Surcouf

560 votes

  • Casse-pipe à la Nation

    Jacques Tardi

    7/10 Enquête autour de la foire du trône et de son grand 8 ou nestor d’où Nestor Burma a failli être éjecté. La bd mélange légèreté et ton grave, baston et psychologie, beauté et handicap dans une enquête de facture ultra classique. il y a un peu plus d'humour que d'habitude peut-être avec Nestor qui semble volage en l'absence d'Hélène sa secrétaire et qui se met à suivre une jolie brune. Les traits de quelques personnages en rappellent certains déjà vus dans les autres bd de Tardi. On remarque que le trio mère/fille/beau-père revient souvent chez Léo Malet, comme les amitiés liées dans les stalags de 39/45.

    avant hier à 09:05 2

  • Madelaine avant l'aube

    Sandrine Collette

    7/10 Roman noir, rural et historique qui doit se passer aux alentours du XIV/XVe siècle puisque l'épidémie de peste noire est encore dans les mémoires, avec une société encore largement féodale dans laquelle le statut des paysans n'est guère éloigné du servage. Le roman est très descriptif, avec de longs développements sur les conditions de vie dans un petit hameau reculé, soumis à l'autorité d'un seigneur, mais dépendant surtout de la nature et de ses caprices saisonniers, trop de pluie, trop de chaleur, trop de gel. Tout ce qui altère les récoltes est une catastrophe et augmente les difficultés au quotidien, la faim, le froid, la maladie. En 260 pages, il ne se passe que trois ou quatre évènements qui viennent perturber le cours des choses, et pas dans le bon sens. L'écriture de Sandrine Colette est centrée sur les épreuves que doivent endurer les personnages quand aux lois de la nature s'ajoutent parfois la violence des hommes. J'ai trouvé toutefois moins d'intensité dans ce livre que dans ses autres ouvrages mais son style reste remarquable.

    02/07/2026 à 08:47 2

  • Micmac Moche au Boul'Mich

    Nicolas Barral

    8/10 Comme annoncé sur la couverture, la bd se situe dans l'univers graphique de Tardi, et sur cet aspect, c'est une réussite. Barral maitrise totalement son sujet. Les personnages comme les décors semblent sortir de la main de Tardi, même si Barral instille son propre style, avec parfois un trait plus fin pour des dessins plus clairs. L'adaptation du roman de Léo Mallet est tout aussi réussie, avec une histoire bien noire de chantage, de secrets de famille et les dessous de la vie étudiante. Barral fait quelques clins d’œils en donnant à quelques uns de ses personnages des visages connus, on reconnait notamment l'acteur Bernard Fresson, le chansonnier Jean-Roger Caussimon et un autre gars dont le nom m'échappe.

    29/06/2026 à 08:50 1

  • L'Arbre à bouteilles

    Joe R. Lansdale

    8/10 C'est avec cet arbre à bouteille, titre étrange, que j'ai découvert Joe R. Lansdale et ses héros redresseurs de torts Leonard et Hap. La lecture est décoiffante, rafraichissante, distrayante. Le bouquin passe de l'humour à l'action, de l'amitié à la bagarre le tout sur des dialogues percutants et des descriptions réussies alors que le fond de l'intrigue est bien sombre ou s’emmêlent racisme, religion, secrets de famille et un état du Texas assez peu attrayant.

    24/06/2026 à 11:18 4

  • Le Bois d'ébène

    François Bourgeon

    8/10 L'album nous ramène en mer à bord de la Marie-Caroline, navire négrier. C'est une suite de drames et d'évènements tragiques. La révolte des esclaves est matée mais au prix fort. L’aventure maritime reprend ses droits et tempête, fortune de mer, accidents, blessures, viols, début de mutinerie, punitions s'enchainent. Les officiers sont décimés et le jeune Vignebelle se retrouve commandant, secondés par les vieux loups de mer de l'équipage, Bout-de-Bois et l'insondable cuistot Grisoux. Pour ne rien arranger, Hoël croise une vieille connaissance du Foudroyant, vaisseau de guerre dont il avait tué le commandant dans le premier tome. Cahincaha, le bateau arrive aux Antilles. Isa découvre l'esclavage et les conditions de vie dans une plantation. Mary doit rentrer en Angleterre et Hoël doit fuir car il a été reconnu par des officiers de marine. L'occasion d'un dernier twist très bien amené par l'auteur qui boucle avec brio cette excellente série. (Un nouveau cycle de 4 albums sera publié à partir de 2009).

    15/06/2026 à 08:39 1

  • L'Heure du serpent

    François Bourgeon

    8/10 Suite de la partie africaine de l'aventure. Isa déjoue les pièges tendus par les dirigeants français du comptoir de Judas mais aussi du roi Kpengla qui n'aime pas que les femmes se mêlent des affaires d'hommes et que son commerce d'esclaves soit perturbé. L'austère capitaine Boisbœuf se révèle un allié précieux comme Rousselot, médecin du bord. La magie vaudou utilisée contre Hoel est mise en échec. La rupture entre Mary et Smolett est consommée. La sélection des esclaves, tache d'une effroyable d'inhumanité, échoie à Rousselot sous le regard horrifié d'Isa. La seconde partie de l'album qui nous ramène en mer à bord d'un navire négrier est mouvementée qui commence par une révolte des esclaves. Abus d'autorité, assassinats, mauvais traitements, vengeances, ... la croisière ne s'amuse pas du tout. Seule Mary arrive à nous tirer un sourire grâce à sa bonne humeur et son franglais. D'autant qu'elle noue une nouvelle romance avec le très jeune lieutenant Vignebelle qui va devoir grandir très vite et faire face à de périlleuses situations. Les éléments psychologiques et les mœurs de l'époque, ou l'esprit des lumières commence à poindre, sont très bien amenés et illustrés par l'auteur. Encore un tome très accrocheur de cette excellente série.

    12/06/2026 à 09:43

  • Le Comptoir de Juda

    François Bourgeon

    9/10 Devant se faire oublier de leurs familles respectives et de la marine, Isa, Hoel, Mary et John et le bébé Enora ont du quitter la France à bord de la Marie-Caroline, un navire négrier commandé par l'austère capitaine Boisboeuf. Passé un brin d'humour lors du franchissement du tropique, le ton de l'album devient grave et lourd. Dès leur arrivée au Dahomey, les passagers sont au contact des violences de l'esclavage. L'auteur offre d'ailleurs un panorama complet de la traite, à savoir qu'elle commence par la vente aux blancs d'esclaves capturés par des tribus noires côtières à l'intérieur des terres, point de départ souvent oublié ou occulté. S'ajoute à ce sinistre commerce les rivalités masculines des français en poste au comptoir qui vont causer de graves incidents. Le recours à de la magie vaudou va mettre le roi Kpengla en colère. Il faudra toute l'habileté, l'intelligence et le sens de la diplomatie d'Isa pour déjouer les pièges. Dessins superbes des paysages africains, de la faune locale et le scénario est à la hauteur de l'Histoire. Circuits et parties prenantes de la traite négrière, isolement des occidentaux, méfiance entre eux, français et anglais en particulier, mœurs masculines de l'époque quelle que soit la couleur de peau et place des femmes dans les sociétés, premiers sentiments anti-esclavagisme animé par les esprits lettrés et éclairés, l'auteur aborde tous ces sujets à travers un épisode dense et prenant.

    11/06/2026 à 11:14 1

  • Un peu plus loin sur la droite

    Fred Vargas

    5/10 Il faut accepter de rentrer dans l'univers un peu rocambolesque de Fred Vargas, avec ses héros singuliers et une intrigue assez capillotractée. J'ai trouvé l'histoire confuse et les ressorts vraiment artificiels. Les personnages restent attachants, certains forment un réseau d'indics qui ferait pâlir le KGB de jalousie.

    05/06/2026 à 11:23

  • Le Ponton

    François Bourgeon

    8/10 Changement de décor brutal pour les passagers du vent, passant des eaux tièdes des Caraïbes au sud enneigé de l'Angleterre. Hoel Tragan et Michel de Saint-Quentin sont prisonniers sur un ponton, une carcasse de vaisseau dans laquelle les anglais gardent leurs prisonniers, échouée sur une vasière, pas moyen de s'en échapper. Isa a réussi à se faire engager comme préceptrice auprès de Mary, jeune bourgeoise anglaise aussi délurée qu'elle, ce qui lui vaut d'être enceinte. Le père est le lieutenant Smolett, officier en poste sur le ponton. Les deux filles et lui vont donc élaborer un plan pour l'évasion d'Hoel et Saint-Quentin. L'aspect historique de l'album est remarquable, Bourgeon s'attache à décrire les conditions de détention, les méthodes expéditives des anglais pour faire diminuer le nombre de prisonniers, la vie de misère des oubliés comme La Grenouille. Il croque magnifiquement les trognes de ces loups de mer anglais, bretons, vendéens, galiciens ... Si cet épisode se passe essentiellement à terre, il y a tout de même une bonne tempête entre Chattam et Noirmoutier, moment que choisit Enora, fille de Mary, pour voir le jour à bord du smuggler qui les ramène en France. On découvre dans ce tome la personnalité très sympathique de Mary et son français approximatif. Quant à Isa et Hoel, leur relation se fortifie et se complexifie, comme leurs caractères.

    03/06/2026 à 08:45 1

  • La Fille sous la dunette

    François Bourgeon

    8/10 Embarquement dans la marine en bois, sur un 74 canons de la Royale aux prises avec l'anglais dans la mer des Caraïbes. Hoel, un gabier un peu trop curieux passe en grande cale. Il est sauvé par Isa, jeune fille de petite noblesse, victime d'une usurpation d’identité qui lui ont valu des années de couvent. Avant un âpre combat naval, Isa et Hoel évoquent leurs parcours. Après l'affrontement, ils sont capturés par les anglais avec Michel de Saint-Quentin, le médecin du bord.
    Très bel album avec les superbes dessins maritimes de François Bourgeon. Les personnages sont dotés de forts caractères, notamment Isabeau, féministe, délurée, totalement libre dans ce XVIIe siècle dominé par les mâles nobles. Il y a de l'action, des drames, de la romance, des secrets et de basses manœuvres et surtout le grand large, les embruns, des gréements magnifiques, l'age d'or de la marine, même si la vie des marins de l'époque est d'une dureté incroyable. Au fil des pages, on découvre les raisons de la présence à bord de chacun et ce qu'elles impliquent.
    Cet album a permis à François Bourgeon d'obtenir le Prix du meilleur dessinateur au festival d'Angoulême 1980.

    02/06/2026 à 08:50

  • Ruptures

    Bernard Minier

    6/10 Je n'ai pas été séduit par le livre. L'auteur déroule son histoire de façon très neutre, je n'ai pas trouvé son style habituel ni sa personnalité dans l'écriture. Les surprises et rebondissement sont très vite repérés et s'il y a peu de temps morts ça manque tout de même de souffle. Par contre, le décryptage de la vie des Etats-Unis d'un point de vue politique, scientifique et sociétal, l'impact de la présidence MAGA, la soumission des GAFAM, avec tout ce que cela entraine pour la planète et l'humanité est passionnant et très bien documenté. Le fait qu'un patron d'entreprise de la Tech soit le maitre du monde n'est plus de la science-fiction mais relève de la réalité. Car derrière son Milton Gail, B. Minier parle du gars qui a célébré leur victoire de 2024 avec un geste du bras sans aucune équivoque. Les conséquences, qu'on mesure un peu plus chaque jour, dont nous prévient l'auteur laissent entrevoir un avenir compliqué et incertain. B. Minier rappelle aussi au passage que les mêmes choses se préparent dans l'empire du milieu de façon encore plus secrète. On a craint longtemps le lobby militaro-industriel, alliance des marchands d'armes et des magnats du pétrole. La collusion technico-scientifique illibérale devrait être pas mal non plus. Nous ne sommes qu'aux débuts de l'IA et de la robotisation et déjà leurs utilisations civiles soulèvent nombre de questions. Les prémices d'utilisations militaires, abordées dans le livre, laissent entrevoir de "grandes choses" .

    26/05/2026 à 08:58 1

  • Un Animal sauvage

    Joël Dicker

    8/10 Je n'avais rien lu de Dicker depuis l'affaire Harry Quebert qui m'a laissé un excellent souvenir. Le plaisir est renouvelé avec un lecture vraiment très accrocheuse. Les rebondissements et surprises se succèdent à chaque chapitre. Par contre, le découpage de ces chapitres basé sur le présent, des évènements à venir dans un futur proche ou ceux d'un passé récent ou plus lointain est parfois déroutant. Il y a aussi quelques recours au hasard au bénéfice de Greg, le policier, qui tombent un peu trop à pic. Le style est clair, fluide, sans beaucoup de fioritures littéraires mais autant la forme que le fond restent convaincants. A part ces défauts très relatifs, l'intrigue se dévore et les énigmes, épaisses sans êtres confuses, les personnages aux personnalités riches et variées, contribuent à ce résultat prenant.

    07/05/2026 à 08:46 4

  • Les Monolithes de Koubé

    Christophe Bec, Milan Jovanovic

    4/10 Comme le tome 3 le laissait pressentir, la série prend l'eau. Pour une histoire centrée sur les profondeurs abyssales, c'est le comble. Dessin mois percutant, scénario multipliant les clichés, je laisse tomber. Quand je vois qu'il y a en tout 16 titres et un nouveau dessinateur, le 3e, à partir du tome 6, ce n'est pas du tout ce que j'attendais.

    05/05/2026 à 09:42 1

  • Le Monstre de Djibouti

    Christophe Bec, Eric Henninot

    5/10 Il y a un truc particulièrement désagréable dans les séries BD, c'est le changement de dessinateur. C'est le cas dans ce tome 3 ou Milan Jovanovic remplace Eric Heninot (contrairement à ce qu'indique la fiche de l'album). Heninot n'a dessiné que la couverture (manœuvre de l'éditeur pour mieux berner le lecteur/acheteur ?). Si Jovanovic est tout aussi doué pour les grandes scènes sous-marines, son style est différent pour le reste des illustrations. Autre problème, le scénario semble partir dans tous les ses sens. Ouvrir de nouvelles portes ça va bien un moment, mais la on est en plein courant d'air. Des mégalodons, des reptiles marins préhistoriques, des yétis, une enfant mutante, un monde englouti, des créatures inconnues ... ça fait du monde. Et toujours le combat économique et financier de de la Carthago, les militants écologistes, le vieux collectionneurs aussi riche qu'impotent, le bel aventurier et la maman délaissée ... Autre mauvais signe, le lancement d'une série parallèle : Carthago Adventures, stratégie qui cache souvent des difficultés prévisibles pour le respect du calendrier de parution de la série principale, et/ou des tensions dans l'équipe ou avec l'éditeur. Quel dommage, après deux albums séduisants.

    05/05/2026 à 09:34 1

  • Crime 101

    Don Winslow

    8/10 Très court polar ou longue nouvelle, ce Crime 101 de Don Winslow est très agréable à lire. C'est l'histoire de Mike Davis, cambrioleur de haut-vol qui travaille seul, face à Lou Lubesnick, flic d'expérience. C'est un face à face resserré (112 pages), qui se concentre sur les préparatifs du prochain coup de Mike, peu-être le dernier car il veut raccrocher, et l'instinct de Lou, seul à croire à la piste du loup solitaire. Les détails de la vie des personnages ne sont abordés dans la mesure ou ils participent au court de choses. Le tout ce passe le long de la PCH 101, la mythique Pacific Coast Highway. Le hasard va mettre son grain de sel, ou de sable c'est selon, pour un final inattendu mais toujours dans le style de Winslow. C'est un régal qui malheureusement ne dure pas longtemps. Le livre est dédié à Steve Mc Quenn, c'est aussi un discret hommage à la Ford Shelby GT 500 cabriolet.

    04/05/2026 à 09:41 2

  • Papi Mariole

    Benoît Philippon

    8/10 Benoît Philippon réussi un nouveau livre porté par des personnages atypiques comme dans Mamie luger. De l'humour certes, avec ces dialogues et ces réparties qui fusent, mais aussi beaucoup de sérieux et de gravité pour aborder les violences faites aux femmes et l'impact d'une maladie irréversible. Comment conserver sa dignité, son regard sur soi, son estime. Exercice difficile à résoudre pour ensuite affronter et outrepasser le regard des autres. Ces deux accidentés de la vie, Mathilde, victime de prédateurs sexuels et Papi, ancien tueur à gages victime d’Alzheimer unissent leurs qualités personnelles et professionnelles pour assouvir leurs vengeances. Il y a beaucoup de sensibilité et de tendresse dans cette histoire, et beaucoup d'amour-propre, ce qui permet à nos deux alliés de circonstance de faire face. Un final très efficace clos l'histoire avec intensité, émotion et bienveillance, ce qui n'avait pas été le lot de Mathilde et Papi jusque la.

    04/05/2026 à 09:20 3

  • La Forteresse Noire

    Francis Paul Wilson

    6/10 Emballé par les premiers chapitres qui mélangent habilement la Valachie terre de Dracula et l'occupation de ces territoires par l'armée allemande durant la 2e guerre mondiale. Les implications historiques et religieuses pour les nazis et surtout pour le vieux juif, de la puissance qui semble se dégager de la forme présente partout sur le donjon sont très bien trouvées. Les pages sur cette obscurité impénétrable, qui résiste à toute lumière pour avoir presque une consistance sont remarquables. Après je trouve que ça part en sucette dans un mélange mal dosé de fantastique, de SF et d'anticipation, très éloigné du style de départ. Le 6 est vraiment assis sur la 1ere partie. J'avais trouvé que le film tiré du livre était lui raté du début à la fin.

    30/04/2026 à 09:51

  • L'Abysse Challenger

    Christophe Bec, Eric Henninot

    8/10 On commence à se familiariser avec les personnages, l'étonnante Lou Melville et ses capacités de plongée qui laisse Kim, sa mère très dubitative, un mégalodon carcharodon échappé d'une immense cavité sous-marine, un mésosaure et autres reliques de la préhistoire, le tout amené d'une façon assez plausible à grand renfort de thèses scientifiques en partie vérifiée, plus les inconnues. On est dans un thriller scientifique, cryptozoologique, des implications écologiques, et économiques crédibles. Si le dessin est superbe avec un rendu des scènes océaniques remarquable, le scénario ouvre encore de nombreuses (trop ?) portes et introduit de nouveaux personnages. Le flashback lors de la deuxième guerre mondiale et le U-Boot allemand qui torpille par hasard un mésosaure est savoureux.

    30/04/2026 à 09:07

  • L'horreur du métro

    Thomas Francis Monteleone

    6/10 Le style épouvante était très à la mode dans les années 1980. Les éditions de poche J'ai lu avait lancé une collection avec de nombreux titres, portée par les premiers succès de Stephen King, Dean Koontz, James Herbert ... Les éditions Pocket avait fait de même. S'il y avait dans le lot pas mal de bouquins très moyens, il y a eu aussi quelques bonnes surprises. L'horreur du métro est un condensé d'épouvante, horreur, fantastique et pas mal de gore. L'idée de départ est maline, il y a quelque chose de pourri au royaume du sous-sol. C'est l'époque ou New-York est une des villes les plus dangereuses du monde, et si à la surface les gens peuvent vivre, se déplacer, c'est grâce à ceux qui bossent en dessous. Personnel du métro, des trains, égoutiers, employés des sociétés de nettoyage, de dératisation, de désinfection auxquels s'ajoutent les sdf, junkies, criminels. Monteleone mélange habilement une histoire horrifique à base d'ésotérisme vaguement druidique avec cette mythologie moderne propre aux États-Unis qui, privés d'histoire antique, transposent les vieux mythes dans leur existence récente. Nous voila donc au cœur des légendes urbaines new-yorkaise, avec des rames de métro disparues, des voies oubliées, des stations abandonnées. Une version moderne des enfers et de l'inframonde ou les humains pénètrent à leurs risques et périls. Les disparitions de pauvres bougres passent inaperçues. Quand il s'agit de travailleurs essentiels au fonctionnement de la cité, cela devient plus problématique. C'est un bouquin intéressant, bien écrit mais déséquilibré, qui commence bien avec toutes les ficelles propres au genre, puis petit à petit traine en longueur. Le thème de la vie souterraine sera repris par plusieurs auteurs et aussi en BD (New-York cannibals de Boucq/Charyn).

    30/04/2026 à 08:53 1

  • Le Lagon de Fortuna

    Christophe Bec, Eric Henninot

    8/10 Beaucoup d'ingrédients séduisants dans ce premier tome d'une série qui s'annonce captivante. Bouleversement climatique, exploration de fonds marins, espèces animales en mutation, préhistoire, enjeux pétroliers, multinationale ... Bec, au scénario, nous emmène dans les profondeurs des océans avec lesquels il nous a déjà régalé dans Sanctuaire alors qu'il était au dessin. Au passage il semble inventer un nouveau mot : machélodon, pour grotte sous-marine. Les dessins d'Henninot sont excellents.

    29/04/2026 à 10:55 1