Né d'aucune femme

12 votes

  • 9/10 Un roman bouleversant, une écriture fine, poétique, une construction habile et renversante. Ce roman noir est absolument magnifique. Je vais y repenser longtemps. Un véritable coup de cœur! 9.5

    23/01/2020 à 12:24 Polarbear (376 votes, 7.9/10 de moyenne) 4

  • 10/10 Comme à son habitude, l’auteur ancre son action dans la ruralité. Pour autant les horreurs qu’il nous décrit ne sont pas l’apanage de la campagne. En effet le thème principal est proche de celui qu’évoque Karine Giébel dans Toutes blessent, la dernière tue à une époque et dans un lieu différents. La nature humaine est capable des plus grandes perversités et la domination en est une des armes les plus efficaces.
    Rose est vendue par son père et devient l’esclave d’un maître de forges affublé d’une épouse malade et d’une mère intransigeante. Le lecteur vit l’effondrement moral de cette jeune fille de quatorze ans, partage ses quelques moments de répit avec une jument et sa relation salutaire avec Edmond. Tout s’emballe quand elle cherche à connaître LA vérité, elle va se confronter aux secrets de famille les plus obscurs.
    L’auteur nous avait déjà convié à une quête des origines dans Grossir le ciel, une quête du père et ici il s’agit d’une quête de la mère. Il entretient la confusion sur ses personnages au point où la fin de l’intrigue, le dénouement du suspense peut paraître improbable … quoique …
    Enfin on a connu l’auteur plus descriptif de la nature, plus bucolique, plus contemplatif. Ici le ton est différent puisqu’il y a avant tout, « enfermement » des êtres et des esprits, domination, asservissement, bassesse et lâcheté. Le style est tout aussi efficace qu’en pleine nature, la noirceur peut inviter à la rêverie, au cauchemar.
    Si la ruralité s’avère un environnement propice à ce type d’intrigue, parce que tout le monde y connait tout le monde, on peut cependant valablement redire que ça aurait pu se passer en ville, de nos jours et pourquoi pas à côté de chez nous ? La lâcheté est une « valeur » partagée par les témoins passifs de tous temps et en tous lieux !

    19/01/2020 à 11:01 Dany33 (453 votes, 7.9/10 de moyenne) 3

  • 9/10 Un roman bien sombre et poignant. On cherche désespérément un coin de ciel bleu au milieu de toute cette noirceur.
    Et que dire de l'écriture, magnifique, parfaitement raccord avec l'histoire et son époque, même si parfois, il m'a fallut relire quelques phrases pour en comprendre toute la subtilité. j'aurai préféré toutefois, qu'il y ait des retours à la ligne lors de certains dialogues, car parfois, on perd un peu le fil entre les interlocuteurs.

    13/01/2020 à 22:10 charlice (117 votes, 7.7/10 de moyenne) 7

  • 9/10 J’ai beau avoir survolé (et non lu, pour préserver l’effet de surprise) les différents avis et critiques de ce livre, j’avais bien compris que Né d’aucune femme était une bombe de la littérature noire sortie 2019. Mais rien ne m’avait préparé à me prendre en pleine figure cette histoire tragique que fut la « vie » (peut-on appeler ça une vie ?) de Rose. Et quand j’emploie le terme tragique les qualificatifs de « dramatique », « horrible » et « terrifiant » doivent compléter ce qui fut l’histoire de Rose. C’est effectivement un récit abominable avec des scènes des plus pétrifiantes que nous délivre Franck Bouysse. Et j’ai pris un plaisir pervers à tourner les pages pour connaître l’issue du livre.

    Je dois reconnaître que l’auteur français s’est sublimé et est presque au sommet de son art. J’utilise sciemment ce « presque » car je caresse le doux rêve que Franck Bouysse saura se transcender et écrire d’autres écrits qui dépasseront cette histoire.

    03/01/2020 à 19:46 JohnSteed (178 votes, 7.9/10 de moyenne) 7

  • 10/10 Franck Bouysse frôle le chef d'œuvre, "Né d'aucune femme" est un livre magnifique. Je ne vais rien ajouter de mieux aux commentaires précédents et à toutes les élogieuses critiques que l'on peut lire partout. L'écriture est parfaite, juste ce qu'il faut, on ne se perd jamais en description, tout en émotions, les mots ont tellement de poids. La construction est excellente, de la première à la derniere ligne. Un texte aussi beau que triste; j'ai adoré trembler et pleurer aux côtés de Rose, frissonner à la lecture des paroles de Gabriel, détester la vieille et son méprisable fils. Superbe.

    19/11/2019 à 19:16 Emil (407 votes, 7.3/10 de moyenne) 8

  • 10/10 Après le remarquable "Grossir le ciel", Franck Bouysse brille une nouvelle fois avec "Né d'aucune femme", destin dramatique au début du XXè siècle dans les Landes d'une jeune paysanne, Rose, issu d'une famille pauvre et vendu par ses parents à une famille de forgerons qui va lui faire connaitre l'enfer. C'est très violent mais ô combien bien écrit avec un style à la première personne et une qualité d'écriture qui séduisent dès les premières pages... Le scénario machiavélique apporte lui aussi une touche en plus à ce bouquin (genre de thriller rural si on le devait le classer) dont on ne peut pas sortir indemne. Un gros coup de coeur pour moi.

    17/10/2019 à 15:45 panou71 (17 votes, 7.8/10 de moyenne) 5

  • 10/10 Dans une époque sans doute située à la charnière des 19e et 20e siècles, dans sa petite église, le père Gabriel apprend, en confession, des informations assez troublantes quant à une femme décédée à l'asile proche. Celle qui se confesse à lui prétend avoir laissé sous la robe de la défunte les "carnets de Rose", qu'elle le supplie d'emporter lorsqu'il viendra bénir son corps. Il promet!
    L'homme d'Église, troublé, tiendra sa promesse, profitant d'un moment de solitude avec la disparue.
    Au cœur de la nuit, Gabriel se plonge dans le récit de Rose, qu'il recopie patiemment, et qu'il livre au lecteur...
    Rose, aînée d'une famille de quatre filles, vivait à la ferme, avec son père et sa mère. Ayant fait le deuil de la possibilité d'avoir un fils, ceux-ci exploitent tant bien que mal leur lopin de terre. Mais les ressources se font rares, ils subsistent à peine. Aussi, autour d'une table de bar, le père en vient-il à commettre l'innommable en allant jusqu'à vendre sa fille Rose, 14 ans, au Maître des Forges, contre une somme qui devrait permettre à sa famille d'assurer sa subsistance. Rose entame alors une nouvelle vie, au service d'un homme et d'une vieille, passant outre les mise en garde d'Edmond, jardinier des Forges, qu'elle rencontre dès son arrivée dans le domaine. Prise au piège, Rose se trouve alors rapidement sous l'emprise du Maître et de sa mère. L'innommable se trame, ne lui laissant aucune échappatoire. C'est la souffrance qui entre alors en scène...
    Il est des romans que j'ai peine à refermer après en avoir lu le dernier point. Des romans dont je voudrais qu'ils ne s'arrêtent pas, tant ils me bouleversent. Tant ils ont a dire de l'humaine condition. Tant leur écriture est travaillée, réfléchie. Tant le récit laisse entendre l'intimité des voix de ses narrateurs. Tant leurs mots peine à cesser de résonner une fois le livre refermé. Malgré leur dureté. Malgré l'horreur.
    Franck Bouysse m'a ébloui par son style. M'a touché par la sensibilité avec laquelle il est parvenu a créer chacun des personnages et à leur donner vie. À dévoiler leur plus profonde intimité, tout leur laissant aussi la grâce ou la lourdeurs de certains secrets; cela a provoqué en moi ce sentiment "d'épaisseur" envoutant, me procurant un authentique plaisir de lecture, au-delà de l'effroi.
    Le fond de l'histoire a quelque chose de sordide. Et elle serait "plate" voire "juste violente" (elle l'est "aussi"), si Franck Bouysse n'avait pas pris la peine de construire une mise en abyme qui permet de garder le souffle, de prendre distance. C'est le récit de Rose lu et recopié par le P. Gabriel que nous lisons essentiellement. D'autres narrateurs interviennent, qui mettent en perspective ce qui se trame. Je sais gré à F.Bouysse de proposer aussi de puissantes réflexions sur l'acte même d'écrire, sur la mémoire, sur ce que nous pouvons faire de notre passé et, bien, évidemment, sur la souffrance, sur son absurdité, et sur l'espérance, aussi... je demeure à présent troublé par cette phrase de Marc, citée par Gabriel: "le fils de l'homme doit beaucoup souffrir, [...] il doit être tué, s'il veut ressusciter. Il n'y a rien à ajouter".
    Un coup de cœur total!

    03/10/2019 à 07:44 thibe (125 votes, 7.1/10 de moyenne) 8

  • 10/10 « Né d’aucune femme » est de ces romans qui laissent une marque au plus profond. De ces textes que l’on entend presque car il est fait de voix qui murmurent, qui chantent, qui hurlent même parfois.

    29/09/2019 à 14:59 PoisonIvy (305 votes, 7.6/10 de moyenne) 5

  • 9/10 La claque de l'année (pour le moment). Très bien écrit, sombre, très sombre, mais tellement prenant, on tremble à chaque page pour Rose.

    21/08/2019 à 12:01 zonedead (348 votes, 7.4/10 de moyenne) 5

  • 7/10 C'est un bon et très beau roman, sombre et violent. Certains passages sont superbes, et le roman accompagnera mes pensées pendant un bon bout de temps. Je regrette cependant quelques passages à la lourdeur et au contenu incompréhensible. La fin est amenée de manière un peu étonnante.

    20/08/2019 à 10:02 gamille67 (1349 votes, 7.2/10 de moyenne) 9

  • 9/10 Très attendu après les succès de ses précédents opus – à commencer par le multi-récompensé Grossir le ciel – Franck Bouysse confirme avec ce très bel ouvrage qu’il est assurément une des plus belles plumes du noir français du moment. Né d'aucune femme restera sans aucun doute l’un des grands romans de l’année 2019.

    11/01/2019 à 09:02 Hoel (809 votes, 7.7/10 de moyenne) 5

  • 10/10 J'ai eu la joie de lire ce roman de Franck Bouysse comme on découvre une fleur de printemps, aux parfums multiples et aux couleurs vives. A la fois surprise de découvrir cette nouvelle production mais tout de même dans l'attente de cette saison, la quatrième qui clôt un cycle. L'attente impatiente (fébrile !) a été récompensée. Né d'aucune femme est un joyau.
    J'ai profondément aimé ce conte, cette histoire dure aux contours acérés. Il s'en dégage une douceur palpable et une harmonie cachée, une histoire atemporelle et pourtant tellement contemporaine. Le récit se base sur la lecture des carnets de Rose qu'un prêtre récupère à la mort d'une pensionnaire d'un asile. Seul récipiendaire de ces cahiers, Gabriel reporte les écrits de Rose dans la majeure partie du livre. On dirait que c'est du Pagnol, dit comme ça, et finalement pourquoi pas, tant l'amour qui se cache dans ses différentes formes, sous ses multiples couches est la pièce maîtresse que Rose passera sa vie à effleurer, à caresser.
    Toutefois, la tension propre à l'intensité brutale de l'histoire classe ce roman parmi les très grands, de ceux qui allient puissance et émotions.
    Le titre et la magnifique couverture prennent corps dans les derniers chapitres. Comme pour les précédents romans de l'auteur, je suis abasourdie par la beauté de l'écriture conjuguée à l'histoire, détaillée, fouillée, précise, fabuleuse.
    Immense roman !

    06/01/2019 à 20:55 clemence (276 votes, 7.7/10 de moyenne) 6