530 votes
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Môth
Christophe Bec, Xavier Dorison
8/10 Suite et fin de l'histoire. On fait plus ample connaissance avec Moth, démon échappé de la mythologie des Ougarits. Christophe Bec en fait une représentation magnifique, une sorte de minotaure flamboyant qui se repait de la peur de ses proies. Les Ougarits l'avaient déjà compris en l'enfermant dans le puits. Pour les sous-mariniers, l'angoisse est à son paroxysme. Peut-on s'échapper de ce guêpier ? Que faire et comment le faire ? Peut-on sauver tout le monde ? La proverbiale solidarité des gens de mer est mise à rude épreuve quand quelques officiers tentent de valider un sauvetage partiel, sacrifiant le reste de l'équipage. Les perturbations psychiques compliquent la tache de June qui a un plan pour sortir du piège. Le final est cataclysmique. Scénario en béton superbement servi par le dessin.
hier à 10:12
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Le Puits des abîmes
Christophe Bec, Xavier Dorison
9/10 L'équipe Alpha, avec à sa tête le commandant de sous-marin USS Nebraska, a pénétré dans le sanctuaire Ougarit. C'est comme si elle avait pénétré en enfer. L'endroit est sous la coupe d'une entité démoniaque cruelle et violente. Elle perturbe le psychisme des hommes, transformant leurs pires cauchemars en réalité, provoquant des symptômes de maladies terribles en l'absence de contamination. A bord du submersible, l'officier scientifique June tente de déchiffrer les documents retrouvés en écritures ougaritique. Le scénario de Xavier Dorison est fait de tension, de terreur et de folie, passant d'un huis clos cavernicole à un huis clos dans les entrailles du Nebraska. C'est terriblement réussi et efficace. Christophe Bec livre des dessins à la mesure du scénario. Avec son trait vif aux ancrages tranchants, il illustre parfaitement les douleurs ressenties par les hommes, qu'elles soient physiques ou psychologiques, anciennes ou présentes. Il y a quelques doubles pages sublimes. C'est un véritable travail artistique. On est dans une ambiance sombre et pesante qui rappelle le 1er volet d'Alien ou les scènes dans les mines de la Moria lors du combat contre le Balrog dans La communauté de l'anneau.
avant hier à 09:35 2
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USS Nebraska
Christophe Bec, Xavier Dorison
8/10 Excellent scénario de Xavier Dorison. On part de Berlin en 1945 pour arriver face aux côtes syriennes en 2029. Cette très courte anticipation permet aux auteurs de mettre au premier plan un gigantesque sous-marin nucléaire bourré de ressources technologiques. Archéologie, monde sous-marin, ambiance de guerre, un brin de science-fiction, du fantastique, les auteurs maitrisent leur sujet plein de suspens avec l'ouverture de plusieurs pistes quant à la présence d'un sous-marin soviétique coulé aux portes d'une cité antique. A ce sujet, le dessinateur Christophe Bec nous régale avec ses dessins même s'il mélange l'antiquité Ougarit avec le dieu aztèque de l'inframonde Mictlantecuhtli présenté en position assise et dans une forme circulaire visible au Musée de Mexico. Les traits des marins du Nebraska sont ceux d'acteurs américains parmi lesquels on reconnait Bruce Willis, Johnny Deep, Scott Glenn et quelques autres. Bec arrive a restituer de façon convaincante ce monde immergé et la pression qui en résulte. Pression de l'eau et pression de l'enfermement qui pèse sur les nerfs des marins. C'est une très bonne entrée en matière pour une série en 3 tomes.
04/03/2026 à 11:25 1
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Son of a Gun !
Sébastien Corbet, Philippe Pelaez
6/10 Western spaghetti qui se déroule entre États-Unis et Mexique. Il faut bien suivre le départ de l'histoire car elle est un peu embrouillée au début. Présentée en chapitres façon Le bon la brute et le truand, c'est une course au trésor, celui du président mexicain Benito Juarez, au rythme effréné. Il y a beaucoup de personnages, pas mal de références historiques et à d'autres albums bd (Blueberry, Le Bouncer), et de l'humour noir, déjanté, et au premier degré. Le dessin, qui mélange style classique, bd moderne et influences mangas pour les expressions des visages n'est pas trop ma tasse de thé, mail les décors et la mise en couleurs correspondent bien au sujet et aux zones géographiques concernées. Assez bon donc.
02/03/2026 à 08:42 2
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Une tombe pour deux
9/10 Ce roman très sombre est un peu différent des œuvres précédentes de Ron Rash dans lesquelles il y déploie de longues et méticuleuses descriptions des paysages, des éléments, des saisons, faisant de la nature un personnage à part entière de ses histoires. Dans Une tombe pour deux, cela n'a pas disparu mais il se concentre sur ses personnages humains, leurs caractères, leurs forces, leurs faiblesses ou leurs travers. C'est une histoire vieille comme le monde, celle de parents qui aiment trop et mal, et qui tracent la vie de leur enfant sans penser le moindre instant à ses désirs personnels. Un mariage sans leur accord, une grossesse rapide et un départ pour la guerre de Corée sont les déclencheurs successifs du drame qui va se jouer. Lorsque qu'arrive le télégramme : " Le Gouvernement des Etats-Unis a le regret de ... ", lorsque l'agent de la poste, croyant bien faire, informe les parents avant l'épouse, la machination se met en place. Il faudra l'amitié solide et indéfectible d'un garçon au physique ingrat à cause de la polio, sa fidélité à son copain et à l'épouse, son amie également, pour rétablir un ordre naturel contrarié par les agissements aussi vils qu'égoïstes des parents exclusifs, avec la complicité passive des habitants du village, solidaires par devoir, par morale par ou intérêt. Toutes les péripéties de cette histoire sont contées avec la plume si efficace de Ron Rash qui excelle ici à décortiquer les mécanismes compliqués de l'amour, de l'amitié, de l'apparence, du qu'en dira t-on, de la souffrance physique ou morale ou du bonheur des choses simples. Le rôle pivot tenu par Blackburn Gant, croque-mort par obligation, redresseur de tort par fidélité, est magnifiquement écrit. Quelques pages de plus en fin d'ouvrage évoquant le devenir de chacun auraient été les bienvenues.
27/02/2026 à 09:11 4
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Le Cri du Moloch
Christian Cailleaux, Jean Dufaux, Etienne Schréder
7/10 Un brin en dessous l'épisode précédent, L'onde Septimus. Les dessins ne sont pas aussi précis notamment au niveau des visages. Le scénario reste à la hauteur du tome 1, avec toujours des références à des classiques de SF, La guerre des mondes et Prometheus.
23/02/2026 à 09:57 1
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Mamie Luger
8/10 Roman noir qui se passe dans le Cantal, rural et brutal. Difficile de ne pas tomber sous le charme de Berthe, cette mamie centenaire au passé plein de déboires et de violence. Elle deviendra une féministe avant l'heure, une vraie, libérée, assumée, mais aussi délurée, indépendante et un peu portée sur les boissons fortes. J'ai beaucoup aimé les dialogues et les réparties de Berthe à l'inspecteur Ventura (comme Lino). Cette grosse touche d'humour relativise les aventures et mésaventures de Berthe qui les a multiplié avec les hommes, la conduisant à des vengeances aussi expéditives que définitives. Petit bémol, la répétition desdites mésaventures même si elles sont toutes différentes. Les villageois sont aussi trop caricaturaux, pas un pour rattraper l'autre, laissant l'impression que seuls ceux venus d'ailleurs sont de braves gens.
23/02/2026 à 09:50 8
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7m²
7/10 Comme dit dans les commentaires précédents, c'est un livre qui capte bien l'attention car on retrouve avec plaisir les personnages phares du Dept. V, Rose, Assad et Gordon notamment, dans une course pour sauver et innocenter leur patron Carl. Toutefois, l'ambiance est différente, il y a mois de suspens, moins de surprise, et pour le lecteur moins d'attrait. C'est parfois un peu simpliste et facile au niveau du devenir de certains personnages. Comme l'auteur, on ressent malgré une sympathie certaine pour la série, l'envie d'arriver au bout et de passer à autre chose. Lu plusieurs années après la première aventure, il faut puiser dans les souvenirs pour se rappeler la genèse de l'histoire. On quitte le Dept. V pas à regret, mais avec une légère nostalgie.
13/02/2026 à 09:31 2
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L'Onde Septimus
Antoine Aubin, Jean Dufaux, Etienne Schréder
8/10 Voila un album dans la droite ligne de l’œuvre de E.P. Jacobs. Tant les dessins que le scénario, ils sont proches de ceux de la série d'origine. Tout au plus une petite faiblesse se remarque au niveau de la représentation des véhicules. Il y a tous les ingrédients nécessaires : un peu de mystère, un peu de SF, un peu d'espionnage, un peu d’exotisme ... Les auteurs se démarquent en prêtant à Mortimer un caractère qui semble plus anguleux que d'habitude. Les femmes sont aussi plus présentes. Cette suite de La Marque jaune, exercice difficile, est tout à fait convainquant. J'ai cru voir une inspiration du côté de films comme La guerre des mondes et Prométheus.
09/02/2026 à 10:40 2
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Le sacrifice Fong
5/10 4e et dernier tome des aventures d'Alex Russac. Ce gars a le chic pour se fourrer dans les ennuis. Après une embrouille avec des mafieux en Argentine, des émeutes raciale à New-York, les purges staliniennes en URSS, le voila en Chine en pleine invasion japonaise. Il travaille comme docker dans le port de Shanghai. Il y a une vignette qui rappelle fortement (clin d’œil, hommage ?) à la mésaventure du capitaine Haddock lorsque, assis sur une palette, il est soulevé par une grue dans le port de Saint-Nazaire (Les 7 boules de cristal). Russac se trouve embarqué par une société secrète qui lutte contre les japonais. L'ambiance et l'histoire ressemble aux aventures de Tintin dans Le Lotus bleu (même époque, même lieu, société secrète, inondations, traversée d'un pays en ruine ...) mais en nettement plus violent. Dans les dernières pages, alors que Russac doit sauver une jeune fille qui va être sacrifiée, l'action et les décors font immédiatement penser à Indiana Jones et le temple maudit. Alors que les premiers albums se distinguaient par une exubérance graphique, dans celui-ci l'auteur est rentré dans les cases. L’atmosphère générale reste la même, beaucoup de phylactère "off", énonçant ici et la des préceptes taôistes. Certaines bulles sont très longues. Si le scénario est rythmé comme les précédents, il est parfois un peu confus, voire expédié. Le brin de folie qui soufflait s'est atténué. Enfin, sur la forme, le lettrage est par moment rebutant. Cet épisode n'est pas au niveau des 3 premiers.
29/01/2026 à 09:57
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Les Ombres de la Margeride
4/10 Une auteure a écrit un livre qui a eu un beau succès. 20 ans après, elle a du mal a retrouver une telle réussite, tant avec les éditeurs qu'avec les lecteurs. Pour augmenter ses revenus, elle organise des ateliers littéraires au fin fond de la Lozère. Ils sont 8 à la rejoindre pendant ce mois d'aout.
Présenté comme un roman à suspens, le livre en manque tout de même beaucoup. Il faut attendre les deux tiers du livre pour qu'il se passe enfin quelque chose, la mort de l'un d'entre eux. D'autres évènements tragiques suivront. Mais il n'y a aucune émotion, aucune tension, les personnages semblent figés, sans empathie, sans caractère et très superficiels. Construit sur le modèle de Dix petits nègres, on est loin du niveau agathachristique. J'ai par contre apprécié les développements sur les légendes et l'histoire locale (Gévaudan, Margeride...), et les problèmes liés à l'implantation d'éoliennes en milieu rural. Mais c'est parce que je suis du coin. Je ne suis pas sur qu'un public plus large, peu au fait de ces choses, y trouve son compte.28/01/2026 à 10:56 3
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Le Silence de la ville blanche
8/10 les premiers chapitres demandent un peu de concentration pour se familiariser avec les noms à rallonge et la mise en place de l'histoire. Ensuite, c'est de plus en plus prenant grâce aux personnages dotés de personnalités très étoffées, à une intrigue riche en éléments, rebondissements et surprises. L'immersion dans la culture basque, du néolithique au XXe siècle est une excellente toile de fond pour cette poursuite d'un serial-killer particulièrement retors. Le livre fait penser aux écrits de Dolorés Redondo qui se passent dans la même région, ou au film Infiesto, qui eux aussi font appel au néo-paganisme et aux légendes locales. Même si la construction est très classique, le résultat est plus que convainquant.
26/01/2026 à 08:58 2
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Deryn Du
6/10 J'avais apprécié le style de dessin cet auteur dans sa série Algernon Woodcock. On retrouve son gout du fantastique un peu inquiétant dans cet album remarquable par son graphisme et ses couleurs. J'ai par contre trouvé le scénario un peu désordonné. L'ambiance destinée à "faire peur" n'a pas pour moi atteint son but car les scènes sont trop explicites, laissant peu de place à l'imagination. La bd fait un peu penser au film Annabelle.
12/01/2026 à 10:54 2
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Jusqu'au dernier
8/10 Commencé par hasard, je n'ai pas lâché la bd avant de l'avoir terminée. J'ai été bluffé d'entrée autant par le scénario très bien mené que par les très beaux dessins de ces auteurs que je ne connaissais pas. S'il y a tous les ressorts classiques du western, la dimension humaine, tragique et dramatique ajoute une densité rare au récit. Chapeau !
09/01/2026 à 08:57 4
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Signé Olrik
7/10 Après quelques déconvenues sur d'autres tomes de la série, j'ai retrouvé un certain esprit proche des origines dans cet opus. Scénario et dessins convaincants, avec un brin d'histoire médiévale, un soupçon de fantastique, du terrorisme indépendantiste, des inventions de Mortimer pas trop farfelues et l'efficacité de Blake. Une histoire teintée de réalité avec ces conflits nés d'une immigration importante dans une région économiquement malmenée et à forte identité. Et bien sur, l'incontournable Olrik qui ramène ses funestes talents.
08/01/2026 à 09:33 1
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La Piste aux étoiles
7/10 D'après la présentation de l'auteur en introduction, L'Embaumeur est construit sur le modèle du Poulpe, avec un auteur différent à chaque tome. Moins politisé que le céphalopode, l'embaumeur a un métier, d’embaumeur justement. Et également un passé marqué par une sévère incompatibilité avec l'autorité, ce qui ne l'empêchera pas de faire quelques années de Légion étrangère. Dans ce court polar, le style vif de Nicolas Lebel tourne à plein régime. Trafic et manipulations de cadavres, savant un peu fou, milliardaire sans morale, flics aux méthodes abusives, compagnon d'arme mal embarqué et tueurs de nationalités diverses sont les ingrédients de cette histoire menée à un pas nettement plus rapide que celui du légionnaire. Un Lebel différent de la série Mehrlicht mais tout à fait plaisant.
08/01/2026 à 09:20 2
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La grande môme
6/10 Premier livre de sa série de portraits d'ados et jeunes adultes dans la France contemporaine, La grande môme manque un peu du souffle ironique, des saillies cyniques, des analyses anticonformistes qui sont la marque de l'auteur. Il reste cet humour désabusé, ces portraits bien sentis et les nombreux paradoxes qui se carambolent à travers le parcours de personnages. L'enthousiasme suscité par le passé terroriste de la mère est parfois trop facile voire gênant. L'épilogue de ce très court roman explique un peu la chose. Les livres qui suivront, La petite gauloise, puis La petite fasciste sont beaucoup plus séduisants.
08/01/2026 à 09:05 2
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Le Sanctuaire du Gondwana
5/10 Après les très décevants tomes précédents, cette aventure africaine est malheureusement dans la même lignée. J'ai trouvé le scénario caricatural mais les très beaux dessins de Juilliard, comme cette couverture très réussie, rattrapent un peu l'ensemble.
17/12/2025 à 09:11
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Les Sarcophages du 6e continent - Tome 2, Le duel des esprits
3/10 Pire que le premier tome. La bd accumule les défauts, trop de textes, trop de cases, scénario indigent, éléments de science-fiction à la limite du ridicule.
17/12/2025 à 09:00
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Les Sarcophages du 6e continent - Tome 1, La menace universelle
4/10 Le début, sur la jeunesse de Mortimer à l'époque coloniale en Inde attise la curiosité, puis on tombe rapidement dans une histoire trop dense et trop touffue qui en devient même ennuyeuse. Les défauts qu'on a parfois pu faire à Jacobs sont la démultipliés.
17/12/2025 à 08:53
