La Fin des hommes

(The End of Men)

6 votes

  • 8/10 J'ai bien aimé ce roman post apocalyptique décrivant les ravages d'une pandémie extraordinairement léthale. Avec un taux de mortalité de 90% décimant uniquement que les individus de genre masculin. De quoi inverser les rapports Homme/Femme de nos modèles de sociétés patriarcales. L'autrice, dont c'est le premier roman, d'une ambition rare, nous relate les effets de la disparition soudaine des hommes aux quatre coins de la planète, multipliant les petites histoires individuelles pour nous raconter la grande histoire. C'est là que le lecteur se perd un peu, tant il y a de cas traités, on a du mal à s'attacher, et se repérer, mais l'ensemble a le mérite de soulever des questions diverses, variées, et essentielles. Le message sous jacent est très féministe, ça m'a un peu gêné, non contente réduire la part des hommes à 10%, il faut encore que ceux qui survivent soient des ordures, bref, un peu too much, à mon goût, comparé à la résilience extraordinaire des femmes. D'un autre côté, on en a tellement lu avec l'effet inverse sans que cela soulève la moindre critique, que ce n'est quelque part qu'un juste retour de bâton. Un coup d'essai réussi pour Christina Sweeney-Baird, tant il nous diverti et donne à réfléchir.

    10/01/2023 à 14:05 Polarbear (664 votes, 7.8/10 de moyenne) 7

  • 7/10 Je ne serais pas venu spontanément vers ce livre, n’étant pas amateur des sujets post-apocalyptiques. Et la décevante expérience de l’an passé avec Les Somnambules de Chuck Wendig a contribué à me rebuter des livres du genre. Mais dès le début de ma lecture de La fin des hommes, j’ai apprécié le ton de l’urgence et de la catastrophe imminente de la découverte de ce virus. Facile pour nous, après l’expérience COVID, de constater comment l’auteure avait bien anticipé une telle catastrophe sanitaire et humaine, sa gestion avec tous les protocoles, la course à la recherche de vaccins par les laboratoires... Car il faut souligner, comme le fait Christina Sweeney-Baird en guise de préface, que ce livre a été écrit avant la découverte de la COVID en 2020.

    J’ai vraiment apprécié l’approche de cet événement avec différents protagonistes, multipliant les vies et racontant les conséquences familiales, sociales, professionnelles,… de ce virus tuant 90% des hommes, enrichissant les histoires individuelles. Elle développe la gestion de la perte des hommes dans la vie quotidienne avec le travail obligatoire, la procréation des nouveaux-nés,…

    Toutefois avoir basé majoritairement cette histoire en Ecosse, au Royaume-Uni ou aux Etats-Unis et au Canada, à savoir principalement des pays anglo-saxons, limite l’approche mondiale de cette histoire. Seule une vision rapide de la chute de la Chine communiste a pu constituer un intérêt original du traitement de ce sujet. Oui, le sujet était ambitieux et aurait pu valoir un tome supplémentaire. Quid de la religion, par exemple, des cultes issus de dogmes purement masculins ? L’auteure survole certains thèmes, comme le terrorisme… Mais malgré la conviction d’avoir lu un livre ambitieux, on a le sentiment d’inachevé à la fin après avoir tourné la dernière page.

    10/01/2023 à 13:59 JohnSteed (428 votes, 7.8/10 de moyenne) 5

  • 7/10 Je n’ai pas ouvert ce roman avec beaucoup d’enthousiasme puisque son sujet me semblait peu original et le nom de ce virus étrangement familier ! Mais le prix Polars Pourpres me réserve souvent d’agréables surprises et ce fut le cas ici. Si je n’étais pas très emballée au début, il ne m’a fallu que quelques pages pour apprécier et vouloir aller au bout de cette histoire.
    Avec ces nombreux personnages féminins, l’auteur nous fait vivre l’horreur que provoque le Fléau; la disparition des êtres chers, l’impuissance face à l’hécatombe, l’acharnement des médecins et des chercheurs, la solitude, l’envie de s’en sortir, d’en parler, de profiter de la reconnaissance sociale …
    Le traitement est très intéressant et le roman habilement construit, mais je reprocherais quand même un manque d’attachement aux protagonistes (en trop grand nombre) et l’insuffisance de développement du monde « d’après » trop survolé au final.

    03/01/2023 à 12:13 Emil (450 votes, 7.3/10 de moyenne) 7

  • 8/10 Une idée de départ absolument géniale (un virus qui tue 90% des individus de sexe masculin, pensez donc !), un traitement brillant et des scènes poignantes. Tout était réuni pour faire de cette "Fin des hommes" un roman époustouflant d'autant que Christina Sweeney-Baird semble avoir pensé à tous les tenants et les aboutissants d'un tel scénario que ce soit d'un point de vue sociétal ou politique. Oui mais, elle a voulu trop bien faire, mettre en scène trop de situations différentes, trop de personnages et au final, son récit est très saucissonné et perd en émotion. Plus de pages ou un deuxième tome aurait mieux convenu à une histoire aussi tragique et "dantesque".

    15/08/2022 à 18:37 Ironheart (727 votes, 7.5/10 de moyenne) 10

  • 8/10 Un Virus, appelé "le Fléau", depuis l'Ecosse se répand sur toute la surface de la planète. Les femmes sont porteuses et asymptomatiques. Pour les hommes c'est une hécatombe. 90 % d'entre eux meurent en quelques jours.
    Roman sur une pandémie écrit avant celle que nous connaissons encore.
    Roman Post-apocalyptique (?), roman dystopique (?) Un roman d'anticipation (?). Un ensemble des trois.
    Par ailleurs, un roman polyphonique excellement construit. Où les femmes essentiellement tentent, cherchent, témoignent, pleurent leurs disparus, rivalisent de bassesse pour parvenir à la gloire, à l'argent, à la reconnaissance.
    Un roman halenant et efficace.

    01/07/2022 à 19:21 Max (484 votes, 8.2/10 de moyenne) 7

  • 8/10 Écosse, 2025.
    Aux urgences de l’hôpital de Glasgow, un jeune homme s’étant présenté avec de la fièvre succombe en quelques heures. Puis un deuxième et un troisième. Rapidement, le Dr MacLean craint le pire et en avertit sa hiérarchie : selon elle, une épidémie extrêmement létale se répand et serait déjà hors de contrôle. Ses prévisions jugées alarmistes s’avèrent vite exactes à ceci près que ce qui devient bientôt une pandémie d’une ampleur inégalée ne touche que les êtres humains de sexe masculin. Bébés comme vieillards, c’est bientôt 90 % des hommes qui périssent de ce que la presse a tôt fait d’appeler le « Fléau ». Aucune femme n’en souffre directement, bien qu’il semblerait qu’elles puissent néanmoins véhiculer le virus. Rapidement, c’est l’humanité entière qui est en danger de mort et qui cherche une solution.

    Écrit en 2019, avant la pandémie de Covid, comme il a été jugé utile de le préciser par l’auteur dans une préface ultérieure, ce récit post-apocalyptique est à la fois glaçant et curieusement familier. Christina Sweeney-Baird imagine un monde très proche du nôtre duquel quasiment tous les hommes disparaissent en quelques années. Ambitieux, ce roman choral post-apocalyptique qui se déroule sur un temps assez long est passionnant et truffé de bonnes idées. Celle de nous donner à voir évoluer une grande galerie de personnages, issus de tous horizons et évoluant aux quatre coins du globe, est intéressante. Revers de la médaille, il n’est pas aisé de s’attacher à l’un d’entre eux – ou plutôt à l’une d’entre elles tant les personnages féminins dominent – ni même parfois de s’y retrouver. Évoquant de par son sujet des pépites comme Anna ou encore Les Dames blanches, ce premier roman est à saluer même si l’auteure pêche peut-être un peu par facilité par moments lorsqu’elle imagine des rapports hommes/femmes totalement inversés.

    Avec ce récit post-apocalyptique passionnant, la jeune Britannique Christina Sweeney-Baird fait une entrée remarquée dans l’univers des littératures de l’imaginaire. Son éditeur nous apprend qu’elle travaille à l’écriture d’un second roman, que certains lecteurs conquis attendent déjà.

    07/05/2022 à 15:45 Hoel (1056 votes, 7.6/10 de moyenne) 8