Ce que Marcy a oublié

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  • 8/10 Dans la nuit du 21 au 22 mai 1995, Grace Tanner, dix ans, a disparu. Vingt ans plus tard, un os est découvert par le chien d’un promeneur. Le journaliste Tom Lanier, qui a vécu à Anton, va mener sa propre enquête. Une seule personne pourrait détenir les clefs de la vérité, mais cette femme, Marcy, est victime d’une amnésie totale sur cette période trouble.

    Six ans après la parution de La Lionne rouge, Marion Cabrol revient chez l’éditeur Taurnada avec ce roman particulièrement réussi. Dès les premiers chapitres, voire dès les premiers paragraphes, on est impressionné par la maîtrise de l’écrivaine : son style est à la fois travaillé et sec comme une trique, avec des formules et des dialogues qui cinglent comme autant de coups de fouet. Dans le même temps, l’intrigue est parfaitement charpentée et menée : elle repose sur des codes connus et éprouvés, et l’autrice en tire ce qu’il y a de meilleur, avec de nombreux rebondissements, des fausses pistes prometteuses et des personnages d’un réalisme convaincant. Certains passages sont marquants, comme l’un des protagonistes déterrant un cadavre, ou encore cette sinistre ferme où sont inhumés autant de dépouilles que de sinistres secrets. Ne clignez pas des yeux : Marion Cabrol ne s’embarrasse pas de temps mort et de circonvolutions, son récit suit un tempo cadencé, et c’est essoufflé que l’on parvient à l’épilogue, fort, vraisemblable et émouvant.

    Un roman qui se situe à mi-chemin entre l’ouvrage noir et à suspense, prélevant ce qu’il y a de meilleur dans chacun de ces deux genres. Soixante-treize chapitres de tension et de ténèbres pour une lecture hautement recommandable.

    avant hier à 07:47 El Marco (3910 votes, 7.2/10 de moyenne) 3