles (comme Tounga faisant du rodéo sur un zèbre…).
12/04/2023 à 18:45 1
-
La Margarita
6/10 Une perle unique, voilà ce qu’est « La Margarita », qui va être dérobée au musée de Washington. Pourtant, le dispositif de sécurité est imposant, mais cela ne va pas empêcher le bijou d’être dérobé en présence d’édiles. Un vol réalisé par John Strobbins.
Une nouvelle agréable où notre le détective cambrioleur s’avère à la fois patriote et attaché aux trésors de son pays, qui a tâché de donner une bonne leçon aux services de surveillance du musée, se commuant ainsi en lanceur d’alerte. Les ressorts du cambriolage sont en revanche plutôt simples et tiennent vraiment du déjà-vu et du déjà lu.11/04/2023 à 19:36 1
-
La mort est parfois préférable
8/10 Le major Yan Lebrun est officier de police à Lille et elle détonne dans le paysage. Sexy quoiqu’un peu enrobée, androgyne, elle est surtout sujette à des douleurs endémiques, soudaines et monstrueuses qui surgissent à n’importe quel moment et qui la fracassent. Dans le même temps, elle et son équipe vont devoir enquêter sur deux affaires singulières : l’assassinat d’un journaliste à son domicile et la décapitation d’un homme dans sa voiture dont la tête a été retrouvée sur la banquette arrière de l’automobile.
Voici le dernier thriller de Sacha Erbel, cette fois-ci paru chez Taurnada. D’entrée de jeu, on est intrigué par ce que l’héroïne a baptisé « L’Araignée », à savoir ce mal insidieux qui la martyrise et la brise, une calamité qu’elle essaie de dissimuler aux yeux de ses collègues tout en se gavant d’analgésiques pour amoindrir la souffrance. Et les deux affaires qui sont confiées à elle ainsi qu’à son équipe ne sont pas là pour apaiser son état de santé. Pourquoi a-t-on tué ce journaliste, spécialiste des sujets sulfureux, dans sa baignoire ? Parallèlement, comment ce gardien de nuit anonyme a-t-il ainsi pu se faire couper la tête ? Existe-t-il un lien entre ces cas ? Et que dire de cette malheureuse victime qui semble avoir elle-même orchestré cette mise en scène au terme de laquelle une tronçonneuse lui a tranché les cervicales ? Dit ainsi, on peut s’imaginer un texte gore et voyeuriste, mais ça serait à tort : Sacha Erbel a distillé tout au long de son ouvrage un humour parfois potache, notamment dans les relations que Yan entretient avec ses partenaires, qui vient contrebalancer cette noirceur et cette violence, même si certains lecteurs reprocheront justement à l’écrivaine cette cocasserie trop appuyée alors que le récit aurait peut-être justement mérité de jouer la partition des ténèbres sans ces retouches. Entre éventuelles dérives sectaires, vengeance prenant racine au Pakistan et hypnose, Sacha Erbel maintient le suspense à un haut niveau et n’aménage aucun temps mort dans ce thriller tendu. C’est aussi pour l’auteure un moyen d’évoquer une maladie dont elle souffre – s’en ouvrant avec beaucoup d’humanité et de tact dans la postface, offrant au-delà de l’intrigue policière une dimension autobiographique bienvenue.
Un livre efficace et attachant, ingénieux et machiavélique, qui mérite amplement d’être découvert et de figurer sur les étagères des amateurs de sensations fortes et autres romans nerveux.11/04/2023 à 06:56 2
-
Shinotori tome 2
7/10 Des réfugiés viennent se protéger de l’invasion incompréhensible d’oiseaux et des épidémies qui viennent avec dans un chalet, malheureusement vite surpeuplé. L’effet de surprise du premier tome s’est nécessairement en partie évaporé, certes, mais ce manga reste très agréable. Kurô prend très au sérieux son rôle de protecteur de Toki. Quelques beaux morceaux de tension et de (petits) frissons, comme lors de la rencontre avec la bestiole dans le couloir (reprise dans l’image de la couverture), ou alors la confrontation presque finale entre le sniper-mitrailleur avec les créatures.
10/04/2023 à 19:22 2
-
Si elle savait
5/10 « Sans un projet solide, la retraite pouvait très vite devenir ennuyeuse », et il est vrai que l’ancienne agent du FBI, Kate Wise, s’ennuie ferme à cinquante-cinq ans après trente-et-un ans de bons et loyaux services au sein du Bureau. Quand une amie lui apprend que sa fille a été assassinée, Kate reprend du service, d’abord officieusement, puis plus officiellement aux côtés de la très jeune agent DeMarco, traquant ce qui ressemble à s’y méprendre à un tueur en série s’en prenant à des femmes qui se connaissaient très bien. Enregistrant dans la base l’immense majorité des ouvrages de Blake Pierce, j’ai été intrigué par son rythme hallucinant – et donc peu crédible – de productions littéraires, aussi ai-je tenté le coup, et je dois dire que je suis mitigé. Le roman est court, les chapitres alternent bien, pas de temps mort, et ça remplit bien son rôle de lecture distractive, sans la moindre prise de tête, qui aide à faire passer le temps. Mais à côté de ça, comme il fallait s’y attendre, la prose est assez faiblarde, les personnages creux (DeMarco en devient transparente tandis que l’auteur a accumulé les poncifs quant à Kate Wike – as du kickboxing, résultats professionnels remarquables, la retraite lassante, le fait qu’elle va bientôt être grand-mère, etc., bref, rien dans cette accumulation ne permet de rendre ce protagoniste mémorable ni réellement dense, et sa pseudo association avec DeMarco est si déséquilibrée qu’elle en devient inintéressante). L’intrigue est une pure portion congrue de sensations fortes, sans véritable fièvre ni frissons, mais il faut bien reconnaître que le final est relativement habile, usant de ressorts certes déjà lus mais bienvenus. Pour résumer, c’est vraiment moyen (une mécanique correcte mais des engrenages éculés et une lubrification pas top) mais dans le même temps, je suis curieux de voir ce que donnent ses autres ouvrages, et c’est évident que je vais m’en faire encore quelques-uns.
10/04/2023 à 19:14 3
-
Gyo tome 2
7/10 Après un coma d’un mois suivant son « bain » avec les bestioles, on retrouve Tadashi tandis que le Japon s’est en quelque sorte habitué à l’invasion de ces saletés de créatures hybrides. On lui apprend également que Kaori est morte, ce qui est faux : elle a été conservée dans sa mutation dans une chambre de la clinique dont elle parvient à s’échapper. On retrouve le ton décalé (cf. la scène sous le chapiteau du cirque) mâtiné de gore dans ce deuxième et dernier opus. Le thème est connu mais son traitement (le coup des gaz et des tuyaux dans les orifices naturels des victimes) le sort nettement du lot. Le final est tout aussi original et marquant avec cette histoire de trou dans le mur aux parfaites dimensions de passage pour des humains.
06/04/2023 à 19:36 1
-
Des Cendres en héritage
Magali Collet, Isabelle Villain
8/10 A 8h02, le 8 mai 1902, environ 28000 personnes sont mortes suite à la violente éruption de la montagne Pelée. On retrouve une fillette noire, Séraphise, tenant contre elle un nourrisson blanc. L’enfant est probablement celui de Charlotte Lamorandière, qu’elle avait confié à une nurse. Problème : lorsqu’elle arrive à l’hôpital pour récupérer son fils, on lui apprend qu’une autre femme – madame Mme Jussi de Saint Priac – l’a déjà pris, arguant du fait qu’il s’agissait du sien. Pour démêler le vrai du faux, on mandate sur place l’enquêteur Isidore Vidiol, car l’enjeu n’est pas seulement humain : une femme béké ne pouvant hériter, il faut absolument à ces deux femmes un descendant mâle…
Une nouvelle très belle, joliment menée, avec force sentiments maternels et un fond sociologique lapidairement – mais bien – rendu. Le final est également intéressant, proposant une chute, certes, que l’on pouvait éventuellement deviner – je dis bien « éventuellement » parce que, dans la mesure où il n’y avait aucun élément factuel pour la laisser émerger même en partie, l’entrapercevoir tient plus de l’instinct ou de l’hypothèse favorablement avérée que du véritable flair – mais qui n’en demeure pas moins habile et efficace. Une très belle réussite pour ce texte écrit à quatre mains.04/04/2023 à 19:10 2
