Surcouf

544 votes

  • La Forteresse Noire

    Francis Paul Wilson

    6/10 Emballé par les premiers chapitres qui mélangent habilement la Valachie terre de Dracula et l'occupation de ces territoires par l'armée allemande durant la 2e guerre mondiale. Les implications historiques et religieuses pour les nazis et surtout pour le vieux juif, de la puissance qui semble se dégager de la forme présente partout sur le donjon sont très bien trouvées. Les pages sur cette obscurité impénétrable, qui résiste à toute lumière pour avoir presque une consistance sont remarquables. Après je trouve que ça part en sucette dans un mélange mal dosé de fantastique, de SF et d'anticipation, très éloigné du style de départ. Le 6 est vraiment assis sur la 1ere partie. J'avais trouvé que le film tiré du livre était lui raté du début à la fin.

    aujourd'hui à 09:51

  • L'Abysse Challenger

    Christophe Bec, Eric Henninot

    8/10 On commence à se familiariser avec les personnages, l'étonnante Lou Melville et ses capacités de plongée qui laisse Kim, sa mère très dubitative, un mégalodon carcharodon échappé d'une immense cavité sous-marine, un mésosaure et autres reliques de la préhistoire, le tout amené d'une façon assez plausible à grand renfort de thèses scientifiques en partie vérifiée, plus les inconnues. On est dans un thriller scientifique, cryptozoologique, des implications écologiques, et économiques crédibles. Si le dessin est superbe avec un rendu des scènes océaniques remarquable, le scénario ouvre encore de nombreuses (trop ?) portes et introduit de nouveaux personnages. Le flashback lors de la deuxième guerre mondiale et le U-Boot allemand qui torpille par hasard un mésosaure est savoureux.

    aujourd'hui à 09:07

  • L'horreur du métro

    Thomas Francis Monteleone

    6/10 Le style épouvante était très à la mode dans les années 1980. Les éditions de poche J'ai lu avait lancé une collection avec de nombreux titres, portée par les premiers succès de Stephen King, Dean Koontz, James Herbert ... Les éditions Pocket avait fait de même. S'il y avait dans le lot pas mal de bouquins très moyens, il y a eu aussi quelques bonnes surprises. L'horreur du métro est un condensé d'épouvante, horreur, fantastique et pas mal de gore. L'idée de départ est maline, il y a quelque chose de pourri au royaume du sous-sol. C'est l'époque ou New-York est une des villes les plus dangereuses du monde, et si à la surface les gens peuvent vivre, se déplacer, c'est grâce à ceux qui bossent en dessous. Personnel du métro, des trains, égoutiers, employés des sociétés de nettoyage, de dératisation, de désinfection auxquels s'ajoutent les sdf, junkies, criminels. Monteleone mélange habilement une histoire horrifique à base d'ésotérisme vaguement druidique avec cette mythologie moderne propre aux États-Unis qui, privés d'histoire antique, transposent les vieux mythes dans leur existence récente. Nous voila donc au cœur des légendes urbaines new-yorkaise, avec des rames de métro disparues, des voies oubliées, des stations abandonnées. Une version moderne des enfers et de l'inframonde ou les humains pénètrent à leurs risques et périls. Les disparitions de pauvres bougres passent inaperçues. Quand il s'agit de travailleurs essentiels au fonctionnement de la cité, cela devient plus problématique. C'est un bouquin intéressant, bien écrit mais déséquilibré, qui commence bien avec toutes les ficelles propres au genre, puis petit à petit traine en longueur. Le thème de la vie souterraine sera repris par plusieurs auteurs et aussi en BD (New-York cannibals de Boucq/Charyn).

    aujourd'hui à 08:53 1

  • Le Lagon de Fortuna

    Christophe Bec, Eric Henninot

    8/10 Beaucoup d'ingrédients séduisants dans ce premier tome d'une série qui s'annonce captivante. Bouleversement climatique, exploration de fonds marins, espèces animales en mutation, préhistoire, enjeux pétroliers, multinationale ... Bec, au scénario, nous emmène dans les profondeurs des océans avec lesquels il nous a déjà régalé dans Sanctuaire alors qu'il était au dessin. Au passage il semble inventer un nouveau mot : machélodon, pour grotte sous-marine. Les dessins d'Henninot sont excellents.

    hier à 10:55 1

  • La Lune affamée

    Ramsey Campbell

    7/10 Le style épouvante était très à la mode dans les années 1980. Les éditions de poche J'ai lu avait lancé une collection avec de nombreux titres, portée par les premiers succès de Stephen King, Dean Koontz, James Herbert ... Les éditions Pocket avait fait de même. S'il y avait dans le lot pas mal de bouquins très moyens, il y a eu aussi quelques bonnes surprises. La lune affamée en fait partie. Un gourou et sa secte débarquent sans crier gare dans un petit village, Moonwell, perdu dans la lande britannique et qui a dans ses environs immédiats un gouffre sombre et profond. Ancien site druidique, utilisé comme mine par les romains, auréolé d'une mauvaise réputation, il émane de ce site une certaine crainte chez les villageois qui, par tradition, continuent à y perpétuer une cérémonie annuelle. Un truc païen pas du tout du gout de Godwin Mann, prédicateur chrétien fondamentaliste qui voit la une allégeance au diable. Il va d'ailleurs descendre au fond du gouffre pour en bouter le démon. Manque de pot, ça ne se passe pas comme prévu, bien au contraire. Ce qui est réussi dans le livre c'est surtout l'étude et la description du processus sectaire et le côté néfaste de ses adeptes qui, du jour au lendemain, sèment la zizanie parmi les habitants du village. Le radicalisme intégriste de Godwin Mann et de ses troupes est aussi épouvantable que les conséquences qu'il déclenche après sa remontée du gouffre. Il y a aussi quelques pages réellement angoissantes, comme lors de la tentative de fuite en voiture sur une route qui traverse une obscurité toujours plus dense et qui doit finalement rebrousser chemin. Si on est pas toujours dans la veine des meilleurs auteurs du genre, cette Lune affamée cale toute de même l'estomac.

    hier à 09:13 2

  • Destins

    Régis Loisel

    9/10 Dernier tome de la série au titre parfaitement choisi. Peter Pan est allé chercher à Londres ses amis orphelins ainsi que Rose et Picou, deux enfants des rues. Tout ce petit monde s'installe dans l'ile et les seules chamailleries viennent des enfantillages entre garçons, des jalousies entre filles, notamment Rose et Lys Tigré. Mais Clochette a aussi un sacré caractère, et une jalousie proportionnelle. On avait oublié un peu vite que les créatures imaginaires, calquées sur celles d'Homère dans l’Iliade et l'Odyssée, se jouent des humains et de leurs faiblesses. Les sirènes attirent les marins pour les noyer et les fées ne sont jamais entièrement bonnes ou mauvaises. Rose et Picou vont le découvrir à leurs dépends de façon très cruelle.
    La boucle est bouclée, le destin de chacun est scellé. Peter est devenu Peter Pan, le capitaine est devenu Crochet, et les pièces de puzzle semées ici et la depuis le tome 1 s'assemblent petit à petit, avec son lot de découvertes inattendues car le suspens est mené de main de maitre par Loisel. Une série qui vaut vraiment le détour avec ses questionnements sur la maternité et la paternité, qu'elles soient non-assumées ou idéalisées, le monde des adultes vu par les enfants, la brutalité et les traumatismes de l'existence, et surtout sur ce que M. Kundal appelait le "Grand gourmant", c'est à dire le temps. C'est une fin de cycle tout en finesse qui se termine comme une tragédie grecque. mais M. Kundal n'avait t-il pas laissé à Peter son livre des histoires d'Homère ?
    Le pays imaginaire tel que l'a décrit sir James M. Barrie est en place, avec son obsession pour l'éternelle jeunesse. Et à Londres, dans le monde réel, on vient de découvrir un autre cadavre éventré, celui d'une certaine Mary Jane Kelly.

    avant hier à 09:26 2

  • Crochet

    Régis Loisel

    8/10 Peter Pan, les indiens, les sirènes, les faunes, les farfadets, les centaures doivent toujours faire face aux pirates qui en veulent à leur trésor. Le capitaine pirate dont la main a été bouffée par l'énorme crocodile marin se voit offrir un crochet pour remplacer sa main. Revigoré par cet instrument, lui, Mouche le second et l'équipage vont attaquer les sirènes pour se venger de toutes leurs mésaventures. Poteline, la dodue sirène par qui tout est arrivé, piège les pirates en les envoyant à la cachette du trésor qui est en fait le repaire du crocodile que les autres créatures appellent le "gardien".
    Alors que la série commençait sur un ton mêlant humour, légèreté et aventures, depuis l'épisode précédent le tragique et le suspens monte d'un cran. Le conte faussement pour enfants devient un roman bien noir avec ses drames et ses tristesses, chagrins et nostalgies. Un scénario bluffant dont on commence à percevoir les autres surprises qui pourraient se révéler.

    avant hier à 09:02 2

  • Mains rouges

    Régis Loisel

    8/10 Il y a eu bataille entre les pirates, la troupe de Peter et Pan, et les indiens. Pan est gravement blessé d'une balle dans le cœur. Peter repart à Londres chercher conseil auprès de M. Kundall. Celui-ci détaille à Peter comment il doit procéder pour opérer son ami. Première chose, se laver soigneusement les mains avec de l'eau bouillie. Évoluant entre le monde réel et le monde féerique, la notion du temps de Peter est altérée. Au lieu de retourner rapidement auprès de Pan, il va revoir ses copains orphelins avant de se rendre chez sa mère qui l'avait chassé. Mauvaise idée, il la trouve vautrée avec un certain Jack et elle le renie à nouveau. Peter se sauve. Juste après lui, Jack, choqué par le manque d'amour maternel dont a fait preuve la mère de Peter, quitte précipitamment la masure avec une trousse de médecin et les mains ensanglantées. De retour au pays féerique, Peter opère Pan. Mais la fièvre le prend et il fini par rendre l’âme. Peter est pris d'un délire de culpabilité car il a oublié de se laver les mains, il faudra toute l'attention de Lys Tigré, la jolie indienne, pour le ramener à la raison. Après l'incinération de Pan, Peter va renouveler un rite remontant aux sources de l'humanité, il va ingérer quelques cendres de son ami. Pan est mort mais il revit dans Peter. Peter Pan est né.
    Très belle suite aux épisodes précédent, Mains rouges nous plonge dans les questionnements sur la vie et la mort, l'enfance et le passage à des ages ou la réalité l'emporte sur l'imaginaire. Réalité parfois plus terrifiante que les imaginaires les plus effrayants. Alors que le monde féerique pleure Pan, dont le souvenir commence d'ailleurs à s'estomper, à Londres on découvre le cadavre éventrée de Mary Ann Nichols. Scénario et dessins de Loisel remarquables.

    avant hier à 08:47 2

  • Tempête

    Régis Loisel

    8/10 Le capitaine des pirates, M. Mouche le second et l'équipage en ont toujours après le trésor défendu par Pan et les autres créatures mythologiques. L'existence du trésor luia été révélée par Poteline, dodue sirène qui est tombé amoureuse du capitaine. Pan, Peter et les indiens rencontrés dans l'épisode précédent mettent au point un piège pour se débarrasser des pirates. Le plan est excellent mais la réalisation ne se passe pas comme prévu pour cause de tempête. Le plan initial échoue en partie mais le capitaine pirate, de son côté, va y perdre une main qui fini dans la gueule d'un énorme crocodile de mer appelé "le gardien".
    L'univers créé par Loisel est vraiment séduisant. il y a de l'aventure, de la tension, des flashbacks, des allers-retours avec le Londres de 1888 et son quartier dangereux de Whitechapel. On commence d'ailleurs à y croiser une inquiétante silhouette. Passionnant !

    27/04/2026 à 09:34 1

  • Opikanoba

    Régis Loisel

    8/10 Après sa rencontre avec la fée Clochette, Peter quitte les ruelles sombres, poisseuses et dangereuse de Londres pour une contrée où vivent des créatures mythologique, centaures, elfes, sirènes ... tout un groupe dirigé par un faune nommé Pan. Peter va se retrouver sur le bateau pirate d'un cruel capitaine qui veut s'emparer du trésor des créatures. Le conte pour enfant devient un séduisant conte philosophique, plein de considérations sur le temps, l'imaginaire, la valeur des choses. Sauf dans le visuel des décors ou du bateau pirate, on est loin, très loin de l'univers de Peter Pan restitué par Walt Disney, Loisel prouve une fois de plus ses talents de scénariste et de dessinateur. La superposition d'un univers à la Dickens et d'un autre à la Grimm crée une œuvre forte et riche.

    27/04/2026 à 09:21 1

  • Londres

    Régis Loisel

    8/10 Loisel revisite l'histoire de Peter Pan. Nous voila à Londres en 1887, dans les quartiers miséreux ou règne violence, alcoolisme, prostitution et ou nombre d'orphelins sont livrés à eux même. Peter n'est pas dans ce cas la puisqu'il a une mère. Mais pas la meilleure du monde, loin de la. Alors il trouve meilleur compagnie auprès de M. Kundall qui lui raconte plein d'histoires, qu'il va ensuite rapporter à ses copains. Jusqu’au jour ou, en plein delirium tremens, il est chassé de chez lui par sa mère, ivrogne au dernier degré. Il se réfugie sur les docks et apparait alors une minuscule fée.
    Le scénario est largement revisité par rapport à l'histoire originale. L'époque et les lieus sont décrits sans concession, tout comme le langage rude et les mœurs mauvaises. Le dessin travaillé de Loisel rend bien compte de cette atmosphère de cloaque. il fait froid, humide, le brouillard est épais et les adultes pas fins. Très bon début pour cette série.

    27/04/2026 à 09:10 1

  • Le Seigneur des Porcheries

    Tristan Egolf

    6/10 Avis très mitigé car si le début du livre est passionnant, le reste traine en longueur. C'est d'ailleurs étonnant comment l'auteur parvient à décrire les mêmes scènes sur plein de pages en utilisant un large vocabulaire. Mais quand les fines descriptions deviennent des monotones répétitions, cela devient de moins en moins accrocheur, comme cette grève et révolte des éboueurs qui dure sur des dizaines de pages. Dommage, car le sujet sur ce jeune homme à la personnalité singulière considéré comme un asocial par les ploucs qui l'entourent alors qu'il est bien plus capable qu’eux dans bien des domaines et les avis précédents très positifs, m'avaient fait attendre autre chose.

    27/04/2026 à 08:55

  • Les griffes du Gévaudan tome 2

    Jean-Charles Poupard, Sylvain Runberg

    7/10 Suite et fin de cette BD qui aborde l’énigme de la Bête du Gévaudan. Le scénario est malin, il repose sur des fait avérés et des personnages historiques dont certains sont des témoins voire des suspects régulièrement évoqués, comme les comtes de Morangiés et la famille Chastel. Il propose ensuite une théorie basée sur des évènements anciens, "Les grands jours d'Auvergne" qui avaient défrayé la chronique des années auparavant. Le dessin réaliste est agréable, il y a quelques vignettes de décor superbes, à commencer par la couverture. Contrairement au premier tome, on a moins de vues des villes et des monuments . Il y a toujours cette grosse erreur au niveau des dialogues qui sont censés reproduire l'accent local, à rebours de celui des autochtones qui, en Margeride, utilise la langue d’oc. De même l'utilisation du terme "gabalais" pour habitant du Gévaudan alors qu'on doit parler de gabalitains ou gévaudanais. Ce tome 2 axé sur l'enquête du Chevalier de Beauterne rappelle le film "Le pacte des loups". L’album a une approche originale et convaincante. Je mets un point de moins que pour le premier tome car j'ai trouvé quelques raccourcis, approximations ou digression romantique qui n'apportent rien, et un dessin parfois moins précis.

    09/04/2026 à 10:29 1

  • Le casse ultime

    Don Winslow

    9/10 Don Winslow est un formidable conteur. il le prouve encore une fois dans ce recueil de 6 nouvelles. Il y a un peu d'humour, notamment dans "Véridique", un dialogue savoureux entre deux truands qui papotent comme des commères sur les gens de leur milieu affublés de surnoms souvent cocasses. De l'humour et de la légèreté aussi dans "Pause déjeuner", où l'on retrouve avec grand plaisir Boones Daniel et son groupe de copains surfers dans la protection d'une starlette imbuvable et insupportable, droguée et alcoolique, mais qui finira par trouver la paix sur un longboard. Les autres histoires sont plus sérieuses et plus noires. Elles ont en toile de fond le milieu carcéral et ce qu'il faut faire, ou éviter de faire, pour que le séjour ne tourne pas au cauchemar. "Collision" est certainement la plus forte. Un type qui a tout dans la vie, couple stable, enfant, bon job, gros salaire ... se retrouve en taule suite à un banal accident. On en apprend beaucoup sur les conditions de détentions dans les pénitenciers étasuniens, et leur règles internes, à savoir pas celle de l'administration mais celles des gangs. Et voila le héros, blanc, protégé par les noirs de la Black Guerilla Family, lui évitant de tomber aux mains de l'Aryan Brotherhood. Ça fait froid dans le dos. Et rien n'étant gratuit en prison, une facture fini toujours pars arriver. Six nouvelles assez différentes mais toutes captivantes, dans lesquelles Don Winslow met en place des stratagèmes élaborés et de fines analyses psychologiques, soit pour réussir un casse, soit pour mettre une femme à l'abri, soit pour assurer un avenir, avec une plume et un style toujours aussi agréable.

    09/03/2026 à 09:43 2

  • Môth

    Christophe Bec, Xavier Dorison

    8/10 Suite et fin de l'histoire. On fait plus ample connaissance avec Moth, démon échappé de la mythologie des Ougarits. Christophe Bec en fait une représentation magnifique, une sorte de minotaure flamboyant qui se repait de la peur de ses proies. Les Ougarits l'avaient déjà compris en l'enfermant dans le puits. Pour les sous-mariniers, l'angoisse est à son paroxysme. Peut-on s'échapper de ce guêpier ? Que faire et comment le faire ? Peut-on sauver tout le monde ? La proverbiale solidarité des gens de mer est mise à rude épreuve quand quelques officiers tentent de valider un sauvetage partiel, sacrifiant le reste de l'équipage. Les perturbations psychiques compliquent la tache de June qui a un plan pour sortir du piège. Le final est cataclysmique. Scénario en béton superbement servi par le dessin.

    06/03/2026 à 10:12 1

  • Le Puits des abîmes

    Christophe Bec, Xavier Dorison

    9/10 L'équipe Alpha, avec à sa tête le commandant de sous-marin USS Nebraska, a pénétré dans le sanctuaire Ougarit. C'est comme si elle avait pénétré en enfer. L'endroit est sous la coupe d'une entité démoniaque cruelle et violente. Elle perturbe le psychisme des hommes, transformant leurs pires cauchemars en réalité, provoquant des symptômes de maladies terribles en l'absence de contamination. A bord du submersible, l'officier scientifique June tente de déchiffrer les documents retrouvés en écritures ougaritique. Le scénario de Xavier Dorison est fait de tension, de terreur et de folie, passant d'un huis clos cavernicole à un huis clos dans les entrailles du Nebraska. C'est terriblement réussi et efficace. Christophe Bec livre des dessins à la mesure du scénario. Avec son trait vif aux ancrages tranchants, il illustre parfaitement les douleurs ressenties par les hommes, qu'elles soient physiques ou psychologiques, anciennes ou présentes. Il y a quelques doubles pages sublimes. C'est un véritable travail artistique. On est dans une ambiance sombre et pesante qui rappelle le 1er volet d'Alien ou les scènes dans les mines de la Moria lors du combat contre le Balrog dans La communauté de l'anneau.

    05/03/2026 à 09:35 3

  • USS Nebraska

    Christophe Bec, Xavier Dorison

    8/10 Excellent scénario de Xavier Dorison. On part de Berlin en 1945 pour arriver face aux côtes syriennes en 2029. Cette très courte anticipation permet aux auteurs de mettre au premier plan un gigantesque sous-marin nucléaire bourré de ressources technologiques. Archéologie, monde sous-marin, ambiance de guerre, un brin de science-fiction, du fantastique, les auteurs maitrisent leur sujet plein de suspens avec l'ouverture de plusieurs pistes quant à la présence d'un sous-marin soviétique coulé aux portes d'une cité antique. A ce sujet, le dessinateur Christophe Bec nous régale avec ses dessins même s'il mélange l'antiquité Ougarit avec le dieu aztèque de l'inframonde Mictlantecuhtli présenté en position assise et dans une forme circulaire visible au Musée de Mexico. Les traits des marins du Nebraska sont ceux d'acteurs américains parmi lesquels on reconnait Bruce Willis, Johnny Deep, Scott Glenn et quelques autres. Bec arrive a restituer de façon convaincante ce monde immergé et la pression qui en résulte. Pression de l'eau et pression de l'enfermement qui pèse sur les nerfs des marins. C'est une très bonne entrée en matière pour une série en 3 tomes.

    04/03/2026 à 11:25 1

  • Son of a Gun !

    Sébastien Corbet, Philippe Pelaez

    6/10 Western spaghetti qui se déroule entre États-Unis et Mexique. Il faut bien suivre le départ de l'histoire car elle est un peu embrouillée au début. Présentée en chapitres façon Le bon la brute et le truand, c'est une course au trésor, celui du président mexicain Benito Juarez, au rythme effréné. Il y a beaucoup de personnages, pas mal de références historiques et à d'autres albums bd (Blueberry, Le Bouncer), et de l'humour noir, déjanté, et au premier degré. Le dessin, qui mélange style classique, bd moderne et influences mangas pour les expressions des visages n'est pas trop ma tasse de thé, mail les décors et la mise en couleurs correspondent bien au sujet et aux zones géographiques concernées. Assez bon donc.

    02/03/2026 à 08:42 2

  • Une tombe pour deux

    Ron Rash

    9/10 Ce roman très sombre est un peu différent des œuvres précédentes de Ron Rash dans lesquelles il y déploie de longues et méticuleuses descriptions des paysages, des éléments, des saisons, faisant de la nature un personnage à part entière de ses histoires. Dans Une tombe pour deux, cela n'a pas disparu mais il se concentre sur ses personnages humains, leurs caractères, leurs forces, leurs faiblesses ou leurs travers. C'est une histoire vieille comme le monde, celle de parents qui aiment trop et mal, et qui tracent la vie de leur enfant sans penser le moindre instant à ses désirs personnels. Un mariage sans leur accord, une grossesse rapide et un départ pour la guerre de Corée sont les déclencheurs successifs du drame qui va se jouer. Lorsque qu'arrive le télégramme : " Le Gouvernement des Etats-Unis a le regret de ... ", lorsque l'agent de la poste, croyant bien faire, divulgue la nouvelle à d'autres destinataires, avant l'épouse, la machination se met en place. Il faudra l'amitié solide et indéfectible d'un garçon au physique ingrat à cause de la polio, sa fidélité à son copain et à l'épouse, son amie également, pour rétablir un ordre naturel contrarié par les agissements aussi vils qu'égoïstes des parents exclusifs, avec la complicité passive des habitants du village, solidaires par devoir, par morale par ou intérêt. Toutes les péripéties de cette histoire sont contées avec la plume si efficace de Ron Rash qui excelle ici à décortiquer les mécanismes compliqués de l'amour, de l'amitié, de l'apparence, du qu'en dira t-on, de la souffrance physique ou morale ou du bonheur des choses simples. Le rôle pivot tenu par Blackburn Gant, croque-mort par obligation, redresseur de tort par fidélité, est magnifiquement écrit. Quelques pages de plus en fin d'ouvrage évoquant le devenir de chacun auraient été les bienvenues.

    27/02/2026 à 09:11 4

  • Le Cri du Moloch

    Christian Cailleaux, Jean Dufaux, Etienne Schréder

    7/10 Un brin en dessous l'épisode précédent, L'onde Septimus. Les dessins ne sont pas aussi précis notamment au niveau des visages. Le scénario reste à la hauteur du tome 1, avec toujours des références à des classiques de SF, La guerre des mondes et Prometheus.

    23/02/2026 à 09:57 1