3812 votes
-
Le Label N
7/10 Une voiture conduite par la dénommée « Blondasse » croise la route d’une biche. Mort au tournant. Accident tragique. Appelé sur place, Luc Mandoline, également connu sous le sobriquet de « l’Embaumeur », est chargé de redonner aux morts une allure acceptable. Quelle n’est pas sa surprise lorsqu’il découvre que la défunte est en réalité… un honnête père de famille ! Il ne s’agit que du premier d’une longue liste de rebondissements qui vont mener l’enquêteur sur les pas d’un homme à l’identité mystérieuse, surnommé le Maître.
Sixième opus de la série consacrée à l’Embaumeur, ce roman a été confié à Jess Kaan. On y retrouve les ingrédients qui séduisent et que l’on se plaît à retrouver : un héros pugnace, un scénario original, et une réelle liberté de ton. Derrière la plume, l’auteur remplit amplement le cahier des charges de la saga tout en y instillant des éléments bien personnels. L’univers du Nord de la France est ainsi rendu avec justesse et sobriété. D’ailleurs, par rapport à d’autres ouvrages, celui-ci se montre plus sombre et féroce, avec à la clef bien moins d’humour potache, même si certains dialogues et scènes, fort bien sentis, sont jubilatoires.
L’histoire est très agréable à suivre, avec un bon nombre de retournements de situation. Jess Kaan a su imaginer et ériger une intrigue solide, prenante autant que parfois éprouvante, sans jamais tomber dans les effets faciles. Et même quand la limite du bon goût est atteinte, c’est avec un plaisir certain, presque coupable, que l’on traverse cette démarcation. Un seul bémol est finalement à apporter à ce Label N : les motivations profondes du Maître ne sont peut-être pas assez explicitées, ce qui aurait nécessité une volée supplémentaires de pages explicatives.
À la fois fort des contraintes littéraires imposées par l’immixtion dans cette série que des particularismes salutaires apportés par les divers contributeurs, l’Embaumeur ne cesse d’enchanter et de se réinventer, au même titre que le cortège d’enquêtes du Poulpe. Dans le cas de ce roman, un très agréable exercice de style doublé d’une lecture décomplexée et séduisante. Yes, he Kaan !26/03/2014 à 18:01
-
Le Sourire des pendus
9/10 Alors qu’elle enquête sur le marché du sexe, Lara Mendès, une journaliste télé, est enlevée et devient la proie d’un pervers. Sookie Castel, jeune policière, découvre une triple pendaison. Son père, Léon Castel, dirige une association de victimes pour reconnaître leurs droits. Pour eux trois ainsi que leur entourage, c’est le début d’une longue descente aux enfers.
Premier opus de la série W3, ce roman est un véritable bijou de noirceur. Très rapidement, le lecteur est entraîné dans une plongée abyssale vers les déviances. Perversités, trafics d’enfants, prostitutions massives, où l’être humain est relégué au rang de bétail. La nervosité insufflée aux mots par Jérôme Camut et Nathalie Hug en devient communicative, et c’est avec les tripes nouées que l’on dévore les sept-cents-cinquante pages de ce pavé. Un point fort de cet ouvrage, au-delà de sa structure narrative, c’est l’alternance des points de vue entre les différents personnages : environ cent-soixante-dix chapitres courts, presque hachés, brûlants de monstruosité. On tremble aux côtés de Lara, proie d’un kidnappeur, enfermée dans un blockhaus diabolique. On s’émeut de la détresse de son frère. On s’indigne au même titre que Léon de ses tentatives pour alerter la population. Livre choral, c’est également une large palette de personnages forts et crédibles qui défilent au gré des scènes. Même si certains lecteurs reprocheront quelques longueurs, on sort de ce souterrain littéraire estomaqué et, paradoxalement, avec l’envie ardente de retrouver ces protagonistes.
Venimeux, cruel, sombre, les qualificatifs ne manquent guère pour désigner ce Sourire des pendus. Dans tous les cas, il est presque impossible d’en sortir dubitatif ou indifférent, ce qui est la marque des livres remarquables et qui survivront aux modes.26/03/2014 à 18:00 2
-
Roman de gare
4/10 Une nouvelle que j’ai trouvée décevante. L’écriture, détonante et échevelée, se laisse suivre avec plaisir ; de même, le personnage central a titillé ma curiosité par ses émotions, ses bavardages et ses curieuses motivations quant à sa présence dans la gare. Mais le problème est justement là : quand s’achève le récit, les zones d’ombre persistent. Qui est cet homme ? Que veut-il réellement ? Et surtout, où voulait en venir Pierre Pelot ? J’ai beau apprécier la prose de cet auteur, cet écrit demeure pour moi une sorte de mystère littéraire car, même en y réfléchissant a posteriori, je n’ai pas saisi le but de ce brouillard littéraire.
26/03/2014 à 18:00 3
-
Un été 22
9/10 Une nouvelle réjouissante, où Tito Topin joue sur le registre policier – enquête dans le passé avec la généalogie, sans oublier d’ajouter une sacrée dose d’humour. L’ensemble est pittoresque, très bien écrit et sacrément loufoque, avec à la clef un final inattendu quant à Charity. Vraiment très bon !
26/03/2014 à 17:58 3
-
Les Matous d'Osiris
7/10 Un sympathique roman policier, parfaitement taillé pour la jeunesse. Un enquêteur en herbe espiègle, une alternance des points de vue dynamique, et une intrigue plaisante. Un bon moment de lecture pour de jeunes collégiens.
26/03/2014 à 17:56
-
Lazare dîne à Luynes
7/10 Gabriel Lecouvreur fait la connaissance d’une avocate, Cécile Péri, à son bistrot préféré. La jeune femme a actuellement pour client un homme, Luc Villach, qui s’accuse des meurtres des frères Chardonnet-Belfond. Le cas est d’autant plus étrange que les faits semblent remonter à la mort d’un original, surnommé Lazare, qui est mort de faim à la porte du domicile des victimes. Le présent se serait-il nourri de ce drame du passé ? Et si, pour tout comprendre, ne fallait-il pas tout simplement relire la Bible ?
Quatre-vingt-huitième enquête du Poulpe signée par Jacques Albina, cet ouvrage reprend les traits caractéristiques de la série. Le ton y est enjoué, l’action assez présente, et Gabriel Lecouvreur, alias le Poulpe, va de nouveau se coltiner à une sacrée brochette de personnages interlopes, en l’occurrence les fanatiques d’une secte ainsi que les membres d’une famille d’aristocrates assez sinistres. L’ensemble se lit avec un grand plaisir, et c’est toujours un petit bonheur littéraire que de suivre les pérégrinations de Gabriel lorsqu’il va savater du taré. L’intrigue, sans être mémorable, retient facilement l’attention du lecteur jusqu’au final, et les quelques tiroirs de l’énigme tels les mobiles des meurtres ou l’explication de l’assassinat en chambre close, sans être prodigieux d’inventivité ou de panache, sont intéressants.
Un bon petit Poulpe que voilà, décontracté et jouissif, et qui, sans pour autant demeurer dans les annales, permet de passer un agréable moment.
26/03/2014 à 17:55 1
-
Dans tes rêves
9/10 Cassy est une "onirospy", à savoir qu’elle peut pénétrer les rêves de chacun pour en percer les secrets. Sous la férule d’Edgar, le chef du Sanctuaire où sont regroupés tous ces onirospies, elle use de ce don pour le bien de la société. Mais quelque chose ne tourne pas rond. Certains onirospies sont transformés en zombis après une plongée. Des agents troubles apparaissent dans le sillon d’Edgar. Les signes troublants se multiplient. Et si Cassy était au centre d’un vaste complot ?
Après Dans la peau d’une autre, Johan Heliot signe ce second thriller pour la jeunesse chez Rageot. Une nouvelle réussite. Le style est très visuel, fort, et c’est un véritable régal que de suivre la quête de Cassy. L’auteur a construit une intrigue serrée, aussi nerveuse que remuante, car au-delà de l’aspect fantastique du scénario, tout est fait pour que le lecteur ressente de la vraisemblance. Et indéniablement, on croit à cette histoire. Parent proche du film Inception par l’ambiance comme le propos, ce roman constitue un excellent moment de lecture. Il se montre aussi distractif qu’instructif, car Johan Heliot évoque des thèmes forts comme le libre arbitre, la manipulation ou les mesures à prendre pour protéger les démocraties.
Voici un ouvrage éclatant, où l’intelligence du sujet et l’inventivité de l’intrigue sont amplifiés par le savoir-faire littéraire de Johan Heliot. Un ouvrage aussi captivant dans la forme que salutaire dans son contenu.
26/03/2014 à 17:55
-
La Nuit la plus longue
9/10 Une œuvre magistrale, tant par l’étude des personnages que par l’intrigue, délicieusement dédaléenne. Une analyse remarquable des psychologies, des épreuves engendrées par l’ouragan Katrina, pour une littérature qui noue les tripes. Un coup de cœur !
12/03/2014 à 18:22 5
-
La Nuit des pantins
7/10 Un « Chair de Poule » classique et maîtrisé, où les ficelles sont certes un peu épaisses mais soutiennent les effets que l’on attend d’une telle lecture. J’y ai ressenti, plus que d’habitude encore, les influences de Stephen King, tant dans la manière d’écrire que de la mise en scène de certains passages, ce qui est, à mon goût, un compliment.
12/03/2014 à 18:18
-
Tigre ! Tigre ! Tigre !
8/10 Un opus très proche de « Nuit rouge » pour la structure avec l’alternance des deux points de vue. Une écriture nerveuse pour ce récit qui tangue entre suspense et livre-catastrophe. Une réussite pleine et entière qui plaira probablement aux jeunes lecteurs avides de sensations fortes.
12/03/2014 à 18:16
-
Le Crime parfait
8/10 Une histoire à double tranchant, bien menée et qui se laisse lire avec grand plaisir. J’aime toujours autant l’écriture de Peter James, même dans la concision de cette nouvelle. Malgré la chute devinable, je me suis laissé embarquer pour mon plus grand plaisir.
12/03/2014 à 18:16
-
La Nuit ne viendra jamais
8/10 Un très beau roman, écrit d’une plume poétique et enivrante, dont je me suis surpris à plusieurs reprises à relire la prose. L’intrigue est également réussie, avec en toile de fond une peinture des milieux musicaux et artistiques qui sonne juste. Une belle leçon d’amour et de mort à laquelle j’ai trouvé des accents faustiens.
12/03/2014 à 18:15 1
-
Cinq minutes de prison
7/10 Une œuvre originale, prenant place lors d’un match de hockey sur glace. Si ce sport est peu populaire en France et risque donc de dissuader des lecteurs de se lancer dans cet opus, les règles et modalités sont bien expliquées. L’histoire est atypique, ou comment un jeune joueur sent venir un drame lié à une querelle amoureuse, et tente donc d’empêcher le tueur en puissance d’agir. Le suspense est bien mené, les sentiments de chacun intelligemment construits. Une belle expérience.
12/03/2014 à 18:15
-
Sale eau de Montreuil
5/10 Si le roman de Karl Dazin ne démérite pas, il est cependant minimal. Pour reprendre le thème du livre, le texte ainsi que le réquisitoire auraient pu être agités, bouillonnants, glacés ou brûlants ; ils demeurent ici à l’état d’eau tiède.
12/03/2014 à 18:14 1
-
Les ficelles du crime
7/10 Tandis qu’elle rentre chez elle, Louise ne peut s’empêcher d’admirer les vitrines des grands magasins où, à l’occasion de Noël, les commerçants démontrent leurs talents artistiques. C’est alors que Louise découvre, dans l’une de ces devantures, une jeune femme morte. Détail qui l’inquiète au plus haut point : elle avait croisé la victime peu de temps auparavant dans une boutique. Et si le tueur était beaucoup plus près d’elle qu’elle ne le craignait ?
Ce roman policier de Nathalie Charles offre un bien bon moment de lecture. D’entrée de jeu, les jeunes lecteurs auquel s’adresse ce livre ne manqueront pas d’être intrigués par l’étrangeté de ce crime. Concis, habilement construit, le récit progresse au gré d’une ambiance sombre et étrange, où, quelque part dans une zone d’ombre, est tapi un assassin particulièrement motivé et diabolique. Sur cette histoire classique de vengeance, Nathalie Charles tisse une intrigue efficace et solide, qui se lit rapidement, et où l’on a le plaisir de croiser des personnages parfaitement campés.
Quoique traditionnel, cet opus se singularise par une narration ingénieuse et prenante. Si l’auteure venait à poursuivre dans la voie de la littérature policière, souhaitons-lui au moins autant de réussite pour la suite.12/03/2014 à 18:14
-
Si tu meurs, elle reviendra
8/10 Francis O’Mara et son épouse ont tout pour être fiers de leur fille, Patricia. Mais au vingt-cinquième anniversaire de cette dernière, alors qu’elle revenait chez ses parents pour l’occasion, elle est renversée par un chauffard qui s’est enfui. Francis se jure alors de retrouver l’assassin et le châtier.
Auteure reconnue en littérature policière pour les adultes, Maud Tabachnik a également régalé les jeunes avec Dans l’ombre du monde, toujours chez Flammarion. Dans ce récit lapidaire, l’écriture sèche fait écho à la nervosité qui anime les protagonistes. Sans temps mort, on suit ce père, déchiré par le deuil de sa fille unique, et prêt à tout pour appréhender le meurtrier. Sur le canevas classique des représailles personnelles, Maud Tabachnik a su tisser une histoire forte et prenante, sans la moindre fioriture, où les mots portent là où ça fait mal, ce qui engendre un puissant sentiment d’empathie pour cet homme ravagé par la tragédie. En revanche, les férus de trames policières seront peut-être déçus par quelques hasards faciles et des ressorts inattendus, comme celui de la page cent-trois qui amoindrit le suspense lié à la traque du conducteur en fuite. Mais à côté de ce défaut, il y a le final. Brutal. Violent. Exceptionnel. D’une redoutable puissance psychologique, où le pardon et la rédemption s’annihilent en un épilogue mémorable.
Parfois léger au niveau de l’intrigue et de ses jalons, ce drame noir tire tout son intérêt de l’observation des émotions de Francis et de cette conclusion marquante et époustouflante. Un grand moment de littérature pour les adolescents.12/03/2014 à 18:14 1
-
Lucille
8/10 Un homme, médecin conseil de l’Assurance Maladie et chargé de lutter contre la fraude, découvre ébahi Lucille, une splendide femme, déléguée à la culture. Obsédé par cette beauté, il va vite se rendre compte que son amour platonique est la proie de personnages peu recommandables…
Avec cette nouvelle, Franck Membribe signe une histoire très prenante. Treize pages, écrites d’une plume experte, sans qu’il y ait besoin d’en dire plus. On y retrouve les thèmes du roman noir classique : la femme sublime qui envoûte un individu lambda, antihéros, obligé de se placer dans une situation inconfortable pour sauver sa belle. En prenant comme titre la célèbre chanson de Little Richard, l’auteur enfonce le clou : le fond comme la forme sont un hommage appuyé aux origines du polar. Le lecteur ne peut que ressentir une puissante empathie voire sympathie pour cet anonyme qui saura se surpasser pour aider sa douce, sans jamais devenir une caricature américaine, sortant indemne de l’épreuve traversée.
Une nouvelle simple et efficace, où Franck Membribe prouve que l’on peut embarquer son lecteur avec une situation archiconnue et peu de mots, à condition que ces derniers soient bien choisis.12/03/2014 à 18:13
-
Au clair de la mort
8/10 Dans l’entre-deux-guerres, Josephine Tey commence à écrire un nouveau roman concernant deux tueuses d’enfants exécutées à la fin du dix-neuvième siècle. Son projet littéraire se présente sous les meilleurs auspices, notamment grâce à l’aide d’une ancienne gardienne de prison. C’est bientôt une couturière que l’on retrouve assassinée, non loin du cadavre de son père. Et si le passé n’était pas entièrement révolu ?
Après Crimes à l’affiche et L’Ange aux deux visages, voici la troisième enquête de Josephine Tey. Nicola Upson continue d’enchanter son lectorat avec sa prose élégante et raffinée, témoignant de la gracilité du style littéraire anglais des années 1930. En femme indépendante et obstinée, Josephine est un personnage singulier et attachant, et c’est avec un réel plaisir que l’on en profite pour vagabonder à son bras dans le Londres de cette époque. Ce roman livre également une intrigue réussie, où l’histoire et le présent s’emmêlent avec intelligence, faisant perdurer des fantômes particulièrement saisissants. À ses côtés, l’agent Penrose est tout aussi digne d’intérêt, faisant preuve d’une rare sagacité.
Cet ouvrage est autant réussi par son intrigue que par les décors et les ambiances qu’il décrit. Avant tout policier, il n’en oublie pas pour autant d’être instructif et érudit, avec en prime de beaux passages quant à la condition des femmes et la manière dont l’homosexualité était vécue à cette période.12/03/2014 à 18:13
-
Shooter
9/10 Bob Lee Swagger est le meilleur tireur d’élite des États-Unis. Il vit désormais reclus dans l’Arkansas, avec la seule compagnie de son chien. Une organisation l’approche, soi-disant pour étudier un hypothétique tir de sniper qui pourrait viser le Président. Swagger est le seul à être en mesure de déterminer d’où partira la balle, et il est d’autant plus motivé que l’arbalétrier serait l’homme qui a jadis tué son camarade d’arme. Sans le savoir, il est tombé dans un traquenard…
Auteur de romans remarqués comme Sept contre Thèbes ou Le 47ème samouraï, Stephen Hunter signait en 1993 ce thriller de haute volée. Le lecteur est immédiatement pris par l’intrigue, et n’est plus lâché à un seul moment. L’écriture, simple et sacrément efficace, s’apparente à cette science balistique que l’auteur a étudiée pour élaborer son ouvrage : tout y est amplement pesé, mesuré et évalué pour atteindre sa cible. Les personnages, nombreux, sont suffisamment travaillés pour tenir la route, et l’on se délecte du complot mis en œuvre au même titre que de la manière dont Swagger s’y empêtre avant de se révolter. Parfaitement calibré, à forte teneur en poudre, cet opus est serti de scènes visuelles marquantes, comme la fusillade dans les collines ou l’échange final. De même, et contrairement à ce que le cinéma hollywoodien en a fait en l’adaptant, des individus tout aussi denses que Swagger émaillent ce récit, comme Lon Scott, sniper handicapé, ou Nick Memphis, ancien tireur d’élite ayant blessé un civil lors d’une prise d’otages avant d’épouser sa victime.
D’une rare efficience, cet ouvrage démontre l’incroyable talent de Stephen Hunter pour frapper le lecteur de son style direct et de son intrigue prenante. Un excellent roman, chemisé comme une balle, dosé pour causer un maximum de dégâts, et tiré en pleine poitrine. Si l’on est adepte du genre, à n’en pas douter, il s’agit d’une pépite.12/03/2014 à 18:13 1
-
Mémoires funestes
7/10 Yvan est un psychopathe de la pire espèce. Il parvient à s’évader du centre médical où il était retenu et croise la route de Stan, lui aussi enclin à certaines névroses. L’équipe spéciale de policiers qui retenaient Yvan est d’autant plus alarmée que les deux hommes semblent se connaître. Et si ce duo fortuit avait un passé commun ?
Quatrième ouvrage de Johann Moulin à être paru chez Ravet-Anceau après Le tueur de la Somme, L’Irlandais de Brighton et Amiens sous les balles, ce Mémoires funestes intrigue d’entrée de jeu par son scénario. Qui sont réellement Yvan et Stan ? Quel étrange passé semblent-ils partager ? Autant de questions dont les réponses apparaissent progressivement, au gré d’un récit qui évite la narration linéaire et qui sait préserver quelques zones d’ombre. Johann Moulin manie son intrigue avec intelligence, et l’auteur a visiblement pris du plaisir à écrire cet opus, impression soulignée par un style qui semble rendre hommage au thriller anglo-saxon. Si certains passages sont un peu attendus, voire téléphonés, l’histoire se lit avec un grand plaisir, depuis les scènes d’action pure où interviennent les arbalétriers de la police jusqu’aux moments singuliers où des bribes de souvenirs reviennent aux deux fugitifs.
Un thriller de bonne tenue, mené avec efficacité, et qui a également le mérite, au-delà de son aspect distractif, de poser de légitimes réflexions quant au libre arbitre, la rédemption et les travers des politiques sécuritaires.12/03/2014 à 18:12
