QuoiLire

345 votes

  • Le Mal par le mal

    Jérôme Camut, Nathalie Hug

    8/10 Même si la lutte contre une organisation du commerce sexe est toujours la trame du fond, les personnages doivent aussi lutter et investiguer sur eux-mêmes ou sur leurs comparses.La psychologie des personnages est donc un élément majeur de ce tome. Et le moins que l’on puisse dire est que les auteurs se sont amusés à propulser chaque personnage dans une situation particulière pour voir son évolution psychologique propre.

    Si l’action, l’humour et la profondeur des personnages sont toujours les ingrédients de ce thriller mené tambour battant, certains lecteurs peuvent être rebutés par la multitude des personnages. Chaque nouvelle histoire amène son lot de personnages et le lecteur devra soit avoir une très bonne mémoire pour suivre les différentes histoires soit se constituer un petit mémo pour savoir qui fait quoi et où. Mais si cela pourrait constitué un inconvénient dans un roman « standard », ce n’est pas le cas dans ce roman est ces 750 pages.

    Alors pourquoi faire une critique commune avec le tome 3 ?

    Tout simplement parce que, tout comme vous avec eu du mal à ne pas vous jeter sur le deuxième tome après avoir lu le premier, vous aurez toutes les difficultés à résister à vous lancer dans la lecture du troisième à peine le deuxième tome refermé.

    Malheureusement j’ai envie de dire, le troisième tome n’est pas au même niveau que ses deux prédécesseurs.

    Certes il y a toujours de l’action, mais là où nous apprécions le côté thriller mêlé d’actions et d’enquêtes dans les deux premiers volumes, cet opus s’oriente plus vers un roman d’espionnage teinté de romantisme. Une sorte de James Bond moderne qui ne laissera pas toutefois les lecteurs indifférents. Ils seront rapidement emportés dans de nouvelles aventures, dans de nouveaux pays, avec de nouveaux personnages.

    Dans les deux cas, l’écriture est toujours aussi fluide et agréable à lire; mais on ne peut s’empêcher de remarquer deux styles légèrement différents dès l’instant où l’histoire porte sur de l’action ou sur des instants de réflexion et de vie des personnages.

    11/09/2016 à 21:11 2

  • La Dernière Nuit à Tremore Beach

    Mikel Santiago

    5/10 De nombreuses critiques présentent Mikel Santiago comme le Stephen King espagnol. Si cet auteur n'a pas la maestria du roi de l'horreur, on trouve néanmoins quelque éléments qui permettent de justifier ce surnom.

    Tout d'abord, le récit laisse la part belle à la mise en situation : la vie de la localité, le passé du personnage principal, son état d'âme et sa psychologie, sont installés progressivement avant d'amener l'événement qui va rompre le cours de la vie. L'auteur y va par touches successives, un peu de psychologie, puis un peu de passé, une pointe de vie locale. L'auteur est avec nous, comme avec une grenouille dans une casserole. Il monte progressivement la température pour nous amener le doute dans l'esprit du héros, et parallèlement dans celle du lecteur.

    Car le doute est bien le sujet principal du livre : est-ce que l'événement naturel dont est victime le héros l'a rendu fou, ou est-il victime de précognition, ou est-ce que ses voisins complotent d'une manière ou une autre contre sa vie et à quelle fin ? Et en bon lecteur amateur d'enquêtes nous pouvons pousser les hypothèses un peu plus loin : ne serait-ce pas éventuellement une trouble d'origine extra-terrestre ?

    Bref si l'auteur est souvent comparé à Stephen King, nous dirions qu'il est plutôt dans le veine de David Lynch qui adore le mélange entre le réel, le vécu, le rêvé, le fantasmé. On aurait peut-être aimé plus de folie, plus d'événements extraordinaires qui viennent altérer la vie du héros.

    Si le livre n'est pas un modèle de vivacité dans sa trame, le style littéraire de Mikel Santiago est facile à lire, d'une grande fluidité, sans détails alambiqués et donc très agréable.

    07/09/2016 à 21:03 2

  • Captifs

    Kevin Brooks

    5/10 Déjà je trouve que la couverture de ce livre qui résume à mon sens assez bien la quatrième de couverture : une souris enfermée dans un labyrinthe dont on se demande si elle va trouver la sortie. Cela ne peut nous mener qu’à deux hypothèses : soit le livre va se livrer à une lutte pour trouver la sortie, soit cette énigme est le fruit d’une expérience….. à moins que ce ne soit les deux en même temps.

    Si sur le principe cela nous fait penser à certains autres livres à succès du genre comme Battle Royal ou Hunger Games, ou des films d’horreur comme Saw, auquel l’auteur fait lui même référence au travers de l’analyse de la situation par l’un de ses personnages, ce livre fait la part belle à la psychologie des personnages, de l’évolution de leur (dés)espoir, plus qu’à l’action, le stress, ou aux épreuves que le maître du jeu fait subir à ses prisonniers.

    Le lecteur se projettera rapidement dans la situation d’autant plus vite que le roman est écrit à la manière d’un journal intime, et fera en quelque sorte équipe avec ce personnage. Avec lui, nous partageons ses craintes et interrogations sur les raisons de cet emprisonnement, sur les moyens et stratagèmes pour s’en sortir.

    L’écriture est simple et efficace, très fluide à lire, ce qui en fait un bon petit livre qui constitue un très bon intermédiaire entre deux livres au suspense plus marqué.

    13/06/2016 à 22:03 2

  • Niceville

    Carsten Stroud

    5/10 Niceville se place résolument dans la tradition d’un genre littéraire dont nous sommes guère familier à savoir le southern gothic. La clé du genre est un (le) mal qui s’insinue dans le quotidien des citoyens et qui pourrit les bases de cette communauté dont l’histoire est entachée de violence et de drame. L’originalité de Carsten Stroud est de mêler l’aspect roman noir de ce genre littéraire avec le fantastique : en plus de la méchanceté humaine, les esprits d’outre-monde vont également venir frapper et se venger sur la population.

    Mais je dois avouer qu’une fois cette originalité, le roman m’a paru quelque peu basique, voire fade. Certes il y a de la violence, des complots, mais comme dans bon nombre de romans. Qui plus est l’auteur ne cache pas l’identité des « méchants » alors que cela aurait pu constituer une petite surprise. La multiplicité des personnages rend complexe le suivi des histoires et en place d’une carte de la ville qui n’est guère utile, j’aurais préféré un arbre généalogique ou une liste rappelant la qualité des personnages.

    Et puis il faut bien le reconnaître, si la dualité southern gothic-fantastique est originale, le roman n’est ni un vrai roman noir ni un vrai roman fantastique. On reste un peu sur notre fin d’actions et de violences pour le premier, et le fantastique du second est vraiment minimum voire limite caricatural. L’écriture de Carsten Stourd est d’ailleurs très différente en fonction de la nature du chapitre : si elle est brute et hachée pour le southen gothic, elle est beaucoup plus élaborée et fluide dans le cas du fantastique, au point que l’on serait à même à se demander si Carsten Stroud n’est pas un nom d’emprunt pour un quatre-mais.

    Donc au final, je suis à moitié conquis par ce roman. J’aimerais bien connaître le devenir de tous ces personnages, mais dans un livre plus rythmé l’exploitation des deux genres littéraires serait beaucoup aboutie. Dans le même genre, j’ai largement préféré la série du Bourbon Kid, plus enjoué, plus rythmé où l’on voit les personnages évoluer; avec un humour noir supplémentaire bien agréable.

    12/06/2016 à 21:03

  • Soleil de nuit

    Jo Nesbo

    5/10 Comme si l’auteur voulait marquer fermement son éloignement avec son personnage mythique, Harry Hole, Joe Nesbo positionne son récit en plein Nord, au-delà du cercle arctique, là où la vie se fait rare mais où le soleil est permanent en été. La vie est autrement rythmée, beaucoup plus calmement, marquée par la nature. Et le roman suit ce rythme.Cela nous permet de découvrir les habitants de ces régions, leurs coutumes, l’empreinte de la religion et des différentes confréries.

    Aussi cher lecteur, si vous êtes habitués aux romans vifs et relevés de Jo Nesob dans les bas fonds d’Oslo, vous serez dépaysés ou déçus. En effet, le Soleil de nuit n’est pas un Jo Nesbo comme les autres. Beaucoup plus calme, beaucoup plus tourné vers les relations humaines, l’auteur prend le temps de développer la psychologie des personnages et les relations affectives de ses personnages. Par moment, le récit prend des allures de roman Harlequin.

    Au final, Jo Nesbo nous livre un roman noir à l’eau de rose. Original de la part de Jo Nesbo, mais avouons-le, on préfère tout de même les Harry Hole

    07/06/2016 à 21:45 2

  • Carnets noirs

    Stephen King

    5/10 Si les Carnets noirs sont la suite de Mr Mercedes, sachez que si vous n’avez pas lu le premier tome, rien ne vous empêche de lire le second. Les deux aventures sont indépendantes, cependant sachez que la lecture de ce second tome vous dévoilera les principaux éléments du premier tome. On retrouve donc les principaux personnages (l’ex-inspecteur, Jerome l’étudiant geek, …) mais uniquement dans la seconde partie du livre. Stephen King laisse le temps d’installer l’histoire de ce second tome avant de le relier à des éléments du premier.

    Concernant l’histoire, on ne peut pas dire que cela soit un grand thriller, et que cela est même décevant de la part de Stephen King. Non, l’intérêt de ce livre tient plus à un thème qui nous est cher : le rapport du lecteur aux livres, à son auteur favori et plus particulièrement à son livre fétiche. En cela les Carnets noirs ont de commun avec Misery la passion, la folie, d’un lecteur avec son auteur favori, ce qui constitue l’amorce du livre. Et, sans aucune certitude, je pense que l’auteur se confie à nous et nous fait partager l’origine de sa vocation littéraire en listant les grands romans ou héros de littérature.

    Enfin, pour les amateurs de livres numériques, méfiez-vous de la version numérique du livre. Je ne sais pas si c’est ma version d’epub, mais toujours est-il que j’ai le problème sur mes deux liseuses (une Nook Simple Touch et une Kobo H20): ironie du nom du livre, mais le texte apparaît en gris la plupart du temps, pour passer au noir dans quelques paragraphes. La lecture n’est donc pas des plus agréables même avec une liseuse rétro-éclairée.

    31/05/2016 à 21:24 3

  • Le Sourire des pendus

    Jérôme Camut, Nathalie Hug

    9/10 Ce Sourire des pendus est mon premier livre de Jérôme Camut et Nathalie Hug; et je dois avouer que c'est une véritable et bonne découverte. En témoigne l’achat de

    Pourquoi une si bonne impression ?

    Pour plusieurs raisons, mais avant pour la fluidité de l'écriture et le rythme du livre qui font passer ce gros pavé comme une lettre à la poste (même si l'expression est quelque peu galvaudée de nos jours). Le lecteur est rapidement plongé dans l'ambiance, se prend de sympathie pour les différents protagonistes dont il aime découvrir leur passé et leur psychologie au fil des pages.

    Mais c'est également une histoire, bien structurée, avec de multiples rebondissements, qui aborde il semblerait le sujet à la mode : le marché de l'esclavage sexuel que nous avons déjà rencontré dans Hell.com de Patrick Sénécal.Bien que quelques passages puissent être durs pour les lecteurs les plus sensibles, les sévices ne sont pas aussi détaillés ni nombreux que chez Sénécal,

    On pourrait seulement reprocher aux auteurs de multiplier les personnages et les histoires parallèles, qui apportent chacune leurs pierres à l’édifice, mais qui perdront les lecteurs qui se consacrent épisodiquement au livre.

    Enfin, même si l'on note une similitude frappante dans le concept entre W3 et Millenium comme media d'alerte, et la composition de l'équipe rédactionnel (le journaliste, le geek), la comparaison s'arrête à ce niveau et le lecteur n'a à aucun moment l'impression d'avoir un déjà-lu devan lui.

    C'est avec une réelle impatience que j'attends de connaître la suite des aventures de

    30/05/2016 à 21:30 6

  • Hell.com

    Patrick Senécal

    9/10 Souvent Patrick Sénécal est comparé à Stephen King, et je dois dire que pour une fois la comparaison n’est pas usurpée ou purement commerciale. On y retrouve les mêmes ingrédients : une écriture fluide qui plonge instantanément le lecteur dans l’histoire, le retour à nos peurs primales, basiques mais partagées de tous et de toutes. C’est le point fort de l’auteur car il cuisine son lecteur un peu comme la grenouille dans la casserole d’eau bouillante : horreur, tortures et autres sévices deviennent de plus en plus dures, profondes voire insoutenables à lire. Même si cela reste par moment difficile à lire, certains passages sont tout juste soutenables, la progression au sein du livre fait qu’elle ne heurte pas le lecteur d’entrée. Cependant, certains lecteurs seront tentés d’abandonner la lecture de Hell.com dégoûter par les mises en scène effroyables. Aussi pour ne pas perdre une bonne histoire, je ne peux que leur conseiller de sauter quelques pages, la dernière moitié du livre est beaucoup plus accessible.

    Si l’écriture est fluide, il n’en reste pas moins que l’auteur ne reprend pas le schéma commun des page-turns actuels. Point d’histoire(s) en parallèle, nous suivons intégralement l’histoire de Daniel Saul, un peu comme si nous voyions notre propre histoire (un cauchemar) relatée dans ce livre. Car finalement c’est un peu ce que désire l’auteur, c’est que nous prenions conscience, qu’à une toute autre échelle, nous avons tous un peu de Daniel Saul en nous, et que ce qui lui arrive, pourrait très bien nous arriver.

    Si Patrick Sénécal et son Hell.com nous fait penser à Stephen King et Dr. Sleep, Chuck Palahiniuk et son Fight Club, ou Breat Eaton Ellis et son American Psycho, il n’en reste pas moins original avec son style propre.

    21/05/2016 à 15:00 3

  • X

    J. J. Connolly

    5/10 Certes certains media ont encensé ce livre en le présentant comme un témoignage des us et coutumes des gros bonnets du deal de stupéfiants. Alors oui, on partage la vie, ou plutôt les mésaventures de certains d’entre eux, mais on ne peut pas dire que l’on apprenne grand chose dans leurs trucs et astuces pour véhiculer, cacher ou refourguer de la came. Car en fin de compte à quoi se résume la vie d’un caïd de la drogue : faire son travail en étant connu des gens de son milieu mais pas des policiers, et étendre son empire pour gagner plus.

    On trouvera cependant un certain plaisir à lire ce X ne serait-ce que par son humour bien anglais qui nous fait penser à The snap ou The full monty. On se contentera donc des quiproquos, rebondissements, mésaventures et autres péripéties que l’auteur a le plaisir à faire subir à ses personnages.

    Donc si je ne vous ai pas convaincu de lire X peut-être vous laisserez vous tenter par le visionnage du film inspiré du livre : Layer Cake avec Daniel Craig/ Soit dit en passant le film est sorti en 2004, soit près de 11 ans avant le livre en français.

    20/05/2016 à 22:01 2

  • Le Principe de parcimonie

    Amédée Mallock

    9/10 Mallock, de son vrai nom Jean-Denis Bruet-Ferreol, photographe reconverti dans l’écriture, est un auteur de romans que je qualifierais de policiers traditionnels modernes.

    Le premier bon point est l’avertissement faite en début de livre par l’auteur : bien que ce livre soit le cinquième d’une série, il peut être lu indépendamment des autres sans aucun risque de divulgation des précédents, seuls quelques rappels et renvois figurent deci-delà.

    En effet, Le principe de Parcimonie fait appel à un commissaire, Amédée Mallock, digne de l’imagination des reines du Crime, un mélange d’Hercule Poirot d’Agatha Christie et d’Adam Dagliesh de P.D. James. Un enquêteur calme, un brin original, qui fait travailler ses petites cellules grises, pour qui l’action est laissée aux plus jeunes. Cependant contrairement au plus célèbre des belges, point d’égocentrisme ou de vantardise. La modernité vient de l’entourage de l’inspecteur, une équipe multi-culturelle, aux passés dans la police diverses et aux compétences variées (l’informaticien, …). Leurs histoires, leurs passions, leurs psychologies sont abordées par petites touches tout au long du roman.

    La modernité se trouve également dans la structure du livre : véritable turn-page, qui alterne entre enquête et méfaits dont les mises en scène sont des plus originales, parfois drôles, tantôt morbides. Il est très difficile de lâcher ce livre. C’est bien simple, en moi de 48 heures, je me suis enfilé les presque 600 pages.

    Et puis positionner son histoire dans un Paris en pleine crue centennale est tout simplement génial. Sans sombrer (sans mauvais jeu de mot) dans une vision apocalyptique de fin du monde, l’auteur a judicieusement intégré cet événement en élément de fond. L’enquête progresse ou stagne, l’eau monte ou gèle, les forces gouvernementales et municipales sont sont de plus en plus monopolisées.

    Enfin notons la très belle couverture qui est également le fruit du travail de Mallock.

    06/05/2016 à 21:17 2

  • Les piliers de la société

    Leif GW Persson

    4/10 On remarque tout de suite que ce roman a été écrit dans les années 80. Sa structure alambiquée , son rythme très lent, ses apartés, son intrigue linéaire sont à l’opposé des romans policiers modernes. Cela risque de rebuter bon nombre de lecteurs. J’avoue moi-même que rentrer dans l’histoire m’a été quelque peu difficile et qu’en suite j’ai du me forcer pour finir de lire Les piliers de la société.

    Cependant, force est de remarquer que Leif GW Persson aborde des sujets rarement évoqués dans des romans policiers : le carriérisme des supérieurs; le fait que le monde n’est ni tout noir ni tout blanc, que les policiers ne sont pas forcément les gentils, les voleurs les méchants et que même s’ils apparaissent comme tel ils ne le sont pas forcément.

    Bref un roman policier à lire avec un regard historique

    02/05/2016 à 22:34 1

  • Les Fauves

    Ingrid Desjours

    6/10 A la première lecture, Les fauves est un astucieux mélange de genres policier, thriller et espionnage. Il reprend tous les codes d’un bon thriller et sa construction est digne des bons turn-pages. Le lecteur aura d’ailleurs du mal à s’échapper de l’univers d’Ingrid Desjours pour accomplir ses tâches quotidiennes.

    L’auteur a su créer en peu de pages toute une série de personnages aux profils bien disparates; hauts en couleurs, avec des personnalités et psychologies propres et approfondies. Cette mise en scène aide d’autant plus le lecteur à s’imprégner de l’ambiance et à plonger dans l’histoire.

    Comme remonté par la presse, le livre est un prétexte à présenter et dénoncer les méthodes des organisations criminelles religieuses, leur recrutement (endoctrinement) et les moyens qu’elles prennent pour promouvoir leur mouvement, discréditer voire éradiquer leurs détracteurs. Mais c’est également l’occasion pour l’auteur de faire porter notre attention sur les raisons de cette attirance par une catégorie de la population en manque de repère : notre civilisation occidentale est-elle aussi parfaite au regard de celle promise par les extrémiste ? Ne sommes-nous pas finalement leurs meilleurs VRP ?

    Si la lecture du livre est fluide et confortable, le lecteur averti de thrillers sera cependant quelque peu déçu par le final un peu convenu et sans surprise. Cependant, on ne pourra reprocher à l’auteur de ne pas avoir laissé d’indices au fur et à mesure de l’histoire pour en arriver à cette conclusion.

    02/05/2016 à 22:30 1

  • Surtensions

    Olivier Norek

    9/10 A la lecture de ce livre, on reconnaît tout de suite la signature d’Olivier Norek.

    En effet, le monde n’est pas un monde de bisounours, les fics sont confrontés à la lie de la société, voient la pire des choses, côtoient les salauds du monde pour nous protéger au détriment de leur vie de famille voire de leur santé mentale. Ancien flic, Olivier Norek est bien là pour nous faire toucher du doigt, sans rentrer dans les détails les plus sordides, la vie de ces gardiens de la paix, et nous fait comprendre que cette vie tient presque du sacerdoce.

    Sous prétexte d’une enquête policière, d’un bon thriller dont on a du mal à refermer les pages tant on désire connaître la suite, les livres d’Olivier Norek sont avant tout un témoignage sur la police. Le réalisme est donc une caractéristique forte et comme le disait l’auteur lors d’une interview « Il arrive qu’une enquête ne progresse pas pendant plusieurs jours, et je veux montrer cela dans mes livres. Les indices ne tombent pas du ciel les uns après les autres ».

    Je n’aurais que quelques regrets : que le livre ne soit pas plus long pour en profiter plus longtemps, mais surtout la mise en page du livre. A son ouverture, j’avais l’impression de tenir un livre de ma fille : grosse police, grand interligne, et j’avoue avoir eu besoin d ‘un peu de temps pour « régler mes yeux » et y trouver mon un rythme de lecture. Par contre, mention spéciale pour la couverture qui me rappelle un peu celle du film Mission Impossible.

    13/04/2016 à 21:32 7

  • Il ne faut pas parler dans l'ascenseur

    Martin Michaud

    8/10 La collègue, qui m’a fait découvrir cet auteur et qui m’a conseillé de prendre la série des Victor Lessard dans l’ordre chronologique, avait grande difficulté à m’en parler…. pour les mêmes raisons que je vais avoir pour vous en parler. Car comment vous faire partager le goût de le lire sans en divulguer le moindre indice de l’énigme sous-jacente.

    Disons que tout comme l’héroïne au début du livre, nous sommes un peu perdus : lisons-nous une description de rêves, de la réalité, de fantasmes, serions-nous dans un livre à la David Lynch, ou bien l’héroïne est-elle victime d’altération ou a subi une modification de la mémoire; serions-nous dans un récit de Chris Carter des X-Files. Bref nous sommes dans le flou….

    Et que vient faire ce tueur que recherche Victor Lessard ?

    Bien que Martin Michaud sache donner au compte-gouttes les indices, son histoire progresse de façon régulière avec de fréquents rebondissements. On apprend à connaître cet enquêteur et son équipe, les relations qui les unissent et leur passé.

    La lecture de Il ne faut pas parler dans l’ascenseur est très agréable, fluide, et parfois comique : point de traduction ou de francisation du livre, le lecteur aura la joie de découvrir certaines expressions québécoises pur-jus.

    Donc un roman très intéressant et un auteur dont nous prendrons plaisir à lire les autres tomes de la série des Victor Lessard.

    29/03/2016 à 20:36 2

  • Le Tueur intime

    Claire Favan

    8/10 Si vous n’aimez pas la lecture de séances où le psychopathe inflige des blessures, des sévices et torture ses victimes malheureusement pour vous, ce livre va être une véritable épreuve. Par contre amis des ambiances noires, glauques et lourdes, mais ou suspense et intrigues figurent également en bon plan, voici un livre pour vous… même si parfois vous serez choqué ou un poil dégoûté. Car là est la particularité de ce livre : suivre la psychologie et la montée en puissance d’un tueur psychopathe qui prend littéralement du plaisir en faisant le mal. Cela me fait d’ailleurs penser au résumé du dernier livre de Pierre Lemâitre, trous jours et une vie. Coïncidence ?

    Si on peut reprocher quelques facilités dans l’histoire comme l’entêtement d’un profiler ou bien d’un final un peu convenu (j’aurais préféré que le livre se termine 1/2 page plus tôt), le livre est plutôt bien architecturé pour ne jamais le lecteur tomber dans l’ennui. Une première partie sur la révélation du tueur, une seconde sur l’enquête et la montée en puissance du psychopathe et enfin sa traque.

    Si au début on chute de temps en temps dans la lecture de ce livre, soit nous nous adaptons très rapidement au style littéraire de Claire Favan, soit le style de l’auteure s’est fluidifier au fur et à mesure de la rédaction de son premier roman. Cependant, il faut noter la grande maîtrise et l’efficacité de la plume de Claire Favan, et ce pour un premier roman.

    C’est donc avec un grand plaisir que j’ai pu lire ce livre et que je serais ravi de découvrir la suite et fin de ce diptyque mêlant Will Edwards, à savoir Le tueur de l’ombre que l’on imagine encore plus noir.

    16/03/2016 à 21:46 3

  • Ce qui ne me tue pas

    David Lagercrantz

    5/10 David Lagercrantz a su reprendre les personnage et l’ambiance des œuvres de Stieg Larsson, et c’est un réel plaisir que de retrouver Mikael Blomkvist et Lisbeth Salander dans de nouvelles aventures, l’enquêteur d’un côté la hackeuse rebelle de l’autre.

    David Lagercrantz a mis la barre haute puisque nos deux héros vont être confrontés aux agents secrets et à la mafia russe.

    Mais les bonnes surprises s’arrêtent là.

    Serait-ce pour ajouter quelques pages et obtenir un tome d’une taille comparable à ces ainés, mais les répétitions sont multiples. Par exemple, Lizbeth étant confronté à sa famille, l’auteur nous donne son histoire par les souvenirs de l’héroïne, puis par les informations collectées par les agences de renseignements, puis par la prise de connaissance de Mikael Blomkvist, puis par les méchants de l’histoire. Et cela sur 3 à 4 sujets. Par moment, on en a un peu ras-le-bol.

    Ensuite, le suspense est tout simplement massacré. Lors du final, alors que nous pourrions vivre le final en le partageant avec les héros, l’action est interrompue en plein mileu, la fin résumé lors d’un compte-rendu policier. Le lecteur de thriller que nous sommes est particulièrement frustré de cette tournure.

    Donc, un livre qui a le mérite de nous faire plaisir en retrouvant les deux héros suédois, mais qui n’a pas le niveau et la qualité littéraire des ces prédécesseurs.

    15/03/2016 à 19:56 1

  • Noir septembre

    Inger Wolf

    7/10 Comme je le disais déjà pour Mauvaises eaux, Inger Wolf est un romancière de romans policiers classiques. Ne vous attendez pas à un roman bourré d’actions, de rebondissements comme chez Jo Nesbo, de scènes fortes comme chez Jean-Christophe Grangé, ou d’ultra-réalismes comme chez Olivier Norek.

    Cependant, cela ne veut pas dire que cette histoire est de mauvaise qualité. En effet, même si l’histoire est sans grande surprise, elle a le mérite de laisser place à la psychologie des personnage.Nous (re)découvrons donc Daniel Trokic, flic légèrement torturé, célibataire, archétype du justicier solitaire, qui se trouve confronter à un meurtre avec un symbolique étrange.

    Mais cette histoire offre aussi l’originalité de prendre place dans une ville de taille modeste. Cela nous change des traditionnelles capitales européennes ou mégalopoles américaines. Les moyens policiers sont donc essentiellement accès sur l’humain et moins sur la technique, où les relations professionnelles tiennent presque de liens familiaux.On se plait à suivre l’évolution de ces relations en place d’une enquête policière compliquée

    Et comme l’écriture est agréable, fluide, avec de de temps à autres une pointe d’humour, la lecture de ce livre est agréable.

    Notation

    15/03/2016 à 19:54 1

  • Tout est Fatal

    Stephen King

    4/10 Ce livre est sorti dans la période la moins faste de Stephen King. On comprend aisément qu’il a été créé en collectant des nouvelles parues dans les années 80 et 90 ou tout simplement restées au fond d’un tiroir.

    La qualité des histoires est donc inégale mais certaines valent vraiment le coup d’être lues. Ma préférée étant celle ouvrant le roman où le personnage principal est témoin de sa propose autopsie. La tension est digne d’une scène de Hitchcock, où périodiquement on approche du moment fatidique mais à chaque fois un élément externe vient perturber le passage à l’acte final.

    Le gros avantage de ce genre de livre à nouvelles est d’avoir différents genres littéraires dans lequel le maître du suspense excelle : thriller, dark fantsy (on trouve par exemple un épisode de la Tour Sombre), polar.

    Donc un livre à lire pour connaître toute l’œuvre de Stephen King, ou par morceaux, nouvelle après nouvelle, entre deux livres pour se faire un petit break.

    15/03/2016 à 19:53 1

  • 13 à table ! 2016

    Ouvrage collectif

    8/10 Je ne pourrais jamais assez bien souligner la bonne initiative que ce livre à la veille de noël au profit des Restos du Cœur.

    Cette initiative est d’autant plus louable que les textes proposés sont des textes d’une très grande qualité. L’écriture de nouvelles est un exercice très difficile car il faut assoir une histoire et des personnages très rapidement, de saisir tout de suite le lecteur pour l’embarquer dans une histoire courte et qui ce doit donc intense.

    Avec le style et le domaine qui leur sont propres, on a ici 12 textes (le 13ème invité à table étant le lecteur) de sensibilités différentes qui nous permettent de faire connaissance avec des auteurs que nous n’avons pas l’habitude de lire, ou au contraire d’aborder un aspect différent d’auteurs que nous affections particulièrement.

    Tantôt classiques tantôt surprenantes, toutes les histoires constituent un véritable plaisir de lecture.

    Alors, faites vous plaisir et vous ferez en même temps une bonne action.

    15/03/2016 à 19:52 5

  • Toutes les vagues de l'océan

    Víctor Del Árbol

    9/10 Vous recherchez un roman policier plein d’actions et de rebondissements dans l’enquête : passez votre chemin.

    Ici, Toutes les vagues de l’océan est avant tout une aventure histoire, une saga de personnages, de familles, tout au long du XXème siècle. Et ce n’est qu’en parcourant leur histoire que l’on découvre, au final, l’origine, les racines, des crimes perpétrés et racontés au début de ce gros livre.

    Même si comme moi vous n’êtes pas particulièrement attiré par l’histoire et la politique de l’Europe du XXème siècle, Victor Del Arbol a un talent de conteur pour nous la faire découvrir de manière plaisante. Il se sert des aventures d’Elias Gil pour nous amener dans l’URSS stalinienne, de la déportation massive vers l’enfer des goulags, puis de la guerre civile espagnole, la fuite vers la France (l’histoire se répète malheureusement en 201 avec d’autres réfugiés) le tout sur fond d’engagement envers le communisme et d’espionnage.

    L’écriture est impeccable (et la traduction aussi de fait), elle nécessiterait peut être un peu plus de fluidité, mais rares sont les livres qui me demandent de compulser un dictionnaire à plusieurs reprises. Merci Mr Arbol pour cette écriture précise digne des grands romanciers de la fin du XIXème siècle, sans la lourdeur des descriptions alambiquées et sans fin.

    Un roman qui mérite qu’on lui consacre du temps pour être lu à sa juste valeur.

    15/03/2016 à 19:51 9